Notes: Merci beaucoup à Yorukakusaku, Xyacinex et Wentworth23 de suivre cette histoire!
-Judy: Merci pour ta review, c'était super d'écrire du point de vue d'arya/nymeria xd, j'adore ce lien des Stark avec leurs loups !
Bonne lecture !
Chapitre 19: Bran
Bran avait toujours apprécié la quiétude du bois sacré. Enfant, il y traquait son père pour bouleverser la paix des lieux. Grimpant aux arbres, brandissant son épée de bois, et posant des questions à voix haute sans cesse.
Légèrement ennuyé, Bran se concentra sur la tâche à accomplir. Il devait chercher des réponses et seuls ses pouvoirs de corneille pourraient les lui fournir.
Davos Mervaux et sa femme étaient installés dans leur salon privé du donjon rouge Et la femme disait:
-Je pourrai être presque heureuse si il n'y avait ce vide, causé par la mort de nos garçons et de la petite Shyreen Barathéon...
Le couple partagea un regard hanté et alors que Bran se demandait pourquoi c'était sur cette scène qu'il tombait, il vit apparaître cinq silhouettes translucides faites de fumée. Bran scruta leurs visages tordus par la douleurs et la tristesse. Des visages juvéniles. Quatre jeunes hommes et une jeune fille entouraient le roi et sa femme.
-Père et mère m'ont trahi, et vous n'étiez plus là, souffla Shyreen barathéon dans un murmure aux accents de reproche en fixant Davos.
Les deux seuls êtres de chair et de sang de la pièce ouvraient de grands yeux exorbités de terreur, la femme poussa un petit cri aiguë et tomba inanimée de sa chaise. Alors que Davos se précipitait pour l'aider les créatures lui bloquèrent le passage, le criblant d'injures:
Un des fils Mervaut mort pendant la bataille de la Néra constata:
-Alors vous êtes roi père, qui aurait cru que votre soif de pouvoir vous mènerait si loin? Mais la prêtresse rouge cré son armée et nous reprendrons le trône de fer, pour le prince qui fut promis.
Bran resta interdit, c'était la deuxième fois que cette prophétie revenait dans cette histoire; il lui faudrait se renseigner à ce sujet.
-Mais Shyreen, c'est la prêtress rouge qui a causé votre mort, pourquoi la suivez-vous? questionna Davos, tentant de garder le contrôle de la conversation
Le visage mangé de grise-écaille de Shyreen se troubla et sa silhouette se désintégra.
-Nous reviendrons, promit l'un des garçons, nous sommes appelés par notre grande prêtresse.
Soit l'appel de la prêtresse rouge avait atteint Shyreen avant les autres spectres, songea Bran, soit quelque chose avait atteint le fantôme de la jeune fille, quelque chose qui l'empêchait de se maintenir sous cette forme.
Davos avait rejoint sa femme qui était revenue à elle et lui confirmait la réalité des événements.
-Je vais convoquer d'urgence le conseil restreint décida Davos et écrire à Brandon Stark à Winterfell, j'espère qu'il a vu ces événements, et qu'il a des informations supplémentaires sur ce... phénomène.
Bran rouvrit les yeux sur le blanc neigeux qui tapissait le bois sacré, mais il ne s'y attarda pas, il lui fallait recueillir d'autres exemples, d'autres indices pour endiguer cette nouvelle menace, la corneille savait d'une manière détachée que c'était ce qu'il y avait à faire et un petit bout de Bran qui était toujours Bran Stark, et dont il s'étonna d'entendre la voix ne voulait pas que ses proches soient confrontés à cela.
Il se concentra sur le bruit du vent dans les feuilles des arbres,·puisant dans leurs racines cette étrange énergie qui lui permettrait de voir ailleurs.
Jon portait sa fille dans ses bras et Daenerys son fils, ils étaient assis dans un carrosse les ramenant de quelque visite à une ville voisine, il rentraient à Peyrdragon.
-Ils ont toujours des réclamations à faire se plaignait Daenerys.
-Mais ils reconnaissent nos efforts, fit Jon en souriant à la petite Rhaelina qui gazouillait dans ses bras.
-Je préférerai tout de même être à Port-réal, soupira la Targaryen, je suis convaincue que je pourrais être une reine plus énergique que Ser Davos.
-Plus énergique c'est certain ! s'esclaffa Jon, mais nous trois on a besoin de toi ici.
-Tu pense que je ne vais pas bien?
-Je pense que tu as vécu des choses atroces et que cela a eu des conséquences sur ta santé, nuança Jon, alors qu'il finissait de parler, une silhouette fantomatique apparut auprès de Jon.
-Alors comme ça, on y connaît toujours rien Jon snow ! vociféra la voix d'Igrid, sans la malice d'autrefois, mais avec une colère suintant de tous ses mots.
-Ig...Igrid que ...tu es vraiment... balbutia Jon.
-Je suis morte parce que tu te conduisais comme un gosse, tout ça pour ton foutu honneur que maintenant tu foules au pieds avec ta tante.
-Qui est cette fille ? demanda Daenerys, d'une voix blanche alors que Jorah Mormont ou plutôt son fantôme s'installait à son tour dans le carrosse près d'elle.
Il restait là, silencieux à la fixer, et c'était déjà trop pour Daenerys, de ce que Bran pouvait voir, qui était secouée de tremblements incontrôlables, il se contentait de la regarder avec une tristesse, un désespoir, une colère sans limites.
Les deux bébés se mirent à vagir de concert dans les bras de leurs parents, ils émettaient des notes si stridentes que Bran fut absurdement surpris de ne pas voir la fausse Igrid et le faux Jorah se dissoudre sous l'intensité de ses bruits alors même que lui-même cela le fit tressaillir.
-D'autres nous accompagnent, beaucoup d'autres, prévint Jorah d'une voix sombre, la prêtresse rouge sauvera les sept couronnes de la ruine causée par les usurpateurs.
-C'était aussi mon objectif, à l'époque où je suis arrivée ici, rappela Daenerys.
-Oui mais tu n'es pas celui qui fut promit, cracha Igrid, quand j'étais une vivante stupide, si j'avais connu cette prophétie, j'aurai cru que c'était Jon, maintenant je suis persuadée qu'il n'a rien à voir avec tout cela. Corbeau, loup ou dragon, tu te contentes de suivre les ordres de personnes plus puissantes que toi, poursuivit-elle. Alors que les deux fantômes disparaissaient Bran en fit de même pour rejoindre sans doute un autre lieu.
C'était une maisonnette de paysans où; figés devant un fantôme, trois enfants vêtus de hardes hurlaient: La plus petite, une gamine qui ne pouvait pas avoir plus de quatre ans se précipita vers la silhouette d'un homme, hâche immatérielle à la main:
-Papa! C'est toi? Tu es revenu! Maman! Viens voir,papa est revenu, il n'est plus mort cria-t-elle. Alors que la petite glissait à terre entre ces bras sans solidité le fantôme prit la parole:
-Je suis mort à cause de leurs guerres et parce que je n'ai pas pu fuir, parce que vous étiez trop petits, trop empottés pour nous suivre selon votre idiote de mère, gronda-t-il.
-C'est pas notre faute si on a plus de père s'écria rageusement un petit garçon en envoyant des graviers vers la créature translucide, ils la traversèrent sans la toucher. La soeur aînée poussant les deux petits derrière elle demanda:
-Pourquoi es-tu là, tu n'est pas notre père?
Alors qu'une femme qui devait être leur mère accourait à leur rencontre le fantôme lança:
-Je n'avais pas à mourir, je dois me venger et je ne partirai pas.
Il vit alors la plus grande prendre ses deux cadets par la main et détaler à toute jambes poursuivit par le spectre de leur père et par une mère des pommes de terres à moitié épluchée à la main.
Encore une fois, Bran se sentit emporté vers d'autres images.
Jaime et Brienne Lannister, tout récemment mariés, joûtaient dans une coure ensoleillée de Castral Rock sous le regard attentif de jeunes chevaliers et d'écuyers qu'ils entraînaient:
-Même avec une seule main, je reste le meilleur chevalier des sept couronnes, se vantait Jaime apparemment juste pour provoquer son épouse.
Celle-ci, alors qu'il était distrait lui bondit dessus et il se retrouva plaqué au sol, une des épées forgée avec Glass à la gorge:
-Tu n'est qu'un crétin arrogant conclut Brienne avec un sourire.
Bran ne comprenait pas du tout l'intérêt de cette scène. Pourquoi voudrait-on qu'il y assiste? À leur étrange façon à eux, ces deux-là semblaient se porter on ne peut mieux.
Brienne se retourna vers l'assistance:
-Rappelez vous de rester toujours concentré, votre vie peut être en jeu et un adversaire distrait est un adversaire presque éliminé.
-Ser Brienne a raison les gars poursuivit Jaime, mais un adversaire distrait peut aussi être un adversaire énamouré.
Brienne rougit violemment tandis qu'Éthan Marbrand le fils du vieux camarade de Jaime répliquait:
-Je crois qu'il y a très peu de chances pour que nous ayons à nous battre contre une personne amoureuse de nous. Tout le monde n'est pas aussi cinglés que vous deux, sauf votre respect Lady Brienne.
-Pourtant, c'est tout ce que je te souhaite Éthan répondit Jaime, venez, il est temps de rejoindre la grande salle pour le déjeuner.
Bran observa le groupe se déplacer vers le grand hall de Castral Rock, et alors que Jaime et Brienne se chamaillaient toujours, les chevaliers devant eux s'arrêtèrent net:
-Pourquoi est-ce qu'ils n'avancent p... commença Jaime avant d'apercevoir la cause de leur arrêt.
Cersei Lannister, sous une forme spectrale, s'approcha de son jumeau:
-Traître ! Je ne te le pardonnerai jamais! Jamais tu entends ! s'écria-t-elle.
Le hall entier en demeura paralysé de terreur, seule Brienne brandit son épée et tenta d'en pourfendre la créature, évidament sans aucun résultat.
-Comment est-ce possible ? murmura-t-elle.
-Cela est possible parce qu'il n'était pas l'heure de ma mort, elle a été provoquée par ton existence, espèce de traînée rugit Cersei et les flammes desquelles elle était née jaillissaient de ses yeux pour incendier ses victimes de leurs étincelles vertes.
Jaime se redressa, sortant de sa torpeur:
-Quoi que tu Sois, rien ne t'autorises à insulter Brienne, morte ou pas ! cria-t-il.
La Cersei fantomatique eut un rire dément:
-L'avantage que j'ai désormais, pauvre demeuré, c'est que toutes les prouesses des meilleurs chevaliers du monde ne pourront m'anéantir.
-Que voulez-vous de nous ? demanda un des chevaliers présent.
-Tous vous pousser à bout jusqu'à trouver le moyen de vous faire périr, et surtout que cette espèce de mocheté inconcevable me rende mon frère.
« Tout un programme », songea distraitement Bran, s'interrogeant sur la quantité de connaissances que cette Cersei Pas si différente de l'ancienne pouvait avoir sur sa présente condition.
Jaime et Brienne s'étaient rapprochés progressivement et désormais Jaime avait un bras passé autour de la jeune femme, s'accrochant comme s'il avait peur d'être emporté au loin.
Cela sembla quelque peu affaiblir le fantôme qui ouvrait et fermait la bouche sans qu'aucun son ne parvienne à Bran ou Aux occupants du hall.
-Allez-vous en Madame, vous n'avez plus rien à faire ici tenta un chevalier de la maison Lannister.
Cette dernière invective parut lui redonner la force d'émettre des cris perçants:
-Je ne suis pas la seule à être revenue, mon armée et moi allons faire un tour à Lannisport et voir ce qu'en disent les braves gens qui vivent là-bas.
Tandis que tous les habitants de Castral Rock joignaient leurs efforts pour essayer de retenir prisonnière une silhouette de fumée, Bran prenait pleinement conscience de la gravité de la situation. Certes, sans doute Cersei avait était un peu trop ambitieuse en proclamant qu'il s'agissait de "son" armée, elle faisait plutôt elle-même partie de celle de Mélissandre, néanmoins sans doute que même dans cette état altéré le pouvoir de persuasion des Lannister pourrait pousser un certain nombre de ses ombres à agir sous ses ordres.
Bran se sentit disparaître de Castral Rock, laissant un Jaime et une Brienne à mille lieues de l'état de gaieté légère dans lequel il les avait trouvé.
Quand la corneille à trois yeux revint dans le corps de Bran Stark, quelqu'un était près de lui. C'était Meera, Meera Reed. Comme à chaque fois qu'il se trouvait en sa présence, la corneille restait de marbre mais Bran était mal à l'aise. Le garçon qui n'avait survécu que grâce à elle se sentait coupable de ce que son absence de sentiments humains lui avait fait dire:
-Vos recherches ont-elles été fructueuses ?
-Les fantômes rejoignent les gens qui ont compté pour eux pendant leurs vies, partout dans les sept royaumes, mais ils ne peuvent pas rester indéfiniment, il semblerait pour l'instant, répondit-il du timbre désincarné qui était devenu le sien.
-Ces scènes se passaient-elles dans le présent, voulut savoir Meera.
-Je crois oui, du moins je me suis concentrer dans ce but. Aucun moyen d'en être certain toutefos…..
-Alors pourquoi ne s'est-il rien passé ici, à Winterfell ? lança-t-elle, et Bran se maudit de ne pas s'être lui-même rendu compte de cette étrangeté.
-En effet, se ne sont pourtant pas les morts qui manquent parmi les Stark, constata-t-il.
-Il n'y a pas que les Stark qui ont souffert et qui ont perdu des êtres cher, rétorqua Meera d'un ton calme, presque aussi glacial que celui de Bran lui-même.
-Je ne voulais pas dire que nous étions les seuls voulut corriger Bran.
-Vous n'êtes même plus un véritable Stark! s'emporta-t-elle, alors qu'elle prononçait ces mots Bran perdit pied, hors de la réalité. Il se trouvait dans l'obscurité la plus totale, et une voix s'éleva:
-Brandon Stark; ta mission de corneille à trois yeux, touche à son apogée et à son terme.
La voix semblait être celle de la vieille Corneille, celle qui avait formé Bran.
-Que voulez-vous dire ? intérogea-t-il, perdu.
-Je ne peux pas tout te dire petit, mais n'as-tu donc pas envie d'être un jeune loup à nouveau ?
Bran ne savait pas, ne savait plus, c'était si loin. Mais lorsqu'il se souvint de la douleur qu'il avait causé à ses proches en étant plus celui qu'ils avaient connu et aimé, il souhaita plus que tout redevenir celui qu'il aurait dû être. Mais qui aurait-il dû être au juste? Bran le grimpeur, le garçon qui rêvait d'être un chevalier? Ou bien, un Stark brisé mais humain et capable peut-être de se reconstruire?
-De toute façon tu n'auras pas le choix, quand l'ennemi sera éliminé, la corneille n'aura plus de raison d'être.
-Alors que dois-je faire ?
-Ça, petit, c'est sans doute la seule chose que tes pouvoirs ne t'apprendront pas et qu'il te faudras improviser gloussa la voix de la vieille corneille, les indices auxquels tu as eu accès jusqu'à présent ne t'apparaîtront plus.
-Bran ! Bran ! Vous allez bien ? s'inquiéta Meera.
Bran n'avait pas gardé sa position assise, le choc de cette vision peu ordinaire l'avait projeté à plat ventre dans la neige. Nauséeux, il se redressa légèrement à la force des bras.
-Vous n'avez pas choisi cette vision, vous avez été entraîné contre votre gré, devina-t-elle, de qui s'agissait-il?
-Ce n'est rien, pouvez-vous... m'aider.
Bran était gêné de devoir demander de l'aide à Meera, mais sans son secours, il resterait vautré là comme un animal blessé jusqu'à ce que quelqu'un ne vienne le chercher.
Meera l'aida à se hisser sur sa chaise, sans rien dire, détaillant ses traits comme si elle voulait en arracher les secrets qu'il gardait enfoui.
-Je ne vais pas réussir à porter votre chaise seule jusqu'au château, observa-t-elle.
-Je sais, ce n'est pas grave, mes écuyers devraient revenir d'ici peu de temps.
-Je dois rejoindre les autres, conclut Meera, je vous envoie de l'aide au Plus vite.
-Merci, Bran ne savait que dire pour l'empêcher de parler de sa dernière vision aux autres, ils ne savait même pas exactement pourquoi il ne voulait pas en parler. Une petite voix intérieur lui chuchotait que pour la première fois depuis très longtemps, il avait peur et il ne savait ce qui allait advenir de lui.
Bran était désormais assis dans la grande salle à la table centrale ou devait siéger la famille Stark, leurs conseillers et les invités qui changeaient d'un jour à l'autre selon la coutume Nordienne. Arya était assise à côté de lui et ne tenait plus en place. Sansa était entrée avec elle et Tyrion Lannister mais elle avait été interceptée par un groupe de personnes qui s'exprimaient avec véhémence quoique sans intentions hostiles.
Sansa finit par parvenir à se frayer un chemin au milieu de la cohue pour venir s'asseoir en face de Bran:
-Des chevaliers qui habitent dans la ville d'hiver m'ont rapporté des faits étranges expliqua-t-elle.
-Comme des silhouettes translucides semant le chaos? demanda narquoisement Faérie Snow, glissant de quelques chaises pour venir se placer à droite de Sansa, parce qu'on était déjà au courant, pas la peine de retarder le repas pour si peu poursuivit-elle, en jetant un faux regard de connivence à Robin qui tirait une tête d'affamé à côté de Joy qui tentait de le faire s'intéresser à sa découverte.
-Arrêtes Joy, je veux juste manger, je m'en fiche de ton livre !
Le menton de la gamine trembla, elle chercha autour d'elle un soutien, et la seule autre personne pas loin de son âge était Bran, mais Bran n'aurait sût quoi faire pour la réconforter.
L'altercation menaçait la conversation sérieuse qui devait nécessairement avoir lieu. Les personnes, plus ou moins adultes de l'assistance s'entreregardaient avec détresse. Puis Tyrion céda sa place à Meera près de Sansa et vint s'installer au bout de la table avec Joy et Robin.
-J'ai bien envie de voir ce mystérieux livre, chuchota-t-il avec un sourire, et son enthousiasme ne semblait pas même forcé, il a peut être d'autres messages à délivrer...
Pendant que la jeune Lannister montrait les passages intéressants à Tyrion, ce qui la contraignais à un silence religieux, la conversation reprit à l'autre bout de la table.
-J'ai expliqué les choses comme elles étaient, du moins ce que nous en savions aux autres chevaliers, expliqua Edmund Thorne, ils ont eut l'air de me croire après ce qu'ils ont vu pendant la longue nuit.
-Merci, que pensez-vous que nous devions faire pour les nordiens, doit-on convoquer une assemblée? demanda mestre Nathan.
Bran qui ne prenait d'ordinaire pas la parole dans ce genre de discours parce qu'il avait l'impression d'avoir une longueur d'avance sur tout le monde, ce qui le gênait, répondit:
-Ce n'est pas nécessaire, nous perdrions tous notre temps, de ce que j'ai pu voir, l'armée de Mélissandre se manifeste dans toutes les sept couronnes et dans tous les milieux sociaux.
-Que ce passait-il en ville ici d'ailleurs? voulut savoir Faérie alors que des serviteurs apportaient le plat constitué d'un ragoût, que la capitale aurait jugé peu seyant pour une table de nobles mais qui était tout ce que pouvait s'offrir Winterfell pour l'heure.
-Une femme a assuré avoir vu son mari mort pendant la longue nuit, elle est partie à sa recherche seule dans les bois, et à force de battues, ils ont retrouvé son corps dans une crevace accidentée où elle est restée coincée.
-Charmant, commenta Faérie en engloutissant une énorme bouchée, pas plus perturbée que cela finalement.
Bran mangeait avec calme, il n'avait pas faim comme autrefois, simplement le garçon humain qui habitait encore son corps lui rappelait qu'il avait besoin de s'alimenter pour ne pas mourir.
-J'ai écris au roi, et aux responsables des plus grands territoires pour les informer ou discuter du problème, dit Sansa, mais quelque chose me paraît étrange, aucune... créature n'est apparue ici.
-Peut-être que Mélissandre n'a pas pu ramener tous les morts, fit Arya avec pragmatisme, je ne crois pas que père, mère, Robb ou Rickon aient très envie de nous hanter.
-Ce n'est pas une question de volonté, corrigea Bran, se remémorant malgré lui le visage de Jorah Mormont, celui de Shyreen Barathéon, je pense qu'ils sont plus des souvenirs distordus que de véritables êtres, lorsque je les ai vu, ils faisaient tous le même reproche : leur mort, et la même menace, la prêtresse rouge.
-Alors quelque chose les... retarde ? proposa Sansa à l'adresse de son frère.
-Oui, je crois, la plupart des scènes que j'ai vu se sont terminées par la disparition des silhouettes, à mon avis, Mélissandre les rassemble.
-Sans doute, fit Sansa, mais s'ils ont pu aller à Port-réal ou à castral rock, c'est que quelque chose les empêche de venir ici.
-Quelque chose... ou quelqu'un fit Tyrion, depuis l'autre bout de la table.
Bran ressentit un soudain mal-aise, comme si on l'accusait de quelque chose. Pourtant, Tyrion ne le regardait pas, et pourquoi se sentait-il concerné? Les paroles de ce qu'il présumait être la vieille corneille résonnèrent de nouveau dans son esprit, soit-disant, sa mission devait être à son apogée et à son terme...
-Peut-être Mélissandre veut-elle éviter d'attaquer Winterfell poursuivait Tyrion, cela pourrait avoir un rapport avec l'enlèvement de Bran, par ces partisans du Dieu de la lumière ou je ne sais trop quoi.
Tout le monde paraissait avoir oublié ce fait, et la surprise et la réflexion s'inscrivit sur tous les visages.
-Alors Bran pourrait les arrêter, ou du moins aurait un moyen de les mettre en danger, en déduisit Sansa.
-Pourquoi ne le dis-tu pas alors? s'agaça Faérie.
-Parce que je ne le sais pas, je ne pense pas que se soit vrai, je n'ai aucune informations, quand j'ai été enlevé je n'avais vu comme motif d'enlèvement que ce qui était mentionné dans la lettre anonyme et je n'ai jamais cherché plus d'informations, parce que je savais que mon enlèvement devait se faire pour qu'un tas d'autres choses se déroulent bien.
Cela faisait longtemps que Bran n'avait autant parlé, et encore plus de temps qu'il n'avait ressenti cette impression d'impuissance, cette colère, ce sentiment de ne pas avoir toutes les clés.
-Bran... balbutièrent d'une même voix ses deux soeurs, Il n'aurait su dire si elles étaient chagrinées ou soulagées, peut-être les deux à la fois.
Bran fit mine de les ignorer, si quelque chose n'avait pas changé, malgré les années et le fait d'être une corneille à trois yeux, c'était qu'avoir des grandes soeurs pouvait être embarrassant, Toute sa vie, elles le traiteraient comme un petit être fragile dont elles avaient la charge. Il soupira, c'était en partie faux bien sûr, mais la corneille étouffant les sentiments du jeune Stark, il savait qu'il les aimait sans le ressentir, et pour le coup, c'était un sentiment très étrange, même pour lui.
-Bran... fit Alors une nouvelle voix, celle de Meera, sans qu'elle n'ait besoin de poursuivre, il comprit, elle aurait voulu mentionner ce qui s'était passé dans le bois sacré, cette vision que Bran n'avait pas recherchée...
Il fit non de la tête, tentant de lui faire comprendre que ce n'était rien, qu'il y avait plus important à se soucier pour le moment.
-Joy? tu veux bien me remontrer cette page avec le poème s'il te plaît ? demanda Sansa soudainement, je vais le recopier pour qu'on puisse essayer de comprendre ce qu'il signifie exactement, au Cas où il y aurait des messages cachés.
-Ça m'a paru très clair à moi fit Faérie, ne prends pas ça comme excuse parce que tu préfères lire des poèmes plutôt que de mettre au point des stratégies de combat.
Faérie ne voulait sans doute pas blesser Sansa, elle avait dit cela avec le sourire, mais Bran vit sa soeur réprimer la grimace qui autrefois signifiait que d'une seconde à l'autre elle allait s'enfuir en pleurant et en vous promettant les pires châtiments. Mais comme lui, Sansa avait changé.
-Si tu comptes vraiment sur moi pour être à la tête d'une armée désolée de te décevoir mais cela n'arrivera pas, et il semblerait que cette fois, une armée conventionnelle ne nous sera d'aucun secours.
-Et puis de toute façon si nous avons besoin d'une telle chose, nous demanderons à lady Faérie, lança Tyrion en plaisantant, en travaillant dans son orphelinat de Port-Réal, elle a dû en apprendre pas mal, sur le maniement de l'épée.
-On se calme le nain, poursuivit Faérie en envoyant puérilement une pomme dans la direction de Tyrion, celle-ci manqua sa cible qui vint heurter la tempe de Robin qui se mit à injurier Faérie, Tyrion, la pomme et tout ce qu'il pouvait.
Bran eut le réflexe infantile de se couvrir les oreilles des mains pour échapper au vacarme. Ça, songea-t-il, c'était ce qui se passait quand tous les dirigeants d'une région avait moins de trente ans, à part le pauvre vieux Gary Sleigh qui les observait avec un sourire las. Bran ne leur reprochait pas tellement, tout le monde ne pouvait pas être aussi calme et stoïque que lui. Leur débordement émotionnel, surtout pour les plus âgés d'entre eux était dû au stress, et pour le Lannister tout de même âgé de vingt-sept ans, il n'était agressif c'est dernier temps que lorsqu'il s'agissait de défendre Sansa et même s'il réagissait un peu trop vivement cela ne dérangeait pas Bran, pas autant que son cousin Robin qui lui disait à présent:
-Nous sommes peut-être les plus jeunes vous et moi cousin, mais nous sommes les plus responsables ici.
Bran ne put s'empêcher de répondre :
-Je crains que vous ne fassiez erreur Robin, Lady Joy a trois ans de moins que vous, et elle se comporte avec plus de bon sens.
Gary sleigh frappa sa cuillère contre son verre pour attirer leur attention en un geste assez pittoresque pour l'homme rude que c'était:
-Ne nous laissons pas distraire par des disputes stériles, votre réflexion me semble juste, finissons ce dîner tranquillement, j'enverrai ensuite des gens en ville pour expliquer la situation aux habitants, vaquez à vos occupations de manière normal, nous nous retrouvons au petit déjeuner demain matin, et nous aviserons, quand tout le monde sera bien reposé.
Gary avait un ton un peu paternaliste, ce qui sembla en agacer certains - surtout Arya et Tyrion - remarqua Bran amusé, en voyant Sansa lancer des regards d'avertissement aux deux qui s'apprêtaient sans doute à faire des remarques ironiques.
-Merci Ser, vous avez raison, nous sommes tous épuisés par cette journée, merci à tous pour vos efforts. Sansa finit très vite de manger puis s'esquiva et Bran eut la drôle d'impression que c'était pour ne pas craquer devant tout le monde.
-Tu ne l'accompagnes pas pour t'assurer qu'elle ne se jette pas d'une toure ou quelque chose comme ça ? persifla Faérie à l'adresse de Tyrion.
-Elle a besoin d'être un peu seule, je sais où la trouver et je le ferai d'ici quelques instants.
Bran aussi avait besoin d'être seul, à l'intérieur du château, des forgerons lui avaient confectionné une chaise avec des roues qui lui permettaient de se déplacer sur un sol plat sans aide.
Meera le suivit un instant des yeux, l'expression indéchiffrable.
Depuis quelques temps, de moins en moins de choses étaient déchiffrables pour la corneille à trois yeux.
Et Bran Stark le brisé avait peur.
Note: Je crois que mon Bran est un peu OOC... désolée, j'ai quand même bien aimé écrire ce chapitre. Merci d'avoir lu, n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez par review !
