Charognarde

disclaimer: je ne possède pas l'univers de "how to train your dragon" basée sur une série de livres de Cressida Cowell.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.
L'histoire se situe à la fin de la saison 1 de "Défenseurs de Beurk", juste avant que les Exilés ne capturent Dagur. Tous les événements de Cavaliers de beurk et Défenseurs de beurk sont réputés survenus sans intervention extérieure.

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Chapitre 17: premiers projets

Le lendemain matin elle se réveilla avec les premiers pépiement d'oiseaux, plus tard que d'habitude mais elle ne voulait pas avoir à se lever à son heure habituelle et se rendre compte que son bien-aimé n'était plus là pour jouer avec elle. Elle se changea devant le feu mourant dans l'âtre et descendit pour le petit déjeuner. Elle trouva Nisha et quelques femmes en train de s'extasier devant son ''tableau''. La jeune fille vint la voir avec une mine réjouie : « Marie tu étais sérieuse pour le frigo ? C'est trop bien »
M: « tu sais je n'ai pas l'habitude de parler à tort et à travers... on a plus qu'à creuser et se chopper un iceberg »
N: « je n'en reviens pas que tu arrives à mener un projet si abouti en si peu de temps »
M: « mon cerveau est la seule chose qui ait toujours fonctionné chez moi »
Nisha trouvait sa dernière parole sibylline mais s'abstint de demander des précisions. Enfin, le petit déjeuner fut servi et tous mangèrent de bon cœur les miches de pain frais confectionnées avec la farine rapportée et des tranches de fromage faisant lui aussi partie du butin. Après avoir mangé, la cheffe demanda le silence pour distribuer l'ouvrage de la journée. Elle expliqua en détail son projet de ''frigo'' et assigna la plupart des hommes pour creuser à l'arrière de la cuisine la petite salle de 6 m sur 6 qui servirait de chambre froide. Le reste des hommes devaient vaquer à leurs occupations habituelles sous la supervision vigilante de Silver.

Libre de ses mouvements, Marie se rendit au sous sol pour discuter avec les hommes de science ''affairés'' à chercher des solutions pour leur rendre leurs apparences. Elle avait bien en mémoire la conversation qu'elle avait surpris l'autre jour. Elle s'approcha sans un bruit puis lança un vigoureux « bonjour » qui fit sursauter les trois compères et même leur surveillant.
Evrard Herbert : « bonjour euh... cheffe ! Que nous vaut cette visite ? »
M: « comme d'habitude : je viens aux nouvelles... alors avez vous progressé ? »
E.H : « euh c'est à dire qu'on avance mais on a pas encore de point concret à vous transmettre »
M: « ça commence à faire long... je devrais peut être vous motiver un peu à travailler plus vite. Voyons voir : si je vous disais que je vous couperais un doigt chaque semaine qui passera sans avancée significative... cela vous inspirera sans doute plus à dévoiler l'avancement réel de vos recherches plutôt que de les cacher en partie »
E.H : « cacher nos avancées... hum allons nous ne ferions jamais une chose pareille » répondit le scientifique avec la gorge serrée de crainte.
M: « disons que jusqu'ici j'ai été gentille et compréhensive mais... vous avez trahi ma confiance alors je devrais sévir à l'avenir »
E.H : « allons nous n'avons pas trahi... »
M: « ça suffit ! Je sais tout ce que vous complotez dans mon dos ! Néanmoins je connais aussi les raisons de cette désobéissance... je vous accorde une peur légitime de ne pas savoir ce qu'il adviendra de vous ensuite aussi je vais vous dire ce qui va se passer : quand nous aurons retrouvé des apparences qui nous conviennent, vous serez autorisés à partir et un de nos bateaux vous déposera où vous le souhaitez après... ce sera à vous de vous débrouiller »

Les trois hommes se regardèrent visiblement perplexes quand au fait qu'elle ait su pour ce sujet sensible qu'ils croyaient avoir débattu discrètement mais visiblement elle en savait long sur ce qui se passait sur son île sans qu'ils sachent comment elle avait fait.
M: « alors, toujours rien à déclarer comme avancée ? »
E.H : « hum nous somme très proches de savoir changer la couleur des yeux : nous avons identifié le gêne il ne nous reste qu'à trouver la bonne combinaison de modifications pour la changer à votre guise »
M: « bien ça ne devrait plus être très long alors... vous avez quand même un large panel d'exemples tout prêts avec les yeux de toutes les copies : bruns chez les siamoises, verts chez moi et August, bleus chez Nisha... »
E.H : « euh ... oui effectivement ça sera très rapide... »
M: « dites moi... vous y avez pensé n'est ce pas à copier le gêne des copies pour avoir une modification viable ? »
E.H : « euh oui bien sûr... »
La jeune femme les regarda avec un air suspicieux.
E.H : « voilà la vérité... non on y avait pas pensé... pourtant vous nous aviez mis sur la voie... »
Ses deux collègues s'étranglèrent à moitié en entendant ces aveux confondants... s'attendant à une sévère punition.
M: « faute avouée est à moitié pardonnée dit-on. Ça ira pour cette fois mais j'exige une parfaite honnêteté à l'avenir car c'est si vous me mentez que les choses vont vraiment devenir... inconfortables pour vous »
E.H : « oui cheffe, bien cheffe »
Marie tourna les talons dignement et s'éloigna dans le couloir satisfaite de son petit effet bien qu'elle soit sidérée que des hommes de science de cette envergure (capable de traverser la parois des mondes) n'aient pas plus de sens pratique que ça.

Une fois sa petite confrontation faite, elle finit le balisage du sous sol jusqu'à la grotte marine interrompu par Dagur la dernière fois. Elle eu un pincement au cœur en repensant à cette partie de jeu si distrayante qu'elle ne pourrait jamais réitérer. Une fois cela mené à bien elle retourna à la salle commune qui était presque vide avec l'ouvrage qu'elle avait assigné à ses gens. Seules Lola et Zoé étaient attablées avec deux charognards, prenant une petite pause dans l'éprouvant labeur qu'était de creuser la dure roche volcanique. La jeune cheffe se saisit à nouveau de sa craie, traça une ligne de séparation avec le projet ''frigo'' pour commencer un nouveau tableau avec une idée qui lui trottait dans la tête depuis un moment mais dont la complexité exigeait une longue réflexion. Volume d'eau, engrenages, essieux et force hydraulique... son projet de ''machine à laver'' pour s'occuper du linge sale était beaucoup plus complexe que le simple frigo. En effet elle envisageait de se servir de la force de la mer dont le ressac était incessant dans la grotte pour alimenter une roue à aubes qui entraînerait par un système d'engrenages un tambour tournant comme une machine à laver moderne à la façon des moulins à grain qui, eux, se servaient de la force du vent... mais le principe était identique. Un seul point noir demeurait : il faudrait du savon pour faire une lessive correcte et ça... c'était compliqué ! Elle se disait néanmoins que le temps que le projet aboutisse elle aurait trouvé une solution. Les calculs et dessins serrés lui prirent néanmoins beaucoup de temps et, sans s'en apercevoir, elle y passa tout l'après midi et ne fut tirée de sa réflexion que par l'afflux plus important et plus bruyant des ouvriers harassés pour le souper. Tous les charognards sans exception passèrent plus au moins longuement observer ces ''étranges gribouillis'' en tentant de cerner de quoi ça parlait.

Le souper fut servit prestement par les femmes : poissons grillés, haricots et pommes de terre. Tout le monde mangea avec un appétit féroce creusé par le dur labeur de la journée. Thux, qui sentait bien qu'il pouvait consolider sa place de conseiller en étant utile à la nouvelle cheffe, se fendit d'un « merci cheffe pour le poisson de ce repas »
Zog marmonna : « lèche-bottes ! »
Le vieil homme lui décocha un sourire certes édenté mais satisfait de lui-même. Marie quand à elle avait choisit d'ignorer une partie de ces épuisantes petites piques et qu'il finirait bien par se lasser... ou bien il l'attaquerait à nouveau et là elle n'aurait pas le choix : il lui faudrait sévir.

Néanmoins, voyant qu'un fragile équilibre s'était instauré, elle décida de se retirer tôt pour lire... plus que jamais, elle avait besoin de consolider sa force pour tenir sa place. Elle décida donc de s'attaquer à un gros chapitre : ''invocation de démon''. Elle n'espérait pas pouvoir le lire en une fois et encore moins le maîtriser rapidement. Quand ses yeux la piquèrent de sommeil, elle plaça le petit marque page et partit le remettre à sa place dans les ombres de la grotte aveugle. Elle profita du fait qu'elle était dans le monde des ténèbres pour jeter un rapide coup d'œil dans la soute du bateau qui emmenait son amoureux. Les ombres était épaisses dans la cale éclairée par une seule lanterne mais c'était suffisant pour voir le très reconnaissable casque posé à côté de son propriétaire endormi. Elle changea de point de vue et put apercevoir Archie roulé en boule dans le ''dortoir''. Ces deux éléments la rassurèrent sur la bonne conduite de cette ''mission''. Elle fit un rapide tour des prismes les plus proches pour s'assurer qu'il n'y avait pas de réunion clandestine ou de tentative de coup d'état en cours. Elle se glissa finalement sous la fourrure pour s'endormir lourdement.

Le réveil fut un peu rude ce matin là : elle empiétait trop sur ses heures de sommeil pour ses activités underground mais elle n'avait pas le choix... peut être pourrait-elle s'aménager des siestes. Elle arriva pour le petit déjeuner un peu en vrac et Nisha remarqua son état :
N: « Marie ça va ? T'as pas l'air bien »
M: « rien de grave, juste une mauvaise nuit »
N: « pourtant tu vas dormir tôt, tu devrais être au top »
M: « nan c'est juste que j'ai trop de choses en tête : mon esprit tourne à plein régime et ne me laisse pas en paix »
Zog : « si tu n'es pas faite pour être chef tu n'as qu'à renoncer »
M: « moi je ne dors pas mais toi tu rêves éveillé si tu crois que je vais céder ma place »
Le déjeuner qui se passa dans l'ambiance légèrement tendue devenue la norme depuis le retour de l'équipage de raid. Marie se fit mentalement la réflexion qu'elle devrait faire quelques aménagements pour augmenter sa cote de popularité et éviter ainsi une manne de protestataires.

Enfin quelques heures libre de ses mouvements elle monta sur le point le plus haut de l'île et observa l'horizon à la longue vue : cette fois pas d'iceberg... pourtant il lui faudrait assez rapidement une source d'eau douce. Elle remarqua au loin une petite île qui lui semblait désolée mais au dessus de laquelle se concentrait une volée d'oiseaux décrivant de grands cercles. Puisqu'elle n'avait rien de mieux à faire elle allait aller voir de quoi il s'agissait. Elle redescendit, embarqua un peu d'eau et quelques vivres et aiguilla Mount pour qu'il rame en direction de l'île avec une barque empruntée pour l'occasion. Cet îlot n'était quand même pas tout près et il fallut 1h pour y arriver malgré les coups de rames énergiques et qui n'avaient pas faiblis un instant. Ils arrivèrent enfin au voisinage de ce gros caillou déchiqueté en rien remarquable parmi les autres îlots nus aux alentours et pourtant une colonie de sternes y avaient élu leur lieu de ponte. Marie et son ombre mirent pied a terre et amarrèrent la barque pour pouvoir se déplacer sans crainte sur l'île. Le duo se déplaçait silencieusement parmi les nids sommaires faits de petits cailloux qui recouvraient littéralement toute l'île en se faisant houspiller par les oiseaux qui défendaient les nids frôlés au passage. La jeune cheffe était époustouflée du nombre de nids sur cet îlot minuscule et surtout... le nombre d'œufs disponibles. Elle se rappela le truc simple pour vérifier qu'un œuf est frais en le plongeant dans l'eau : s'il coule c'est bon. Elle retourna à la barque chercher un peu d'eau dans un petit récipient qui traînait au fond de l'embarcation. Elle passa deux bonnes heures à investiguer dans les nids pour repérer des œufs consommables et emplit la grande nasse qui l'accompagnait toujours dans ses déplacements... ce qui représentait quand même plusieurs centaines d'œufs. Elle avait mal au crâne avec les piaillements incessants des parents indignés qu'on ose ainsi se servir dans leurs nids.
M: « allez Mount on rentre avant que ma tête n'explose »

Le guerrier muet esquissa un acquiescement probablement incommodé lui aussi par ce bruit incessant. Il chargea la barque tandis que la jeune femme faisait un ultime passage parmi les nids pour monter sur le point le plus haut (accessible) et jeter un coup d'œil tout autour avec une longue vue ... c'était son petit rituel à elle. À l'horizon toujours rien de bien passionnant : des îlots rocheux nus, des aiguilles rocheuses escarpées et au loin une nappe de brouillard... très étrange une nappe aussi localisée...
M: « Mount ça te dérangerait de ramer encore un peu plus au sud ? »
En guise de réponse, le surhomme s'installa à sa place et saisit ses rames. Ils firent encore une bonne heure de voyage jusqu'à un îlot proche de l'étrange apparition et accostèrent prudemment. Marie examina la nappe de brouillard de plus près avec sa longue vue et se rendit compte que ce n'était pas du ''brouillard'' mais des embruns pulvérisés en grande quantité. À travers le voile laiteux elle devinait un champs d'aiguilles acérées entre lesquelles les flots grondaient en se précipitant entre les pics. Sur certaines formations rocheuses on devinait d'immenses épaves comme empalées, laissant leurs voiles en lambeaux flotter dans les vents violents... la passe de l'enfer ! Elle comprenait mieux à présent pourquoi les charognards ne voulaient pas s'en approcher.
M: « ça va j'en ai assez vu... rentrons »

Le retour prit autant de temps que l'aller... Marie profita de ce long moment d'inactivité pour réfléchir aux différents problèmes que la gestion de sa tribu posait. Comme elle aurait aimé ne jamais eu à assumer cette position... néanmoins, sans cela, aurait elle rencontré et séduit Dagur : cela avait une telle importance à ses yeux qu'elle était prête à accepter les lourds sacrifices de la charge.

La barque s'arrima enfin au ponton en milieu d'après midi. Thux et Silver s'approchèrent immédiatement :
Silver : « où étiez vous passés ? On aurait même pas su ou chercher si vous n'étiez pas revenus... »
M: « nulle part... j'ai quand même le droit d'aller où bon me semble »
Thux : « pas quand on est chef... que serait il arrivé si vous n'étiez pas revenue ? Le chaos rien d'autre que le chaos ! »
M: « mais je suis revenue là et avec le souper de demain... je me réserve le droit d'aller où je veux quand je veux... fin de la discussion »
La jeune cheffe et son ombre tracèrent leur chemin jusqu'aux cuisines sans plus prêter attention aux deux chaperons maugréant sur leurs talons. Ils entrèrent dans la pièce bruyante du raffut que faisait le creusement de la chambre froide. La jeune femme constata le désagrément non négligeable d'avoir les ouvriers dans les pattes et la poussière qui rentrait partout.
Nisha : « qu'est ce que tu ramènes cette fois ? »
M: « des œufs »
N: « où est ce que tu as bien pu dénicher des œufs... mais attends ce sont pas des œufs de poules »
M: « non ce sont des œufs de sternes »
N: « bon... demain c'est parti pour de bonnes omelettes ! Justement dans la cargaison il y avait des fiches de lard... juste dommage qu'on ait pas de champignons »
M: « hum des champignons... mouais les îles où on aurait des chances d'en trouver sont bien trop loin sans bateau à voiles. Rhalala que faire... »
N: « bah ça sera bon quand même te tracasses pas pour ça »
M: « non mais j'ai peut être une solution... suis pas sûre... attends je reviens »
La jeune cheffe repartit dans le couloir à toute vitesse, plantant sur place son silencieux protecteur qui, voyant qu'il ne saurait pas la rattraper, prit le parti d'attendre sur place qu'elle revienne. À peine quelques minutes plus tard elle réapparu beaucoup plus calmement en feuilletant un livre. Elle dépassa la cuisine pour aller dans la salle commune déserte où la jeune responsable des cuisines la suivit intriguée.
M: « là, j'ai trouvé ! » s'exclama la jeune cheffe triomphante.
N: « quoi donc ? »
M: « tu te souviens le livre sur les plantes comestibles ? Bein dans le chapitre sur les algues j'avais vaguement lu que l'une d'entre elles avait un goût de champignon... et là, voilà : la ''queue de sirène'' à un fort goût de cèpes »
Marie montrait une page du livre un peu défraîchie où était illustrée une algue rougeâtre avec une tige et de grands voiles vaporeux latéraux ressemblant vaguement à une queue de poisson.
N: « mouais ...faut voir mais on ne perd rien à essayer. Tu sais où en trouver ? »
M: « bah pour autant il manque de la verdure terrestre par ici autant on trouve de la verdure marine autant qu'on veut. Je chercherais demain à marée basse»
N: « quelle plaie quand même de vivre ici sans aucune ressource fiable ! »
M: « je parie que tu regrettes le supermarché » plaisanta la cheffe
N: « oh que oui : le supermarché, l'eau courante, l'eau chaude et un bon lit avec un matelas moelleux »
M: « toutes ces choses que l'on croyait acquises ... la vie est cruelle parfois. Mais on a pas le choix : il faut s'adapter ou périr»
N: « mouais. Tiens tant que je t'ai sous la main... c'est quoi ce nouveau projet au mur ? » dit la jeune fille avec enthousiasme.
M: « une machine à laver ''artisanale'' »
N: « hein ? Tu veut dire une machine à laver le linge ? Carrément ? »
M: « bein oui pour le linge... enfin je peux prévoir un lave vaisselle aussi mais il faudra transporter toutes les pièces sales jusque loin dans le niveau inférieur jusqu'à la grotte marine »
N: « ouais pas pratique mais c'est carrément du pur génie que d'arriver à imaginer un lave linge dans cet endroit et cette époque reculés »
M: « ouais tu sais j'ai rien inventé... j'ai juste adapté le principe des moulins à grains pour faire tourner le tambour. Il reste de toutes façons un gros problème...»
N: « ah oui... lequel ? »
M: « il faudrait du savon pour laver correctement le linge franchement puant et répugnant qu'ils portent tous ici »
N: « m'en parles pas... c'est une torture. Heureusement que tu nous permets d'utiliser ta chambre pour se laver sinon je ferais une dépression ! »
M: « c'est bien normal... mais il est évident qu'en dehors de la bouffe le savon soit l'achat le plus important à faire »
N: « j'approuve totalement... dès que les ventes auront rapporté un peu de sous, je suppose que tu feras ce qu'il faut pour s'en procurer »
M: « ouaip mais ça va pas être facile avec la réputation que se coltine notre tribu. Mais quand on en aura j'imposerais à tout le monde au moins un bain par semaine ! »
N: « haha ce sera pas du luxe »
M: « donc demain j'emmènerais toutes les copies sauf Silver et toi pour chercher les algues... je demanderais à ce qu'ils conservent une grande discrétion quand à l'origine de la nourriture qu'on leur fait avaler... je suis pas sûre que les charognards seraient ravis qu'on leur fasse manger des algues. Toi de ton côté briefes les femmes pour qu'elle soient discrètes sur le sujet »
N: « oki bien reçu »

Marie, satisfaite de pouvoir faire face à des problèmes sur problèmes en trouvant des solutions rapides et efficaces pour chaque, se remit au boulot avec son tableau pour peaufiner les détails. Elle fut aussi heureuse de trouver un moyen de simplifier l'installation ; ce qui économiserait du bois pour la construction. Une fois sûre de son coup et de ses calculs elle se demanda ce qu'elle pourrait faire en attendant le souper qu'elle sentait déjà en train de cuire. Elle retourna dans sa chambre pour ranger le livre sur les plantes et se saisit d'un autre au hasard : ''aéronautique''. Elle se dit que le sujet ne la passionnait pas mais que ce serait utile d'avoir quelques connaissance à ce sujet. Elle s'en retourna dans la grande salle, tira sa chaise près du feu et se mit à lire tout en se chauffant. L'ouvrage en question était un indigeste guide pour construire un bateau à partir de zéro : formes de coques, tirant d'eau, métrage des voiles selon le tonnage... équations, dynamique de masse et présentation des différents modèles fréquemment utilisés. Elle se disait que pour une tribu de marins comme la sienne savoir de quoi on parle quand ça discute bateau ne serait pas superflu. Les ouvriers et les gardes arrivèrent enfin en vue du repas. La jeune femme se retira de sa place privilégiée pour retourner à son emplacement officiel.

Le repas, composé d'un ragoût de poisson aux navets, fut vite expédié par les charognards qui semblaient bien se plaire dans la relative abondance que leur nouvelle cheffe avait réussi à maintenir jusqu'ici. Marie et Nisha se tranquillisèrent un peu en les voyant engloutir le repas sans se poser de questions : quoi que ce soit de comestible qu'on leur servait ils le mangeaient avec appétit sans chercher à savoir le pourquoi du comment. La jeune cheffe demanda le silence :
M: «est ce que ça intéresse quelqu'un que je raconte une histoire ? » dit elle pour meubler la soirée.
Zog : « humpf, une histoire... comme si on était des gosses apeurés par le noir »
Mais les autres acquiescèrent timidement... les distractions étaient si rares sur cette île que toute nouvelle chose était acceptée avec joie. Elle entreprit donc de raconter l'histoire de William Wallace, le héro écossais (qui pourtant ne naîtrait que dans plusieurs siècles). Au menu : trahison, guerre, viols et tortures... cela sembla nettement plaire à son auditoire qui se tint silencieux et attentif durant les deux heures que prit la narration.
M: « voilà... j'espère que ça vous a plut et que vous ferez de beaux rêves avec ça ! »
Charognards : « wouhou ! » dit l'assistance en se battant la poitrine en signe d'appréciation.
Zog était confondu car il avait lui aussi accroché au récit mais il feignait qu'il n'en était rien mais il avait bien compris que ce ne serait pas sur ce sujet là qu'il réussirait à gagner des partisans.