Notes, coucou, voilà un nouveau chapitre !

Réponses aux reviews :

-Judy : Merci, contente que cette histoire te plaise toujours !

-Nate : Merci, c'est un super compliment pour cette fic, et je comprend qu'on ne sache pas forcément quoi dire dans un commentaire, mais quand tu as une idée comme cette fois, n'hésites pas !

-Emmie : J'adore tes reviews, elles me font réaliser des choses que j'avais pas compris toute seule sur ma propre écriture.

Bonne lecture à Tous !

Chapitre 26: Bran

-Bien Arya, Ilirian t'as prouvé qu'il comptait se tenir tranquille, tenta Bran alors qu'ils n'étaient plus qu'eux trois dans la grande salle, tu pourrais lâcher Aiguille et lui trouver une chambre pour qu'il n'ait pas à retourner chez lui ce soir, c'est trop dangereux avec toute cette neige.

Parfois, Bran trouvait cela étrange de devoir réprimander ses grandes sœurs comme s'il était l'aîné, mais la corneille ne pouvait s'empêcher d'être exaspéré par leur comportement immature, surtout Arya, en l'occurrence Sansa l'était autant si ce n'est plus émotionnellement mais elle parvenait au moins à le cacher.

-Je ne lâche jamais aiguille, répondit-elle, butée, et être prudent n'a jamais tué personne.

-Arya, tu connais Ilirian depuis des années, soupira Bran avec agacement, je l'ai vu.

En effet ces derniers temps, si Bran n'avait plus de visions intéressantes sur l'avenir ou révélatrices sur le passé, il lui arrivait de percevoir de petits instants futiles dont il ne voyait pas l'intérêt. Celui-ci lui était venu alors qu'il les avait vu tous les deux ensembles pour la première fois, trois heures plus tôt. Ilirian avait grandi dans les environs de Winterfell, essayant sous les conseils de sa mère de s'intégrer dans le petit groupe de gamins qui jouaient avec les enfants Stark. La famille d'Ilirian mettait ses dons au service du Nord depuis longtemps et bien qu'à l'époque le garçon n'ait encore eu aucune prémonition, sa mère elle, en avait et l'encourageait a créer des liens avec les jeunes loups. Mais Ilirian était un enfant timide et chétif et il était toujours resté en marge des autres garçons, toujours sauf à cet instant que Bran venait de visiter.

-Ilirian, que fais-tu là ? avait demander un des jeunes écuyers de Robb, tu ne peux pas venir te battre à l'épée avec nous, tu n'en as pas et tu es bien trop petit.

-Laisses le venir, était intervenu le jeune Jon, je connais un adversaire idéal pour toi Ilirian.

Se retournant, Jon ébouriffa les cheveux d'une petite créature noire de poussière, serrant une épée de bois dans une minuscule main boueuse.

-Je voulais m'entraîner avec toi ! cria Arya en s'écartant de son grand frère avec indignation.

-Arya, ce n'est pas gentil, gronda Robb, ce garçon a trois ans de plus que toi, c'est un bon adversaire.

Arya se tourna vers Ilirian, se mit en garde, comme si elle s'attendait à ce que l'autre dégotte une épée d'un instant à l'autre alors que la corneille voyait bien qu'il n'en avait pas l'intention.

-Je... je suis désolé Lady Arya, balbutia-t-il, l'air gêné, je... en fait, ils ont raison, je ne sais pas me battre.

La petite Arya, qui devait avoir neuf ou dix ans, s'était un peu calmée :

-Alors je t'entraînerais lâcha-t-elle avec fierté j'observe Robb, Jon et Théon tous les jours quand Jory les entraîne, je sais comment faire, comment tu t'appelles ?

-Ilirian, murmura-t-il.

-C'est bizarre ça, commenta éhontément la gamine en lui jetant plutôt qu'en lui passant une épée de bois, mais alors qu'elle allait reprendre la parole, le jeune garçon s'affalait à terre dans la boue. Il s'était évanoui.

Au début, Bran crut que c'était la peur que lui avait causé Arya et il se dit que cette vision lui servait peut-être d'avertissement au sujet des tendances agressives de sa sœur ; mais alors que les enfants se regroupaient autour de lui, il rouvrit ses yeux bruns et ceux-ci allèrent se fixer sur le petit visage perdu d'Arya.

-Lady Arya, ne faites jamais confiance au faon au cheveux d'or, il dévorera la jeune louve.

-Il a dû se cogner la tête en tombant, fit Théon en s'approchant du garçon pour le relever. Mais celui-ci, après avoir fixé encore un peu Arya, puis Robb avec détresse, se leva et détala à toutes jambes.

Revenant au moment présent, Bran entendit Arya, la Arya presque adulte du présent lui lancer :

-Alors tu as des visions sur cela maintenant ?

-Oui, et crois-moi, cela m'agace déjà bien assez moi-même, pour qu'en plus tu te plaignes.

-Alors tu sais pourquoi je ne peux pas entièrement faire confiance à Ilirian, même si j'imagine que je peux lui accorder qu'il n'a pas de mauvaises intentions. Arya peinait à rester calmement assisse sur sa chaise, remarqua Bran, les discussions à tête reposées n'étaient pas son fort.

-Non, je ne te suis pas admit-il, en jetant un regard interrogateur au principal intéressé qui paraissait mal à l'aise.

-Il a eu une prémonition sur ce qui allait arriver avec Joffrey, et il n'a pas pu s'empêcher de nous prévenir seulement sous forme d'énigmes, alors que des vies en dépendaient. Sur le moment, je n'ai pas compris ce qu'il racontait, je me suis juste dit que c'était un enfant étrange puis j'y ai repensé des années après, et j'ai compris.

-Lady Arya, je... je... vous ne pouvez pas savoir à quel point je m'en suis voulu, répondit Ilirian, mais c'était mon premier rêve prémonitoire je ne savais pas l'interpréter, je vous jure par les anciens dieux et par les nouveaux que dans ma vision j'ai littéralement vu un faon au poil doré attirer une louve dans un piège et commencer à la dévorer.

-Et vous ne vous êtes pas dit qu'il y avait quelque chose d'étrange en cela ! s'énerva-t-elle, les faons attaquent souvent les loups après tout c'est bien connu !

-J'étais paniqué, admit Ilirian en rougissant, c'était ma première prémonition et cela se produisait devant tant de monde, vous et vos frères... j'ai dit ce que j'avais vu puis je me suis enfui parce que je savais que vous ne me croiriez pas et... j'étais déçu par ma prémonition.

Bran avait cette curieuse impression d'avoir disparu de la pièce, sa contribution comme souvent n'avait été que de mentionner le non-dit qui pesait entre les individus, désormais Arya tremblait littéralement, ce qui était sans doute en parti dû à l'annonce de la mort de Gendry, et Ilirian avait l'air désemparé.

-Alors pourquoi me l'avez-vous adressé à moi ? demanda-t-elle, bien que bran ne comprît pas du tout l'intérêt de cette question, vous m'avez appelé "lady Arya " et depuis La mort de mon père, je sais que les gens qui essaient de m'appeler Lady sont tous des hypocrites comme vous !

-Honnêtement parce que vous étiez la plus jeune, je me sentais plus proche de vous que des garçons plus âgés, et puis... je crois qu'en voyant la louve, cela m'a tout de suite fait penser à vous, fit-il, honteux, j'aurai dû en parler à vos parents, et c'est ce que ma mère a essayé de faire ensuite mais Eddard Stark, qui était un homme honorable ne croyait pas dans ce genre de prémonitions et n'a jamais fait le rapprochement.

-Il s'agissait de ma soeur ou peut-être littéralement de nos loups, murmura Arya, ou peut-être de tous les Stark en général contre les Lannister mais leur emblème est un lion, le faon doré le représente bien c'est un lionceau déguisé en cerf...

Arya avait besoin de dire tout cela à haute voix bien que les trois occupants de la pièce avaient déjà assimilé ces informations, pour s'en imprégner, sans doute pour voir si elle trouvait un autre reproche à faire à Ilirian.

-Je suis vraiment désolé, conclut Ilirian, mais désormais j'analyse mieux mes rêves, et je veux véritablement vous aider, à défaut d'oublier, laissez-moi une seconde chance Arya de prouver que je suis du côté des Stark.

Arya laissa planer un silence pesant sur la pièce, les traits imperturbables, puis lentement elle acquiesça :

-À demain à vous deux, termina-t-elle, en disparaissant hors de la pièce comme une ombre, ne prenant même pas la peine d'emporter une lampe avec elle pour traverser les couloirs sombres du château plongé dans la nuit.

-Je me demande si cela suffit à expliquer l'aversion d'Arya pour le titre de Lady, musa Bran, sans doute pas.

Ilirian était perdu dans ses pensées, le front plissé, il étudiait intensément les rainures de bois sur la table, ce qui devait signifier qu'il tentait de lui cacher les émotions conflictuelles qui bataillaient dans son esprit. Bran aurait aimé qu'il puisse, aurait aimé ne pas pouvoir accéder si facilement à des moments qui ne lui appartenaient pas, surtout quand ceux-ci n'avaient pas d'intérêt pour l'Histoire de Westeros et la sauvegarde des humains qui y habitaient. Il se sentait de moins en moins comme une créature mythique et hors du temps et de plus en plus comme un jeune homme coincé dans une cage d'indifférence.

Après avoir aidé Ilirian a trouvé une chambre, il rejoignit la sienne, accueillant la solitude avec enthousiasme. Mais celle-ci fut de courte durée, parce que quelques instants plus tard Joy Hill débarquait pour lui raconter qu'elle avait égaré l'œuf de dragon.

-Je n'arrive pas à y croire, je suis tellement désolée, termina Joy, après un récit précipité durant lequel elle retint ses larmes avec peine.

-Pourquoi es-tu allée dans cette forêt avec Robin ? interrogea Bran, tentant de ne pas montrer son énervement.

-Il a dit que j'étais trop peureuse et que je n'oserai jamais, murmura-t-elle, en baissant la tête, et il est parti et je me suis dit qu'il était trop dangereux de le laisser partir seul et... j'ai voulu aller chercher de l'aide mais vous étiez tous dans vos chambres sans doute endormis, et je me suis dit que je ne devais pas déranger quelqu'un pour si peu et je l'ai suivi Quand je l'ai rejoint une foule des spectres terrifiants l'entouraient et avant que je ne comprenne ce qu'il se passait, l'un deux m'attrapait et récupérait l'œuf puis ils ont disparu. Je viens de prévenir votre sœur et Tyrion, ils sont allés chercher les autres.

-Nous n'aurions jamais dû te laisser cet œuf, tu n'es qu'une enfant, j'aurai dû le garder, il aurait été plus en sécurité.

-Alors c'est maintenant que vous décidez d'éprouver une émotion ? s'écria Joy, et c'est de la colère ? J'ai fait une erreur, mais ce n'était pas intentionnel et je compte la réparer, alors s'il vous plaît, changez d'attitude.

-C'est moi qui devrait changer d'attitude ? s'égosilla-t-il en retour, alors que tu as perdu l'œuf et que tu te conduis tout le temps comme une écervelée, avec toujours trop de précipitation, toujours trop de puérilité.

-Je ne vous ais pas permis de me tutoyer, ! hurla Joy, en serrant ses poings dans une tentative pour se calmer, ou peut-être que si, mais si c'est le cas je la récupère.

C'était plus fort qu'elle apparemment, même au beau milieu d'une dispute, elle ne pouvait s'empêcher de faire la maligne et d'instiller un peu d'autodérision dans ses propos.

-Vous ne vous rendez même pas compte de la gravité de la situation, reprocha-t-il, tout en entendant une voix dans sa tête lui chuchoter que s'il se défoulait ainsi sur Joy, c'était qu'il ne voyait pas de solutions à leurs désormais deux énormes problèmes : l'invasion des fantômes, et la possession par ceux-ci d'une potentialité de dragon. Certes, Joy avait été imprudente, mais elle avait quatorze ans, et qu'elle dise la vérité ou non à propos de ses raisons de suivre Robin dans la forêt, elle devait sans doute être la plus bouleversée d'eux tous d'avoir perdu cet œuf. Cela ne suffisait pas à le faire relativiser complètement.

-Je réalise très bien, fit-elle, sa voix montant encore plus dans les aigus, je réalise très bien que je viens de détruire la première occasion de ma vie de montrer que je pouvais être utile, que je vais perdre la confiance de tout le monde, qu'on me renverra dépérir au Roc ou à Port-réal, que je n'aurai plus jamais la chance de faire quelque chose de ma vie.

Sur ce, la gamine éclata en sanglots incontrôlables devant lui, et Bran, pour la première fois depuis très longtemps, eu l'impression de ressentir quelque chose.

Ce n'était pas à proprement parler une émotion, la présence de la corneille l'empêchait purement et simplement d'en avoir, mais quelque chose de plus fugace et de plus profond à la fois, il sentait que ce que pleurait cette fillette, l'ancien Bran Stark l'avait pleuré également, c'était la mort de l'espoir d'être quelqu'un sur qui les autres pourraient compter, quelqu'un qui aurait pût faire de grandes choses, des choses héroïques. Joy avait perdu cet oeuf de Dragon, Bran avait été poussé d'une tour, d'autre avaient appris de milliers d'autres façons que vivre des aventures ne signifiaient pas être un aventurier.

-Un oeuf de dragon, ça n'éclot pas comme cela, on a peut-être une chance, s'entendit-il affirmer, ayant presque l'impression que c'était une autre personne qui s'adressait à Joy et non lui.

Après une seconde, Joy réussit à émettre quelques sons intelligibles qui ressemblaient à "désolée", mais Bran fit comme s'il n'avait rien entendu, il n'aimait pas les excuses, elles ne lui servaient à rien puisqu'il était censé ne pas avoir d'émotions, n'est-ce pas ? Mais pourquoi cette colère, pourquoi ce nœud dans sa gorge ? Peut-être ses pouvoirs s'amenuisaient, peut-être que la corneille réalisait qu'il n'était pas assez fort pour la mission qu'il lui avait confiée.

La porte s'ouvrit soudain sur Sansa, Faérie et Meera :

-Vous... on vous a entendu crier, s'étonna Sansa, vous vous disputiez ?

Les trois jeunes filles affichaient des mines perplexes avant que Bran ne signale du ton le plus impassible qu'il put :

-Ce n'était rien.

Meera lui jeta un regard triste qu'il ne sut déchiffrer, il y avait de la nostalgie dans son sourire, comme si elle aurait voulu qu'il s'énerve contre elle aussi. Mais cela n'avait pas de sens, non ?

-Ce n'est pas vraiment de la faute de Joy, défendit Sansa, en tendant un mouchoir à la petite aux joues humides.

-Je le méritais un peu fit-elle gênée, puis, leur adressant un demi sourire mouillé, et j'ai réussi à lui arracher une réaction au moins.

Faérie eut un petit rire, Sansa sourit à la gamine, et Bran eut l'impression qu'elles se liguaient toutes contre lui.

-Où est Arya ? interrogea Bran en désespoir de cause.

-Elle dormait quand j'ai voulu aller la chercher, répondit Sansa évitant son regard, je n'ai pas voulu l'éveiller.

-Par contre pour moi ça ne t'a pas dérangé ! se plaignit Faérie, avec des airs de martyrs.

-Faérie, Arya a appris la mort de quelqu'un qui a compté pour elle il y a quelques heures ! rappela Meera, visiblement exaspérée par le manque de tact de son amie. Bran admira de manière lointaine l'empathie de la jeune Lady des Marais qui d'une manière très différente de la sienne, avait consacré sa courte existence au bien du Nord au détriment de ce qui comptait pour elle. Alors que contrairement à lui, elle ressentait. Son petit frère était mort dans cette tâche, et elle n'avait passé que quelques mois auprès de son père avant de revenir ici pour travailler aux côtés de Sansa.

Alors que les habitants de Winterfell s'amassaient dans sa chambre, Bran suggéra de poursuivre leur conversation dans un lieu approprié, mais tout le monde était si préoccupé qu'ils se contentèrent de déserter les appartements de la Corneille pour stationner dans le couloir. Une porte s'ouvrit et Robin Arhin en émergea :

-Est-ce qu'on ne peut pas dormir tranquille ici ? questionna-t-il en baillant.

Les autres s'entreregardèrent avec ahurissement, à ce niveau-là c'était de la provocation, d'ailleurs Joy s'avança vers lui:

-As-tu conscience que par ta faute je viens de perdre un œuf de dragon ?

-Je ne pouvais pas savoir que tu étais assez idiote pour te balader avec, persifla l'autre.

Joy qui devait avoir eu trop d'émotions fortes pour la journée bouscula un peu Robin qui réciproqua.

-Ça suffit ! intervint Mestre Nathan, qui les avait rejoints, Robin si vous continuez ainsi Lady Sansa vous renverra dans le Val où vous vous retrouverez complètement seul, et vous Lady Joy, la violence ne résout rien et il faut que vous appreniez à contrôler vos émotions.

-Oui ser, murmura-t-elle, alors que Robin grommelait quelque chose de ressemblant avant de se réfugier dans son antre au soulagement général.

Ce fut à ce moment-là qu'Edmund Thorne qui avait des tours de garde de nuit et vivait dans le quartier des chevaliers du château déboucha de l'escalier de pierre :

-Alors comme ça "Quelque chose" aurait été volé par les esprits ? lança-t-il à la cantonade, les gardes ont entendu du bruit, tout le monde est sur les remparts ou à errer dans le château en espérant en apprendre plus.

-Cette histoire d'œuf de dragon était supposée restée confidentielle, remarqua Tyrion, et nous hurlons à ce sujet dans un couloir au milieu de la nuit.

-De toute façon que pouvons-nous faire ? Partir à la recherche de Mélissandre et de ses esprits serait vain ? rappela justement Faérie, je propose que nous retournions tous nous coucher et que nous voyions demain.

-Si seulement, commenta Tyrion, simplement s'il est vrai que nous ne pouvons rien faire, ce vol va être un outil pour Mélissandre, et il se peut qu'elle le mette à profit dans les plus brefs délais, bien que je ne vois pas comment elle compte nous faire du chantage.

Évidemment, songea Bran, il ne l'avait pas réalisé avant mais le Lannister avait raison, le vol avait pu être un hasard ou pas mais quoi qu'il en soit Mélissandre n'avait que faire d'un dragon, certes n'importe qui pourraient trouver une utilité à cette créature spécialement quelqu'un dont l'une des activités de prédilections était de brûler vifs des innocents en sacrifice à un Dieu. Mais elle n'avait jamais porté un intérêt particulier à Drogon, et pensait que seul Azor Ahai devait vaincre. Il était donc clair que si elle avait l'œuf elle voudrait négocier avec eux. Sansa devait avoir eu le même raisonnement parce qu'elle demanda à Tyrion d'une voix blanche :

-Tu crois que Mélissandre va venir ici... maintenant ?

Il ne répondit pas, mais Tyrion et Sansa s'étaient rapprochés instinctivement, comme s'ils avaient peur qu'une armée de spectres n'apparaisse soudainement dans l'air qui les séparait, les empêchant à jamais de se rejoindre, Bran trouva cela ridicule, mais comme ils ne paraissaient pas en avoir conscience alors il ne leur en tiendrait pas rigueur.

Ser Edmund et Mestre Nathan portèrent la chaise de Bran vers la bibliothèque.

-Va-t-on se barricader là dedans en espérant que Mélissandre ne pense pas à nous chercher ici et en laissant le reste du château dans la galère ? demanda d'un air désintéressé Faérie Snow.

-Ne dis pas de bêtise, réprimanda Sansa en fermant tout de même la porte derrière elle, sans doute par réflexe, et si tu veux bien vas réveiller Arya.

Faérie obtempéra et revint dix minutes plus tard suivit par la jeune Stark.

-J'ai fait un rêve vert, annonça-t-elle, Nymeria était sur la piste de Mélissandre mais je ne sais pas pourquoi, elle a abandonné, et elle a trouvé Jon puis le Régicide et Brienne, les a fait se rejoindre et ils sont en route pour le Nord.

-Pourquoi ? s'étonna ser Edmund, ils ne sont pas au courant qu'il va leur falloir près d'un mois pour arriver ?

-Ils veulent nous porter secours, constata Arya avec consternation.

-Bien on n'a pas le temps de gérer les héros maintenant, coupa Tyrion, connaissant mon frère et le vôtre et Lady Brienne on ne pourra rien faire pour les en dissuader, autant nous concentrer sur le péril immédiat.

-Hum... il se passe quelque chose, informa Joy d'une petite voix, elle regardait par la fenêtre qui donnait sur une coure interne où un groupe d'hommes discourait avec de grands gestes se dirigeant vers les portes du château.

Quelques instants plus tard, des martèlements de pas claquèrent dans les escaliers, quelqu'un frappa à la porte mais personne n'eut le temps de répondre avant qu'un groupe de seigneurs du Nord invités à Winterfell depuis leur retour de l'expédition n'entrent.

-Les esprits sont là, fit l'un d'eux l'air abasourdi ils sont là et ils veulent parler aux responsables du Nord.

-Ils ne devaient pas pouvoir entrer à Winterfell, se plaignit Faérie.

-Ce n'était qu'une feinte pour que nous nous croyons à l'abri, constata Tyrion, il avait l'air de se reprocher de ne pas l'avoir compris tout seul.

-Ils ne portent pas d'armes, font des prisonniers qu'ils ligotent quand ils y parviennent et demande à voir les Stark et leur conseiller, résuma un jeune homme tremblant qui reculait de plus en plus vers le fond de la pièce comme s'il espérait qu'on ne lui demande pas de ressortir défendre le château.

-Très bien, souffla Sansa, qui semblait être parvenue à une décision, Bran, le passage secret de la crypte, celui dont parlait toujours Robb et Jon, tu dois le trouver, Joy, accompagnes-le, Mélissandre cherche à vous rencontrer et vous voulez ce dragon, vous ne serez pas plus en sûreté ici que là-bas, c'est ce qu'il faut faire.

Sansa s'était exprimée avec un calme de façade, mais d'un ton qui ne laissait pas de place à la discussion. Bran comprenait que pour une fois, il détenait sans doute moins de clés pour affronter la situation que sa grande soeur.

-Lord Reynard, Lord robyce, vous aiderez Bran à descendre jusqu'aux cryptes, ensuite, ils devront se débrouiller, il y a un siège roulant prêt en bas et le passage est en pente.

Les deux chevaliers opinèrent avec gravité.

Sansa sortit d'une poche de sa robe une petite fiole de cristal remplie d'un liquide trouble qu'elle tendit à Joy :

-Prends-la avec toi Joy, je suis heureuse que tu me l'ais confié lorsque tu l'as reçu, mais je crois que ta tante a eu une bonne impulsion, tu dois avoir le courage d'utiliser les armes à ta disposition, tu vous ramèneras sains et saufs mon frère et toi.

Il n'y avait pas d'ordre dans les mots de la gardienne du Nord, mais une confiance peut être feinte pour la transmettre à sa benjamine. Cela lui coûtait énormément, de laisser Bran et Joy partir tous seuls mais elle savait qu'il devait en être ainsi et en prenait la responsabilité.

-D'accord, murmura Joy, avec gravité, elle avait séché ses larmes et faisait des efforts louables pour reprendre son sang-froid.

-Bran, si tu dois négocier avec Mélissandre, rappelles-toi de ne pas réagir de la façon la plus simple et la plus logique pour la corneille, mais à la manière qu'aurait réagi Bran Stark, conseilla Ilirian.

-Que ferons-nous pendant ce temps ? Pourquoi ne les accompagnons-nous pas ? interrogea Meera, la voix rendue vibrante par la peur bien que Bran ne sût si c'était pour elle-même ou pour eux.

-Je crois qu'il faut jouer le jeu de Mélissandre et faire semblant de se plier à ses règles expliqua Sansa, elle veut éloigner les forces magiques du château, et se servir de nous comme diversion... elle ne s'attend sans doute pas à ce que l'on fasse ce qu'elle souhaite.

-J'espère que tu sais ce que tu fais, marmonna Faérie à l'adresse de Sansa.

-Je... je n'ai pas de véritable plan, affirma-t-elle, mais je sais que la place du gardien du nord est entre les murs de Winterfell pour les protéger, et je n'ai pas l'illusion de pouvoir accomplir cela sans vous.

-On devrait y aller, rappela Joy à Bran, et en effet, ils s'empressèrent de quitter la pièce, les autres leur jetant à la dérobée des regards effrayés, pour se diriger vers les cryptes.

Les deux chevaliers se déplaçaient rapidement malgré le poids de la chaise et de Bran, le jeune garçon devina qu'ils étaient plutôt satisfaits d'avoir une excuse pour s'éloigner des esprits qui même en étant bien moins dangereux physiquement que les marcheurs blancs avaient un impact terrible sur les personnes qui se retrouvaient confronté à ces images distordues de leurs proches défunts.

Au début, Joy garda le silence, ne faisant pas montre de son exubérance coutumière. Bran se demanda si elle lui en voulait ou si elle se rendait simplement compte qu'il n'avait pas envie de l'écouter babiller. Il avait pensé trop vite cependant parce qu'alors qu'ils descendaient les marches en direction des cryptes, la barrière de réserve qu'elle s'était imposé explosa :

-Je n'arrive pas à croire qu'il y a un passage secret ici et que je n'en ai pas entendu parler dans tout ce mois que j'ai passé ici !

-À part vous, Lady Joy, personne ne considère que l'existence de vieux passages poussiéreux soit intéressantes, fit-il.

C'était faux bien sûr, Bran savait que tous les enfants, et certains des adultes auraient tout de même été intrigués par cela, mais il était anxieux et cela le rendait irascible parce qu'il n'avait pas l'habitude de ressentir le stress.

-Ce n'est pas la peine de vous défouler sur moi, rappela Justement la jeune fille, et tutoyez-moi, nos communications seront peut-être plus efficaces dans une situation dangereuse.

-Très bien, toi aussi, aboya-t-il avec mauvaise humeur.

-Merci, renvoya-t-elle sur le même ton.

C'était stupide, Bran ne savait pas au juste pourquoi ils se disputaient. Il savait qu'à Winterfell, beaucoup de gens adoraient Joy, et il voyait pourquoi, elle était à de nombreux égards son contraire, vive, spontanée, rayonnante, et il savait que Bran sans la corneille aurait sans doute était ami avec elle. Mais dès qu'il essayait de se montrer civil quelque chose l'incitait à la repousser.

-Savez-vous exactement où est ce passage ? demanda le chevalier alors qu'ils atteignaient le fond des cryptes.

-Selon Jon, il y a une pierre pivotante dans ce mur, expliqua Bran.

Joy lui donna la lampe à tenir et se mit à tâtonner sur la paroi rocheuse, ses doigts s'écorchant contre la muraille, avec une avidité déconcertante, et soudain, un cliquetis rouillé retentit et une pierre carrée de 50 centimètres carré environ s'ouvrit vers l'intérieur.

-Whaou, ! s'enthousiasma Joy, pénétrant dans le passage.

-Comment allez-vous faire ? demanda Lord Raynard.

-Le passage est en pente affirma Joy, c'est un toboggan

Les deux chevaliers le hissèrent à côté de Joy.

-Rejoignez mes soeurs, conseilla Bran aux deux jeunes hommes, nous nous débrouillerons.

Ils n'osèrent protester malgré leur envie de le faire.

Ils replacèrent la pierre sous les indications de Joy qui murmura :

-Il ne faut jamais laisser un passage secret ouvert.

Bran ne savait où elle avait appris cette loi, mais il lui sourit parce qu'elle ne lui en voulait visiblement toujours pas à en juger par la petite mimique enjouée qu'elle lui adressa.

Joy saisit sa main alors qu'ils allaient se jeter dans la pente obscure.

-Je peux descendre tout seul, protesta-t-il faiblement en se dégageant.

-Bran, c'est ridicule, sais-tu ce qu'il arrive aux enfants qui ne se tiennent pas lorsqu'ils plongent dans l'obscurité dans les histoires ? demanda-t-elle, avec un rire dans la voix. Cela faisait bizarre, de s'entendre tutoyer par quelqu'un d'autre que ses soeurs, mais Joy rendait cela presque naturel, comme s'il était un garçon ordinaire, ou peut-être pas exactement, mais comme si cela importait peu et qu'elle était simplement joyeuse d'être ici avec lui. Il saisit sa main et alors qu'ils étaient entraînés vers le bas du tunnel :

-Nous ne sommes pas des enfants, ou plutôt je ne suis pas...

Ses mots se perdirent dans les accous de la chute et les gloussements hystériques de Joy qui aggripait si fort ses doigts qu'elle lui broyait les fallanges.

Enfin, ils arrivèrent à destination, et celle-ci se révéla être le bord d'une rivière souterraine.

Alors que Bran se disait que leur parcours s'arrêtait ici parce qu'il ne pouvait pas nager, le faisceau de la lampe de Joy se posa sur une petite embarcation amarrée juste à côté d'eux.

Joy dénicha des rames à proximité et sauta sur le petit canot alors que Bran montait tant bien que mal à bord à sa suite.

-Il faut remonter la rivière indiqua-t-il, nous devons nous diriger vers la surface.

Joy afficha une moue légèrement contrariée :

-Je vais galérer à nous faire remonter ce courant à la force des Bras.

-Je peux ramer aussi Joy, j'ai encore des bras.

-Ho ! pardon super !

La traversée fut chaotique ; les coups de rames des deux adolescents n'étaient pas du tout synchronisés et Joy faillit l'assommer en faisant de larges mouvements désordonnés.

-C'est de ta faute, je suis assise devant, c'est moi qui décide du rythme, grogna-t-elle, le souffle coupé par l'effort.

Bran ne trouvait pas la tâche aussi difficile, en effet, à force de se déplacer souvent à la force des Bras, il avait développé un peu de muscle mais pour une fois il ne signala pas la vérité à Joy, parce qu'il voyait qu'elle déployait une véritable énergie et qu'elle aurait été très vexée d'apprendre que c'était en vain.

-Tu devrais te reposer un moment, conseilla-t-il tout de même, alors qu'elle frappait rageusement les eaux sombres sans résultat notoire.

-Je ne... elle voulait protester mais apparemment ce n'était plus dans ses capacités de parler et se rendant compte de son inutilité, elle arrêta au final, et une fois de plus elle le surprit en murmurant avec un sourire :

-Il semblerait que je sois totalement nulle pour ramer.

-C'est une question d'entraînement j'imagine.

-Je n'avais jamais pensé à m'entraîner à cela, remarqua-t-elle, et je ne sais pas si je le ferai dans l'avenir.

Mais finalement, la barque se faufila dans une petite faille et ils se retrouvèrent à l'air libre.

La nuit ne s'était pas encore changé en aube, mais le ciel se teintait du noir d'encre qui présageait de l'arrivée imminente du tout petit matin.

-Pourquoi cette rivière n'est-elle pas gelée ? demanda Joy en voyant le contraste entre les berges blanche et l'eau noir.

-Elles mènent aux sources chaudes et le courant est très fort, expliqua Bran, ici l'eau n'est pas encore tiède ou chaude comme dans les sources quelques centaines de mètres plus loin mais elle reste au-dessus de la température d'englacement.

-Super et où est-ce qu'on est censé s'arrêter ?

-Pas loin du bois sacré j'imagine, indiqua Bran en se rapprochant du bord.

Alors qu'il se hissait sur la terre ferme, une silhouette se dressa au-dessus d'eux, et avant même qu'il n'aperçoive ses traits à la lumière de sa lampe, il sut que c'était Mélissandre.

-Bonjour les enfants ! Je crois que j'ai quelque chose qui vous appartient ! murmura-t-elle d'une voix enrouée.

-Rendez-le nous ! exigea Joy en se postant debout entre Bran et la prêtresse rouge.

-Cela dépend du prix que vous êtes prêts à payer.

-Ou alors je pourrais juste vous l'arracher, menaça Joy.

-Tout doux, petite, tu es bien peu prudente pour une Lannister ! Le dieu de la lumière me prévient que je dois me méfier de Bran. Bien que je ne vois pas ce qu'il ait de dangereux.

Bran vit apparaître à ses côtés, des fantômes massifs, des soldats dothraki de Daenerys morts durant la longue nuit et Mélissandre leur fit signe de se saisir de Bran. Il savait qu'il n'avait aucune chance de leur échapper, mais lorsqu'ils se penchèrent sur lui, il leur décocha de violents coups de poings, se tortillant pour échapper à leurs bras de fumée tendu vers lui, Joy hurla, tenta de s'interposer mais fut rejeté en arrière. Bran sentit qu'on lui attachait les bras dans le dos à l'aide d'une lourde corde et qu'on le soulevait dans les airs au-dessus des eaux au vif courant. Mélissandre souriait pendant ce temps à Joy, lui montrant un objet blanc et rond qui chatoyait d'un éclat laiteux dans la pénombre environnante.

Joy accourut vers l'eau, ne sachant apparemment que faire :

-Fuis Joy ! Ne reste pas plantée là !

-Voix-tu Joy, je n'ai pas besoin de Bran vivant, et je n'ai pas non plus besoin de ton bébé dragon, alors je vais m'en débarrasser dans cette rivière, tu vas devoir faire un choix.

Alors qu'elle disait ces mots, elle jeta la forme blanche d'un côté et les esprits lâchèrent Bran les bras ligotés de l'autre.

L'eau était tout de même glaciale constata-t-il, et il allait mourir, ses jambes étaient paralysées, et ses bras restaient irrémédiablement dans son dos, le courant l'entraînait et il sentit qu'il serait bientôt englouti par l'eau, à ce moment-là, un gros splash parvint à ses oreilles et il devina que Joy avait plongé pour repêcher l'œuf.

Notes : …J'ai hâte de poster la suite ! J'attends vos pronostiques sur leurs chances de survie par reviews !

À la semaine prochaine ! Bonjour,