Note:

réponses aux reviews:

-Lassa: Merci pour ta review, ne t'inquiète pas, Sansa va bien... pour l'instant, ce chapitre est de son point de vue xd, pour Bran il va falloir attendre un peu pour savoir. Oui, ici aussi Daenerys bascule du côté obscur mais plus lentement. Pour les motivations de la secte du dieu de la lumière on ne le verra pas avant quelques chapitres.

-Maxime: Merci pour ta review, j'ai l'impression que tu devines certaines choses pour la suite... mais je me tais.

Bonne lecture,

Chapitre 12: Sansa

-C'est une déclaration de guerre, décréta Robin Arhin en examinant le papier que Sansa lui avait confié. Il lui revenait de compléter son éducation, et le mestre et elle étaient tombés d'accord sur le fait que des rudiments d'ancien valyrien seraient nécessaires à un futur lord du Val dans ses relations avec Essos.

-Non, Robin, vous devez lire ce qui est écris, et non inventer, c'était une simple liste de provisions à acheter répondit-elle avec agacement.

-Vos textes sont ennuyeux protesta son cousin avec arrogance en sortant de sa poche un morceau de gâteau qu'il engloutit immédiatement.

-Nous avons des restrictions alimentaires en ce moment, vous en rappelez vous Robin ? interrogea-t-elle de plus en plus en colère, n'avez-vous pas remarqué que les portions sont amoindris et que nous parlions des mesures à prendre.

-J'ai autre chose à faire que d'écouter vos discussions ennuyeuses avec vos conseillers quand nous sommes à table assura-t-il avec hauteur.

-En tant que seigneur du val cela fera pourtant parti de vos devoirs un jour s'attrista Sansa à haute voix, ordinairement c'était le nouveau jeune mestre arrivé fraîchement de la citadelle qui donnait ses leçons à Robin mais elle avait voulu ce jour-là tenter de créer un lien plus civil entre eux en se joignant à lui un moment.

Mestre Nathan entra soudain dans la pièce les bras chargés de lourds volumes qu'il posa maladroitement sur la table avant de s'assoir près d'elle.

-Lady Sansa, je vais pouvoir prendre la relève à présent dit-il, vous devez avoir d'autres choses à gérer.

Ravie, Sansa sauta sur ses pieds, avec beaucoup trop de hâte pour une adulte responsable, puis se força à adopter une attitude plus calme.

-Merci Mestre Nathan, Robin je vous demanderai de bien vouloir vous contenter de la nourriture servie à table jusqu'à meilleur circonstances annonça-t-elle.

-Les vrais grands seigneurs ne s'affament pas pour leurs peuple comme vous le faites rétorqua l'adolescent insolemment.

-S'ils ne se soucient pas du sort de leur peuples alors se ne sont pas de grands seigneurs tenta doucement le jeune Mestre Nathan, l'air horrifié par son élève.

-Je ne m'affame pas, je me soumets simplement aux mêmes restrictions que les autres corrigea Sansa, avant de soupirer et de quitter la pièce.

Le matin même, la jeune Stark avait reçu en une seule lettre un amoncellement de mauvaises nouvelles. Elle avait appris, par une lettre de Lord Tyrion que Bran avait été enlevé et que Jon avait épousé Daenerys et toutes les circonstances qui s'en suivaient. Elle ne savait que faire. Si elle avait été plus mature, plus préparée, plus comme sa mère, Sansa croyait qu'elle aurait directement choisis une action, si elle avait su se battre comme Arya ou Brienne, si elle l'avait voulu elle aurait pu prendre son épée et s'engager dans une quête désespérée pour récupérer son frère.

Elle ne parvenait même pas à en vouloir à Jon qui au fond avait fait la seule chose envisageable pour lui, même si c'était peu sage politiquement et moralement, et encore il y avait été poussé par des manifestations populaires, des gens qui voulaient voir une histoire d'amour tragique de loup et de dragon se dérouler sous leurs yeux. Meera reed et Edmund Thorne lui avaient conseillé de faire ce que la reine lui demandait pour le bien de Jon et de Bran pour la paix, Faérie et le nouveau jeune mestre Nathan au contraire pensaient qu'il fallait charger sur Port-Réal pour réclamer le sauvetage de Bran et l'annulation de ce mariage déshonorant pour Jon. Le vieux maître d'armes de Winterfell avait carrément conseillé d'engager un groupe de chevaliers surentraînés pour la protéger jour et nuit, et même son cousin avait décrété que s'ils avaient tous été chez lui aux Eyriers, il les aurait fait passer par la porte de la lune.

Sansa soupçonnait très fortement que Bran avait su qu'il serait kidnappé avec ses pouvoirs de corneille à trois yeux, elle avait une confiance totale en sa capacité de maîtriser la situation, ou presque.

Cela réfrénait beaucoup la joie qu'elle avait ressenti ce matin même lorsqu'avec ses conseillers, ils avaient mis en place un nouveau système judiciaire. Désormais, le seigneur de Winterfell, actuellemant elle-même, ne serait plus juge des procès du nord, il y aurait un juge habilité, et dans les cas importants un jury populaire tiré au sort parmi le peuple, cela permettrait de ne pas mélanger la justice et la politique. Selon elle, elle n'était pas apte à juger de tous les sujets, elle n'en avait pas le temps, et avait des intérêts politiques qui pourraient la rendre partiale. De plus, c'était également une mesure pour assurer sa sécurité, personne pour se plaindre de jugements qu'elle n'aurait pas rendu.

Meera, Faérie et Sansa se hâtaient sous la tempête de neige, dissimulées dans plusieurs couches de fourrures en direction d'un petit restaurant de la ville d'hiver. Les jeunes filles entrèrent avec soulagement et rejoignirent une table du fond peu exposée aux regards curieux. Sansa prit même soin de s'assoir derrière un pilier avant de se débarrasser de son manteau.

La pièce était aussi chaleureuse que dans son souvenir, une famille occupait la table près de la cheminée, un peu plus loin un couple de jeunes gens discutaient un sourire aux lèvres, et des vieilles femmes cancanaient à l'autre bout de la pièce. La propriétaire de l'établissement, qui y travaillait aussi s'approcha de leur table.

-Que voudriez -vous? leur demanda-t-elle.

Il était quatre heures, leur escapade secrète les avaient mené ici au beau milieu de l'après-midi.

-Un thé s'il vous plaît demanda Faérie, Meera l'imita.

-Et un chocolat chaud ajouta Sansa.

-Voulez-vous un gâteau?

-Faites-vous toujours les gâteaux au citron? intérogea-t-elle, en oubliant toute prudence.

La serveuse la regarda, sa bouche forma un "o" silencieux, mais elle se retint d'exprimer sa surprise à voix haute.

-Je suis vraiment désolée, Lady Sansa je crois me souvenir que c'étaient vos préférés jadis, mais nous ne recevons plus de citrons de Dorne avec le climat.

-Bien sûr, Merci fit-elle, faisant surtout allusion au fait qu'elle avait parlé à voix basse.

-Alors vous veniez ici lorsque vous étiez petite ? demanda Meera avec un sourire.

-Oui, ma mère nous emmenait, Robb, Bran et moi, Jon Arya et Rickon moins souvent, ils étaient trop sauvages et incapables de se tenir tranquils, se remémora-t-elle avec tendresse, petit Robb pouvait être angélique pour avoir des sucreries.

-Je n'aurai pas dû venir ici poursuivit-elle, sur le moment, cela lui avait paru indispensable, de s'enfuir en cachette, au milieu des flocons, avec les deux autre jeunes filles, comme si elle pouvait se permettre d'en être une également. Elle avait voulu échapper un instant aux regards scrutateurs, aux attitudes protectrices ou soupçonneuses, aux responsabilités. Elle avait mis sa sécurité et celle des filles en danger, à partir de la sorte, sans gardes, qu'est-ce qui lui disait que Meera et Faérie ne la trahiraient pas après tout? Tous ceux qui lui avaient fait croire être de son côté l'avaient fait. Pourquoi pas elles? Pourtant, son stupide coeur voulait la persuader que Meera et Faérie, Edmund et ses autres conseillers étaient honnêtes.

-On a bien le droit de s'amuser un peu rétorqua Faérie, j'ai presque l'impression que j'étais plus libre dans ce putain d'orphelinat de port-Réal, c'était merdique, je m'ennuyai et j'étais inutile mais on ne comptait pas vraiment sur moi, pas comme ça.

Sous ses allures nonchalantes Faérie Snow se révélait sérieuse dans son travail, elle avait écrit à la citadelle pour requérir plusieurs mestres qui enseigneraient dans leur école publique, ce dont ils avaient été ravis et elle s'occupait des mesures incitatives à prendre pour que les parents y envoient leurs enfants. son expérience authentique du point de vue populaire faisaient d'elle une alliée précieuse. Meera Reed était également surprenante, au premier abord avec sa douceur et ses yeux rêveurs, il était impossible de soupçonner que la jeune fille était une experte en économie et en mesures budgétaires.

Bientôt, la dame revint avec leurs boissons fumantes et trois parts d'un magnifique gâteau au chocolat.

Faérie eut un demi-sourire malicieux en voyant Sansa se précipiter sur sa tasse de chocolat chaud, depuis la longue nuit et la mort de plusieurs troupeaux de vaches le lait était rare et conservé pour les enfants. La jeune Stark se délecta du liquide chaud et réconfortant qui la réchauffait de part en part, et de sa mousse onctueuse.

-Ce n'est pas un goût très noble que vous avez là dit Faérie à l'adresse de Sansa.

-Quant au thé, je pourrais vous rétorquer que c'est un breuvage de vieille demoiselle acariâtre, dit-elle, à mi chemin entre la contrariété et l'amusement.

Lady Meera soupira doucement, d'un an ou deux leur aînée, elle se retrouvait souvent à arbitrer ce genre de querelles futiles.

-Le chocolat chaud est très bon pour le morale, il vous rendrait peut-être moins cynique Faérie, quant au thé, il a des vertus relaxantes ce qui ne vous ferez pas de mal, Lady Sansa expliqua-t-elle.

-nous venons de nous enfuir toutes les trois d'un château dont nous sommes plus ou moins responsables pour aller prendre un goûter, tu devrais nous tutoyer Meera, répartit Faérie, se goinfrant si incérémonieusement de gâteau qu'elle avait des tâches marrons autour de la bouche, accentuant son allure mutine et juvénile. Sansa s'assura de graver dans sa mémoire cette image de ses deux amies, les moments joyeux étaient trop rares pour ne pas être chéris tels des trésors; ces temps derniers. Ou plutôt, la vie lui avait appris que l'on ne savait jamais de quoi seraient faites les années à venir.

-Je peux te tutoyer Faérie, mais Lady Sansa, ma famille est vassale de la sienne depuis des siècles, se justifia-t-elle.

-Tu peux, il n'y a pas de difficultés, encouragea Sansa, avec un sourire, pas en réunion officielle sans doute, cela ferait trop parler, comme j'essaie de l'expliquer à Faérie dès qu'elle m'appelle "San" devant des personnes influentes et protocolaire.

-Marché conclut, indiqua Meera, en avalant gracieusement son gâteau à la cuillère avec un regard appuyé en direction de Faérie. Cela procurait une sensation étrange se dit Sansa, d'avoir quelque chose qui se rapprochait d'amies,elle n'en avait jamais eu de véritables, depuis Jeyne Pool dès années auparavant, et elle ne pouvait empêcher une certaine distance de la séparer des autres, un mur de glace qu'elle avait façonné elle-même, parce qu'elle redoutait qu'une fois de plus, elle se laisse prendre dans une illusion.

-Alors Faérie, j'ai cru comprendre que toi et ser Marc Frazhien étiez très...proches, gloussa Meera son visage se transfigurant alors qu'elle parlait. Sansa écoutait, à moitié intéressée surtout reconnaissante de ces quelques minutes d'annonymat et de normalité qu'elle dérobait.

-Je ne suis pas amoureuse, assura Faérie.

-Vous vous êtes embrassé; dans les écuries, fit remarquer Sansa.

-Comment le sait-tu ?

-Un Stark se doit toujours de savoir ce qui se passe à Winterfell, asséna-t-elle, énigmatiquement.

-Cela ne veut rien dire de toute façon, il est mignon mais on ne compte pas se marier ou même rester ensemble plus que quelques jours poursuivit la jeune effrontée.

-Il n'aurait pas été une bonne alliance politique, approuva Sansa, les Frazhien nous sont déjà loyaux jusqu'à la mort et ce n'est qu'une petite famille.

-Aucune d'entre vous ne croit-elle donc à l'amour ? s'exaspéra Meera.

-Non se vanta fièrement Faérie. Sansa ne pipa mot, ho combien eut-elle voulu y croire! Cela avait été son souhait le plus cher pendant longtemps. Joffrey, Littlefinger et Ramsay lui avaient donné des raisons de croire le contraire. Pourtant, elle avait aussi pu observer un ou deux cas d'amours véritables, elle en était parvenue à la conclusion que cela n'existait simplement pas pour elle. Elle tenta de s'échapper de ses propres réflexions, elle avait bien plus important à méditer, il fallait rejeter au loin les boucles blondes, la voix rauque et une lettre amical qui hantaient parfois son esprit.

-Nous devons y aller fit soudain Meera, je crois qu'ils vont bientôt arriver aussi.

Meera n'avait pas de pouvoir étranges comme Bran mais elle était dix fois plus raisonnable que Faérie et Sansa l'était aussi normalement, pas en face de tant de chocolat cependant. Les trois jeunes filles se levèrent prenant bien soin de tourner le dos à la salle pour enfiler leurs capes qui les rendaient, une fois rabaissé le capuchon, irreconnaissable. Sansa paya un peu plus que la somme demandé, parce qu'elle pensait avoir reçu bien plus qu'un chocolat chaud et un gâteau, mais une acceptation silencieuse, et sa mère faisait cela quand elle venait ici.

-Pourvu qu'on nous ait pas volé les chevaux, grogna Faérie quand elles parvinrent sur la route enneigée qui ralliait la ville au château

Elles rejetèrent leurs capuches en arrière maintenant qu'ells étaient seule pour scruter les environs. Les chevaux étaient bien là, sagement attachés aux arbres où elles les avaient laissé, Sansa allait s'approcher lorsqu'une demi-douzaine de jeunes chevaliers et écuyers sortirent de nul par et se précipitèrent sur elles. Sansa étouffa un cri mais avant qu'elle n'est pu faire un geste l'un d'eux avait bondi sur elle et l'avait jeté en plein sur un tas de neige.

Terrifiée, Sansa leva les yeux pour voir Edmund Thorne lui sourire d'un air narquois en lui lançant une boule de neige en pleine figure. Non loin de là, Faérie poursuivait deux écuyers avec une boule de neige à la main, et Meera tentait de se protéger à l'aide de sa capuche alors qu'elle était bombardée:

-Alors comme ça vous partez vous amuser sans nous ? lança Edmund aux trois filles.

Sansa se redressa, le souffle court et profitant heureusement de l'effet de surprise, plaqua Edmund à terre et commença à l'enterrer sous la neige.

-On est juste allé prendre un thé fit Faérie.

-Tu bois du thé toi? rigolla un des plus jeunes écuyers.

-Ouais, c'est un truc de grandes filles, c'est pour ça que Lady Sansa prend du chocolat, confia Faérie en venant tenter de délivrer Edmund dont les efforts pour se redresser étaient si peu enthousiastes que s'en était triste.

-On s'inquiétait vraiment, confia un des gamins à l'air sérieux, enfin, le capitaine des gardes nous a dit que si, je cite" on avait perdu la petite à Ned ça allait barder".

-Ce n'était pas très responsable de ma part, admit Sansa, je ne partirai plus sans prévenir des gardes c'est que j'avais des dossiers urgents à traiter et je suis partie comme une écervelée.

Elle se le reprocha, de tous les Stark, elle avait sans doute toujours été la plus frivole, pas ces dernières années, mais juste pour une heure elle avait eu l'impression d'être légère et humaine et non plus cette créature brisée qu'avait créé Ramsay.

La bataille de neige prit bientôt fin et ils reprirent tous la direction du château.

-Qu'allez vous faire au sujet de Daenerys ? demanda Ser Edmund, lorsqu'ils se furent réunis avec les autres conseillers dans le grand bureau.

-Je lui ai écrit une lettre déclara Sansa, surprenant tout le monde en sortant un tout petit bout de parchemin, dans laquelle je lui prête allégeance, la reconnaît comme reine des sept royaumes et Jon comme mon frère mais je lui dis que je n'ai pas le temps de venir à la capitale, que nous avons beaucoup à faire ici et pas les moyens pour entreprendre ce long voyage, ce qui est vrai.

Le vieux capitaine de la garde, Ser Edmund et Faérie ouvrirent de grands yeux sidérés, Meera se contenta de projeter son sourire énigmatique.

-Et tu as trouvé cette solution toute seule, s'émerveilla Faérie en faisant semblant d'essuyer une larme d'émotion au coin de son

oeil c'est machiavélique, elle ne peut rien te reprocher ce château est en ruine, nous sommes rationné et tu n'es pas exactement un guerrier aguerri qui peut partir seul à cheval pour venir prêter allégeance, si elle te tue personne ne pourra approuver, et nous dans le nord, on déclarera l'indépendance!.

-Merci pour la valeur que tu donnes à ma vie commenta Sansa.

-Tu sais bien que je rigole

-Sérieusement Milady, c'est une idée de stratège, votre père aurait été fier complimenta le vieil ami de Ned Stark.

-C'était une évidence, si j'y avais pensé plus tôt avant de paniquer tout le monde.

-Parfois il faut du recul pour percevoir des évidences, murmura Meera, et Sansa eu cette curieuse impression, qu'elle avait souvent avec elle que la jeune fille parlait de tout à fait autre chose.

Une semaine plus tard cependant, Sansa n'en mena pas large quand on vint la chercher dans ses appartement pour lui dire que la reine Daenerys était arrivée sur son dragon accompagné de Jon Snow et de Tyrion Lannister.

-Bonjour votre grace fit-elle en saluant lorsqu'elle les eut rejoint dans le hall.

-Lady Stark, répondit froidement Daenerys.

Jon la serra un instant dans ses bras en chuchottant, "Je suis vraiment désolé Sansa, je n'avais pas prévu cela. On a pas retrouvé Bran".

Bien sûr que non, songea-t-elle, tristement, Jon ne prévoyait pas, il agissait, comme leur père, elle lui en voulait, un peu, mais elle ne l'en aimait pas moins.

-Vous retrouverez votre frère plus tard, protesta Daenerys, tout d'abord réitérez-moi votre serment de loyauté au nom du nord.

Sansa soupira, si elle avait était reine elle aurait préféré la certitude sincère d'avoir le respect et le soutient de ses sujets plutôt qu'une cérémonie vide de sens dont les paroles n'étaient même pa adaptées à leur situation.

Elle s'avança:

-Que dois-je dire à la place de "mon épée est vôtre jusqu'à mon dernier souffle"? demanda-t-elle d'un ton de glace. Sansa ne savait pas si elle se trompait mais elle crut voir un bref sourire illuminer le visage de Tyrion.

-Choisissez-vous même, concéda la reine, un peu déstabilisée

Elle s'agenouilla sur les dalles dures, et soudain l'horrible souvenir du temps où à la cours elle suppliait pour la vie de son père lui revint en mémoire, les fois aussi ou Joffrey la faisait battre en plein milieu de la salle du trône et ou elle demeurait à genoux et sanglotante jusqu'à ce que quelqu'un prenne pitié d'elle. Elle était chez elle aujourd'hui, cela devait avoir une autre signification:

-Votre majesté, je fais partie de vos sujets, je vis sous vos décrets, mon conseil et mon aide seront vôtres, quand vous en voudrez, mais cela seulement si en retour vous promettez de traiter ma famille et mon peuple de manière honorable, Nous ne serons plus massacrés pendant des mariages, nous avons retenu la leçon, si vous voulez déclarer la guerre au Nord, ce que je ne souhaite pas il faudra le faire frontalement.

Daenerys n'avait pas d'armée, Drogon était au dehors et ni Jon ni Tyrion ne seraient disposés à l'attaquer pour la moindre parole. Sansa avait réfléchi, puis elle avait joué, restait à voir si elle allait gagner ou mourir.

-Il est normal que Lady Sansa s'inquiète de la sécurité des siens, nous avons perdu son petit frère et vous avez épousé Jon, fit Tyrion, Relevez-vous Sansa, nous pouvons tous discuter comme des gens civilisés, et si j'en crois mes souvenirs, vos genoux n'ont que trop fréquenté le sol dur aux pieds des rois.

Sansa le regarda et sur son visage, elle crut voir le reflet de ce qui se rejouait dans son esprit, ce moment il y avait si longtemps, dans un autre monde presque, sous la menace d'un autre roi.

Tyrion lui tendit la main pour l'aider à se relever, elle se sentit embarrassée de sa situation prosternée devant une reine dont il venait de la sauver in-extremis mais, ses traits n'exprimaient pas de la pitié, plus quelque chose comme de l'admiration? Sansa se réprimanda intérieurement, qui aurait pu l'admirer en cet instant, et surtout comment quelqu'un qui côtoyait Daenerys tous les jours de sa vie?

-Je suis heureux de vous revoir Sansa poursuivit-il.

-Je... moi aussi, malgré les circonstances, balbutia-t-elle.

Daenerys émit un raclement de gorge qui ressemblait à s'y méprendre au bruit de son Dragon pour réattirer l'attention sur sa personne et Sansa réalisa mortifiée que ses doigts s'étaient crispés sur ceux de Lord Tyrion et qu'elle n'avait pas relâché sa main. Elle sursauta et s'écarta. Les chevaliers de Winterfell attendaient tendus, prêts à intervenir au moindre problème, et à la façon dont ils observaient Daenerys, leur loyauté envers les Stark était sans borne, Faérie quant à elle articulait silencieusement des mots avec ses lèvres à l'adresse de Sansa pendant que Daenerys parlait, elle ne comprit pas tout mais il sembla qu'il était question du charisme de Jon.

-Malgré nos mésententes, Lady Stark, je suis prête à passer l'éponge déclara Daenerys, pour assurer au peuple que Jon est bien un Stark et que le nord fait bien partie de Westeros, notre enfant sera seigneur de Winterfell.

-Mais il sera déjà roi ! s'exclama Jon.

-Et bien notre deuxième enfant, en tout cas le château doit rester dans ta descendance et pas à Sansa.

-Et si l'enfant n'est pas sein d'esprit, demanda Faérie avec arrogance.

-Vous ne prendrez pas le nord à Lady Sansa, déclara Edmund d'un ton menaçant une vague d'as'sentiments le suivit.

-Dany, Winterfell est à Sansa et à mes autres frères et soeur, mon père, enfin, Ned il n'aurait pas voulu que cela devienne une propriété Targaryen dit Jon.

-Je ne vous demande pas d'approuver, je fais cela pour le bien du royaume, s'insurgea Daenerys les larmes aux yeux.

-Alors que me demandez-vous ? interrogea Sansa.

-Vous devez faire comprendre cela aux nordiens, leur faire accepter leur futur seigneur, et ne pas les dresser contre moi.

Daenerys tremblait de rage ou de chagrin à présent et Sansa ressentit un authentique élan de compassion pour elle. Daenerys, les avait un peu sauvé, avec son dragon, il fallait l'admettre, mais comme Sansa beaucoup d'habitants de Westeros ne voulaient plus être sauvé. Si Daenerys était arrivé quelques années plus tôt, Sansa savait très bien qu'elle l'aurait considéré comme une héroïne de chanson, elle serait devenue son modèle, mais quand elle l'avait rencontré Sansa s'était déjà sauvée elle-même ou avec l'aide de personnes pas plus héroïques qu'elle, et Daenerys lui avait parler comme Cersei, comme à un petit oiseau qui ferait ce qu'on lui demanderait.

-Elle a besoin de repos avec sa grossesse, Sansa, on ne peut pas repartir maintenant, on va rester ici jusqu'à demain et on en rediscutera, décida Jon, il avait recouvert Daenerys de sa Cap et la portait presque alors qu'elle semblait faire une sorte de malaise.

-Très bien approuva-t-elle.

Ce soir-là alors que Sansa cousait le loup Stark sur un manteau destiné à Jon et qu'elle était en vêtements de nuit prête à dormir on toqua à la porte. À cette heure, cela ne pouvait être que Faérie, souhaitant s'écraser incérémonieusement sur son lit et discuter de tout et de rien.

-Oui, c'est ouvert dit-elle d'une voix lasse.

La porte s'ouvrit doucement sur Tyrion et Sansa se dit qu'elle devrait vraiment demander avant de dire aux gens d'entrer.

-Je croyais que ça serait Faérie, se justifia-t-elle.

-Vous essayez d'expliquer pourquoi vous m'avez laisser entrer? sourit-il.

-C'est que... je ne suis pas en tenue approprié pour recevoir des visiteurs marmonna-t-elle, en fixant un instant sa chemise de nuit.

-Je souhaitais vous parler, mais je n'ai pas osé m'annonçer par peur de rester dehors, avoua-t-il.

-Ce n'est pas lié à vous mentit Sansa.

Elle ne se sentait pas menacée, ce qui était rare pour elle, juste horriblement inconfortable, les flammes de la cheminée projetaient sur le visage de Tyrion un jeu d'ombres et de lumières, ce n'était pas effrayant comme le sont parfois ce genre d'éclairage sur les visages marqués, simplement curieusement fascinant et Sansa se reprit plusieurs fois à regarder dans sa direction malgré son obstination à ne pas le faire.

-Je pensais que nous étions amis fit-elle, vous n'avez donc pas besoin de me forcer à vous parler.

-Si cela ne tenait qu'à moi, je vous épargnerez bien cette corvée, répondit-il sardoniquement, l'amertume rendant sa voix rocailleuse, il s'agit de Daenerys.

-J'imaginais que je pourrais attendre jusqu'à demain matin pour entendre parler de sa majesté, réagit Sansa, soudain sur ses gardes, si c'est elle qui vous envoie je...

Tyrion poussa un soupir:

-Ce n'est pas elle qui m'envoie, à vrai dire je crois que mes jours en tant que main de la reine sont comtés.

-Quoi? Vous en a-t-elle parlé?

-Non, mais nous avons des désaccords assez insurmontables. Il semble que comme son chère papa Daenerys aime beaucoup jouer avec le feu plaisanta Tyrion, moi aussi, mais pas littéralement. Elle n'est pas la reine que je croyais avoir trouvé.

Sansa aurait cru qu'elle serait heureuse d'entendre ces mots, mais la tristesse du Lannister la toucha, c'était une autre désillusion pour quelqu'un qui n'avait connu que cela, des désillusions.

-Je suis désolée murmura-t-elle. Elle sentit qu'il était sur le point de faire une remarque ironique sur le fait qu'elle l'avait prévenu mais elle se força à se tourner vers lui et à montrer que pour une fois, ses mots étaient sincères.

-Le nord mérite d'être gouverner justement, je peux essayer, je veux réussir, poursuivit-elle d'un ton ferme, je ne peux pas partir de Winterfell... je n'ai rien d'autre, nul par ailleurs qui soit sûr, qui soit chez moi, je n'ai pas le courage d'Arya.

Sa voix était devenue plus faible elle se concentra sur son loup brodé.

-Sansa, vous n'avez pas le courage d'Arya, certains diraient même que vous êtes moins courageuse, pour moi vous avez votre propre forme de courage et il nous impressionne tous, même Daenerys.

-C'est gentil.

-Ce n'est pas gentil, c'est vrai maintint-il, comme il est vrai qu'il faut que vous disiez oui à Daenerys.

-Je ne pensais pas que vous me diriez cela, Lord Tyrion, fit-elle, déçue.

-Je croyais avoir obtenu il y a cinq ans de cela que vous m'appeliez Tyrion, répondit-il d'un ton las, écoutez moi jusqu'au bout, Sansa.

-Asseyez-vous alors, fit-elle.

Tyrion obtempéra et prit place sur un fauteuil près du feu.

-Vous savez mentir, assura-t-il soudainement.

-On m'a toujours dit l'inverse.

-C'est parce qu'ils parlaient d'une toute jeune fille qui croyait faire croire au monde qu'elle ne soutenait pas sa famille. Peu à peu, vous êtes devenue plus convaincante au point que LittleFinger vous faisait confiance de ce qu'on m'a dit, avant que vous ne le fassiez exécuter.

-Pourquoi parlons-nous de cela, que voulez vous que je fasse?

-Je vous supplie de mentir à Daenerys lâcha-t-il, dites-lui que quand ils auront le bon âge, ses enfants auront Winterfell, que vous la soutenez, si elle n'a pas changé d'avis d'ici là c'est qu'elle n'est décidément pas digne de régner, et de toute façon le nord vous restera fidèle.

Sansa était surprise, elle ne pouvait le nier, et en même temps très peu, c'était intelligent, moralement discutable mais acceptable pour l'un comme pour l'autre. C'était quelque chose qu'elle n'aurait peut-être pas pu penser elle-même avec sa fierté de Stark mais le raisonnement était logique et elle était un peu admirative.

-C'est...innatendu finit-elle par dire.

-Alors, finalement ce qu'on dit est faux? On peut vous surprendre Lady Stark? plaisanta-t-il.

-Je croyais que vous soutiendriez Daenerys jusqu'à la mort.

-J'ai promis bien avant de vous protéger, et Daenerys semble tout faire pour perdre ma loyauté.

Sansa se sentit de nouveau mal à l'aise, avait-il vraiment besoin de lui rappeler son premier mariage forcé? Ele savait qu'il ne l'avait pas voulu plus qu'elle et elle se reprochait la façon dont elle l'avait abandonné sans scrupules alors qu'il était accusé du meurtre de Joffrey.

-À propos de cela, je suis désolée de mon comportement, je vous assure que je ne savais pas que j'allais partir ce soir -là, en fait je n'ai jamais rien su. Ni que Joffrey mourrait, ni qu'on vous accuserez, ni même que je partais d'un enfer pour plonger dans un autre.

-Je ne vous reproche rien, Sansa, vous aviez tout juste quinze ans, apprit Tyrion l'air horrifié, si j'avais pu, je me serai enfui également. Elle le perçut sur son visage, dans sa voix, dans l'air qui les séparait, des paroles nécessaires avaient été prononcées, elles guérissaient quelque chose.

-Finalement, nous aurions peut-être dû complotter ce meurtre, plaisanta Sansa, nous aurions veillé à ce que LittleFinger soit suspect, et nous n'aurions plus eu qu'à attendre que lui et Cersei s'entretuent.

-Vous me choquez Lady Stark, fit-il en faisant mine d'être scandalisé.

Il y eut un bref silence, un silence confortable, troublé seulement par le crépitement des flammes.

-Alors nous sommes d'accord poursuivit-il en se levant.

-Je crois que oui.

Elle se remit sur ses pieds maladroitement alors qu'il se dirigeait vers la porte:

-Tyrion, vous m'écrirez si on retrouve mon petit frère? demanda-t-elle.

-J'aimerai vous écrire, quoi qu'il arrive, il y a peu de correspondants comme vous, dit-il, Sansa remarqua qu'il semblait nerveux, évitant de la regarder.

-Ou peut-être que je vous épargnerez cette peine finit-il par lancer comme elle ne réagissait pas assez rapidement. -Non ! heu... je veux dire, nous devons nous écrire... de toute façon, pour les échanges entre Port-réal et le nord. La lumière avait diminué, Sansa savait qu'il fallait que Tyrion s'en aille, qu'il retourne boire du vin ou lire, parce qu'elle allait faire ou dire quelque chose de mortifiant s'il restait planté là.

-Que signifient les marques sur ce mur ? demanda-t-il soudain.

Prise de court, la jeune fille vit qu'il fixait deux longues rangée de marques, c'étaient Robb et elle, qui avaient décidé d'inscrire leurs tailles ici alors qu'ils grandissaient à une époque ou Sansa maintenait qu'elle serait plus grande que son grand frère. Sansa expliqua cela à Tyrion.

-Il n'y aurait jamais eu de suspens si j'avais fais de même avec Jaime remarqua-t-il, avec un début de rire. Sansa rit plus franchement, mais le son lui parut incongru dans le silence de la nuit et elle se demanda si elle l'avait vexé. Apparamant pas.

-Bonne nuit, Sansa. Tyrion attrapa sa main, y déposa un baiser léger , un geste ridicule qui n'avait de sens qu'à la cour, mais son rire ne s'était pas tout à fait évanoui et en un instant ou elle soupçonna presque Faérie d'avoir pris possession de son corps, elle attrapa la main de Tyrion et l'embrassa à son tour, en un geste qui dans ce sens là perdait toute signification protocolaire et devenait... elle ne savait pas ce que cela devenait.

-Bonne nuit, Tyrion fit-elle en se retournant, il mit un instant à réagir et à sortir dans le couloir.

Note: Bon heu... je ne suis pas très sûre de tout ça. Et je sais que le chocolat est annachronique (du moins je viens de réaliser) et que ce chapitre a un peu dévié de son sujet, mais j'avais envie de montrer que malgré tout, ça reste des personnes jeunes avec de lourdes responsabilités.

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