Charognard

disclaimer: je ne possède pas l'univers de "how to train your dragon" basée sur une série de livres de Cressida Cowell.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.
L'histoire se situe à la fin de la saison 1 de "Défenseurs de Beurk", juste avant que les Exilés ne capturent Dagur. Tous les événements de Cavaliers de beurk et Défenseurs de beurk sont réputés survenus sans intervention extérieure.

Chapitre 15: la séparation

Pour une fois Marie resta la soirée avec son peuple... elle n'avait pas trop confiance dans la bonne tenue des nouveaux. Elle avait habilement su cacher ses sentiments pour le jeune parenvrille mais cela lui avait coûté un nouvel affrontement avec son propre peuple... elle craignait qu'à force ils se soulèvent. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle avait épargné ce blanc bec... elle ne pouvait pas tous les tuer.
M: « alors, qu'avez vous ramené de votre '' excursion'' »
Z: « nous avons eu de la chance... nous avons trouvé une magnifique petite bourgade de pêcheurs avec de solides réserves de vivres : nous avons pas moins de 2 tonnes de patates et presqu'autant de farine. Il y avait vraiment de tout : des viandes séchées, des légumes... on a même de la confiture et du miel. Une vraie mine d'or »

La jeune cheffe émit un grondement sourd que seuls ses plus proches voisins purent percevoir. Au moins ses amis étaient rassurés : elle n'aimait pas plus la façon de se procurer des vivres qu'eux.
Nisha : « au moins on a de quoi voir venir en produits de première nécessité »
M: « il faudra décharger le bateau puis on le chargera avec des pièces des cavernes. On va permuter l'équipage avec des hommes qui sont restés ici la fois passée. Ils ramèneront les parenvrilles chez eux puis s'arrêteront sur Beurk en revenant pour un premier dépôt. Une fois vide ils s'arrêteront sur une île fertile (l'île aux ours ou une autre) pour faire le plein de bois »
Zog : « comment ça reconduire les parenvrilles ? Et c'est quoi cette histoire de recharger le bateau ? »
M: « Thux mets les au courant des dernières nouvelles... je suis trop crevée pour ça »
T: « au moins le voyage sera rentabilisé »
Z: « ouais c'est ce que je pensais : une femme arrive au pouvoir et les choses commencent d'emblée à être bizarres »

La jeune femme s'éclipsa néanmoins pour aller se coucher. Cette fois pas question de lire : elle fit une rapide toilette et se changea. Elle envoya son fidèle Mount monter la garde dans le dortoir pour éviter tout nouveau débordement de violence. Elle se servit du pouvoir de l'ombre pour se rendre dans les sous sols ou elle chercha une salle bien chaude pour passer la nuit à distance de ses éventuels ennemis. Au moins personne ne pourrait la surprendre dans son sommeil. Pendant qu'elle attendait de s'endormir elle se posait des questions : le pouvoir de l'ombre pouvait lui permettre de voir Dagur durant les jours, les semaines... voire les mois qu'il lui faudrait pour récupérer le corps de ses rêves. Mais elle se demandait s'il était judicieux de révéler son secret même à l'homme qu'elle aimait.

Comme à son habitude elle se leva tôt et réintégra ses pénates pour se préparer à la journée. Une fois dans le couloir elle retrouva son bien-aimé qui l'attendait. Elle était heureuse que, même avec l'absence de Mount il n'avait pas tenté de s'introduire dans son espace. Néanmoins, le jeune homme d'habitude souriant et expansif semblait sombre et renfermé. Marie s'approcha de lui avec inquiétude :
M: « ça ne va pas ? »
D: « pas vraiment non... l'heure de se séparer est proche »
M: « mais ce ne sera qu'une séparation momentanée : prends patience et je te reviendrais »
D: « sauf que même pour quelques jours ça me semble insurmontable. Il n'y a que quand on est privé d'air qu'on sent à quel point on en a besoin »
Cette petite déclaration lui allait droit au cœur... elle non plus ne se sentait pas capable de survivre longtemps sans lui mais au moins cela fit pencher la balance dans sa décision de révéler ou non ses capacités.
M: « viens, entres dans ma chambre : je dois te parler »

Les deux tourtereaux entrèrent dans l'austère pièce. Le jeune chef ne savait pas pourquoi elle l'entraînait à l'abri des regards mais il avait des espoirs qu'il savait tout à fait déplacés.
M: « tu te souviens quand tu m'as demandé comment je savais pour la discussion houleuse de la grand salle et où je t'ai répondu que je le savais par magie? »
D: « oui et ? »
M: « j'étais honnête avec toi... »
D: « de la magie... sérieusement ? Ça n'existe pas »
M: « eh bien si. D'ailleurs tu en as déjà profité quand nous étions dans les sous sols et que t'ai demandé de fermer les yeux »
D: « quel genre de magie ? »
M: « je préfère te montrer... » dit elle en prenant la main de son bien-aimé.
Elle s'approcha d'un coin sombre de la pièce et commença à disparaître tandis qu'elle s'enfonçait dans les ténèbres. Dagur était abasourdi mais ne lâcha pas la main amie ni ne recula : il la suivit pour atterrir à son côté dans le monde de l'ombre.
D: « comment est ce possible ? D'où te vient ce pouvoir ? »
M: « je préfère garder ça pour moi... juste que ce pouvoir peut me permettre de te rejoindre sur ton île la nuit »
D: « ce serait bien... pas parfait mais on pourrait au moins passer un peu de temps ensemble »
M: « bien alors penses à ta chambre... elle va apparaître dans le prisme : si je vois ta chambre une fois je pourrais ensuite te retrouver aisément »
D: « il faut juste penser à un endroit ? »
M: « oui c'est ça... regardes je pense au dortoir des hommes... » et le prisme se focalisa sur le dortoir. « tu vois, on peut même espionner sans être vus : c'est comme ça que je savais pour la discussion qui s'est passée dans un endroit où je ne pouvais pas être physiquement »
D: « c'est hallucinant... je penses à ma chambre sur parenvrille »

Le prisme changea pour montrer la chambre spacieuse et bien meublée de sa hutte sur son île. Elle l'entraîna par la main et ils émergèrent dans un coin sombre de la pièce silencieuse dans la hutte inoccupée du chef.
D: « c'est incroyable : on a réellement voyagé à des jours de distance en un claquement de doigt »
M: « oui... c'est un pouvoir incroyable qui nous servira bien »
Le jeune chef s'approcha de son homologue et la prit doucement dans ses bras dans une tendre étreinte. Marie n'en revenait toujours pas de son attitude quand il était amoureux par rapport à son comportement habituel violent et emporté. Elle se sentait bien avec lui : il était à la fois aussi fou qu'elle et tendre à souhait.

La jeune femme ré-entraîna son amoureux dans le monde de ténèbres pour retourner à sa chambre. Les deux étaient un peu apaisés de savoir qu'ils ne seraient pas totalement séparés. Ils se rendirent à l'arène pour leur petit rituel matinal mais les affrontements étaient plus ritualisés que réellement agressifs... aucun des deux n'avait envie de blesser l'autre. Pour ne pas laisser la possibilité d'un doute ils furent prêts à l'heure pour le petit déjeuner. August les regarda arriver avec un air désabusé... il lui tardait de voir s'éloigner ce taré pour que les penchants identiques de son amie ne soient plus encouragés.

Après le déjeuner, Silver et Thux veillèrent à ce que les volontés exprimées par leur cheffe soient respectées : les charognards vidèrent les cales de leur précieux chargement avant qu'Archie n'aiguille diligemment les porteurs vers de belles pièces patiemment récoltées dans les cavernes. Marie était perplexe : elle n'avait qu'une confiance très limitée dans les capacités des hommes de sa tribu à interagir avec des étrangers (manque d'entraînement oblige)... elle pensait envoyer un de ses ''amis'' pour gérer les relations et poser des gardes fous... mais à qui imposer des jours de voyages en mer éprouvants au milieu d'un équipage de barbares ? Étonnement ce fut Archie qui lui donna la réponse à ses préoccupations :
Archie : « dis Marie tu ne penses pas que je devrais aller avec eux histoire de m'assurer que tout se passe bien... après tout aucun d'entre eux ne sait lire ni écrire, ça sera coton pour gérer l'inventaire »
M: « tu te sens prêt à ce genre d'aventure ? N'oublies pas que tu seras seul face à eux en cas de problème »
A: « ça devrait aller si tu envoies des charognards qui ont vécu en direct ta prise de pouvoir : ils me connaissent et ont pris l'habitude de m'obéir sans problème... par contre n'envoies pas les zigotos qui sont revenus hier... »
M: « non ne t'inquiètes pas : l'autre jour j'ai demandé à quelques charognards ce qu'ils trouveraient mieux pour eux et permuter les équipages était un souhait exprimé... apparemment ils y avait des disparités entre ceux qui restent (et qui s'ennuient comme des rats morts) et ceux qui partent »
A: « ah ok alors... on va faire comme ça »

Le bateau fut chargé, approvisionné et prêt à partir dans l'après midi.
Thux : « je vais aller chercher la cheffe »
Dagur : « non je vais y aller... j'ai quelque chose à lui dire en privé avant de partir »
Le jeune homme marcha lentement dans les longs couloirs sombres pour arriver devant la porte de sa Juliette. Il contourna précautionneusement le guerrier muet pour frapper doucement.
M: « oui entrez »
D: « Ma douce, le bateau est prêt... on va partir »
M: « tu es venu chercher un dernier câlin avant de passer minimum trois jours seul »
D: « peut être que oui, peut être que non »
M: « bien alors allons y » ironisa t-elle en se dirigeant vers la porte avec un air mutin.
Le jeune chef se précipita pour bloquer la porte.
D: « ok ok... je suis venu te dire au revoir... avec des câlins si possible »
M: « trois jours de solitude ça te semble insurmontable ? »
D: « si ça ne tenait qu'à moi trois minutes sans toi seraient déjà insurmontables... »
M: « awww... c'est mièvre à souhait... je t'adore pour ça »

ils s'enlacèrent et et le jeune homme respira à fond pour s'imprégner de son odeur et la garder précieusement en mémoire pour les trois jours que durerait le voyage pour le retourner chez lui et où il serait coincé en soute avec tout l'équipage. Marie en profita pour lui faire une série de petits bécots dans le cou en ricanant.
D: « je préfère ça à l'étranglement au fouet »
M: « on récolte ce qu'on sème dit on... alors ne t'inquiètes plus, si tu sèmes la douceur tu récolteras la tendresse. Va quand même falloir y aller... sinon ils vont se demander ce qu'on fait »
D: « dommage j'aurais bien continué le petit jeu »
M: « tu es trop gourmand... et impatient avec ça »
D: « me reprocherais tu mes sentiments sans limites ? »
M: « non je conçois tout à fait... je ressens la même chose mais... »
D: « mais ? »
M: « il faut faire durer le plaisir et pas tout avoir tout de suite sinon les choses sont fades et sans saveur »
D: « tu crois vraiment qu'aller plus loin tous les deux ce serait fade et sans saveur ? »
M: « je dis simplement que ce sera meilleur si on attend... de toutes façons tu n'auras rien de plus avant que j' ai retrouvé mon apparence. Je veux que tu m'aimes toute entière pas simplement une apparence passagère »
D: « je comprends... ça ne me dérange pas : ça fait 19 ans que j'attends, j'attendrais bien un peu plus »
Marie l'embrassa une dernière fois avec passion... pour elle aussi ça allait être trois jours difficiles. Les deux jeunes gens sortirent de la chambre et se dirigèrent vers la sortie avec Mount dans son sillage. Arrivés au port, ils constatèrent que tout le monde était prêt à appareiller. Le capitaine des charognards dit avec une pointe d'incompréhension : « alors qu'est ce qui vous a pris tant de temps ? » provoquant un léger malaise chez les tourtereaux.
M: « je n'étais pas présentable j'ai du rectifier ma tenue »

L'équipage charognard monta en premier et prit ses marques comme d'habitude. Les parenvrilles les suivirent sauf Dagur qui traîna un peu en arrière pour dire un au revoir très chaste à sa bien aimée : il mourrait d'envie de l'embrasser une dernière fois, devant tout le monde... mais il savait que montrer leur amour n'était pas ce qu'il y avait de mieux à faire pour leurs deux tribus. Finalement décidé à monter à bord, il laissa derrière lui cet épisode presque surnaturel qui pourtant lui avait apporté une grande joie. Archie était le dernier à devoir monter à bord mais la cheffe le retint un peu pour quelques consignes de sécurité : essayer de ne pas se trouver seul, être ferme dans ses ordres... la jeune femme s'inquiétait de savoir une copie (qui ne possédait aucune qualité respectée par la tribu barbare) livrée à ses anciens ennemis. Finalement tout le monde fut à bord et les manœuvres commencèrent. Dagur et Archie, seuls à l'arrière du bateau, regardèrent longuement le territoire désolé des charognards s'éloigner au rythme de la brise mais chacun pour des raisons très différentes. Marie, elle, resta sur le ponton jusqu'à ce que le vaisseau ne soit plus qu'un point à l'horizon alors que tout le monde avait repris ses occupations habituelles depuis longtemps.