Note : Merci pour les reviews du dernier chapitre! Je suis super contente de voir le soutien que reçoit Sansa, c'est un de mes personnages préférés et elle aura une grande place dans cette histoire! Ce chapitre est un peu plus loin de l'intrigue (si on peut considérer qu'il y en a une xd) et se concentre sur Jaime et Brienne.

Bonne lecture,

Chapitre 9 : Brienne

'-Il faut que tu manges sermonna pour la énième fois Brienne.

-Je n'ai pas faim gromela Jaime.

-On voyage dans le froid depuis des jours, tout le monde est affamé, il faut que tu manges poursuivit Brienne, en poussant vers lui un morceau de viande séchée.

-Je ne sers à rien ici Brienne, vous feriez mieux de me laisser mourir dans un trou, se plaignit Jaime, il y avait quelque chose comme une tentative de plaisanterie dans sa voix mais surtout de la douleur.

-On ne restera pas ici pour toujours rassura Brienne, elle l'espérait en tout cas, elle voulait revoir les eaux purs de Torthe, et son père.

L'expression de Jaime s'était remplie d'espoir, il la regardait avec cette intensité qui donnait à la jeune femme le besoin urgent de cacher son visage, son nez cassé et ses tâches de rousseurs, pour ne pas qu'il réalise son erreur. Car il n'était pas possible que se soit pour elle, que son visage s'éclaire, n'est-ce pas?

Jaime avait maigri, de petites rides commençaient à ourler ses paupières, ses cheveux blonds étaient couvert de givre, et pourtant Brienne aurait pu passer des heures à le contempler, ou juste à être près de lui, parce qu'il lui donnait un sentiment de sécurité inouïe

Avec reluctance, Jaime se mit à mâcher ostensiblement la faisant soupirer d'agacement. Sans doute exprès pour la faire enrager il demanda:

-Je peux en ravoir? J'ai faim maintenant.

Un rire cristallin retentit dans son dos et bientôt une fillette se jeta par terre, près d'eux, toute tremblante croulant sous une immense chevelure brune.

-Tu es trop jeune pour faire partie des recrues pour le mur, toi s'étonna-t-elle en enroulant autour de la petite une de ses fourrures.

-Maman a dit que je devais y aller, qu'il n'y avait pas d'autre solution précisa l'enfant.

Brienne passait la moitié de son temps à s'occuper des petites recrues comme celle-ci, bien qu'un peu plus âgées, cela lui fendait le coeur quand elle se rendait compte qu'ils passeraient plus de temps au mur qu'elle-même, peut-être pour le restant de leurs jours.

L'autre moitié de son temps, elle veillait à ce que Jaime ne meurt pas. Elle exagérait à peine. De plus, même s'il ne le savait pas, Brienne avait autant besoin de lui, que lui d'elle.

-Vous, vous êtes un lannister ! lança brusquement la petite en pointant un doigt accusateur sur Jaime, Maman disait que se sont des méchants, qu'ils tuent des enfants.

-Ne dis pas de bêtise corrigea fermement Brienne, Ser Jaime est un chevalier, il a défendu le royaume des marcheurs blancs.

-Et j'ai sans doute causé la mort de beaucoup d'enfants ajouta le chevalier d'un ton morne.

Ce qui faisait vraiment peur à Brienne, plus que le froid, la reconstruction du mur, l'éloignement de tout, étaient les cauchemars de Jaime. Toutes les nuits, elle savait que son cerveau le torturait d'images de feu et de sang. Son père, Aerys, et surtout Cersei, hantaient ses rêves et il les suppliait dans son sommeil de lui pardonner, de l'épargner, de le laisser partir. Brienne les en abjurait tout autant.

Brienne aurait voulu être assez forte pour s'approcher, pour le serrer dans ses bras, ils n'étaient jamais à plus d'un mètre l'un de l'autre, mais la douleur lui faisait voir une barrière l'empêchant de venir plus près malgré les bras que Jaime tendait convulsivement dans les ténèbres et qu'elle serrait de loin.

Cette nuit-là elle vit une telle détresse en lui qu'elle décida qu'il fallait en parler:

-Si tu veux en parler Jaime, tu sais que je suis là dit-elle maladroitement.

-Tu crois que je vais t'infliger cela? demanda-t-il outré, t'expliquer que je suis un meurtrier qui mérite bien pire que le mur? Te parler de Cersei? Brienne détourna le visage, elle avait mal et lui aussi, et c'était insupportable.

-Je préfère que tu m'en parle plutôt que de te laisser engloutir par ton deuil répondit-elle, et c'était l'une des choses les plus violentes qu'elle ne lui ait dit depuis Port-Réal.

Ils en avaient besoin toute fois, cela ne leur ressemblait pas d'être précautionneux de prendre des pincettes malheureusement ni l'un ni l'autre n'avait jamais su le faire.

-La vérité fillette, murmura-t-il en réutilisant ce vieux surnom qu'il lui donnait jadis alors qu'ils étaient de drôles d'ennemis prêts à coopérer sur la route de Port-Réal.

-La vérité c'est que si je suis toujours ici, c'est pour toi, grâce à toi et à cause de toi. Aerys est un très vieux souvenir, ma soeur me tourmente bien sûr, mais elle l'a toujours fait, il est normal que sa mémoire soit si traumatique, j'avais fait le deuil de notre relation avant sa mort, je savais qu'elle était malsaine et vide de sens, que notre vie était construite sur un mensonge, je regrette d'avoir perdu ma soeur jumelle mais cela ne date pas d'hier, je ne regrette pas sa perte en tant qu'amante. Quand aux enfants, que puis-je y faire? Ils sont tous morts, les nôtres à Cersei et moi, ceux des Stark, tout ce qui m'est possible de faire pour eux c'est protéger ceux qui reste. Je passerai ma vie au service de Brandon Stark et pourtant cela ne rachètera toujours pas ses jambes. Mes crimes sont là, mes défauts aussi, et la chose qui me fais vraiment mal, aussi égoïste que ça soit, c'est de voir que je te dégoûte, que tu t'éloignes comme d'une bête sauvage entrain de mourir rendue encore plus agressive qu'à l'ordinaire.

Jaime avait parlé d'une traite, le souffle court, les yeux brillants de larmes, il était insoutenable de le regarder.

Sa voix, en un mélange d'accents graves et doux s'était fissurée, ce qui sembla hôter tout pouvoir de raisonnement à Brienne, sous une impulsion désespérée elle pressa ses lèvres contre les siennes. Une fraction de seconde, il ne réagit pas, et Brienne crut que la mortification et le chagrin d'années de rejet de la part de ses semblables rejaillissaient d'un coup sur elle au moment où elle allait se reculer et probablement s'enfuir, les bras de Jaime se refermèrent autour d'elle comme si sa vie en dépendait.

Il lui rendit son baiser, aussi éperdument qu'elle ne l'avait fait, et il sembla à la jeune femme qu'une chaleur réconfortante la submergeait, au milieu du froid de l'hiver, leurs lèvres gercées par les températures glaciales saignaient à présent, ils n'en avaient cure. être pleins de sang, de brusquerie et de tendresse, n'était-ce pas ce qu'ils faisaient le mieux, ensemble?

Ce fut la première nuit où Jaime ne s'éveilla pas, et par conséquent Brienne non plus. Quand elle entrouvrit les paupières, un faible soleil d'hiver filtrait à travers les parois de la tente sous laquelle ils s'abritaient. Jaime sommeillait auprès d'elle, un bras passé autour de sa taille, paisible.

Les picotements d'une joie simple et dévorante se répandirent dans tout son corps. Pourtant, aucun vêtements n'avait été hôté la veille, il faisait bien trop froid, et il n'avait pas été question de réitérer les événements de Winterfell. Pas encore. Jaime avait sanglotté sur son épaule et s'était assoupi plus calme qu'elle ne l'avait vu depuis longtemps. Une seconde Brienne s'autorisa à rester immobile, à se laissé bercer par la vague possibilité d'un bonheur futur, pour eux.

Mais elle était un chevalier, elle ne resta pas inactive très longtemps, ce n'était pas dans sa nature d'espérer, c'était une spécialité des Starks sans doute qui leur donnait cet air de chiot abandonné dans certains moments, Brienne ne pouvait penser que les choses tourneraient vraiment bien. En revanche, elle pouvait casser l'intégralité de ses os en se battant pour les arranger.

Même si l'ennemi était invisible, et ressemblait comme deux goûte d'eau à Jaime. Elle se leva vivement, réveillant le dormeur.

-Qu'est-ce que tu fais, espèce de folle? marmonna Jaime puis il se retourna, tendit un bras sur le côté comme s'il s'était endormi et avait déjà oublié qu'elle n'était plus là.

-Nous sommes censés être responsables de cette expédition tu sais? lança-t-elle d'une voix forte, pour le maintenir éveillé.

-Ça va, ils peuvent trouver le mur tout seuls, ils sont grands protesta Jaime, n'ayant pas l'air d'être adulte lui-même.

-La moyenne d'âge du groupe doit être de seize ans ! s'offusqua-t-elle, et on les emmène dans un endroit délabré où on est même pas certains qu'il reste un semblant de groupuscule humain. On est supposé être les adultes responsables ici.

Jaime continua à se plaindre mais se leva et la suivit docilement à l'extérieur. Autour d'eux, une centaine d'hommes et de garçons courraient pour se réchauffer, ou tentaient tant bien que mal de faire des feux. Aussitôt qu'elle les aperçut la petite de la veille se précipita vers eux. Brienne constata avec étonnement que l'enfant n'avait rien de particulier à leur demander, elle cherchait juste un repère, un adulte capable de la protéger et de la prendre en charge, comme un grand nombre de gamins à peine plus âgés qui gravitaient à distance.

Cela lui parut étrange qu'on la considère comme une figure rassurante alors qu'une grande partie de sa vie, elle avait plutôt fait peur au gens. Elle ne savait pas du tout comment gérer une telle situation. Comment devait-elle remettre en place la garde de nuit alors qu'elle n'y était jamais allé auparavant? Et avec cela comme main d'oeuvre?

-En route ! hurla Brienne du ton de commandement qu'elle avait appris lors de la bataille de Winterfell. Les gens optempérèrent, dans la formation la plus maladroite et la plus déséquilibrée qu'il lui ait été donné de voir. Tandis qu'ils cahotaient et trébuchaient sur un chemin fait tantôt de glace et de poudreuse, et de souche d'arbres dissimulées la jeune femme s'aperçut que certains des hommes ricanaient en la regardant rattraper Jaime dont l'équilibre était quelque peu endommagé de par l'absence de sa main droite.

-Lady Brienne, ser Jaime, à moins que se ne soit Lady Jaime et Ser Brienne, je suis pas sûr... vous avez besoin d'aide? demanda un jeune homme d'environ son âge en remarquant le geste.

-Non merci, Ser Dorian, je sais que vous mourrez d'envie de me toucher, mais contrairement à ce que vos fantasmes vous font croire je ne suis pas une jeune fille prête à se jeter dans vos bras, rétorqua Jaime d'un ton moqueur, j'ai déjà ceux de Lady Brienne, qui est beaucoup plus vaillante que vous.

Par un vieux réflexe établi depuis le temps de leur captivité partagée, Brienne lui décocha un coup d'épaule qui faillit le faire tomber, à l'entente de ce petit ton suffisant de Lannister qui l'avait autrefois tant outragé. Mais désormais, Jaime s'en servait pour la défendre, certes en même temps qu'il réaffirmait sa fierté masculine ridicule mais tout de même.

Combien de fois avait-elle dû encaisser les insultes silencieusement parce que ce n'était pas convenable pour elle de répondre? Parce que ce n'était pas dans sa nature d'être sarcastique?

Se ressaisissant elle fit un signe de remerciement à Jaime.

-Tu devrais apprendre à plaisanter.

-Et toi à être sérieux.

Finalement, ils le trouvèrent, le mur, ou ce qu'il en restait. Quand ils arrivèrent; une vingtaine d'hommes de la garde de nuit était installée dans la salle principale, qui buvant, qui lisant, arborant l'air désoelig;uvré de ceux qui ont réchappé à une catastrophe et qui ne savent plus quoi faire d'eux-mêmes. Ils avaient été averti par Daenerys par corbeau de leur arrivée.

Pourtant, lorsque Brienne poussa la lourde portedes,

les hommes la dévisagèrent avec indifférence.

-Bonjour, nous accompagnons de nouvelles recrues pour la Garde et nous sommes Ser Brienne de Torthe et Ser Jaime Lannister annonça Brienne.

-Je suis exilé rectifia l'abruti de Lannister, Brienne est une embassadrice de la reine des sept couronnes et des Stark Gardiens du nord.

La jeune femme se mordit la lèvre pour ne pas le contre-dire, jamais Daenerys n'avait utilisé le mot embassadrice quand à être communément envoyé par celle-ci et l'actuelle gardienne du Nord, Sansa, dans une action concertée entre elles, c'était un mensonge éhonté. Jaime lui lança un regard qui voulait dire "Ne déments pas, tu n'y connais rien en stratégie". Bien que son esprit de contradiction lui dictait de parler, elle estima qu'il était plus important d'être respecté par ces hommes.

-Qui est le lord commandant de la garde actuellement ? intérogea-t-elle.

-Moi !

Au moins six hommes s'étaient avancés allant d'un vieillard tremblotant à un garçon d'une vingtaine d'années, qui avait sortis son épée apparemment attendant la première occasion pour se battre.

-Je vois... fit Jaime, il faudra vraiment élire quelqu'un les gars, et je n'ai vraiment pas l'énergie d'assister à ce genre de négociations maintenant, vous ferez ça quand vous serez plus nombreux et que les gens qu'on vous emmène vous auront officiellement rejoint, pour l'instant, c'est Ser Brienne qui commande, jusqu'à notre départ.

Une vague de protestations s'abattit sur le chevalier y compris de la part de la principale intéressée.

-Jaime ce n'est pas démocratique ! lui hurla-t-elle, ils n'ont pas de raison de m'écouter.

-Il n'y a absolument rien de démocratique dans toutes lesept couronnes, persista Jaime, et il faut bien que quelqu'un de bien intentionné les dirige, si on veut accomplir quoi que se soit pendant qu'on est coincé dans ce putain de bout du monde gelé.

-Dans la garde de nuit on a pas de femmes beugla un homme d'âge mûr en brandissant son ver de vin et en postillonant alègrement alentours.

-On veut pas de Lannister ici scanda un autre, ni de leurs animaux de compagnie.

-C'est une ser ou une lady d'abord ? jeta un troisième.

-Je dois vous informer que lady et ser sont des titres, non des genres, la plupart d'entre vous n'êtes même pas des Ser apprit Jaime, Brienne est une lady parce qu'elle est une jeune fille née d'une famille noble. Elle est un Ser parce qu'elle a été adoubé chevalier.

Brienne crut qu'elle allait fondre en larmes comme une fillette, ce qui aurait alimenté les plaisanteries de Jaime pour les quinze années à venir. Il avait un cerveau en plus d'être arrogant et beau, même s'il n'en faisait pas étalage il était intelligent. Sans doute pas à la façon de son frère ou de sa soeur. D'une intelligence plus humaine qui lui permettait de gagner l'affection de ceux qui l'écoutaient vraiment.

Mais Brienne ne dépendait de personne et elle devait le montrer maintenant.

-Écoutez fit-elle, j'accompagne ici ser Jaime Lannister dans son exile. La plupart d'entre vous êtes là parce qu'il n'y avait pas de place pour vous ailleurs, parce que vous étiez le sixième fils d'une petite famille noble, parce que vous étiez trop pauvres pour avoir aucune autre possibilité, parce que vous avez commis un crime et que vous avez été condamné à poursuivre vos existences au mur. Ce n'était pas souvent un choix. Nous sommes là, le mur est en sale état, il faut le reconstruire. Il faut apprendre à toutes ces personnes à être d'honorables membres de la garde de nuit, continua-t-elle faisant un signe vers le groupe hétéroclite aggloméré près du feu séchant leurs vêtements mouillés.

-En ce qui me concerne je n'ai pas envie de commander quoi que se soit. En revanche, je souhaiterais sincèrement être utile pendant mon séjour ici. Vous élirez un Lord commandant, démocratiquement, quand vous serez assez nombreux. À présent, j'aimerai savoir si vous recevez encore des vivres, il y a des jeunes enfants avec nous, j'aimerai qu'ils puissent manger correctement.

Il n'y eut pas d'applaudissements ou de hourras, Brienne avait une voix monocorde, elle était terrifiée par le fait de s'exprimer en public, et son physique, il fallait l'avouer, ne pouvait enflammer les foules.

Toutefois, un ou deux hommes disparurent vers ce qui devait être les cuisines, quelques uns vinrent s'entretenir avec Jaime et elle sur les conditions de l'approvisionnement en matériaux de construction et en aliments tandis que des hommes traînaient du long des murs des tables et des chaises pour permettre aux nouvelles recrues de s'attabler.

Cela suffisait amplement à Brienne.

-Tu est sûr que je ne peux pas rester? demanda Jaime d'un ton plaintif, alors qu'elle tentait plus tard cette nuit-là de refermer la porte de sa chambre.

-Les gens vont s'imaginer des choses si tu... commença Brienne, sentant ses joues brûler de gêne.

-S'imaginer ? intérogea-t-il, sourcils haussés.

-Arrête fit-elle en tirant sur la porte qu'il bloqua du pied.

-Et alors de toute façon? poursuivit-il.

-Et alors tu te rappelles ce qu'impliquent les voelig;ux des frères de la garde de nuit, ils interdisent aux hommes d'avoir des relations intimes.

Jaime s'esclaffa, amorça une piteuse imitation de son "des relations intimes", tout le visage tordu dans une grimace butée.

-Vraiment Brienne après Winterfell tu pourrais...

-Tais-toi! Nous sommes censés montrer l'exemple, nous sommes des envoyés royaux tu te souviens ? rappela-t-elle.

-Ces voelig;ux devraient être changés. Je suis sûr que si je faisais une campagne pour cela, je deviendrais très populaire ici, répondit Jaime avec un sourire.

Brienne soupira, elle avait passé près d'un an au service des enfants Stark, tous pas tout à fait sortis de l'adolescence, pourtant le plus grand enfant que les Sept lui faisaient suPporter était assurément Jaime.

-J'en suis convaincu assura-t-elle à mi-chemin entre l'exaspération et l'amusement, en attendant bonne nuit.

Le visage de Jaime s'adoucit tout à coup, il avait cette tendance aux changements d'humeurs intempestifs. Et là, il arborait l'expression des moments où il faisait des déclarations ridicules pour ensuite réduire en miette le coeur de Brienne.

-Un jour, nous irons sur ton île aux Saphirs, loin de tout ça, tu devrais me raconter comment c'est là-bas. Il y avait une telle certitude, une telle sérénité dans sa voix, que la jeune femme sentit des picotements dans sa poitrine.

-Je t'ai déjà dit qu'il n'y avait pas de saphirs, seulement une eau d'un bleu étincelant mais Je ne sais pas raconter les belles choses murmura-t-elle, parles moi de chez toi, dans l'ouest.

Le regard de Jaime se fixa dans le vide cherchant sans doute à travers le temps des souvenirs pas trop douloureux qu'il puisse évoquer.

-Il faudra que je te montre les rochers à pique qui plongent tout droit dans la mer depuis un coin des remparts de Castral rock, répondit-il, Cersei... quand on était gamins... avant tout ça..elle aimait plonger de ces rocher vers la mer, j'avais peur, mais elle sautait alors, je me disais qu'il fallait que je le fasse aussi, et c'était comme être libre. Plus tard, j'y ai emmené Tyrion, il n'avait pas six ans, et encore plus miniature et pleurnichard que maintenant... aussi dingue que Cersei, lui non plus il n'avait pas la frousse, je le prenais dans mes bras pour ne pas le perdre dans les vagues et je plongeai.

Dans la lueur frêle de la chandelle de sa chambre, Brienne avait les yeux fixés sur Jaime, fascinée, ses lèvres abîmées par le froid froufroutaient doucement avec ses mots, enfin il communiquait! Il parlait de ce qui lui faisait mal, de ce qui avait compté, il l'accueillait véritablement pour la première fois dans l'univers chaotique qu'avait été celui de la fratterie Lannister.

-Tu sautais dans le vide avec un enfant en bas âge handicapé? ne put-elle tout de même s'empêcher de relever.

-C'était lui qui voulait se défendit-il en riant, et c'est tout ce que tu retiens?

-Non se contenta-t-elle de chuchoter en lui tendant la main. Il devrait se contenter de cela, pour l'instant, Brienne n'était pas prête à dire autre chose. Ce qu'il vit sur son visage dût toutefois suffire parce qu'il dit d'un ton de promesse.

-Un jour, nous ferons un nouveau duel à l'épée et je Gagnerai. N'as-tu pas juré que tu n'épouserai personne s'il ne te battait pas à l'épée d'abord.

-Ce n'était que l'idée d'une enfant stupide, j'ai appris qu'on pouvait mériter tout l'amour du monde sans savoir se battre répondit-elle une image de Sansa, dont elle aurait aimé être la grande soeur lui vint à l'esprit, bizarrement l'image de Tyrion s'imposa également à elle.

-Ça ne change pas que je veux le faire et que je gagnerai insista-t-il.

-Tu ne gagneras pas renvoya-t-elle.

-Qui sait ? sourit-il, peut-être que je peux encore te surprendre, fillette.