Notes:

-Lassa: Merci pour tes reviews qui sont toujours très expressives ! Pour Daenerys tu devrais avoir quelques réponses ici et pour "ton bran" il va prendre de l'importance dans l'intrigue d'ici deux ou trois chapitres.

-Maxime: Merci de commenter! Désolée mais Jon n'est pas prêt de quitter Daenerys, il est trop Stark pour abandonner ses enfants mais c'est sûr que ça a dû le faire réfléchir xd,

Bonne Lecture

Chapitre 16: Tyrion

Jadis, Tyrion avait participé à un banquet semblable à Winterfell. À cette époque bien sûr, il n'était pas assis à la table d'honneur, il s'était gorgé de vin et avait plaisanté avec les longues tablées de bâtards et de bannerais insignifiants. Il n'avait alors pas de responsabilités, se fichait des sept royaumes, méprisait tout le monde, les choses avaient été si simples. Pourtant pour rien au monde il n'aurait voulu revenir en arrière, même pas pour se débarrasser du petit Lord Arhin assis en face de lui.

-N'est-ce pas fascinant, faisait-il, que j'ai failli vous jeter par la porte de la lune aux Eyriers et que nous nous retrouvions tous deux ici?

-En effet, se contenta-t-il de lancer d'un ton ironique. Jaime à sa droite venait tout juste de revenir du mur avec sa Brienne et il était transfiguré. Certes, il y avait des moments où on pouvait lire la perte de Cersei dans tout son être, mais plus profondément, il irradiait de lui, un bonheur profond et semblait-il, inaltérable La même chose valait pour Ser Brienne qu'il était étrange de voir sans une expression renfermée sur son visage. Elle était moins gênée, plus sûre d'elle, en un mot plus heureuse.

-Je voudrais retourner chez moi, se plaignit ensuite Robin les joues gonflées de pommes de terres, là-bas on ne m'empêchait jamais de manger à ma faim.

-Ce qui explique sans doute beaucoup de choses, ne put s'empêcher de répondre Tyrion. Il aurait voulu demander à Sansa pourquoi elle gardait son horrible cousin à Winterfell, il ne croyait pas qu'il serait sage de formuler cela à voix haute mais elle était trop loin. Comme toujours. Et comme toujours Tyrion avait des choses à lui dire alors que des années auparavant, à Port-réal il aurait donné beaucoup pour savoir quel sujet aborder avec elle. Il se réprimanda intérieurement, tout cela était ridicule, non pas ce qu'il venait de penser mais ce à quoi il s'interdisait de songer. Soudain Jaime prit la parole avec un sourire d'abruti fini et leur appris comme ça qu'il se mariait avec Lady Brienne. La table explosa en félicitations, Tyrion observa son grand frère avec satisfaction:

-Ravi que Lady Brienne ne t'ait pas tué quand tu lui as proposé, je craignais cette issue.

-La ferme le nain grogna Jaime. Ils s'étreignirent brièvement:

-Tu as intérêt à être heureux maintenant.

-Oui promis.

Ce fut à ce moment-là que les contractions de Daenerys débutèrent. Personne ne lui avait expressément dit, de peur d'empirer les choses, mais le mestre craignait beaucoup pour sa vie lorsqu'elle donnerait naissance. Tyrion avait besoin de s'éloigner, il prit la direction de la bibliothèque. Malgré les derniers événements, il n'appréciait pas l'idée de voir Daenerys mourir de la sorte. Cela lui rappelait sa mère Johanna, morte pour permettre à sa misérable vie de commencer. Il se sentait coupable pour sa mère, mal à l'aise quant au potentiel sort de Daenerys de façon différente et pourtant assez semblables. La bibliothèque de Winterfell avait été ravagé lors de l'invasion de Théon greyjoy, les livres reposaient en tas dans des caisses les piliers soutenant les long rayonnage étaient tombé avec une partie du toit. Ce lieu l'apaisait tout de même, il y avait des livres et personne pour le juger. Jusqu'à ce qu'une autre lampe que la sienne n'éclaire les marches de la tour et que Sansa n'apparaisse:

-Voulez-vous être seul? demanda-t-elle, sans préambule.

-Avant votre arrivée, oui, maintenant...

-Vous n'avez pas à vous sentir mal, murmura-t-elle en s'asseyant sur la banquette du fond comme lui, au milieu des livres.

-Ni pour Daenerys, ni pour votre mère.

Venant de qui que ce fut d'autres, Tyrion aurait repoussé la conversation, l'aurait trouvé trop intrusive. Mais Sansa n'était pas intrusive par une curiosité malsaine. Elle voulait simplement l'aider et c'était une notion étrangère à Tyrion.

-Comment savez-vous tout cela? et que faites-vous là?

-Je vous cherchais, fit-elle en feuilletant nerveusement un vieux livre, je voulais vous parler.

-De quoi vouliez vous m'entretenir?

-De rien en particulier, confia-t-elle, enfin je... je ne sais pas...nous n'avons pas parler depuis quelques jours et...

Tyrion crut qu'il s'était endormi, là, sur le banc couvert de coussins de la bibliothèque et que tout cela n'était que le produit de son imagination, si cela avait été le cas toutefois, Sansa n'aurait pas été terrifiée comme elle le semblait. Une bulle de chaleur gonflait quelque part à l'intérieur. Sansa Stark voulait discuter avec lui. Il ne sut d'abord quoi répondre. En fait, la dernière fois qu'ils avaient eu une conversation vraiment privé, excepté le jour où Sansa avait failli être brûlée vive, c'était le jour où il croyait repartir le lendemain avec Daenerys, le jour où... le jour où, sans que Tyrion ne puisse jamais se l'expliquer elle avait attrapé sa main pour l'embrasser

-J'imagine qu'il est difficile pour vous de vous exprimer en publique, avança-t-il hésitant, vous avez pris l'habitude de ne devoir jamais dire le fond de votre pensée.

-Je commence seulement à me rendre compte que ce n'est pas parce que j'ai eu de très mauvaises expériences qu'on ne peut faire confiance à personne. Je fais confiance à mes frères et soeurs bien-sûr mais aussi à Brienne, Ser Edmund, Lady Meera, lady Faérie et vous acheva-t-elle, les joues roses sans que Tyrion ne put déterminer si c'était un signe de gêne ou juste le joli teint de son visage.

-Qu'allons-nous tous devenir, changea-t-elle de sujet, qui va diriger les sept couronnes?

-J'avais pensé à couronner provisoirement quelqu'un de neutre, comme Ser Davos par exemple, les gens l'aiment bien, il n'est pas noble de naissance lâcha Tyrion, cette parti de ce plan établi avec John était supposée restée secret mais il ne pouvait retenir les paroles de sortir de sa bouche.

-Lord Davos me semble un bon choix, approuva Sansa.

-Avez-vous des idées pour rendre le système juste? interrogeable, non par politesse, non pas avec condescendance comme on l'aurait fait avec un enfant par attendrissement mais parce qu'il admirait ce qu'elle avait déjà entrepris pour améliorer le système dans le nord. Pour lui elle méritait d'avoir une influence politique quelle qu'elle soit.

-Peut-être, hésita-t-elle, si vous n'avez pas peur du changement.

Sansa sortit un classeur d'un tiroir et lui montra un diagramme, un texte, une série d'articles qu'elle avait apparemment recopié. Il avait eut raison de la consulter, ils passèrent plusieurs heures à discuter de son projet, à l'amender, tout en échangeant des remarques sarcastiques comme si tout cela n'était qu'un jeu. Que le projet de deux gamins planqués dans une bibliothèque qui pensaient pouvoir changer le monde.

-Quand partez-vous pour port-Réal alors? Interrogea t-elle, la voix un peu tremblante.

-Sansa, je pense que vous devez venir avec nous, c'est votre idée, vous devez la porter, je ne prendrais pas le mérite de cela. fit-il, nous partirons ensemble, dès que l'on sera fixé pour Daenerys et ses enfants.

-Je ne sais pas s'il est sage pour moi de vous accompagner.

-bien-sûr si vous préférez être escortée par des Nordiens et ne pas être vu avec moi, je comprends parfaitement, dit-il, s'écartant brusquement. Il remarqua que dans le feu de la conversation, il s'était penché vers elle, son coeur battait trop fort il avait envie de fuir.

Encore une fois, il avait follement crut, qu'il pouvait être accepté. Bien entendu, les sentiments qu'il éprouvait comme un idiot pour Sansa ne seraient jamais réciproque.

-Non s'écria-t-elle. Impulsivement, Sansa se rapprocha de lui, leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Tyrion inhala malgré lui l'odeur incroyable d'air frais légèrement citronné qui se dégageait d'elle. C'était trop, il devait partir, avant qu'il ne commette l'impardonnable, qu'il perde toute chance d'avoir son amitié. Sansa souriait étrangement, comme si cela pouvait être agréable de se retrouver à si mince distance de lui. Avant que Tyrion puisse réagir Sansa avait une main sur sa joue, l'autre dans ses cheveux. Tétanisé, il ne pouvait que la fixer, infiniment, le sang battant aux tempes.

-Est-ce-que je peux... enfin, est-ce-qu'on peut? murmura-t-elle, la voix remplis des tremblements de la glace fondant au soleil.

-Quoi? balbutia-t-il, sincèrement incapable d'imaginer ce dont il était question. Son cerveau avait dû subir un choc trop important, il était d'ordinaire toujours capable de deviner les intentions de ses interlocuteurs.

-Vous êtes censé être l'une des personnes les plus intelligentes que je connaisse, s'offusqua-t-elle, et vous n'avez absolument aucune idée de ce que je?

Sansa essaya de s'expliquer, mais apparemment, elle ne parvint pas à amasser le courage de prononcer les mots à haute voix, au lieu de quoi, elle scella ses lèvres aux siennes.

La jeune fille n'avait sans doute jamais embrassé quelqu'un, de manière volontaire en tout cas, c'était maladroit et parfait. Les cellules cérébrales de Tyrion s'éveillèrent enfin, il la prit dans ses bras et approfondit le baiser tout en s'assurant que Sansa était d'accord. Elle passa ses mains dans ses cheveux, aussi délicatement qu'une brise d'automne. Ses cheveux à elle cascadaient autour de leur deux visages comme un rideau les protégeant du reste du monde. Il effleura sa joue du bout des doigts, puis sa main, sa gorge et se fit la réflexion qu'il ne s'était jamais aperçu quel nombre incalculable de textures et de différentes formes de douceur il pouvait y avoir dans une peau humaine alors qu'il avait passé une bonne partie de sa vie a avoir des relations avec des femmes de toutes sortes. Malheureusement vint un moment, où le souffle court, ils s'écartèrent.

-Je... Sansa si vous pensez que c'est une erreur, où si cela fait partie d'une quelconque stratégie pour un objectif politique je... fit-il, terrifié d'entendre la vérité dont il était persuadé qu'elle ne lui plairait pas.

-Ce n'est pas une erreur pour moi, nous autres Stark ne nous retrouvons pas à embrasser des gens par hasard assura-t-elle. Peut-être en guise de pique contre les Lannister. Ce n'est pas non plus une quelconque stratégie politique, je vous ai exposé mes idées à ce sujet il y a quelques instants et vous voyez bien que cela n'a rien à voir.

-Alors pourquoi?

-Parce que je ne savais pas comment exprimer ce que je ressens en mots et il paraît que c'est ainsi que font les gens, moins intelligents lorsqu'ils ne savent pas, ils agissent comme des fous. Je sais que vous devez sans doute me trouver trop jeune, trop naïve, trop idiote, trop Stark, mais je préférais tenter ma chance, une dernière fois.

Tyrion réfléchit sérieusement en étudiant le visage de la jeune femme, ni l'un ni l'autre n'étaient des personnes d'impulsions. Ils pensaient plus qu'ils n'agissaient. Il lui faisait confiance cependant, il la croyait et il allait s'autoriser à espérer. Car que faire d'autre?

-Ne dites pas de bêtises Sansa, j'ai des sentiments pour vous, d'une certaine manière, j'en ai toujours eu, ils étaient superficiel et réprimés avant, parce que là en effet vous étiez trop jeune pour que je puisse me permettre de vous considérer dans un sens romantique. J'ai compris que mes sentiments pour vous changeaient de nature, lors de la bataille contre les marcheurs blancs; dans les cryptes.

-notre relation est-elle vouée au sinistre? plaisanta faiblement Sansa, les yeux brillants, de plus dans ces conditions je crois que l'on pourrait se tutoyer.

-C'est ce que je me disais, tu es la plus courageuse de nous deux. Tyrion évoluait dans une autre dimension, il ne voulait jamais plus en sortir.

-Désolée de revenir à la réalité, mais que crois-tu que cela puisse signifier à long terme? Je ne peux pas abandonner le nord pour te suivre à Port-Réal, et je ne veux pas te faire abandonner quoi que se soit.

-Je ne suis plus main de Daenerys, d'ailleurs si notre plan fonctionne, tout va changer, vivre dans le nord ne me dérange pas, le problème c'est quelle motif donné à ma présence poursuivit-il en serrant sa main.

-Je ...un jour je voudrais, mais je suis terrifiée à cette idée Tyrion, murmura-t-elle à demi-mots. Ils parlaient du mariage et de ce qui allait avec.

-Je sais, tu as tout le temps dont tu as besoin, je ne bouge pas sans que tu ne me demandes de partir, rassura-t-il.

Sansa le serra dans ses bras:

-Si tu continues comme ça je n'aurais pas besoin de longtemps pour surmonter ma peur. Nous nous enfuirions sur la route de port-réal, et nous marierions dans le bois aux murmures. ironisa-t-elle.

-Tu as trop lu de contes de fées, répondit-il, et il ne le disait pas en reproche, c'était cela aussi qui faisait son charme. Cette capacité à rêver malgré les horreurs qui l'entouraient.

-Cela n'a rien à voir apprit-elle, avec une fausse hauteur, dans les chansons et les livres, les gens tombent amoureux comme des idiots, presque contre leur gré, à cause de quelque instinct primitifs. C'est un choix que je fais, je ne suis pas une héroïne de chansons comme Daenerys ou Brienne, je ne me retrouve pas collé à un crétin parce que c'est ma destinée. J'ai choisis que c'était pour toi que j'avais des sentiments, quelqu'un de courageux, de drôle et d'intelligent, pas pour qu'on puisse se faire souffrir, mais parce qu'on peut peut-être essayer de se reconstruire ensemble.

-Nous trouverons une solution promit-il, je n'arrive pas à croire que quelque chose d'aussi fantastique m'arrive à moi

-Ni moi, chuchota t-elle.

Ils restèrent ainsi, blottis l'un contre l'autre, et la bibliothèque aux carreaux cassés sans feu dans l'âtre, paraissait à Tyrion parfaitement confortable. Ils parlèrent, comme ils auraient dû parler des années auparavant et comme ils ne pouvaient parler qu'à présent. Trop vite, on frappa à la porte de la bibliothèque, ils s'écartèrent, récupérèrent les papiers qu'ils consultaient plus tôt, et Sansa indiquait d'un ton presque complètement indifférent d'entrer. Ils s'étaient mis d'accord, sur le fait que tant que la situation politique ne s'était pas arrangé et qu'ils n'avaient pas trouver une solution acceptable pour tous, personne ne devait être au courant de ce qui venait de naître entre eux. C'était une servante, aucune suspicion n'était visible sur ces traits. Après tout, on racontait partout que Sansa avait un coeur de glace depuis Ramsay Bolton et qu'elle ne voulait rien avoir à faire avec aucun homme. Quant à Tyrion, son ancienne affinité avec les établissements peu recommandables était de notoriété publique et on chuchotait même qu'il était l'amant secret et occasionnel de Daenerys. Ils étaient d'ailleurs aussi tout deux sérieusement connu pour leur nouveau sérieux dans leur travail de dirigeants politique, et c'est ainsi qu'en les trouvant au beau milieu de la nuit dans une bibliothèque dévastée et non chauffée, la servante ne trouva rien à y redire si ce n'est:

-Vous travaillez trop, Lady Sansa, aucune trace de sarcasme dans la voix.

-Il faut bien, répondit-elle, mais qu'y-a-t-il Éliane?

-Sa majesté Daenerys vient d'accoucher de jumeaux, tous sont en vie mais très faibles, annonça-t-elle, on demande votre présence à tout deux dans ses appartements.

-Merci.

Tyrion suivit Sansa vers la chambre de Daenerys. Il était tout de même soulagé, la mort de Daenerys l'aurait peiné, elle aurait détruit Jon, et aurait sapé leurs projets d'une transition de pouvoir seine et sans tragédie.

Lorsqu'ils entrèrent dans la pièce Daenerys avait un bébé dans les bras, l'autre babillait dans ceux de Jon, qui produisait d'étranges sons comme la plupart des gens que Tyrion avait vu avec des bébés. Sansa resta dans un coin, tentant de cacher son mal-aise, cela devait être difficile pour elle, il était évident qu'elle aurait voulu courir vers son Grand frère et ses nouveaux neveux, même s'ils n'étaient que ses petits cousins, même s'ils étaient les enfants de Daenerys. D'un autre côté, elle ne se sentait pas de venir dans cette chambre, où reposait Daenerys, qui avait clairement attenté à sa vie

-Comment s'appellent-ils ? questionna Tyrion pour briser le silence.

-Aeron et Rhaelina, murmura Daenerys, l'air enfin apaisé et heureuse.

-Ils sont nés prématurés, et relié à la cheville raconta Jon, par une membrane de peau, le mestre a dit que cela arrivait parfois, il l'a coupé ils garderont une cicatrice à vie et ont perdu beaucoup de sang, mais si tout va bien ils sont sauvés.

Tyrion remarqua en effet, que les deux enfants arboraient un bandage, faisant apparaître énorme leurs minuscules pieds.

-Je ne vais pas pouvoir voyager encore pendant un moment, soupira Daenerys, les petits non plus.

-Ne croyez-vous pas Daenerys qu'il est temps de vous reposer et de vous consacrer à votre famille? fit Tyrion le plus calmement possible, vous pourriez être assassinés par les gens en colère de Port-réal, vos enfants sont faibles, ils ont besoin de vous, les sept royaumes n'ont rien fait pour vous, il vous ont abandonner. Si ce n'est pas pour vous, faites le pour Jon et vos bébés.

Les larmes s'échappaient à flots des yeux de Daenerys:

-Je me bats pour ce trône depuis des années, que ferai-je? Je ne veux pas partir de Westeros.

-Vous n'avez pas à quitter le pays, intervint Sansa, quand vous serez en état retournez à Peyrdragon, apprenez ce que c'est que d'être un habitant de Westeros, d'administrer une région, faites vous connaître de vos sujets, et prenez soin de mon frère et des petits puisque c'est vous qu'il choisit.

Tyrion savait que pour Sansa, prononcer ces mots avaient été difficiles. Daenerys, tout le monde en convenait avait des problèmes à régler, mais ses sentiments pour Sansa ne l'empêchaient pas de savoir que Sansa aussi avait de lourd traumatismes à surmonter qui avaient en partie causé ces mauvaises relations avec la mère des Dragons. Il ne l'en blâmait pas du tout, tous les survivants de cette guerre qui y avaient joué un rôle avait leurs propres démons à exorciser et Tyrion lui-même n'était pas en reste.

En l'occurrence pour Sansa, elle venait de faire un grand pas, car depuis qu'elle avait retrouver Jon, pour compenser l'attitude de sa jeunesse envers lui, elle avait voulu le surprotéger et avait agit comme s'il était sa responsabilité. C'était sa manière à elle de vouloir remonter dans le temps, de vouloir redevenir une enfant, songea Tyrion, elle aurait voulu que les Stark restent ensemble à Winterfell pour toujours, comme pour figer l'instant où leur vie était devenu un cauchemar.

Elle semblait réaliser maintenant que ce n'était pas l'ordre des choses, que si les Stark étaient une meute, la plupart de ses frères et soeurs avaient besoin pour envisager l'avenir d'être seul ou avec d'autres. Tyrion était admiratif du courage que montrait la jeune fille. Sansa faisait en quelque sorte don à Jon, Bran et Arya de leur liberté, de la possibilité de repartir à neuf, en choisissant d'être la Stark de Winterfell, d'affronter la ruine de leur famille en face et de reconstruire au même endroit quelque chose de nouveau, c'était un sacrifice que Tyrion ne ferait pas pour Castral Rock remplis de tous ces mauvais souvenirs, chez les Lannister se serait à Jaime que reviendrait la tâche.

-Je voudrais voir Drogon, fit soudain Daenerys, sans répondre à la question de Sansa.

Alors qu'elle prononçait ces mots le dragon se plaça au niveau de la fenêtre. Jon et Daenerys s'en approchèrent leurs enfants dans les bras.

-Tu as un petit frère et une petite soeur Drogon, informa Daenerys d'un ton sérieux, le Dragon en voyant le bébé dans les bras de sa mère poussa une plainte déchirante.

Il renifla doucement le premier, puis le deuxième enfant dans les bras de Jon, et il regarda Daenerys avec tristesse, comme un adieu. Et il disparut dans les airs, et Tyrion eut le sentiment que c'était définitif.

-Il est parti, sanglota Daenerys.

-Il va revenir, Dany: tenta de conforter Jon, il doit juste être un peut jaloux.

-Non, j'ai senti qu'il me disait au revoir dit-elle, je ne sais pas pourquoi.

-Je crois que se sont les enfants avança doucement Sansa.

-Quoi ? Que voulez-vous dire? S'enquérit Daenerys.

-Si je ne dis pas de bêtises, vos oeufs de dragons ont éclos lorsque vous... vous avez perdu votre bébé, le premier je veux dire, expliqua-t-elle, je pense que les dragons faisaient partis de la sorte de malédiction dont vous souffriez, même s'ils ont finalement été une bénédiction. La condition pour être la mère des dragon était que vous ne puissiez pas être une vraie mère, et c'est la peine et le désespoir d'avoir perdu votre enfant, qui ont fais naître vos dragons.

Un silence se fit dans la chambre, Tyrion, une fois de plus était impressionné par le raisonnement, il n'y avait pas moyen de vérifier cette théorie mais elle était plausible.

Cela ressemblait à une histoire pour enfants, toutefois il était question de dragons, des créatures déjà supposées imaginaires.

-C'est possible, admit Daenerys à contre-coeur, toujours est-il que je n'ai plus mes dragons, cela est peut-être un signe que je dois, arrêter, je ne referais pas la même erreur qu'avec Vyserion et Rhaegal, je vais m'occuper d'eux.

Jon se rapprocha d'elle, comme un support silencieux, décidément il ne pouvait pas lui en vouloir longtemps.

Tyrion sortit de sa poche le papier que Daenerys devait signer:

C'était une déclaration d'abdication.

Daenerys la main tremblante, signa.

-Vous avez eu ce que vous vouliez? fit-elle à Sansa, furieuse.

-Non ce que je voulais à la base était de vous éloigner de jon, répondit honnêtement Sansa, et je n'ai pas gagné, j'accepte que vous devez restez avec lui, quant au sept couronnes vous nous laissez beaucoup de travail sur les bras, et j'avoue que cela me plaît bien.

-Je partirais pour Peyrdragon, dès que possible, finit Daenerys, je vais devoir me reprendre en main pour Aeron et Rhaelina, je n'aurais pas dû tenter de vous tuer lady Stark, que je le veuille ou non, nous avons un lien par Jon.

-Est-ce que se sont des excuses?

-Même pas vraiment, convint-elle, vous m'insupportez trop, mais j'ai dépassé les limites.

-Bien, je ne vous pardonne pas vraiment, apprit Sansa, mais je ne me vengerai pas, votre famille a besoin de vous.

Jon, cet idiot abruti sembla finir tout de même par réaliser que sa petite soeur, elle aussi venait de faire un effort, il s'approcha d'elle avec l'un des jumeaux et lui posa dans les bras:

-Ils sont de ta famille aussi, lui rappela-t-il puis en désignant le petit garçon qu'il venait de lui présenter, son deuxième prénom est Robb.

Sansa sourit au petit Targaryen et à son grand frère:

-Merci Jon, merci pour père, et pour Robb.

-Nous devons aller à Port-réal au plus vite, tous les responsables de régions, sont convoqués ainsi que tous les responsables politique de Westeros, indiqua Tyrion, Jon, il vaut mieux que vous restiez au près de Daenerys ici puis que vous l'accompagniez à Peyrdragon.

-C'est ce que je comptais faire.

-Bien, je vais aller organiser notre départ annonça Sansa, à tout à l'heure Jon, j'imagine que nous nous reverrons Lady Targaryen.

Sansa s'éclipsa et Tyrion allait immédiatement la suivre, il se souvint juste à temps qu'ils étaient censés se tenir plus ou moins à distance, la suivre partout n'était pas une bonne idée.

Il resta un moment à parler avec Jon, Tyrion regardait ces deux nouveaux jumeaux avec fascination. Plus que tout, ce qui l'intriguait c'était ces deux bandes aux pieds des petits, signes d'un déchirement déjà sanglant. Il ne le dit pas à Jon, mais il se souvenait très nettement l'anecdote que racontaient toujours Cersei et Jaime. Tyrion ne pouvait savoir si c'était vrai mais ils disaient que Jaime était venu au monde une main accroché au pied de sa soeur, et il avait fallu plusieurs minutes pour lui faire lâcher et une fois fait c'était Cersei qui s'était mis à hurler à plein poumons à chaque fois que l'on éloignait son frère d'elle. Tyrion dû se rappeler que les choses avaient changé, que ce n'était pas ses mêmes jumeaux.

Plus tard, Alors qu'ils s'apprêtaient à partir, Yara Greyjoy arriva avec Bran Stark, sain et sauf. Jon et Sansa ne purent cacher leur soulagement, Bran quant à lui ne put cacher sa relative indifférence.

-Je garderai Winterfell pendant ton absence, puis tu reviendras, c'est ta place et pas la mienne prévint Bran.

-Je sais Bran, merci, répondit sa soeur avec détermination.

-Que t'est-il arrivé ?poursuivit-elle.

-J'ai été capturé par la secte de la lumière comme vous savez, mais Lady Yara m'a secouru, de ce que j'ai pu voir avec la démission de Daenerys, ils ne devraient pas persister.

Tyrion laissa les Stark à leurs retrouvailles pour rejoindre son frère et Brienne dans le groupe de tête du convoi pour Port-réal.

La route fut faite rapidement malgré la longueur et la pénibilité du chemin, ils y passèrent un mois. une durée raisonnable mais déjà les voyages sur le dos de Drogon lui manquaient, il repoussa ce sentiment il en irait mieux ainsi, pour eux tous, et pour Daenerys. Elle avait besoin de calme, de tranquillité et de réévaluer ses priorités. Leur groupe s'élargissait à mesure que les envoyés de diverses régions se joignirent à eux, Jaime et Brienne organisaient la protection des personnes fragiles, tels les chevaliers qu'ils étaient.

Tyrion aurait voulu voyager près de Sansa mais il devait se contenter de la contempler de loin, et d'essayer de manger avec elle quand le convoi s'arrêtait. Maintenant qu'une chance de bonheur lui était offerte, il ne voulait pas la laisser passer. Il aurait tout donné alors pour être un stupide chevalier, grand et fort, ainsi, s'il n'avait pas été d'une maison ennemi et considéré comme supérieur il aurait pu comme Edmund Thorne à présent passer tout le voyage à côté d'elle. Mais il n'était que lui, le nain Lannister, au statut peu claire après l'abdication de la reine qu'il servait.

De plus, Sansa passa une grande partie du temps à gérer son cousin Robin, qui, en tant que seigneur des Eyriers devait venir assister à la réunion.

-Nous allons bientôt pouvoir tous aller à Castral rock, déclara Jaime alors que son cheval (blanc, bien-sûr nota Tyrion avec amusement) trottait élégamment près de celui de son frère qui ne cessait de s'arrêter pour tenter comme un idiot de manger de la neige.

-Qu'entends-tu par tous?

-Toi, Brienne et moi... les paroles de Jaime moururent sur ses lèvres, tu veux rester à Port-Réal?

-Non, mais je ne peux pas venir à Castral Rock fit Tyrion, je viendrais te voir, mais Brienne et toi devez construire votre vie tous les deux, je ne veux pas être la cinquième roue du carrosse

-Raconte pas de conneries, protesta Jaime, tu ne nous gênes pas, Brienne n'est pas comme Cersei, elle ne veut pas que j'abandonne mon petit frère pour elle.

-Tu n'as plus besoin de t'occuper de moi, je suis adulte, rappela Tyrion, c'est toi qui as tendance à te retrouver dans des situations desquels je dois te sortir.

Jaime afficha une expression faussement offensé:

-Et pour quelle raison ne veux-tu plus de Castral Rock alors que depuis toujours tu nous dit que tu veux être le seigneur de l'ouest s'étonna Jaime, qu'est-ce qui a pu te faire passer du gnome avare et immoral à cet espèce de...

Jaime fit un geste vague, comme s'il ne trouvait décidément pas les mots pour qualifier ce qu'était devenu son petit frère.

-J'ai d'autres perspectives d'avenir, éluda Tyrion, et j'ai toujours du mal à croire qu'elles soient réelles, alors commence pas à me harceler.

Jaime ne lâchait jamais un sujet, pas avant d'avoir le dernier mot, et Tyrion sut qu'il en avait trop dit et qu'il n'aurait plus la paix jusqu'à port-Réal.

-Alors toi et Lady Sansa avez enfin eu une conversation sur autre chose que les dettes des sept couronnes? rétorqua Jaime.

Comment Jaime avait-il pu deviner ainsi? Tyrion était exaspéré, mais en même temps le fait que son frère puisse s'en apercevoir le confortait dans la vérité de ce que lui affirmait Sansa. Il ne voulait pas douter d'elle, c'était de lui de sa capacité à faire éprouver des sentiments à quelqu'un.

-Nous avons aussi parler des sept couronnes, ne put-il s'empêcher d'ajouter.

Notes: N'hésitez pas à donner votre avis!