Note:
Coucou,
Merci à Lassa d'avoir mis cette fic dans ses favoris !
Réponses aux reviews des guests:
-Maxime: Merci ! Oui, après garde à l'esprit que la situation n'est pas définitive.
-Judy: Merci pour ta review, contente que cette histoire te plaise !
Bonne lecture !
Chapitre 18: Arya·
Ses pattes n'émettaient qu'un chuchotis feutré sur l'épaisseur neigeuse qui recouvrait le sol. La lune pleine et argentée baignait la forêt d'une lueur blafarde, c'était une nuit idéale pour elle. Le nez retroussé, elle huma une odeur familière. L'un des siens était proche, elle le savait, il l'appelait. Elle accéléra, puisa dans ses forces, elle ne voulait pas perdre la piste. Et soudain il était là, devant elle, et de joie elle le poussa à terre dans la neige, et murmura dans son esprit, "fantôme!" et une voix qui n'en était pas une, comme une pensée lui répondit "Nymeria". La fourrure blanche de fantôme se fondait dans la neige, il était presque invisible. Seule différence avec ses frères et sœurs, mais tous étaient morts alors peut-être était-ce un bon signe.
Elle n'avait jamais été si au nord, au-delà du mur, ici pas d'humains, que du froid, pas même grand-chose à grignoter. Elle savait qu'elle devait retrouver fantôme mais elle n'arrivait pas à savoir pourquoi. Alors qu'elle s'assoupissait peu à peu, la tête enfouie dans l'encolure chaude de son frère, elle le sentit se figer, redresser la tête, tendre ses muscles, elle leva le museau à son tour, et renifla une odeur putride qui se rapprochait d'eux. Silencieux comme des ombres, ils se tapirent dans un buisson. Quelque chose... quelque chose, que Nymeria, qu'Arya, ne pouvait pas comprendre.
Des silhouettes humanoïdes translucides s'échappaient d'un brasier gigantesque qui, incompréhensiblement, jaillissait du sol lui-même. Les créatures avaient des visages, les traits humains mais ils n'avaient pas d'odeur et elle savait que ce n'était pas normal. Les humains sentaient le sang, la transpiration et quelque chose d'indéfinissable qui était différents pour chacun d'eux. Ces choses-là lui hérissaient les poils. Un cratère s'était formé au milieu du cercle de ces êtres et bientôt en sortit une femme, une humaine quoi qu'elle parut sortir du feu comme les créatures. Elle fut d'autant plus effrayée lorsque l'une des choses lança d'une voix lugubre.
-Grande prêtresse, si tu nous as invoqué tu devras nous donner notre dû.
-Ne vous inquiétez pas, Ralor récompense toujours ceux qui le servent fit la femme d'une voix suave, j'ai la conviction que le Prince qui fut promis est parmi vous. Quand j'aurai l'énergie nécessaire, nous retournerons vers le sud pour sauver Westeros.
Sans se consulter les deux loup-garoux se redressèrent et se jetèrent au milieu du groupe d'êtres translucides mais alors qu'elle les apercevait la femme rouge eut un regard paniqué, et le cratère, le brasier les silhouettes et elle-même semblèrent ravalés par la terre.
De frustration et d'incompréhension, Fantôme émit un glapissement sonore, sa sœur se moqua de lui lui envoyant une boule de neige dans la gueule. Et s'adressant à lui, "alors, on a peur des fantômes ?". Mais elle ne se sentait pas bien non plus. Elle avait besoin de courir, de chasser, de redevenir une bête à la conscience inférieure, juste une louve dans sa meute. Les deux loups détalèrent donc ensemble, vers le sud, vers le château de Winterfell, où résiderait toujours leurs cœurs.
Arya en était tombé du lit dans son sommeil agité, elle se redressa, désorientée, rejeta la couverture rêche de l'auberge. C'était un rêve vert songea-t-elle, un rêve de loup, elle avait une fois de plus été nyméria, elle en était certaine.
Et pourtant, ce qu'elle avait vu, cela semblait impossible. Mélissandre faisant sortir des flammes des sortes de fantômes dont elle ne pouvait se rappeler les visages. Elle s'était senti loup-garou, elle s'était sentie Nyméria, c'était un rêve vert et cela signifiait que le royaume était en danger, et plus important encore, sa meute était en danger. Arya soupira, son voyage à l'ouest avait été utile. Elle y avait véritablement appris des choses, sur le combat, le monde es sur elle-même. La solitude ne la dérangeait pas, cela faisait des années qu'elle vivait presque toujours en solitaire mais elle avait besoin d'une meute pour se donner un but. En réalité, elle avait toujours eu pour but de rejoindre sa famille, seulement les choses ne s'étaient pas déroulées comme elle le souhaitait.
Elle paya l'aubergiste qui lui avait fournis une chambre pour la nuit, dans un pauvre bâtiment miteux. Arya avait récemment décidé de ne plus cacher son identité, sans non plus l'exposer à tout bout de champ, elle pensait qu'une partie de son sentiment de ne pas exister réellement, venait du fait de son changement d'idée constante durant les six dernières années. Elle ne portait pas de robe, toujours pas, malheureusement pour les espoirs de sa sœur, mais une tenue confortable, et sur sa tunique, une amie rencontrée durant son voyage avait brodé le loup des Stark. Les tenants de l'auberge ne l'avaient pas reconnu, Arya n'avait toujours été qu'une idée dans la tête de beaucoup de gens, un courant d'air qui vagabondait dans les sept couronnes sans être remarqué.
Aiguille au côté, un arc de l'autre, elle récupéra son cheval dans l'écurie et s'en fut vers Winterfell. Ses nouvelles capacités d'archère, elle les devait à un groupe de jeunes gens, qui, dans les terres plus ou moins sauvages de l'ouest s'étaient donnés pour mission de protéger leur village contre les brigands, beaucoup venant de Westeros. À Alysélis, cette ville où elle s'était arrêtée, il n'y avait pas de vrai gouvernement, seulement des paysans, et le désordre régnait. Arya avait aidé un peu, faisant fuir les criminels en utilisant ses pouvoirs de sans-visage.
Lorsqu'elle avait appris le mariage de Jon à Daenerys et la naissance des jumeaux, Arya avait un instant envisagé de ne pas rentrer à Westeros. Daenerys était son ennemi, l'ennemi de sa famille et Jon avait épousé sa tante. Arya ne pouvait recourir à la violence, la tuer n'arrangerait rien et elle ne connaissait pas encore d'autres façons de gérer sa frustration et sa colère. Jon et Arya avaient eu un lien particulier, elle aimait tous ses frères, mais Jon et elle avaient toujours été plus proches parce qu'ils se sentaient différents, exclus, plus sauvages que les autres. Elle espérait qu'un jour elle pourrait comprendre et pardonner.
Puis elle avait décidé de revenir tout de même, parce que le nord était son foyer et qu'elle devait s'assurer du bien-être des siens. Et puis il y avait Gendry...Arya ne voulait pas revenir car si elle le revoyait elle ne pouvait pas être sûre que... non bien sûr qu'elle pouvait être sûre, se reprit-elle Gendry devait épouser une jeune fille noble, elle, elle n'était qu'Arya. Eux deux n'étaient qu'un souvenir, un souvenir aussi mordant que le froid du nord mais un souvenir tout de même.
D'ici quelques heures, elle serait à Winterfell où elle devrait annoncer ce qu'elle savait à Sansa, Bran et les autres. La veille encore, sa plus grande préoccupation était le lutin Lannister qui avait réussis, par elle ne savait quel tour, à se faire aimer de sa sœur. Sansa ne lui avait pas dit les choses ainsi bien sûr, Sansa avait toujours aimé expliquer en termes complexes les faits les plus simples. Arya n'arrivait pas à croire que sa sœur puisse être en train de tomber amoureuse de quelqu'un de si imparfait.
Normalement, Sansa aimait les choses parfaites, les histoires parfaites, les vêtements sans accrocs, les visages sans défauts. Alors qu'Arya avait toujours aimé l'inverse. Cela ne signifiait pas qu'Arya n'était pas heureuse pour sa sœur, elle était juste étonnée du niveau de confiance que le gnome avait réussis à obtenir d'elle, devenue si méfiante.
Lorsqu'elle arriva, tout le monde l'attendait dans la coure. Sansa se précipita vers elle, oubliant toute la noblesse et la dignité de son rang, auxquelles elle était si attachée. De manière générale, Arya n'aimait pas voir son espace envahi de la sorte mais elle était heureuse de revoir sa grande sœur, Se retrouvant la tête au milieu des longs cheveux auburns de Sansa, elle ne put s'empêcher de pouffer de rire, en se rappelant que quelques heures plus tôt, lorsqu'elle était un loup, elle avait ressenti la même sécurité, la même chaleur fraternel, le museau dans l'épaisse fourrure de fantôme.
Sansa finit par la lâcher et elle put voir son environnement plus clairement. Bran était là, monté sur un cheval, et pour une seconde, il eut un sourire léger et il ressembla à son petit frère.
-Salut Bran fit-elle, désolée de t'avoir laissé avec sansa, ça a dû être terrible plaisanta-t-elle, plus jeunes ils avaient coutume d'ennuyer leur aînée ensemble.
-Tu vas bien? lui demanda Sansa.
-Oui, mais c'est à toi qu'il faut le demander répondit sa cadette, en jetant un regard appuyé à Tyrion qu'elle avait trouvé juste à côté de sa sœur.
-Bonjour Lady Arya fit-il, une expression contrite sur le visage. Alors, il savait qu'elle savait.
-Je suis juste Arya corrigea-t-elle d'un ton sec.
-Merveilleux, je n'espérai pas que nous soyons aussi proche si vite répondit-il, l'air moqueur.
Arya serra les poings, c'était une réponse de Lannister, sarcastique et mordante, elle n'aimait pas cela du tout. Elle se tourna vers son écervelée de sœur et constata avec consternation que bien qu'elle tenta d'avoir l'air exaspéré par sa remarque, elle ne pouvait empêcher un petit sourire de planer sur ses lèvres.
-Faites attention, je ne suis pas tout à fait rassasié de sang Lannister. C'était une menace en l'air, ils le savaient tous, mais Arya avait aiguille et son arc, et Tyrion semblait surtout soucieux de ne pas l'énerver pour rester dans les bonnes graces de Sansa.
-Vous êtes ma cousine ? demanda celui qui devait être Robin Arhin d'une voix nasillarde.
Arya opina simplement, "Si tu veux que je te reconnaisse comme tel, il va falloir que je te prenne en charge".
Une gamine blonde poussa un gros soupir:
-C'est une excellente nouvelle que vous soyez là, Lady... je veux dire... Arya ! s'écria-t-elle, je n'en peux plus de l'avoir sur le dos.
Robin se mit à protester, mais personne ne l'écoutait plus.
Arya chuchota à l'adresse de sa sœur :
-C'est devenu un orphelinat ici ou quoi ?
-Père avait toujours des enfants de bannerais et des orphelins vivant avec nous, rétorqua Sansa, Robin est notre cousin et un potentiel outil politique, et la jeune fille, c'est Joy Lannister elle veut devenir une diplomate et on a préféré la faire venir ici plutôt que de la laisser à Port-réal avec les quelques Lannister vieillissants encore en vie.
-Bon, tout cela... c'est pas si grave admit Arya, on a de plus gros ennuis.
Bran approuva de la tête, l'air sombre.
-Nous devrions rentrer et rejoindre votre conseil restreint proposa Tyrion, regardant les touts jeunes écuyers, Joy et Robin qui scrutaient tous Arya avec curiosité.
Bran se transféra de son cheval à sa chaise à porteur et se fit emporter dans la salle du conseil.
C'était une salle de taille moyenne, des tables de bois individuels occupaient les coins servant de bureaux aux différents conseillers et au centre, une table ronde assez grande, croulant de documents et entourée des seuls fauteuils de cuir,- très onéreux pour les Stark- que le château possédait.
La fenêtre ne délivrait pas assez de lumière et quelques lampes à huiles étaient en marche. Arya ne s'était jamais préoccupé du conseil restreint de son père, elle ne savait même pas s'il en avait un et n'avait jamais pénétrer dans cette pièce et pour autant qu'elle s'en souvienne, Sansa n'en avait que faire non plus. Et comme elles étaient des filles, cela allait bien à tout le monde.
Malgré ses traits tirés Sansa avait toutefois l'air à l'aise.
Gary Sleigh, un vieux nordien qu'elle connaissait enfant Edmund Thorne, Meera Reed, et Faérie qu'Arya ne connaissait pas se levèrent à leur entrée.
-Arya ! sourit le vieux Gary.
Arya ne laissa pas le temps aux autres de la saluer :
-J'ai fait un rêve vert, j'étais Nyméria, j'ai vu Mélissandre, au-delà du mur,...il y avait un brasier et de ce brasier sont sortis des ... créatures sans matérialité qui ont disparu avec Mélissandre quand Fantôme et moi sommes sortis de notre cachette.
Les autres la regardaient avec différents niveaux de stupeur et de doute.
-Tu es certaine que c'était un rêve vert? demanda Sansa qui avait pâli.
-Oui fit-elle, j'étais avec Nyméria et je me demande si Jon était présent lui aussi avec fantôme.
-Mélissandre a dit qu'elle voulait revenir vers le sud pour "sauver" Westeros... elle racontait tout un tas d'idioties, sur son dieu de la lumière et sur un certain prince qui serait promis, poursuivit Arya.
-Bran, désolé de le dire comme ça mais tu ne pouvais rien dire ? interrogea Sansa.
-Cela s'est passé il y a très peu de temps et je voulais le dire mais je ne savais pas si c'était une vision d'un futur éloigné ou dans le présent, expliqua-t-il, je voulais m'assurer que ces éléments nous concernaient vraiment et qu'ils n'appartenaient pas seulement à un futur possible.
-Bien intervient Meera Reed, que fait-on alors ?
Le silence qui lui répondit fut éloquent.
-Nous devrions tout d'abord nous assurer que.. qu'il n'y a pas eu d'erreur, tenta Lord Sleigh.
-Les Stark ont toujours eu un lien particulier avec les loups objecta Meera, on doit croire Arya et la corneille à trois yeux également.
Arya remarqua que Meera appelait Bran par son titre et non par son nom, elle supposa que c'était plus sage, une manière de distinguer l'entité presque divine, du garçon qui n'existait presque plus.
-Il faut prévenir Lord Davos et la capital, conseilla Ser Edmund, il a vu les marcheurs blancs, il saura qu'il faut agir.
-Nous le ferons approuva Sansa, mestre Nathan vous pouvez aller chercher un corbeau ?
Le mestre, âgé d'une trentaine d'années se leva rapidement alors que Sansa poursuivait :
-Il n'empêche que cela mettra beaucoup trop de temps avant que la lettre leur parvienne et encore plus, d'ici qu'ils ne puissent intervenir.
Et intervenir comment? Arya ne se souvenait pas de les avoir vu porter aucune arme, pourtant, les loups avaient été terrifiés à leur vue. Comme si quelque chose de malfaisant émanait d'eux.
-C'est pas possible se plaignit Faérie, je croyais que faire partie des dirigeants signifiait manger des sucreries en complotant contre des ennemis imaginaires, ici on doit toujours se mettre en danger avant les autres et trouver des solutions à des problèmes qui n'en ont pas.
-est-ce que l'un de vous deux sait ce que ces créatures sont capables de faire ? En termes de dégâts ? demanda Tyrion.
-Je ne les ai pas vraiment vu longtemps, je vais essayer de retourner dans l'esprit de Nyméria, mais je crains qu'elle es fantôme ne s'approchent plus jamais de ces... choses, on était dégoûté par leur odeur, et ils dégageaient une énergie vraiment maléfique, répondit Arya, en fixant déjà Bran pour discerner s'il avait plus d'informations.
-Mélissandre les a convoqués une première fois, avant que les loups arrivent, déclara-t-il, elle leur a dit de se nourrir de toute la douleur qui émanait du sud, et ils ouvraient leurs bouches comme s'ils allaient vraiment aspirer quelque chose.
-C'est délirant grogna Lord Sleigh. si Arya n'avait pas été témoin de l'étrangeté qui se dégageait de ses créatures elle aurait été d'accord avec lui.
-Nous ne pouvons pas laisser une nouvelle armée de la nuit apparaître fit Sansa.
-Ce ne sont pas des marcheurs blancs corrigea Arya, ils ont une conscience, de leur existence en tout cas, et leurs yeux ne sont pas bleus de ce que je me souviens.
Sansa prit une grande inspiration pour se calmer et leur dit :
-Nous devons avoir plus d'informations avant de savoir quoi faire, je propose que Bran aille dans le bois sacré et..enfin qu'il essaie de retrouver Mélissandre, Arya essaies de dormir et de faire un rêve vert, et nous, nous allons fouiller la bibliothèque pour voir si nous trouvons des faits dans le passé qui puissent ressembler à cela.
C'était facile à dire, pensa Arya, il ne lui suffisait pas de s'endormir pour entrer dans l'esprit de Nyméria, c'était très hasardeux, Sansa se reposait sur Bran et elle comme sur des forces magiques, mais Arya avait bien peur de ne pas être de taille cette fois.
On toqua à la porte et une servante entra :
-Excusez-moi, des villageois veulent vous voir au sujet de l'école. Fit-elle à l'adresse de Sansa.
-Informez-les que le jour de réunion, c'est le jeudi et non le lundi dit Sansa.
-C'est que... ils sont un peu ...agressifs, marmotta la servante, gênée.
-Il manquerait plus qu'on ait une révolte sur les bras lâcha Faérie.
-Je vais y aller alors abdiqua Sansa, envoyez chercher quelques gardes s'il vous plaît, au cas ou ils seraient un peu trop en colère.
-Je vous rejoindrai à la bibliothèque commença Sansa.
-Si tu veux je viens avec toi fit Tyrion, avec une intonation qui fit haluciner Arya. Ni railleuse, ni arrogante, juste calme et profonde.
Sansa sourit, prit la main du gnome et tous deux sortirent de la pièce, Tyrion adressant une grimace narquoise à Arya.
Seule l'urgence des problèmes à gérer l'empêchait de les suivre pour avoir une petite conversation avec ce crétin qui voulait s'accaparer sa sœur. C'était immature, elle le savait mais Sansa n'avait plus qu'Arya pour la protéger et elle ne voulait pas faillir à cette mission.
Alors qu'elle s'éloignait elle sentit une présence dans son dos, Arya serra ses doigts sur le pommeau d'aiguille, quelqu'un avait écouté leur conversation, elle se retourna brusquement au moment où la petite Joy s'extirpait d'une tapisserie attenante à la salle du conseil.
En d'autres temps Arya aurait pu directement dégainer l'épée sans réfléchir, mais son dernier voyage lui avait appris que tout le monde n'était pas toujours motivé par des intentions de nuire à sa personne.
-Que faisais-tu là? interrogea-t-elle.
-Ho...je, c'est que, je m'ennuie un peu, avec la seule compagnie de Robin...alors, quand j'ai entendu que vous aviez des nouvelles grave j'ai voulu... entendre. La fillette lui souriait d'un air d'excuse.
-Tu As conscience que nous nous sommes éloignés pour ne pas être entendus par des oreilles indiscrètes ?
-Désolée, mais je ne ferai jamais quelque chose qui puisse nuire aux habitants de ce château, à part peut-être à Robin, rit-elle, et de toute façon je voulais vous parler, je crois que j'ai des informations qui pourraient être utiles sur ces créatures.
Arya eut envie de s'esclaffer, mais elle se retint, elle n'était pas encore assez âgée pour avoir oublié à quel point c'était agaçant que les grandes personnes vous rit au nez quand vous étiez sérieuse. Elle fit donc un effort :
-J'en doute tu sais Joy, mais vas-y je t'écoute.
La petite sortit un livre de sa poche, un vieux bouquin auquel il manquait une couverture :
-J'étais justement en train de lire ceci fit-elle, c'est une vieille histoire que j'ai trouvé dans la bibliothèque, lisez.
À contrecoeur, Arya lut la page que Joy lui indiquait :
Comment pouvaient-ils l'emporter,
Sur des monstres ne craignant ni les flèches ni l'acier,
Nés du feu De la haine,
Se nourrissant de leurs peines,
Durant des années ils hantèrent les royaumes humains,
Sans pourfendre quiconque, ils anéantirent leurs prochains,
Morts avant le terme, ils vivaient dans l'horreur,
Chacun des combattants,
Face à ses propres tourments,
Et la nuit dans les coeurs,
Et le froid et la peur,
Régnèrent jusqu'à ce que leur invocateur aux pouvoirs insoupçonnés,
Soient détruit par la glace et le feu d'une magie abdiquée,
-Ce n'est pas très joli, conclut Arya faute de mieux. Elle en demeura abasourdie
- mais tu as raison, ça a l'air d'être ce que nous cherchons.
-C'est un très vieux texte, répondit Joy, sans doute même une traduction d'une langue archaïque.
-Qu'en déduis-tu sur eux ?
-En lisant les pages précédentes fit Joy, j'ai compris qu'il s'agissait de véritables fantômes invoqués par une secte voulant ranimer de vieilles colères.
-Tu veux dire que des gens... mort pendant la longue nuit et les multiples guerres qui l'ont précédé pourraient ressurgir ? questionna Arya.
-Je crois oui, murmura la petite en baissant la tête.
-Il y a plein de personnes qu'aucun de nous n'a envie de revoir constata Arya, une myriade de visage distordus par la rage défilèrent dans son esprit. Sa liste. Celle qui, de son fait, ou non ne contenait plus aucuns noms, puisqu'ils étaient morts.
-Il faut prévenir les autres décida-t-elle, mais je dois essayer d'en savoir plus par Nyméria.
-Je vais les rejoindre à la bibliothèque et leur montrer ceci, proposa Joy redressant les épaules, essayant sans doute inconsciemment de se grandir, ce n'était pas la peine avec Arya, se dit-elle Joy n'était guère plus petite qu'elle.
-D'accord.
Joy détala avec empressement.
Arya prit donc la direction de sa chambre dans laquelle elle s'installa, puis elle tenta de s'endormir. Cela lui prit plus de deux heures malgré la longue route à cheval qu'elle venait de faire et lorsqu'elle s'éveilla elle ne sut se rappeler de rien ce qui signifiait qu'elle n'avait pas fait de rêve de loup.
Arya ne voulait pas quitter sa chambre, parce qu'elle se sentait impuissante. Apparemment les épées et les flèches n'auraient aucun impact sur ce nouvel ennemi. Qu'allait-elle faire ? Comment défendre ceux qu'elle aimait contre des fantômes ? Elle ne voulait pas voir les autres, cela aurait signifier admettre devant eux qu'elle ne pourrait pas les sauver. Depuis qu'elle avait éliminé le roi de la nuit, tout le monde la considérait comme imbattable, comme un rempart contre les dangers. Elle aurait voulu l'être. Mais ces derniers mois, elle s'était rendu compte qu'elle était humaine, et cela ne lui faisait pas plaisir. Pas du tout. Arya avait été forte en étant personne, une ombre, un souvenir et maintenant, il lui fallait entretenir des relations avec des personnes qui la considéraient à la fois comme une héroïne et comme une petite sœur. On toqua alors à la porte et avant qu'elle n'ait eu le temps de dire un mot, Sansa entra.
-Quand on toque à la porte on attend normalement une réponse.
-Tu ne m'aurais peut-être pas permis d'entrer, répondit sa sœur, avec un demi-sourire gêné. Arya remarqua qu'elle se tenait debout dans un coin n'osant véritablement s'approcher trop près.
-Tu as eu un nouveau rêve ?
-Non, Nyméria ne veut pas de moi dans sa tête pour l'instant.
-Tu es au courant ? lâcha brusquement Arya.
-Oui, il semblerait que Joy puisse devenir une bonne ambassadrice plus tard, avec tout ce qu'elle lit, elle a une foule de connaissances.
-Oui bon... Sansa nous ne sommes plus à la cour, concentres toi sur ce qui est important, s'agaça Arya.
-Tu as raison convint-elle, c'est juste que je ne sais pas... je ne sais pas quoi faire et tout le monde s'attend à ce que j'indique la marche à suivre.
Sansa pleurait bel et bien à présent, sans qu'Arya ne puisse se souvenir à quel moment les choses avaient mal tournées.
-Moi non plus, confia doucement Arya.
Le choc eut le mérite de calmer sa sœur:
-On va s'en sortir Arya se força à dire Sansa, on a survécu à tant de choses, se ne sont pas quelques fantômes qui auront raison des Stark.
Arya ressentit comme une onde de fierté la parcourir en entendant sa grande sœur essayant vaillamment d'être positive, de se conduire comme la dirigeante du Nord.
Les deux jeunes filles restèrent assises en silence, un silence confortable, et la cadette se demanda si elle allait aborder un autre sujet inconfortable. Au lieu de quoi, pour l'instant, elle murmura :
-Ça fait du bien d'être là.
-Ça fait du bien que tu sois là, sourit Sansa, et malgré ces dernières mauvaises nouvelles, il te reste tout ton voyage à nous raconter. À ce que j'ai cru comprendre, tu es devenue une excellente archère.
-Pas mal, acquiesça-t-elle, c'est peut-être une arme dont je pourrais réussir à t'apprendre le maniement
Il y eut une pause durant laquelle Arya se remémora la maladresse de son aînée.
-On pourra toujours essayer. Sansa venait de dire tout haut ce qu'Arya n'osait formuler. Elles eurent un bref accès d'hilarité et Sansa proposa qu'elles aillent rejoindre les autres dans la grande salle. Arya n'en avait aucune envie, mais elle obtempéra parce qu'elle savait que dans la situation actuelle Sansa ne pouvait pas se permettre de se planquer dans sa chambre avec Arya comme une gosse.
Alors qu'elles allaient entrer dans la grande salle, Arya ne put s'en empêcher, elle murmura :
-Sansa, à propos de toi et Tyrion... j'espère que se n'est pas ma lettre qui t'as poussé à agir ainsi.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? fit Sansa l'air perplexe.
-Je... je t'ai dit de réapprendre à faire confiance, expliqua-t-elle, mais en vérité je me parlais surtout à moi-même et si j'avais su ce que vous deux aviez dans la tête, je ne l'aurai pas dis.
-Pourquoi ? questionna Sansa sur la défensive, croisant les bras sur son torse.
-Ce n'est pas parce que tu fais confiance à quelqu'un que cela signifie que tu l'aimes, déclara Arya d'un ton un peu désespéré, je ne comprends déjà pas comment tu peux faire confiance à un Lannister. Je croyais que tu avais compris que tu n'avais pas besoin d'un homme pour être heureuse.
-Ce n'est pas du tout ça. Sansa avait parlé calmement bien que sa sœur puisse percevoir la douleur dans sa voix.
-Ce n'est pas du tout ça Arya. Ce n'est pas par dépit que je veux être avec lui. J'ai même essayé d'ignorer mes sentiments pour me concentrer sur le gouvernement du Nord. Mais les deux sont compatibles et c'est un des seuls choix que j'ai pu faire librement pour moi.
Elles s'étaient toutes deux figées au Milieu du couloir, Arya n'aimait pas discuter de sentiments, elle n'était pas à l'aise avec ceux-ci et elle n'avait jamais eu de conversations de ce genre avec Sansa ou avec quiconque en réalité. Elle voyait briller la sincérité dans les yeux clairs de sa sœur, elle murmura :
-Tu rêvais d'un chevalier, beau et courageux, tu le mérites Sansa, et rien ne t'empêche de l'avoir.
-Ce n'est pas une image réelle, Arya lui répondit-elle, personne ne peut être simplement défini par "beau et courageux" ou si c'est le cas, cela ne me suffit pas. Tyrion a traversé des épreuves, moi aussi, certaines nous les avons traversés ensemble, je ne peux pas effacer cela. Ça va te paraître ridicule mais Tyrion est beau et courageux pour moi. Il est intelligent, je sens qu'il me considère comme une égale...
-Ok, ok, c'est bon, épargne-moi la liste de ses qualités, stoppa Arya, finalement tu n'as pas tant changé.
Arya sourit à sa sœur, pour lui montrer qu'elle comprenait et lui adressa la petite grimace moqueuse de leur enfance.
-Toi non plus dans un sens fit Sansa, tu m'as fait un discours similaire au sujet de Joffrey, sauf qu'à l'époque, tu avais raison, mais cette fois je suis certaine. Je ne suis pas certaine que Tyrion voudra de moi pour toujours, ou que notre relation soit simple et harmonieuse, mais je suis certaine de vouloir essayer.
-Désolé d'interrompre cette ... conversation, dit Tyrion qui arrivait du couloir sans doute pour rejoindre la grande salle. Sansa rosit, inquiète sans doute de ce que l'autre avait bien pu entendre.
-Tout ce que tu dois en retenir, menaça Arya, c'est que si tu fais souffrir ma sœur, ta mort sera pire que celle des Frey.
Tyrion acquiesça docilement et Sansa lui jeta un regard noir.
-Parfait comme ça tout est clair, maintenant, allons manger et discuter de ces fantômes qui sortent des flammes, finit Arya.
Note: Merci d'avoir lu, comme d'habitude, certaines choses ne sont certainement pas encore très claires, cela devrait s'arranger dans le prochain chapitre.
N'hésitez pas à laisser un commentaire/avis/idée, ça me sert vraiment à améliorer mon intrigue !
