Notes : Coucou, c'est la rentrée et bien que Joy ne viVe pas du tout une situatioN similaire, elle est dans un mood quI m'y fait penser !

Encore merci pour les reviews !

Bonne lecture,

Chapitre 33: Joy

La douleur s'apaisa peu à peu alors que Joy comptait en silence les secondes pour tenter de trouver le sommeil. Avant cette nuit de la mort de Mélisandre, Joy n'avait jamais vraiment eu mal, elle en était persuadée, aussi bien physiquement que mentalement. Et il y avait cette brûlure, sur laquelle tout le monde restait perplexe, cette brûlure au niveau de la marque de l'œuf sur sa cage thoracique. Elle-même peinait à admettre la vérité terrifiante, à chaque fois qu'elle s'éloignait trop de Bran, le cercle rouge sur ses côtes semblait se consumer. La douleur s'atténuait ensuite, ne persistant pas, heureusement, pendant toute la durée de leur séparation mais elle demeurait présente, elle refaisait également son apparition. Si Joy passait plus d'une journée loin de Bran. Sous son oreiller, l'œuf reposait, à peine plus gros que celui d'une poule, pas du tout aussi volumineux que ceux de Daenerys dans le passé de ce qu'on lui avait rapporté, ne manifestant plus de signes de vie. Sans doute ne trouverait-elle pas le repos cette nuit, les mots de sa tante Genna, dans sa dernière lettre, se répétaient en boucle dans son esprit embrumé.

À la lueur d'une bougie, elle la parcourut une nouvelle fois:

Chère Joy,

Dès que le printemps arrivera, ce que les mestres prédisent pour bientôt avec ces cinq années d'automne et de près de deux ans d'hiver, je voudrais que tu me rejoignes à Port-réal, tu es assez grande maintenant, pour que l'on puisse te marier pour le bien de la famille. Ne t'offusque pas Joy, je te parles honnêtement, et si nous choisissons bien, avec ton caractère et ton nom, tu pourras, comme moi, vite te dégager de toute obligation à l'égard de ton mari. Il suffira de lui donner quelques descendants, cela pourrait te prendre encore quelques années, parce que tu viens seulement d'avoir quatorze ans, mais après cela, tu pourrais presque agir à ta guise. Tu auras un château, de l'or pour financer tes voyages que tu tiens tant à faire, et le respect. Tes cousins, malgré leur refus total d'agir dans l'intérêt de la famille, seront par chance, dans des positions politiquement avantageuses dans le futur. Je ne leur dirai jamais, mais je suis heureuse, que, contrairement aux ordres donnés par leur père, ils aient finalement cherché le bonheur plutôt que la gloire, même s'il a fallu qu'ils se trompent avant. Toi, Joy, tu n'as pas le droit à l'erreur, parce que tu es une femme. Mes mots sont dures mais ils sont vrais. En te dégageant de tes émotions, ce que je sais quasiment impossible pour toi, j'aimerai que tu me répondes honnêtement au sujet des Stark. Certes, ils sont plus âgés que toi, mais pour une quinquagénaire de ma trampe, il est difficile à accepter qu'ils obtiennent plus de légitimité que le gouvernement politique en place. Je l'ai écrit à ton cousin Tyrion, qui, nul doute, l'aura dit à Lady Sansa, Port-Réal est dans une situation périeuse, Willas Tyrell nous espionne pour le compte de Daenerys, et nous ne pouvons sortir du donjon rouge sans risquer une émeute, à cause du scandale des esprits. Davos et moi en avons discuté confidentiellement, et notre maturité nous incline à laisser la place à Daenerys Targaryen, dans l'espoir que son époux Jon sache la contrôler. Je n'entrerai pas plus dans les détails ici mais si c'était le cas, tu pourrais doucement te glisser parmi ses alliés et ainsi conserver la sécurité de tous les autres Lannister et de nos vassaux. Il me coûte de demander cela à l'une des plus jeunes d'entre vous, mais tu es notre seule espoir. Tu as le meilleur naturel, et tu as l'air inoffensive, alors que nous savons toi et moi que malgré ta tête de linote, tu es aussi intelligente que n'importe lequel d'entre nous.

Seulement, l'expérience m'a appris qu'un Lannister dans le Nord pouvait devenir assez irrationnel. Peut-être même que ta loyauté est désormais aux Stark, que tu aies prêté serment ou pas. Peut-être même que tu peux espérer un mariage avec un jeune Lord Nordien. Selon son rang, c'est une possibilité. J'ai horreur de dire ça, mais demandes conseil à Tyrion, tu es comme la sœur que Cersei n'a pas pu être pour lui, il sera avisé. Et si tu crois que l'un ou l'autre des jeunes loups devrait un jour siéger sur le trône de fer, alors ne les trahi jamais, ni pour l'amour, ni pour la gloire, ni pour l'or, ou tu finiras comme les Frey.

Cette lettre est très solennelle et très brute, mais je veux m'assurer que tu me comprennes si je ne peux te réécrire avant longtemps. Mes indications te semblent sans doute contradictoires, elles ne le sont pas. En substance, je te demandes de choisir ton camp et de t'y tenir, de veiller aux intérêts de la famille non plus pour le pouvoir, mais pour notre survie si possible paisible. Le mariage est la voie traditionnelle, et j'ai des partis en tête pour toi, mais si ce n'est pas de cette façon que tu souhaites procéder, j'accepte l'idée que (certaines) idées des jeunes peuvent être rafraîchissantes et positives.

En attendant que l'hiver finisse, lis, suis des leçons si un mestre est présent pour t'en donner, et prépares-toi au printemps,

PS: Ne considères pas cette phrase comme une attaque envers les Stark, simplement un petit trait d'humour d'une vieille lionne un peu triste d'avoir dû tout donner aux loups, même les enfants que j'ai en partie élevé.

Sa tante Genna, avait des mots justes au milieu de tous les trous que présentait son raisonnement. Car elle n'avait pas toutes les informations, Joy ne prétendait pas non plus avoir connaissance de tout ce qui sE tramait à Winterfell, du moins savait-elle plus ou moins ce qui se passait pour elle. Joy avait toujours eu horreur de la manipulation, et des ambiguïtés politiques, elle aimait avoir des avis bien tranchés, et les exposer sans agressivité mais de manière ouverte. Son statut de fille naturelle de Gerion Lannister ne l'avait jamais fait souffrir beaucoup et en l'occurrence l'avait protégé des jeux politiques des Lannister. Lorsqu'à neuf ans, sa tante Genna encore Frey, lui avait expliqué les agissements des Lannister et des Frey, lors des noces pourpres à l'encontre de leurs adversaires, Joy avait fondu en larmes et déclaré qu'elle n'appartenait pas à cette famille, qu'elle deviendrait exploratrice comme son père et qu'elle ne remettrait plus jamais un pied dans l'ouest. Puis, elle avait pensé à Jaime, son grand cousin qui avait perdu une main pendant cette même guerre, à Tyrion, qu'on avait marié de force à cette jeune Stark inconnue et probablement prête à en découdre avec lui, à sa tante qui gardait les yeux secs mais qui ne souriait plus jamais et à la petite Janei, dormant dans ses bras chaque nuit, secouée de sanglots parce que ses parents l'avaient quitté pour aider Tywin à Port-Réal. Eux, elle en était certaine, n'avait pas voulu cela, et Joy avait conclu, que plutôt qu'exploratrice, elle serait diplomate ou embassadrice, pour aider les gens pendant les guerres, pour que plus personne n'ait à vivre de telles horreurs, où n'ait à grandir seule, au fond d'un château abandonné, avec l'interdiction formelle de mettre un pied dehors seule par crainte qu'elle ne soit enlevée.

Certes, Joy n'était qu'une petite fille alors, et aujourd'hui même, elle ne se sentait pas du tout aussi adulte que sa tante Genna ne voulait lui faire croire. Joy était certaine toutefois d'une chose, elle ne pourrait soutenir Daenerys Targaryen. Même sans doute pour le bien des siens. Parce qu'elle avait eu la chance d'avoir des dragons et qu'elle s'en était servi pour faire du mal, parce qu'elle voulait le pouvoir pour le pouvoir, et que Joy n'avait tout simplement aucune raison de soutenir une femme qui comptait s'en prendre au gouvernement de sa tante et de lord Davos. Quant au mariage, elle ne voulait pas l'envisager. On ne parlait pas souvent aux garçons de son âge de mariage, ils étaient écuyers puis chevaliers s'ils étaient nobles, et passaient plusieurs années en folles cavalcades, en rivalités amicales et en découvertes inouïes. Du moins, si elle en croyait les livres. Ce n'était pas que Joy était opposée à l'idée d'aimer un garçon, au contraire, elle s'en sentait tout à fait capable dans son âme. Mais elle n'avait aucune envie d'être coincée avec un homme âgé, ou même avec un jeune homme qui aurait un trop grand écart d'âge avec elle. Et puis cela c'était l'état de ses raisonnements sur la question si elle ne prenait pas en compte la douleur dans ses côtes, et le sourire doux de Bran Stark.

Les deux sensations se mélangeaient à un tel point qu'elle ne pouvait dire où commençait ce qu'elle ressentait pour le garçon et où se finissait cet étrange lien créé par l'œuf. La jeune fille avait conscience de ne pas être amoureuse de Bran, pas vraiment, c'était un béguin. Un gros béguin peut-être, qui lui faisait battre le cœur un peu plus vite lorsqu'il souriait, qui la faisait rêvasser pendant des heures au souvenir de ses paroles et de ses actes, et qui lui faisait monter les larmes, lorsqu'elle s'apercevait qu'elle était trop jeune, trop immature pour qu'il puisse lui prêter attention. Le problème était que cela se superposait aux effets de cette étrange malédiction, qui lui déchirait littéralement la poitrine lorsque Bran s'éloignait. Et là était la réponse à la question de sa tante sur le mariage. Joy voulait du temps, elle devrait sans doute se marier un jour, mais elle voulait du temps. Du temps pour se défaire de ces sentiments qu'elle n'avait pas envie de quitter, du temps pour connaître Bran, Robin ou tous les garçons qui lui plairaient en tant qu'amis avant d'avoir à prendre une telle décision. En outre, elle ne voulait pas quitter Winterfell, pas tout de suite. Elle avait passé l'essentiel de son existence à Castral roc en solitaire, perdue entre les enfants des domestiques, et son statut de presque Lannister. Sans parents, avec toutefois, toujours soit Genna, soit Dorna, pour vérifier qu'elle ne manquait de rien. Mais avec très peu d'affection, excepté celle de Janei, sa petite cousine. Mais la dernière fois qu'elle l'avait vu, elle avait juste six ans. Joy apprenait réellement des choses pas seulement celle que le mestre et les livres lui enseignaient, ce qui était déjà considérable, mais elle apprenait à propos des humains, et ce que c'était que de se soucier d'autrui. Cela serait important pour sa carrière de diplomate. Et puis elle s'était attachée à des personnes ici, et elle ne pouvait se résoudre à les quitter. Joy soupira, et finit par trouver le sommeil, se réveillant peu de temps après, au bruit résonnant à l'extérieur de sa chambre. On frappait à la porte. Et sa femme de chambre entra pour l'aider à se préparer. Joy n'avait jamais aimé cela, et dans le Nord, c'était un sentiment partagé par de nombreuses jeunes filles à commencer par Arya et Sansa elle-mÊme, surtout à cause du fait qu'elle était mal à l'aise à l'idée d'exposer son corps. Du coup, la jeune servante, comme préconisé par Sansa, lui montait juste de l'eau chaude, et l'aidait à lasser les robes dans son dos si nécessaire. Une fois prête, elle se mit instinctivement en quête de Bran.

Elle ne tarda pas à le trouver qui marchait avec ses béquilles vers les écuries. Aussitôt qu'elle se fut approchée le résidu de mal-aise dans ses côtes s'effaça tout à fait, remplacé par une chaleur agréable dans le froid.

-Salut, lança-t-elle, laisse-moi t'aider un peu, la descente des escaliers a déjà dû être rude. puis, sans lui laisser le temps de protester, elle se plaça à sa droite, retirant la béquille de sa main, elle la porta sur son épaule droite, laissant Bran s'appuyer sur la gauche.

Étant plus grand qu'elle, il pouvait s'appuyer confortablement.

Bran rougit mais murmura un timide "merci".

-Je ... je voulais te parler de l'œuf, fit-elle.

Ils avancèrent quelques pas en silence sur le tapis neigeux, autour d'eux des hommes s'activaient en travaux de consolidation des murs écroulés pendant la longue nuit sans leur prêter la moindre attention.

-Ah... souffla Bran, ne trouvant apparemment rien à ajouter. Joy n'était pas particulièrement timide, et elle avait du mal à comprendre d'où provenait la gêne qui s'était installée entre eux depuis que Bran n'était plus la corneille. Peut-être parce qu'ils avaient risqué leur vie ensemble et qu'en même temps que cela avait créé un lien mystique entre eux, cela les empêchaient d'être des amis normaux. Et puis, il y avait le fait que le Bran qui se tenait devant elle n'était pas la même personne que la Corneille à trois yeux qui avait dominé sa personnalité jusque là. En voyant la porte de l'écurie, et donc la fin du temps qui lui était alloué avec Bran s'approcher dangereusement elle se jeta à l'eau:

-Ma brûlure aux côtes revient parfois pendant plusieurs heures quand on est éloigné, confessa-t-elle, est-ce que c'est pareil pour toi ? Est-ce que tu crois que c'est dans ma tête ?

Elle vit sa main gauche se crisper sur sa béquille:

-Je... écoute Joy, je suis vraiment désolé de ce que tu as dû subir ce jour-là, marmonna-t-il en détournant ses yeux noisettes, mais il faut que tu arrêtes d'y penser, tout va bien, nous nous en sommes sortis, il faut passer à autre chose et... si...c'est trop difficile pour toi ici,... que tu te sens trop seule, tu pourrais, dès que le temps le permettra ... retourner à Port-réal près de ta Tante Genna, ou à Castral Roc.

-Pourquoi faire ? s'offusqua-t-elle, je me plais bien ici...il y a des gens... des gens à qui je tiens, des choses à apprendre et comme je me tue à te le faire comprendre depuis deux semaines, plus on s'éloigne, plus j'ai mal !

Les deux adolescents s'étaient immobilisés, leurs bottes enfoncées dans la neige, Bran avait lâché son épaule et ils s'étaient tournés l'un vers l'autre. Cela ressemblait à une dispute, ce n'était pas du tout l'intention de Joy. Mais on aurait dit que le jeune Stark refusait de l'écouter. Elle s'aperçut alors que le volume de sa voix avait augmenté et qu'elle criait presque, un groupe de jeunes garçons de l'âge de Bran, des écuyers, les épiaient avec curiosité.

-Tu fais de mauvais rêves à cause du traumatisme, décréta-t-il à voix haute, comme s'il souhaitait que les autres entendent sa réponse, on en parlera à Mestre Nathan tout à l'heure, il a sans doute un remède qui pourrait t'aider...mais il fait froid, tu devrais rentrer et t'occuper avec tes leçons.

Joy eut une exclamation outrée et se retint de justesse de renverser le garçon à terre. Elle fouilla ses traits à la recherche du mépris que ses mots exprimaient, elle ne trouva que la teinte cramoisie de ses joues imputables au froid... ou à la honte, et à la confusion. Puis, il jeta un coup d'œil anxieux au groupe de jeunes garçons:

-J'arrive, leur dit-il, et Joy se rappela qu'une chasse était organisée ce jour-là en prévision du blizzard qui était annoncé pour dans quelques jours, pour faire des provisions de viande.

-Je vois, murmura-t-elle en lui tendant sa deuxième béquille, tu as des choses plus urgentes à faire.

Elle réprima le frisson qui la parcourut lorsque leurs doigts se frôlèrent, malgré les gants qui les recouvraient.

Elle tourna les talons, et se mit en marche vers le château la tête haute tentant de conserver sa dignité mais dès qu'elle franchit le seuil du hall, les larmes dévalèrent ses joues. Bran voulait être accepté par les garçons de son âge, il ne voulait plus être associé avec des phénomènes magiques étranges, et par conséquent avec elle et l'œuf de dragon niché entre ses côtes et ses couches de vêtements. C'était totalement sain et compréhensible non ? Malgré toute la rationalité du monde, Joy ne pouvait s'empêcher d'être blessée. Corneille ou pas, elle restait trop jeune, tROP encombrante pour être son amie. Sa peau la brûlait de nouveau et pourtant ses dents s'entrechoquaient violemment. À cours d'énergie, elle se rendit dans la salle d'étude où Mestre Nathan leur donnait des cours de Politique, d'histoire, de mathématiques avancés, et de langues étrangères, et s'affalla près de la cheminée. Robin Arhin était assis à son bureau, mais d'abord il ne lui adressa pas la parole, si bien qu'elle sursauta lorsque sa voix résonna dans la grande pièce vide.

-Tu t'es disputé avec Bran, lâcha-t-il.

-Ce ne sont pas tes affaires.

-Ça pourrait le devenir.

-Qu'est-ce que tu racontes encore ?

-Ta Tante à écrit une lettre à Sansa pour savoir s'il serait possible que toi et moi nous marions.

Joy sentit la nausée l'envahir, comment sa tante pouvait-elle envisager une telle chose ? Robin était un garçon maladif, exigeant, puéril, ingrat, méchant, et qui passait son temps à se moquer d'elle.

-Ça n'arrivera jamais, s'entendit-elle répondre, dans un état second.

-C'est ce que tout le monde disait ce matin au petit déjeuner quand Sansa a lu la lettre, elle a assuré qu'elle ne laisserait personne te faire ça... alors que je suis son cousin et qu'elle aurait dû plutôt s'inquiéter de mon sort !

Robin avait repris sa voix geignarde:

-Robin, tu sais bien que la seule chose pour laquelle tu éprouves un tantinet d'amour c'est la nourriture ! rappela-t-elle. Ne me dis pas que tu voudrais de cette union !

-À priori non, répondit-il d'un ton narquois, tu parles trop,... et je déteste ton nez et tu manques De ... mais...

Joy se redressa tout à coup, à bout de patience, elle ne laisserait pas deux garçons l'insulter sans réagir.

-Ça tombe très bien, parce que mon nez et moi, on ne supporte pas ton odeur, cria-t-elle, et il n'y a pas de mais ...

-Reste que tu as un dragon, ça m'intéresse, et moi j'ai un château, les Eyriers et un domaine, le Val, et ça...ça intéresse ta famille de profiteurs.

-De qui parles-tu exactement ? Parce que les membres de ma famille encore en vie n'en sont pas du tout, ils ont juste l'intelligence d'utiliser les ressources à leur disposition !

-Tu n'es qu'une gosse qui a peur de prendre ses responsabilités ! Réfléchis-y un peu, si tu fais ne serai-ce que semblant qu'on va se marier, ce que je n'accepterai sous aucun prétexte au final, tu pourras faire réagir Bran... peut-être même le rendre jaloux.

-Je n'ai pas envie de rendre Bran jaloux, se révolta-t-elle, je ne suis pas une de ces jeunes filles ridicules qui... et puis, qu'y gagnerais-tu.

-L'estime du Val, pour avoir réussi à négocier une alliance avec les Lannister, qui sont sans doute encore riches, et puis quand tu briseras nos fiançailles, parce que tu auras fauté, je demanderai le remplacement par ta petite cousine, quand elle sera assez grande. J'ai tout prévu !

L'abruti avait en effet l'air fier de lui, Joy n'en revenait pas.

-Tu me répugnes ! informa-t-elle, c'est ignoble ! Si mon nez ne te plaît pas et que tu trouves que je manque de... mimiqua-t-elle, et bien sache que ta personne entière me dégoûte, ton âme et ton corps, pareillement.

Joy sut qu'elle était allée trop loin lorsqu'elle vit le visage de Robin se déformer de rage et qu'elle le vit attraper son encrié qu'il lui renversa directement sur la tête. Le liquide bleu dégoulina dans ses yeux et son cou et sous le coup de l'émotion elle fit de même avec le sien. Joy avait conscience de se conduire stupidement, mais à cette instant précis, elle n'en avait rien à faire. Robin et elle se regardèrent rageusement pendant une fraction de seconde, à cours d'encre à se jeter, dégoulinant, leurs yeux les piquants. Alors que Joy se disait qu'il serait peut-être préférable de stopper cette escarmouche avant l'arrivée de Mestre Nathan, Robin se saisit de son encrié vide en fer et l'envoya en plein sur la tempe de la jeune fille. Du sang perla sur son arcade sourcilière, perdant l'équilibre elle s'affala le nez en plein dans une flaque d'encre. Le rire de Robin se fit entendre. Puis le bruit de la porte, et le juron de Mestre Nathan lorsqu'il fut confronté à la scène.

-Tous les deux, vous allez m'expliquer tout ça, dès que je serai certain qu'aucun de vous n'a de blessure mortelle.

Après avoir lavé et bandé la blessure de Joy, Mestre Nathan exigea de savoir les raisons de se déchaînement de violence.

Robin et Joy étaient si furieux l'un contre l'autre qu'ils ne purent pas même se mettre d'accord sur un mensonge commun, à la place, ils avouèrent toute la vérité. À l'entente de laquelle Mestre Nathan les condamna ainsi que, étrangement Bran, à dîner tous les trois dans la salle d'étude et à tirer les choses au clair de manière civilisée de sorte qu'il n'y est plus de tension entre eux. Ils protestèrent, un peu, surtout Robin, assurant qu'ils n'étaient plus des enfants et n'avaient pas à s'abaisser à cela, mais le Mestre, puis Sansa qui apprit l'altercation au repas du midi, furent tous deux intraitables. Joy était rarement triste ou honteuse, elle le fut clairement en voyant les mines graves et préoccupés de Sansa, Tyrion, Mestre Nathan et plusieurs occupants de la table principale. Elle avait horreur de causer des souci à des gens qui prenaient de leurs temps pour s'occuper d'elle. Même Robin sembla un peu embêté quand la bataille d'encre fut mentionnée. En fin d'après-midi, peu avant l'heure de sa punition, Joy toqua timidement à la porte de la chambre de Sansa, qu'elle savait être à l'intérieur.

-Qui est-ce ? demanda la voix de la jeune femme de l'autre côté du panneau de bois.

-Joy.

Joy pria pour que Sansa soit seule et qu'elle n'ait pas une fois de plus interrompu... quelque chose entre elle et Tyrion. L'adolescente sentit ses joues s'embraser à cette pensée mortifiante.

-Entre, répondit Sansa, d'une voix apparemment plus détendue.

Joy poussa le battant, et exhala un souffle soulagé : son interlocutrice était seule, affalée sur un fauteuil, une lettre dans la main, l'air exténué.

-Je... désolée, Lady Sansa, je suis venue vous présenter toutes mes excuses pour mon attitude de ce matin... cela a eu l'air de vous peiné beaucoup ce midi à table... et je sais que Robin est votre cousin et... je ne l'agresserais plus... sauf si... enfin non... et je ne me disputerai plus avec Bran... il ne faut pas le punir... il...

Joy sentit qu'elle perdait le fil de ce qu'elle était venue dire, les mots se mélangeaient dans son esprit. Mais elle avait besoin de tout dire très vite pour en être débarrassée

-Assieds-toi si tu veux, et respire, conseilla Sansa avec un sourire rassurant, je n'étais pas anxieuse à cause de ton attitude, tu n'as pas à t'excuser, je ne suis personne pour te faire la morale sur ça, juste avant la mort de mon père, à Port-réal j'avais ton âge ou presque et Arya et moi nous envoyions des alliments à la figure... ce qui ne veut pas dire que je t'incites à le faire !

Joy acquiesça vivement soulagée.

-Puis-je vous demander ce qui vous inquiète alors ? ne put s'empêcher de demander Joy.

-Ho beaucoup de choses, mais je ne vais pas me décharger sur toi, assura Sansa, avec détermination.

Joy jeta un coup d'œil à la pièce, à la recherche d'un indice et vit une robe propre sur le dossier de la chaise où Sansa était assise.

-Vous avez un rendez-vous avec l'un des lords Nordiens ? déduisit-elle, ce soir, et vous ne voulez pas y aller ?

Sansa l'observa avec surprise mais poussa un soupir et fit oui de la tête:

-Ser Clarrick Redcold, précisa-t-elle mécaniquement, le huitième depuis que ça a commencé, c'est ridicule. Et puis en attendant, ils prennent de la place à Winterfell, n'administrent pas leurs propres domaines... épuisent nos ressources.

Sansa se redressa et passa incérémonieusement la robe pardessus les vêtements qu'elle portait déjà. Joy la trouvait magnifique, ses cheveux roux tombaient en longues mèches soyeuses dans son dos. Sansa était dotée d'une forme de beauté bien à elle, que Joy ne pourrait jamais imiter. Ce n'était pas une beauté très joyeuse, mais quelque chose d'intrinsèquement Stark, de dure dans les contours strictes de sa robe d'hiver et l'expression de son visage ; et de fragile, dans son sourire. Cela lui rappela Bran, malgré les évidentes différences entre les deux et elle eut véritablement envie de pleurer. Elle comprit que le barrage de ses paupières avait cédé quand Sansa l'étreignit doucement. Oubliant toute retenue, Joy enfouit sa tête dans l'épaule de son aînée et éclata en de gros sanglots qu'elle retenait depuis trop longtemps.

-Ma tante Genna veut que je parte et que je me marie... peut-être qu'elle veut même que je me marie à Robin et..:je... quand je m'éloigne de Bran...

-Tu souffres, compléta Sansa doucement, Mestre Nathan m'en a parlé il cherche une solution, ainsi que de l'attitude de Bran à ce sujet, c'est pour cela qu'il la convoqué avec vous ce soir, on pense qu'il essaie de s'enfoncer dans le déni.

-Je ne veux pas l'embêter, souffla Joy, mais j'ai l'impression de perdre mon plus cher ami.

-Je ne suis peut-être pas celle avec qui tu devrais en parler, c'est mon petit frère, admit Sansa, mais il se comporte comme un idiot pour être bien vu des garçons de son âge, Robb faisait ça à un moment aussi, ça va vite lui passer, il doit juste être en train de s'habituer à ne plus être une créature fantastique, il va vite voir que ton amitié est plus précieuse que cela, œuf de dragon ou pas. Tous les Stark sont comme ça j'ai l'impression, nous rejetons d'abord ceux qui comptent pour nous, parce que nous avons du mal à faire confiance.

Joy haussa les épaules, mais garda un air peu convaincu

-Les garçons sont des abrutis, assura-t-elle avec un sourire.

-Oui, reconnut Sansa sereinement, puis après une pause: sans doute autant que les filles.

Elles rirent toutes deux puis laissèrent pendant un moment un silence confortable s'installer alors que Sansa finissait d'arranger ses cheveux.

-J'ai une idée ! s'écria soudain la Gardienne du nord, avec quelque chose de juvénile dans sa voix d'ordinaire d'acier, nous allons organiser une grande fête pour les hivernales, aux premiers signes du printemps, il n'y aura pas beaucoup de victuailles ou dE divertissements, mais nous les organiserons au mieux.

Joy sentit un frisson d'impatience la parcourir. Deux jeunes camméristes qui en discutaient près d'elle lui avaient expliqué en quoi cela consistait en disant qu'elles espéraient qu'on les fêterait. Joy trouvait l'idée exaltante et elle sut que, malgré tout, comme elle se l'était promis à la première évocation de ces festivités, son hivernal serait Brandon Stark, peu importe ce qu'il pourrait bien en dire.

-Vieille Nan, notre nourrice avait coutume de dire que tout peut changer aux hivernales, informa Sansa, si tu veux, écris à Ta tante lady Genna que tu resteras au moins jusqu'aux célébrations du printemps Nordien et que tu ne peux pas prendre de décision avant. Bien sûr je sais que cette fête ne changera pas vraiment grand-chose, mais cela t'achètes du temps.

-Merci beaucoup ! s'exclama Joy, se retenant à peine de sauter de joie.

-Ho tu n'es pas la seule à qui cela va faire plaisir, Faérie sera intenable quand elle l'apprendra. Mais il faut que j'y aille, et toi aussi d'ailleurs. Il ne faudrait pas que nous manquions nos dîners respectifs en si charmante compagnie !

L'expression sarcastique de Sansa la fit rire et elle se leva:

-À plus tard Lady Sansa salua-t-elle gaiement, ho et excusez mon audace mais... pensez à mon cousin Tyrion, cette situation doit être terrible pour lui aussi.

Sansa ouvrit de grands yeux choqués, et Joy recula en levant les mains en signe de rédition, alors qu'elle passait le seuil, elle entendit Sansa murmurEr:

-Je pense à lui, plus qu'à quoi que se soit d'autre.

Joy arriva donc pour sa punition, un large sourire aux lèvres, contrastant violemment avec les mines défaites des deux garçons.

-Pas la peine de faire ces têtes les garçons, vous allez juste manger entre vous, ce n'est pas un drame, s'exaspérait le Mestre, ah, te voilà, Joy, viens t'asseoir.

-Je n'ai pas fait de bataille d'encre, protesta Bran, je ne vois pas pourquoi je ne peux pas manger avec les autres.

-D'abord, personne ne mange ensemble ce soir, ta sœur et ses conseillers ont des responsabilités d'adultes et puis, tu insistes pour être traité comme un garçon ordinaire, hé bien, un jeune garçon ne devrait pas mépriser son cousin ou traiter avec tant de mépris et de froideur une jeune Lady à qui il doit sa vie.

Bran rougit, baissa les yeux sur son assiette encore vide.

-Ho, il ne s'est pas mal comporté ! s'empressa de défendre Joy, nous avions juste un petit désaccord.

-Le même genre de désaccord qu'avec Robin qui t'a jeté un encrié sur la tampe ? s'enquit Mestre Nathan.

Bran sursauta, aperçut sans doute les dégâts sur le visage de Joy, qu'elle trouvait déjà ingrat au naturel et lança un regard furibond à son cousin.

-Vous ne résoudrez rien avec moi au milieu, je vais dîner dans le petit salon à côté, au moindre bruit suspect, je reviens, informa Mestre Nathan.

Aussitôt qu'il fut parti, un domestique apporta les plats puis les laissa tous les trois.

Joy se servit généreusement, la gêne l'avait empêché de bien manger ce midi-là, et, se sentant plus sereine, elle avait désormais une faim de loup.

-Tu dois avouer que d'un point de vue objectif, ma proposition de mariage n'était pas si mauvaise, commença Robin en se servant.

-Peut-être mais tu n'y as pas mis les formes, répondit Joy, je t'aurais éconduit bien plus gentiment si tu n'avais pas insulté ma famille et mon physique au passage.

-Éconduit ? balbutia le garçon, sa bouche à moitié remplie de pommes de terre grande ouverte. Un peu dégoûtée et assez amusée, Joy s'enjoignit à la diplomatie, après tout n'était-ce pas la carrière qu'elle envisageait ? être diplomate ?

-C'est un mot qui signifie rejeter ta demande.

-Je sais ce que cela signifie, mais... tu dis ça comme si... comme si j'avais vraiment été... amoureux de toi.

-C'était ironique, informa Joy, mais nous sommes allés trop loin, nous agissons comme s'il s'agissait d'un jeu, alors que l'un comme l'autre, nous pourrions faire le choix d'un mariage arrangé, ou être forcé à le faire d'ici peu. J'ai tendance à tout prendre à la légère, mais je pense qu'on pourrait faire la paix. Nous ne sommes peut-être pas fait pour nous entendre mais restons civils.

-Je suis d'accord avec Joy, intervint Bran, je m'excuse Robin, j'espère que tu trouveras un moyen d'assurer la survie de la famille Arhin et que le Nord et le Val pourront rester des alliés, c'est notre responsabilité, comme c'était celle de nos parents avant nous. Nos mères étaient sœurs après tout.

-Bien, marmonna Robin, d'accord je ne peux pas retirer ce que j'ai dit sur ton nez mais désolé pour ça. fit-il en montrant la tampe enflée de Joy, la jeune fille se demanda ce que son nez pouvait bien avoir de si rebutant mais chassa rapidement cette pensée, peu importait.

Elle se fit la réflexion qu'acceppter la proposition de Robin lui aurait permis de rester à Winterfell, ils auraient eu de longues fiançailles car le garçon était encore jeune et sa tante Genna aurait été satisfaite. Elle eut un frisson, non, elle n'était pas assez forte, pas assez résignée pour se condamner à une vie sans amour. Si elle avait une chance, aussi minime soit-elle d'être un jour aimée, elle ne pouvait pas ce figurer que cela serait par Robin Arhin.

-J'imagine qu'on était tous énervés, concéda-t-elle.

-Et vous deux ? demanda innocemment Robin, le mestre voulait que vous vous expliquiez aussi.

Joy avala son eau de travers. Elle toussa, cacha son visage dans son mouchoir. Il n'y avait rien à faire pour sa dispute avec Bran et aucun mot ne devait être échangé devant Robin.

-Est-ce que vous vous disputiez pour la garde de votre œuf de dragon ?poursuivit le jeune garçon avec une moue mi-moqueuse mi-intriguée.

-Oui, mentit immédiatement Bran, il est à toi Joy, c'était juste... peu importe...gardes-le bien.

Bran était un excellent acteur, ou était-ce son malaise réel qu'il mobilisait à l'usage du mensonge ?

-Ho ... heu merci ! murmura-t-elle confusément.

La fin du repas se déroula sans annicroche et ils quittèrent la salle d'étude, en voulant aller souhaiter une bonne nuit au Mestre pour lui montrer leur réconciliation.

Ils entendirent les échos d'une conversation au bout du couloir.

Bran leur fit signe de se taire et ils avancèrent un peu, pour s'apercevoir que Mestre Nathan discutait avec Sansa. Ils s'entassèrent dans une niche creusée dans la roche du château.

-...Ser Gary Sleigh,... il nous espionnait pour Daenerys, faisait Sansa.

-Comment pouvez-vous en être sûre ? demandait Mestre Nathan.

-Ilirian a retrouvé des lettres qui en faisaient état.

Leurs voix s'éloignèrent.

-Wahou ! soufflèrent-ils tous d'une même voix.

Bran se remit le plus vite du choc, et celui-ci fut remplacé par la colère sur son visage. Pendant ce temps, Robin disait:

-C'est dommage qu'il n'y ait pas de porte de la lune ici, son exécution sera beaucoup moins drôle, mais, cela veut dire qu'ils seront bien trop occupés pour que le Mestre nous fasse un cours demain.

Le garçon semblait satisfait, Joy le regarda avec résignation alors qu'il bâillait et annonçait qu'il rejoignait sa chambre.

Joy ne comprit ce que cela impliquait que lorsqu'il fut trop tard et qu'elle se retrouva à fixer Bran.

-Cela va poser des problèmes à mes sœurs, à ma meute, marmona Bran, comme s'il n'avait pas entièrement conscience de sa présence.

-On les soutiendra, tenta-t-elle timidement, ne sachant pas si elle avait le droit de s'inclure si directement dans ses proches.

Bran sourit et ses traits se radoucirent:

-Je ne voulais pas en parler devant Robin mais je suis désolé Joy, pour ce matin. Je sais que tu n'inventes pas... parce que je ressens la même chose.

Joy sentit son cœur s'accélérer inconsidérément jusqu'à ce que Bran clarifie ses propos:

-Je... ma marque aux côtes elle semble brûler lorsque nous nous éloignons, Mestre Nathan travaille sur un remède mais il ne peut pas écrire à la citadelle pour demander de l'aide, alors ça pourrait prendre du temps.

-Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? demanda-t-elle, agacée.

-Parce que je ne veux plus être associé à toutes ces choses étranges répliqua-t-il, je ne pourrais jamais courir ou marcher sur de longues distances et je ne retrouverai sans doute pas l'équilibre pour être un bon combattant, je veux au moins être là et humain, pour ma famille et mes proches. Je veux être... juste Bran Stark, même si je ne sais pas exactement qui c'est encore.

Bran était adorable, surtout quand il s'exprimait avec cette nouvelle ferveur, cela ne l'empêchait pas de se sentir blessée par ses propos. Joy avait toujours été une fille ordinaire, elle n'était ni très belle, ni très douée pour quoi que se soit, n'était qu'une bâtarde. Bran avait toujours été un être merveilleux, du moins aux yeux de la jeune fille. Certes, elle s'était rendue compte en le connaissant autrement que par ouïe dire, que la corneille à trois yeux n'était pas facile à comprendre ou à apprécier. Mais elle avait l'impression d'avoir toujours pu observer Bran au fond de cet être mystique Et Bran, pour elle, n'était pas n'importe qui, Bran était un garçon plus sensible que beaucoup même s'il voulait le cacher, compatissant, rêveur et ambitieux et... Joy secoua la tête, elle devait se concentrer sur des émotions plus neutres, pour ne pas rougir.

-Je comprends, annonça-t-elle, plus courageusement, mais tu sais, je ne te poursuivais pas juste pour te harceler avec des choses surnaturelles... ça fait partie de nous, mais... je voulais aussi simplement qu'on discute de sujets ordinaires... qu'on soit amis.

-Vraiment ? Les autres garçons, mes écuyers et les autres jeune chevaliers pensent que tu veux qu'on soit ami parce que j'étais... que je suis toujours différent. C'est pas contre toi, mais ils disent que...

-Je me fiche pas mal de ce qu'ils peuvent dire, s'emporta-t-elle, même si ce n'était pas tout à fait vrai, mes parents m'ont eu hors mariage et sont ttous les deux morts très tôt dans ma vie, je sais ce que les gens peuvent dire. Est-ce que tu les crois ?

Sa voix trembla, la lampe qu'elle tenait aussi:

Il y eut un silence, durant lequel Bran parut sincèrement y réfléchir.

-Non, tu t'es jetée dans une rivière glacée pour me récupérer, sans te soucier de... l'œuf.

-Merci ! souffla-t-elle avec un sourire satisfait.

-Alors on peut être amis, admit Bran sans qu'elle put déterminer si c'était une autorisation ou une requête.

Sans que ni l'un ni l'autre n'ait pris une décision consciente, leurs mains se cherchèrent dans la semi-pénombre et s'étreignirent une seconde.

Joy ne put empêcher un petit picottement agréable de se répandre dans ses veines, mais elle sut tout de suite que ce n'était pas un phénomène magique, simplement sa réaction, à elle, sans doute bien banale à un pauvre garçon qui voulait tous juste être son ami.

Qu'importait ? Joy ne voulait de rien de plus qu'un ami, elle voulait encore n'être qu'une gamine et ne pas céder au système opressif qui voulait la forcer à se marier et à grandir trop vite.

Ils se quittèrent peu après pour regagner leurs chambres respectives, et Joy retrouva sa douleur familière au côte, quoiqu'elle ne savait pas si c'était son imagination, mais il lui sembla qu'elle passa plus rapidement que d'habitude.

Et lorsqu'elle sortit l'œuf de sa poche pour le déposer sur sa table de nuit, elle sentit qu'il était brûlant, et que quelque chose, à l'intérieur, palpitait.

Note : J'ai adoré écrire ça et pourtant c'est un des chapitre les plus enfantins depuis longtemps. Alors, j'imagine que ça soulève quelques questions. Pourquoi l'œuf de dragon est-il minuscule ? Qu'est-il arrivé à l'intrigue politique dE cette fic ? XD Sansa va-t-elle enfin se montrer plus mature qu'une fillette de quatorze ans ? (Ce n'est pas une insulte, je l'adore comme elle est !)

Un tas de questions auxquelles vous pouvez tenter de répondre par reviews ! À bientôt,