Charognard

disclaimer: je ne possède pas l'univers de "how to train your dragon" basée sur une série de livres de Cressida Cowell.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.

L'histoire se situe à la fin de la saison 1 de "Défenseurs de Beurk", juste avant que les Exilés ne capturent Dagur. Tous les événements de Cavaliers de beurk et Défenseurs de beurk sont réputés survenus sans intervention extérieure.

Chapitre 10 : nouveau pouvoir

De retour dans ''sa'' chambre, elle alluma un feu dans l'âtre et se changea rapidement devant le feu commençant à répandre sa douce chaleur. Elle alla chercher le grimoire et se glissa sous la fourrure pour une petite lecture de santé. Elle choisit pour commencer un titre qui lui plaisait particulièrement : ''voyage dans les ténèbres'' et passa toute la soirée et une partie de la nuit à lire et surtout comprendre ce chapitre nébuleux. Il y était question de se fondre dans l'ombre et pouvoir ressortir n'importe où il y avait des ténèbres... Marie se rappela que Thux lui avait parlé de disparitions et réapparitions mystérieuses. Il est vrai que dans ce complexe sombre et mal éclairé cela donnait un net avantage : on pouvait disparaître de partout et réapparaître n'importe où ! Il était tard quand elle eu finalement une idée assez claire de ce dont parlait le livre à ce sujet. C'était relativement simple en fait : il fallait s'imaginer les ombres comme un matériau liquide dans lequel on s'immergeait pour disparaître, on imaginait ensuite le point d'arrivée dont on émergeait comme si on sortait de l'eau. Simple... trop simple, elle doutait de la pertinence de l'écrit. Comme tout le monde devait dormir à cette heure et qu'il faisait bien noir... c'était le moment idéal pour essayer. Elle se leva et enfila ses bottes avant de se mettre dans un coin sombre de la chambre. Elle ferma les yeux et visualisa une surface d'eau calme juste derrière elle ; elle recula en imaginant se plonger dans une piscine d'eau chaude et bienfaisante. En rouvrant les yeux elle vit sa chambre comme au travers d'un prisme, de nombreux autres prismes peuplaient ce monde d'apesanteur mais dès qu'elle visualisait dans son esprit un lieu, le prisme correspondant apparaissait devant elle. Elle se concentra sur l'image de la grand salle et vit la pièce correspondante apparaître, seulement baignée dans la lumière blafarde des braises mourantes. Elle se concentra pour s'imaginer sortir du miroir de l'eau dans un coin de la salle. Étonnamment cela marcha sans le moindre problème et elle se trouva dans la grand salle simplement vêtue de sa tunique. Se rendant compte du danger que représenterait la découverte de sa nouvelle habilité, elle retourna dans le monde des ténèbres. Cette fois, au lieu de s'imaginer un lieu elle parcourut librement l'espace peuplé de prismes : dans chacun d'eux un coin d'ombre était représenté, les prismes les plus proches étaient les coins d'ombre les plus proches... elle se dit donc que tous les coins d'ombre du monde devait être représentés dans ce monde de ténèbres et qu'elle pourrait voyager n'importe où. En se déplaçant librement elle aperçut dans un prisme ce qui lui sembla être un dortoir : elle entendait les puissants ronflements et sentait même l'horrible odeur fauve... ainsi elle pouvait même espionner à travers ces prismes sans que les victimes ne s'en aperçoivent. Elle était vraiment ravie de son nouveau pouvoir... elle espérait que tout ce qu'il y avait dans le grimoire serait vrai, lui octroyant d'incommensurables pouvoirs. Elle joua un peu en observant le dortoir sous plusieurs angles et fini par fixer son attention : dans un coin, à côté d'une silhouette emmitouflée dans une fourrure reposait le familier casque du chef parenvrille. Elle sortit des ténèbres pour le regarder de plus près. Endormi de la sorte elle le trouvait mignon... qu'il avait l'air gentil. Son visage se crispa et il se mit à marmonner dans son sommeil...s'il rêvait ça ne devait pas être un beau rêve. Elle s'accroupit à côté et lui caressa doucement la joue du revers de la main. Il se calma et chercha inconsciemment à prolonger le contact en frottant doucement sa joue sur la main amie. Elle le caressa une dernière fois avant de disparaître dans les ténèbres pour retrouver l'intimité de sa chambre. Elle se recoucha et arriva enfin à dormir.

Le lendemain matin, elle s'éveilla sensiblement plus tard et l'aube était levée mais encore grisaillante ... le prix à payer pour aller dormir tard. Elle s'étira avant de se lever en frissonnant : à cette heure, le feu était bel et bien mort. Elle se changea très vite pour moins ressentir la fraîcheur mordante. Une fois prête elle rangea le grimoire à sa place avant de sortir pour se rendre à la grand salle. Bien sûr, son grand ami attendait qu'elle sorte pour la suivre docilement. Arrivée sur place, elle constata que les femmes étaient déjà à pied d'œuvre pour préparer le petit déjeuner et une bonne odeur de pain frais se répandait dans les couloirs sans pouvoir masquer la puanteur ambiante... on dit qu'on s'habitue à tout mais elle doutait de jamais pouvoir se faire à ces odeurs infectes. Aujourd'hui, le déjeuner se passa sans encombres et dans la bonne humeur.

Une fois tout le monde rassasié, la cheffe se leva pour retourner dans sa chambre : elle avait vaguement vu une carte roulée sur un rayonnage... elle allait demander à Thux pour en savoir plus sur la situation géo politique de la tribu. L'exercice fut fastidieux (le vieil homme ne sachant pas lire ni du texte ni une carte). La carte indiquait au moins cette ''île aux ours'' où la tribu se fournissait en eau et, en demandant le temps de navigation nécessaire pour l'atteindre (soit une journée entière de trajet) elle put extrapoler l'échelle et les distances réelles sur la carte. Elle fut interloquée de constater qu'il n'y avait pas une seule île fertile à moins d'une journée de voyage... pourquoi s'établir si loin de tout et se compliquer la vie inutilement ? Elle comprit aussi implicitement qu'avec la nature même de leur territoire si pauvre en ressources le ''charognage'' (comprenez de la piraterie améliorée) était absolument nécessaire pour survivre. Elle remarqua aussi sur la carte l'île de parenvrille à 3 jours de voyage et demanda quelles étaient leurs relations... et se vit répondre que tout le monde craignait les charognards et qu'aucune tribu n'était leur alliée. Voilà une situation bien précaire... un dernier point l'interpella : une zone ou étaient représentées plusieurs aiguilles rocheuses appelées ''la passe de l'enfer''. Thux lui indiqua qu'il s'agissait d'une zone de récifs aux forts courants très dangereuse ou de nombreux bateaux s'étaient fait prendre et que c'était à présent un véritable cimetière marin. Une fois sa curiosité satisfaite, elle libéra l'aîné pour qu'il vaque à ses propres occupations et retourna ranger la carte à sa place.

Elle se fit mentalement la réflexion que si elle devait rester longtemps ici quelques changements s'imposaient : nettoyer les appartements de fond en comble, se fabriquer un nouveau lit qui ne pue pas et, dans l'idéal, il lui faudrait un bureau où travailler. Néanmoins elle concevait très bien que les ressources en bois étaient elles aussi limitées et qu'il lui faudrait trouver un système D. Elle alla chercher dans la cuisine un seau, une brosse et un chiffon propre pour entamer le nettoyage chez elle... qui se ferait à l'eau de mer mais c'était mieux que rien. Elle passa la fin de la matinée et le début d'après midi à frotter, décrasser et astiquer le petit appartement en commençant par la précieuse bibliothèque. Il lui fallut pas moins de 5 seaux d'eau pour ravoir la pièce propre puis elle laissa la fenêtre grande ouverte pour sécher et aérer les pièces. Malheureusement pour elle l'odeur ne fut pas extirpée du bois grossièrement équarrit du lit... elle décida donc de s'en débarrasser. Avec un pied de biche emprunté aux entrepôts, elle démonta la couche sommaire et remisa les morceaux dans le tas de bois de chauffage : en dernier lieu il brûlerait dans l'âtre.

Cela fait, il lui fallait trouver une autre activité pour aller jusqu'au souper... elle mourrait d'envie de retourner fouiller mais son devoir de chef devait passer avant tout ! Elle retourna à la grand salle ou traînaient deux/trois charognards, Pierre, les siamoises et l'équipage parenvrille. Elle n'aimait guère voir des oisifs... c'était un terreau fertile à la contestation. Elle choisit de s'approcher d'abord des autochtones qui se détendaient devant une chopine et choisit l'un d'entre eux :
M:« toi, viens avec moi »
charognad :« qui moi ? »
M:« oui toi »
Elle entraîna sa ''victime'' jusqu'au dortoir ou elle les enferma tous les deux en laissant Mount surveiller la porte.
M: « alors, dis moi charognard... est ce que tu vois quelque chose qu'on pourrait faire pour améliorer la vie ici ? »
Charognard : « euh moi ? C'est que j'y ai jamais pensé... »
M: « ne me prends pas pour une nouille, tout le monde pense aux améliorations qu'il pourrait avoir dans sa vie »
C: « euh en fait... »
M: « oui ? »
C: « j'aimerais bien qu'on ait plus souvent du dessert cheffe »
M: « j'en prends bonne note... rien d'autre ? »
C: « non cheffe... la vie c'est la vie »
M: « bien, merci de ton aide, tu peux retourner à la grand salle et envoies moi un de tes petits camarades »
C: « bien cheffe »

Elle reçu ainsi en privé tous les charognards qui traînaient à la grand salle, leur posa la même question et reçu des réponses variées : des activités pour meubler les longues soirées, permuter plus souvent les équipages des vaisseaux avec ceux chargés de rester sur place et même... plus de fenêtres au complexe. Elle était à la fois surprise et ravie que ces hommes aient une si petite ambition... ou bien ils cachaient bien leur jeu. Il lui serait facile de mettre en place quelques petites améliorations qui raviraient la populace et lui attirerait de la sympathie.

Tout cela ne lui prit pas plus d'une heure et elle dut à nouveau se trouver une occupation. Elle choisit d'aller un peu explorer le niveau inférieur... une ''ville fantôme'' cela éveillait sa curiosité. Elle descendit les escaliers et laissa son garde du corps à l'entrée du complexe inférieur. Ensuite elle s'éloigna un peu, marquant à la craie le chemin emprunté. Une fois hors de vue de son grand ami, elle se glissa dans les ténèbres et parcouru rapidement les prismes alentours pour avoir une vue d'ensemble : elle vit d'immenses salles vides, des cachots encore garnis de tas d'os et de paille moisie, des couloirs labyrinthiques et... une sorte de grotte intérieure dans laquelle s'engouffraient inlassablement les vagues. Elle fut attirée par cet espace très particulier et y émergea : une volée de marches conduisait au niveau de l'eau et même s'enfonçait un peu dans les flots. Elle devina aussi les restes de pilotis sous la surface rugissante, vestiges d'un très ancien ponton englouti par le temps. Elle décida qu'elle devait demander à Thux s'il savait quelque chose à ce sujet car elle avait déjà une idée pour utiliser cet endroit très particulier.

Pendant ce temps, les parenvrilles s'ennuyaient ferme... se demandant quand ils pourraient quitter cet endroit malsain. Dagur décida d'occuper l'esprit de ses hommes à quelque tâche utile : aller fouiller les cavernes d'ali baba les occuperait tout en servant à quelque chose à leur hôte. Il avait bien compris qu'être ''inutile'' sur cet île pouvait être très dangereux. Il conduisit ses troupes vers les entrepôts et laissa à Archie (ravi de cette main d'œuvre supplémentaire) décider de la place de chacun. Alors que le chef attendait son tour il vit August s'éloigner seul dans le sombre couloir. Il donna des coups de coude à Sauvage et Vorg pour qu'ils le suivent.
Archie : « hey où allez vous ? »
Dagur : « on a encore un petit truc à faire... on sera bientôt de retour »
Ils pressèrent le pas pour rattraper le jeune homme et Dagur s'imposa à lui en lui mettant l'un de ses couteaux sous la gorge tandis qu'il le coinçait contre la paroi :
Dagur: « alors ''crapaud'', il faut qu'on parle un peu »
August : « ça me semble un peu excessif pour une petite discussion » bredouilla t-il avec la peur au ventre. Il s'imaginait bien devoir se méfier des charognards mais il ne pensait pas avoir à redouter les parenvrilles.
D: « ne t'en fais pas, si tu réponds à mes questions de manière satisfaisante il ne t'arrivera rien... alors appliques toi »
A: « OK » répondit le jeune homme après avoir douloureusement avalé sa salive.
D: « racontes nous un peu comment cette ''Marie'' est devenue chef de ces barbares »
A: « on vous l'a dit : ''qui tue le chef, devient le chef ''»
D: « ça j'avais bien compris... moi je veux l'histoire en détails » dit il en appuyant sa lame un peu plus fort
A: « ok je vais raconter mais enlèves ce truc de ma gorge ou je vais tomber dans les pommes... tu seras bien avancé si c'est le cas »
Dagur réfléchit un petit moment puis décida que ce gringalet ne présentait de toutes façons aucun danger et retira l'arme de son emplacement privilégié. August souffla de soulagement.
D: « alors ça vient ?»
A: « que veux tu savoir exactement ? »
D: « tout depuis le début »
A: « je vais essayer »

August rassembla son courage et ordonna ses souvenirs pour faire son récit : il raconta leur arrivée agitée dans la cellule (éclairant au passage les parenvrilles sur la raison pour laquelle le guerrier surhumain obéissait à une ''vulgaire fille''), le sort qui leur était réservé et la rébellion de son amie, sa propre situation qui amena un rebondissement imprévu et enfin la façon dont elle avait réglé le problème devenant au passage le chef de cette tribu. Dagur écouta le récit avec une moue appréciatrice... elle avait son apparence tout de même ça aurait fait tache qu'elle se laisse conduire à l'abattoir comme un mouton.
A: « ça va, satisfait ? »
D: « mouais, tu as vraiment tout dit ? » demanda t-il en tendant à nouveau son arme vers lui. L'ado lui fit un vigoureux signe de tête positif en espérant échapper à une nouvelle menace. « bien alors je n'ai pas de raison de te faire du mal » August souffla de soulagement... juste avant que Dagur ne précipite à nouveau sa lame contre sa gorge « mais si tu dis un mot de notre petite discussion à qui que ce soit ... tu ''regretteras le hachoir'' comme dit Marie. Compris ?»

À nouveau August fit un ''oui'' exagéré mais très explicite. Le jeune chef rangea son couteau puis entraîna ses comparses pour retourner vers les cavernes. August se laissa glisser contre la paroi pour se retrouver assis dans le couloir, le cœur battant à tout rompre *Dagur le dérangé... qui porte bien son nom... le traître ne savait pas à quel point il avait raison* pensa le garçon en tentant de retrouver son calme. Les trois parenvrilles furent acceptés pour fouiller et mis au travail parmi les petites montagnes de brol.