Charognard
disclaimer: je ne possède pas l'univers de "how to train your dragon" basée sur une série de livres de Cressida Cowell.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.
L'histoire se situe à la fin de la saison 1 de "Défenseurs de Beurk", juste avant que les Exilés ne capturent Dagur. Tous les événements de Cavaliers de beurk et Défenseurs de beurk sont réputés survenus sans intervention extérieure.
Chapitre 8 : la débrouille
Quand tout le monde eu fini de manger, Marie annonça : « il me faut 14 d'entre vous pour une mission avec moi aujourd'hui, que les volontaires fassent un pas en avant ». Mais aucun d'entre eux ne s'avança. « si personne ne se dévoue vous aurez un blâme collectif, au bout de trois blâmes vous jeûnerez un jour ! ». Un charognard leva la main et la jeune femme l'autorisa à parler « ça veut dire quoi chef ? » ; elle se pinça l'arrête du nez de dépit : « ça veut dire que vous aurez tous un mauvais point, au bout de trois mauvais points vous passerez toute une journée sans manger, c'est plus clair là ? » « oui chef » « alors je répète, qui est volontaire ? » la motivation semblait revenue dans les rangs et 7 d'entre eux s'avancèrent. « bien on avance : je vais compléter moi même, les 7 en partant de la gauche sont désignés d'office » dit elle en pointant du doigt les désignés. « Pour le reste y a du travail avec mes collègues : Nisha en cuisine, Archie aux entrepôts et Silver sera responsable en mon absence »
M:« allez on vient avec moi »
Charognards : « oui chef »
M: « Pierre ? »
Pierre : « quoi ? »
M: « tu n'as pas oublié notre petite conversation d'hier... »
P: « nan je viens pas j'ai pas envie, en plus on sait même pas ce qu'on va faire »
µLe fouet cingla l'air pour mordre la chair tendre du fessier « ouille ouille »
M: « dépêches toi ou je te rajoute la corvée patates en plus »
P « d'accord je viens, je viens »
M: « alors allez chercher les tonneaux à eau et chargez en deux par barque, trouvez des pelles et des pioches ainsi que des contenants style poêlons, marmites PROPRES »
Charognard : « dites chef... vous allez pas nous faire ramer jusqu'à l'île aux ours ? »
Le fouet trouva aisément sa nouvelle victime dans un claquement sec.
M: « quand bien même ce serait le cas vous n'avez strictement rien à dire juste à obéir, bien compris ? »
Charognards « oui chef »
La petite troupe se dispersa en vue de satisfaire aux (strictes) exigences de leur cheffe. La jeune femme en profita pour se rendre dans ses appartements pour prendre dans la malle une cape chaude remarquée la veille. En redescendant vers le port elle se prit une longue vue puis alla sur la jetée surveiller les préparatifs. En attendant la complétion des tâches demandées, elle s'intéressa aux deux têtes maintenant plantées juste à côté de la jetée... *je me demande, avec le climat local, si elles vont pourrir ou se momifier...je parie qu'elles vont se momifier avec l'air froid et sec (tant mieux elles dureront ça plus longtemps)* pensa t-elle pour elle même. Bientôt, toutes ses directives furent accomplies et les participants attendaient la suite des événements.
M: « ça va, tout le monde à trouvé ? »
Charognards : « oui chef »
M: « bien alors, on embarque deux par barque et on mets le cap sur l'iceberg »
Pierre : « c'est stupide : il ne saurait pas y avoir de source sur un iceberg ! »
cette fois le redoutable serpent de cuir s'enroula autour de la gorge du fautif, une traction plus tard et Pierre s'écrasait le nez par terre en face de la cheffe « c'est moi que tu traites de stupide ? »
P: « non, non... c'était une remarque comme ça : t'énerves pas ! »
M: « je n'aime pas ton attitude : pour t'aider à réfléchir tu seras de corvée patates pendant une semaine ! » dit elle en déserrant la prise de son arme. La victime toussota en reprenant son souffle.
Les barques entamèrent enfin leur route vers la montagne flottante : 7 barques chargées de tonneaux et une barque accueillant la cheffe, son ombre et un Pierre un peu défranchi qui fut ''invité'' à travailler sa musculature en ramant. Les 8 petites embarcations parcoururent en moins d'une demi heure la distance qui les séparaient de l'iceberg dérivant paresseusement au large de leur île. Arrivés sur place, les marins arrimèrent les embarcations comme ils purent puis attendirent les indications de leur chef. « bien, je vous invite à prendre un morceau de glace et à le sucer ». Les hommes se regardèrent perplexes... soudain retentit le bruit sec du cuir claquant sur le cuir tandis qu'elle faisait sonner son fouet entre ses mains. Tous se précipitèrent pour obéir à son invitation. « alors c'est salé ? » « non chef » dirent ses hommes perplexes. « que je vous explique : un iceberg ce n'est pas de l'eau de mer gelée mais de la neige compactée et la neige c'est... » personne pour répondre, ses hommes se tortillaient nerveusement. Elle souffla de dépit « de l'eau douce ! La neige c'est de l'eau douce comme la pluie »
Charognards :« aahh, oui chef! »
M:« alors, la marche à suivre : vous choisissez une rigole de fonte, vous creusez un puisard et vous écopez pour remplir les tonneaux »
Charognard : « c'est quoi un puisard ? »
M: « un trou, vous creusez un trou dans lequel l'eau va s'accumuler puis vous remplissez les tonneaux en écopant. D'autres questions ? »
Mais personne ne demanda plus de précisions et d'un signe de tête elle envoya ses hommes à la tâche.
Pendant ce temps, elle entreprit de grimper sur le point le plus haut pour observer l'horizon. Son imposant ami était bien trop lourd pour la suivre donc il resta docilement au pied de la montagne en la suivant des yeux. Quelques minutes plus tard, elle était à son poste d'observation et commença à scruter l'horizon sans néanmoins trouver quoi que ce soit d'intéressant. Un bruit attira son attention au pied du massif gelé mais de l'autre côté que les barques : elle vit un petit groupe de gros animaux marins semblables à des morses qui paressaient sur la glace. Elle se dit qu'une de ces bêtes serait un apport d'appoint en viande parfait... mais elle ne disposait pas d'armes hormis son fouet et un couteau à sa ceinture. Qu'à cela ne tienne, elle avait déjà fait mieux avec moins que ça : elle se laissa souplement glisser le long de la pente jusqu'en bas où elle sauta sur le dos de la créature la plus proche tandis que le groupe tentait de plonger dans les flots pour se protéger. Elle enfonça son couteau entre la base du crâne et les premières vertèbres et tourna vigoureusement dans un craquement sec ; le ''morse'' s'effondra puis ne bougea plus. Elle lui ouvrit la carotide pour qu'il se vide de son sang en vue de la consommation puis s'assit sur la carcasse pour profiter un peu du calme et de la solitude. Mount, ne voyant plus sa supérieure sur le sommet de l'iceberg, entreprit d'en faire le tour et la trouva en pleine méditation. Comme à son habitude il vint près d'elle et s'immobilisa silencieusement. Après une demi heure, elle ouvrit les yeux, se leva et demanda à son silencieux ami de se charger de la carcasse : il jeta négligemment sur son épaule le corps qui devait pourtant peser dans les 300 kilos. Ils firent le tour du sommet pour retrouver le groupe puis il posa la prise dans leur barque « on sera un peu à l'étroit mais au moins on ne mourra pas de faim aujourd'hui » dit elle avec une pointe d'ironie.
Pendant ce temps sur la terre ferme, Dagur s'était emparé d'une longue vue et observait avec attention son double. Même avec cet instrument, c'était un peu loin mais il put quand même suivre à peu près ce qui se passait. Juste après qu'il ait vu le guerrier muet ranger la prise dans la barque, la longue vue lui fut arrachée des mains par Silver « qu'est ce que vous fichez ? Je suis à peu près sûr que la cheffe n'apprécierait pas du tout de se savoir épiée de la sorte... si vous avez trop de temps libre, je peux arranger ça »
Dagur : « hey, reprends ta mission et laisses nous en paix... on ne fait pas partie des Charognards : tu n'as aucun ordre à nous donner ! » répondit le jeune chef irrité.
Silver : « on va voir ça : corvée patates ! »
Sauvage: « corvée patates ? »
S: « allez en cuisine vous pèlerez les patates et les légumes ! Et si j'apprends que vous ne vous êtes pas pliés à la sanction je vous colle au trou dans le noir comme vos petits camarades »
D: « hey ce sont pas nos amis »
S: « je m'en fiche éperdument : si vous ne respectez pas les règles de l'île on vous colle aussi sur ce bateau et vous vous débrouillerez entre vous ! »
Les parenvrilles comprirent bien que ça ne plaisantait pas. Certains étaient plus impitoyables que leurs origines auraient pu le laisser penser.
D: « Ok Ok on y va » dit le jeune chef en s'éloignant d'un pas traînant, visiblement contrarié... mais il ne souhaitait pas voir sa tête rejoindre la petite collection morbide de son double.
Les tonneaux furent enfin tous pleins et refermés pour être re-rangés dans leurs barques respectives. Les hommes étaient prêts a fournir l'effort du retour tandis que leur cheffe donnait le signal de départ. Cette fois, lourdes de leur chargement, les petites embarcations avancèrent beaucoup plus lentement qu'à l'aller et il fallut près d'une heure pour retrouver les eaux calmes du port. Les barques étaient à nouveau soigneusement arrimées aux pontons, les hommes faisaient de gros efforts pour décharger et conduire les tonneaux à la cuisine ; Thux vint aux nouvelles pour savoir quelle était cette mystérieuse mission... et fut très étonné de voir tous les tonneaux d'eau bien pleins et déjà de retour : « où avez vous trouvé de l'eau douce ? » demanda t-il à ses hommes « sur l'iceberg, c'est de l'eau douce comme la cheffe le pensait ». Quand on parle du loup... la cheffe sauta de sa place précaire sur la barque bien chargée pour tendre la ligne d'arrimage à un charognard venu aider à la manœuvre.
Thux : « vous avez trouvé de l'eau douce sur un iceberg ? »
M: « comme je leur ai expliqué : un iceberg c'est de la neige tassée donc de l'eau douce oui »
T: « vous voulez dire... qu'on se tape depuis toujours le chemin jusqu'à l'île aux ours alors qu'on pouvait se servir directement près de notre île ? » gémit le vieillard dégoûté.
M: « j'en peux rien moi si vous n'y avez jamais pensé... en tout cas le problème d'eau est temporairement réglé et un petit sursis pour la nourriture aussi » dit elle pendant que Mount déchargeait la proie pour l'emmener en cuisine.
M: « Pierre ! Ramasses tous les ustensiles qui ont servi à écoper et ramènes les en cuisine ou tu en profiteras pour prendre ton tour de corvée patates ! »
L'ado s'exécuta en maugréant et en traînant les pieds.
Dans la cuisine, Nisha dû faire avec cette invasion de charognards en déroute qui ramenaient pèle-mêle les tonneaux d'eau à stocker au fond de son espace (bien qu'au fond d'elle elle était soulagée que des solutions avaient été trouvées pour les problèmes les plus urgents). Elle et les femmes de la tribu furent impressionnées de voir le guerrier silencieux apporter l'énorme masse de viande et de graisse que représentait cette carcasse inattendue. Pierre arriva un peu après tout penaud pour rapporter les ustensiles empruntés.
Nisha : « alors Pierre, ça a été ? T'as pas l'air au top... »
Pierre : « non ça va... juste que l'autre psychopathe a failli m'étouffer et m'a collé une semaine de corvée patates »
N : « te connaissant... elle avait sans doutes de bonnes raisons. Enfin bienvenue à toi à PatateLand où tu ne seras pas seul vu que tu as déjà des copains sur place » ironisa la jeune femme en désignant les parenvrilles harassés qui essayaient de faire des pelures acceptables. L'adolescent prit un tabouret et s'assit à côté de ses compagnons d'infortune pour commencer sa punition.
P : « alors, vous avez fait quoi pour écoper de la sanction de la honte ? » demanda t-il à Sauvage son voisin.
Sauvage : « bah presque rien mais le Silver là... il prend son rôle très au sérieux !... et toi ?»
Pierre : « oh moi juste une petite remarque en passant... mais elle a le fouet chatouilleux et bam ! Une semaine de corvée»
Vorg : « pas de chance mais faut avouer qu'elle a bien fait comprendre qu'elle n'aimait pas les remarques... tu ferais mieux de t'en abstenir tout simplement »
Dagur : « chut ! »
Pierre : « pourquoi est ce je me tai... » mais en plein milieu de sa phrase la cheffe déboula dans la cuisine et il décida de prendre très au sérieux le conseil de Vorg. Les femmes de la cuisine et leur cheffe se réunirent dans un coin pour discuter : Marie s'enquérissait de ce qu'elles pourraient tirer de la carcasse : la viande bien sûr, la graisse pour tremper des bougies, des boyaux pour faire des saucisses et des abats pour faire une farce... hormis quelques éléments (peau, cerveau, os) tout trouva des débouchés.
Une solide charognarde à la chevelure tressée : « au moins avec tous ces ''assistants'' on aura le temps de tout faire... c'est vraiment super comme punition : joindre l'utile à l'agréable... »
Pierre : « Pff, pas agréable pour nous... »
M: « pardon Pierre... tu disais quelque chose ? »
P: « non... non je jurais juste sur cette patate qui veut pas se laisser peler haha ! »
La jeune femme émit un grondement sourd avant de tourner les talons et sortir vaquer à d'autres occupations.
Nisha : « tu l'as échappé belle Pierre... ne la sous estimes pas ! Le dernier qui l'a fait à gagné un joli emplacement dans le port avec vue... enfin une partie de lui. »
Pierre : « ouais ouais... j'ai compris merci »
Le chef parenvrille n'avait pas perdu une miette de l'échange, essayant de construire un tableau d'ensemble avec les bribes d'information qu'il glanait à gauche ou à droite mais ça ne semblait pas très aisé : elle semblait... pleine de paradoxes.
