Notes : coucou, merci à ceux qui m'ont encore une fois laissé des reviews, vous êtes géniaux !
Judy : Oui Genna et Joy existent dans les livres mais elles ne sont pas développées ; du coup se sont des demi-OC je pense J en ce qui concerne ta demande….. j'en dis pas plus mais ce chapitre devrait te plaire !
Bonne lecture à Tous,
Chapitre 21: Tyrion
Tyrion n'avait jamais été convoqué dans une clairière par une entité presque mythique, mais il était toujours près à vivre de nouvelles expériences.
Brandon Stark, adossé à un tronc d'arbre ployant sous le poids de la neige, l'invita à s'approcher.
-La lettre du roi demande à Sansa de convoquer un host de nordiens pour aller capturer Mélissandre, fit Bran, alors qu'il n'était pas présent dans la salle du conseil lorsqu'ils avaient pris connaissance de la lettre à Winterfell.
-Croyez- vous qu'il soit très intelligent de procéder de la sorte ? interrogea Tyrion, qui se demandait comment quiconque put imaginer que Mélissandre aussi fanatique qu'elle fut, ne put s'apercevoir qu'une entière armée de Nordiens bruyants la pourchassait au-delà du mur, après tout ils la croyaient morte au terme de la Longue Nuit et ce n'était finalement pas le cas.
-Je ne crois en effet pas qu'elle sera éliminée par cet host, éluda le garçon, toujours immobile, imperturbable.
Tyrion resserra sa cape autour de lui, le froid de l'hiver ne se laissait jamais oublier.
-Je vous crois digne de confiance, fit savoir celui qu'on appelait la corneille à trois yeux, sans aucune intonation dans sa voix douce.
-Je suis très touché, tenta de plaisanter Tyrion, rare sont ceux qui accordent leur confiance à l'infâme gnome de Castral Roc.
Bran ménagea un silence glacial, comme pour laisser sentir à son interlocuteur toute l'inutilité de sa remarque.
-Je suis indifférent à l'humour tout comme à votre réputation, rappela Bran, toujours neutre.
-Je vous écoute, se contenta de répondre Tyrion, sentant ses orteils se transformer en glaçons.
-Il me semble que la vieille corneille s'est adressée à moi dans une vision, confia-t-il.
-je croyais qu'elle était morte.
-Moi aussi, mais le fait est que quelque chose m'a prévenu que mon rôle touchait à sa fin.
-Quoi ? sursauta Tyrion, mais vous êtes une sorte de divinité, vous ne pouvez pas disparaître.
-Dans notre monde rien n'est immortel Lord Tyrion, fit Bran en le regardant de ses yeux sans âge qui fouillaient le fond des esprits.
-Je pense que cela signifiait surtout que j'allais perdre mes pouvoirs, poursuivit-il alors qu'une poignée de neige tombait de l'arbre auquel il était adossé et se déposait sur le haut de son crâne, blanchissant ses cheveux, lui donnant quelque chose d'encore plus irréel. Le garçon ne parut même pas s'en apercevoir.
Si Tyrion avait reçu cette texture gelée et dégoulinante sur sa propre tête, il était convaincu qu'il l'aurait senti passer. Mais c'était Bran, le monde matériel ne l'affectait pas comme eux, enfin pour l'instant, apparemment. -Ce qui signifie que vous avez quelque chose à faire dans la situation qui nous occupe actuellement, déduisit Tyrion.
-Oui, l'ennui c'est que je ne sais pas quoi.
-Vous ne...savez pas ? Mais...
-Aucune vision ne m'est accessible à ce sujet, coupa-t-il, j'attends vos suggestions.
Tyrion ne put retenir un rire franc, la corneille à trois yeux attendait ses suggestions sur les mesures à prendre pour faire disparaître des fantômes.
-Je suis désolé Bran, sincèrement j'aimerai pouvoir vous aider mais je ne sais absolument pas quoi faire.
-Avez-vous une idée de ce qui protège Winterfell ? questionna-t-il, pour tenter d'avancer.
-Ce n'est pas moi, je veux dire, pas mes pouvoirs de corneille, je ne crois pas, j'ai quitté Winterfell avec des écuyers, hier j'ai passé six heures dans la ville d'hiver et aucun fantôme n'a surgi ici.
-Peut-être sont-ils auprès de Mélissandre comme le pense Davos, proposa Tyrion, Sansa m'a dit qu'au bas de la lettre, il y avait un message confidentiel expliquant que le pouvoir royal allait déguiser Gendry en réincarnation D'Azor Ahai pour tromper Mélissandre.
-Je sais, fit Bran, cela ne résout pas mon problème.
-De ce que j'ai pu lire dans le livre trouver par Joy, ces créatures puisent leur pouvoir du désordre causé par les guerres et des énergies magiques d'au-delà du mur, comme vous Bran, constata Tyrion, sans trop savoir si ces informations avaient un intérêt.
-C'est vrai, sourit étrangement Bran, c'est vrai, j'ai bien fait de me confier à vous.
Tyrion resta perplexe durant tout le dîner, ce qui était un effet normal, de l'avis général, d'une discussion avec la corneille à trois yeux. La salle était particulièrement bruyante ce jour-là, surtout à la grande table. Arya et Faérie échangeaient des piques entre la dérision et l'irritation pour départager qui d'elles d'eux avait eu la pire enfance, Ser Edmund et Lady Meera Reed avaient déployé une carte sur la table et semblaient jouer aux apprentis stratèges militaires, Robin et Joy se hurlaient dessus alors que Sansa et lui tentaient d'écouter pardessus le vacarme, l'envoyé de la banque de fer en séjour dans le nord, qui mangeait à la table d'honneur.
-Je ne peux promettre des investissements tant que cette menace ne sera pas écartée, répéta le type, engloutissant déjà son quatrième verre devin alors qu'il était supposé discuter d'affaires. Tyrion n'était pas bien placé pour le juger, quoique récemment il avait abandonné son penchant pour l'alcool, il préférait être sobre en toutes circonstances pour être le plus utile possible à Sansa et aux nordiens.
-Bien sûr, essaya Sansa, je comprends bien, mais le sud n'est pas plus à l'abri que nous et vous avez accordé à la couronne un grand prêt, et malgré tous les efforts de sa majesté le roi Davos, il ne peut pas nous accorder trop de subventions.
-Oui... c'est ennuyeux marmonna l'homme, en observant Sansa avec condescendance, mais la capitale a plus de ressources... plus de garanties.
Le vieux banquier cherchait clairement des excuses pour ne pas avoir à traiter avec une jeune fille, sans doute parce qu'il ne la croyait pas capable d'administrer Winterfell. Bien sûr, objectivement, le nord avait des faiblesses mais il avait aussi de gros atouts, des ressources, et un gouvernement plein de motivation.
-Nous avons besoin d'un prêt pour développer notre marché, pour créer des écoles, insista Sansa, avec énergie, tout son être irradiait de passion pour cette tâche qui lui échoyait malgré elle.
Tyrion ne put s'empêcher de sourire.
-Écoutez, Milady, tout cela est très bien... vraiment très bien... mais vous ne comptez pas vous charger vous-même de tout cela ?
-Non bien sûr que non, avec mon conseil, et l'aide des nordiens, rétorqua Sansa, glaciale, elle venait de se rendre compte de ce qu'insinuait ce crétin.
Il promena un regard dédaigneux sur la table, évaluant ses occupants.
-Mestre Nathan vient de la citadelle, Lady Faérie Snow a une expérience des besoins du peuple hors du commun, Lady Meera a reçu un enseignement arithmétique de première ordre au même niveau que les membres de votre institution, et lord Tyrion a été main du roi et ministre des finances à port-réal, énuméra Sansa avec la dignité naïve que seul les Stark pouvaient faire sonner si justement.
-Nous vous rembourserons, assura Tyrion, ma famille est quasiment ruinée mais dès qu'il sera possible d'acheminer ce qu'il nous reste d'or à Castral Roc ici...
-Les Lannister ne paient jamais leurs dettes, grogna le type, c'est ce qui serait plus vrai ces derniers temps.
-Lord Tyrion n'est pas ici en tant que représentant des Lannister, je vous assure que...
-inutile Lady Stark, je regrette mais je ne peux pas me permettre, fit-il, plus tard peut-être, quand nous saurons ce dont vous êtes capable.
-Plus tard, si nous sommes un jour dignes de confiance à vos yeux, nous n'aurons plus besoin de vous, conclut sèchement Sansa, ce qui laissa le banquier sans mots à la regarder stupidement comme s'il ne la voyait vraiment qu'à l'instant.
-Sansa va diriger l'armée qui partira vers le nord ! Les nordiens lui font confiance, ils seraient prêts à mourir pour elle ! s'écria Joy avec un peu trop de grandiloquence, une lueur d'excitation dans son regard vert, comme si elle ne pouvait se figurer quelque chose de plus exaltant que l'idée de mourir pour une noble cause, parfois, elle rappelait vraiment à Tyrion le Jaime d'autrefois, le petit garçon qui voulait être un chevalier de la garde royale.
-N'exagère pas Joy, sourit Faérie, ils sont surtout prêts à tout pour garder leurs petits châteaux à l'abri.
-Cela n'a pas d'importance, du moment qu'ils viennent, répondit Sansa, mais merci Joy !
Sa voix s'était adoucie pour parler à cette dernière, et Tyrion s'émerveilla qu'elle puisse être si forte et si sensible à la fois.
-Je devrais te laisser, tu as besoin de dormir, murmura Tyrion en traçant distraitement des cercles sur la main que Sansa lui avait abandonnée depuis quelques instants. Dix jours étaient passés depuis qu'ils avaient reçu la lettre du roi, les troupes nordiennes avaient afflué ces derniers jours et ils devaient partir vers le nord dès le lendemain.
Ils s'étaient retrouvés, plusieurs heures après le dîner, pour ne pas être remarqués, dans les appartements de Sansa. Ses cheveux auburns légèrement humides, -elle devait sans doute les avoir lavés juste avant - cascaaient librement sur une chemise de nuit bleu pâle et lui donnait un air plus humain que ses vêtements de la journée, plus fragile aussi, elle demeurait toujours d'une beauté indescriptible.
-Je ne peux pas, je n'ai toujours pas trouvé d'idées, soupira-t-elle, je suis la gardienne du Nord, et je ne suis pas capable de le protéger.
-Sansa, il n'y a pas d'idées miraculeuse, rassura Tyrion, tu fais tout ce que tu peux.
-Mais ce n'est pas suffisant, répondit-elle, j'ai l'impression de ne pas être une vraie Stark, je n'ai pas les pouvoirs et la force de mes frères et soeurs.
Tyrion vit ses lèvres trembler, ses yeux devenir plus brillants, et quelques larmes vinrent perler sur ses pommettes.
-Désolée... sanglotta-t-elle, je ne veux pas que tu me vois comme ça.
Tyrion la prit dans ses bras, terrifié, il n'avait toujours pas l'habitude de voir Sansa exprimer devant lui ses émotions. Il détestait la voir ainsi, mais il était soulagé qu'elle se sente assez en sécurité pour abandonner son armure de glace. Désormais au moins il pouvait agir.
-Tu es indéniablement la fille de Catelyn et d'Eddard Stark, chuchota-t-il, et de toute façon, peu m'importe que tu ne vois pas le passé et le futur, que tu ne puisses pas te changer en loup ou que sais-je... Tu n'as pas besoin de tout cela pour être formidable.
-Je ne devrais pas être jalouse comme ça, se réprimanda-t-elle, c'est extrêmement mal, et tu ne devrais pas avoir à me raisonner comme ça. Je devrais être reconnaissante de ce qu'Arya et Bran nous apportent, de ce qu'ils existent toujours et je le suis infiniment, mais je suis la plus grande et je ne peux pourtant rien pour eux.
Tyrion commençait à être confus, il n'avait jamais eu à réconforter quiconque et encore moins une personne aussi complexe que Sansa.
-C'est normal, fit-il, moi aussi, j'ai longtemps envié mon grand frère et ma grande soeur, parce qu'ils étaient beaucoup plus Lannister que je ne le serai jamais.
Sansa eut un gloussement:
-C'est ridicule ! rit-elle, mais ce n'était pas une moquerie, c'était un son débordant de tendresse, à telle point que Tyrion en eut le souffle coupé. Il se demanda à quel moment ils avaient inversé les rôles.
Sansa se blottit plus confortablement dans ses bras, il aventura timidement ses doigts dans ses cheveux. :
-Merci !
-Tu n'as pas à dire merci.
-Mais j'ai envie, sourit-elle.
-Et moi je n'ai pas envie que tu te sentes redevable de quoi que se soit.
-Ça n'a rien à voir avec ça, marmonna-t-elle, distraitement.
Tyrion était déjà un peu étourdi par le mouvement des cheveux lâchés de Sansa le long de son cou, et par l'écho de son rire dans ses oreilles, et avant qu'il ne comprenne vraiment si c'était lui ou elle qui avait bougé, ils s'embrassaient.
Le baiser devint rapidement passionné, son coeur battait plus vite, en plus du côté physique, ce qui rendait cet instant magique était de savoir avec certitude que Sansa était toute entière happée par ce moment, comme lui, qu'il ne se berçait pas une fois de plus d'illusions. Du moins l'espérait-il. Lorsqu'ils se séparèrent pour reprendre leurs respirations, il croisa ses yeux bleus où tourbillonnaient tant d'émotions entremêlés qu'il aurait pu les étudier pour le restant de ses jours. Il ouvrit la bouche, il voulait lui dire ce qu'il ressentait, ce qu'il n'avait pas encore exprimé en ces termes mais dont il était sûr. Il l'aimait. Il aimait Sansa Stark, au-delà de ce qu'il avait pu imaginer qu'était l'amour auparavant, et il ne pouvait se résoudre à le lui avouer. Parce que même s'il lui faisait confiance et qu'elle éprouvait quelque chose pour lui, sans doute n'était-ce pas de l'amour ?
Personne, pas même sa propre famille n'avait pu en arriver à ce stade pour lui. Il ne dit rien, mais la serra plus fort contre lui, se jurant qu'il le ferait bientôt, pour elle, parce qu'après tout ce qu'elle avait vécu, elle avait besoin d'avoir des certitudes.
-Je n'échangerai ma place pour aucune autre, affirma-t-elle, en lui souriant, même si tu est trop intelligent pour notre bien à tous les deux.
-Le nord a décidément besoin d'un peu de sens pratique, fit Tyrion, faute de mieux.
-J'ai hâte Que notre relation soit officialisée, quand nous serons mariés, dit Sansa soudain, déposant un baiser sur sa joue.
-En parlant de cela, je devrais y aller avant que quelqu'un s'aperçoive de ma présence dans la chambre de la Lady du château, remarqua-t-il en se mettant debout.
-Je vais aller me coucher, poursuivit Sansa en se levant du fauteuil pour se diriger vers son lit, mais... tu pourrais... personne ne fera de ronde dans ce couloir, il est déjà deux heures du matin...il se passera peut-être plusieurs semaines avant que nous puissions avoir un moments seuls.
Sansa hésita, s'assit sur le bord du matelas, son visage prit une adorable couleur rose ; elle tritura un bout de couverture.
-Juste pour... dormir, Restes avec moi, finit-elle par dire, ces derniers mots respiraient la détermination et l'anxiété. C'était une des choses qu'il admirait le plus chez elle, surtout ces derniers temps, cette capacité à prendre la décision, à puiser le courage pour eux deux, pour eux tous à Winterfell, malgré sa peur.
-Sansa... je ne veux pas que tu te sentes obligée à quoi que se soit.
-Je ne me sens pas obligée, nous allons nous marier Tyrion, nous savons l'un comme l'autre qu'à un moment ou à un autre on en arrivera à cela, et c'est... bien non ?
-Je... Tyrion ne savait que dire, sa plus grande terreur était que Sansa veuille se remarier avec lui pour échapper à un nouveau mariage arrangé avec un inconnu, en même temps même si c'était le cas, il aurait accepté.
-Je te demande de rester ce soir comme pour la suite parce que c'est ce que mon coeur désire, c'est compliqué et efrayant pour moi mais cela n'a rien à voir avec toi, murmura-t-elle, comme si elle lisait dans ses pensées, puis elle se leva, parvenant à projeter la dignité d'une reine alors qu'elle portait une fine tenue de nuit, maintenant je vais me coucher, et si tu veux t'en aller je te conseilles de le faire vite pour que je puisse me noyer dans l'humiliation en paix.
Il y avait un rire et un sanglot dans ses propos, comme si Sansa plaisantait mais qu'elle n'était pas non plus tout à fait convaincue que Tyrion n'allait pas s'enfuir à toute jambes.
Tyrion, sans un mot retira ses chaussures, ses couches de vêtements chauds pour résister aux rigueurs de l'hiver, sa tunique de laine, et se retrouva vite en chemise et braies, il se glissa auprès de Sansa, enfin protégé du froid de l'air ambiant.
Celle-ci poussa un soupir soulagé qui sembla aspirer toute la tension accumulée dans l'air de la chambre. Sansa était légèrement nerveuse, il pouvait le voir à la manière qu'elle avait de mordiller sa lèvre, mais il n'y avait ni peur ni jugement à son égard.
Avant de souffler la bougie, la jeune fille effleura ses lèvres des siennes, en une caresse plus douce que la plus tendre brise de printemps, un baiser qui n'exigeait rien de plus.
-Nous avons un long voyage demain, rappela-t-elle, et je crois que... je peux... on doit attendre encore un peu.
-Bonne nuit Sansa, parvint-il à articuler, la gorge nouée par l'émotion, par la tristesse à l'idée de ce qu'elle avait subi avec Ramsay, et par le Bonheur pur et simple d'être là.
-Bonne nuit Tyrion, répondit-elle en nichant sa joue soyeuse dans le creux entre son épaule et son cou.
Il avait déjà dormi près de Sansa, cinq ans plus tôt, mais l'expérience n'avait rien à voir. Rien n'était aussi différent. Une personne extérieure aurait certainement dit que c'était qu'ils étaient tous les deux brisés irréparablement par les événements, par la guerre, et qu'ils avaient perdus leurs illusions. Peut-être y avait-il de cela, mais surtout ce qui changeait tout pour Tyrion c'était qu'ils étaient tout deux ici de leur plein gré, pour sa part il n'eut voulu être nulle par ailleurs au monde.
Sansa désormais n'était plus une fillette terrifiée au milieu d'ennemis, au bord du désespoir, elle était... il ne savait au juste comment décrire ce qu'elle était, tout ce qu'il savait c'était qu'elle était ce qui comptait le plus à ses yeux désormais. Il passa doucement un bras autour d'elle et trouva le sommeil en un instant.
-Je voudrais venir avec vous, soupira Joy, qui tressait distraitement la crinière du cheval de Sansa au petit matin.
-Joy, tu seras à l'abri ici, tu t'ennuierais beaucoup à voyager toute la journée, tenta Tyrion, sans grand espoir.
-Robin reste ici et c'est un atroce...
-On sait, fit calmement Lady Meera, mais je reste également, avec Mestre Nathan et Lord Bran, si cela t'amuse, tu pourras assister à nos réunions du conseil et aux séances de doléances avec le peuple.
Joy lâcha brusquement la crinière grise du pauvre animal qui secouait la tête pour tenter de se débarrasser des rubans dont elle l'avait affublé :
-Je pourrais ?
Sansa approuva avec un sourire.
-Lady Sansa, interrompit lord Ernest Mudbourgh, pourrions-nous vous demander l'honneur, mon fils et moi de cheminer à vos côtés ?
Le jeune homme qui se tenait à côté de lui sembla pousser son père en arrière pour venir saluer la gardienne du nord.
-Je suis Ser Erny, milady, ravi de faire votre connaissance, votre sourire illumine notre hiver.
Tyrion étouffa un rire, Sansa ne souriait pas.
-Bonjour, sers, l'ennui est que c'est la quinzième demande de la sorte que je reçois, et je ne pense pas que se soit le plus important pour l'heure, laissons faire les choses.
Sansa exécuta une gracieuse révérence avant de monter à cheval et de s'éloigner d'eux.
Tyrion s'était éclipsé, il préférait ne pas ajouter aux problèmes de Sansa en la suivant comme tous ces fils de bannerais et ces chevaliers quêtant éperdument son attention pour obtenir Winterfell, ou simplement pour elle, il ne savait exactement.
Plus tard, alors que tyrion chevauchait au milieu d'un groupe de chevaliers du château qui, à son grand étonnement le traitaient comme l'un des leurs, un visage familier apparu dans son champ de vision:
-Lady Arya, que puis-je faire pour vous ? questionna-t-il, alors que celle-ci accordait le rythme de trot de son cheval sur le sien.
-Arya, corrigea-t-elle machinalement, je n'aime pas du tout la façon dont ils se pressent autour de ma sœur. Elle fixait avec férocité l'essaim de tête, que les pères avaient abandonné pour laisser la place aux jeunes gens, armures chatoyants au soleil, qui entouraient Sansa.
-Moi non plus, admit-il, mais ils ne lui feront pas de mal.
-Si vous le dites, concéda Arya, mais si ils savaient que vous enfin... que vous... ils ne se comporteraient pas comme ça.
Amusé, Tyrion ne put s'empêcher de la provoquer :
-Je me faisais la même réflexion, lâcha-t-il avec nonchalance, je suis heureux que nous soyons d'accord, vous serez enchantée de savoir que nous souhaitons nous marier dès que les circonstances le permettront.
L'horrible gamine lui décocha une bourrade qui faillit le projeter à terre sur un sol accidenté :
-Je ne suis pas complètement stupide, gronda-t-elle, je me doutais que cela arriverait, si ma soeur souffre, je vous arracherai le coeur avec les dents et le donnerai à manger à mon cousin Robin, vous n'aurez ainsi aucun espoir de le récupérer.
Tyrion éclata de rire:
-Ceci, dit-il, est la plus douce menace de mort que j'ai jamais reçu; chère soeur.
Cette fois Arya ne le loupa pas, la neige amortit complètement sa chute et il dût souffrir cette humiliation devant tout le monde.
Lorsque la nuit tomba sur leur campement Sansa fit signe à Arya et Tyrion de la rejoindre à l'écart.
Elle serrait dans ses doigts un petit bout de parchemin, le visage un peu pâle:
-Mélissandre m'a fait parvenir un message, leur chuchota-t-elle, elle accepte de négocier si je la retrouve seule, à quelques minutes d'ici en suivant la rivière.
-Ça ne lui ressemble pas, remarqua Tyrion, ce n'est pas une stratège, c'est sans doute un piège.
-Je suis d'accord, ajouta Arya visiblement à contre-cœur.
-Moi aussi, fit Sansa, mais honnêtement c'est ce que j'espérai, on pourrait la chercher pendant des semaines sans jamais aboutir à un résultat, je crois qu'il faut saisir cette chance.
-Ce n'est pas prudent, constata Tyrion, quel est ton vrai plan ?
-Mélissandre est seule, je viendrai seule, souffla-t-elle, sauf que vous me suivrez à distance, tous les deux vous êtes assez discrets pour cela.
-Je serai plus efficace seule, persifla Arya, son épée aiguille à la main.
-Désolée Arya mais Tyrion est plus avisé, il t'empêcheras d'attaquer lorsque ce n'est pas nécessaire, et je n'aime pas te savoir seule dans les bois, répondit Sansa.
-C'est ridicule ! protesta la cadette.
-Non ça ne l'est pas, conclut Sansa d'un ton sans réplique, lorsque le camp sera assoupi, nous éviterons les gardes et j'irai rejoindre Mélissandre.
La lune était pleine et le trajet ne se révéla pas trop ardu, même sans torche. À une petite distance devant eux, Sansa avançait à pied sur le tapis de neige. Seuls ses cheveux auburns se détachaient de la blancheur nacré du paysage.
Arya à côté de lui n'émettait pas un bruit en se mouvant, ce qui l'agaça rapidement, plus exactement après la troisième fois qu'il trébucha bruyamment sur une souche d'arbre. Il s'était muni d'un arc et de flèches dans le cas où ils leur faudrait se battre mais il était tout de même réellement douloureux de regarder Sansa progresser les mains vides, complètement exposée.
En effet, alors qu'ils ne l'avait quitté du regard que parce qu'elle était passée de l'autre côté d'un bosquet que lui et arya attendaient pour contourner, lorsqu'elle réapparut elle se trouvait encerclée par une nuée de spectres.
-Il ne manquait plus que ça, chuchota Arya, qui continuait à avancer, comme pour rejoindre sa grande soeur qui s'était arrêtée.
-Arya, attendez, ils ne peuvent sans doute pas la blesser, fit-il.
Avec soulagement Tyrion la vit se ranger à son avis.
-Que voulez-vous ? demanda Sansa aux fantômes.
Arya et tyrion étaient trop éloignés pour distinguer précisément les traits des entités mais une voix qui ressemblait suspicieusement à celle d'Eddard Stark, s'exprima d'un ton dur:
-Nous t'escortons vers la grande prêtresse, dépêches-toi d'avancer, ne sois pas encore un poids, comme tu l'étais de mon vivant.
Arya elle-même blêmit et Tyrion imagina que Sansa devait être décomposée. Mais sa voix résonna fermement:
-C'est là où je me rends.
Sans un mot de plus, Sansa reprit son chemin escortée d'une armée entière de spectres.
Tyrion fit signe à Arya de se remettre en route.
Dans les minutes qui suivirent, Tyrion observa avec inquiétude des spectres jeter leurs mains aux ongles incrustés de sang vers le visage de Sansa, pour se retrouver écartés par une force invisible qui les empêchaient apparemment d'interagir avec la matière vivante.
Le trajet sembla s'arrêter dans une clairière au milieu de laquelle brûlait un brasier qui n'aurait pas dû pouvoir exister sur cette épaisse couche de neige.
Tyrion et Arya s'arrêtèrent derrière les derniers arbres, il espéra que les spectres n'auraient pas l'idée de venir fureter par là et de trahir leur présence, ce qui coûterait sans doute immanquablement la vie à Sansa.
-Sansa Stark ! salua Mélissandre d'une voix altérée.
-Mélissandre, se contenta de répondre sansa, impassible.
-Je vous ai fais venir ici parce que je crois que nous pouvons trouver un accord ensemble, apprit-elle d'une voix douce, je pense que nous pourrions être de grandes amies.
Si Mélissandre voulait persuader Sansa de la soutenir en la flattant se dit Tyrion, c'était qu'en plus d'être une fanatique religieuse, Mélissandre ne s'était absolument pas renseignée sur son interlocutrice.
-Écoutez Mélissandre, venez en au fait, je n'ai que peu de temps avant que l'on s'aperçoive que je suis partie.
-Le sang des Stark coule dans vos veines, fit Mélissandre, l'air réellement transportée, ce sang a des vertus magiques, vous devez me croire lorsque je vous dis qu'Azor Ahai est mort et qu'il se trouve sans doute dans mon armée de fantômes, lorsque je trouverai Illumination, il se révélera à tous.
-J'aimerai bien savoir comment vous avez réussi à faire revenir ces créatures, observa Sansa.
-C'est grâce à la magie du nord, à toute la haine qui s'est accumulée dans ces contrées à travers les âges.
-Avez-vous reçu le corbeau du roi Davos dans lequel il vous expliquait qu'il avait trouvé votre fameux Azor Ahai, il s'agit de Gendry Barathéon.
Mélissandre eut un mouvement brusque en direction de Sansa, Tyrion sentit son sang se glacer dans ses veines lorsque il crut voir briller le reflet d'une lame dans la main de cette folle, il encocha une flèche dans son arc.
-Il sera en effet très judicieux de gaspiller ce sang que vous dites magique pour une petite contrariété, jeta-t-elle, avec ce que Mélissandre pourrait méprendre pour de l'ironie. Pour sa part, Tyrion sentait bien qu'elle était au bord des larmes et il n'avait qu'une seule envie; jeter Mélissandre dans son stupide brasier et oublier toute cette histoire. Mais cela ne garantissait pas que les spectres qui s'amassaient dans la clairière disparaissent avec elle.
Mélissandre soupira, baissa son bras et recula un peu:
-Ce chevalier oignon n'aurait jamais dû être roi, se lamenta-t-elle, il n'y a pas une goûte de sang noble dans ses veines, le dieu de la lumière ne l'aime pas, il ne l'aime pas du tout... il le trouve rustre... et sans aucune intelligence..
Mélissandre se parlait à elle-même, à présent et Tyrion ne put s'empêcher de chuchoter à Arya:
-On dirait un enfant qui parle de son ami imaginaire en lui attribuant ses propres opinions, j'avais un ami imaginaire autrefois... il insultait toujours Cersei.
Un sourire tressaillit sur le visage d'arya mais elle lui indiqua de se taire:
-Silence, on va se faire repérer.
-Et que vous dit-il sur Gendry ? demanda Sansa.
-Les flammes ne me révèlent rien à son sujet, confessa Mélissandre, mais je ne crois pas qu'un garçon comme lui doive être notre prince.
-Parfois les gens ne sont pas ce que nous pensons qu'ils sont, remarqua doucement Sansa, comme pour ne pas effrayer un animal sauvage.
-Même si je reconnaissais ce garçon, je dois me débarrasser du roi Davos, de son gouvernement et de tout ceux qui refuseront de se plier à la volonté du Dieu de la lumière.,-Bien, fit Sansa, le Nord soutient lord Davos, il me semble que nos opinions sont inconciliables, je vais rejoindre les miens.
Sansa tourna les talons:
-Pas si vite, jeune fille ! rugit alors Mélissandre, je n'ai aucune raison de te laisser partir, je pourrai me servir de toi comme d'un ottage.
-C'est une bonne idée Lady Mélissandre, Sansa est habituée à être une prisonnière, ! grinça une voix, horriblement familière, LittleFinger, ou du moins, son incarnation spectrale, se tenait prêt de la prêtresse rouge, un sourire goguenard étirant sa bouche en une grimace démente.
-Bientôt mes chers amis ici présents, seront capables de toucher, de blesser les humains, n'est-ce pas merveilleux ? La folie radiait de toute sa personne, elle se jeta sur Sansa ; la plaquant sur le sol, l'écrasant de tout son poids, Sansa se débattait violemment mais elle lui posa une lame sur la gorge, ce qui la contraignit à l'immobilité.
Sans se concerter Arya et Tyrion bondirent hors de leur cachette, Tyrion n'osait pas décocher une flèche, il avait trop peur de toucher Sansa, ne faisant pas confiance à ses aptitudes d'archer. Ils se jetèrent sur Mélissandre, l'attrapant chacun par un bras pour la forcer à lâcher sa prise sur son adversaire, Arya arracha la dague qui menaçait sa soeur, et alors que Tyrion s'assurait que Sansa n'était pas blessée, Mélissandre disparaissait avec ses spectres, avec comme seul souvenir de sa présence le cri rageur qu'émit Arya en voyant sa proie s'enfuir.
-Tu n'as rien ?
-Non, mais c'est grâce à vous deux.
-Cette rencontre était une très mauvaise idée, fit Arya, je n'ai même pas pu la tuer.
-Cette femme est complètement folle Arya, même Sansa n'a pas pu la faire revenir à la raison, ce qui compte c'est qu'on soit tous encore en vie.
Tyrion avait peur que Sansa se sente coupable de ce qui venait de se passer et la brusquerie d'Arya n'arrangerait pas les choses. La gardienne du Nord fit tomber la neige prise dans son manteau et dans ses cheveux et se tourna vers les deux autres.
-Rentrons avant que notre absence soit remarquée, fit-elle, simplement.
Elle tendit une de ses mains gantées à Tyrion et l'autre à sa soeur: Il s'empressa de serrer ses doigts dans les siens alors qu'Arya les dépassait en l'ignorant avec hauteur.
-Je ne crois pas que nous ayons eu tort de venir, dit-elle soudain, elle sortit alors d'une poche de son menteau, un long morceau de tissu rouge.
-C'est à Mélissandre expliqua-t-elle, rayonnante, son mouchoir, ou un linge, peu importe, il est tombé de sa cape quand elle m'a attaqué, on pourra peut-être cherché sa piste avec des chiens, j'ai remarqué qu'elle avait une odeur étrange.
Sansa n'oubliait jamais de réfléchir, même lorsque sa vie était en jeu, elle avait souffert du jeu des trônes, et elle en était devenue l'un des meilleurs joueurs.
Arya fit volte-face et dit:
-Je vais faire venir Nymeria, enfin, je vais essayer, un loup-garou sera plus efficace que tous les chiens du monde.
Les deux soeurs partagèrent un sourire de Stark, un de ces sourires mystérieux et complices que les autres ne comprenaient pas vraiment mais qui réchauffait le coeur de Tyrion.
-Et j'ai quelques théories à partager avec vous, et surtout avec Bran, précisa-t-elle, en reprenant sa marche vers le campement de l'armée, Tyrion garderait sa main dans la sienne jusqu'à ce que leur arrivée dans le champ de vision du camp ne les oblige à se séparer.
Note : Bon j'ai l'impression que c'est un peu désordonné, et je sais que je ne suis pas DU TOUT douée pour écrire les scènes d'action, mais bon, j'ai des tas d'idées pour cette fic et je sais où on va, plus ou moins, j'ai quelques chapitres d'avance,
Merci d'avoir lu en tout cas, n'hésitez pas à poster une review si vous avez des choses à dire,
À bientôt,
