Bonjour
Voici le chapitre 6 et Dean tente une nouvelle approche. Parviendra t-il à faire craquer Castiel ?
Merci à Elissa pour la correction rapide et merci à vous pour tous vos messages et votre fidélité.
Bonne journée et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Barely breathing de Duncan Sheik
Chapitre 6 : Séduction
« La séduction a toujours été une histoire de manipulation. »
François Raux
Il était presque impossible pour Castiel d'oublier la vision de Dean nu. Il avait beau se répéter mentalement encore et encore qu'il devait rester professionnel et ne voir le jeune homme que comme un collègue, il ne pouvait pas s'empêcher de se repasser l'image dans la tête. Castiel avait déjà croisé des hommes qu'il trouvait particulièrement séduisants. Il avait couché avec certains d'entre eux et avait préféré ne pas aborder les autres pour ne pas se voir poser un refus vexant. Ceux qu'il avait vus nus l'avaient fasciné quelques secondes. Il avait admiré leurs corps parfaits. Il les avait touchés. Les avait embrassé. Leur avait fait l'amour. Cependant, jamais avant il n'avait autant été captivé. Personne ne tenait la comparaison avec Dean. Il était au-dessus de tous les autres, sans aucune contestation possible.
Il était non seulement parfait physiquement, ce qui était clairement un avantage dans sa carrière, mais il était également sexy, sûr de lui et étrangement gracieux pour un homme de sa taille. Il rassemblait toutes les qualités qui faisaient de lui un fantasme ambulant. Castiel l'avait compris dès leur première rencontre. Il avait été automatiquement attiré physiquement par lui, mais il avait réussi à garder le contrôle sur ses pulsions en raison du comportement exécrable du jeune homme. Le voir nu n'avait fait que raviver tout cela.
Il n'était pas facile d'oublier sa musculature imposante, ses larges épaules, son ventre plat et ferme, ses fesses rondes et son sexe parfait. Castiel mettait quiconque au défi de ne pas avoir l'eau à la bouche en le voyant ainsi.
Bien sûr, Gabriel ne mit pas très longtemps à remarquer que quelque chose clochait chez lui. Il lui suffit de le regarder durant quelques minutes après son retour à l'appartement pour savoir qu'il s'était passé un truc qui l'avait perturbé. Parfois, Castiel aurait aimé que son grand frère le connaisse un peu moins. Il était bien trop transparent pour lui et le plus souvent cela le mettait dans des situations embarrassantes. Il choisit toutefois de ne pas répondre aux questions de son frère. Il ne voyait pas comment lui expliquer ce qu'il ressentait sans être ensuite confronté à une salve de questions indiscrètes. Il n'avait pas envie d'y répondre. Il était encore trop tôt pour qu'il se confie à son frère. Cela viendrait sans doute avec le temps. Pour le moment, il voulait gérer le problème seul. Il voulait tenter de trouver une solution par ses propres moyens. Il ne pourrait pas toujours compter sur son grand frère pour l'aider à se sortir d'une situation compliquée. Il était adulte et il était temps pour lui d'agir en tant que tel.
Gabriel n'insista heureusement pas, mais lui rappela plus ou moins directement qu'il pouvait compter sur lui s'il avait quelque chose sur le cœur et il lui promit de ne pas se moquer. Castiel le remercia, mais garda le reste pour lui.
Quand il retourna chercher Dean le lendemain, il voulait croire que la nuit lui avait porté conseil. C'était ce que l'adage disait après tout. Il n'avait pas la sensation d'avoir changé en l'espace de quelques heures, mais il se sentait déterminé à faire en sorte que plus rien ne puisse l'atteindre.
Il avertit le jeune homme de son arrivée puis attendit patiemment qu'il monte en voiture à son tour. Castiel lui jeta un rapide coup d'œil. Comme les deux jours précédents, Dean était habillé pour impressionner et séduire et le jeune chauffeur n'avait aucun doute que cela fonctionne.
- Mon premier rendez-vous a été reporté d'une heure. Franck avait quelque chose à finir pour son travail, mais on peut se rendre sur place. On attendra dans la voiture.
Entendre Dean parler fut une surprise pour Castiel. Les deux jours précédents, il avait dû lui arracher des réponses. Il lui jeta un coup d'œil en coin en s'engageant sur la route. Il souriait. Castiel ne pouvait s'empêcher de trouver ça inquiétant.
- Et est-ce qu'il y a quelque chose que je dois absolument savoir sur Franck? demanda-t-il, déterminé à profiter de l'apparente bonne humeur de Dean pour en savoir plus sur son premier client de la journée.
Le jeune homme retira ses lunettes de soleil puis tourna le visage vers Castiel. Ce dernier sentit aussitôt un frisson lui remonter la colonne vertébrale.
- Pas vraiment, non. Il est plutôt gentil. Il me dit toujours que nos rendez-vous sont les moments qu'il attend avec le plus d'impatience… les seuls où il peut être lui-même sans avoir peur d'être jugé, mais il n'est pas le seul à ressentir ça. C'est le cas pour la majorité de mes clients. Ce n'est pas facile pour eux, tu sais… je n'ose même pas imaginer combien il doit être difficile de cacher qui on est en permanence… de jouer un rôle pour satisfaire tout le monde… de ne pas pouvoir être soi-même parce qu'on a peur que cela vienne gâcher tout ce qu'on a accompli jusque-là. On est au vingt et unième siècle. Les gens ne devraient pas avoir à cacher qu'ils sont gays.
Castiel était surpris de sentir la sincérité de Dean. Il semblait réellement avoir de la peine pour ses clients et il n'avait pas tort. Il était effectivement triste de voir que dans une civilisation dite évoluée, certains continuaient à devoir se cacher pour être acceptés.
- Mais pour en revenir à Franck, il ne devrait pas poser le moindre problème. Il a toujours été extrêmement correct avec moi. À vrai dire, j'aime beaucoup nos rendez-vous. Il fait en sorte que cela soit aussi agréable pour moi que pour lui et pas uniquement pour flatter son égo, mais aussi et surtout parce qu'il a envie que je prenne du plaisir. Ce qui n'est pas forcément toujours le cas avec les autres.
Castiel s'était toujours soucié du plaisir de ses partenaires. Il aimait les voir jouir avant lui. Il n'était pas égoïste comme certains. Le plus souvent, son propre plaisir passait au second plan. Il aimait donner bien plus qu'il aimait recevoir. Il aurait agi ainsi avec Dean sans hésiter, mais il ne devait pas trop s'attarder sur cette pensée.
- Certains pensent et ils n'ont pas tort d'une certaine manière, que je ne suis là que pour leur propre plaisir. Ils me payent et ils me payent extrêmement cher alors… je suppose qu'ils ont en partie raison, mais il est agréable de voir que certains me considèrent un peu plus que comme un corps dont ils peuvent user pour satisfaire un besoin. Pour Franck, je suis une personne et ça fait toute la différence.
Castiel jeta un coup d'œil à son GPS. Ils étaient presque sur place et ils allaient avoir un peu plus d'une heure à tuer. Il était soulagé de voir que Dean semblait avoir envie de passer le temps à parler. C'était plus agréable que de rester en silence à compter les minutes, mais il restait tout de même méfiant. Le jeune homme était bizarre et ce n'était probablement pas une bonne nouvelle pour lui.
- Ça ne doit pas être toujours facile, finit-il par lancer pour entretenir la conversation et ne pas donner l'impression que ce que Dean lui disait ne l'intéressait pas.
Il vit le jeune homme hausser les épaules du coin de l'œil.
- Non, pas toujours, mais la plupart du temps ça l'est. Parce que même si je n'ai pas la chance de prendre mon pied à chaque fois, je peux quand même rencontrer des gens intéressants… des gens célèbres et je connais tous leurs petits secrets. Je sais ce qu'ils aiment faire et ce qu'ils aiment qu'on leur fasse. Je suis aussi leur confident parfois. Ils n'ont personne d'autre à qui parler.
Castiel trouvait cela particulièrement déprimant, mais c'était peut-être une bonne chose que ces gens aient Dean. Cela les aidait peut-être à mieux vivre la situation dans laquelle ils se trouvaient.
- Tu serais étonné de voir combien de célébrités me demandent. On pourrait croire qu'ils assument facilement leur homosexualité, mais ce n'est pas toujours le cas. Certains pensent que cela nuira à leur carrière. Pour les acteurs, ils pensent perdre des rôles… pour les hommes d'affaires, des clients et pour les politiciens, des voix. Alors ils prennent rendez-vous avec moi et pendant deux heures, ils peuvent faire comme s'ils n'avaient pas à cacher qui ils sont.
- Quand tu parles de célébrités, tu veux dire…
- Des gens que tout le monde connait. Des gens qu'on voit à la télévision… aux remises de prix et au journal télévisé. Tu verras… tu finiras par en rencontrer certains.
En disant cela, Dean installait leur relation sur le long terme, mais Castiel n'était pas dupe. Il savait que le jeune homme ne l'avait toujours pas accepté. Il continuait à rester sur ses gardes. Il était presque sûr que Dean cherchait à lui donner un faux sentiment de sécurité.
- Et certains ont des préférences vraiment étranges… il m'est arrivé à plusieurs reprises de devoir me forcer à ne pas rire… pas parce que je trouve tout cela ridicule ou que j'ai envie de me moquer d'eux, mais parce que c'est… vraiment étrange.
Castiel savait qu'il ne devait surtout pas demander des précisions. Il ne devait surtout pas entrer dans le jeu de Dean, mais c'était plus fort que lui. Il était trop curieux pour rester silencieux.
- Quelle est la chose la plus étrange qu'on t'est demandé de faire?
Dean sourit à nouveau. Ils étaient à présent garés devant l'hôtel. Il n'y avait pas de voiturier. Pas d'employé qui insistait pour qu'ils entrent. Ils pouvaient rester tranquillement dans la voiture sans être dérangés. Castiel n'était pas sûr que c'était une bonne chose.
- Il y en a un qui veut que je porte des sous-vêtements féminins. Il amène toujours avec lui quelque chose de nouveau et il me demande de l'enfiler ensuite et de défiler pour lui. Ceci étant, ça ne me déplait pas alors ça n'a pas été difficile à accepter. Il y a quelque chose d'extrêmement érotique à porter des sous-vêtements en dentelle.
Castiel déglutit avec peine. Cela ne faisait pas partie de ses fantasmes. Il n'y avait même jamais réellement pensé. Il était gay et il aimait les hommes masculins, mais l'image que cela avait fait naître dans son esprit avait fait accélérer le rythme des battements de son cœur.
- Il y en a un autre qui aime que je l'appelle Papa. Ce n'est définitivement pas mon truc, mais ça ne fait pas partie des choses que je refuse de faire. Il aime que je lui demande de me punir et que je le remercie ensuite. Crois-moi… tu serais étonné de voir ce qui excite les gens. La plupart n'osent pas en parler avec quelqu'un qu'ils n'auraient pas payé, mais avec moi ils n'ont pas peur. Parce que je ne juge pas et parce que je suis là pour les satisfaire. C'est un des bons côtés de mon travail. Chaque jour apporte son lot de surprises. Je te promets qu'il y aurait de quoi en faire un livre.
Castiel était presque sûr que les gens se l'arracheraient si toutefois Dean venait à le publier. Lui le premier serait tenté de le lire. Les histoires de sexe faisaient vendre. Tout le monde avait un côté voyeur.
- Tu devrais peut-être le faire… écrire un livre, je veux dire, suggéra-t-il alors.
Dean sembla réfléchir une seconde avant de secouer la tête.
- Non, je refuse de trahir la confiance de mes clients. Ils viennent me voir justement parce qu'ils savent que rien ne sortira de la chambre d'hôtel où nous sommes. Ils savent que je suis tenu à la confidentialité. Et ils comptent sur moi pour que je garde leurs secrets. Même si je changeais les noms, ils sauraient tous que je parle d'eux et… je n'ai pas envie de les blesser.
Castiel était impressionné par ce qu'il entendait. D'autres n'auraient pas eu autant de scrupules. Dean aurait pu se faire une fortune en écrivant un tel livre. En confiant toutes ces choses. Il aurait pu arrêter ce qu'il faisait et ne plus jamais avoir à se soucier de problèmes d'argent, mais il avait une morale et une éthique. Ce qui était définitivement surprenant quand on prenait en compte la nature de son métier.
- J'ai toujours rêvé d'être illustrateur pour des bandes dessinées, finit-il par confier parce qu'il ressentait le besoin de donner lui aussi des informations le concernant.
Il ne savait pas si Dean avait envie d'en apprendre plus sur lui, mais, parce qu'il avait accepté de parler un peu plus de lui, Castiel ressentait le besoin d'en faire de même. Il n'avait pas d'histoires aussi intéressantes que celles du jeune homme, mais il avait tout de même des choses à dire. Il avait déjà parlé à Dean de sa passion pour le dessin lors de leur première rencontre, mais il n'était pas sûr que le jeune homme l'avait entendu. Il était bien trop énervé à ce moment-là pour prêter attention à ce que Castiel lui disait.
- Ou peut-être pour un journal. J'aime l'idée de donner un visage aux personnages d'une histoire… de donner vie à un scénario, mais ce n'est pas simple de trouver une place dans cette branche… il n'y a que trop peu de débouchés. Je n'abandonne pas mon rêve pour autant, mais disons que pour le moment je l'ai mis en pause. Je continue à dessiner bien sûr, mais il n'y a que moi qui peux voir mes dessins. Moi et mon frère Gabriel… mais seulement parce qu'l ne m'a pas laissé le choix.
Dean l'écoutait, les yeux rivés sur lui et un large sourire sur les lèvres. Castiel était de plus en plus surpris par son comportement. Il espérait que son changement d'attitude était uniquement dû à leur quasi-dispute de la veille. Peut-être avait-il réussi à faire comprendre à Dean qu'il n'était pas son ennemi.
Il continua à parler de sa passion pour le dessin, de son frère qu'il aimait énormément et de ses études. Dean ne l'interrompit pas et sembla intéressé par ce qu'il entendait. Quand Castiel regarda à nouveau l'heure, il fut surpris de voir qu'il ne leur restait plus qu'un petit quart d'heure avant le rendez-vous de Dean.
- Je suis désolé… j'ai monopolisé la parole. Tu n'as sans doute pas envie d'en entendre autant sur moi. Tu as même été plutôt clair sur le sujet. Alors, n'hésite pas à me dire de me taire si je t'ennuie. C'est la seule chose qui puisse m'arrêter quand je suis lancé.
Dean rit une seconde et Castiel ne put s'empêcher de sourire. Tout se passait sans doute trop bien, mais il appréciait trop ce moment pour s'en inquiéter.
- Ceci étant dit, je suis surpris que tu… je ne pensais pas que tu serais aussi intéressé par ce que je peux avoir à te dire. Loin de moi l'idée de me plaindre, mais enfin… tu dois reconnaître que c'est un peu surprenant, non?
Dean ne perdit pas son sourire et ne sembla pas vexé par ce qu'il entendait. Bien au contraire. Il se pencha un peu plus vers Castiel en le fixait toujours dans les yeux. Le jeune chauffeur pouvait sentir la catastrophe arriver, mais il fut incapable de réagir convenablement.
- Castiel… j'ai compris quelque chose d'important hier… je te plais. Tu peux faire comme si ce que tu as vu ne t'a pas hanté toute la nuit… tu peux te comporter comme s'il ne s'était rien passé… je voix claire en toi et je sais que tu y penses encore maintenant. Tu m'imagines sans vêtements… tu aimerais me voir nu à nouveau.
Castiel déglutit avec peine. Tout ce que Dean disait était bien évidemment vrai et il aurait dû savoir que le jeune homme chercherait ensuite à s'en servir contre lui. Il ne protesta pas parce qu'il était inutile de mentir. Il ne dit rien. Il se contenta de regarder le jeune homme et d'attendre.
- Et plutôt que de continuer à te faire la guerre ou à me comporter comme un idiot cruel avec toi… j'ai réalisé qu'il serait bien plus agréable pour nous deux de tirer parti de cette information… d'en faire quelque chose.
- Qu'est-ce que tu… je… tu… bafouilla Castiel à court d'idées.
Son corps réagissait comme un traitre à la proximité de Dean. Il était difficile de rester concentré dans ces circonstances.
- Je te l'ai dit hier… tu n'as aucune raison d'être gêné. L'attirance physique est quelque chose de naturel et de positif. Personne ne devrait en avoir honte et je suis flatté, vraiment… je fais en sorte d'être aussi parfait physiquement que possible. Cela demande des efforts et quand quelqu'un comme toi me désire alors je le vois comme une récompense.
- Quelqu'un comme moi?
- Quelqu'un de séduisant… quelqu'un qui ne me paye pas pour que je couche avec lui.
Castiel aurait dû être fier de voir que Dean le trouvait séduisant, mais si cela flattait effectivement son égo, ça rendait les choses plus compliquées encore. Il se racla la gorge, mais fut incapable de dire quoi que ce soit pour arrêter le jeune homme.
- Tu me plais… je te plais… pourquoi le nier et pourquoi ne rien faire? Il serait vraiment idiot de ne pas en tirer parti.
Castiel était presque tenté de dire « oui ». Il était presque sûr que coucher avec Dean serait une expérience incroyable et le jeune homme semblait en avoir envie. Bien sûr, il jouait peut-être un rôle. C'était ce qu'il faisait avec tous ses clients et rien ne pouvait garantir à Castiel que ce n'était pas le cas cette fois aussi.
- Je ne nie rien, mais je… ce n'est pas… je n'ai pas l'intention de tenter quoi que ce soit.
- Je sais que tu ne tenteras rien et c'est justement pour ça que je te le propose. Si ça vient de moi alors tu n'as aucune raison de refuser. Tu dois déjà savoir que je suis le meilleur. Je pourrais t'offrir les deux heures les plus incroyables de ta vie. Je te ferais même un tarif d'ami si tu le souhaites.
Pendant une seconde, Castiel crut bêtement que Dean était réellement intéressé, mais dès que le jeune homme évoqua un paiement, il sut qu'il s'était trompé. Dean était en train de jouer un jeu avec lui et, si la proposition n'en était pas moins tentante pour autant, Castiel ne pouvait pas dire « oui ».
- Dean, non, déclara-t-il aussi fermement que possible.
- Ne dis pas non avant de savoir Castiel. Quand je te dis prix d'ami, crois-moi… je parle d'un tarif qui serait très largement abordable pour toi. Je ne veux pas gagner ma vie sur ton dos… je veux te faire du bien et m'en faire à moi au passage.
Castiel le regarda s'approcher un peu plus. Il pouvait sentir son souffle sur son visage. Il avait envie de l'embrasser. Il était fasciné par ses lèvres. Par leur dessin et leur couleur. Il voulait savoir le goût qu'elles pouvaient avoir, mais il ne devait surtout pas se laisser aller. Il fut heureusement sauvé quand, en regardant l'heure, il réalisa que Dean devait absolument se rendre à son rendez-vous pour ne pas être en retard.
- Ton client t'attend, souffla-t-il.
Dean jeta un coup d'œil à l'heure avant de soupirer. Il semblait lui aussi avoir perdu la notion du temps. Castiel soupira de soulagement en le regardant s'éloigner. Il pouvait enfin respirer sans sentir l'odeur du jeune homme.
- Tu as raison… mais ça ne veut pas dire pour autant que cette conversation est terminée. Loin de là. J'ai encore quelques arguments à faire valoir et tu as tout intérêt à trouver de ton côté une bonne excuse pour me dire « non ». Parce que, crois-moi, je ne renonce pas facilement… surtout pas pour quelque chose que je veux vraiment.
Castiel ne répondit rien. Il ne réagit même pas vraiment. Il regarda Dean quitter la voiture puis prit quelques secondes pour retrouver une respiration normale et un semblant de calme avant de sortir de la voiture à son tour. Il prit ensuite une grande inspiration et se força à rentrer dans son rôle à nouveau. Il ne devait surtout pas paraître déstabilisé ou déconcentré quand il rencontrerait le client de Dean. Il devait paraître aussi professionnel et expérimenté que possible. Il allait donc mettre la conversation qu'il venait d'avoir de côté jusqu'à être seul à nouveau. Il pourrait alors réfléchir… et paniquer sans doute un peu. Il estimait en avoir le droit dans sa situation.
Dean avait décidé de changer son fusil d'épaule. Se montrer agressif avec Castiel n'était pas la solution. Il pourrait peut-être le convaincre de quitter son boulot, mais il serait également aussitôt grillé auprès d'Ellen. Il était préférable de se montrer plus intelligent que ça et d'utiliser une arme que Dean possédait et dont il tirait une certaine fierté. Son physique. Il lui avait servi à de multiples reprises par le passé. Quand il était adolescent, cela lui avait permis de se sortir de certaines situations compliquées et d'obtenir de l'aide pour ses études de la part des garçons les plus intelligents de la classe. Une fois le lycée terminé, il avait usé de ses charmes pour gagner de l'argent. Dans la rue, il n'était pas difficile de trouver des clients quand on avait son physique. Il lui suffisait de battre des paupières et de se mordiller la lèvre pour donner envie aux clients de le ramener à l'hôtel. Cela n'avait pas changé depuis qu'il travaillait avec Ellen. Il n'avait pas honte de dire non plus qu'il avait usé de ses charmes pour obtenir des verres gratuits quand il sortait ou des petits cadeaux d'hommes plus vieux que lui et qui voulaient le mettre dans leur lit.
Castiel ne ferait pas exception. Sauf que Dean ne voulait pas obtenir de lui un verre gratuit ou un cadeau quelconque. Il voulait obtenir son départ. Le but était différent, mais la méthode restait la même et Dean comptait bien appliquer une méthode qui avait fait ses preuves par le passé à ses problèmes du moment.
Il aurait bien sûr dû y penser dès le début, mais sans être sûr que Castiel était gay et intéressé, il avait préféré tenter une autre approche. Maintenant qu'il savait que son chauffeur était définitivement attiré par lui, tout était différent.
Dean commença donc par se montrer un peu plus sympathique que d'ordinaire dès qu'il fut dans la voiture avec Castiel. Il sentit rapidement sa surprise. Dean avait mis un point d'honneur à se montrer silencieux et peu coopératif les deux premiers jours. Cette fois, il lui parlait et lui donnait toutes les informations dont il pouvait avoir besoin. Castiel sembla ravi de le voir aussi bavard et, quand ils furent arrivés devant l'hôtel, il commença lui aussi à parler de son passé, de ses passions et de son frère. Dean devait reconnaître que parler avec Castiel était plutôt agréable. Il était à la fois drôle et intelligent. Ils auraient réellement pu être amis dans d'autres circonstances. C'était presque dommage que la situation les oppose.
Ils plaisantèrent des clients de Dean et de leurs préférences étranges. Ils parlèrent de tout et de rien. Castiel semblait toujours méfiant, mais également enthousiaste. Dean allait devoir le décevoir. Il avait presque de la peine pour lui, mais il avait un objectif à atteindre. Il devait laisser tout le reste de côté.
Castiel finit d'ailleurs par lui demander pourquoi il avait changé aussi radicalement de comportement. C'était l'ouverture que Dean attendait pour placer ses pions. Il n'avait jamais été doué aux échecs. Sam l'était bien plus que lui. Par contre, dans ce type de jeu où il était question de déstabiliser son adversaire, il était le meilleur. Il savait parfaitement comment faire pour être sûr de gagner.
Il commença par s'approcher de Castiel et se montra totalement honnête avec lui. Il évoqua leur attirance mutuelle. Le jeune chauffeur ne nia pas le trouver séduisant. Cela aurait été inutile. Il avait plutôt transparent la veille. Dean ne mentait pas non plus. Il était lui aussi attiré par Castiel. Tenter de le séduire n'était en rien une torture. Si toutefois Castiel finissait par céder à ses avances alors le jeune homme serait ravi. Il n'avait absolument rien à perdre dans cette histoire.
Il finit par proposer clairement à Castiel de coucher avec lui. Il lui offrit un tarif à la hauteur de ses moyens. Il lui assura qu'il était le meilleur et qu'il était en mesure de lui offrir les deux heures les plus incroyables de sa vie. Ce qui était d'ailleurs parfaitement vrai. Dean savait comment satisfaire un homme. C'était même ce pour quoi il était le plus doué.
Castiel semblait tenté. Il était également méfiant et déstabilisé. Dean continua à s'approcher de lui. Il fit en sorte d'être suffisamment proche pour que le jeune chauffeur puisse sentir son parfum et son souffle sur son visage. Il employa toutes les techniques qu'il connaissait et avait perfectionnées au fil des années. Il se mordilla la lèvre. Battu des paupières. Cela aurait été plus simple pour lui de ne pas être dans un espace aussi confiné. Cela lui aurait permis de mettre ses autres atouts en valeur, mais c'était également une bonne chose, car Castiel ne pouvait pas fuir. Il ne pouvait pas s'éloigner. Il était pris au piège.
Dean crut d'ailleurs pendant une seconde qu'il allait craquer, mais Castiel le surprit. Il lui dit non même s'il était évident que c'était à contrecœur. Puis il lui signala qu'il était temps pour lui d'aller retrouver son client s'il ne voulait pas être en retard. Sauvé par le gong. Si Dean avait disposé de quelques minutes de plus, il était presque sûr qu'il aurait réussi à convaincre Castiel. Tant pis, cela serait pour plus tard.
Il quitta la voiture soulagé de voir qu'il avait avancé, mais également déçu de ne pas avoir pu conclure. Il rejoignit la chambre de Franck perdu dans ses pensées. Son client fut, comme toujours, ravi de le voir. Il discuta une seconde avec Castiel. Il ne semblait absolument pas gêné de sa présence. Il l'avait dit à Ellen. Il comprenait la nécessité pour Dean d'être accompagné et d'avoir quelqu'un pour veiller sur lui. Le jeune prostitué ne protesta pas même s'il en avait envie. Il ne voulait pas contrarier Franck. Il était l'un de ses meilleurs clients et il l'aimait bien. Il le trouvait drôle et particulièrement attentionné. Le sexe était génial entre eux et Franck payait bien. Dean avait tout intérêt à le garder.
Castiel finit par quitter la chambre après avoir rappelé à nouveau que Dean avait deux heures. Après son départ, Franck offrit un verre au jeune prostitué. Il l'accepta avec un sourire. Il devait mettre Castiel de côté pour le moment et rentrer dans son rôle. Il savait ce que Franck voulait et il allait le lui donner.
Ils discutèrent brièvement de la carrière de Franck. Puis Dean posa son verre vide sur la table et commença à se déshabiller. Son client le regarda faire depuis le lit où il avait pris place. Dean savait l'effet qu'il avait sur lui quand il se déshabilla ainsi lentement. Il prit donc tout son temps pour le satisfaire avant de le rejoindre. Il lui retira ses vêtements et l'embrassa.
Franck était l'un des rares à aimer ce genre de contact. Les autres clients de Dean préféraient aller droit au but. Certains refusaient même de l'embrasser, mais Franck aimait ça et Dean aussi. C'était gagnant-gagnant.
Ils prirent finalement place sur le lit. Comme à chaque fois, Franck prit le temps de préparer Dean. Il utilisa ses doigts et sa langue et le jeune homme n'eut pas à simuler. Franck savait comment lui procurer du plaisir et il ne s'en privait pas.
Il ne le pénétra que lorsqu'il fut satisfait par sa préparation. Dean referma aussitôt ses jambes autour de sa taille et ses bras autour de son cou. Il le laissa aller et venir en lui en criant à chaque fois que Franck touchait sa prostate. C'était parfait, mais le jeune prostitué se surprit à penser à Castiel au bout de quelques secondes.
Il se demanda quel genre d'amant le jeune chauffeur pouvait être. Il aurait peut-être bientôt la réponse s'il jouait ses cartes correctement. Il était réellement curieux. Il se demanda si Castiel était de genre tendre et délicat ou plutôt fougueux et sauvage. Dean aimait les deux. Il aimait être malmené parfois autant qu'il aimait être chéri comme quelque chose de précieux.
Il se demandait également si Castiel était silencieux ou bruyant. S'il aimait parler et décrire tout ce qu'il ressentait et comptait faire ou s'il préférait gémir doucement. Dean perdit le fil de ses pensées quand Franck changea d'angle et commença à marteler sa prostate à chaque fois. Il était extrêmement sensible à une telle stimulation. Il pouvait parfaitement jouir avec ce seul contact et sans que son partenaire ne touche son sexe. C'était aussi ce qui faisait de lui le meilleur dans son métier.
Il savait qu'il était probablement injuste de penser à Castiel alors que Franck faisait des efforts pour lui procurer un maximum de plaisir. Il tenta de se concentrer sur lui, mais c'était difficile. Il appréciait Franck, mais il savait tout ce qu'il y avait à savoir sur lui. Castiel, de son côté, restait un mystère et Dean adorait les mystères. Il était curieux de nature. Il aurait probablement fait un bon policier.
Franck finit par saisir son sexe et par le masturber. Dean perdit alors toutes pensées cohérentes. Son orgasme le prit par surprise et il cria longuement en se répandant sur son ventre. Franck continua à aller et venir en lui pendant quelques minutes avant de jouir à son tour. Dean le laissa s'allonger sur lui sans se retirer. Il passa une main dans ses cheveux et ferma les yeux.
Franck n'exigea pas de second round. Il se contenta de la compagnie de Dean jusqu'à la fin du rendez-vous. Ils restèrent allongés côte à côte sans vraiment parler. Puis, le jeune prostitué partit prendre une douche. Franck quitta la chambre quelques minutes plus tard laissant Dean seul.
Il rejoignit Castiel à l'heure et il lut le soulagement sur le visage de son chauffeur. Ils sortirent de l'hôtel et retournèrent à la voiture en silence. Dean attendait une nouvelle ouverture pour reprendre là où il avait été interrompu. Il voulait que cela vienne de Castiel. Il l'obtint heureusement peu de temps après qu'ils se furent installés dans la voiture.
- Tout s'est bien passé? demanda son chauffeur.
Dean hocha la tête en souriant. Il avait eu un orgasme plutôt intense. Mais il ne le devait pas uniquement à Franck.
- C'était bien. Mais… je dois avouer que j'ai pensé à toi durant tout le temps où il était en moi. Je me suis demandé ce que je ressentirais si tu étais à sa place.
Il vit Castiel déglutir avec peine. Il avait les joues rouges et le souffle court. Dean sourit plus largement encore. C'était presque trop facile de le mettre mal à l'aise.
- Écoute, je te l'ai dit tout à l'heure. Tu me plais et, quand je suis attiré par quelqu'un, je n'ai pas pour habitude de m'en cacher. Bien au contraire. J'en profite et le plus souvent, ma cible en ressort ravie. Il n'y a aucune raison que cela ne soit pas le cas avec toi.
Dean ne pouvait décemment pas prendre le risque de toucher Castiel pendant qu'ils roulaient. Il était presque sûr que cela ne se terminerait pas un accident. Par contre, il pouvait continuer à parler. Continuer son travail de séduction jusqu'à pousser Castiel à se garer.
- La vie est courte. Tu es un jeune homme séduisant de vingt-cinq ans. Tu as forcément une libido débordante et je suis de mon côté absolument obsédé par le sexe. On devrait en profiter. On a quelques heures devant nous avant mon prochain rendez-vous. On pourrait se trouver une chambre d'hôtel. Ou juste un stationnement désert. Il te suffirait de déboutonner ton jean et de laisser ma bouche accomplir les miracles dont elle est capable.
Il savait combien les hommes, qu'il s'agisse de clients ou juste de partenaires que Dean choisissait, étaient obsédés par ses lèvres. Ils aimaient les voir refermées autour de leur sexe et Dean adorait de son côté leur procurer du plaisir en les laissant pénétrer sa gorge. Il était doué pour ça. Castiel ne ferait pas exception.
- Dean, arrête ça s'il te plait, souffla Castiel.
Ce n'était pas un « non » et le jeune prostitué ne comptait pas s'arrêter tant qu'il n'aurait pas obtenu une réponse définitive. Que ce soit un « oui » ce qu'il espérait ou un « non » franc et massif, il ne forcerait pas Castiel à quoi que ce soit, bien sûr. Cependant, il doutait de toute façon que le jeune chauffeur puisse lui résister éternellement.
- Pourquoi est-ce que tu me demandes de m'arrêter quand il est évident que tu en as envie? Qu'est-ce qui te freine, Castiel?
Le jeune chauffeur se racla la gorge et finit par se garer sur le stationnement d'une grande surface. Il coupa le moteur puis se tourna vers Dean. Pendant une seconde, ce dernier crut qu'il avait gagné, mais Castiel ne chercha pas à l'embrasser. Il se contenta de croiser des bras sur sa poitrine – un geste clairement défensif – et de le dévisager.
- Pour commencer, je suis là pour le travail et Ellen me fait confiance. Coucher avec toi ne serait pas professionnel. Ce ne serait pas correct vis-à-vis d'elle. Je ne veux surtout pas qu'elle ait à regretter son choix. Parce qu'elle m'a donné une chance et que je lui en suis reconnaissant.
Dean soupira. C'était effectivement un bon argument, mais, malgré la logique de ce qu'il venait de dire, Castiel ne lui avait toujours pas dit non. Tout espoir n'était donc pas perdu.
- Et je refuse de payer pour ça. Je… je ne juge pas ceux qui le font, mais ce n'est pas mon style. Et puis tu l'as dit toi-même… je n'ai pas les moyens de m'offrir tes services. Même si je l'envisageais, tu es clairement au-dessus de mes moyens.
Dean se souvenait effectivement l'avoir dit., mais, à l'époque, il avait fait cela pour blesser le jeune homme. Il le regrettait à présent, car c'était un frein évident à son plan. Il choisit donc d'opter pour un nouvel angle.
- Et si je te proposais de le faire sans avoir à payer. Cela n'irait pas à l'encontre de tes principes. Quant à Ellen… je suis adulte et j'ai parfaitement le droit de faire ce que bon me semble sur mon temps libre. Elle ne se mêle pas de ma vie privée et je ne me mêle pas de la sienne.
Castiel se mordilla la lèvre inférieure une seconde. Il semblait y réfléchir. Dean pouvait sentir qu'il touchait son but du doigt. Il était proche.
- Castiel, ça pourrait être tellement bon pour toi et pour moi. Ne passe pas à côté de cette opportunité ou tu le regretteras.
Castiel décroisa ses bras. Dean le vit s'approcher de lui. Il allait l'embrasser. Il en était presque sûr. Il avait enfin gagné. Il aurait probablement été plus prudent qu'il le laisse faire. Qu'il le laisse prendre l'initiative, mais il était impatient et sans doute trop confiant. Il ne voyait pas comment Castiel pourrait lui dire « non » maintenant. Dean avait la sensation d'être un prédateur sur le point de fondre sur sa proie. Castiel n'avait aucune issue. Il était pris au piège.
- Dean, souffla le jeune chauffeur.
Le jeune prostitué ne savait pas s'il s'agissait d'un encouragement ou d'un avertissement. Il l'ignora donc et passa enfin à l'action. Il commença par poser sa main sur la cuisse de Castiel. Il ne chercha pas à la remonter jusqu'à son entrejambe. C'était encore trop tôt. S'il agissait trop vite, il était presque sûr de faire peur à Castiel, de le brusquer et de le faire reculer. Heureusement pour lui, il savait comment s'y prendre. Il avait eu des clients un peu timides lors de leurs premiers rendez-vous. Il devait alors agir avec eux prudemment. Les mettre à l'aise pour les rassurer. Castiel était comme eux et Dean savait exactement comment faire avec lui.
Il serra sa cuisse dans sa main une seconde avant d'approcher son visage. Il souffle délibérément pour que Castiel le sente sur son visage. Puis il plongea son regard dans celui du jeune chauffeur. Il posa sa main libre sur sa joue et la caressa une seconde du bout du pouce. Il laissa à Castiel quelques secondes pour s'habituer au contact. Puis, avec toute la délicatesse dont il était capable, Dean se pencha pour de bon dans sa direction. Quelques centimètres et ses lèvres presseraient contre celles de sa cible. Juste quelques centimètres. Une fois le baiser entamé, Castiel succomberait. Dean en était convaincu. Il ferma les yeux et, alors que ses lèvres effleuraient enfin celles du jeune chauffeur et que sa main remontait le long de sa cuisse, il sentit celles de Castiel se poser contre son torse. Cependant, au lieu de le caresser comme Dean le pensait, elles le repoussèrent violemment en arrière, mettant un terme brutal au moment qu'ils partageaient.
- Qu'est-ce qui t'a pris? demanda-t-il quand il eut repris ses esprits.
Il ne s'était absolument pas attendu à ce que la situation tourne ainsi. Il avait peut-être été trop confiant, mais il avait réellement pensé avoir gagné. Il croyait Castiel convaincu. Pris au piège. De toute évidence, ce n'était pas le cas. Ou peut-être avait-il commis une erreur. Il allait devoir se pencher sur le déroulement des évènements pour savoir. Par contre, pour le moment, il voulait avant tout des réponses.
- Je croyais que tu en avais envie! ajouta Dean après quelques secondes.
Castiel se passa une main sur le visage. Il semblait encore perturbé et déstabilisé. Il paraissait surpris lui-même pas sa réaction. Dean, lui, était complètement perdu.
- Tu m'attires, oui, mais je ne veux pas… je n'en ai pas envie. Pas comme ça et pas… pas dans ces circonstances. Je sais que… je sais ce que tu cherches, Dean. Je ne suis pas stupide. Tu… tu n'aurais jamais agi ainsi si tu n'avais pas voulu me pousser à bout et me forcer à démissionner.
Dean soupira. Castiel avait évidemment raison. Il avait un plan et des arrière-pensées, mais il se trompait également sur quelque chose de crucial. Il aurait tenté de séduire Castiel même s'il l'avait rencontré dans un bar. Il l'aurait fait parce que le jeune chauffeur l'attirait terriblement, mais il ne devait pas dévoiler tous ses atouts aussi rapidement. Il devait une nouvelle fois se montrer patient. Cette fois, son stratagème n'avait pas fonctionné, mais ce n'était qu'une question de temps. Il pouvait le sentir. Castiel s'était montré fort une fois. Il n'en serait pas capable une seconde.
- Tu te fais des films, Castiel, mais je sais me tenir. Tu m'as dit non et je l'accepte. Je veux juste que tu saches que mon offre tient toujours. Elle n'expire pas aujourd'hui simplement parce que tu n'en avais pas envie. Elle est là sur la table. À toi de voir si tu la saisis ou non.
Castiel ne répondit rien et Dean choisit de ne pas insister. Il avait dit tout ce qu'il avait à dire. Il était temps pour lui de se concentrer sur son prochain rendez-vous. Même s'il avait encore un peu de temps devant lui.
Castiel finit par remettre le moteur en marche et à se réinsérer sur la route. Dean pouvait sentir qu'il était encore mal à l'aise. Il repensait sans doute à tout ce qui venait de se passer. À la chance qu'il avait laissé lui échapper. Avec un peu de chance, il finirait par le regretter et par revenir en arrière.
- Si ça ne te gêne pas de faire un détour, trouve-nous un endroit pour manger. Tout cet exercice m'a donné faim, lança-t-il finalement quand il sentit son estomac se tordre dans son ventre.
Castiel hocha la tête sans parler. Dean sourit, amusé de voir l'impact que son comportement avait eu sur lui. Ce n'était que le début. Il allait persévérer. Castiel n'avait aucune chance face à lui. Dean pouvait être extrêmement têtu. Il n'abandonnait jamais.
- Tu peux mettre la radio s'il te plait. J'ai envie de musique, déclara-t-il.
Castiel fit ce qu'il lui demandait, toujours sans protester ou sans dire quoi que ce soit. Le silence ne dérangeait pas Dean. Au contraire, il préférait même qu'on ne lui parle pas quand il était entre deux rendez-vous. Il avait besoin de temps pour entrer dans son rôle. Pour se préparer mentalement à jouer un personnage et Castiel semblait l'avoir compris. Dean ferma les yeux et laissa la musique l'envelopper. Il laissa tous ses soucis de côté. Toutes les idées qui lui traversaient l'esprit depuis ce matin. Il oublia tout ce qui l'ennuyait et tout ce à quoi il devait encore réfléchir. Il fit le vide dans sa tête. Une fois l'estomac rempli, il serait prêt à faire face à son prochain client. Après lui, il pourrait rentrer chez lui tranquillement. Passer un peu de temps avec Sam. Peut-être boire une bière devant une de ses séries stupides qu'il adorait en secret. Le problème avec Castiel pouvait attendre encore un peu. Dean saurait se montrer patient.
