Charognard

disclaimer: je ne possède pas l'univers de "how to train your dragon" basée sur une série de livres de Cressida Cowell.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.
L'histoire se situe à la fin de la saison 1 de "Défenseurs de Beurk", juste avant que les Exilés ne capturent Dagur. Tous les événements de Cavaliers de beurk et Défenseurs de beurk sont réputés survenus sans intervention extérieure.

Chapitre 7 : les origines.

La soirée s'avança doucement entre discussions légères et sujets sérieux débattus avec rigueur. Marie monopolisa l'aîné charognard pour lui poser des tas de questions sur la gestion pratique de la communauté, leurs us et coutumes etc. On n'aurait pas pu choisir plus éloignés au niveau mentalité que cette tribu arriérée et barbare par rapport à l'éducation moderne des copies... ça promettait une cohabitation difficile source de nombreuses frictions. Elle interrogea aussi longuement les scientifiques relevés de leur fonction le temps de la soirée pour se détendre un peu après cette journée de dur labeur. Ainsi, elle apprit que le but du chef charognard était d'importer des individus avec des connaissances poussées en combat comme le gaillard muet ainsi que des armes modernes et inconnues ici afin d'augmenter la puissance de sa tribu et conquérir l'archipel.
M: « finalement, il en avait dans le ciboulot ce Ivan... »
Thux : « oh Ivan n'a rien fait du tout, c'était le projet de Ronan qu'il a juste continué après avoir pris le contrôle »
M: « hum, je vois... je me demande quand même comment il est parvenu à ce résultat » dit elle avec une perplexité visible. Mais sur ce point personne ne put lui répondre.

Enfin, la fatigue de cette éprouvante journée aidant, la cheffe décida d'envoyer tout le monde se coucher. Elle rejoignit ses quartiers ou son imposant ami s'arrêta à la porte tandis qu'elle entrait dans ses pénates. Elle entra, se saisit d'un fauteuil et d'une peau d'ours qu'elle amena dans le couloir pour assurer un minimum de confort pour son subalterne. La première chose qu'elle fit fut d'allumer un feu dans la cheminée pour réchauffer la pièce puis elle s'intéressa au lit. Elle le débarrassa de sa couverture et de son oreiller mais l'odeur semblait incrustée au cœur même du bois... non elle ne coucherait pas là ! Elle s'aménagea une couche de fortune avec les peaux de chèvre comme isolant du sol et une bonne fourrure d'ours en guise de couverture juste devant l'âtre. En attendant que l'atmosphère se réchauffe, elle alla fouiller dans la bibliothèque. Sur les rayonnages s'entassaient des livres variés : navigation, aéronautique, techniques de conservation des aliments, médecine par les plantes... les ouvrages hétéroclites trahissaient un amateur de savoirs variés : pile comme elle, au moins elle aurait des lectures intéressantes pour meubler ses temps morts... bien qu'elle doute en avoir beaucoup vu le travail à abattre. Un livre en particulier attira son attention : il était précautionneusement conservé dans un pupitre vitré et semblait très ancien. Elle décida de commencer par lui et le titre l'interpella beaucoup : ''magie et alchimie''. Un signet dépassait de l'ouvrage et, machinalement, elle ouvrit le livre à cette page. Quelle ne fut pas sa surprise d'y lire un chapitre sur les mondes et la façon de communiquer entre eux... c'était donc de là que tout était parti ! Par pure curiosité, elle feuilleta rapidement le bouquin pour lire les titres des chapitres : ''lévitation'', ''voyage dans les ténèbres'', ''invocation de démon''... si le quart de ce qui était inscrit dans ce livre était vrai elle deviendrait beaucoup plus forte et pourrait aisément tenir son rôle de chef (ce dont elle n'était pas du tout sûre pour le moment). Pour ce soir le chapitre sur les mondes ferait l'affaire, après dodo. Elle se changea, enfila une tunique beige brodée de fleurs qui ferait l'affaire pour la nuit ou personne ne la verrait attifée ainsi et se glissa sous la fourrure. Malheureusement, la lecture ne lui apprit pas grand chose de plus que ce que les scientifiques lui en avaient dit. Elle commençait seulement à réaliser concrètement qu'il leur faudrait tous refaire leurs vies ici. Enfin, elle souffla la bougie, se roula en boule (incapable de se mettre sur le dos avec ses blessures) et s'endormit.

Marie se réveilla doucement dans la chaleur de sa couche improvisée... elle avait étonnamment bien dormi pour une nuit à même le sol. Le feu était mourant dans la cheminée où il ne restait que des braises discrètes qui purent à peine allumer la bougie. Le froid de la nuit était à peine coupé par la chaleur qui se dégageait encore de l'âtre. Un coup d'œil par la fenêtre lui apprit que le ciel commençait à peine à s'éclaircir, l'aube sur le point d'apparaître... bien trop tôt pour la plupart des gens mais elle n'avait pas besoin de beaucoup de sommeil. Elle se changea devant la cheminée pour revêtir sa ''tenue de jour'', rangea le précieux livre dans son écrin puis s'éclipsa dans le couloir. Immédiatement, son grand compagnon se leva pour l'accompagner comme à son habitude... elle doutait même qu'il dorme... quel étrange personnage.

Elle se rappela qu'il lui fallait un nom et réfléchit tout en marchant vers la sortie. Elle chercha un nom qui en jette, qui inspire le respect... « dis moi mon grand est ce que ''the mountain'' te conviendrait comme nom... en abrégé ''Mount'' ? ». Elle se tourna vers le gaillard et il lui fit un discret signe de tête positif... décidément il n'était pas très expansif. « va pour Mount alors ». Elle passa silencieusement dans les longs couloirs plongés dans les ténèbres, devant la grand salle vide ainsi que les dortoirs et rentra dans la cuisine : elle alla au fond voir les tonneaux d'eau et s'aperçut qu'il fallait presque un tonneau entier chaque jour rien que pour boire et cuisiner or il n'en restait que trois pleins. Dagur était à moitié réveillé quand il vit le halo lumineux dans le couloir. Il leva la tête pour voir qui se promenait à une heure pareille et vit passer son double et son garde du corps. Sa curiosité n'avait pas diminué face à cette étrange situation et il décida de la suivre discrètement. Elle avait bien vu la première fois qu'on l'avait conduite à la sortie, on passait devant une armurerie : elle alluma une torche à sa bougie puis se mit à fouiller. Elle mit dans les mains de Mount un certain nombre d'armes diverses et variées. Une fois satisfaite, elle se dirigea vers la sortie : le temps de faire ça et l'aube grise s'était levée. Elle dirigea ses pas vers l'arène aux dragons, descendit dans la fosse et passa devant les boxes vides et sombres pour s'arrêter à peu près au centre : « ça va Mount tu peux déposer tout ça et, si tu veux bien, montes moi une cible au fond ». Son subalterne obéit prestement aux deux demandes et alla au fond de l'arène monter un tonneau muni d'une cible sur une base de deux autres tonneaux pour former une cible idéale pour l'entraînement. « ne restes pas là tout près...tu risques de te ramasser un projectile perdu » Mount revint vers sa maîtresse d'un pas lent (probablement un signe de désaccord avec la prudence excessive de sa supérieure) pour rejoindre sa place juste derrière elle. Dagur retira son casque et se glissa furtivement au bord de l'arène pour espionner à son aise.

En premier elle choisit l'arc à flèche : elle banda l'arc, encocha et tira un trait qui alla se planter droit en plein cœur de la cible « j'ai pas perdu la main » dit elle en se remémorant sa pratique pendant plusieurs années en tant que sport. Elle se saisit d'un deuxième projectile et le tira de la même façon : le trait atteint le premier de plein fouet en fendant le bois en deux avant de se planter dans l'exact centre de la cible lui aussi « intéressant ». Elle remisa l'arc pour s'emparer de l'arbalète « alors, comment ça marche ce truc » dit elle en armant la corde et plaçant le carreau. Elle épaula, prit un instant pour viser et décocha son tir : le carreau coupa la flèche en deux avant de se ficher dans la cible « bien, bien tout ça ». Elle abandonna l'arbalète au profit d'une hache simple mais la distance avec la cible allait fortement compliquer les choses. Elle se mit dans la position qu'elle estimait la plus appropriée à savoir... celle d'un joueur de bowling prêt à lancer la lourde boule. La hache tournoya quelques fois avant de fendre le carreau et de s'enfoncer dans le cœur de la cible « cool » s'enthousiasma la jeune femme. Elle passa à une arme nettement plus singulière en s'emparant... d'une fourchette ! Là encore le lancé nécessitait de la puissance et elle procéda comme pour la hache : le couvert partit comme une flèche pour se planter dans le bois du dos de la hache « wouhou, demain on essaiera avec des cibles mouvantes ! ».

C'est le moment que choisit August pour signaler sa présence en faisant sursauter le chef parenvrille: « hum, hum... désolé de t'interrompre dans ton...lancé de fourchette mais on te cherche pour le p'tit dej » « OK j'arrive » dit elle en se dirigeant vers sa cible. Une fois arrivée à portée elle dégaina son fouet à toute vitesse pour attraper la hache par le manche et la ramener vers elle. Elle désolidarisa la fourchette de la hache et remit tout ça sur le tas d'armes maintenant délaissées, satisfaite d'elle même.
A:« tu sais ça me stresse le bruit de ton machin qui claque »
M:« je suis sûre que tu stresserais encore plus avec une lance de charognard sous la gorge »
A: « pas faux... et la fourchette c'est pourquoi ? »
M: « l'histoire nous a prouvé qu'on a pas toujours une vraie arme sous la main, faut se débrouiller avec ce qu'on a »
A: « ah OK »
Dagur attendit que les trois soient rentrés dans la gueule béante de la falaise pour sortir de sa cachette, s'épousseter et remettre son casque pour rentrer à son tour discrètement. Il rentra donc bon dernier dans la grand salle bruyante des diverses conversations qui s'y menaient. Bien sûr Vorg lui avait gardé une place à coté de son équipage « vous étiez où chef ? » « euh... je me suis réveillé tôt alors je suis allé marcher un peu ». Les siens acceptèrent son explication sans conditions.

Le petit déjeuner se passa avec entrain, la bonne humeur régnait. Marie mangea avec appétit le pain garni de confiture qu'on lui proposait... se doutant que cette abondance prendrait bientôt fin avec les prévisions alarmistes de Thux... elle se doutait bien que les réserves allaient s'épuiser rapidement si elles n'étaient pas prévues pour ça. Au moins, Archie avait dégotté de l'excellent thé dans les cavernes et la jeune femme s'en fit servir une tasse, soufflant dessus pour la refroidir. Soudain elle entendit un bruit qu'elle identifia aisément au désormais familier son d'une arbalète qui se déclenche, inconsciemment son cerveau calcula la position du tireur en triangulant le son entre ses deux oreilles. Elle se saisit de l'épaisse planche à pain qui venait de lui servir pour l'interposer entre sa tête et le carreau meurtrier. Celui se ficha dans le bois avec émissions d'échardes et de copeaux pour s'arrêter à deux/trois centimètres de sa tête. August qui s'apprêtait à enfourner sa miche de pain la lâcha de stupeur tandis qu'un silence religieux se faisait dans la salle. Mount exprima pour la première fois une émotion en fronçant les sourcils de colère, se leva et se précipita pour se saisir du responsable et le ramener par la peau du cou devant sa maîtresse. Celle ci posa calmement la planche inutilisable, bu une petite gorgée de thé avant de reposer sa tasse et se tourner vers le rebelle
M:« alors, une explication peut-être ? »
homme : « jamais je n'accepterais d'être dirigé par une femelle ! Ivan lui c'était un chef... toi t'es une gamine qui joue avec le feu »
M: « bien bien... soyons compréhensifs, si tu aimais tant que ça ton chef bein on va mettre ta tête à côté de la sienne, comme ça vous ne serez pas séparés ».
Un simple regard à Mount et le surhomme comprit les désirs de sa supérieure : il attrapa la tête du charognard et lui brisa la nuque d'un coup sec avant d'abandonner le corps inerte pour se rasseoir. « débarrassez moi de ça, vous savez ce qu'il vous reste à faire » annonça t-elle d'un ton calme sans élever la voix à l'attention du reste de la tribu pétrifiée. Puis elle reprit sa tasse pour inciter à reprendre là ou ils en étaient mais la salle était maintenant peuplée de murmures et bruissements indistincts.
Archie : « j'ai plus faim moi tout d'un coup »
Deux charognards qui avaient fini de manger se chargèrent de porter le corps loin des yeux.