note:
Réponse aux reviews:
-Lassa : Merci pour ta review! Je comprends ce que tu veux dire, j'ai tendance à me perdre moi-même dans ce que j'écris. Mais je vais essayer de faire plus attention. Pour ce qui est du roi et de la façon dont sera gouverné Westeros... disons que j'y travaille xd
-sheila: Thank you for your review! I think you had some answers in the following chapters.
-Maxime : Merci ! Jaime et Brienne méritaient tellement mieux que la fin de la saison 8!
Bonne lecture,
Chapitre 15: Daenerys
-Comment vous sentez-vous ? questionna Tyrion en lui tendant un verre d'eau.
-Horriblement mal, répondit Daenerys sans ambages. Tous ses organes semblaient se tordre dans son ventre, elle avait des nausées, et plus que tout elle était terrifiée.
-Que dit le mestre ?
-Que je ne peux pas voyager, même sur Drogon, et que je vais devoir rester ici, il est presque sûr que ce sont des jumeaux, lâcha-t-elle.
Le choc apparu sur le visage de Tyrion et elle sut que comme elle lui était venu à l'esprit, l'image de son grand frère et de sa grande soeur, Cersei et Jaime Lannister, et de leur inceste. Jamais ses enfants ne se comporteraient de la sorte, se rassura-t-elle, Jon ne le permettrait pas. Et pourtant, lui sussurait une voix qui ressemblait à s'y méprendre à celle de Vyseris, les Targaryen se marient entre frères et soeurs depuis des siècles, tu t'es mariée volontairement à ton neveu. Mais nous ne connaissions pas nos liens de parenté avant de tomber amoureux, si nous avons des jumeaux nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour...
-Je vois, fit Tyrion interrompant le cours de ses pensées.
Il n'y avait rien de plus à dire sur le sujet, tout ce qu'il y avait à savoir flottait dans l'air de la pièce, lui donnant l'insidieuse odeur du doute.
-Les nordiens vont devoir apprendre à se soumettre à ma loi, indiqua Daenerys.
-De ce que Davos nous écrit ils ne sont pas les seuls, déclara Tyrion, la capitale est en ébullition, ils réclament votre abdication.
-Vous dites toujours des choses charmantes Lord Tyrion, tenta-t-elle de plaisanter mais le coeur n'y était pas.
Tyrion ne devait pas être dans son humeur habituel parce qu'il ne daigna pas lui répondre d'un de ses commentaires ambiguës à la Lannister dont ils ne se gênait pas pour la gratifier d'ordinaire.
-Je vais commencer par régler mes comptes avec les ennemis que j'ai ici, précisa-t-elle, vous allez chercher Sansa Stark et lui dire que je voudrais faire une promenade seule à seule avec elle dans les jardins.
-Essayer de séduire la soeur de votre époux n'était pas la réponse à laquelle je m'attendais de votre part, commenta ironiquement son conseiller.
-Cessez un peu de rire, vous savez très bien que nos relations sont... conflictuelles.
-Oui, j'essayais juste de vous faire voir la situation d'un point de vue extérieur, sourit-il, Je vais la prévenir, mais vous devez me promettre de vous comporter de manière civilisée.
-Je n'ai rien à vous promettre protesta-t-elle vivement, si vous n'allez pas la convoquer je le ferais moi-même. Et ne l'accompagnez pas, je ne veux pas que vous interfériez.
-Daenerys...
-Lord Tyrion... lança-t-elle, la menace non dissimulée dans son ton et ses yeux.
Il acquiesça et sortit sans ajouter un mot.
Daenerys s'aspergeã le visage d'eau fraîche pour faire disparaître les signes de fatigues et de souffrances sur son visage. Elle enfila un épais manteau de fourrure, pour se prémunir des rigueurs de l'hiver du nord, autant que contre la froideur de sa future interlocutrice.
Elle devait être la plus forte, Sansa devait comprendre que même à Winterfell, elle était la souveraine légitime des sept royaumes. Elle espérait réussir à l'infléchir en lui offrant ce qu'elle avait toujours voulu.
Elle sortit de sa chambre, dans le couloir, où elle se retrouva nez à nez avec Sansa. Elles descendirent en silence dans la cour mais des hommes s'y entraînaient à l'épée.
-Allons dans votre bois sacré, décida Daenerys.
Sansa la suivit dans l'allée gelée.
-Je ne vous aime pas, commença Daenerys brusquement, je ne vous fais pas confiance, mais je sais que vous devez devenir une alliée.
-Cela a le mérite d'être clair, fit Sansa, prise de court.
-Contrairement à vous, de qui personne ne comprend les motivations.
-Si c'est ce que vous pensez, je n'ai pas de plan machiavélique pour vous faire perdre votre trône.
-Ah oui ? s'enquérit Daenerys, alors pourquoi n'acceptez-vous pas mon mariage avec Jon ?
-Parce qu'il est votre neveu, se contenta de dire la jeune Stark. Daenerys savait qu'elle n'était pas tout à fait honnête, elle ne voulait pas d'elle parce qu'elle trouvait que Daenerys n'était pas assez bien pour Jon.
-Comment suis-je censé vous faire confiance ? demanda-t-elle à la jeune fille qui s'était assise sur un rocher. Daenerys avait mal partout, néanmoins elle resta debout, parce qu'elle devait être la plus forte, en position de supériorité.
-Vous n'avez pas de raisons de le faire, reconnut-elle, mais vous n'avez pas non plus de preuves que je voudrais tenter quelque chose contre vous. De plus, je n'ai pas le pouvoir nécessaire pour être un souci.
Ces derniers mots avaient été prononcés avec une toute petite note de déception que Daenerys avait pu percevoir malgré les tentatives pour la cacher de la Stark. C'était ce ressentiment sous-jacent d'une gamine qui n'avait pas ce qu'elle voulait qui terrifiait la reine des Dragons.
-Vous avez passé votre adolescence en compagnie de personnes comme Cersei Lannister ou Littlefinger, dit-elle, vous avez forcément des intentions dissimulées.
-C'est une manière de voir les choses, concéda Sansa avec un demi-sourire énigmatique. Cette fille se prenait vraiment pour ce qu'elle n'était pas s'agaça Daenerys intérieurement. Elle se drapait dans ses souffrances passées pour éviter d'avoir à affronter l'avenir.
-J'ai une proposition à vous faire, débuta la Targaryen, Willas Tyrell n'est toujours pas marié, la quasi-totalité de sa famille a été décimée par Cersei, je lui ait écrit pour lui proposer de lui trouver une épouse pour produire des descendants, j'ai mentionné votre nom, et il m'a supplié de vous ramener à Haut-jardin au plus vite.
-Ho! Diriger un grand palais du sud, être mariée à un grand seigneur, commença à énumérer la jeune fille d'une petite voix rêveuse. Pour un instant, Daenerys crut que cela serait si facile, mais elle se moquât d'elle.
-Quitter le nord, pour quelqu'un que je ne connais pas, qui veut simplement des héritiers, et surtout pour m'envoyer dans un endroit où je n'aurai plus d'influence politique. Daenerys eut la violente impulsion de serrer ses mains autour de la gorge de Sansa et de poursuivre jusqu'à ce que ses joues brillantes d'une fausse roseur d'innocence deviennent exsangues. Elle se réfréna. Tout juste.
-J'ai trop subi ce type de mariage arrangé, continuait-elle.
Daenerys laissa échappé un ricanement méprisant :
-Vous avez été marié de force ? Comme toutes les jeunes filles depuis la nuit des temps, comme moi-même.
-Je ne remets pas en cause le fait qu'on ait fait du mal à d'autres gens, protesta l'autre, mais j'ai désormais les moyens psychologiques et politiques pour empêcher que cela se reproduise pour moi. Les nordiens ont besoin des Stark, et je ne laisserai pas leur sort entre vos mains.
-Mais il l'est, rétorqua Daenerys, d'ailleurs c'était une bonté de vous proposer Willas qui est encore potable et clairement disposé à vous traiter correctement En réalité, si Daenerys avait songé à un Tyrell, c'était qu'elle était certaine de leur soutien politique étant donné qu'elle avait détrôné Cersei et parce que Sansa ne pourrait plus comploter contre elle à Hautjardin.
-Vous ne pouvez pas me forcer à vous suivre à Port-réal ni à épouser quelqu'un contre mon gré, je suis la gardienne du nord.
-Je peux très bien vous priver de votre nom et de tous vos titres, menaça Daenerys, tout en sachant pertinemment que tous ses conseillers s'y opposeraient.
-Qui vous croirez lorsque vous direz que je ne suis pas une Stark ?
-Vous allez me parler autrement Sansa, cria-t-elle avec le ton qu'elle aurait employé pour réprimander un enfant récalcitrant.
Daenerys vit que Sansa se perdait dans la contemplation de ce que les nordiens appelaient un arbre coeur, comment pouvait-elle songer à prier dans un moment pareil ?
-Nous perturbons un lieu de paix, je ne prie plus les dieux depuis longtemps, mais c'était le lieu favori de mon père et cela me peine de le profaner de la sorte, répondit Sansa en réponse au regard inquisiteur de Daenerys.
-Alors vous voulez vraiment passer le restant de vos jours seule dans ce trou perdu ? Daenerys était outrée que Sansa ne se rende pas compte que c'était une chance à saisir de s'enfuir d'ici.
-Je ne suis pas seule et je préfère cela à perdre tout pouvoir et à me marier à un inconnu, s'obstina la jeune fille. Winterfell est mon foyer. C'était parfaitement ridicule, malgré ce que tout le monde disait sur sa bravoure et sa résilience Sansa n'était à ses yeux qu'une idiote qui pensait que le monde pouvait être juste, si elle le décidait.
-Je ne ferai pas ce que vous me demandez.
C'était trop, Daenerys appela Drogon en pensée et l'immense créature de légende apparue bientôt dans le ciel au-dessus de leurs têtes.
-Pesez bien le pour et le contre Daenerys, fit Sansa en devinant ses intentions, prenez garde au retour de flammes.
Mais Daenerys n'avait pas envie de prendre garde à quoi que ce fut, elle voulait être débarassée, de cet obstacle et prouver aux nordiens qu'ils étaient sous sa coupe quoi qu'il advienne.
Le dragon se pencha pour permettre à sa mère de monter sur son dos. Elle se hissa tant bien que mal dessus, contre l'avis du mestre qui disait que tout exercice contraignant pouvait provoquer des complications. Elle toucha les écailles dures comme de la pierre et se sentit mieux. Elle était à sa place, ici elle était hors de la trajectoire des flammes du dragon et elle dominait largement son environnement. Sansa se précipitait en direction du château, elle ne pouvait la laisser s'enfuir.
-Drakharys! hurla-t-elle, dans cette langue qui la reliait à Drogon et que tout deux comprenait mieux que tout autre.
Le langage du feu. Le souffle de flammes embrasa un groupe de pins qui entourait la clairière, la neige n'avait rien pu pour eux. En revanche, aucun cri ne résonna et en plissant les yeux Daenerys constata avec ahurissement que Sansa n'avait pas été touché, la fumée la faisait tousser mais elle se dressait quelques mètres après les arbres, secouée mais en vi.
Quelque chose n'allait pas chez Daenerys, sa vision se troubla, elle ne parvint plus à se maintenir droite sur Drogon et son corps fut saisi d'une terrible contraction. Elle se sentit glisser le long de ses flancs et atterrir presque sans encombre sur un tas de neige fraîchement tombé.
Une nouvelle contraction la cloua au sol, elle ne pouvait pas se relever, elle mourrait là, et ses enfants aussi se lamenta-t-elle.
Soudain, deux mains frêles attrapèrent ses épaules et la redressèrent. La personne était un peu plus grande qu'elle mais plus fine, surtout de part sa grossesse, c'était Sansa qui suffoquante, grise de cendres la forçait à se relever.
-Que faites-vous? balbutia Daenerys.
-Si vous restez ici au milieu d'un incendie, sans que nous ne prévenions personnes, vos chances de survie s'amenuisent radicalement, expliqua Sansa.
Daenerys vit que deux arbres brûlaient toujours, toutefois le feu ne semblait pas propager au reste de la forêt.
-Au secours ! hurla Sansa, alors que sa énième tentative pour la mettre sur ses pieds échouait.
-Pourquoi m'aidez-vous ?
-Je pèse le pour et le contre, votre survie m'apportera plus d'avantages que votre mort, et vous portez l'enfant de Jon, il est de ma meute.
C'était donc cette puérile notion qu'entretenaient les Stark qui lui valait cette aide ?
Ils avaient l'air si enfantins et si sages à la fois, lorsqu'ils employaient cette métaphore.
-il... il y en a deux... des enfants, réussit à articuler Daenerys entre deux hurlements de douleur.
-Raison de plus.
Des appels résonnèrent autour d'elles, Sansa y répondit pendant que Daenerys se tordait sur le sol.
Jon déboucha dans la clairière avec une bande de chevalier dont ser Edmund, un des conseillers de Sansa:
-Ho, par les sept ! s'exclama Jon, en accourant à ses côtés, que s'est-il passé Daenerys, qu'as-tu ?
-Je crois qu'elle est sur le point de faire une fausse couche, apprrit Sansa, la jeune Stark semblait déchirée entre l'indifférence pour Daenerys et la crainte pour ses bébés.
Jon souleva Daenerys dans ses bras et Elle se sentit en sécurité, plus calme.
-Pourquoi ces deux arbres brûlent ? demanda innocemment un chevalier.
-Pourquoi Lady Sansa est-elle couverte de cendres ? demanda ser Edmund avec définitivement beaucoup plus d'agressivité.
Daenerys ne pouvait rien voir de là où elle était et elle ne le voulait pas. Elle supposa que les autres échangeaient des regards éloquents et parvenaient à l'inévitable conclusion.
Elle entendit un bruit d'épée dégainée :
-Lord Jon, vous ne pouvez pas laisser cela impuni, elle a tenté de tuer Sansa beugla ser Edmund pointant vers le haut, ce qui devait signifier que Drogon se trouvait à proximité dans le ciel. Daenerys n'avait ni l'énergie ni la volonté de vérifier.
-Est-ce que c'est vrai Daenerys? Tu as voulu faire ça ? demanda Jon, la voix heurtée. Ses bras tremblaient et elle craignit qu'il ne la laissât tomber par terre.
-Elle ne voulait pas... les mots se noyèrent dans sa gorge, au milieu de la bile brûlante qui remontait. Aucune excuse ne vaudrait ni pour Jon, ni pour Ser Edmund, ni pour personne.
-Il faut la ramener, si vous voulez que les enfants survivent, conseilla le vieux maître d'armes de Winterfell, mes hommes et moi on va se charger du feu. Jon se mit à courir vers le château et Daenerys perdit connaissance.
Le matelas était moelleux, l'oreiller douillet, la température confortable. Pourquoi Daenerys devrait-elle choisir de reprendre pleinement conscience ? Dans cet état de semi-veille, elle pouvait prétendre que tout était parfait. Que Jorah et Missandei attendaient qu'elle se lève dans une pièce voisine, que Jon était le bâtard de Ned Stark, que Westeros attendait son retour comme celui du printemps. La douleur qui l'assaillait de toute part racontait une autre histoire. Elle ouvrit les yeux et eut le soulagement de trouver le visage sombre de Jon concentré sur elle. Son expression n'était pas joyeuse ni même aimante. Mais il était là.
-Je n'ai pas perdu ...?
-Non la rassura-t-il, ils sont toujours là, mais ce n'est pas passé loin.
Ils se turent, une cheminée émettait des petits craquements dans un coin de la pièce, un rire aiguë de quelque servante troubla le silence. Daenerys ne savait par où prendre cette conversation. Elle ne regrettait toujours pas son geste, enfin elle regrettait les conséquences qu'il avait eu sur elle et sa relation avec Jon mais elle souhaitait toujours que Sansa en fut morte.
Elle, avec ses conseillers tous presque aussi juvéniles et crétins qu'elle-même, avec aussi le peuple de port-réal qui ne voulait plus d'elle pour une affaire de mariage.
-Tu as presque commis un meurtre, gronda Jon, sur ma sœur.
-Ce n'est pas ta vrai soeur
Jon, tu te souviens? provoqua-t-elle sans pouvoir s'en empêcher toujours poussé par cet instinct qui avait beaucoup de similitude avec les accents désespérés et rageurs de Vyseris.
-Je ne rentrerai pas dans ton jeu, les Stark sont ma famille, leur père est mon père, il a sacrifié son honneur et sa bonne entente avec sa femme pour m'élever parmi eux.
-Désolée Jon, ce n'est pas ce que je voulais dire, murmura-t-elle. Désolée, elle l'était sincèrement pour Jon, qu'elle aimait plus que tout et qu'elle ne cessait de trahir et de décevoir.
-Cela ne va pas suffire cette fois, fit-il, je ne te comprends plus, tu n'es plus celle dont je suis tombé amoureux, celle qui libérait des esclaves, celle qui au fond voulait faire le bien.
-Il faut faire des sacrifices pour le bien général, essaya-t-elle, faiblement.
-En quoi Sansa menaçait-elle le bien général ? cria Jon, au fond quand tu es arrivé ici, elle était juste jalouse de toi. Ce n'est pas bien, mais ce n'est pas un crime.
-Puisqu'elle voulait me prendre le pouvoir !
-Non elle ne veut pas de ton putain de trône à la con, explosa Jon, elle veut peut-être du pouvoir sur le nord, mais pas sur Port-Réal.
-Tu ne m'aimes plus? demanda-t-elle les larmes aux yeux.
-Malheureusement les sentiments ne se commandent pas aussi facilement, soupira Jon, actuellement je ressens de la haine pour toi, être dans la même pièce que toi me dégoûte, mais quand je réfléchis plus profondément je ne peux toujours pas imaginer de t'abandonner. Je vais rester avec toi parce que c'est mon devoir pour les bébés et parce que j'espère pouvoir te pardonner un jour. Il se dirigea ensuite à grandes enjambées vers la porte :
-Jon! Attends! s'écria-t-elle, je t'aime.
-Je sais, dit-il, mais ça ne suffit plus. Je reviendrai plus tard, si tu sors de cette pièce, deux chevaliers montent la garde devant ta chambre, ils n'ont pas pour ordre de te retenir, simplement de te maintenir à distance de Sansa et ses conseillers.
Elle resta donc immobile, la lumière de l'après-midi déclinant baignant la pièce d'une triste lueur hivernale. Elle avait encore fait des mauvais choix, sa rage et sa colère continuait de bouillir en elle, mais teinté de doute et du chagrin que lui causait l'éloignement de Jon.
Jon n'était pas un politicien très talentueux, mais il était celui qu'elle désirait de tout son être, celui pour lequel elle acceptait en partie de partager son pouvoir. Malgré toutes ses réflexions tragiques, Daenerys s'ennuya vite, elle n'avait ni livres, ni dossiers officiels, ni aucune distraction dans cette chambre, et avec les informations qu'elle avait reçue elle ne savait pas si elle avait le droit de se lever pour marcher.
Si ses bébés ne risquaient tout simplement pas de tomber au moindre mouvement, elle n'y connaissait rien en obstétrique.
Un nouveau coup fut frappé à la porte.
-Entrez !
Tyrion pénétra dans la chambre, les bras chargés de paperasse, l'amoncellement de documents lui donnait l'air encore plus petit que de coutume.
-Vous aussi vous venez me faire la morale ?
-Non, je viens vous rendre ceci.
Il lui rendit son insigne de main :
-Je ne peux plus soutenir votre règne, Daenerys, je ne peux plus cautionner vos agissements.
-Tyrion, n'est-ce pas un peu excessif ? J'ai eu un désaccord avec elle, elle est un danger pour moi.
-Vous auriez pu la tuer, murmura-t-il, et l'espace d'un battement de cœur, elle se dit que finalement c'était lui qui allait l'éliminer. Il y avait tant de colère et de douleur sur son visage que Daenerys n'osa rien dire de plus.
-Ce n'est pas la peine que je vous serve les arguments rationnels ou émotionnels habituels, je vois bien que c'est inutile, je ne ferai plus parti de cette politique déclara-t-il.
-Voici toutes les lettres de mécontentements que nous avons reçu, poursuivit-il en lui balançant sur les genoux la pile de parchemins qu'il portait en entrant.
Daenerys était choquée de ce revirement, pour elle, Tyrion avait beau la critiquer et la rappeler à l'ordre, il ne la laisserait pas tomber. Elle avait vu pendant des années l'admiration dans ses yeux et même le désir.
-Alors j'avais raison ? Finalement Sansa était bien un danger pour moi ?
Tyrion eut un rire sombre.
-Vous êtes le pire danger pour vous-même Daenerys. Ce n'est même pas que pour Sansa que je vous dis cela, bien que se soit la première raison pour laquelle je démissionne mais votre comportement en générale n'est pas digne d'une reine.
-Si vous avez finis de m'insulter lord Tyrion, je vous suggère de disposer. Qui sait, peut-être que Lady Sansa s'est cassée un ongle et que dix personnes ne sont pas déjà en train de la consoler.
Tyrion fit demi-tour et partit. Daenerys avait conscience d'avoir été odieuse et puérile mais peu lui importait, personne ne prenait en compte ses problèmes à elle, alors qu'elle était une Targaryen, dirigeante légitime de Westeros.
Elle espérait juste que Tyrion était aussi vexé qu'elle parce que quoi qu'elle en dise, il avait était un bon conseiller, et cela lui faisait bizarre de devoir continuer sans lui.
Un mois et demi s'écoula et Daenerys s'installa dans une étrange routine. Elle vivait à Winterfell, correspondait avec Davos sur la capitale, où la situation s'empirait, harcelait Tyrion pour qu'il reprenne son poste et dans les faits lui posait les mêmes questions que s'il avait toujours était sa main. Un jour, ser Jaime et ser Brienne de revinrent du mur, un groupe de mioches frigorifiés sur les talons. Daenerys s'indigna de leur retour sans son approbation mais il leur suffit de dire qu'ils étaient envoyés par Bran pour que tout le monde s'allie contre Daenerys pour décider que leur exil était finis.
Ils étaient installés dans une drôle de cohabitation flottante où Daenerys voyait bien qu'elle n'était pas traitée comme une reine mais comme une étrange invitée politique. Le soir du retour de Jaime et Brienne, la table d'honneur était une bulle de tension au milieu d'une grande salle pleine de joie et de rires.
Comme à son habitude Daenerys était installé à un bout de la table en face de Jon, sa courronne sur sa tête, Meera Reed s'assit à côté d'elle parce que c'était la seule des conseillères de Sansa qui acceptait de le faire, Ser Edmund s'installa près de de Jon épée au côté, surveillant avec méfiance Daenerys du coin de l'oeil. Comme si Daenerys risquait de se jeter sur eux en public pour les lacérer de ses ongles. Comme d'habitude elle avait échangé quelques mots avec Jon sur sa grossesse et le royaume mais elle voyait clairement qu'il aurait voulu être ailleurs. Sansa discutait avec la gamine que les deux autres avaient ramenés du mur, chaque jour, la jeune Stark, invitait une personne résidant au château à manger à la table d'honneur, de la servante au lord de maisons mineurs en passant par les mestres de la ville d'hiver qu'elle avait engagé pour son projet d'école.
-Nous avons une nouvelle à annoncer, finit par lancer le régicide pour briser la tension qui séparait la douzaine de personnes présentes à la table.
Daenerys fixa son attention sur eux, légèrement intriguée. Le visage ingrat de Brienne se colora d'un rouge atroce, Daenerys vit qu'elle lançait un regard paniqué à Sansa mais celle-ci lui sourit de ce ridicule sourire mystérieux qui lui donnait une troublante ressemblance avec Bran, son petit frère.
-On va se marier !
Jaime avait prononcé ces mots avec une joie et une fierté toute opposé à la tristesse et à la honte de Jon lorsqu'il parlait de leur mariage. Il l'aimait vraiment comprit-elle, malgré ses traits irréguliers.
À l'autre bout de la table Sansa bondissait sur ses pieds comme une petite fille pour se jeter dans les bras de la jeune fiancée, Faérie Snow la suivit tout aussi enthousiaste pépillant en boucle : "je le savais, Je le savais ! C'était obligé !", pendant que les autres offraient des félicitations plus conventionnelles.
Tyrion et Jaime échangeaient de drôles d'accolades qu'ils voulaient sans doute plus virils mais personne n'était dupe, et de Jaime et Brienne, c'était les yeux de Jaime qui brillaient au plus proche des larmes. Daenerys remarquait tout cela de l'extérieur, elle était exclue de tout cela, autant que le jeune Robin Arhin qui en profitait pour se goinfrer de pâtisseries pendant qu'on ne prêtait pas attention à lui.
Daenerys se sentit encore plus pathétique de devoir s'identifier à lui. Quand était-elle passé du centre de l'attention général, à une pauvre créature silencieuse dans un coin ? Elle croisa le regard de Jon en face d'elle, et put lire un peu de compassion dans ses yeux sombres, elle lui tendit timidement la main et il la saisit après un temps.
-J'accepte de vous relever de toutes les charges pesant contre vous, d'officiellement finir votre exile, si vous deux venez servir dans ma garde royale, expliqua Daenerys. Les autres semblaient presque avoir oublié sa présence, accaparés dans leurs émotions, ils en oubliaient la reine qui avait un réel pouvoir sur la destinée de Ser Jaime Lannister.
-Votre grace, nous ne pouvons pas accepter, déplora Jaime.
-Et pourquoi cela ?
-J'ai prêté serment à la famille Stark, je suis le bouclier juré de Lady Sansa, elle m'a permis de suspendre mes fonctions sauf en cas de problème mais je ne peux décemment pas travailler à votre protection, expliqua Ser Brienne, sans flancher devant l'expression de Daenerys.
-De même pour moi votre majesté, j'ai une dette à payer aux Stark, et les lannister paient toujours leurs dettes, surenchérit Jaime.
Bien entendu, eux aussi étaient informés de l'incident avec Sansa et ne la traitaient plus que comme une criminelle.
-Vous n'aurez ni terres ni château ni titre, si vous n'exécutez pas au moins un service de quelques années dans la garde royale, prévint-elle avec lassitude, vous comptez parmi les meilleurs chevaliers des sept royaumes, la garde royale a besoin de personne comme vous.
Le reste de la salle, les tablées de jeunes chevaliers et écuyers, de marchands et de représentants de maisons mineurs les observaient avec curiosité, ils avaient dû entendre des bribes de conversations qu'ils avaient +6jugé intéressantes. Pour une fois, Daenerys ne voulait pas poursuivre le conflit elle se sentait trop mal. D'ailleurs, s'aperçut-elle, elle se sentait plus mal de seconde en seconde, elle poussa un cri étranglé et tous se tournèrent vers elle :
Mestre Nathan, le jeune mestre envoyé de la citadelle pour Winterfell se précipitait dans sa direction :
-C'est maintenant, fit-il, je crois qu'elle va accoucher.
Il avait parlé à voix trop haute et toute la salle explosa en brouhaha : Mestre Nathan et Jon se postèrent de part et d'autre d'elle pour l'escorter vers sa chambre, deux femmes qui devaient être plus ou moins sages-femmes les suivirent. Une partie de la table d'honneur leur emboîta le pas bien qu'il n'entrèrent pas dans sa chambre.
Plus tard, Daenerys ne put jamais se souvenir du trajet jusqu'à ses appartement;, elle se revoyait en revanche, gisant sur son matelas, persuadée qu'elle ne survivrait pas à cette naissance.
Les mines inquiètes et les murmures qui lui parvenaient dans le brouillard ne la rassuraient pas sur la suite des événements.
Notes : Bon... c'était peut-être un peu extrême? Mais bon pour moi Daenerys est toujours extrême et même si je ne l'aime pas, j'aime bien écrire de son point de vue ! N'hésitez pas à me donner votre avis !
9
