Bonsoir

Voici le chapitre 7 corrigé par Elissa. Merci à elle. Merci à vous pour tous vos messages qui me vont droit au cœur et me donne la motivation et l'inspiration dont parfois je manque.

Dans ce chapitre Dean et castiel ont besoin de conseils ou d'entendre certaines vérités !

Bonne lecture

A lundi

Sydney8201

Musique du chapitre :

Another one bites the dust de Queen

Chapitre 7 : Conseils

« Le premier acte de sagesse est de donner un bon conseil le second de le demander et le troisième de le suivre. »

Anonyme

Castiel aurait pu être fier de lui. Il avait même toutes les raisons de l'être. Il avait réussi à résister à l'envie de coucher avec Dean. Il avait su écouter sa raison et non pas ses hormones. Il avait su se montrer adulte dans une situation où d'ordinaire, il aurait probablement oublié toute maturité et foncé tête baissée dans un piège.

Il était frustré bien sûr. Il avait très envie de savoir ce que tous ces hommes pouvaient connaître en couchant avec Dean. En le serrant contre eux. En l'embrassant sur tout le corps. En le caressant et en le pénétrant. Il aurait enfin pu satisfaire sa curiosité et répondre à toutes les questions qu'il se posait.

Cependant, il savait qu'il avait fait le bon choix. Il savait qu'il avait eu raison de dire « non ». De ne pas céder aux avances du jeune homme. Il lui avait prouvé qu'il en était capable et qu'il ne serait pas facile de le déstabiliser. Il avait également choisi de sécuriser son travail. C'était très clairement un choix adulte et mature.

Oui, Castiel avait toutes les raisons d'être fier de lui, mais il n'y parvenait pas pour autant. Même s'il avait la satisfaction de savoir qu'il avait eu raison, il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir d'avoir laissé passer une telle opportunité. Dean lui avait offert une chance que beaucoup d'autres auraient aimé avoir à sa place et, même si elle était motivée par sa volonté de faire fuir Castiel, elle restait tentante. Elle restait tout ce que le jeune chauffeur désirait depuis leur rencontre.

Il avait voulu se persuader que tout avait commencé au moment où il avait vu Dean nu, mais c'était un mensonge et il était grand temps pour lui d'ouvrir les yeux pour de bon. Il avait été attiré par Dean dès qu'il avait posé les yeux sur lui. Il avait eu envie de lui lors de leur première rencontre. Il avait réussi à l'ignorer parce que le jeune homme avait un comportement exécrable, mais il avait besoin à présent de se poser les bonnes questions et pour cela, il devait commencer par accepter la réalité telle qu'elle était.

Il allait être difficile de faire comme si de rien n'était dorénavant. Il allait devoir continuer à voir Dean tous les jours ou presque. À le laisser entre les mains d'homme qui pourraient lui faire tout ce qu'il avait envie lui de lui faire. Il allait devoir le regarde revenir tout en sachant ce qu'il avait fait et réussir à ne pas trop se poser de questions sur le comment ou sur les détails de ses ébats. Être à côté de lui risquait de devenir rapidement une torture et il n'avait pas la moindre idée de la façon dont il allait le supporter. Il ne pouvait pas s'en sortir seul. Il avait besoin de conseils.

Il n'y avait qu'une seule personne à qui il pouvait parler dans cette situation. Gabriel lui avait assuré qu'il pouvait venir le voir s'il en avait besoin et qu'il ne se moquerait pas de lui. Qu'il ne le jugerait pas et qu'il essaierait de l'aider au mieux. Castiel avait besoin de son grand frère pour trouver l'issue à son problème. Il espérait juste que Gabriel ne lui avait pas menti et qu'il ne saisirait pas cette occasion pour se moquer de lui.

Castiel rentra chez lui après avoir raccompagné Dean le cœur lourd et l'esprit rempli de questions sans réponses. Il ne savait pas si Gabriel était déjà là. Il l'espérait. Même s'il redoutait le moment où il lui dirait tout, il refusait d'attendre. Il avait bien trop besoin de conseils pour attendre une seconde de plus.

Il fut donc soulagé quand il vit que son frère était déjà rentré. Il était assis sur le canapé, un manuscrit entre les mains. Il semblait plongé dans la lecture, ses lunettes sur le nez et un stylo entre les dents. Gabriel adorait son métier. Il aimait lire des centaines de manuscrits pour découvrir celui qui deviendrait un best-seller. Il avait un talent incroyable pour deviner ce qui aurait ou non du succès. C'était aussi pour ça qu'il avait aussi bien réussi.

Castiel hésita une seconde à l'interrompre. Il ne voulait pas imposer sa présence à son frère. Il avait déjà la sensation d'abuser de sa gentillesse et de sa générosité en vivant chez lui. Il ne voulait pas devenir le boulet que Gabriel était obligé de trainer derrière lui parce qu'il estimait que c'était son devoir de grand frère.

Il était sur le point de renoncer quand Gabriel se tourna vers lui.

- Je sais que tu es là, tu sais. Tu n'es pas aussi discret que tu le crois et il est évident que tu as quelque chose à me dire puisque tu restes là planté dans l'entrée sans bouger à me regarder. Tu es très certainement en train de te demander si tu peux ou non me déranger… mais tu devrais savoir depuis tout ce temps que tu ne me déranges jamais. Viens ici et dis-moi ce qui te tracasse.

Gabriel le connaissait vraiment par cœur. Il savait lire en lui comme dans un livre ouvert. Il devinait toujours quand Castiel n'allait pas bien. Il n'avait pas besoin que le jeune chauffeur le lui dise. Ce qui lui facilitait grandement la vie.

- Je… il y a effectivement quelque chose, mais ça peut attendre que tu aies fini.

- Ce livre est une horreur, Cassie. Crois-moi… en m'interrompant, tu me rendrais un immense service.

Castiel ne savait pas si c'était effectivement vrai ou non, mais il n'allait certainement pas laisser cette chance lui échapper. Il rejoignit donc son frère sur le canapé. Il attendit que ce dernier ait retiré ses lunettes et posé son manuscrit sur la table basse avant de reprendre la parole.

- J'ai un problème avec Dean, déclara-t-il ensuite.

Gabriel ne sembla pas surpris de l'entendre. Il s'était probablement attendu à ce que cela arrive tôt ou tard. Castiel aurait pu en être vexé, mais puisque Gabriel avait vu juste une nouvelle fois, il estimait ne pas en avoir le droit.

- Il s'est passé quelque chose… pas entre nous, mais… hier… il était avec un client et il n'est pas revenu après les deux heures dont il disposait. Je me suis inquiété pour lui et je suis allé voir si tout allait bien. Il était… il sortait de la douche et il… il était entièrement nu. Je pense qu'il l'a fait exprès pour que je le vois et pour savoir comment je réagirais. Ou peut-être qu'il voulait me mettre mal à l'aise juste pour s'amuser. Dans tous les cas, c'est une image que je doute de pouvoir oublier un jour.

Gabriel hocha la tête. Castiel fut soulagé de voir qu'il ne se moquait pas de lui.

- J'en déduis qu'il te plait?

- Il faudrait être difficile ou aveugle pour ne pas le trouver attirant. Il est… Gabriel, je sais que tu n'es pas gay alors peut-être que tu ne verrais pas les choses comme moi, mais il est absolument parfait. Il… il est l'incarnation de tous les fantasmes que j'ai pu avoir depuis que je suis adolescent.

Castiel n'exagérait pas. Il n'avait trouvé aucun défaut au jeune homme. Il n'était pas seulement attirant à ses yeux. Il était parfait.

- Tu te doutais qu'il devait être aussi attirant nu qu'habillé puisque son métier consiste à vendre son corps. Tu me l'as dit toi-même.

- Oui, mais c'était une chose de le savoir et ça en est une autre de le voir de mes propres yeux. J'avais envie… en le voyant, Gabe, j'avais envie de le toucher. J'avais envie de l'embrasser. Bien sûr, je n'ai rien fait. Je ne veux pas perdre mon travail parce que je ne sais pas me contrôler. Ce n'est pas le genre d'homme que je veux être, mais… je peux te promettre que ça m'a demandé un sacré self-contrôle.

Cela aurait pu s'arrêter là. Si Dean n'avait rien fait ensuite, Castiel aurait peut-être su contrôler ses pulsions et oublier ce qu'il avait vu, mais tout s'était compliqué après que le jeune prostitué lui ait fait des avances.

- Ok donc tu as envie de lui. Ce n'est pas une surprise. Ce type doit probablement travailler tous les jours pour que son corps soit aussi parfait que possible. Il vit de ses atouts physiques et tu n'es pas différent des autres hommes gays. Tu apprécies les belles choses. Ce n'est pas grave et tu n'as pas à en avoir honte.

- Je n'ai pas honte d'être attiré par lui. Ce n'est pas la première fois que je ressens quelque chose de ce genre pour quelqu'un, mais… il y a autre chose.

Gabriel fronça les sourcils et lui fit signe de poursuivre d'un geste de la main. Castiel se racla la gorge puis reprit la parole.

- Ce matin quand je suis venu le chercher, j'étais déterminé à faire comme si de rien n'était et je pensais que Dean voudrait en faire de même. Je comptais sur le fait qu'il a toujours tenu à être silencieux et désagréable avec moi pour que tout ce que j'avais ressenti la veille disparaisse, mais il… il a changé brusquement d'attitude. Il a commencé à me parler et à se montrer sympathique.

Castiel avait aussitôt senti que quelque chose clochait. Que ce revirement de situation n'était pas une bonne nouvelle, mais il n'avait pas été suffisamment méfiant. Il l'avait oublié en cours de route et cela lui était retombé violemment dessus par la suite.

- Je me suis laissé prendre au piège. J'ai oublié que je devais me méfier de lui et je… j'étais presque content de voir qu'il me parlait. Jusqu'au moment où… où il m'a dit qu'il savait qu'il me plaisait et où il m'a dit que je lui plaisais aussi.

- Ok donc tu es attiré par ce garçon et il est attiré par toi. Ce qui est une mauvaise nouvelle visiblement, mais… pourquoi?

Castiel soupira en se passant une main sur le visage. C'était la pire nouvelle qui soit. Si Dean n'avait pas été attiré par lui, tout aurait pu s'arranger. Il n'y aurait pas eu d'avances. Pas de complications.

- Il m'a proposé de coucher avec lui… au départ en me faisant un prix d'ami et quand je lui ai dit que je ne paierais jamais pour ça… gratuitement. Il m'a dit qu'il en avait envie. Il a tenté de m'embrasser et je… j'en avais tellement envie, Gabe. Il… il a été terriblement difficile de le repousser quand il s'offrait à moi.

Gabriel hocha alors la tête.

- Mais tu n'as rien fait? demanda-t-il.

Castiel acquiesça. Son frère haussa les épaules.

- Je vais maintenant te poser une question et je veux que tu saches que ce n'est pas une critique… pas un jugement et quelle que soit ta réponse, je ne te pose pas cette question pour le moquer, mais juste pour comprendre. Pourquoi est-ce que tu n'as pas dit oui? Tu en as envie et de toute évidence, il en avait envie lui aussi. Vous êtes deux adultes. Vous êtes libres de coucher avec qui vous le souhaitez. Ça pourrait être bien et cela pourrait t'aider à évacuer cette attirance de ton système.

Castiel prit une seconde pour y réfléchir. C'était plus ou moins ce que Dean lui avait dit. Peut-être que cela aurait pu fonctionner, mais cela ne changeait rien au problème ou aux réelles motivations de Dean. Castiel était sûr que s'il avait accepté les avances du jeune prostitué, ce dernier s'en serait ensuite servi contre lui. Il en aurait parlé à Ellen et Castiel était convaincu qu'elle l'aurait renvoyé aussitôt.

- Je sais ce qu'il cherchait en me faisant cette proposition. Je sais qu'il ne veut pas de moi. Il estime ne pas avoir besoin de quelqu'un pour veiller sur lui et il était déterminé à me pousser à bout en se montrer cruel et méchant avec moi jusque-là. Par contre, quand il a compris que j'avais envie de lui, il a trouvé un meilleur moyen de parvenir à ses fins. Si je couche avec lui, il s'en servira ensuite contre moi. Je ne peux pas perdre ce travail juste parce que je n'ai pas été capable de dire « non ». Je refuse de le laisser gagner.

Gabriel ne dit rien pendant quelques secondes. Castiel savait que la situation était compliquée et il était probablement difficile pour son frère de le conseiller sans réellement connaître Dean. Sans l'avoir vu à l'œuvre. Cependant, il comptait sur lui. Il était sa seule chance de trouver une issue.

- Ça fait seulement trois jours que tu connais ce type et déjà la situation te rend… malheureux. Peut-être que c'est le signe que ce boulot n'est pas fait pour toi. Pas parce que tu n'es pas capable de le faire, mais parce que les choses sont tout simplement trop compliquées. Ce Dean me semble être quelqu'un de cruel s'il est aussi déterminé à te faire du mal ou utiliser ces choses contre toi pour te faire démissionner. Tu n'as pas à t'infliger tout ça juste pour gagner de l'argent. Tu peux trouver autre chose. Renonce au poste, couche avec Dean ou pas et oublie tout ça. Ce serait la meilleure solution.

Gabriel n'avait probablement pas entièrement tort, mais Castiel refusait d'envisager une démission. Tout d'abord parce qu'il ne laisserait pas Dean gagner. Il savait que cela lui ferait bien trop plaisir et il refusait de l'imaginer se vantant d'avoir obtenu gain de cause et aussi parce que Meg s'était démenée pour lui. Elle avait pris un risque en le recommandant à Ellen. Il ne voulait pas la décevoir en renonçant aussi rapidement. Non. Démissionner n'était pas une solution. Il avait besoin d'autre chose.

- Je sais que tu es quelqu'un de fier et que tu n'aimes pas échouer, mais parfois il y a des batailles qu'on ne peut pas gagner et peut-être que celle-ci en fait partie. Peut-être que cet échec t'aidera à avancer ensuite.

- Je ne suis pas fier ou orgueilleux et je sais reconnaître quand je suis incapable de gagner, mais démissionner maintenant reviendrait à laisser Dean gagner, à décevoir Meg et Ellen et à accepter l'idée que je suis incapable de surmonter ce que mes hormones me dictent. Ce n'est pas le genre d'homme que je veux devenir et je ne vois pas en quoi cela pourrait m'apprendre quoi que ce soit de positif sur moi-même.

Gabriel ne protesta pas. Il sembla accepter cette réponse et cette explication. Il réfléchit une seconde avant de reporter son attention sur Castiel avec un petit sourire sur les lèvres.

- Alors, accepte ses avances et couche avec lui. Je sais ce que tu te dis… il s'en servira contre toi ensuite, mais je pense qu'il ne s'attend pas à ce que tu lui dises oui. Il pourrait être surpris et qui sait… peut être qu'il finira par renoncer. Tu aurais alors eu le dessus et tout pourrait rentrer dans l'ordre.

Castiel aurait aimé que cela soit aussi simple. Il doutait toutefois que Dean recule. Il coucherait avec Castiel et si cela était probablement génial pour le jeune chauffeur, ça n'arrangerait rien à son problème. Cela le compliquerait même plus encore, car même si Dean n'en parlait pas à Ellen, Castiel était presque sûr que travailler avec lui deviendrait intenable.

- Et s'il ne dit pas « non »?

- Alors tu coucheras avec lui. Tu prendras ton pied et tu l'évacueras de ton système.

- Et ensuite je le conduirais à des rendez-vous pour que d'autres hommes fassent la même chose. Je le récupèrerais après tout en sachant ce que ces types ont pu ressentir. Et je devrais ne pas être jaloux… ne pas avoir envie de tous les tuer? Gabe, je ne pense pas que j'en serais capable.

- Tu as peur de développer des sentiments pour lui en couchant avec lui?

Castiel hocha la tête en baissant les yeux. Il avait eu des aventures sans lendemain, mais il n'avait pas revu les types en question ensuite. C'était justement le but de ce genre de rencontres. Il n'en aurait jamais été capable s'il avait dû les revoir ensuite et c'était le problème avec Dean. Même une fois sa curiosité et ses envies satisfaites, il devrait continuer à passer du temps avec lui. Castiel était un romantique dans l'âme. Il finirait forcément par développer des sentiments pour le jeune prostitué et il serait ensuite inévitablement jaloux. Ce qui finirait par le pousser à la démission.

- Je ne peux pas en être sûr à cent pour cent bien sûr. Je veux dire… mis à part son physique, il n'y a pas grand-chose qui me plait chez lui. Il est malpoli et agressif et il… il est bien trop sûr de lui, mais je ne le connais pas assez pour être sûr que c'est réellement lui et pas seulement l'image qu'il donne de lui pour se protéger dans le cadre de son travail. Imagine qu'il soit en fait quelqu'un de bien, de drôle et de gentil. Imagine qu'il finisse par me révéler toutes ces facettes de sa personnalité et… imagine que je finisse par tomber amoureux de lui. Ce serait une vraie catastrophe.

Gabriel soupira. Il semblait lui aussi à court d'idées. Castiel avait l'impression qu'il n'y avait finalement aucune issue. Si son grand frère ne savait pas quoi lui dire alors il était fichu. Dean avait déjà gagné.

- Cassie écoute… je sais que ce n'est pas ce que tu as envie d'entendre, mais… j'ai bien peur qu'il n'existe pas de solutions miracles. Tu as trois options. Tu peux démissionner maintenant et trouver un travail où tu n'auras pas à subir tout ça. Tu peux coucher avec Dean et espérer que cela ne te conduise pas à tomber amoureux de toi. Ou tu peux continuer à repousser ses avances et espérer qu'il finisse par abandonner l'idée de te faire démissionner. Mis à part, je ne vois pas comment tu pourrais t'en sortir autrement.

Castiel trouvait qu'il s'agissait là d'un bon résumé de sa situation. Cela ne lui disait pas ce qu'il devait faire, mais il avait au moins maintenant les trois issues clairement identifiées. Il n'avait toutefois aucune idée de celle qu'il devait choisir.

- Tu ferais quoi à ma place? demanda-t-il finalement.

Gabriel posa la main sur son épaule et la serra une seconde.

- Je coucherais avec lui et je démissionnerais, mais on sait toi et moi que ce n'est pas ce que tu feras.

- Je n'ai pas la moindre idée de ce que dois faire alors je ne vois pas comment tu peux savoir ce que je ferais.

- Parce que je te connais, Cassie. Parce que je sais que tu tiens toujours tes promesses que tu les fasses aux autres ou à toi-même et tu t'es promis de garder ce job alors tu feras ce qui est nécessaire pour que cela soit le cas… même si tu dois souffrir ou subir l'attitude de ce Dean pour y parvenir.

Castiel réalisa alors que son frère avait raison. Peut-être même l'avait-il su dès le début. S'il n'avait pas été déterminé à conserver son emploi, il n'aurait pas hésité une seconde. Il aurait accepté les avances de Dean. Il ne se serait pas posé toutes ces questions et il ne serait pas venu demander à Gabriel de le conseiller. La solution s'imposa alors à lui d'elle-même. Il allait continuer à dire « non ». Il allait ignorer les avances de Dean et il allait prier pour que cela suffise. Pour que le jeune prostitué finisse par se lasser et par abandonner l'idée de le faire fuir.

- Tu as raison. Je ne vais pas me laisser faire. Je vais me montrer plus fort que lui et je vais ignorer tout le reste.

- Oui c'est ce que tu vas faire et dans tous les cas tu sais que tu peux compter sur moi. J'espère juste que tu n'en ressortiras pas trop blessé. Parce que je serais alors obligé de le tuer et franchement, je ne ferais pas long feu en prison.

Castiel ne put s'empêcher de rire en entendant cela. Voilà pourquoi parler à Gabriel ne pouvait jamais être une mauvaise idée. Même si son grand frère n'avait pas nécessairement les réponses aux questions qu'il posait, il savait comment le faire rire et, dans sa situation, c'était une énorme bouffée d'oxygène dont il avait cruellement besoin.


Dean devait le reconnaître. Plus il y réfléchissait et plus il réalisait qu'il était déçu que Castiel ait refusé ses avances. Pas uniquement pour son plan. Il continuait à penser qu'il saurait le mener à son terme même s'il devait changer de méthode en cours de route, mais aussi et surtout parce qu'il avait réellement envie de savoir quel genre d'amant Castiel pouvait être. Il savait d'expérience que ceux qui paraissaient les plus calmes dans la vie de tous les jours étaient le plus souvent fougueux et sauvages au lit. Il était presque sûr que Castiel ne ferait pas exception. Dean pouvait sentir l'énergie dont il débordait. La puissance qu'il contrôlait. Les muscles qu'il cachait sous ses vêtements. Castiel serait très certainement un amant exceptionnel et Dean avait très envie de voir ce dont il était capable.

Cela pouvait sans doute paraître étrange. Certains pensaient qu'à force de coucher avec des hommes à longueur de journée, la libido de Dean devait être pleinement satisfaite. Qu'il ne devait certainement pas ressentir le besoin de multiplier également les conquêtes sur son temps libre. Le jeune prostitué voyait toutefois les choses sous un autre angle. Coucher pour de l'argent était son métier et s'il y prenait parfois du plaisir, il le différenciait de ce qu'il pouvait faire dans sa vie privée. Là, il choisissait ses partenaires. Là, il pouvait être lui-même. Il pouvait demander qu'on lui fasse ce qu'il aimait qu'on lui fasse. Il n'avait pas à jouer un jeu. Pas à être quelqu'un d'autre. La satisfaction était plus grande, le plaisir plus intense. Dean avait besoin de ça. De surcroît, il avait vingt-deux ans et le sexe était dans un coin de son esprit constamment. Sa libido ne le laissait tranquille que lorsqu'il était seul chez lui ou avec son frère. Le reste du temps, il était plus que partant.

Castiel pourrait être un nom à ajouter à sa liste. Il avait tout ce que Dean aimait chez un homme. Il était réellement impatient de voir ce que l'avenir leur réservait à tous les deux.

Même si sa tentative avait été un demi-échec, il rentra chez lui après sa journée, satisfait et de bonne humeur. Il avait la sensation d'avoir avancé dans son projet et il se sentait particulièrement optimiste quant à la suite des évènements.

Quand il était ainsi de bonne humeur, il choisissait de sortir pour trouver quelqu'un avec qui s'amuser ou de rester chez lui et de préparer un repas fabuleux pour Sam. Cette fois, il opta pour la seconde option. Il avait envie de passer du temps avec son frère. Même s'ils vivaient ensemble et se voyaient tous les jours, Dean ne s'en lassait pas. Sam était la personne la plus importante au monde pour lui et passer du temps avec lui-même sans raison particulière était toujours génial. Son petit frère était définitivement quelqu'un d'extraordinaire et Dean savait qu'il en était en partie responsable puisqu'il l'avait élevé. Il avait fait en sorte qu'il grandisse et devienne quelqu'un de bien. Le voir réussir était le plus grand de ses succès.

Il se mit derrière les fourneaux dès qu'il fut changé dans une tenue plus confortable. Il ouvrit une bière, en but la moitié d'une traite puis commença à travailler sur le repas du soir. Il fut aussitôt absorbé par la tâche et perdit rapidement la notion du temps. Il aimait cuisiner. Il aimait l'idée de pourvoir aux besoins de son frère et il aimait la nourriture. C'était quelque chose de convivial et sans nul doute une des plus belles preuves d'amour. Sam savait apprécier ses efforts et le complimentait à chaque fois. Cela donnait à Dean la sensation d'avoir rempli ses devoirs.

Il entendit la porte s'ouvrir sans réellement savoir depuis combien de temps il était occupé à cuisiner. Il écouta son frère rejoindre sa chambre, sans doute pour poser ses affaires et se changer, et attendit qu'il le rejoigne dans la cuisine pour le saluer.

- Pile à l'heure, Sammy. Ça devrait être prêt d'ici quelques minutes. Si tu veux bien mettre la table, ce serait parfait.

Il savait que sa bonne humeur allait probablement surprendre son frère et très certainement éveiller ses soupçons, mais il n'avait pas envie de masquer sa joie juste pour être tranquille.

- Ça sent drôlement bon, Dean. On fête quelque chose?

Le jeune prostitué secoua la tête avant de couper le feu sous sa casserole. Il jeta ensuite un coup d'œil dans le four pour s'assurer que la cuisson de sa viande était parfaite avant de se tourner pour faire face à Sam.

- Non, on ne fête rien. Est-ce que j'ai besoin d'une raison pour faire plaisir à mon petit frère adoré?

Sam posa les assiettes qu'il tenait et le dévisagea une seconde.

- Probablement pas, non, mais le plus souvent quand tu cuisines en sifflotant comme aujourd'hui, c'est que tu as reçu une bonne nouvelle. Je suis curieux de savoir ce dont il s'agit.

Dean était définitivement transparent pour son frère. C'était inévitable. Ils avaient été inséparables depuis leur enfance. Ils avaient toujours vécu ensemble et ne s'étaient jamais rien caché. Ils savaient tout ce qu'il y avait à savoir de l'autre. Sam avait été la première personne à qui Dean avait parlé de son homosexualité. Son petit frère le connaissait par cœur. Il n'était donc pas étonnant qu'il sache lire en lui comme dans un livre ouvert.

- Désolé de te décevoir, Sammy, mais je n'ai pas reçu de bonne nouvelle. J'ai juste passé une bonne journée et je voulais la conclure mieux encore en te préparant quelque chose à manger. Par contre, si tu trouves ça trop bizarre, je peux toujours porter tout ça à Charlie. Je suis sûr qu'elle ne se plaindra pas elle.

Sam secoua la tête. Son estomac serait sa perte. S'il insistait pour manger équilibré là où Dean aurait parfaitement pu vivre uniquement de fast food – ce qu'il ne faisait pas, il devait garder la ligne – il avait toutefois un appétit incroyable. C'était sans doute pour ça qu'il était aussi grand.

- Je ne me plains pas. Je suis juste curieux… et légèrement suspicieux parce que je te connais.

- Sois suspicieux autant que tu le souhaites, mais finis de mettre la table ou ce superbe repas va refroidir.

Sam s'exécuta sans rien ajouter. Il prit lui aussi une bière puis finit par prendre place à table. Dean déposa tout ce qu'il avait cuisiné entre eux avant de s'installer en face de son frère.

- Est-ce que je peux te demander pourquoi ta journée a été aussi bonne sans avoir à t'entendre me décrire toutes les choses que tu as dû faire?

Dean avait presque envie de le faire malgré tout. Il aimait mettre son frère mal à l'aise en parlant de sa vie sexuelle, mais il savait également que les clients de Dean restaient un sujet tabou. Sam n'aimait pas en entendre parler. Pas parce que cela le mettait mal à l'aise, mais parce que cela lui rappelait ce que son frère faisait pour payer ses études et qu'il lui arrivait de s'en vouloir. Même si ce n'était pas sa faute.

- Tu peux. Ma journée a été bonne parce que mes clients étaient agréables et parce que je pense avoir enfin réussi à apprécier Castiel… même si je continue à penser que je n'ai pas besoin de lui.

- Tu apprécies Castiel? Vraiment? Tu n'es pas en train d'essayer de m'endormir pour ensuite me poignarder en plein dos?

Dean savait qu'en suivant son plan, il trahissait quelque peu la confiance de Sam et il s'en voudrait probablement, mais il refusait qu'on lui impose la présence de quelqu'un. Il refusait qu'on lui dise comment il devait faire son travail. Peu importait que cela vienne d'Ellen ou de Sam. Il ne reviendrait pas là-dessus.

- Non, je te jure que c'est vrai. Je t'avais promis de faire des efforts et c'est exactement ce que j'ai fait ce matin. Il est… je dois reconnaître qu'il est plutôt sympa. Peut-être un peu trop prude à mon goût, mais… il est drôle et il ne me juge pas. Je pense que ça pourrait fonctionner entre nous.

Sam fronça les sourcils. Il ne semblait pas convaincu. Dean soutint son regard pour appuyer son propos et fut satisfait quand son frère fut le premier à détourner les yeux.

- Je ne pensais pas t'entendre tenir de tels propos aussi rapidement, mais si c'est vrai alors je suis content pour toi.

- Je te promets qu'il s'agit de la vérité. Je ne vois pas pourquoi je te mentirais sur ce point.

- J'ai cessé de chercher à comprendre ce qui se passe dans ta tête la moitié du temps depuis un moment maintenant, Dean. Quant à Castiel, tout ce que je vous souhaite, c'est de pouvoir devenir amis.

Dean doutait que cela soit possible dans ces circonstances. Cela aurait peut-être pu l'être s'ils s'étaient rencontrés différemment. Ou peut-être pas d'ailleurs. Le jeune prostitué n'aurait pas cherché à devenir ami avec Castiel. Il aurait préféré le ramener chez lui, coucher avec lui et ensuite l'oublier. Comme il le faisait avec chacune de ses conquêtes.

- Amis… je ne suis pas sûr. Qu'on arrive à travailler côte à côte en se respectant ça me semble faisable, mais ami… c'est autre chose.

- Pourquoi est-ce que tu ne pourrais pas devenir ami avec lui? Tu aurais bien besoin d'en avoir quelques-uns de plus. Je veux dire, j'adore Charlie, mais…

- Mais je t'ai toi et elle et ça me suffit. De toute façon, je ne me vois pas devenir ami avec quelqu'un qui a envie de coucher avec moi.

Il avait dit cela sans réfléchir. Il sut toutefois qu'il avait commis une erreur dès que les mots franchirent le seuil de ses lèvres. Il vit Sam écarquiller les yeux puis se tendre brusquement. Il allait avoir le droit à des questions maintenant. Il n'avait pas vraiment envie d'y répondre.

- Comment ça il veut coucher avec toi? Il… il te l'a dit? Il a tenté quelque chose? Est-ce qu'il…

Dean fit signe à son frère de se taire en levant la main dans sa direction. Il était inutile de se mettre dans de tels états. Castiel n'avait rien tenté du tout. C'était même Dean qui lui avait fait des avances. Sam se faisait clairement des films et Dean ressentait le besoin de défendre le jeune chauffeur.

- Il n'a rien tenté, Sam. Il ne m'a pas touché… il ne m'a même rien dit, mais je… disons qu'il m'a vu plus que légèrement vêtu et que je ne suis pas stupide. J'ai vu que je l'attirais et qu'il n'aurait pas dit non. Alors je lui ai posé la question.

- Mais tu…

- Je suis adulte, Sam, et il l'est aussi. J'avais besoin de savoir si j'avais vu juste. Il m'a avoué qu'il était effectivement attiré par moi. Ce qui n'est pas une si mauvaise nouvelle que ça d'ailleurs parce que je le trouve moi aussi très attirant et que franchement… je ne dirais pas non si toutefois il avait envie de coucher avec moi.

Sam posa sa fourchette et croisa ses bras sur son torse en soupirant. Dean pouvait sentir qu'il était en colère.

- Tu ne vas pas coucher avec lui, déclara son petit frère le plus sérieusement du monde.

- Ah oui et pourquoi? Je sais que tu as fait vœu de chasteté, mais ce n'est pas mon cas. Si j'ai envie de coucher avec Castiel ou avec n'importe qui d'autre d'ailleurs, je ne vois pas pourquoi tu aurais le droit de me l'interdire.

Sam leva les yeux au plafond une seconde, toujours aussi agacé. Dean avait déjà du mal à accepter que son frère lui dicte sa conduite concernant son travail. Qu'il lui dise également comment gérer sa vie privée était intolérable et lui aussi commençait à être en colère.

- Je ne cherche pas à t'interdire quoi que ce soit. Tu as le droit de coucher avec n'importe qui du moment que tu en as envie. Tu sais que je ne cherche pas à contrôler ta vie privée. Par contre, ce que je ne peux pas accepter, c'est que tu choisisses de coucher avec Castiel juste pour ensuite pouvoir t'en servir contre lui pour le faire partir ou le faire renvoyer.

Dean réfléchit une seconde. Il pouvait nier qu'il avait une quelconque arrière-pensée. Il pouvait s'emporter contre son frère et gâcher cette soirée. Il pouvait lui mentir pour servir ses intérêts. Ou il pouvait tenter d'agir différemment. Avec calme et maturité. Sam ne méritait sans doute pas qu'il lui hurle dessus après tout ce qu'il lui avait fait subir.

- Je n'ai pas dit que je comptais coucher avec lui. Je sais que ça compliquerait sans doute trop les choses entre nous. Je t'ai juste dit que je ne serais pas contre l'idée si toutefois c'était possible. Par contre, je ne ferais pas l'erreur de coucher avec le type qui travaille avec moi… tu sais que je ne couche jamais avec un homme que je pourrais être amené à croiser à nouveau. C'est ma seule limite.

- Parfait alors. Si on est sur la même longueur d'onde sur ce point, il n'y aura aucun problème. Bien sûr… ça pourrait être différent si toutefois tu avais un peu plus qu'une simple attirance physique pour lui… si tu avais, disons… des sentiments à son égard. Il serait stupide de te priver d'une belle histoire, mais ce serait la seule bonne excuse.

Dean rit une seconde. Il n'imaginait pas tomber amoureux un jour. Il avait vu ce que l'amour pouvait faire à quelqu'un. Il savait combien c'était compliqué et combien cela pouvait faire souffrir. Il le souhaitait à son frère bien sûr. Il espérait le voir un jour se marier et avoir des enfants, mais lui n'en serait pas capable. Il n'en avait même pas envie et, de toute façon, c'était tout à fait impossible avec le métier qu'il faisait. Il préférait multiplier les rencontres et ne surtout pas s'engager.

- Je peux au moins te rassurer sur ce point. Je ne risque pas de tomber amoureux de Castiel… ou de qui que ce soit. Je suis bien mieux seul.

- Ce n'est pas quelque chose qu'on programme, Dean. On ne tombe pas amoureux quand on l'a décidé. Ça nous tombe dessus et ensuite, on peut soit l'admettre et tenter d'être heureux soit le nier et rester malheureux toute notre vie. Ce n'est pas ce que je te souhaite. Tu sais que je veux te voir heureux.

Dean sourit. Il savait bien que son frère n'avait que de bonnes intentions à son égard. Il le lui avait prouvé à maintes reprises par le passé, mais c'était un point sur lequel ils ne parviendraient jamais à s'entendre. Sam était un romantique dans l'âme. Il voulait tomber amoureux. Il voulait rencontrer la femme de sa vie, l'épouser et fonder une famille avec elle. Il croyait vraiment que ce genre de relations pouvaient durer toute la vie. Dean était bien plus réaliste. Il connaissait trop bien les risques d'un engagement pour avoir envie de se lancer.

- Sammy, je sais bien qu'une petite fille de douze ans se cache en toi et qu'elle croit encore au prince charmant, mais en ce qui me concerne, je suis un peu plus terre à terre. Je t'ai simplement dit que je trouvais Castiel attirant et sympathique. Ça ne veut pas dire que je suis follement amoureux de lui. Juste que je n'ai pas envie de le tuer à chaque fois que je le vois. Ne va pas te faire des films.

Sam soupira à nouveau. Dean savait qu'en disant cela, il ne faisait que l'agacer un peu plus, mais il avait toutefois besoin de souligner ce point pour que cela entre dans sa tête. Il ne voulait surtout pas que son petit frère imagine des choses sur Castiel et lui.

- Tu changeras probablement d'avis quand tu rencontreras le bon et je pourrais alors te dire que je t'avais prévenu, mais peu importe… ce n'est pas le sujet qui nous concerne. Tu m'as promis que tu ne coucheras pas avec Castiel et c'est tout ce que j'ai besoin de savoir. Parce que tu sais que si tu le fais, je serais furieux et Ellen le sera aussi. Peu importe l'excuse que tu te trouveras, on te connaît suffisamment pour ne pas se laisser avoir. Si Castiel démissionne pour cette raison, on saura aussitôt que tu l'as fait exprès et tu en paieras les conséquences.

- Sammy, je…

- Non, laisse-moi finir. Quand je te dis qu'il y aura des conséquences, ce ne sont pas des paroles en l'air. Parce que si tu fais ça, je partirais, Dean. Je quitterais cet appartement et je le ferais sans me retourner. Ellen te privera de tes clients et tu regretteras alors amèrement ce que tu as fait.

Dean n'aimait pas que son frère le menace de la sorte. Il pouvait comprendre pourquoi il le faisait, mais il n'acceptait pas qu'on puisse ainsi vouloir prendre le contrôle sur sa vie. Il n'avait pas besoin qu'on le guide ou qu'on prenne ses décisions à sa place. Il avait commis une erreur. Une seule. Il estimait ne pas mériter de le payer pour tout le restant de son existence.

- Je sais que je te mets au pied du mur, Dean. Je sais que tu n'aimes pas ça et je n'aime pas non plus avoir à le faire, mais sache que je le fais uniquement parce que je t'aime trop pour risquer de te perdre… et parce que tu es la personne la plus importante au monde pour moi. Je veux veiller sur toi comme tu le fais pour moi depuis toujours.

Dean ne pouvait pas rester en colère en entendant cela. L'amour que Sam avait pour lui le touchait. C'était réciproque et c'était ce qui faisait que leur relation était unique. Ils pouvaient paraître trop dépendants l'un de l'autre, mais Dean s'en fichait. Il avait trop besoin de Sam pour se soucier de l'image que cela donnait d'eux.

- Je sais, Sammy, et c'est uniquement pour ça que je suis déterminé à faire des efforts. Si j'ai accepté de lui laisser une chance c'est pour toi et rien que pour toi. Alors, réjouis-toi que cela se passe bien et passons à autre chose d'accord? Je n'ai pas envie de gâcher cette soirée en me disputant avec toi. Surtout pas quand on a aucune raison d'être en colère l'un comme l'autre.

Sam lui sourit puis hocha la tête. La grenade était désamorcée et ils pouvaient continuer leur soirée tranquillement. Bien sûr, Dean ne pouvait s'empêcher de se demander si poursuivre son plan était finalement une idée aussi brillante qu'il l'avait pensé jusque-là. Il risquait vraiment gros s'il poussait Castiel à partir. Il risquait de perdre son frère. Il n'était plus sûr que cela vaille réellement la peine, mais il ne voulait pas prendre de décisions pour le moment. Il voulait simplement profiter de son petit frère. Il prendrait une décision le lendemain.

- Et d'ailleurs… maintenant que je t'ai promis de ne pas me mêler de ta vie privée, peut-être que tu pourrais me promettre toi d'arrêter de te mêler de la mienne.

Dean secoua aussitôt la tête.

- Impossible. C'est un de mes rares privilèges en tant que grand frère. J'ai le droit de me mêler de tout ce qui te concerne.

- Tu sais que tu ressors cette excuse à chaque fois que cela t'arrange.

- C'est également un privilège de grand frère. Maintenant, tais-toi et mange.

Sam soupira alors avant de reprendre sa fourchette et de faire ce que Dean lui demandait. Ce dernier l'observa une seconde, amusé. Il avait de la chance d'avoir Sam. Sans lui, Dean ne savait pas ce qu'il serait devenu. L'élever et s'occuper de lui étaient ce qui l'avait aidé à se construire lui-même. Cela lui avait donné un but. Un objectif. Il n'avait en revanche jamais vraiment su comment s'occuper de lui-même. Il lui arrivait de se demander quel genre d'homme il serait devenu s'il n'avait pas eu son frère pour le maintenir dans le droit chemin. Sans doute pas quelqu'un de bien. Il devait tout à Sam et son petit frère n'en avait probablement même pas conscience. Dean ne ferait jamais rien susceptible de le blesser ou d'endommager leur relation. Il avait déjà manqué de le perdre à cause de son travail. Il refusait que cela recommence. Peut-être était-il temps pour lui de réfléchir à ce qu'il avait en tête. Les menaces de Sam résonnaient toujours à ses oreilles et elles avaient été un coup de massue dont il se serait bien passé. Il allait devoir les prendre au sérieux et en considération et peser le pour et le contre avant de faire quoi que ce soit dans l'avenir.