Charognard
disclaimer: je ne possède pas l'univers de "how to train your dragon" basée sur une série de livres de Cressida Cowell.
tous les personnages n'appartenant pas à cet univers sont issus de mon imagination et m'appartiennent.
toute reproduction, même partielle effectuée sans mon consentement sera considérée comme du plagiat et susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires.
L'histoire se situe à la fin de la saison 1 de "Défenseurs de Beurk", juste avant que les Exilés ne capturent Dagur. Tous les événements de Cavaliers de beurk et Défenseurs de beurk sont réputés survenus sans intervention extérieure.
Chapitre 21 : doutes et réconfort
Marie se dirigea vers la salle commune ou elle constata la présence de Lola et Zoé attablées devant une chopine ainsi que Pierre et trois charognards qui arrivaient justement pour se reposer un peu.
Pierre : « je suis cassé ! Une fois ça finit je me prends 15 jours de congés »
Zoé : « ça m'étonnerait... tu as entendu la cheffe : qui ne travaille pas ne mange pas ! »
P: « ouais ouais bienvenue à psychopatheland ! »
Lola : « même toi tu dois bien comprendre que les conditions ici sont difficiles et que tout ce qu'on fait c'est pour améliorer nos vies et survivre »
P: « ouais mais moi je dis que c'est elle la cheffe : elle pourrait ordonner qu'on ait à manger même si on ne travaille pas »
Marie : « bien sûr... je suis sûre qu'ils seraient ravis que j'entretienne des poids morts avec le résultat de leur labeur » dit elle en surgissant dans le dos de l'indélicat.
P: « ouwah... tu m'as fait peur ! On surprend pas les gens comme ça »
M: « pourquoi tu n'as pas la conscience tranquille ? »
P: « si si bien sûr »
M: « je te conseille de garder tes opinions bien arrêtées sur ''ce qui devrait être'' pour toi. On fait ce qu'on peut comme on peut. À moins que tu veuilles que je prolonge ta corvée patates ? »
P: « non non ça ira... je ne sais plus voir une patate en peinture »
La jeune cheffe quitta le petit groupe pour s'éloigner dans les couloirs sombres. Elle descendit au sous sol et se dirigea vers la salle des machines pour voir si elle trouvait une salle appropriée pour le séchage des algues. Elle passa devant le local des scientifiques où elle entendait les claviers crépiter. Elle saisit une torche et s'éloigna dans le couloir encore jamais exploré ou se succédaient des salles et couloirs à l'atmosphère étouffante. Elle choisit la salle quasiment directement en face de la salle des scientifiques : elle aussi était au plus proche du cœur en fusion du volcan et s'accommodait d'une atmosphère brûlante et d'un air très sec limite vicié par les émanations. Elle en mesura rapidement les dimensions pour peaufiner son projet. En sortant de la salle pour retourner en haut, elle fut hélée par Evrard Herbert depuis son poste de travail. Elle répondit à son appel et s'en approcha.
E.H : « j'ai de bonne nouvelles cheffe : nous avons réussit à modeler la couleur des yeux à volonté et nous sommes proches de trouver pour la couleur des cheveux »
M: « bien, je vois que vos travaux avancent à un bon rythme maintenant »
E.H : « on essaie cheffe on essaie »
M: « mais ma couleur d'yeux actuelle me convient bien et je ne pense pas qu'il y aura un volontaire uniquement pour changer ça avec la douleur qui y est associée »
E.H. : « c'est pas grave ça cheffe, on est sûrs de notre coup »
Marie quitta le sous sol pour remonter et se rendre dans la salle commune. Elle se rapprocha de la paroi au pied de laquelle se trouvait le petit coffret de craies. Elle se saisit de l'une d'elle, traça une ligne de séparation avec le projet ''machine à laver'' et entama une nouvelle série de dessins et de calculs. Cette fois il s'agissait d'étagères de séchage pour les algues ''queues de sirènes'' : une armature en bois munie de claies en tissus de voiles déchirées (que les charognards conservaient dans une pièce au sous sol avec tous les matériaux cassés venant des bateaux) qui laisseraient ainsi passer l'air entre les couches de matériel mit à sécher (et économiserait du bois). Comme d'habitude, son travail fut le fruit de toute la curiosité de l'île : chaque charognard et chaque copie vint ''s'imprégner'' de l'ouvrage''. Les charognards organisaient même des paris sur ce que c'était et en interdisaient l'accès à ceux qui savaient lire (se basant uniquement sur les dessins pour deviner).
M: *décidément tout est prétexte à paris ici*
Le projet était relativement simple et fut vite bouclé. Pendant qu'elle effectuait les vérifications d'usage, elle vit revenir le gros de le tribu pour s'attabler en soufflant. Thux suivait le flux et s'approcha de sa cheffe avec un sourire entendu :
T: « voilà cheffe, la salle de glace est creusée conformément à vos souhaits »
M: « je vais voir ça » dit elle en remettant son morceau de craie dans le coffret et se frottait les mains pour les débarrasser de la poussière blanche. Ils se rendirent tous les deux dans la cuisine maintenant attenante à une chambre froide pour conserver les aliments frais plus longtemps. Il ne restait qu'a attendre le bois pour les étagères et l'iceberg pour couvrir les murs de pains de glace. Quelques charognards finissaient de faire ce qui pouvait être fait en l'état en construisant une solide et épaisse porte. La cheffe entra dans le petit local et en vérifia les dimensions qui respectaient bien ses souhaits, ensuite elle vérifia la pente du sol qui devait conduire l'eau de la fonte des pains de glace jusqu'à une sorte de grosse rigole au fond de la pièce qui dirigeait ensuite l'eau vers deux seaux encastrés dans le sol et faciles à vider pour que la pièce reste toujours salubre. Tout semblait bien construit et la jeune femme était fière de sa petite réalisation. Nisha vint les rejoindre :
N: « waw je vois très bien à quoi ça ressemblera fini... ce sera génial »
M: « je me demandais s'il ne fallait profiter que la pièce était vide pour la récurer à fond »
N: « c'est pas une mauvaise idée... on fera ça demain en même temps que décrasser la cuisine maintenant que les travaux sont finis »
M: « n'accables pas trop les femmes de travail : n'hésites pas à réquisitionner des hommes... ils n'ont rien de mieux à faire de toutes façons »
N: « oki j'y penserais » dit la jeune fille en gloussant à l'idée de voir ces barbares machos frotter docilement le sol et les ustensiles. « dis il parait qu'il y a un nouveau projet sur le mur... c'est quoi ? »
M: « eh bein, les nouvelles vont vite... ce sont juste des calculs pour mettre des étagères dans une pièce au sous sol pour sécher les algues »
N: « juste ça... comment ça se fait qu'ils n'ont pas su deviner... c'est simple quand même »
M: « peut être parce qu'il y a une petite subtilité : les étagères ne seront pas en bois plein mais des armatures entre lesquelles seront tendues des toiles pour bien laisser passer l'air »
N: « ah bein oui les ''subtilités'' c'est pas trop leur fort »
M: « enfin pour pouvoir poursuivre mes projets il faut que la cargaison de bois arrive »
N: « ça ne tardera plus trop là... ils doivent avoir atteint parenvrille et être sur le chemin du retour. Une petite semaine d'attente je dirais »
M: « il peut s'en passer des choses en une semaine... »
N: « mais non tu gères... de tout ce que j'entends à ton propos sont des compliments. Les charognards n'ont pas l'habitude qu'on se préoccupe à ce point de leur confort et de leur santé »
M: « mais je ne suis pas sûre de tenir longtemps... je veux dire : être chef c'était bien la dernière chose dont j'avais envie... »
N: « tiens le coup, ça ne sera que temporaire : quand on aura retrouver nos corps on pourra s'en aller »
M: « quand bien même... où irons nous, de quoi sera faite notre vie... nous avançons dans le brouillard »
N: « et dans ce brouillard il y a une seule lumière qui nous guide : la tienne. Alors ne nous lâches pas stp. Je sais que tu as a enduré beaucoup de choses mais comme pour crapaud j'espère que tu vas tenir bon »
M: « j'ai pas le choix je crois »
N: « Mais oui, au moins tu sais que tu peux souffler pendant deux semaines maintenant grâce à tes efforts... c'est un symbole fort pour eux : tu es plus efficace à la gestion de la tribu que tous leurs précédents chefs »
M: « j'ai l'impression que c'est pas le genre de truc qui les marque. Ils aimeraient sans doute plus un chef impitoyable et inflexible qui les mènerait sur la voie du pillage et du combat »
N: « mais tu es un chef impitoyable et inflexible et ça les pousse à accepter tes décisions même si elles ne cadrent pas avec leurs habitudes »
M: « je sais pas Nisha... c'est à mille lieues de ce que je suis vraiment : j'ai toujours aimé la solitude et l'isolement et là... je peux même pas passer un après midi tranquille sans qu'on vienne m'emmerder »
N: « c'est sûr que c'est une position difficile à tenir mais tu t'en sors très bien »
M: « merci Nisha »
N: « merci pour quoi ? »
M: « de m'avoir écoutée... »
La jeune responsable des cuisines lui sourit affectueusement : « n'oublies pas que si on est tous encore là c'est grâce à toi »
La cheffe se rendit dans la grand salle animée des multiples conversations qui s'y menaient après plusieurs jours de dur labeur. Elle s'approcha du groupe des copies qui s'était installé un peu à part :
M : « comme vous êtes un peu crades à avoir travaillé je suppose que ça vous ferait plaisir de vous débarbouiller un peu »
Les siamoises : « oh oui »
M: « bien allez vous chercher des vêtements propres dans les cavernes, pendant ce temps je vais aller allumer un feu et mettre de l'eau à chauffer pour que ça soit un minimum confortable »
Lorelaï : « merci Marie... toi t'es un vrai chef »
La jeune femme fit comme elle l'avait dit : elle fit se réchauffer un peu la pièce et prépara pour chacun de ses amis un chaudron d'eau bien chaude pour se laver. Le reste de l'après midi passa ainsi entre les toilettes et les vêtements sales. Une fois toutes les copies proprement toilettées, elle s'adressa aux charognards de la salle pour voir si l'un d'eux souhaitait se laver mais seul un silence gêné lui répondit. *bein voyons* pensa la jeune femme *même si on leur propose ils ne sont pas pour* et elle souffla de dépit. Les odeurs alléchantes de cuisine avaient commencé à emplir les salles et les couloirs pour signaler que le repas serait bientôt prêt. La cheffe s'assit à sa place et lut les quelques dernières pages de son livre sur les bateaux. Le souper fut prêt presqu'en même temps qu'elle finissait sa lecture et elle fut donc servie en premier d'une grosse côtelette grillée avec une purée de carottes et pommes de terre.
Le repas terminé, les tables débarrassées et la vaisselle en cours, Thux vint humblement près de sa cheffe sous le regard insistant de presque toute la salle. La jeune femme se sentit mal à l'aise de toute cette attention sur elle surtout qu'elle ne savait pas ce qu'ils voulaient.
Thux : « dites cheffe, je peux vous poser une question ? »
M: « c'est déjà fait il me semble... mais oui vas y mais je ne garanti pas d'y répondre »
T: « hum... pourriez vous nous dire ce que c'est ce nouveau projet sur le mur ? »
M: « ah oui... c'est pour vos petits paris c'est ça... »
T: « euh oui cheffe... si ça vous déplaît... »
M: « non ça ne me dérange pas... c'est un système d'étagères pour sécher des algues sauf qu'elle n'auront pas des surfaces en planches mais en toile de voile pour laisser respirer les morceaux »
Dans l'assistance pendue à ses lèvres il y eu des cris de frustration et d'autres de joies tandis qu'ils se découvraient gagnants ou perdants.
M: « alors Thux tu es dans les gagnants ou les perdants ? » dit elle avec un air mutin.
T: « malheureusement... » il fut interrompu dans sa phrase par un charognard d'âge mûr qui vint lui réclamer son dû « allez aboules pas poule ! »
M: « pas de chance cette fois » dit la jeune cheffe en riant
Les copies, intérieurement, se réjouissaient de cette ambiance saine et détendue après les jours tendus qu'ils venaient de passer. Il leur semblait enfin que les choses allaient s'arranger.
Après que la vaisselle ait été faite et que le peuple ait trouvé une occupation pour la soirée, Marie se retira dans sa chambre pour se préparer pour ''la nuit'' et surtout pour rejoindre Dagur. Une toilette soignée, une jolie tunique longue et elle se glissa dans l'ombre. Elle regarda dans le prisme mais de nouveau rien ne bougea... il devait se coucher plus tard. Pour passer le temps elle retourna dans la passe de l'enfer. Elle se concentra sur le bateau empalé le plus stable qu'elle ait visité avant d'errer un peu entre les prismes proches et repéra ce qui semblait être l'intérieur d'un autre bateau mais l'image était fluctuante : l'épave semblait ballottée au rythme des vagues. La jeune femme préféra explorer cette épave depuis le monde de l'ombre plutôt que s'aventurer sur un bout de bateau instable et agité. La cale ne révéla que des objets oxydés, pourris ou indiscernables qui ballottaient librement d'avant en arrière avec un bruit de raclement. Elle jeta un coup d'œil à la cabine du capitaine et là aussi les meubles, dont les rivets avaient lâché avec le temps, se promenaient librement en se défonçant un peu plus à chaque mouvement contre les murs de la cabine mais elle perçut quelque chose d'intéressant en l'objet d'un coffre solide qui semblait avoir subit beaucoup moins de dégâts que le reste : il était beaucoup plus durablement construit. Qu'est ce qui pouvait valoir la peine d'être enfermé dans un contenant d'une telle facture ? Elle profita que l'épave se cabre dans les flots et précipite le précieux objet en avant pour émerger à moitié de l'ombre, se saisir du coffre et le ramener avec elle dans les ténèbres. Elle le conduisit ensuite dans sa chambre, peinant sous le poids important de l'artefact. Elle ne le tira pas bien loin et l'abandonna dans un coin de sa chambre. Elle tenta de l'ouvrir mais la serrure résista bien que les ferronneries se soient oxydées avec le temps : *tanpis, j'essaierais demain de l'ouvrir avec des méthodes...plus persuasives* se dit elle.
