note: Coucou! merci beaucoup pour les reviews! Pour répondre à Lassa Pour le suicide de Cersei, moi non plus j'étais pas sûre mais je voulais pas que quelqu'un ait à la tuer. Voilà, bonne lecture à tous!
Chapitre 7: Tyrion
Tyrion n'avait pas prévu de rencontrer le cadavre de sa soeur écrasé dans la grande cou où Drogon atterrit. Vraiment pas. Quand Daenerys comprit ce qu'elle voyait, au lieu du soulagement qu'il aurait aimé voir sur son visage, elle arborait une expression de colère qui justement; aurait pu rivaliser avec celle de Cersei.
-Qui a fait ça? demanda-t-elle, sa voix montant dans les aiguës.
-Dany, calmes-toi, si elle est là c'est qu'Arya et les autres ont dû la pousser tenta de rassurer Jon.
-Bien que ça ne leur ressemble pas beaucoup, Le limier, Arya...ils aiment le combat à l'épée poursuivit-il, perdu.
-Pas Cersei intervint Tyrion, à mon avis, elle n'a pas voulu se laisser tuer, pour ne pas nous donner cette satisfaction, elle a sauté.
Tyrion observait Daenerys avec aprhéension, il espérait ne pas s'être trompé sur son compte. Il espérait aussi que ce crétin de Jaime n'avait rien fait de stupide et que, s'il regardait plus avant il ne trouverait pas son frère démembré.
Daenerys voulait du sang, c'était clair, elle avait rêvé d'un retour épique, de trois dragons survolant les décombres d'une ville calcinée, d'un triomphe public, à la place son ennemie avait fait le travail et semblait lui abandonner le trône sans lui laisser la possibilité de construire sa légende.
Une centaine d'hommes occupait la coure, à l'approche du dragon ils s'étaient tous agenouillés à terre.
-Se sont des soldats Lannister ? demanda Daenerys.
-Oui c'est ce qu'ils étaient, mais plus maintenant, ils vous sont déjà acquis lança Tyrion, dans l'espoir d'épargner un maximum de ces gens qui n'avaient eu et n'avaient en réalité pas le choix.
-Nous ne cautionions pas les actes de la reine Cersei, nous ne croyions pas en votre existence, et honnêtement, votre majesté nous ne pouvons pas savoir si vous êtes meilleur à la première entrevue, sauf que vous avez un dragon, comme les anciens Targaryens, vous avez convaincu Lord Tyrion, lord Jaime, et même les gamins Stark dont on dit qu'ils sont des gens bien déclara un chevalier de plutôt bonne famille que Tyrion reconnut pour l'avoir vu à Castral Rock s'entraînant à l'épée avec Jaime dans leur enfance.
Il avait opté pour l'honnêteté, constata-t-il, c'était peut-être la solution, cependant le fait qu'il ait mentionné sa méfiance à son égard effacée par le soutien d'autres pouvait renforcer le sentiment d'insécurité qui la poussait à des actes impulsifs. -Y-a-t-il d'autres soldats à l'intérieur? demanda Daenerys avec une prudence qui rasséréna un peu Tyrion.
-Oui, votre majesté répondit le même chevalier en porte-parole du groupe, ils sont dans les appartements royaux avec vos envoyés.
-Mes envoyés? intérogea-t-elle d'un ton inquisiteur.
-Oui avec Lord Jaime Lannister, la petite, je crois que c'est une Stark, et deux autres répondit-il.
-Oui bien sûr se reprit Daenerys comprenant qu'il valait mieux faire croire être en parfaite maîtrise de la situation.
Ils traversèrent le donjon rouge rempli d'habitants de la ville que Cersei avait placé là en bouclier contre la mère des dragons et qui désormais se prosternaient sur son passage.
Tyrion fut surpris, en entrant dans la chambre de sa soeur, où devait s'être tenu l'affrontement, de ne pas la trouver dans un pire état. Certes des morceaux de verres jonchaient le sol et l'épais tapis, et il y avait bien une chaise à terre, mais il s'étonna que Cersei dans sa rage, n'ai pas jeté plus d'objets. Lorsqu'elle était adolescente et lui un gosse de cinq ou six ans, quand Jaime était parti pour être écuyer, sa grande soeur avait pris l'habitude de lui balancer toute sortes d'objets à la figure. La différence songea-t-il, c'était qu'aujourd'hui elle avait dû se défendre, elle qui attaquait toujours et contre son frère jumeau. En parlant de lui d'ailleurs, Tyrion sentit un élan de joie inattendu à retrouver son abruti de grand frère planté au milieu de la pièce, vivant.
Peut-être alors que les miracles existaient, pas les miracles se reprit-il rapidement, l'espoir, Jaime avait toujours fonctionné à grandes rasades d'espoir,autant que son frère fonctionnait à grandes rasades de vin. Et maintenant que cet espoir avait un nom, une voix et un visage au combien laid put-il paraître à Tyrion, Jaime pourrait peut-être devenir le chevalier pour lequel son frère le prenait enfant.
Daenerys n'avait pas remarqué cela, elle s'entretenait avec les chevaliers autour d'elle, leur demandait de tous se réunir dans la cour, de lui emmener au plus vite les plus importants lieutenants de Cersei Tel Euron Greatjoy l'usurpateur des îles de fer. Dans des circonstances normales Tyrion aurait tenté à tout prix de rester auprès de sa reine, de la conseiller au mieux et d'appaiser ses craintes mais il devait évacuer Jaime au plus vite, avant que Daenerys ne le remarque dans la foule qui occupait les spacieux appartements de sa soeur.
Par une porte communiquante, il vit Arya Stark disparaître comme une ombre, son épée à la main. Il s'approcha de son frère et le poussa plus qu'il ne l'accompagna tout au long du chemin qui les emmenèrent au-delà des remparts de la ville, dans les bois où demeuraient les fugitifs, et avec eux Brienne. Il devait le confier à quelqu'un de sûr et revenir au plus vite à Daenerys. Jaime bien entendu, venait de perdre ce qui avait guidé sa vie pendant près de trente-cinq ans, et peu importait à présent qu'il se soit si lourdement trompé. Ils trouvèrent rapidement Brienne, et Jaime bien que toujours enfermé dans le mutisme parut s'appaiser quelque peu, ses épaules se décrispèrent, ses yeux parurent se clarifier et bien que ni l'un ni l'autre n'osa un geste d'affection, Tyrion avait l'étrange sensation d'avoir replacé la terre dans l'orbite du soleil, tout chez les deux était synchronisé même leur gêne, alors que physiquement il n'auraient pu être plus différents.
Soudain, il se sentit vieux et las, légèrement écoeuré et rageusement heureux pour son frère. C'étaient de drôle de choses à ressentir en même temps, et cela l'agaça beaucoup que la situation ne permette aucune plaisanterie car cela lui aurait au moins permis d'alléger son cerveau. Il fit inutilement promettre à Ser Brienne de veiller sur son frère et tourna les talons pour être assaillit par une nuée de gens de toutes sortes qui exigeaient de savoir ce qui se passait. Podrick était parmi eux, cela lui fit plaisir de revoir le gamin qui n'en était plus un:
-Pod, tu veux bien prévenir tout le monde que la Reine Cersei est morte et que Daenerys Targaryen née de l'orage et tout ce qui leur fera plaisir est notre nouvelle reine. Chacun peut rejoindre sa maison expliqua-t-il au jeune homme ahuri. Il ne servait à rien de garder ces gens-là comme un troupeau au pâturage, ils avaient acclamé Daenerys à son arrivée et les soldats potentiellement rageurs étaient maîtrisés dans l'enceinte du palais royale. Bran et Sansa qui l'avaient rejoint ne semblaient qu'à moitié soulagés, Tyrion se souvint que les relations entre Sansa et Daenerys étaient très loin de la cordialité et qu'avec les prérogatives qu'elle avait prise, une discussion tendue arriverait certainement. Les gens s'éloignaient un peu égarés vers les portes même l'entier orphelinat était parti, une jeune fille environ de l'âge de Lady Stark s'étaient arrêtés auprès d'eux.
-Faérie, je voulais te remercier pour ton aide, je ne sais pas si nous avons vraiment été utiles, mais ta collaboration était la bienvenu déclara Sansa tendant une main vers l'autre fille. Le geste avait quelque chose d'hésitant, de maladroit, alors qu'elle avait survécu à une guerre, elle était terrifiée à l'idée du rejet d'une inconnue. Celle qui s'appelait Faérie attrapa sa main et la serra avec un sourire.
-Je croyais que vous les nobles ne serriez pas la main de vos sujets fit-elle, avec un tout petit brin de mépris.
-Tu n'es pas mon sujet, celui de Daenerys, à la rigueur c'était en tant qu'égal que je te remerciais, tu devrais rejoindre les autres à présent rétorqua Froidement Lady Stark, redevenant l'iceberg que Tyrion avait bien connu des années plus tôt.
-Je devrais, mais j'ai pas envie, ils ne s'attendent pas à ce que je revienne, j'ai prévu qu'à la première opportunité je m'en allais pour le nord apprit Faérie, tranquillement.
-Quoi, mais c'est chez toi ici? protesta Sansa.
-Personne n'est vraiment chez soi dans un orphelinat, ils me gardaient par générosité, mon poste n'était pas indispensable continua la jeune fille, ses yeux noisettes pétillants d'une énergie enfantine loin de la tristesse qu'auraient pu lui donner de telles pensées.
-Je veux venir avec vous dans le nord, ça a l'air marrant, plus que cette ville dégueulasse au Moins, , j'ai toujours cru que mes parents venaient du nord, c'est plus classe en tout cas, et pour m'appeler Faérie il faut au moins venir d'un pays où on parle aux arbres continua-t-elle, se parlant plus à elle-même qu'à son interlocutrice et à mesure qu'elle babillait le visage de Sansa s'adoucissait.
Tyrion se remua, il était main de la reine, il n'avait pas le temps ni l'envie de regarder deux gamines essayer de devenir amies, même si l'une d'entre elles était Sansa Stark tenta-t-il de se convaincre.
-Si cela t'intéresse, je serai enchantée que tu nous accompagne à Winterfell annonça la jeune Stark se calfeutrant derrière un ton formel.
-Y'a intérêt, parce que de ce que j'ai cru comprendre on sera pas nombreux, et moi au moins, je sais me battre, mieux que vous conclut Faérie.
-Savez-vous si Arya va bien? demanda Alors Sansa à Tyrion.
-Je l'ai croisé, parfaitement vivante, elle ne devrait pas tarder à vous rejoindre, elle a dû s'arrêter avec Jon rassura-t-il, parcontre le Limier est mort en tuant son frère.
Elle pâlit légèrement, trembla, acquieça, deux larmes silencieuses coulèrent sur ses joues, elle les chassa et Sandor Clegane parut rejoindre tous les fantômes qui la hantaient déjà, bien au chaud, quelque part, à l'intérieur de toute cette glace qui la protégeait. Tyrion aurait aimé avoir qzelque chose de réconfortant à dire, mais il n'avait jamais très bien compris ce qui pouvait bien lier le limier et Sansa.
-Nous étions amis se contenta-t-elle de constater. Ces quelques mots rassurèrent Tyrion, sans qu'il ne sache exactement pourquoi.
-Notre présence est-elle requise? demanda Bran, qui avait gardé le silence depuis le début de l'échange.
-Je ne pense pas, rejoignez-nous dans quelques heures, avec Jaime et Ser Brienne, reposez-vous, conseilla-t-il, se gardant d'expliquer que Daenerys considérerait sans doute leur entrevue comme un procès.
-Nous défendrons ser Jaime déclara Bran de son ton songeur, il doit en être ainsi.
-Vous les Stark êtes vraiment trop bons pour ce jeu auquel nous jouons ici constata-t-il, mais pour mon frère je vous remercie Lord Stark.
-Je ne suis pas vraiment lord Stark rappela Bran, et contrairement à lorsqu'Arya rappelait au monde qu'elle n'était pas une lady, ici c'était juste une constatation, pas une revendication.
-Ser Jaime pourrait toujours être de quelque service, de plus il est dévoué à Bran, il sera plus en notre faveur que la reine des dragons clarifia sèchement Sansa, Brienne a besoin de lui, et Brienne est presque de notre meute.
Les deux informations, l'une d'ordre totalement politique et l'autre personnelle et presque infantile n'auraient pas dû pouvoir faire sens ensemble pourtant cela sonnait tout juste.
-Bien, à plus tard fit-il jetant un dernier regard aux deux Stark. Bran était toujours incapable de marcher mais ses yeux du nord voyaient au-delà de tous, trop loin, trop proche à la fois, cela le rendait effrayant. Sansa avait toujours des traces boueuses dans ses cheveux, ses cernes devenaient alarmantes et un tissu entourait sa gorge blessée, pourtant elle était là, Brisée mais debout, et cela l'impressionnait encore plus que la magie enveloppant son frère pour une raison qu'il ne savait traduire par les mots.
Quand il arriva dans le donjon rouge, Drogon était entrain de brûler vifs Euron Greatjoy et trois autres chevaliers sans doute lieutenants de Cersei dans les grands jardins. Honnêtement il s'en serait foutu pas mal de ces gars assez cons pour suivre volontairement Cersei, mais il pensait quand même qu'il aurait était plus sage d'organiser un véritable procès, juste pour gagner de la légitimité.
-N'est-ce pas un peu rapide votre grace? demanda-t-il.
-Il fallait bien que je me débarrasse des dirigeants militaires de Cersei, estimez-vous heureux que je n'ai pas exécuter tous les soldats qu'ils avaient sous leurs ordres, lord Tyrion répondit Daenerys, depuis le trône de fer.
Tyrion fut impressionné de l'y voir assise, c'était un agréable changement, par rapport aux personnes qu'il y avait vu auparavant. Robert Barathéon, avachi, rougeaud, riant niaisement aux moments où il aurait dû être solennel et encore plus imbibé de liqueur que Tyrion lui-même. Puis Joffrey, son sourire malsain, sa mère dans son dos, baillant à la moindre discussion politique et s'animant simplement pour les condamnations à mort, et les séance de tortures. Enfin, le petit Tommen il ne l'y avait pas vu mais il pouvait totalement s'imaginer son neveu favori si minuscule sur le grand trône de fer, mené par des gens plus méchants, plus cruels, plus intelligents que lui. Cersei devait avoir eu une certaine allure dessus, mais son hystérie et sa cruauté la rendaient dès le départ illégitime.
Daenerys était renversante, d'un point de vue totalement objectif bien sûr se sermonna-t-il, personne ne pouvait nier que tout chez elle donnait l'impression d'être sur le point de prendre feu.
Lord Davos, Jon et Versgris, l'entouraient et on l'informa que le couronnement aurait lieu demain dans une cérémonie publique ou toute la ville était conviée.
-Tyrion, votre frère, où l'avez-vous caché ? interrogea Daenerys, ses yeux violets fixés sur lui plein de doute mais aussi, s'il ne se trompait pas, d'un certain amusement.
-Il nous rejoindra dans quelques heures, avec les autres qui sont encore derrière les remparts dévoila Tyrion, vous avez dû noter que Jaime est notablement plus grand que moi et donc beaucoup plus difficile à cacher que ce à quoi je suis accoutumé pour moi.
-Je ne lui fais pas confiance, cela me pose problème de le laisser libre et en plus Seigneur de Castral Roc, pas vraiment fit Daenerys.
-Vous pourriez laissser les terres sous la direction de Lord Tyrion jusqu'à ce que Lord Jaime nous ait véritablement prouvé sa valeur conseilla Lord Davos.
-Cela aurait été une bonne idée Ser, mais Tyrion est ma main c'est-à-dire qu'il devra toujours rester ici avec moi, informa Daenerys. Tyrion ne s'était jamais imaginé en seigneur légitime de Castral Roc, mais il ne se voyait pas non plus passer le restant de sa vie dans cette ville dans laquelle il avait beaucoup trop souffert. C'était son devoir toutefois et tant qu'il le pourrait il tenterait de le respecter pour une fois.
Les discussions se poursuivirent toute l'après-midi, Daenerys faisant prêter serment individuellement à toutes les personnes présentes dans le château. Elle redistribua des terres à des seigneurs dépossédés, Tyrion conseilla qu'on demande davantage d'argent aux familles qui avaient commis les pires crimes pendant la guerre, les Frey, les Lannister, et les GreatJoy par exemple parce que la couronne avait des dettes immenses à rembourser, certaines avaient été contractées avec son père et en échange de la clémence pour Jaime il proposait qu'ils en annulent une majeur partie ne laissant qu'une somme symbolique à payer quand cela serait possible. Daenerys nomma ensuite son conseil restreint, dans lequel devaient siéger pour l'instant Tyrion, Jon, Versgris, et Lord Davos.
-Votre grâce si je puis me permettre, vous devriez attribuer à chacun une fonction précise pour que nous puissions travailler un domaine en particulier intervint Lord Davos.
-Alors vous serez responsable de la Marine, Lord Davos et de l'endiguement des hérésies religieuses, de part votre histoire personnelle je pense que se sera approprié offrit-elle. Tyrion vit le chevalier oignon pâlir un instant, Daenerys faisait le bon choix bien sûr mais il n'était pas très délicat de parler de la sorte des hérésie religieuses à un homme qui en avait tant souffert. Tous ses fils étaient morts à la bataille de la Néra, sous les ordres de Stannis Barathéon et la jeune Shyreen Barathéon, qu'il considérait comme sa propre fille, avait été brûlée vive par ses parents et la prêtresse rouge.
Daenerys aurait dû comprendre mieux que lui ce que pouvait signifier la perte d'un enfant mais la mère des dragons voulait agir vite pour ne pas risquer d'être surprise par une potentiel rébellion.
Lord Davos avait assuré la reine de sa bonne volonté et celle-ci avait nommé Versgris capitaine de la garde royale et responsable des autres forces armées, Jon comme embassadeur du nord et d'au-delà du mur, titre que la jeune femme avait inventé juste pour lui constata le lutin avec amusement pour garder son amant auprès d'elle, il n'allait pas se plaindre cependant, Jon était sain d'esprit, brave et attaché à son honneur, il ne pouvait pas en dire autant de lui-même et il fallait des gens de ce genre autour de Daenerys.
-Ce conseil restreint est un peu trop restreint ne put-il s'empêcher de remarquer alors que Daenerys congédiait la plus grande partie de l'assistance sauf le dit conseil.
Tous les cinq passèrent dans une salle adjacente ou avait été dressée une table pour le déjeuner.
-Qui voulez-vous que je nomme d'autre? s'enquérit Daenerys, en s'installant au bout de la table.
-Aucune idée, convint-il en haussant les épaules, mais vous n'avez nommé presque que des guerriers, on ne peut pas gouverner le royaume comme on l'a conquis, des personnes devraient s'occuper des problèmes des gens justement.
-Parfait, vous serez donc en plus de main de la reine "responsable des gens" répliqua Daenerys en faisant semblant de ne pas comprendre. Il le savait parce qu'elle réprimait ce petit sourire amusé qu'elle avait parfois, qui rendait aux yeux de Tyrion beaucoup de ses excès pardonnables. Mais plus maintenant, se corrigea-t-il, désormais elle devrait se conduire comme une reine.
-Je ne saurais m'occuper de toutes les questions à traiter ma reine reconnut-il, et en son for intérieur " et je n'en ai foutrement aucune envie".
Un domestique entra avec des plats, Tyrion remarqua qu'il portait encore la tenue rouge et or, couleur Lannister qu'il devait porter du temps de Cersei. Bien que l'homme avait sans doute entendu la nouvelle du changement de monarque il ouvrit malgré lui des yeux ronds et une bouche bée à la vue des nouveaux Lords et surtout de la reine qu'il devait servir.
Comme tous les autres, ébloui par Daenerys il se jeta à genoux prêta serment sur sa vie et son honneur, ce qui n'était sans doute pas nécessaire mais devait être les vestiges de quelques vieux rêves de chevalerie jamais aboutis. Tyrion reporta rapidement toute son attention sur sa nourriture pour remarquer qu'il s'agissait d'une viande en sauce et d'un mélange de légumes, accompagné d'un vin dornien qu'il savait être le préféré de Cersei.
Un souvenir étrange lui revint en mémoire, un jour où il avait croisé sa grande soeur dans les cuisines de Castral Roc, au beau milieu de la nuit, chacun d'eux étant venu subtiliser du vin, elle, sans doute parce qu'elle venait d'apprendre qu'au lieu de Rahegar Targaryen elle finissait fiancé à Robert Barathéon et lui parce qu'il était lui, qu'il avait dix ans, et que personne ne se souciait de ce qu'il pouvait bien faire. Ils s'étaient croisés sans un mot, avaient échangé un des seuls regard non agressifs de toute leur vie, quelque chose comme un début d'accord tacite puis étaient repartis chacun de leur côté, se noyer dans les prémices d'une passion dévorante pour l'alcool. Tyrion s'amélirrait de ce côté là remarqua-t-il, ayant de grandes responsabilités il ne pouvait plus se eprmetttre de perdre ses pleines facultés mentales.
Il haïssait vraiment sa soeur, comme d'autres la grise écaille, le roi de la nuit ou les autres fléaux de ce monde. Elle restait sa soeur cependant, et aussi déroutant que cela puisse paraître il avait au total passé plus de temps, certes forcé avec elle, qu'avec Jaime et peut-être même que les jumeaux ensemble de part les pour une fois raisonnables tentatives de leur père pour les séparer.
Daenerys dut lire quelque chose sur son visage parce qu'elle annonça à voix haute et claire:
-Ceci avait était fait au goût de l'usurpatrice Cersei Lannister n'est-ce pas? Cela ne me sied pas, apportez du vin du val, et ce soir nous aurons du poisson. Daenerys n'avait aucun problème avec les mets servis, Tyrion en était certain, si ce n'est qu'ils aient été pensé pour sa prédécétricea', elle voulait rendre tangible la différence pour tout le monde jusqu'à ses cuisiniers et c'était sans doute sage, mais cela aurait pu être fait plus subtilement, là on aurait dit le caprice d'une enfant gâtée.
-En ce qui concerne votre conseil poursuivit Tyrion, nous devrions chercher de vrais spécialistes, à travers les sept royaumes, s'il le faut, envoyer des émissaires à tous les seigneurs pour qu'ils fassent leur recommandations, parmi les gens sans titre également, si le meilleur comptable habite dans un village perdu au fin fond du val, il n'empêche qu'il est toujours le meilleur comptable et qu'il nous le faut ici au plus vite avec notre situation financière, et c'est pareil pour le reste.
-Et devrais-je alors faire confiance à n'importe qui, risquer d'être trahi par quelqu'un dont la seule légitimité serait les capacités techniques? questionna la jeune reine, sincèrement étonnée.
Daenerys c'était normal, comme beaucoup d'enfants de grandes familles était pleine de préjugés contre les personnes du commun et croyait naïvement que si eux gouvernaient c'est qu'ils possédaient des vertus supérieurs pour le faire. Elle était bienveillante à leur égard mais avait été éduquée ainsi. Tyrion n'avait pas non plus une tendresse particulière pour les gens ordinaires, ils pouvaient être presque aussi cruels que des Lannister quand l'occasion se présentait, et souvent même plus crétins parce qu'on ne leur avait jamais appris à utiliser leur cerveau et qu'ils n'avaient pas souvent reçu d'éducation mais il savait qu'au fond ils étaient à peu près les même, seulement eux gouvernaient parce qu'ils avaient de la chance, de l'argent, du charisme, ou que leurs ancêtre en avaient eu.
-Si je puis me permettre votre majesté, je viens du peuple, et même des bas-fonds de cette ville, il existe des gens, nobles ou pas qui vous suivront si vous ne leur donnez pas de raison de les trahir, si vous les payez respectablement et les traitez correctement déclara Ser Davos, le ton humble, les yeux doux, arborant cette horrible ressemblance avec les Stark qui vous donnait toujours envie de faire des choses stupides comme applaudir, ou partir en guerre avec une épée en bois.
-Je réfléchirai à la question conclut Daenerys en attrapant une pomme dans la corbeille de fruits placée au centre de la table. Pendant ce temps, vers Gris taciturne se goinfrait en silence et Jon avalait distraitement des aliments son attention fixé sur Daenerys.
-Dany, es-tu sûr de vouloir que je reste ici avec toi? demanda Jon, d'un ton grave, des gens vont forcément apprendre que je suis un Targaryen, trop de personnes sont déjà au courant.
-Cela ne changera rien, sauf si toi tu veux tenter de me prendre le trône de fer rassura Daenerys, elle sourit, mais c'était une petite chose vacillante et il aurait été clair pour n'importe qui que l'incertitude la rendait folle d'inquiétude
-Jamais je ne ferais une chose pareil répéta pour la énième fois Jon, avec son air soumis et Tyrion eut envie de se cogner le crâne contre la table. Combien de fois faudrait-il qu'il répète "tu est ma reine" et "je ne veux pas du trône" pour que le message atteigne Daenerys?
Tyrion avait l'impression d'assister à la vieille dispute d'un couple marié depuis dix ans alors que Jon et Daenerys se connaissaient depuis un an seulement, n'étaient même pas officiellement ensemble et de ce qu'il en savait, ne faisaient rien de plus que de se sourire comme des attardés et de prendre des mines tragiques d'adolescents quand on leur rappelait leur sang commun.
Oui, Tyrion était cynique, sa vie l'avait rendue ainsi, mais passée les premiers temps où il avait dû combattre lui aussi une véritable attirance pour la reine des dragons, ses histoires de coelig;ur dignes de chansons avaient même perdues la saveur des ridicules drames qui les déchiraient.
Quand Tyrion avait bien admis qu'entre le pauvre Jorah complètement désespéré, le séduisant Daario abandonné, et le courageux Jon Snow, fils de Raegar et Lyanna, il valait mieux s'occuper seulement de politique sa vie était devenue plus simple, moins pathétique et plus ennuyeuse. Les deux Targaryen continuaient de discourir entre eux, et Tyrion et les deux autres conseillers s'excusèrent en quittant la salle. Malgré tout ce qu'il pouvait raisonner, Tyrion ne se sentait pas la force de regarder les deux yeux opalescents se remplir de larmes comme ils ne manquaient pas de le faire à chaque fois que l'une de ces querelles éclataient. Parfois, les dragons étaient juste trop intenses pour des gens normaux. Lorsqu'il ouvrit la porte et avança dans le hall de la salle du conseil attendaient là un petit groupe de personnes qui lui firent tout de suite penser aux survivants d'une catastrophe naturelle.
Agglutinés par deux ou trois, silencieux, méfiants, ils attendaient. Ils attendirent tous dans un silence de plomb pendant une demi-heure que Daenerys et Jon terminent leur entretien. Daenerys regagna gracieusement le trône et tous reprirent place.
-Ser Jaime Lannister appela-t-elle, et Jaime s'avança mécaniquement les yeux baissés, elle lui fit signe de s'agenouiller et il obtempéra.
-Je comprends mal le motif de vos actions, régicide confia-t-elle, vous avez tué mon père on me dit que c'était pour défendre les innocents, vous avez jeté dans le vide un petit garçon, vous avez couché avec votre soeur, vous avez quasiment chargé sur mon dragon à la bataille de Castral Rock, vous avez défendu Winterfell et ses habitants des marcheurs blancs avec vaillance, vous avez promis de retrouver et de protéger les enfants Stark et vous venez de faire partie d'un groupe qui s'était donné pour mission de neutraliser Cersei Lannister.
Daenerys avait énuméré les faits les uns après les autres, en assistant bien sur le "vous" et l'expression menaçante. L'énoncé de ses actes ne fit même pas frémir Jaime, il hocha simplement la tête toujours à genoux.
-Quelle est votre motivation pour tout cela? voulut savoir la jeune Targaryen, et à la façon dont elle penchait légèrement la tête sur le côté, comme pour l'examiner sous un autre angle, Tyrion comprit qu'elle était curieuse.
-J'imagine que j'avais beaucoup de motivations et qu'elles étaient contradictoires répondit-il, cela aurait pu être très arrogant, c'était simplement honnête, un adjectif qui s'appliquait rarement à leur famille.
Tyrion s'était presque toujours considéré comme la personne la plus saine de sa famille, ;excepté Tommen et Myrcella) et pourtant il n'était pas du tout sans vices et s'en moquait assez franchement. Toutefois, Jaime dans son ultime perversion, n'avait toujours été que le jouet des autres, croyant pendant longtemps qu'il suffirait de défendre sa famille pour être un grand chevalier. Même Tyrion avait pu obtenir de lui tout ce qu'il voulait tant que cela n'entrait pas en contradiction avec ce que Cersei voulait, mais tout de même.
-Je vois continua Daenerys, pour des raisons qui m'échappent un grand nombre de personnes ici ont demandé la clémence pour vous, votre frère bien sûr mais aussi les Stark, et Ser Brienne de Torthe, tout ces gens qui sont selon moi, dignes de confiance ou presque.
À la fin de sa phrase, son regard brûlant se posa alternativement sur Arya et Sansa Stark, Tyrion n'aurait pas aimé être à leur place, mais les deux jeunes filles n'auraient pas pu être plus calmes, la petite Arya laissait un sourire mystérieux planer au coin de ses lèvres, comme si cela lui plaisait d'être un objet de crainte pour Daenerys, quant à Sansa, elle feignait si bien l'ennui le plus profond que Tyrion se demanda un instant si elle avait écouté les dernières paroles de la reine.
-Je ne demande qu'à vivre pour payer mes dettes à tous les cons qui ont risqué leur peau pour ce qu'il reste de la mienne lança Jaime d'une voix rauque.
-Ils ne risquaient pas leur peau, contrairement à votre soeur, je ne tue pas mes conseillers quand il me font une suggestion qui ne me plaît pas, crut bon de préciser Daenerys en se levant de son trône. Alors que dans la salle un silence tendu éclosait, la jeune femme se rapprocha du régicide. Daenerys n'était pas très grande et avec Jaime les genoux à terre, leurs visages se trouvaient approximativement au même niveau.
Tyrion eut du mal à comprendre la vague de jalousie qui l'envahit à cette vue, ils ressemblaient à une vieille illusstration dans un livre de poèmes d'amour pour fillettes, dont il croyait se souvenir que Sansa le traînait partout lorsqu'elle était à Port-réal. Avec les cheveux argenté de Daenerys et les yeux suppliants de Jaime, son épée au côté, la scène aurait pu être une demande en mariage. C'était révoltant que même lorsqu'il était en deuil, et entrain de subir son procès, son frère apparaissait toujours dans une bien meilleure lumière que lui.
-Sur votre épée, sur votre vie, sur ce qu'il reste de votre honneur jurez que vous servirez désormais la reine légitime des sept couronnes ordonna Daenerys.
-Sur mon épée, sur ma vie, sur ce qu'il reste de mon honneur, je jure de te servir Daenerys Targaryen reine des sept couronnes...
Tyrion n'avait pas besoin d'écouter la formulation des titres et le serment préconçu, Jaime, cet enfoiré était sauvé peu importait comment.
-Vous partirez pour le nord, pour le mur, demain dès après mon couronnement, vos titres de seigneur de Castral roc et protecteur de l'ouest ne vous reviendront qu'à votre retour annonça Daenerys, vous vouliez payer vos dettes, vous commencerez par diriger la reconstruction de la garde de nuit pour protéger le royaume des humains.
Jaime n'avait pas d'autre choix que d'accepter, mais il ne pouvait s'empêcher de lancer des regards paniqués à Brienne à la dérobée. Celle-ci s'était levée et demandait maladroitement la parole:
-Votre grâce je demande la permission de partir avec Ser Jaime, la reconstruction du mur et de la garde est une lourde tâche ajouta-t-elle. Jaime ne tenta pas de la dissuader, héroïque peut-être tout de même pas à ce point, ce n'était pas un Stark, si une source de réconfort ou de bonheur se présentait il n'allait pas la repousser sous prétexte qu'il ne la méritait pas.
-Je crois que ce n'est pas là un travail agréable, mais Comme vous voudrez Ser Brienne trancha Daenerys, vous partirez avec lui.
-Si cela ne vous pose pas de problème bien sûr, Jon, Sansa, Arya, Bran, demanda-t-elle timidement, je sais que je vous ai juré allégeance et je le ferai encore sans hésité, je reviendrai au moindre besoin mais...
-Il n'y a aucun problème Brienne, tu as plus que tenu ta promesse à notre mère rassura Chaleureusement Sansa, Ser Jaime a besoin de toi et tu seras plus heureuse ainsi.
C'était simple et vrai, les autres Stark surenchérirent dans les remerciments.
-Dans le cas de Ser Jaime, il s'agit bien sûr d'un bannissement, vous ne reviendrez pas ici tant que je n'aurai pas donné un ordre contraire et votre séjour au mur ne sera renégotiable que dans six mois prévint Daenerys et de sa part, s'était une peine clémente. -Jon est toujours gardien du nord poursuivit Daenerys, mais il va rester ici avec moi pour l'instant, Brandon Stark vous devenez donc Lord de Winterfell.
-Votre majesté, cela aurait été un honneur mais je ne peux pas, ce n'est pas mon rôle, je suis la corneille à trois yeux désormais. Daenerys parut embêtée, l'autre alternative était de nommer Sansa gardienne du nord et cela ne lui plaisait pas:
-Ne pouvez-vous pas être les deux? demanda-t-elle un peu brusquement au garçon et les trois autres Stark se tendirent aussitôt sur la défensive.
-Non ce ne sera pas possible votre majesté, ma soeur Sansa s'en chargera très bien répondit bran, calmement.
-Ainsi vous serez la dame de Winterfell abdiqua Daenerys en se tournant vers Sansa, puis son regard s'éclaira comme prise d'une inspiration subite, je compte sur vous pour garder le nord, et garder les secrets de votre frère, loin de la capitale
Le message était légèrement codé mais clair, Sansa ne devait pas parler des origines de Jon, ne plus se mêler des affaires de Daenerys, et si possible rester le plus loin possible dans les tréfonds glacés du nord.
-Cela va sans dire majesté assura Sansa avec un sourire gelé.
Le couronnement fut grandiose, la foule en délire scanda le nom de Daenerys, qu'ils surnommèrent "Daenerys la flamboyante" celui de Jon aussi, réclamant ce qu'ils appelaient "le mariage du loup et du dragon", Tyrion sentit que des moments difficiles étaient à venir. Jon demanda à Bran de rester avec lui à la capital, pris par quelque inspiration subite et croyant qu'Arya repartait avec sa grande soeur. Il découvrirent tous ce jour-là qu'Arya partait vers l'ouest pour découvrir de nouvelle techniques de combat, elle assura à ses frères et soeur qu'elle avait un projet en tête et qu'elle reviendrait au plus vite. Jaime et Brienne partirent avec Sansa et sa suite parce qu'ils avaient le même chemin jusqu'à Winterfell. Jaime était déboussolé mais Brienne était son nord et il s'y accrochait ardemment. Sansa reçut un violent choc en apprenant que finalement, aucun autre Stark ne retournait à Winterfell.
Ils fuyaient, pensa Tyrion, comme lui, des fantômes qui les poursuivaient, des blessures qui ne guérissaient pas. Arya était intrépide, fière, partir vers l'ouest serait une aventure formidable et il espéra qu''Arya lui raconterait un jour, comme Jon et Bran lui avaient raconté les leurs. Il observa les nordiens prendre la route au milieu des flocons, et avait senti une douleur innatendue à voir partir tant de gens qui lui importait, l'étrange gamin, Bran Stark Jaime et sa Brienne et Sansa.
C'était une autre forme de courage, de se retourner directement sur le passé, et de vouloir, en plein sur ses ruines, reconstituer un avenir. Peut-être que Sansa voudrait bien lui raconter, un jour. Pour l'heure, il avait un royaume à reconstruire lui aussi, et il devait veiller à ce que Daenerys la flamboyante, ne brûle pas trop fort, et ne consume personne. note: Normalement à Mercredi !
