Note: Coucou, merci à Maxime et Lassa pour leurs reviews sur le dernier chapitre.

Bonne lecture,

Chapitre 6: Jaime

-Nous venons tuer la reine Cersei annonça Calmement Arya Stark, et la demi-douzaine de gardes qui leur faisait face se mit à rire. Jaime n'avait pas envie de rire, d'abord parce que la gamine n'essayait pas d'être drôle et que ces hommes allaient l'apprendre à leur dépends, ensuite parce que chaque cellules de son corps se révoltait à la pensée de faire partie d'une expédition qui voulait tuer sa jumelle.

Ce n'était même pas qu'il ne voulait pas sa mort, souvent il l'avait voulu là, plus que jamais quelque chose lui disait que le monde entier serait plus paisible une fois que Cersei l'aurait quitté. Cela ne l'empêchait pas également de vouloir courir jusqu'à elle, la prendre dans ses bras, la rassurer, lui dire que tout irait bien, et la protéger ou mourir avec elle, parce qu'il n'y avait qu'eux deux qui comptait selon Cersei.

Ce qui avait changé cependant entre le Jaime qui avait jeté Bran Stark par une fenêtre et celui qui était revenu seul à Winterfell, c'est qu'il avait réalisé qu'il n'y avait pas qu'eux deux, pas qu'elle. Il y avait eu tous les hommes que Cersei utilisait comme elle l'utilisait lui, il y avait eut leurs trois enfants, tous morts, (pour Joffrey il devait reconnaître que cela ne lui faisait ni chaud ni froid) mais Tommen et Myrcella étaient innocents. Trop innocents pour ce monde, et il regrettait de n'avoir jamais pu les connaître vraiment et être leur père. Et puis il y avait eu...

Des bruits caractéristiques d'épées sortis de leurs fourreaux le sortirent de ses pensées. Si son esprit était clairement malade, son corps se battait toujours, plus aussi bien que lorsqu'il avait une main droite mais toujours mieux que ces gardes assoupis et alcoolisés.

Cela lui faisait un bien fou de sentir l'acier Valyrian s'entrechoquer avec d'autres épées, déchirer des tissus, parfois de la peau. À côté de lui le limier tapait comme un bourrin sur le crâne d'un garde, qui s'effondra, couvert de sang à terre, l'autre chevalier tentait d'épargner la vie des gardes; pas Arya en tout cas. Deux gardes l'assaillaient, mais la jeune fille esquivait avec grâce par des mouvements contrôlés et précis et Jaime eut l'impression de regarder une chorégraphie plus qu'un combat. Cependant, lorsqu'elle se propulsa en avant, pour aller planter sa fine épée à un point précis sur le torse de son adversaire et qu'elle sourit de toute ses dents, il se rendit compte à quel point elle était dangereuse. Son adversaire actuel quant à lui, avait réussis à lui toucher l'épaule, et Jaime profita du moment d'inattention qui suivit pour lui envoyé un coup au côté qui le fit tituber et supplier:

-S'il vous plaît, finalement, vous pouvez... allez tuer la reine si vous voulez...vous avez l'air presque... capables de le faire.

Le seul autre garde debout approuva vigoureusement, le nez et la bouche pissant le sang.

-Exactement conclut Arya, ils allèrent les attacher fermement dans les fourrés, traînant également les corps des gardes blessés à l'écart.

Et ils entrèrent dans Port-Réal. Ce combat lui avait paru plus effrayant que les précédents, -ceux de Winterfell- et en même temps vide de sens. Pourtant, sans doute les gardes étaient moins dangereux que les marcheurs blanc. Il réalisa avec horreur que ce qui n'allait pas, ce qui ne pourrait plus jamais aller, c'était de se battre sans Brienne à ses côtés. Leurs deux épées forgées dans l'acier d'une seule, leurs deux destins étrangement soudés.

Ils progressaient dans les rues désertes, en silence, aucun d'eux n'était connu pour parler beaucoup, à part Jaime.

Néanmoins pour une fois il ne trouvait rien de drôle, de vexant, de sarcastique, de grandiloquent à dire.

-Comment allons -nous rentrer dans le putain de donjon rouge ? aboya Clegane.

-Par les égouts annonça Jaime, comme s'il l'avait su depuis toujours, il n'y avait pas pensé jusque-là mais quand on lui avait posé la question, la réponse était venue d'elle même.

-Nous n'allons pas... commença à protester le chevalier de l'île aux ours.

-C'est la seule solution pour entrer maintint-il, et à contrecoelig;ur Arya indiqua qu'elle le croyait. Il en fut quelque peu étonné mais il se fit la réflexion que comme les égouts étaient possiblement les lieux les plus infâmes de cette cité et que la vie avait habitué Arya Stark à son infamie elle considérait logiquement qu'il ne mentait pas.

-Arya, vous n'allez pas descendre là-dedant protesta faiblement le vieux chevalier à l'air paternel, on dit que se sont les plus sales du royaume, se ne sont pas des lieux pour une Lady.

La jeune fille se lança dans le trou et, suspendue par les mains avant de lâcher elle lança:

-Heureusement qu'il n'y a pas de Lady avec nous alors.

Ulrich c'était le prénom du banneraie Mormont, poussa un gros soupir fatigué et suivit avec effort pour pousser son gros ventre bedonnant dans le trou, puis le limier et Jaime avec beaucoup de difficulté, avec son unique main se mit à descendre péniblement l'échelle, au moins n'était il pas compressé contre le mur comme le Limier et Ulrich , car sinon il ne serait jamais arrivé en bas.

Il leur indiqua le chemin qui menait au donjon rouge. Il ne l'avait emprunté que quelques fois, avec son petit frère, Jaime en ce temps là avait déjà commis un régicide, mais Tyrion n'était encore qu'un adolescent renfrogné et solitaire qui refusait de paraître à la cour et s'enfuyait où il pouvait (en l'ocurance dans les égouts.

C'était d'ailleurs parce que ces escapades avaient atteint les oreilles de leur père que plus tard on l'avait chargé de s'occuper des rénovations du système de canalisation de Castral Roc. "puisque ça l'intéresse depuis si longtemps" avait dit Tywin.

Un fol instant, Jaime pensa à semer les autres' à courir jusqu'au donjon rouge, jusqu'aux appartements de Cersei et la faire s'enfuir par là. Mais Même si elle avait accepté de le suivre elle n'aurait jamais daigné s'échapper par les égouts comme un rat, et il ne voulait plus vraiment de cette option.

Ils progressèrent une vingtaine de minutes dans une obscurité presque total, ils arrivèrent devant l'échelle qui devait mener au donjon rouge. Là, Jaime toujours en tête se hissa tant bien que mal sur une nouvelle échelle, compta les barreaux, les fit dévier un peu vers la droite puis passer sur une autre échelle jusqu'à les mener à une ouverture qui se trouvait, il le savait, juste en face des appartements de Cersei. Il se faisait l'effet d'un traître, quand ne s'était-il pas fait cette effet-là depuis ses dix-sept ans? S'eut été une trahison que d'aider Cersei, s'en était une que de pactiser avec ses ennemis. La deuxième lui semblait plus honorable

-Je vais d'abord entrer seul, pour essayer de la convaincre de se rendre à l'autorité de Daenerys, aucun de nous quatre n'a besoin d'un nouveau meurtre sur la conscience déclara-t-il avec toute l'assurance qu'avaient jamais pu lui inculquer son père, sa soeur et son frère.

-C'est inutile mais ça ne coûte rien, il n'y a pas d'autres issue convint Arya, juste cinq minutes.

Il vit le Limier s'éloigner sans doute en quête de la Montagne, personne ne songea à le retenir, tous savaient que c'était ainsi qu'il devait en aller.

Elle se tenait debout devant lui, à présent, Cersei, les yeux trop verts, les joues trop rouges, cela devait être dû à l'excès de vin se dit-il en remarquant une bouteille vide sur une table. Lorsqu'elle le vit, une expression de colère sans nom traversa son visage puis elle parut se raviser, pour afficher un masque de détresse.

-Tu es venu me sauver Jaime? Tu ne les laisseras pas me faire du mal, me prendre ce qui est à moi?

Elle avait tant de fois utilisé des paroles de ce genre avec lui, souvent ces exactes mots et toujours Jaime avait succombé, parce qu'elle semblait avoir besoin de lui, et qu'il voulait qu'elle ait besoin de lui comme il avait besoin d'elle. Il le voulait si ardemment qu'il aurait tout donné pour cela. Aujourd'hui, il comprenait qu'en effet Cersei avait besoin de lui, mais qu'elle ne lui donnerait jamais rien. Avec douleur, il réentendait ces mêmes suppliques dans la bouche d'une Cersei de huit ans, toute bouclée et toute rose, qui craignait d'être punie parce qu'elle avait volé la poupée d'une autre gamine et qu'elle voulait que Jaime la protège. Jaime s'était alors dit qu'il était un chevalier, qu'un jour il serait le meilleur de tous et qu'il devait la défendre. Et jusqu'à ce jour, ni l'un ni l'autre n'avaient véritablement arrêté de jouer à ce jeu malsain même si l'un comme l'autre ils avaient depuis bien longtemps compris ce qu'il en était.

-Si tu te rendais Tyrion pourrait peut-être négocier avec Daenerys pour qu'elle t'exile dans un endroit tranquille où tu pourras repartir à zéro déclara-t-il sans conviction.

-Que je me rendes à cette Catin et à notre immondice de frère? éructa-t-elle, depuis que tu as perdu ta main tu n'es plus que l'ombre du chevalier que tu étais jadis, que dirait notre père s'il t'entendais?

-Dans ta situation, il dirait que c'est en effet la seule solution rétorqua Jaime, peu importe, il est mort.

-Tout comme mes enfants, il ne me reste plus que toi et notre bébé, Jaime geignit-elle. Jaime sentit sa volonté fléchir, était-il honnorable de condamner à une mort presque certaine une femme qui portait peut-être votre enfant? Était-il honorable de sérieusement envisager de planter une dague dans le coeur de votre soeur?

-Ce n'est sans doute pas le mien mais celui d'Euron Greyjoy ou d'un autre répondit-il, et je pense que Daenerys Targaryen ne tuera pas l'enfant. Cersei, écoutes-moi, s'il te plaît, depuis que nous sommes nés, notre vie n'a été qu'un constant combat contre le monde entier, tu n'as jamais été apaisée ou heureuse, je n'ai jamais su t'apaiser, ni même Tommen ou Myrcella si tu partais loin et...

-Monstre! hurla-t-elle, elle avala d'un trait un nouveau verre de vin et se mit À se griffer le visage jusqu'au sang. En observant les traits ciselés et les formes souples se distordre sous les effets combinés de la rage, de la folie et de la douleur, Jaime se rendit compte qu'il n'éprouvait plus d'attirance physique pour sa soeur, depuis qu'il avait perdu sa main il avait réalisé l'inexistence de véritables sentiments amoureux autres qu'obsessionels à l'égard de Cersei, mais désormais même le réflexe pulsionnel de vouloir sentir sa peau veloutée contre la sienne avait disparu.

-Nous n'avons plus le temps de jouer à tes jeux Cersei, d'autres arrivent et ils ne se montreront pas aussi compréhensifs que moi déclara-t-il.

Alors qu'il finissait de parler la porte de l'appartement fut brusquement ouverte pour laisser entrer deux de ses compagnons. Il en conclut que le limier devait avoir retrouver son frère et qu'un combat sans merci devait se déroulait non loin de là.

-Alors c'est ça, tu est devenu l'esclave des Stark s'esclaffa Cersei à l'adresse de son frère, et voici Ary Stark, le faux petit garçon de la famille.

Arya, bien que petite et fluette ne pouvait plus être confondu avec un garçon, Cersei n'était pas au meilleur de sa forme songea-t-il, ordinairement elle trouvait exactement la phrase qui sonnait juste et qui faisait mal.

-Je suis Arya Stark de Winterfell, la vraie fille de mon père que vous avez décapité et de ma mère égorgée par la faute de votre famille, la vraie soeur de mon frère tué avec sa femme et son bébé par le fait de votre famille. Tout comme Bran était un véritable enfant dont vous avez voulu la mort et Sansa était une véritable jeune fille que vous avez laisser comme jouet à votre fils. Tout cela au passé, parce qu'ils sont morts ou qu'ils ont été obligés de trop changer. Ne parlez pas de ce qui est vrai ou faux Cersei, cela doit faire longtemps que vous avez perdu le compte.

-J'ai fait tout cela et je le referai cent fois sans hésitation si cela pouvait me ramener Joffrey, Tommen et Myrcella répondit-elle avec hargne, et même si cela ne le peut pas, vous les Stark et les gens du peuple en général êtes beaucoup plus doués pour cela que pour le bonheur. Tes frères sont morts? L'un des miens à tué notre mère à la naissance et notre père à l'âge adulte. L'autre, le plus faible des lannister serait rester sous mes ordres corps et âme toute sa vie s'il n'était pas devenu un infirme, je t'ai rendu un service en te débarrassant des tiens.

Arya et Ser Ulrich avaient dégainé leurs épées, et Cersei reculait de plus en plus en réussissant tout de même à avoir l'air menaçante. Jaime, instinctivement, les devança tendant une main vers sa soeur.

-Cersei, je t'en supplies... il est trop tard pour t'enfuir. Je parlerai pour toi à Daenerys je lui demanderai l'exil, Arya et Cersei passèrent à l'action en même temps, l'une brandissant son épée l'autre soulevant une chaise pour la lancer droit sur Jaime. Le choc le déséquilibra, surtout psychologiquement parce que Cersei venait de le viser lui, et que bien que se ne soit pas la première fois qu'elle se montrât agressive à son égard, cela ne prenait une réalité dans son esprit que maintenant. Ser Ulrich avait sorti son épée également mais lui et Arya hésitaient, ils avaient coutume des combats à la loyal, avec des adversaires armés, les nobles nordiens étaient dans une impasse, songea amèrement Jaime. Pour faire le bien, il leur fallait tuer une femme enceinte et sans défense.

Alors qu'Ulrich reculait un peu, la jeune Stark s'avança, elle avait l'air si jeune, dix-sept ans tout au plus, l'âge qu'il avait quand il était lui-même devenu un régicide.

Cersei attrapa une bouteille de parfum, sur sa table de nuit et la lança au visage d'Arya elle manqua son objectif, la bouteille vint s'écraser sur aiguille et vola en éclats dont certains vinrent rougir les mains et le visage de l'adolescente.

Jaime empoigna plus fermement son épée, il avait trop de dettes envers les Stark pour ne pas intervenir, il ne savait comment mais c'était à lui de mettre fin à tout cela, il prit une grande inspiration, il devait la tuer.

Cersei reculait désormais rapidement vers une fenêtre ouverte, avec incompréhension son jumeau la regarda s'ascoir sur le rebord, une main protectrice sur son ventre, en effet assez rond.

Elle portait sa couronne dans ses cheveux d'or et un sourire victorieux à la vue du sang des stark sur un visage juvénile, elle était magnifique, elle était terrifiante.

Tout cela ne dura qu'une poignée de secondes, Jaime aurait pu croire que cela avait duré une éternité. Elle tourna son visage vers le sien, et fixa ses yeux, verts miroirs des siens droit sur lui, puis elle murmura avec quelque chose de doux, de cruel, d'indéniablement Cersei dans la voix:

-Comme Tommen, et d'un mouvement leste, félin, elle se précipita dans le vide, les bras enroulés autour de son ventre comme dans une vaine et absurde tentative pour épargner à un enfant peut-être juste chimérique une souffrance qu'elle lui infligeait elle-même.

Il y aurait dû y avoir un silence, un silence surréel et introublable, à la place il y eut un hurlement strident et le fracas d'un corps se disloquant sur les pavés de la cour du donjon rouge. Il y eut ensuite, les rumeurs de bruits de pas et d'agitations dans le bâtiments. Jaime dut avoir une absence car lorsqu'il récupéra l'usage de ses sens il était accroupi à terre, sur le tapis de la chambre au milieu d'une flaque de vomissures et de sang.

Ses deux compagnons le hissèrent sur ses pieds pour accueillir les gardes qui se précipitèrent dans la chambre, les premiers voulurent se battre et ils se battirent. Jaime arrivait à se battre, il n'en garda aucuns souvenirs. Puis d'autres gardes arrivèrent et plus malins et ayant analyser la situation, ils demandèrent à être présenté à sa Majesté Daenerys Targaryen, née de l'orage. Le régicide restait de bout, muet, incapable de comprendre quoi que se soit, si ce n'est une chose, sa soeur était morte. Son cadavre disloqué avait été retrouvé dans la coure, on leur avait dit, et il l'avais vue choisir elle-même cette destinée. Il s'était préparé au fait que Cersei Devait mourir, qu'elle mourrait peut-être même de sa propre main. L'information était donc enregistrée. Néanmoins, c'était comme lorsqu'on lui avait coupé sa main droite, comment pouvait-il continuer de fonctionner normalement sans cette partie de lui, cette présence né avec lui? Encore un serment qu'il n'avait pas tenu, le premier cette fois.

À neuf ans, lorsque leur mère était morte en donnant naissance à Tyrion, Jaime s'était enfermé dans sa chambre avec une épée de bois, détruisant tout le mobilier de colère et de désespoir, Cersei avait été la première à se demander où il était passé,elle était venue en larmes et lui avait fait juré qu'à partir de maintenant, ils ne devaient vivre que l'un pour l'autre, "Nous deux et tu me défendrais contre tous les méchants qui voudront nous séparer!" avait dit la petite fille, "parce que tu seras comme Aegon Chevalier Dragon, un vrai Héros.".

Jaime avait juré avec son épée en bois, parce que sa mère aurait voulu qu'il soit un héros n'est-ce pas? À l'époque Cersei n'était déjà pas une bonne personne, elle n'était pas non plus diabolique. C'était une fillette recherchant éperdument la reconnaissance de son père, haïssant infantilement désormais et pour le restant de ses jours un petit frère qui en naissant avait tué sa mère. Elle avait déjà conscience de manipuler son jumeau, lui non, et tous deux n'avaient jamais pus se sortir de là.

Dans le temps présent, une multitude de personnes, domestiques, gardes, chevaliers, et bientôt nouvelle reine envahissaient la pièce, le coeur du jumeau déjumelé était assiégé de souvenirs. Il les repoussa en même temps que le rebord de la fenêtre dont il remarqua qu'il s'était appuyé dessus, il n'éprouvait pas l'envie de sauter, cela n'était plus concevable depuis qu'il avait véritablement quitté Cersei pour Winterfell, huit mois auparavant, sans doute depuis plus longtemps même. Il n'avait jamais vraiment cru dans les Sept, les Lannister étaient trop terre à terre pour cela, lequel d'ailleurs pourrait bien prendre en pitié Cersei? La mère, comprit-il, si la défunte reine des sept couronne avait été quelque chose, férocement, inconditionnellement, passionément, c'était bien cela, même si cela aussi elle n'avait pas su l'être dans la paix et la douceur. Dans une tentative puérile, il demanda tout de même à quelque chose d'intervenir en faveur de cette lionne déterminée et destructrice et son hypothétique bébé.

Aussi horrible que cela puisse paraître, une part de lui respirait mieux malgré les battement hératique de son coeur, c'était comme si son organisme se sentait libre de prendre des décisions sans attendre la confirmation d'un organisme reflet, il était soulagé. Une main s'était posé sur son bras et il s'était retourné pour voir qu'elle appartenait à Tyrion.

-Alors, elle a sauté? ne put s'empêcher de lui demander le nain, avec un mélange étrange de curiosité, et de commisération dans la voix.

-Pas de nouveau régicide duquel te moquer, constata Jaime d'un ton vide.

-Et notre régicide en titre est toujours vivant remarqua son frère en le poussant légèrement pour le faire se diriger vers le couloir.

-Ce qu'il en reste Répondit Jaime, il vit du coin de l'oeil que Daenerys le scrutait avec circonspection mais il n'avait pas l'énergie de s'en soucier.

-Il y a intérêt à en rester pour Brienne la Belle, Plaisanta son frère, à sa manière habituel.

L'entente du nom ne fut pas du tout un choc pour lui, ou un déclic, la jeune femme n'avait pas quitté son esprit depuis qu'ils s'étaient séparés. Non pas comme une pensée stagnante, un nom stupidement répété, ou une obsession aliénante. Non, Brienne donnait la résistance à l'acier valyrian qui l'avait maintenu en vie, elle lui donnait une forteresse de calme où se réfugier aux moments les plus difficile et assez d'espoir pour ne pas suivre Cersei et le bébé dans leur chute mortelle.

-Tu l'as vue allait-elle bien? demanda-t-il brusquement à son frère.

-Elle va bien, le rassura Tyrion, et sans doute qu'à l'heure même où nous parlons elle est encore entrain de sauver quelques demoiselles en détresse, alors que toi, hé bien, tu as besoin d'être récupéré par ton nain de petit-frère. Ces mots étaient durs, mais c'était ainsi qu'ils se parlaient et Jaime ne le prit pas comme une insulte de sa faiblesse mais pour ce que c'était, un premier compliment sur un choix, une chance saisie par Jaime.

-Les enfants Stark... commença-t-il.

-Je ne sais pas si le mot enfant est approprié, tous me terrifient à part John et c'est le plus vieux d'entre eux confia son frère, Arya semblait déçue de ne pas avoir pu évicérer elle-même Cersei, Bran nous regarde sans doute depuis les bois en ce moment, John aide Daenerys à régler ce bordel et Sansa est sans doute entrain de maudire notre reine pour l'avoir laissé à l'arrière à s'ocuper des habitants 'terrifiés de Port-Réal en dehors de leur ville.

Jaime avait finalement décroché après la partie sur Brienne et sur Bran, ( auprès du quel, bien évidemment il était endetté à vie, il n'arrivait pas à se concentrer sur les rues qu'ils traversaient, les habitants de cette vile au bord de la famine qui acclamait son frère, qui l'injuriaient lui ou peut-être les deux. À plusieurs reprises, Tyrion dut le rappeler à la réalité. La réalité faisait mal, sa réalité était l'amalgame de chairs et d'os qu'il avait aperçu dans la cour, et une dernière note stridente sortie de cordes vocales accoutumé au cris et à la colère. Il eut vaguement conscience qu'ils sortaient de la ville, s'avançaient sur la route royale et qu'ils se frayaient un chemin dans une clairière encombré. Soudain, ce fut comme si le rideau de fumée qui opacifiait sa vision se dissipait un instant pour lui laisser voir courant vers lui, Brienne, son manque total de grâce, et son visage marqué par la guere, c'était la seul chose qu'il supporter de regarder en face pour l'instant.

-Ser Brienne salua Tyrion, on vous a informé n'est-ce pas? La jeune femme approuva.

-Il a besoin de vous, restez avec lui s'il vous plaît, c'est le dernier membre de ma famille qu'il me reste, le seul que j'ai jamais eu en fait, rectifia-t-il.

-Ser Jaime? demanda-t-elle, avec cette timidité brusque qui la caractérisait, vous devez vous reposer, venez.

Il tenta de rester rigide, de refuser cette aide qu'il ne méritait pas mais il n'en eut pas la force. Elle le fit s'agenouiller au bord du cours d'eau, et alors qu'il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait mal au coeur, il vomit une seconde fois. Brienne ne dit rien, une autre qu'elle se serait retiré pour lui laisser l'intimité de son chagrin, ou lui aurait posé des questions, elle se contenta de dégager les mêches collés sur son visage, et de lui passer un peu d'eau sur la figure.

Vaincu, il se recroquevilla dans un coin un peu à l'écart, pour dormir, pour oublier. Brienne s'assit près de lui, n'envahissant pas son espace, mais assez proche pour être une présence rassurante.

-Cersei est morte, elle était tout pendant longtemps...maintenant je suis perdu et libre éclata-t-il, et c'était comme un sanglot retenu pendant trop longtemps, un aveu, un appel, il tendit le bras peu importait lequel, une main fragilement rêche le saisit.

Il ferma les yeux, sur ceux Saphirs de Brienne, si pures, si honnêtes au milieu du chaos.

-Je suis fier de toi Jaime murmura-t-elle avec force, faisant partie de ces gens qui ne savent pas chuchoter et Jaime s'endormit en espérant se réveiller près d'elle.

Note: J'ai l'impression que c'est un peu confus mais c'est Jaime, et j'imagine qu'il doit être assez perdu le pauvre, mais ne vous inquiétez pas, il va s'en remettre xd,