Notes : Coucou, désolée, ça fait un petit moment que je n'ai pas posté. J'ai eu des examens scolaires et il fallait que je décide ce que je voulais faire pour la suite de cette fic. Mais voilà, on part de Winterfell pour un temps, mais c'est juste pour mieux y revenir !
Merci à ceux qui laissent des reviews, c'est vraiment génial ! Pour celles qui n'ont pas sur le site Amy et Judy, je vous répond collectivement ici : vous aurez plus tard vos réponses au sujet de Joy et Bran XD
Bonne lecture,
Chapitre 29: Daenerys
-Merci Vénnéra, tu peux y aller, fit Daenerys, à l'adresse de la septa d'âge moyen qui avait pour tâche de prendre soin des jumeaux.
-Vous pouvez aller vous reposer aussi Lady Daenerys, ma chambre est juste à côté, je les entends au moindre bruit, répondit-elle en lui souriant gentiment.
Daenerys réprima un frisson de dégoût à l'entente du titre honorifique, il ne lui seyait guère, elle n'avait jamais été quelque chose d'aussi simple, d'aussi léger qu'une Lady, mais Vénéra n'avait pas dit cela pour la froisser se rappela-t-elle, elle servait déjà dans la maison Targaryen lorsque son père était roi, elle avait aidé à mettre au monde Daenerys, avant sa fuite.
-Je vais rester encore un peu auprès d'eux, informa-t-elle.
-Bien, bonne journée, Madame.
Daenerys soupira, s'installa sur la chaise de bois entre les deux petits lits, et à la lumière pâlissante de cet après-midi d'hiver', elle observa tout ce qu'il lui restait dans ce monde. Les deux jumeaux ne se ressemblaient pas, pas vraiment.
Sans doute, un étranger aurait dit que la seule différence notable était sur le sommet de leur crâne, Aeron à seulement cinq mois, était déjà couronné d'un duvet de cheveux d'un blond presque argentés, Qui rappelait à tous la couleur de ceux de sa mère, et que Rhaelina possédait quelques boucles noires éparses qui rappelaient son père. Tous deux avaient les yeux de ce violet Targaryen si frappant dans de si petits visages. Mais leur mère voyait bien qu'ils seraient deux personnes très différentes, et cela la rassurait. Rhaelina aimait qu'on chante des Berceuses, Aeron ne le tolérait que si c'était Daenerys qui le faisait. Rhaelina criait beaucoup, agitait ses hochets ou les faisait tomber pour qu'on vienne s'intéresser à elle. Aeron était plus silencieux, mais son attention se fixait plus longuement sur les choses et les gens comme s'il était curieux, déjà, de les comprendre. Et Daenerys les adorait. Simplement, lorsque le silence de la nuit se refermait sur elle, elle aurait voulu qu'à la place se soit les bras de Jon. Lorsqu'elle rendait la justice dans la grande salle de Peyrdragon, elle aurait voulu être dans la salle du trône. Jon lui avait promis qu'il reviendrait, qu'il devait simplement protéger Winterfell et ses habitants, Daenerys le croyait. Elle savait que son honneur le rappellerait près d'elle, elle aurait aimé pouvoir croire que c'était l'amour qui le ferait revenir, mais elle en était moins certaine que jamais.
Daenerys savait qu'elle avait commis une grave erreur en tentant de tuer Sansa Stark, mais c'était plus fort qu'elle, elle ne le regrettait pas. Pire encore, une voix dans sa tête lui chuchotait que si elle avait réussi, alors peut-être Jon n'aurait pas eu à partir loin d'elle. Car si Daenerys était honnête, la seule Stark véritablement susceptible d'avoir besoin de l'aide de Jon était Sansa. La plus petite était un assassin entraîné depuis l'enfance et une sans visage. Quant au garçon... Daenerys peinait à croire que quiconque veuille sacrifier sa vie pour quelqu'un qui ne pouvait plus ressentir d'émotion. Daenerys ne supportait pas l'idée que ce lien qu'il avait forgé avec sa petite sœur, alors qu'ils pensaient être les derniers Stark vivants, soit plus fort que le leur.
Elle n'était pas assez jalouse pour se figurer qu'ils puissent partager plus qu'un lien fraternel, parce que ce n'était pas ainsi qu'étaient les Stark et qu'elle avait vu Sansa contempler Tyrion Lannister comme s'il était le plus beau chevalier des sept couronnes et non un être difforme mais cela n'arrangeait pas les choses. Parce que cela signifiait que Jon la quittait de manière désintéressée pour un motif noble et pur et que seule Daenerys pouvait y voir du mal. Cependant, Justement Daenerys n'était pas ainsi, elle ne se complaisait pas dans son malheur, le souffle du dragon l'animait et il ne pourrait jamais s'éteindre. Jetant un dernier regard songeur aux deux nourrissons endormis, elle se leva sans faire de bruit, les laissant à leur sieste.
Les jardins n'étaient pas enneigés, il faisait froid à Peyrdragon, c'était l'hiver mais lorsqu'il y avait des chutes de flocons, ils ne s'accumulaient pas sur le sol, s'accrochant à peine telles les lucioles qui illuminaient les nuits chaudes de Meeryn, cela n'encombrait pas le sol, et elle pourrait s'y accoutumer. Mais le lieu auquel elle souhaitait s'accoutumer se trouvait à quelques jours en bateau, et c'était Port-Réal. Elle avança à travers les allées jusqu'à s'arrêter et s'assoir sur un petit banc de pierre. Il ne lui restait plus qu'à attendre. Quelques minutes plus tard, des bruit de pas résonnèrent. La personne, enveloppée dans une lourde cape noire, fit une brève révérence et rabattit sa capuche.
-Personne ne vous a vu quitter le château ? demanda Willas de la voix suintant de la terreur des spectres et des couards.
Daenerys ne daigna pas même répondre à cela, si elle avait pensé qu'il y avait le moindre risque qu'ils soient entendus, elle l'aurait déjà congédié.
-Votre empressement à me servir est intriguant, murmura-t-elle.
-Je ne trahi personne, voulut se justifier le jeune homme, je vous informe de ce qui se passe, puisque vous êtes la seule dirigeante politique à qui aucun message n'est adressé.
-Jon est le lord de Peyrdragon, je ne suis plus que sa femme.
Sa voix avait claqué sèchement, faisant reculer d'un pas le jeune Tyrell.
-Alors, Gendry Barathéon est mort, poursuivit Daenerys, et ce n'était même pas une question, il lui avait déjà écrit à ce sujet, que font Davos Mervaut et Genna Lannister ?
-Pas grand-chose, souffla Willas avec une indignation confondante de bêtise, il semble que les fantômes aient disparu de la capitale, alors ils essaient de reconstruire les bâtiments détruits pendant la guerre, ils anoblissent des bâtards et des gens du peuple, et retirent leurs titres à ceux qui n'en font pas bon usage, selon un tribunal à moitié constitué de gueux.
-Le principal problème qu'ils ont à gérer est Lady Yara...
Intéressée, Daenerys lui signala de s'installer près d'elle, sur le petit banc de pierre gelée, pour le mettre en confiance.
Daenerys avait autrefois négocié avec la fer-née, et elle ne pouvait pas se mentir, elle l'appréciait bien, si Yara n'avait pas eu une flotte de pirates à son service et une volonté indépendantiste, Daenerys savait qu'elles auraient pu êtres amis, elles étaient presque des alliées après tout.
-Malgré les propositions du roi pour l'intégrer de manière permanente au conseil restreint, elle s'y refuse et exige l'indépendance pour les îles de fer, poursuivit Tyrell, alors que moi qui suis d'une plus noble naissance je dois me battre pour obtenir des droits, qu'ils veulent céder à des parvenus pendant que je siège à la capitale.
-Lady Yara est-elle menaçante ? demanda-t-elle avec espoir.
-Pas encore, elle a promis de rester tranquille jusqu'à ce qu'on ait le fin mot de cette histoire d'esprits, mais les gens commencent déjà à oublier...
-Je vois...
Daenerys revit avec effroi ce qu'avait était son existence pendant deux semaines, entourée par les fantômes de tous ceux qui avaient jamais compté et elle comprenait que se débarrasser d'eux était plus important que de gérer une politique entre humains. Mais cela l'énervait il y avait toujours quelque chose de plus urgent que de déterminer qui était apte à gouverner. Bien sûr, elle savait que Davos avait était désigné pour quatre ans toutefois elle supposait que de lui-même ou face à la pression exercée sur lui, celui-ci abandonnerait rapidement.
-Crois-tu que Lady Yara serait prête à supporter mon règne si je lui rappelai que je lui avais promis l'indépendance ?
Pris au dépourvu, cet idiot de Tyrell balbutia:
-Votre règne... je... vous...
-Crois-tu que je te convoque ici et que tu me sers d'espion simplement pour me distraire ?
-Je croyais que nous construisions des liens entre nos maisons pour être plus forts dans quatre ans et que nous proposerons un unique candidat au trône de fer...
-Lord Willas, je ne vais pas attendre si longtemps, cela fait déjà toute ma vie que j'attends.
-Lord Jon est-il au courant de tout cela ? hésita le jeune homme en détournant le regard.
Daenerys eut envie de le frapper, de le projeter au sol, de le brûler grâce aux flammes de son dragon, et tout cela était impossible.
Elle opta pour une autre tactique, se tournant vers lui dans la lumière déclinante de l'après-midi d'hiver, elle prit l'air le plus innocent qu'elle put et chuchota :
-Jon est trop pur pour ce monde, je dois l'en protéger, mais je sais, je crois que vous êtes en mesure de comprendre que parfois, il faut savoir faire des sacrifices pour le plus grand bien.
Il la regarda, et malgré son apparente stupidité, elle sut qu'il devait avoir entraperçu son stratagème et qu'il était volontaire pour y participer.
-Vous m'avez déjà fait des promesses que vous n'avez pas tenu, rappela-t-il timidement, lorsque vous étiez à Winterfell, vous m'avez écrit pour me promettre une épouse de haut rang pour perpétuer la lignée Tyrell, ce que ne pourras jamais faire le lord du bief mon cousin, si j'acceptai de plier le genou.
-Et c'est toujours possible, sourit Daenerys avec condescendance à ce jeune homme assez désespéré pour demander à une femme qui n'avait aucune autorité avérée de lui assurer par la force si nécessaire un mariage arrangé.
-Vous... vous aviez parlé de Lady Sansa Stark, dans le passé, elle avait été promise à mon cousin mais... on dit qu'elle va se remarier, quoique tout le monde raconte les fables les plus invraisemblables à ce sujet.
-Il y a des centaines de jeunes filles de haute lignée plus dociles, plus belles, et plus fortunées qu'elle, tenta Daenerys, se redressant toute droite sur son banc, furieuse sans savoir vraiment si c'était contre Willas ou contre elle-même.
-Elle a le Nord, un fort lien avec la couronne, son peuple serait prêt à la déclarer reine, quant à sa beauté, si elle n'est pas à mon goût, j'aurai d'autres compagnes comme tout le monde, j'ai juste besoin de son sang et de son nom.
Daenerys eut un goût rance dans la bouche, cet homme la dégoûtait, il ne correspondait pas du tout au portrait charmant qu'on lui avait dressé des autres Tyrell. Cependant, s'il pouvait servir sa cause, elle n'hésiterait pas.
-Je ne suis pas assez présomptueuse, pour promettre une telle chose, mais je ferai ce que je pourrais, concéda-t-elle.
Daenerys avait une très précise idée de qui, peut-être en ce moment même, devait être en train de courtiser Sansa, et elle savait que rien ne pourrait empêcher ces deux abrutis qui se croyaient plus intelligents que tous de se marier si les nordiens ne pourfendaient pas le gnome assez rapidement.
À ce stade, faire du mal à la jeune Stark, lui importait moins que de regagner l'amour et le respect du pays qu'elle était née pour diriger, ce qui était sans doute un signe que selon les critères de Jon, elle allait beaucoup mieux.
-Il faut décrédibiliser le gouvernement de Lord Davos, annonça-t-elle alors.
-Je ne vois pas comment, soupira Willas, il se conduit vraiment bien vous savez ? Sans doute il n'a pas votre charisme, mais les gens lui font confiance, ils pensent qu'il est des leurs, parce qu'il vient du peuple, qu'il est passé du statut de voyou à celui de roi.
-L'opinion du peuple est versatile, et avec leur stupide nouveau système, son opinion compte, déclara durement Daenerys, parce qu'elle avait elle-même fait les frais de cette versatilité.
-Qui est le seigneur du Bief actuellement ? voulut savoir Daenerys.
-Mon cousin Willos, son père est mort pendant la guerre et Lady Alerie a fui les massacres des moineaux.
-Seriez-vous en mesure d'inciter votre cousin à augmenter le prix des marchandises venant du Sud, de mon côté j'ai instauré une taxe supplémentaire au prétexte de la reconstruction et de l'insularité de Peyrdragon.
-Willos est malheureusement un idiot très généreux... répondit le Tyrell d'un air passablement crétin lui-même, avec sa petite mimique supérieure.
-La maison Tyrell n'a pas tourné le dos à la maison Targaryen lors de la rébellion des Barathéon, lança alors Daenerys, remerciant son frère de lui avoir rabaché inlassablement l'histoire de leur famille.
Le ton de sa voix avait dû l'effrayer, ou alors avait-il vu cette lueur dangereuse dans ses yeux violets ? Toujours est-il que Willas Tyrell ne pût plus formuler une seule phrase cohérente.
-Je n'ai pas beaucoup de temps, rappela-t-il, après un moment de silence durant lequel la jeune femme, s'astreignit à prendre de profondes respirations pour ne pas s'énerver.
-Ma raison officielle pour être à Peyrdragon est un accord avec un groupe de marchands que je dois ramener à la capitale, avec leur convoi de nourriture.
-Bien, vous continuerez de me tenir informé de ce qui se passe à Port-Réal, et vous essaierez de tâter le terrain avec Yara et essayer de convaincre les Tyrell de garder leurs précieuses denrées pour leur région, affirma Daenerys, d'un ton qui ne laissait pas de place à la contradiction.
-Bien-sûre, Lady Daenerys ! s'empressa-t-il d'approuver en faisant une révérence.
-Et tenter d'instiller dans leurs esprits l'idée d'un conseil annuel des seigneurs, ajouta-t-elle, alors que cela lui traversait l'esprit, dites que cela sera un moyen pour tout le monde de mieux se connaître et d'envisager la pérennité et la continuité de l'autorité royale.
Willas ouvrit de grands yeux et un large sourire benêt s'afficha sur son visage comme si elle venait de lui suggérer quelque chose d'extraordinaire.
-Oui... je le présenterai comme mon idée, s'écria-t-il, l'air ravi.
Avec un soupir, Daenerys acquiesça, et fit un signe pour congédier le Tyrell, à bout de patience. Celui-ci comprit au moins ce message et se leva, fit demi-tour d'un pas rapide puis se ravisa, revint se planter devant elle, et saisit sa main qu'il porta à ses lèvres.
Daenerys le laissa faire, si cela pouvait le faire se sentir mieux et accroître sa loyauté, elle n'avait jamais rechigné à utiliser les atouts qui étaient naturellement à sa disposition, elle n'était pas complexée comme une Stark. Cette pensée la poussa même à adresser un sourire ambiguë à Willas et à susurrer :
-J'espère que vous ne me décevrez pas...
-Jamais, votre grace, jamais, promit-il d'un ton vraiment ridicule, Daenerys peina à dissimuler son dédain.
-Beaucoup d'hommes m'ont déçu, prévint-elle, très peu y ont survécu...
-Je ferai de mon mieux, voudriez-vous que je vous aide à vous débarrasser de quelqu'un ?
Un instant Daenerys resta perplexe, de quoi parlait-il ?
-Je veux agir, si le bâtard Jon Snow ne se montre pas... digne de vous...
Cette fois, Daenerys ne put retenir un rire sans joie, Willas était pathétique et n'avait que très peu de chance de jamais pouvoir nuire à Jon, mais l'idée de lui faire du mal... Cette idée-là, Daenerys se sentait révulsée et attirée par elle. Elle aurait voulue qu'il sache, qu'il comprenne, qu'on abandonnait pas un dragon pour des louveteaux impunément.
Mais plus que tout, elle voulait qu'il lui revienne, qu'il soit à elle et entièrement à elle, qu'il...
-Ne parlez pas de choses que vous ne pouvez pas comprendre Ser Willas, et laissez Jon tranquille, c'est un dragon, après tout.
"même s'il ne veut pas l'admettre" se dit elle intérieurement.
Déprimée mais relativement satisfaite, Daenerys regagna le château pour prendre son dîner dans son salon privé. Le midi Daenerys, et avant son départ Jon, dînaient dans la grande salle avec tous les habitants du château, domestiques compris, bien qu'installé sur une estrade, mais le soir, elle prenait ses repas avec ses plus proches conseillers et amis.
Le mestre, d'âge plutôt avancé lui était totalement acquis et passait beaucoup de temps à lui raconter l'histoire glorieuse de sa famille, le capitaine de la garde, un bannerai Targaryen, les bassinait pendant des heures avec Ses prouesses durant la bataille de Winterfell, tandis que Verre et son petit Sam restaient en silence prêt de Daenerys, ne s'adressant à elle et ne parlant de Jon qu'avec la plus haute admiration et la plus grande déférence. Pour être tout à fait honnête, malgré leur absence de sang noble, c'étaient ces deux-là seulement qu'il lui faisait plaisir de voir. Bien sûr, Verre ne respirait pas la joie de vivre, avec la mort encore récente de Sam Tarly, mais sa reconnaissance envers Jon et par extension en vers Daenerys était sans borne, et cela rappelait à cette dernière le dévouement sans passion de Missandei qui la reposait du tumulte que créait Daario Naaris, Jorah Mormont et Jon Snow autrefois.
Quant au petit Sam, il avait trois ans édemi, une bouille angélique et d'ordinaire les enfants aussi jeunes n'étaient pas autorisés à partager les repas des adultes, mais il était si sage et si solitaire que Daenerys n'avait pas eu le coeur de demander à Verre de ne pas l'emmener, surtout qu'il égayait un peu le silence ou les discussions taciturnes des membres du conseil.
-Avez-vous reçu des nouvelles de Jon ? demanda-t-elle au mestre alors qu'un domestique apportait des fruits de mers, des légumes marinés et du vin d'Essos. Daenerys jouissait de bien meilleures conditions allimentaires que le reste du royaume, excepté peut-être le Bief, qui regorgeait de fruits et de bétail, mais de part la proximité de la mer, et le climat plus clément, personne n'était menacé par la famine dans la région, quant aux habitants du château, on leur servait les mets les plus raffinés presque quotidiennement parce que Daenerys avait beaucoup regretté le luxe dont elle disposait à Meeryn et qui lui avait tant manqué pendant sa grossesse et auparavant depuis son retour à Westeros. Daenerys réfléchit à tout cela, en guise de diversion pour recevoir posément la réponse du vieux mestre, de sorte que lorsqu'il parla elle ne soit pas tout à fait concentrée sur ses mots.
-Je... non Milady, aucune, j'imagine qu'il n'a pas de corbeau à disposition, rassura-t-il.
-Il vous écrira dès qu'il pourra, j'en suis certain, approuva le capitaine de la garde, c'est ce que j'aurai fait à sa place.
Il eut un gros rire balourd mais en voyant qu'aucun des convives ne goûtait à la plaisanterie, il se tut rapidement et se resservi du vin.
-Par contre, une lettre nous est arrivée de sa majesté le roi Davos requérant une baisse de nos tarifs marchands, informa le mestre.
-Il ne réalise pas qu'il me faut d'abord penser au bien de cette région, mais j'y réfléchirai mentit-elle, en feignant la nonchalance, espérant que le sujet soit écarté.
-Est-ce qu'Aeron et Rhaelina seront bientôt assez grands pour jouer avec moi, pépilla le petit Sam, regardant alternativement sa mère et Daenerys, Jon m'a dit que je pourrais quand ils seraient plus grands.
-Sam, tu dois dire, Lord Aeron et lady Rhaelina, corrigea Verre, son visage se colorant de rouge alors qu'elle réprimandait son fils.
-Ils sont encore trop petit Sam, apprit Daenerys en souriant à l'enfant, mais ils ont le sang des dragons, ils grandiront vite.
Le petit parut un peu perdu mais n'ajouta rien, habitué à se taire pendant de longs lapse de temps pendant que les adultes discutaient. Daenerys songea qu'il serait peut-être sage d'anoblir la mère et son fils comme Jon le préconisait, mais y renonça, bien qu'ils n'en aient jamais à proprement fait parti étant des Sauvageons ils lui donnaient l'impression d'avoir le soutien d'un peuple.
Lorsque les autres se furent dispersés pour regagner leurs appartements respectifs, Daenerys regagna la chambre des jumeaux où Vénéra était revenue après leur sieste.
Un sentiment de solitude la gagnait de plus en plus et elle sentit qu'elle devait agir, commencer à entraver certains de ses concurrents pour la course du trône de fer, qui, de toute façon, serait remis en jeu dans trois ans et demi.
Lorsqu'elle eut terminé d'allaiter les jumeaux, tâche qu'elle ne déléguait pas pour être certaine de leur donner par le lait un peu de cette puissance de feu qui brûlait dans ses veines elle s'assit à son bureau et rédigea une lettre, qui supposait-elle mettrait le Nord en ébullition
Cher Lord Manderly,
Je vous écris à vous parce que vous êtes l'un des bannerais les plus importants de la maison Stark et que je sais que vous prenez très à cœur la sécurité et le bonheur de vos suzerains, mon frère et mes sœurs. Je ne peux pas écrire à toutes les maisons nordiennes par crainte d'attirer des ennuis à ma famille mais je compte sur votre discrétion. Je sais que vous devez vous trouver en ce moment à Winterfell ou alors l'armée que ma sœur mène vers le Nord est déjà partie et ce corbeau peinera à vous trouver je ne crains. Je m'inquiète pour eux tous, je sais qu'ils ont passé beaucoup d'années à se battre seuls et j'ai peur qu'ils ne me disent pas tout. J'ai peur que pour Sansa la mission qui lui incombe ne soit trop lourde pour une jeune fille, que, vous le comprendrez bien car je suis son grand frère je vois encore comme ayant besoin d'être protégé. Je vais vous confier une des inquiétudes qui me tiraille, vous ne le savez sans doute pas encore, mais il se pourrait que Tyrion Lannister et elle se remarient.
Je ne vous cache pas que cela m'inquiète, je sais bien qu'étant de rang noble, il est compréhensible qu'elle se voit obligé de faire un choix de mari, en prenant d'abord en compte le Nord et ses habitants plutôt que son propre cœur, mais il me semble particulièrement cruel qu'elle doive épouser un membre de la famille qui s'est servie d'elle comme Otage politique et l'a si atrocement traité et en plus. Bien que vous deviez savoir que je n'ai rien contre Tyrion Lannister personnellement, il a déjà été marié de force à ma sœur tout en ayant une maîtresse et ses habitudes sont connues par-delà l'océan. Je ne voudrais pas que l'honneur de Sansa et de toute ma famille soit compromis ainsi. Je ne sais exactement ce que je soupçonne, mais j'imagine que sans vouloir véritablement lui faire du mal, il se sera dit que c'est un bon moyen de gagner un titre et une place respectable puisque son grand frère est à Castral Roc. Sansa a le cœur tendre et bien qu'elle soit intelligente, elle n'a sans doute pas conscience de tout cela.
Certes, si c'est en raison de sentiments véritables je ne m'y opposerai pas, mais il me semble mieux pour elle et mieux pour le Nord, qu'elle s'unisse à l'un de nos jeunes vassaux, dont la priorité sera également le Nord. Vous devez savoir qu'il n'est pas dans mes habitudes de me mêler ainsi de la vie d'autrui, surtout sur des sujets aussi personnelle, et je vous écris en mon nom mais avec la plume plus féminine de ma femme, Lady Daenerys Targaryen, qui connaît très bien Tyrion Lannister, qui a été sa main et qui a été très proche de lui, et a à cœur si ce n'est le bonheur de Sansa, du moins le mien, et qui, quand je lui ai mentionné mes inquiétudes, m'a proposé de m'aider à rédiger cette lettre.
Avec toute ma confiance et mon amitié,
Jon Targaryen de la maison Stark,
Daenerys repoussa un léger sentiment de culpabilité qui vint grignoter sa certitude au moment d'aller chercher un corbeau, c'était mesquin, et détourné, cela ne lui ressemblait pas, mais elle était prête à tout pour siéger sur le trône de ses ancêtres.
Ne se laissant pas le temps d'y réfléchir, ne songeant qu'à ses deux précieux petits dragons pour qui elle voulait le meilleur, et à l'euphorie qu'elle ressentirait à gouverner au côté de Jon, elle rédigea une seconde missive à son espion à port-Réal pour mettre des bâtons dans les roues d'un autre adversaire potentiel.
En dépit de tout cela cependant, Daenerys s'endormit seule, dans le grand lit de la chambre seigneurial, détestant d'attendre un mari qu'elle ne pouvait s'empêcher d'aimer, et se jurant à elle-même que le lendemain, elle inviterait un autre homme à la rejoindre, n'importe lequel, tout en sachant qu'elle ne le ferait sans doute pas.
Ses conseillers s'étaient progressivement désintéressés du déroulement de la séance de doléances, Le capitaine de la garde s'était fondu dans un coin, le vieux mestre s'endormait dans son fauteuil, et même Verre qui était là en qualité de dame de compagnie et d'ambassadrice du peuple n'osait pas dire un mot. Daenerys récoltait toute l'attention de l'assistance, et cela ne lui déplaisait pas.
Alors que la matinée touchait à sa fin, et que les derniers paysans quittaient la grande salle se confondant en remerciements et en révérences admiratives, Daenerys retrouva un peu de la satisfaction qu'elle avait autrefois éprouvé à gouverner un peuple aimant.
Un fermier repartit avec de lourds sacs de grains pour ses champs, un seigneur voleur avait perdu son titre de noblesse, et une jeune fille affamée à cours de ressources avait rejoint ses servantes.
Alors qu'elle était installée avec cette dernière, qui s'appelait Elia Wood et qu'elle lui demandait de lui raconter ses mésaventures, un corbeau vint la trouver avec une lettre scellée mais non signée à la pâte:
Votre Grace,
Au moment où j'écris, j'ai pu surprendre Bran Stark entrain d'affirmer que l'armée partie de Winterfell i peine quelques jours a fait demi-tour et sera de retour d'ici peu. Bran Stark et Joy Hill, sont partis clandestinement dans les bois pour consulter un garçon ayant des prémonitions et en sont revenus avec un œuf de dragon. Je n'ai pu entendre toute l'histoire, et vous ne me croirez sans doute pas, mais j'ai vu l'objet de mes propres yeux, la petite ne le quitte pas. Vous devez vous demander qui est cette jeune fille et pourquoi elle est assez spéciale pour avoir fait une telle découverte. Elle n'est personne ou presque, c'est une gamine de treize ou quatorze ans qui séjourne à Winterfell depuis le retour de tout le monde de port-réal, une bâtarde de la maison Lannister, la cousine de Tyrion et Jaime Lannister. Elle n'a rien de particulier, avant-hier elle passait l'essentielle de son temps à rêvasser dans la bibliothèque, à harasser tout le monde de questions et à câliner les poneys. Elle n'est pas bien jolie à mon avis, raison pour laquelle certainement, personne n'essaie d'obtenir une alliance à travers elle. Comme je vous l'ai déjà expliqué dans ma lettre précédente, personne ne parle de Port-réal ou du trône. Je suis le seul à proposer des mesures militaires de protection envers les enfants Stark. Des enfants, c'est un gouvernement d'enfants, de très jeunes gens naïfs pour être exacte. Il y a quelques mois, la gardienne du Nord s'enfuyait avec deux autres jeunes ladies pour prendre un goûter dans la ville d'hiver ! Elle est parfaitement irresponsable ! De plus, Si mes observations sont fiables, le bouclier juré de Sansa est un garçon pas plus vieux qu'elle et qui en pince fortement pour la jeune louve. Cela pourrait être utilisé contre elle. Ici, tout semble fonctionner aux sentiments, Arya Stark, je vous l'ai écrit la dernière fois est revenue, tous les domestiques et les gens du village l'adulent parce qu'elle a tué le roi de la Nuit, mais au fond, c'est une fille de dix-huit ans perturbés qui passe la moitié de ses nuits à hanter les couloirs du château. Quant à votre inquiétude principale, il ne fait aucun doute que votre ancien conseiller et main et Sansa Stark partagent un lien plus qu'amical. La nuit juste avant le départ de l'armée, il n'a pas quitté sa chambre avant l'aube. Il n'y a que ce foutu respect que la jeune louve inspire qui retient pas mal de jeunes hommes d'égorger le gnome, d'autant qu'ils sont l'un comme l'autre incapables de se défendre seuls.
Dans l'attente de vos prochaines consignes, je garde l'œil ouvert.
Éternellement vôtre,
Daenerys brûla le parchemin juste après l'avoir lu et se retrouva plongée dans l'apathie la plus complète. Un œuf de dragon ? Elle ne pouvait pas se résoudre à y croire. Mais si c'était vrai, si sa source d'information à Winterfell ne s'était pas trompée, alors cela voulait dire que Bran Stark et une fille dont elle n'avait jamais entendu parler, étaient tombé sur l'une des manifestations magiques les plus rares et les plus merveilleuses de ce monde. Alors que son fils Drogon était parti... sentant qu'elle allait s'effondrer si elle ne se concentrait pas sur quelque chose, elle prit une plume et un papier et écrivit :
Jon, Ai-je besoin de te redire que je souhaite ardemment ton retour ? J'aimerai que tu puisses savoir ce que cela fait d'être seul au monde, de n'avoir pas de famille. Maintenant bien sûr j'ai les jumeaux, toi et eux êtes tous pour moi mais je n'ai que vous. Quand tu auras l'assurance que les loups sont sains et saufs, deviens un dragon, et rejoins-moi.
Aujourd'hui, j'ai recueilli une nouvelle servante, elle s'appelle Elia Woods, elle va dîné avec nous ce soir, elle a le même sourire que Missandei, j'aimerai qu'elle soit mon amie. Rhaelina et Aeron gazouillent et j'ai l'impression qu'ils t'appellent, elle prend ton air solennel inexplicablement et Aeron paraît nous juger de tous ses regards. Je les aime, je t'aime.
Daenerys,
Notes : Voilà, merci beaucoup d'avoir lu ! Je sais que maDaenerys peut paraître un peu OOC, mais pour moi, c'est un personnage très ambiguë qui souffre d'une instabilité mentale. À bientôt !
