Bonsoir

Voici le chapitre 3 de cette histoire avec un peu de retard dû à un problème d'Internet.

Castiel se confie à Gabriel et Dean discute avec Sam.

Ce chapitre n'a pas été corrigé par Elissa donc toutes les fautes sont les miennes. Veuillez m'en excuser.

Merci pour votre fidélité et tous vos messages.

Bonne lecture et à lundi

Sydne8201

Musique du chapitre:

Crazy de Seal

Chapitre 3 : Soirées entre frères

« L'amour fraternel est plus durable il ressemble à la pierre précieuse qui résiste aux plus durs métaux et dont la valeur s'accroît avec les années. »

Hector Carbonneau

Castiel prit le temps avant de rentrer chez lui et après avoir quitté le bureau d'Ellen. Il n'avait rien de prévu et personne à voir mais il ne voulait pas faire face à Gabriel dans un tel état d'énervement. Il était absolument furieux. Il voyait clair dans le jeu de Dean et il le trouvait injuste. Il pouvait comprendre que le jeune homme soit vexé de se voir confié quelqu'un pour veiller sur lui. Mais Castiel n'était en rien responsable des décisions d'Ellen. Il n'avait fait que répondre à une offre d'emploi. Il avait besoin de cet argent. Il ne faisait rien de mal. Pourtant, Dean l'avait pris pour cible et cela ne faisait que commencer. Il allait le pousser à bout jusqu'à le faire craquer. C'était son objectif. Pousser Castiel à renoncer à ce job. Être suffisamment insupportable avec lui pour le convaincre d'aller voir ailleurs.

C'était insultant et cruel. Castiel ne méritait pas qu'on s'acharne ainsi sur lui. Surtout quand il avait tout fait pour paraître le plus sympathique et avenant possible. Il n'avait pas dit un mot plus haut que l'autre. Il n'avait pas insulté Dean. Il n'avait même pas répondu à ses provocations. Il aurait mérité une médaille pour le calme dont il avait fait preuve face à tant d'agression verbales. Dean était un imbécile et un salopard. Et Castiel allait devoir le supporter pendant des heures entières dès le lendemain. Il allait devoir ravaler sa colère, sa frustration et son envie de lui rentrer dedans. Il refusait de lui donner la moindre munition à utiliser contre lui ensuite. Il allait se montrer irréprochable. Mais il pouvait déjà sentir que cela allait être épuisant.

Heureusement pour lui, il avait réussi à avoir le dernier mot. Sans se montrer agressif ou laisser transparaître sa colère, il avait su remettre Dean à sa place à la fin de leur entretien. Il lui avait rappelé que le jeune homme n'avait pas d'autres choix que d'accepter sa présence. Et il avait su trouver les mots justes pour le faire taire. Bien sûr, il était presque sûr que cela avait énervé Dean et qu'il le paierait certainement le lendemain. Mais il ne pouvait s'empêcher d'être un peu fier de lui malgré tout.

Il marcha durant un long moment sans réellement avoir du but en tête. Puis quand il fut enfin calmé, il reprit le chemin de l'appartement de Gabriel. Il savait que son frère l'y attendait déjà et que les questions pleuvraient dès son arrivée. Il n'avait pas envie de parler de Dean avec Gabriel. Il connaissait suffisamment son frère pour savoir qu'il ne pourrait s'empêcher de s'amuser de la situation. Et Castiel ne la trouvait pas drôle. Il allait devoir travailler avec quelqu'un qui le voyait comme un ennemi et qui semblait totalement déterminé à l'abattre. Il ne voyait pas ce qui pouvait être amusant dans tout ça.

Il ne pouvait toutefois pas éviter son frère éternellement. Il serait bien obligé de lui faire face à un moment ou à un autre.

Il prit une grande inspiration avant de pousser la porte de l'appartement. Il espérait avoir quelques minutes à lui avant que son frère ne commence son interrogatoire. Mais il n'eut malheureusement pas cette chance. Gabriel était déjà là et apparut dans le couloir dès qu'il franchit la porte. Il prit toutefois le temps de la refermer derrière lui puis de retirer ses chaussures et sa veste avant de lui faire face. Gabriel se dandinait d'un pied sur l'autre, visiblement impatient de pouvoir lui poser toutes les questions tordues auxquelles il avait probablement réfléchi toute la journée. Castiel le salua d'un signe de la tête avant de prendre la direction de sa chambre. Il avait conscience qu'il ne fait que retarder l'échéance mais cela lui offrait quelques instants pour se préparer et il en avait bien besoin. Il se changea rapidement, optant pour une tenue confortable avant de retourner dans le salon. Gabriel l'y attendait toujours, les mains jointes dans le dos et un large sourire sur les lèvres. Castiel ne comprenait pas comment, à presque trente ans, son frère pouvait être aussi immature. Il était excité par tout et n'importe quoi. Faisait toujours des plaisanteries stupides et s'amusait des mêmes choses qu'un adolescent. Il restait parfois un mystère pour Castiel. Et ils avaient pourtant toujours été extrêmement proches.

- Alors comment c'était ? demanda t-il finalement.

Castiel regrettait presque de lui avoir dit en quoi allait consister son travail. Il l'avait uniquement parce qu'il n'aimait pas mentir à son frère. Et parce que Gabriel avait la gentillesse de l'héberger sans exiger de lui qu'il se trouve un « vrai » travail. Il méritait bien que Castiel soit honnête.

- Si je te dis que je n'ai pas envie d'en parler, je suppose que tu ne me laisseras pas tranquille ? tenta t-il.

- Oh je t'en prie Cassie, tu me connais mieux que ça. Je veux tout savoir. Ton nouveau travail est la chose la plus excitante qui soit arrivé depuis bien longtemps dans notre famille. Tu ne vas pas me priver du plaisir d'en savoir plus. Tu n'es pas aussi cruel.

Castiel soupira avant de se laisser tomber sur le canapé. Gabriel se tenait toujours debout dans son dos.

- Si tu étais capable de te montrer adulte et de te contenter de poser des questions convenables, je t'aurais probablement déjà tout dit. Mais on sait tous les deux que tu ne sais pas te tenir.

- Je te promets de me montrer adulte. Je te promets de ne pas me moquer et de ne pas faire de plaisanterie de mauvais goût. Tu sais que j'en suis capable quand la situation l'impose.

Castiel ne put s'empêcher de ricaner en l'entendant. Gabriel était totalement incapable de se montrer sérieux. Et si cela lui permettait le plus souvent d'apaiser les tensions et de rendre les moments douloureux un peu moins compliqués, c'était aussi un de ses traits de caractère que Castiel avait le plus de mal à accepter.

- J'aimerais vraiment te croire. Et j'aimerais également que cela soit vrai. Parce que ce travail … aussi amusant que tu puisses le trouver … est important pour moi. J'en ai besoin et j'aimerais avoir ton soutien. Parce que ça ne s'annonce pas vraiment facile.

Il attendit une seconde que son frère rebondisse sur ce qu'il venait de dire ou fasse une plaisanterie douteuse. Et il fut surpris quand cela ne se produit pas. A la place, Gabriel vint s'asseoir à côté de lui sur le canapé. Il semblait soudainement sérieux et Castiel ne savait pas vraiment quoi en penser.

- Cassie, je sais que je peux être … immature parfois. C'est ce qui fait mon charme. Mais je peux te promettre que je saurais me tenir cette fois. Si ce travail est important pour toi alors il l'est aussi pour moi. Et avant d'être le bout en train que tout le monde apprécie, je suis ton grand frère. Si tu as besoin que je sois sérieux, je le serais. Si tu as besoin d'une plaisanterie pour te détendre, tu l'auras. Je peux te le promettre.

Gabriel semblait sincère. Castiel avait vraiment envie de le croire. Il finit par hocher la tête avant de soupirer longuement. Il n'avait passé que très peu de temps avec Dean mais il en était ressorti épuisé. Et cela ne faisait que commencer. Gabriel avait raison. Il avait besoin de se confier à quelqu'un. Il ne tiendrait jamais le coup s'il n'avait personne avec qui parler.

- On ne peut pas dire qu'il était ravi de me rencontrer. Enfin pas moi personnellement mais … il n'aime pas l'idée d'avoir un chauffeur ou quelqu'un pour valider ses clients. Il pense pouvoir s'en charger seul … ce qui n'est visiblement pas le cas puisque sa patronne exige qu'il soit accompagné. Je ne sais pas vraiment ce qui a pu se passer pour qu'elle prenne cette décision mais j'ai l'impression que c'était plutôt grave. Disons qu'à ses yeux, je suis l'ennemi et qu'en conséquence, il ne va pas me faciliter la tâche.

C'était un doux euphémisme. Dean n'allait pas seulement lui compliquer la tâche, il allait tenter de le pousser à bout. Il avait déjà commencé. Et il avait visiblement trouvé son plan d'attaque. Castiel allait rapidement devoir s'endurcir pour que les réflexions de Dean ne l'atteignent pas.

- Il s'est montré plutôt agressif avec moi. Pas physiquement, je te rassure mais … je sais qu'il va continuer à se montrer désagréable et moqueur avec moi pour me pousser à démissionner. Il semble penser que si je suis celui qui part, personne ne le lui reprochera à lui. Et qu'il pourra ensuite reprendre sa vie là où il l'avait laissé. Ce qui est stupide si tu veux mon avis. Ellen n'est pas dupe. Je crois juste qu'il se sent pris au piège et trahi et que la seule personne contre laquelle il peut passer sa colère sans risque se trouve être moi.

Il vit Gabriel grimacer et il pouvait facilement deviner ce qu'il pensait. Il n'aimait pas l'idée qu'on puisse s'en prendre ainsi à son petit frère. Il l'avait toujours défendu. Même quand il était un peu charrié à l'école. Cette fois, pourtant, il ne pouvait rien faire. Et cela devait probablement le frustrer.

- Je pense que je connais déjà la réponse à cette question mais je dois tout de même te la poser … pourquoi est-ce que tu as pris ce boulot ? Tu sais que je n'exige pas de toi que tu paies un loyer. Et je n'ai pas besoin que tu m'aides financièrement. Tu devrais prendre le temps de trouver autre chose … un job où tu n'aurais pas à te faire constamment embêter comme cela sera visiblement le cas pour celui-ci.

Castiel savait bien que Gabriel n'avait pas besoin de son argent. Il gagnait très bien sa vie et pouvait parfaitement assumer son petit frère pendant quelques temps. Mais Castiel n'aimait pas l'idée de vivre à ses crochets. Il avait vingt cinq et il avait besoin de pouvoir être indépendant financièrement. C'était une question de fierté.

- Je t'ai déjà dit pourquoi je le faisais. Je veux pouvoir être indépendant. Je veux participer aux dépenses quotidiennes. Je ne veux pas être un fardeau ou un poids pour toi. Et puis ce n'est que temporaire. Je ne vais pas en faire ma carrière. C'est juste le temps de trouver autre chose de plus intéressant.

- Tu sais … c'est dingue parce que franchement … devenir le chauffeur d'un prostitué est quelque chose que j'aurais totalement pu faire avant. J'y aurais même trouver un certain plaisir. Mais je n'aurais jamais imaginé que tu … que toi tu pourrais l'envisager. Ça ne te ressemble pas.

Castiel savait que son frère ne disait pas cela méchamment. Et ce n'était d'ailleurs pas entièrement faux. Mais il le prenait tout de même comme une critique. Comme un reproche. Et cela faisait écho à ce que Dean lui avait dit. Qu'il était sans doute trop prude pour un tel métier. Il en avait assez qu'on lui tienne ce genre de propos.

- Excuse moi … je ne vois pas pourquoi je ne serais pas capable de le faire ! protesta t-il.

Gabriel sembla surpris par son ton. Il leva les deux mains dans sa direction en signe d'apaisement.

- Je n'ai pas dit que tu n'étais pas capable de le faire. Parce que je sais que tu es capable de tout si tu le souhaites. Je disais que cela ne te ressemblait pas. Ce n'est pas … quelque chose que je t'imaginais faire un jour.

- Et pourquoi donc ? demanda aussitôt Castiel qui ne décolérait pas.

Il savait que sa réaction était probablement disproportionnée mais il s'en fichait. Il pouvait sentir la colère monter à nouveau en lui. Elle n'aurait jamais dû être dirigée contre Gabriel mais Castiel n'avait personne d'autre contre qui passer ses nerfs. Il espérait sincèrement que son frère ne lui en tiendrait pas rigueur.

- Et bien parce qu'il est question de … de …

- De sexe ? Quoi ? Tu penses que je suis trop prude pour travailler avec quelqu'un comme Dean ? Parce que si c'est le cas alors tu te trompes. Vous vous trompez tous les deux. Je n'ai aucun problème avec le sexe … j'aime même beaucoup ça. Je ne suis pas prude. Je ne suis pas aussi facilement déstabilisable.

- Je ne suis même pas sûr que ce mot existe …

- Gabriel !

Gabriel acquiesça alors visiblement conscient qu'il était temps d'apaiser la situation et de calmer son frère.

- Je ne sais pas pourquoi il t'a dit cela ou même comment il te l'a dit mais ce n'est pas ce que je pense de toi. Et d'ailleurs tu sais quoi ? Oublie ce que j'ai dit. J'ai été stupide, c'est tout.

Castiel n'avait pas envie de continuer à crier sur son frère. Il n'était pas en colère contre lui. Il ne devait pas oublier que c'était Dean qui l'avait mis dans cet état. Gabriel ne méritait pas qu'il s'en prenne à lui ainsi. Il prit donc quelques secondes pour retrouver un semblant de calme avant de reprendre la parole.

- Désolé, ce n'est pas contre toi que je suis en colère. Tu n'as rien fait. C'est … c'est Dean qui m'a mis hors de moi en jouant sur le fait que ce qu'il me disait de son métier me mettait un peu mal à l'aise. Ce qui est normal après tout. Je n'ai pas l'habitude de parler ouvertement de sexe avec des inconnus. J'ai été déstabilisé c'est tout.

Gabriel hocha et Castiel songea alors que son frère aurait été bien plus à l'aise que lui dans la même situation. Dean n'aurait jamais pu le déstabiliser ou le faire rougir avec des propos similaires. C'était sans doute ce que Gabriel avait tenté de lui dire un peu plus tôt.

- Qu'est-ce qu'il t'a dit pour que tu sois mal à l'aise ?

Castiel n'avait pas envie de rentrer dans les détails mais il ressentait tout de même le besoin de donner quelque informations à son frère après lui avoir injustement crié dessus. Il était toutefois presque sûr qu'il allait en rire aussitôt.

- Il a juste … il m'a plus ou moins décrit ce qu'il acceptait de faire ou non. Il m'a donné quelques précisions sur la nature de ses prestations … et je mets au défi n'importe qui de ne pas avoir légèrement rougi à ma place. Je veux dire … il était question de fessée, de partouze et de main entièrement insérée à l'intérieur de … enfin bref tu vois où je veux en venir.

Gabriel avait les lèvres pincées quand Castiel reporta son attention sur lui. Il ne réagit pas pendant quelques secondes avant d'éclater finalement de rire. C'était plus fort que lui sans doute. Il ne pouvait pas entendre ce genre de choses sans en rire ensuite. Cela les différenciait. Quand Castiel rougissait, Gabriel riait.

- Ok je … je tiens à promettre que je ne me moque pas de toi … c'est juste la situation que je trouve amusante et … bref … il est évident que ce type cherche à te pousser à bout. Et franchement, il va te falloir du courage pour ne pas lui dire ses quatre vérités. Mais la vraie question maintenant est la suivante … est-ce qu'il est beau au moins ? Je suppose qu'il doit l'être pour exercer ce métier mais je suis curieux de savoir à quoi il ressemble.

Castiel savait parfaitement que Gabriel cherchait à détendre l'atmosphère en ramenant la conversation sur un autre sujet. Il lui en était reconnaissant d'ailleurs. Il ne voulait surtout pas que la soirée se termine par une dispute ou sur une quelconque mauvaise note. Il avait besoin de reprendre des forces avant d'affronter Dean le lendemain.

- Il est extrêmement séduisant … sans nul doute l'un des hommes les plus séduisants qu'il m'ait été donné de rencontrer dans ma vie. Et ce n'est pas une surprise puisqu'il a une longue liste de clients. Mais ça n'a pas vraiment d'importance et ça ne change rien pour moi. Ce n'est pas ce qui m'intéresse.

C'était pourtant ce qu'il avait remarqué en premier en le voyant. Et si Dean n'avait pas été un abruti de première, il aurait probablement eu du mal à ne pas y penser constamment. C'était finalement un mal pour un bien. Il était toutefois convaincu que dans d'autres circonstances, il aurait pu envisager d'inviter Dean à boire un verre. Il aurait tenté sa chance.

- Non ça ne change rien mais ça satisfait ma curiosité. Je n'ai pas une grande expérience en la matière même si je suis sûr que beaucoup pensent le contraire et c'est … honnêtement … c'est un univers qui me fascine. Je me demande comment cella peut fonctionner. Comment on peut en venir à payer quelqu'un pour du sexe. Comment on aborde un tel rendez vous … est-ce qu'on parle de ce qu'on veut faire avant ? Est-ce qu'on négocie ou est-ce qu'on passe directement aux choses sérieuses ?

Castiel s'était lui aussi posé la question. Ellen lui avait donné quelques informations sur ce point. Il pouvait parfaitement les partager avec Gabriel.

- Apparemment, c'est Ellen, la patronne, qui rencontre les clients qui demandent à voir Dean. Elle leur explique ce qu'il accepte ou non de faire. Elle s'assure qu'ils ne représentent pas une menace pour Dean. Puis elle organise une rencontre entre eux pour qu'ils fassent connaissance et qu'ils se mettent d'accord sur la nature de la … prestation. Je ne pense pas qu'ils aient vraiment besoin d'en rediscuter quand ils ont rendez vous ensuite.

Gabriel hocha la tête. Il semblait prendre toutes ces informations au sérieux. Il semblait réellement fasciné par ce qu'il apprenait. Castiel ne comprenait pas pourquoi. Mais une nouvelle fois, il avait fini par ne plus être surpris par les réactions peu ordinaires de son frère. Il les avait acceptées comme faisant parties de lui.

- Sans doute oui. Et puis payer pour discuter, ce n'est pas vraiment … rentable. Enfin … je suppose.

- Je ne pense pas que c'est ce que ces hommes recherchent effectivement.

- Et je ne les juge pas même si j'ai du mal à comprendre qu'on puisse payer pour quelque chose qu'on peut avoir gratuitement en faisant quelques efforts. Et puis même si on ne trouve personne, il reste toujours Internet et c'est gratuit.

- Je te crois sur parole sur ce dernier point.

Gabriel hocha à nouveau la tête d'un air songeur. Castiel lui laissa quelque secondes pour assimiler ce qu'il venait d'entendre. Parler avec son frère lui avait fait du bien. Il se sentait plus léger. Et il était content de l'avoir fait en fin de compte. Il savait qu'à compter de demain, il pourrait se confier à lui. Cela l'aiderait à tenir le coup.

- Enfin … pour en revenir à ce qui est vraiment important, sache que tu peux compter sur moi si tu as besoin de parler, de te plaindre ou juste de quelqu'un sur qui crier. Je te promets de ne jamais me moquer de toi.

- Je suis désolé d'avoir douté de toi Gabe. J'aurais dû te faire confiance. Tu as toujours été là pour moi après tout.

- Et je continuerais à l'être Cassie … mais je veux que de ton côté, tu peux me promettre de ne surtout pas oublier ton véritable objectif. Parce que si je ne critiquerais jamais ton choix de carrière, je n'accepterais jamais que tu exerces un métier qui ne te rend pas heureux juste parce que la paye est bonne. D'accord ?

Castiel acquiesça à son tour en souriant. Il n'était pas difficile pour lui de faire une telle promesse. Il n'avait pas l'intention de rester éternellement le chauffeur de Dean. Ce n'était pas son rêve. Il le faisait uniquement pour l'argent. Il ne perdait pas de vue son objectif. Il le savait dur à atteindre mais il avait confiance en lui. Il saurait faire en sorte de réaliser son rêve.

- Je te le promets Gabe, finit-il par déclarer.

Gabriel lui tapota l'épaule puis se leva du canapé. Il indiqua ensuite la cuisine du menton.

- J'ai préparé à dîner au fait. Quelque chose me dit que tu as faim. Et ça tombe bien parce que je t'ai fait ton plat préféré. Je savais que tu aurais besoin d'un peu de réconfort en rentrant à la maison.

Gabriel le connaissait effectivement par cœur. Et il savait comment le réconforter quand il en avait besoin. Il l'avait toujours fait depuis qu'ils étaient enfants. Castiel savait qu'il avait de la chance de l'avoir. Il aimait ses parents. Mais ils ne le comprenaient pas comme Gabriel le comprenait. Et c'était pour cela qu'il ne pourrait jamais leur dire qu'il avait accepté un tel job. Il ne pouvait compter que sur Gabriel pour se confier. Il avait eu la preuve ce soir que cela serait heureusement suffisant.


Dean était furieux comme rarement il l'avait été avant. Il était fou de rage. Contre Ellen qui l'avait piégé et trahi. Contre Sam qui était visiblement plus qu'un complice passif dans cette mascarade. Et contre Castiel enfin même s'il ne le méritait sans doute pas autant que les deux autres.

Dean avait pensé avoir pris le dessus sur lui assez rapidement durant leur entrevue. Il avait mis les choses au clair quant au fait qu'il ne voulait pas de Castiel avec lui. Il avait réussi à le déstabiliser à plusieurs reprises. Il avait trouvé un plan et un angle d'attaque qui semblaient efficaces. Puis Ellen les avait laissé seuls. Dean avait alors voulu se montrer parfaitement honnête avec Castiel. Pas par pitié mais parce qu'il allait se montrer probablement cruel avec lui dans les jours qui allaient suivre et il estimait que Castiel méritait de savoir pourquoi.

Et il avait pensé que cela suffirait. Mais à sa grande surprise, son futur chauffeur lui avait tenu tête. Il avait rappelé à Dean qu'il n'avait pas d'autre choix que de se plier aux exigences d'Ellen. Il lui avait assuré qu'il ne réussirait pas à le faire démissionner. Et il avait réussi à avoir le dernier mot alors que Dean pensait sincèrement avoir la maitrise de la conversation.

Il détestait avoir la sensation que la situation lui échappait. Il n'aimait pas quitter une discussion sans avoir la certitude d'avoir eu le dessus. Et cette fois, il n'en était pas sûr. Il se sentait déstabilisé et pris à défaut. Tout ce qu'il aurait aimé pousser Castiel à ressentir.

Et cela le mettait hors de lui. Il avait envie d'hurler ou de taper sur quelque chose jusqu'à ne plus rien ressentir du tout. Mais laisser libre court à sa rage serait admettre qu'il la ressentait. Et cela reviendrait à laisser Castiel gagner complètement. Ce que Dean refusait catégoriquement. Il prit donc quelques secondes dans la voiture pour retrouver son calme. La situation n'était pas totalement désespérée. Il pouvait encore s'en sortir s'il agissait intelligemment. Il avait toute la soirée pour y réfléchir. Il ne devait surtout pas désespérer.

Il finit par reprendre le chemin de l'appartement qu'il partageait avec Sam. Il gagnait suffisamment d'argent pour avoir pu opter pour un quartier sûr et relativement huppé. Il avait également pu mettre suffisamment de côté pour financer les études de Sam pendant quelques années. Il ne devait surtout pas oublier tout ce qu'il avait déjà accompli. Il ne devait pas laisser une minuscule défaite gâcher tout le reste.

Quand il rentra chez lui, Sam était déjà là, installé à la table de la cuisine pour travailler. Il semblait plongé dans la lecture d'un livre épais que Dean savait totalement inintéressant. Sam avait toujours adoré les études. Il était le meilleur de sa classe depuis l'école primaire. Dean, de son côté, n'avait jamais été très doué. Il avait tout juste obtenu son diplôme à la fin du lycée. Il avait ensuite dû travailler. Et cela ne lui pesait pas. Il doutait d'avoir pu obtenir plus de toute façon.

Il se changea rapidement dans sa chambre avant de rejoindre la cuisine. Il ne manqua pas de remarquer le petit sourire de Sam. Il savait que son frère était probablement fier de lui et satisfait par la situation. Ellen et lui avaient manigancé dans son dos et Dean leur en voulait un peu. Mais il pouvait aussi les comprendre d'une certaine façon. Il savait qu'ils s'inquiétaient pour lui et s'il estimait cela stupide, il ne le leur reprochait pas.

- Vas-y Sammy … interroge moi. Je peux sentir que tu en meures d'envie, lança t-il après avoir sorti une bière du frigo.

Il en posa une autre à côté du livre que son frère lisait avant d'ouvrir la sienne. Il en avala une gorgée sans quitter Sam des yeux.

- Je dois reconnaître que je suis curieux d'en savoir plus sur ce Castiel. Ellen semblait plutôt contente de leur premier rendez vous mais j'aimerais savoir ce que toi tu en penses.

Sam connaissait le nom de Castiel. C'était une preuve de plus de ce que Dean savait déjà. Il n'avait pas seulement donné son accord à Ellen pour engager quelqu'un. Il avait également participé activement à la recherche et au choix de la personne adéquat. Sam était un traitre au même titre que la patronne de Dean. Mais il ne lui en voulait pas réellement. Il était en colère oui. C'était toutefois passager. Comme toujours, il n'en tiendrait pas rigueur à son frère très longtemps.

- Et bien si tu veux tout savoir, je l'ai trouvé prude, timide et totalement inadapté au poste. Mais tout le monde se fiche de mon avis de toute façon.

- Dean, tu auras le dernier mot que tu veuilles le croire ou non. Et franchement, si après quelques temps tu estimes qu'il ne fait pas l'affaire, on cherchera quelqu'un d'autre. Mais laisse lui une chance. De toute façon, tu trouves tout le monde prude. Et c'est juste parce que les gens ne sont pas tous aussi à l'aise avec le sexe que toi.

Dean devait reconnaître qu'il trouvait les gens qu'il croisait plutôt coincés de façon générale. Lui n'avait aucun problème à parler de sexe. Il trouvait cela naturel. Et il aimait plus que tout mettre son frère mal à l'aise en lui en parlant. Pas de ses clients. Jamais de ses clients. C'était un sujet tabou entre eux. Mais de ses activités en dehors de ses heures de travail. Et Sam détestait ça.

- Il a rougi Sammy … il n'existe aucune personne de plus de douze ans qui rougisse quand on parle de sexe … pas même toi et pourtant, tu as tout d'une écolière de douze ans.

Sam leva les yeux au ciel mais ne cessa pas de sourire pour autant. Il avait appris à ne pas être vexé par ce genre de réflexion. Il savait que ce n'était pas méchant. Dean était de toute façon physiquement incapable de se montrer cruel avec Sam.

- Soyons réalistes une seconde … quelqu'un qui ne parvient pas à entendre parler de sexe sans se comporter comme un idiot ne pourra jamais être crédible auprès de mes clients. Et cela risque de devenir rapidement un problème pour moi.

Sam but une gorgée de sa bière avant de reporter son attention sur Dean.

- Ce ne sera un problème que si tu fais en sorte que cela en devienne un. Il te suffit de l'aider à s'acclimater … ce que tu es parfaitement capable de faire si tu y mets du tien.

Dean soupira. Il aurait effectivement pu aider Castiel à se sentir aussi à l'aise que possible. Mais il n'en avait pas envie. Il ne voulait pas se montrer gentil avec lui. Il ne voulait pas qu'il ait envie de rester.

- Sauf que je ne suis pas son chaperon. Ce n'est pas à moi de lui apprendre la vie. Il a vingt cinq ans. Il devrait être suffisamment mature pour ne pas être aussi gêné par ce genre de conversation. Je ne pensais pas dire ça un jour mais j'ai fini par trouver quelqu'un de plus immature que toi.

C'était une plaisanterie qui revenait souvent entre Sam et lui. Mais Dean savait que ce n'était pas vrai. S'il avait fait en sorte de protéger Sam durant son enfance, son petit frère n'en avait pas moins été forcé de grandir rapidement. Il était devenu mature à un âge où il aurait du pouvoir se montrer insouciant. C'était un des regrets de Dean.

- Il ne fera peut-être pas l'affaire. Je ne dis pas qu'il est parfait. Et je te l'ai déjà dit … s'il ne convient pas, on trouvera quelqu'un d'autre. Tout ce que je te demande c'est de ne pas le condamner avant même de lui avoir laissé une chance.

- Je lui ai déjà dit que je lui laisserais une chance. Mais il n'a pas intérêt à faire fuir mes clients … parce que si l'un d'entre eux renonce à me voir à cause de lui, je le renverrais aussitôt.

Sam soupira et Dean savait qu'il était agacé par son attitude. Il n'aimait pas mettre son frère en colère. Cela arrivait toutefois plus souvent qu'il ne l'aurait voulu. Ils étaient extrêmement proches. Mais cela ne les empêchait pas de se disputer pour autant. Heureusement pour eux, ils se réconciliaient toujours rapidement.

- Du moment qu'il ne commet pas d'erreurs à cause de toi, ce ne sera pas un problème pour moi. Mais ce sera à Ellen de le renvoyer. Pas à toi.

- Ne joue pas sur les mots Sammy.

Sam haussa les épaules avant de boire une nouvelle gorgée de sa bière. Dean pensa alors que la conversation était terminée. Il entreprit donc de commencer à préparer le dîner. C'était toujours lui qui cuisinait. Il avait appris très jeune et cela le détendait. Il aimait l'idée de subvenir aux besoin de son frère. Et cela ne s'appliquait pas seulement à l'aspect financier.

- Je sais que l'idée d'avoir quelqu'un avec toi ne te plait pas Dean. Je sais que tu penses pouvoir te débrouiller seul. Mais ton métier … même si tu l'exerces dans un cadre aussi sécurisé que possible … il reste dangereux.

- Aucun de mes clients ne serait capable de me faire du mal. Ils sont tous parfaitement inoffensifs.

- Tous ? Est-ce que je dois te rappeler ce qui est arrivé avec Alastair ?

Dean sentit un frisson lui remonter la colonne vertébrale en entendant ce nom dans la bouche de son frère. Il s'en souvenait parfaitement. Il avait été terrifié ce jour-là. Il avait échappé au pire. Il en avait conscience. Mais c'était juste un incident qui n'avait plus aucune chance de se reproduire. Ellen s'en était assuré. Et Dean était plus vigilent encore.

- Je sais que tu as eu peur pour moi et j'aurais émané t'épargner tout ça. Mais je m'en suis sorti et j'en ai tiré les conclusions qui s'imposaient. Ça ne se reproduira plus.

- Dean, je n'ai pas seulement eu peur. J'ai été terrifié. Tu es ma seule famille et je refuse de te perdre. J'ai toujours su que ton choix de carrière était … que cela risquait un jour de te conduire dans des situations dangereuses. C'est pour ça que je refusais que tu continues. Je continue à espérer que tu arrêtes tout et que tu fasses autre chose de ta vie. Tu pourrais faire n'importe quoi. Tu es intelligent et plein de ressources.

Dean secoua la tête mais sans faire face à son frère. Il ne voyait pas ce qu'il aurait pu faire d'autre. Bien sûr, il aurait pu choisir d'être serveur ou barman. Mais il n'aurait jamais gagné autant d'argent en le faisant. Et il était doué dans son domaine. Il était le meilleur. Il ne comptait pas s'arrêter avant d'être trop vieux pour continuer.

- J'ai fini par accepter que tu continues mais j'ai été clair avec toi depuis le début … ce n'était que si et seulement si tu acceptais de te plier à mes conditions. Elles ont juste évolué après ton incident avec Alastair. Je ne serais jamais tranquille s'il n'y a pas quelqu'un avec toi pour s'assurer que tout se passe bien.

- Mais tout se passe bien … Alastair était un cas unique. Mes autres clients sont tous … extrêmement respectueux de mes limites. Ils ne me feront jamais de mal. Tout est parfaitement sous contrôle.

Dean entendit Sam reposer sa bière violemment sur la table dans son dos. Il avait réussi à l'énerver. Ce n'était pas ce qu'il cherchait. Il ne voulait pas se disputer avec lui. Il comprenait pourquoi il avait manigancé tout cela avec Ellen. Il était juste frustré et vexé de voir que son petit frère ne le croyait pas capable de se défendre seul. Il avait la sensation qu'il n'avait pas confiance en lui.

- C'est ce que tu me disais avant Alastair … c'est aussi ce que tu me disais quand tu vendais ton corps au premier venue dans la rue. Dean, tu crois que j'aime l'idée que mon frère se … qu'il se prostitue uniquement pour pouvoir me payer des études ? Tu crois que j'aime penser à ce que tu es en train de subir la journée pendant que je suis confortablement installé dans un amphi ou à la bibliothèque. Je sais que tout ceci n'est possible que grâce à toi. Mais tu me demandes beaucoup. Tu me demandes d'accepter quelque chose qu'à ma place, tu refuseras même d'imaginer. Mets toi à ma place une seconde et demande toi ce que tu ferais si les rôles étaient inversés.

Dean ne pourrait jamais tolérer que son frère puisse un jour se prostituer. Il méritait bien mieux que ça. Et il savait que l'accepter avait dû demander un énorme effort à son frère. Il savait combien cela devait être difficile pour lui. Il aurait parfois aimé que les choses soient différentes. Que leur père soit encore là pour les aider financièrement.

- Je suis désolé Sammy. Je sais que ce n'est pas facile pour toi. Et oui, si j'ai commencé à me … prostituer c'est avant tout parce qu'on avait besoin d'argent. Le faire dans la rue était difficile. Mais ce n'est plus le cas maintenant que je travaille pour Ellen. Que tu veuilles le croire ou non, j'aime mon métier. Je veux dire … j'aime le sexe et la plupart du temps, je prends mon pieds avec mes clients. Je suis payer pour avoir des orgasmes. Je ne vois aucune raison de me plaindre.

Sam soupira à nouveau. Dean ne mentait pas. Il aimait se sentir désiré. Il aimait savoir qu'il offrait un service qui rendait ses clients heureux. Ce n'était peut-être pas ordinaire et la plupart des gens le voyait comme quelque chose de dégradant. Mais pas Dean. Il aimait ce qu'il faisait. Il ne s'en cachait pas.

- Et je sais que c'est vrai même si je trouve ça complétement dingue. Je ne porte pas de jugement sur toi. Je ne pense que tu fais est honteux ou dégradant. Mais je ne suis pas naïf. Je sais que cela reste dangereux. Je veux juste que tu sois autant en sécurité que possible. Est-ce que tu peux le comprendre ?

Dean hocha la tête parce qu'il le comprenait. Il savait que Sam ne cherchait pas à l'infantiliser. Qu'il n'avait pas juste envie de le mettre en colère. Il le faisait par amour pour lui. Et c'était la meilleures des raisons qui soit. Il s'en voulait presque d'avoir déjà prévu de tout faire pour que Castiel prenne la fuite. Il savait que c'était un peu comme trahir la confiance de Sam. Mais il avait besoin de se débarrasser du jeune homme pour ensuite pouvoir prouver à son frère et Ellen qu'ils avaient tort de s'en faire pour lui. Tout s'arrangerait ensuite.

- Je le comprends et … je vais accorder une chance à Castiel. Il doit venir me chercher demain. Je peux te promettre que je garderais l'esprit ouvert et que je ferais en sorte de me montrer sympathique avec lui. Mais tu sais que je le fais pour toi et uniquement pour toi.

- Comme tout ce que tu as toujours fait Dean. Parfois, j'aimerais un peu que tu fasses quelque chose pour toi. Que tu te montres plus égoïste. Tu l'as bien mérité.

Dean n'avait pas la sensation de se priver de quoi que ce soit. Plus maintenant. Bien sûr, il avait fait des sacrifices durant son enfance pour s'assurer que Sam ne manque de rien. Mais cela avait changé maintenant. Il avait suffisamment d'argent pour se faire plaisir. Il avait la voiture de ses rêves, un bel appartement et des gens qu'il aimait autour de lui. Il sortait, rencontrait du monde et s'amusait. Il avait une belle vie.

- Je crois que je l'ai été suffisamment en continuant à exercer ce métier malgré tes objections. Et je suis heureux Sam. Je ne me sens pas obligé de faire ce que je fais. Je ne manque de rien. On n'est pas dans Pretty Woman et je ne suis pas Julia Roberts. Je n'ai pas besoin que mon Richard Gere vole à mon secours et me sorte de cet enfer.

Il entendit Sam rire derrière lui et cela lui arracha un sourire.

- Tu es bien moins séduisant que Julia Roberts, c'est vrai.

- Tu dis ça uniquement parce que tu es mon frère. Mais crois moi, les types que je rencontre ne pensent pas du tout la même chose que toi. Ils passent ensuite de longues heures à vanter les mérites de ma bouche, de mes fesses et …

- Crois-moi, je le sais. Mais justement parce que je suis ton frère, je préfère ne pas le savoir. Ça m'évite de perdre le sommeil et d'être poursuivi par des images de toi qui me conduiraient tout droit dans un asile psychiatrique.

Dean haussa les épaules, amusé. Il devait reconnaître qu'imaginer la vie sexuelle de son frère avait à peu près le même effet sur lui. Il ne voulait pas entendre parler. Il n'avait aucun mal à parler sexe et de ses propres expériences. Mais il préférait ignorer ce que son frère faisait avec les jeunes femmes qu'il rencontrait. C'était bien mieux ainsi.

- Mais plus sérieusement même si je sais que tu n'aimes pas ça … je voulais juste te dire que je suis … je suis désolé d'avoir eu à agir dans ton dos. J'aurais probablement du te le dire plus tôt … avant qu'Ellen le fasse. Je sais que tu as dû te sentir pris au piège et ce n'était pas du tout ce que je voulais. Alors voilà … désolé.

Dean détestait entendre son frère s'excuser. Il ne voulait pas qu'il se sente coupable. Il ne voulait pas qu'il ait des regrets.

- Tu n'as rien fait de mal Sammy. J'ai compris ta décision et si elle m'a effectivement mis en colère au début … c'est terminé maintenant. Et je ne pense pas qu'en parler pendant des heures changent quoi que ce soit.

Il se tourna pour pouvoir faire face à son frère et lui adressa un large sourire que Sam lui rendit aussitôt. La tension était retombée. Comme toujours entre eux, elle ne durait pas très longtemps. Ils n'étaient restés brouillés plusieurs jours qu'une seule fois dan leur vie. ET Dean ne voulait surtout pas que cela se reproduise. Il tenait bien trop à Sam pour prendre le risque de le perdre.

- Maintenant, tu vas me parler de ce que tu es en train d'étudier même si cela risque de m'ennuyer au plus haut point et ensuite … tu me diras quand tu vas te décider à inviter Jess à dîner. Parce que franchement, tu risques de passer à côté de quelque chose de très chouette si tu attends trop longtemps.

Jess était une camarade de Sam que Dean avait rencontré une ou deux fois. Elle était belle, intelligente, drôle et ne se laissait pas marcher sur les pieds. Elle était parfaite pour lui. Dean pouvait sentir qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Mais Sam était trop nerveux pour l'inviter. Dean était toutefois convaincu qu'elle dirait oui. C'était pour ça qu'il insistait autant.

- Tu as raison sur au moins un point … ce que je suis en train d'étudier t'ennuierais à mourir … ça m'ennuie d'ailleurs moi aussi. Mais puisque tu veux savoir, il s'agit de droit administratif.

- Et concernant Jess ?

- Ne te mêle pas de ma vie amoureuse Dean et je ne me mêlerais pas de la tienne.

Il n'y avait aucun risque que Sam se mêle de sa vie amoureux pour la simple et bonne raison qu'il n'en avait pas. Il n'en voulait d'ailleurs pas. C'était bien simple ainsi. Se mêler de celle de son frère en revanche était une activité qu'il adorait. Cela mettait Sam mal à l'aise et Dean trouvait cela extrêmement amusant.

- Je sais qu'elle est trop bien pour toi mais étrangement, je sais aussi qu'elle a très envie de sortir avec toi.

- Si c'était le cas, elle m'aurait invité elle-même. Tu sais qu'elle n'est pas du genre à attendre que l'homme fasse le premier pas. Elle prend les choses en mains. Elle ne se plie pas à la norme qui veut que l'homme soit celui qui prend les initiatives.

- Je le sais et c'est aussi pour ça que je l'aime autant. Mais elle est peut-être juste inquiète que tu puisses dire non.

Sam hocha la tête. Dean entreprit alors de lui expliquer pourquoi il était idiot d'attendre. Pourquoi il était grand temps pour lui de prendre son courage à deux mains et de faire ce qu'il rêvait de faire depuis qu'il avait posé ls yeux sur Jess la première fois. Et en parlant à son frère, il oublia tout le reste. Il oublia Castiel et ce qui l'attendait le lendemain. C'était aussi ça la force de sa relation avec Sam. Elle lui permettait de ne plus penser à ses problèmes.