Bonjour

Voici le chapitre 13. Il n'a pas été corrigé ou relu donc je m'excuse par avance pour les fautes qui s'y trouveront.

J'ai un jour de retard. Mais pour celles et ceux qui ont lu les notes du précédent chapitre, je sais que vous savez pourquoi. C'est aussi pour cette raison que je n'ai pas répondu à tout le monde. L'enterrement est demain. Tout devrait donc ensuite rentrer dans l'ordre. Mais je m'excuse bien sûr.

Merci mille fois de ne pas laisser tomber cette histoire. Elle me tient à coeur et vos messages me font un bien fou durant cette période difficile.

Merci pour tout

Bonne lecture

Sydney8201

Musique du chapitre :

Titanium de Madilyn Bailey

Chapitre 13 : Moqueries

« La moquerie est le langage du mépris, et l'une des manières dont il se fait le mieux entendre : elle attaque l'homme dans son dernier retranchement, qui est l'opinion qu'il a de lui-même. »

Jean De La Bruyère

Castiel n'avait pas été surpris d'apprendre par Ellen que Dean avait annulé ses rendez vous pour les prochains jours. Il avait visiblement décidé de prendre quelques jours pour se reposer et se remettre de ses émotions. C'était évidemment une bonne chose et une excellente idée. Jamais le jeune prostitué n'aurait pu être à l'aise avec ses clients quelques heures seulement après avoir manqué d'être violé.

Il avait lui-même besoin de prendre ses distances avec cet univers qu'il avait clairement sous-estimé. Besoin de retrouver des choses plus simples. De ne pas avoir à s'inquiéter pour un homme qui vendait son corps contre de l'argent et que beaucoup voyait comme un objet à posséder et à jeter ensuite.

Castiel avait besoin de ne plus penser à ce qui était arrivé. De ne plus penser à Dean et à Rick. De ne plus penser à rien d'autre qu'à lui-même. Bien sûr, il n'y parvint qu'à moitié. S'il réussit à chasser Rick de son esprit, le jeune prostitué était bel et bien présent. Et il occupait chacune de ses pensées.

Castiel se demandait s'il allait mieux. S'il s'était effondré une fois chez lui comme Ellen l'avait prédit. Quand il l'avait raccompagné, Sam était là et le jeune chauffeur n'avait pas eu à suivre Dean à l'intérieur. Il avait été à la fois soulagé et déçu.

Soulagé parce que Sam était bien plus à même que lui d'aider Dean à surmonter cette épreuve. Déçu parce qu'il aurait aimé être celui qui réconfortait le jeune prostitué. Il n'avait pas pu le faire avant et il n'en aurait sans doute plus l'occasion maintenant. Il avait manqué sa chance.

Il se demandait également comment Sam avait réagi en apprenant la nouvelle. Il se doutait que cela n'avait pas du être facile pour lui. Gabriel, à sa place, aurait sans doute insisté pour retrouver Rick et pour le détruire complètement. Il ne savait pas si le jeune frère de Dean était du genre à faire du mal à ceux qui blessaient ses proches ou s'il parvenait à contrôler sa colère. Il demanderait peut être à Dean en le revoyant. Il verrait alors comment le jeune prostitué était et si sa question était réellement la bienvenue.

En apprenant la nouvelle, Gabriel avait semblé à la fois impressionné et furieux. Il avait insulté Rick et maudit ces gens qui pensaient qu'ils avaient tous les droits uniquement parce qu'ils payaient. Il avait demandé des nouvelles de Dean également. Puis il avait conseillé à Castiel de se reposer. De reprendre des forces. Le jeune chauffeur avait suivi son conseil.

Il se sentait bien mieux après quelques jours de repos. Il avait enfin accepté son erreur et laissé sa culpabilité disparaître. Il était prêt à reprendre le travail. Il en avait même envie. Pas parce qu'il aimait conduire Dean à ses rendez-vous et l'attendre deux heures pendant qu'il couchait avec des inconnus. Mais parce que le jeune prostitué lui manquait.

Il fut donc soulagé et content quand Ellen lui envoya un message pour lui signifier qu'il pouvait aller chercher Dean le lendemain. Il était enfin prêt à reprendre. Castiel l'était lui aussi. Il avait même hâte.

Il arriva devant chez Dean un peu en avance mais envoya tout de même un message au jeune prostitué pour lui signifier son arrivée. Il attendit ensuite qu'il arrive en observant la porte de son immeuble. Il ne put s'empêcher de sourire en le voyant la franchir. Il était, comme toujours, vêtu pour séduire. Et comme toujours, Castiel le regarda approcher avec le même désir qui le consumait de l'intérieur.

Dean le salua avant de monter en voiture. Il attendit toutefois que Castiel ait repris la route pour parler.

- Tu vas peut être avoir du mal à me croire mais j'était impatient de reprendre le travail. J'aime Sam plus que tout au monde mais passer cinq jours non-stop avec lui peut vraiment être … difficile. Surtout quand il insiste pour ne pas aller à la fac juste pour pouvoir te surveiller.

Castiel pouvait comprendre Sam. Il savait que Gabriel aurait fait la même chose.

- Comment est-ce qu'il a pris la nouvelle ? demanda t-il alors.

Dean haussa les épaules en soupirant. Il avait ses lunettes de soleil. Castiel aurait aimé pouvoir voir ses yeux. Lire dans son regard ce qu'il ressentait et ce qu'il pensait. Mais le jeune prostitué semblait vouloir se protéger et Castiel n'avait pas le droit de le lui reprocher.

- Comme je m'y attendais plus ou moins … mal. Il m'a rappelé qu'il m'avait prévenu à plusieurs reprises … qu'il savait que cela finirait par arriver. Il m'a crié dessus. Il a pleuré et supplié. Et puis il a fini par se calmer quand il a vu que je … que je craquais à mon tour. On a ensuite beaucoup parlé et je l'ai remercié d'avoir insisté pour t'engager. Ca a semblé le calmer pour de bon. Il a toutefois insisté pour que je reste quelques jours à la maison avec lui. Histoire de me remettre.

- C'était une bonne idée. Tu … tu avais besoin de repos après tout ça.

Dean hocha la tête. Il ne semblait pas vraiment tendu mais sans voir ses yeux, Castiel ne pouvait pas en être totalement sûr. Il se demandait si c'était ce qui avait motivé le jeune prostitué à porter ses lunettes. S'il voulait cacher le fait qu'il n'était pas totalement remis. Peut être reprenait-il le travail trop tôt ?

- Je me suis reposé. J'ai dormi. J'ai passé du temps avec mon frère mais franchement … je me suis aussi beaucoup ennuyé. Je n'ai pas l'habitude de ne rien faire. Je suis … je n'aime pas prendre des vacances. Je n'aime pas rester chez moi à attendre que le temps passe. J'aurais pu reprendre plus tôt mais je ne voulais pas énerver Sam. J'ai donc pris mon mal en patience.

Castiel n'était pas du même avis que lui. Il était convaincu que Sam avait raison d'insister pour que son frère prenne quelques jours. En reprenant trop tôt, il aurait pris le risque de craquer en plein milieu d'un rendez-vous. De ne pas être capable de laisser un client le toucher. Mais il savait que ce n'était pas ce que le jeune prostitué voulait entendre. Il le garda donc pour lui.

- Et bien sûr, Ellen a insisté pour aménager ma journée de sorte à ce que je ne me surmène pas … ses mots, pas les miens … et je n'ai qu'un seul client à voir. Si je n'avais pas insisté pour reprendre, elle ne m'aurait sans doute pas organisé ce rendez-vous. Mais il s'agit d'un client régulier et qui doit partir pour plusieurs semaines pour le travail. Il voulait me voir avant et … je ne voulais pas risquer de le perdre en refusant.

Castiel doutait vraiment que son client choisisse de ne plus le voir simplement parce qu'il avait du repousser son rendez-vous. S'il n'était pas un monstre, il pouvait facilement comprendre que Dean ait besoin de quelques jours. Mais une nouvelle fois, il préféra ne pas le lui dire.

Ils finirent par arriver à l'hôtel où Dean avait rendez-vous. Comme à chaque fois, ils montèrent directement à la chambre sans passer par la réception. Castiel était plus sur ses gardes que d'ordinaire. Après tout, Rick n'avait pas été dénoncé. Et personne ne pouvait leur garantir qu'il ne tenterait pas de se venger un jour ou l'autre. Il préférait rester vigilent.

Et ce fut sans doute parce qu'il prit la peine d'observer tous les gens présents dans le hall qu'il remarqua deux employés dans un coin qui discutaient en riant. Il n'y aurait sans doute pas prêté attention d'ordinaire mais il avait toutefois la sensation que les deux hommes les regardaient. Qu'ils regardaient Dean en riant. Castiel sentit un frisson lui remonter la colonne vertébrale. Il était inutile de le signaler au jeune prostitué. Cela risquait de le déconcentrer.

Ils prirent l'ascenseur puis remontèrent le couloir jusqu'à la chambre où le client les attendait. Il était souriant et content de voir Dean. Il salua Castiel, échangea quelques mots avec lui puis lui assura qu'il prendrait bien soin du jeune prostitué. Castiel les laissa seul, rassuré par l'attitude enjouée et positive du client. Il redescendit dans le hall avec la ferme intention de surveiller les deux hommes qu'il avait remarqué en arrivant. Il ne les laisserait pas monter à l'étage sans les suivre. Il se trompait peut être sur leur cas mais il ne voulait surtout pas prendre le moindre risque.

Il s'assit sur un canapé puis les chercha du regard. Ils étaient toujours au même endroit. Ils discutaient ensemble en faisant des petits gestes de la main. Le plus grand des deux souriait alors que l'autre l'écoutait avec attention. Castiel ne pouvait pas le jurer mais il était presque sûr qu'ils parlaient de Dean. Et cela le mettait hors de lui.

Ils finirent par se séparer pour rejoindre leurs postes de travail. Le jeune chauffeur passa les deux heures suivantes à observer le plus grand des deux. Il était convaincu que s'il y avait la moindre menace, elle viendrait de lui et pas de l'autre.

Dean le rejoignit à l'heure et avec un petit sourire sur les lèvres. De toute évidence, son rendez-vous s'était bien passé. Castiel se leva dès qu'il fut à sa hauteur. Il garda tout de même un œil sur l'employé qui les regardaient à nouveau. Il n'avait pas prêté attention à Castiel jusque là mais il suivait Dean des yeux. Le jeune chauffeur avait vu juste. C'était bien de lui dont ils parlaient avec son collègue.

Dean commença à lui expliquer quelque chose mais Castiel ne l'écoutait pas vraiment. Il regardait l'homme qui était retourné auprès de son compagnon pour lui dire quelque chose en pointant Dean du doigt. Ils rirent alors sans se soucier qu'on puisse les voir. Castiel avait envie d'aller les voir pour leur donner sa façon de penser. Mais il devait se maitriser. Il ne devait surtout pas créer un scandale au milieu d'un hall bondé. Il ne voulait surtout pas attirer l'attention sur eux.

- Je les ai vu tu sais, lança alors Dean en haussant les épaules.

Castiel reporta son attention sur lui. Il avait espéré que le jeune prostitué ne se soit rendu compte de rien. Il ne voulait surtout pas que l'attitude de ses deux idiots puissent le blesser. Il ne méritait pas qu'on se moque de lui. Il ne méritait pas qu'on le montre ainsi du doigt en riant.

- Ce ne sont pas les premiers à réagir comme ça. J'ai l'habitude qu'on me dévisage ou qu'on rie de moi dans mon dos. La meilleure réponse est encore de faire comme si de rien n'était. Qu'ils comprennent que leur attitude ne m'atteint pas. Parce que c'est ce qu'ils cherchent tu sais. Ils pensent pouvoir me faire du mal en riant de moi. Ils se trompent. Je me fiche de ce qu'ils pensent.

Dean faisait preuve de bon sens et de maturité. Castiel aurait aimé pouvoir en être capable lui aussi. Mais il avait toujours détesté être le témoin de tels comportements. Il ne supportait pas qu'on se moque de quelqu'un en raison de sa différence, de son choix de carrière, de son physique ou de quoi que ce soit d'autre. Il ne comprenait pas comment on pouvait se montrer aussi cruel.

- Ca me rend furieux, confia t-il.

Dean lui posa une main sur l'épaule en souriant.

- Tu finiras par t'y habituer … et par ne plus prêter attention à eux. Crois moi … c'est bien plus facile comme ça.

Castiel voulait bien le croire mais en attendant, il restait furieux et outré. Il n'avait toutefois pas le droit d'embarrasser Dean en allant les voir. Il détourna donc les yeux et suivit le jeune prostitué à l'extérieur. Ils ne parlèrent pas jusqu'à être installé à l'intérieur du véhicule. Castiel avait les mains qui tremblaient. Il préféra ne pas prendre la route dans cet état. Il avait besoin de quelques minutes pour se calmer. Heureusement pour lui, Dean ne semblait absolument pas affecté par ce qui venait de se passer. Cela allait l'aider à surmonter sa rage.

- Les premières fois, j'étais comme toi. Je ne comprenais pas pourquoi ils se moquaient de moi. J'avais envie d'aller les voir … de leur demander ce qu'ils trouvaient aussi drôle … de leur rappeler que je ne faisais rien de mal. Ca me rendait complètement dingue de les voir se moquer. Et puis Ellen m'a aidé à comprendre.

Castiel tourna le visage vers lui. Il était curieux de savoir ce que leur patronne lui avait dit pour l'aider. Il espérait que cela aurait le même effet sur lui.

- Certains réagissent ainsi parce que ce que je fais va à l'encontre de ce en quoi ils croient … que ce soit à cause de leurs principes, de leur éducation ou de la religion. Ils sont dégoûtés et … ils ont peur de tout ce qui n'entre pas dans les cases de leur normalité. Il n'y a rien à faire pour eux … ils sont irrécupérables. D'autres réagissent ainsi parce qu'ils sont jaloux … parce qu'ils savent qu'ils ne peuvent pas me payer … parce qu'ils voudraient être à la place de ceux avec qui je passe du temps … et leur frustration les conduit à se montrer méchant. C'est plus simple pour eux que d'admettre qu'ils ont envie de moi. Laisse les être jaloux. Ca ne change rien pour moi. J'assume pleinement ce que je fais. J'aime mon métier. Je me fous de ce que eux peuvent ressentir.

Castiel hocha la tête. Dean avait probablement raison. Cela ne rendait pas l'attitude de ces hommes moins condamnable et cruelle mais cela l'aidait à aborder les choses sous un autre angle. Il était inutile de perdre du temps à s'énerver contre eux. Cela revenait à leur donner raison.

- Et puis ce type … celui qui riait … c'est un de mes anciens clients … je savais qu'on risquait de le croiser dès que j'ai su où on allait. J'étais préparé à le voir. Je savais qu'il risquait de réagir ainsi. Il venait me voir régulièrement quand je travaillais encore dans la rue et je crois qu'il est frustré de voir qu'il ne peut plus se payer mes services maintenant.

Castiel comprenait mieux pourquoi le jeune prostitué avait choisi de porter des lunettes ce matin. Ce n'était pas pour se protéger du regard de Castiel. C'était uniquement pour ne pas avoir à supporter celui de son ancien client.

- Il finira par accepter que je suis au-dessus de ses moyens. Ou peut être qu'il continuera à se moquer de moi et à me haïr. Je m'en fiche. Il ne vaut pas la peine que je me soucie de lui. Je vaux bien mieux que lui. Et mes clients actuels aussi.

Castiel sourit. Dean avait raison. Cet homme ne valait rien. C'était un idiot frustré qui cherchait à passer sa colère de cette façon. Sa vie devait être bien triste s'il n'avait rien de mieux à faire de son temps. C'était finalement lui qui était à plaindre.

- J'avais envie d'aller le voir et de lui coller mon poing dans la figure. Je sais que ça n'aurait pas été une bonne chose … je sais qu'on doit être discret et ne surtout pas attirer l'attention sur nous mais … j'ai détesté le voir se moquer de toi ouvertement.

Dean sourit à nouveau, visiblement touché de voir que Castiel souhaitait prendre ainsi sa défense.

- Il ne vaut pas la peine que tu risques quoi que ce soit. Le frapper t'aurai peut-être soulagé sur le moment mais le personnel de l'hôtel aurait appelé la police et franchement … même si j'ai des relations, on est bien mieux sans ce genre de publicité.

- Je le sais et je n'aurais rien fait. Mais j'en avais envie.

- Je suis presque sûr que c'est en grande partie du à ce qui est arrivé avec Rick. Mais tu ne dois pas confondre cet imbécile avec lui. Il est peut être cruel et méchant mais il ne tentera jamais rien. Il n'a pas le courage de m'affronter. Pas le courage d'assumer ce qu'il ressent. Il préfère rester loin et rire en se moquant de moi. En m'insultant pour se rendre intéressant auprès de ceux qui sont suffisamment idiot pour le trouver drôle.

Castiel prit alors une seconde pour réfléchir. Une nouvelle fois, Dean avait sans doute raison. Sa réaction était probablement due en grande partie à ce qu'il avait ressenti face à Rick. Il n'avait pas été suffisamment méfiant avec lui. Il était logique qu'il le soit trop maintenant. Il espérait que cela finirait par rentrer dans l'ordre rapidement. Il n'aimait pas être autant sur les nerfs. Et il était également sûr que cela le rendait moins performant.

- Voilà ce que je te propose … ma journée est finie mais je n'ai définitivement pas envie de rentrer chez moi. On pourrait peut être - aller manger quelque chose ensemble ? Sauf si tu as quelque chose de prévu bien sûr … en quel cas, tu peux me déposer …

- Non, je … je suis libre et c'est une excellente idée.

Dean sourit une énième fois alors que Castiel remettait le contact et s'engageait finalement sur la route. Il n'allait certainement pas manquer cette chance de passer un peu de temps avec Dean. Il lui avait manqué durant ces quelques jours et trois heures avec lui ne suffisaient pas. Il avait envie de plus.

Il se gara devant un restaurant que Dean lui indiqua puis ils entrèrent à l'intérieur. La serveuse leur indiqua une table libre. Castiel prit aussitôt le menu dans ses mains. Ils restèrent silencieux jusqu'à ce qu'on ait pris leur commande. Le jeune chauffeur se décida alors à poser une question à son compagnon.

- Tu disais avoir eu besoin toi aussi de t'habituer à ce genre de … regards et … je me demandais combien de temps cela t'a pris ? Tu n'es pas obligé de répondre bien sûr.

Dean but une gorgée d'eau avant de prendre la parole. Il ne semblait pas gêné par la question.

- J'ai commencé ce travail très jeune tu sais … trop jeune je crois. J'étais à peine sorti de l'adolescence et la rue … ce n'est pas vraiment un endroit où il fait bon évoluer et … certains de mes clients n'étaient vraiment pas tendres avec moi. Et chacune de leurs réflexions … chacune de leurs insultes me touchaient … me blessaient et … je pense que j'étais trop jeune pour savoir comment prendre du recul. Ils m'ont poussé à avoir une bien piètre opinion de moi-même. Ca a changé quand j'ai commencé à travailler pour Ellen. Elle a su me montrer que … ce que je faisais n'avait rien de dégradant ou d'humiliant. Elle m'a aidé à voir les choses sous un autre angle. Sans elle, je pense que j'aurais fini par devenir complètement fou. Elle m'a sauvé d'une certaine façon.

Castiel n'en avait que plus d'admiration pour elle. Il avait toutefois beaucoup de peine pour Dean. Il n'aurait jamais du avoir à travailler ainsi dans la rue. A vendre son corps à un âge où il aurait du pouvoir être totalement insouciant. Il avait été suffisamment fort pour surmonter ces épreuves et se reconstruire. Pour en ressortir plus solide encore et plus sage. Il était réellement incroyable.

- Je suis désolé pour toi tu sais … pas seulement pour ces moqueries et ces regards mais aussi pour tout ce que tu as du subir à l'époque. Personne … aucun adolescent ne devrait avoir à traverser tout ça.

Dean acquiesça.

- Je ne le souhaite à personne. Mais je m'en suis sorti. C'est gentil à toi de me dire ces choses mais je … je n'ai aucune séquelles de cette époque. Je n'ai pas été traumatisé. J'ai tiré un trait sur tout ça. Je veux aller de l'avant. C'est la seule chose qui m'intéresse.

Castiel hocha la tête à son tour. Dean était un modèle. Un exemple à suivre. Pas forcément dans son choix de carrière. Mais dans la façon qu'il avait eu de faire face à l'adversité, de se battre et d'en ressortir victorieux. Il était courageux et fort. Il était solide. Il avait du être malmené mais il ne gardait aucune rancœur. Il ne s'était pas refermé sur lui-même pour autant. Il continuait à se soucier des autres. Il continuait son chemin sans regarder en arrière. Beaucoup auraient pu prendre exemple sur lui. Il ne s'était jamais laissé abattre. Pas même après sa première agression. Visiblement pas après celle de l'autre jour. Il avait relevé la tête et avait repris le cours de sa vie. Il était extraordinaire. Et Castiel se sentait honoré de pouvoir faire partie de sa vie.


Dean avait sans doute vécu l'une de pires soirées de sa vie après son incident avec Rick. Sam était déjà là à son arrivée et le jeune prostitué sentit l'angoisse monter en lui dès qu'il sortit de la voiture. Il aurait préféré que son frère ne soit pas là. Il aurait préféré passer encore quelques heures avec Castiel pour s'autoriser à craquer comme il pouvait sentir qu'il en avait besoin. Son chauffeur savait ce qui lui était arrivé. Il n'aurait pas besoin de lui expliquer. Pas besoin de se retenir devant lui. Et pas besoin de lui demander de le comprendre.

Sam, en revanche, aurait des questions. Dean pouvait le sentir. Il ne s'était pas trompé. Son frère sentit que quelque chose clochait dès qu'il posa les yeux sur lui. Et il exigea de tout savoir. Dans les moindres détails. Dean lui raconta l'incident sans rien lui cacher. Ce n'était pas facile de lui dire. Parce qu'à chaque mot prononcé, il revivait l'évènement. Il revit Rick au-dessus de lui. Il pouvait sentir la bâillon dans sa bouche. Les cordes autour de ses chevilles et de ses poignets. Il revivait la peur, l'impuissance et la certitude qu'il ne parviendrait pas à s'en sortir.

Il finit par pleurer devant son frère. Et Si Sam le prit dans ses bras et lui assura qu'il était en sécurité pour le moment, cela ne l'empêcha pas de lui crier dessus ensuite. Il attendit bien sûr que Dean ait retrouvé son calme avant de le faire. Mais ce n'était pas plus facile pour le jeune prostitué pour autant. Il écouta son frère lui rappeler qu'il l'avait prévenu. Que ce métier était dangereux et qu'il avait toujours su que ça finirait mal. Il le supplia d'arrêter. Il le menaça de partir. Puis, quand ils furent tous les deux à bout de force, il lui fit promettre de ne plus jamais se montrer aussi insouciant. Dean le lui promit. Puis, parce qu'il savait que son frère en avait besoin, il lui assura aussi qu'il écouterait Castiel dans l'avenir. Qu'il avait enfin compris l'importance et la nécessité d'avoir quelqu'un pour veiller sur lui. Ils se couchèrent vidés de toute énergie mais plus proches que jamais.

Une fois seul, Dean pleura à nouveau dans son lit. Il laissa les larmes couler et étouffa ses sanglots dans son oreiller. Il était nerveusement épuisé quand il succomba enfin au sommeil. Mais il se sentait plus léger dès le lendemain. Bien sûr, Sam ne le laissa pas retourner au travail. Il dut annuler ses rendez vous et passer du temps avec son frère. Ce n'était pas une torture bien sûr. Mais rester chez lui à ne rien faire d'autre que regarder la télévision et discuter avec son frère finit par l'ennuyer. Il fut soulagé quand Sam dut reprendre les cours et quand Ellen accepta enfin de le laisser reprendre.

Ce n'était pas tant son travail qui lui manquait que la sensation d'être utile à quelqu'un. La sensation de faire quelque chose et de gagner sa vie. Et Castiel bien sûr. Dean ne l'aurait jamais admis à voix haute mais le jeune chauffeur lui avait terriblement manqué durant ces quelques jours. Il voulait savoir s'il allait bien. S'il s'était remis de ses émotions. S'il était parvenu à mettre tout ceci derrière lui.

Quand il le revit enfin, il se sentit mieux. Il se sentait à nouveau dans son élément. Et il fut également soulagé de voir que Castiel semblait aller mieux. C'était parfait ainsi.

Ou du moins, ça aurait pu l'être si son unique client du jour n'avait pas choisi l'hôtel dans lequel un de ses anciens clients du temps de la rue travaillait toujours. Dean avait tout de suite su que cela risquait d'être un problème. Il avait espéré que l'homme ne travaillerait pas aujourd'hui. La chance ne lui sourit toutefois pas.

Il avait opté pour des lunettes de soleil afin de ne pas avoir à croiser son regard directement. Il avait bien fait. Car à peine avait-il franchi les portes qu'il le voyait de l'autre côté du hall. Il était avec un collègue à lui. Il l'avait remarqué lui aussi. Dean sentit son regard le suivre jusqu'à l'ascenseur. Du coin de l'œil, il le vit rire en le montrant discrètement du doigt. Il espérait que Castiel n'avait rien remarqué. Il était toutefois presque sûr que c'était le cas.

Il put heureusement mettre tout ça de côté dès qu'il fut avec son client. Mike était un client régulier que Dean voyait plusieurs fois par mois depuis ses débuts avec Ellen. Il avait toujours été gentil et tendre avec lui. Jamais il ne lui avait fait le moindre reproche. Jamais il n'avait exigé de lui quelque chose qu'il n'était pas en mesure de lui donner. C'était un client idéal qui s'assurait toujours de son plaisir avant de se soucier du sien. Il le prenait dans ses bras quand tout était fini. Il lui rappelait combien il était beau et combien il avait de la chance de pouvoir passer du temps avec lui. Dean l'aimait beaucoup. Avec lui, il n'avait pas l'impression de n'être qu'un corps qu'on achetait. Il se sentait important. C'était pour ce genre de personnes que Dean aimait son métier.

Bien sûr, ce sentiment de bien être disparut dès qu'il dut quitter la chambre. Le retour à la réalité n'était jamais simple. Mais c'était pire encore avec Jared, son ancien client, qui le dévisageait à nouveau en riant avec son collègue.

Dean aurait aimé pouvoir l'ignorer complètement mais il sentit immédiatement la tension chez Castiel quand il le rejoignit. Le jeune chauffeur ne l'écoutait pas alors qu'il tentait de lui dire que tout s'était bien passé. Il avait les yeux rivés sur Jared. Dean se sentit alors obligé d'intervenir. Il lui assura qu'il se fichait de ce que les autres pensaient de lui. Qu'il ne les laissait pas l'atteindre parce qu'il était convaincu que c'était exactement ce qu'ils cherchaient. Castiel semblait prêt à bondir sur Jared pour lui faire passer l'envie de se moquer ainsi de lui. Mais Dean ne pouvait pas le laisser faire.

Il réussit à le faire sortir de l'hôtel et monter en voiture. Il lui laissa ensuite le temps de reprendre ses esprits et de retrouver son calme en lui racontant comment lui avait réussi à passer outre ces jugements et ces moqueries. Puis il lui proposa d'aller manger au restaurant avec lui pour se changer les idées.

Castiel finit par retrouver son calme. Mais il était évident que la situation continuait à lui poser problème. Il continuait à ne pas comprendre comment on pouvait se montrer aussi cruel envers quelqu'un qui n'avait rien fait pour le mériter. Dean était du même avis que lui. Il détestait ces gens qui jugeaient les autres simplement parce qu'ils étaient différents ou ne rentraient pas dans les cases. Il avait toutefois du apprendre à les ignorer et passer son chemin. S'il prenait tout à cœur, il ne pourrait jamais continuer ce qu'il faisait. Et il n'avait certainement pas l'intention d'abandonner à cause d'eux. Il était plus fort, plus solide que tous ces abrutis réunis. Et en se montrer totalement indifférent à leurs attaques, il le leur prouvait.

Bien sûr, Castiel n'avait pas son expérience. Il n'avait pas son passé. Et ce qu'il avait vécu avec Rick l'avait bouleversé, le rendant plus sensible encore. Dean était touché de voir qu'il souhaitait le défendre. Qu'il était plein de compassion pour lui. Cela prouvait qu'il était quelqu'un de bien. Le jeune prostitué avait toutefois besoin qu'il s'endurcisse. Il ne pourrait jamais tenir le coup s'il continuait de tout prendre ainsi trop à cœur.

Il répondit donc à ses questions. Il n'aimait pas forcément parler de son passé dans la rue mais il le faisait parce qu'il pouvait sentir que Castiel en avait besoin pour mieux le comprendre. Il lui raconta combien il s'était senti humilié et dégradé durant ces quelques années. Il lui raconta comment il avait remonté la pente et combien Ellen l'avait aidé à y voir plus clair. Castiel finit par retrouver des couleurs. Il mangea avec appétit en écoutant Dean lui parler de son passé. Il ne semblait pas le juger. Il n'était ni gêné, ni dégoûté par ce qu'il apprenait. Juste triste d'apprendre ce que Dean avait du faire pour subvenir à ses besoins et à ceux de son frère. C'était une réaction normale.

Quand ils terminèrent de manger, ils avaient changé de sujet et avaient commencé à parler de tout et de rien comme si rien ne s'était passé. C'était exactement ainsi que Dean voulait voir leur relation évoluer. Castiel représentait une bouffée d'air pur. Son innocence et sa gentillesse l'aidait à passer outre la cruauté de certains. Tant qu'il y avait des gens comme Castiel dans ce monde, tout espoir n'était pas perdu pour l'humanité.

Dean insista pour payer l'addition en assurant qu'il adresserait ensuite la note à Ellen puis ils quittèrent le restaurant, le cœur léger.

Ca aurait pu être la conclusion idéale à une journée qui avait connu des hauts et des bas. Mais parce que la vie semblait vouloir s'acharner sur Dean ces derniers temps, il n'eut malheureusement pas cette chance.

Ils avaient à peine franchi la porte que le jeune prostitué voyait Jared approcher. Il était presque sûr que son ancien client ne tenterait rien contre lui ou contre Castiel. Il n'était pas suffisamment courageux pour aller jusqu'au bout. Mais il était en revanche stupide et visiblement frustré. Ce qui ne pouvait rien donner de bons. Surtout quand Castiel était sur les nerfs. Dean attrapa le bras de son chauffeur pour l'empêcher de faire une bêtise puis tenta de l'entraîner dans une ruelle à leur gauche pour éviter Jared. Avec un peu de chance, il abandonnerait là et retournerait à sa vie sans venir leur parler. Une nouvelle fois, il se trompa.

- Hé Dean, ne fais pas comme si tu ne m'avais pas vu. Je sais que tu m'as reconnu.

Dean s'immobilisa alors et ferma les yeux une seconde. Entendre la voix de Jared lui rappelait trop de mauvais souvenirs. Il n'avait jamais apprécié cet homme. Il ne s'était jamais réellement senti en sécurité avec lui. Et il avait du l'écouter lui dire des horreurs à chaque fois. Le traiter comme de la marchandise. Comme un objet. Dean savait que c'était probablement ce qu'il allait faire à nouveau cette fois. Mais il avait grandi. Il avait pris conscience de beaucoup de choses depuis ces derniers rendez vous avec Jared. Il ne se laisserait plus déstabiliser.

Il sentit Castiel se tendre à côté de lui. Il ne lui lâcha pas le bras. Il se tourna en revanche de sorte à pouvoir regarder Jared approcher.

- Je t'avais effectivement reconnu. Mais je pensais que tu aurais compris en me voyant changer de trajectoire que je n'ai absolument aucune envie de te parler … ou même de te voir. Donc si tu le permets, j'aimerais assez que tu me laisses tranquille maintenant.

Jared croisa ses bras sur sa poitrine en souriant. A côté de Dean, Castiel semblait prêt à lui sauter à la gorge.

- Moi je crois au contraire que tu vas prendre le temps de me parler. Je veux dire … on se connait bien toi et moi … on se connait même intimement et je mérite bien quelques secondes de ton temps après tout l'argent que je t'ai donné.

Dean ne put s'empêcher de ricaner en entendant cela. Jared ne lui avait rien donné. Chaque dollars que le jeune prostitué avait reçu, il avait fait en sorte de le mériter. Et ce n'était pas chose facile avec un abruti fini comme Jared.

- Tu ne m'as pas donné de l'argent … je l'ai gagné. Et je ne te dois rien. Tu n'es plus mon client.

- Je ne le suis plus non. Mais à qui la faute hein ? Je n'ai pas demandé à arrêter de te voir. C'est toi qui as mis un terme à notre arrangement.

- Uniquement parce que tu n'as plus les moyens de te payer mes services. Alors sauf si ta situation financière a changé, je suis désolé mais je n'ai rien de plus à te dire.

Plus les secondes passaient et plus il sentait Castiel sur le point de perdre le contrôle. Il n'avait rien dit jusque là mais cela ne durerait pas éternellement. Si Jared continuait à ennuyer Dean, Castiel attaquerait. Le jeune prostitué en était convaincu. Il avait presque envie de le laisser faire. Mais il ne voulait pas que son ami le regrette ensuite.

- On pourrait peut-être se mettre d'accord et trouver un arrangement toi et moi … en souvenirs du bon vieux temps ? Disons … quelques heures contre une somme un peu revue à la hausse par rapport à ce que cela me coutait dans le temps.

- Non, se contenta de répondre Dean.

Cela aurait pu en rester là si Jared n'avait pas été trop stupide pour insister. Et pour dire quelque chose d'extrêmement idiot qui eut raison du contrôle de Castiel.

- Je peux attendre que tu aies fini avec lui si ça t'arrange. Je ne sais pas combien il te paye mais visiblement, il est impatient de t'avoir pour lui seulement.

Jared ne pouvait pas réellement croire que Castiel était un client. Il l'avait vu à l'hôtel. Il était stupide mais au point de ne pas comprendre qu'ils travaillaient ensemble. Il avait dit cela uniquement pour faire du mal au jeune chauffeur. Pour le toucher et le pousser à réagir. Peut-être parce qu'il était jaloux de le voir avec Dean. Ou juste parce qu'il était un abruti fini. Peu importait la raison, il avait dit ce qu'il n'aurait jamais du dire.

Car dès qu'il eut fini de parler, Castiel libéra son bras de l'emprise de Dean et avança dans la direction de Jared. Il l'attrapa par le col de sa veste, le tourna sur le côté et le plaqua contre le mur en brique derrière lui. Jared fut trop surpris et pris de court pour réagir. Quand il tenta de se débattre, il était trop tard.

- Je te conseille vivement d'arrêter de dire ce genre de choses et de passer ton chemin. J'ai eu envie de te coller mon poing dans la figure dès que je t'ai vu à l'hôtel et tu ne dois ton salut qu'à Dean. Alors tu vas lui dire merci et tu vas partir avant que je ne change d'avis. Est-ce que c'est compris ?

- Qui tu es pour me parler comme ça ? Tu crois valoir mieux que moi ? Ou peut être que tu es juste jaloux que j'ai pu me le taper et toi non.

Jared avait vraiment le don pour appuyer là où ça faisait vraiment mal. Castiel lui abattit son poing dans la figure dès qu'il finit sa phrase. Dean devait reconnaître qu'il le méritait. Et il y avait quelque chose d'un peu excitant à voir Castiel se battre ainsi. A avoir la confirmation qu'il était suffisamment fort pour faire jeu égal avec Dean. Pour le bousculer, le plaquer contre un mur, le tenir pendant qu'il allait et venait en lui. Le jeune prostitué ne devait toutefois pas s'aventurer sur ce terrain. Pas à ce moment-là. Il attrapa Castiel par l'épaule et s'interposa entre Jared et lui. Son ancien client semblait toujours sous le choc du coup reçu.

- Rappelle toi ce que je t'ai dit Cas. Il n'en vaut pas la peine. Tu ne dois pas le laisser t'atteindre.

Castiel grimaça une seconde avant de relâcher Jared et de reculer d'un pas. Il le faisait à contre cœur. C'était évident. Mais il avait écouté Dean et c'était une bonne chose.

Le jeune prostitué lui sourit avant de se tourner vers son ancien client.

- Tu veux passer un moment avec moi ? Trouve toi un autre boulot, change de carrière et reviens me voir quand tu auras les moyens de l'espérer. Je te dirais peut être oui … ou je te dirais peut être non. Dans tous les cas, ce sera mon choix. Le mien. Pas le tien. Maintenant file ou je te promets que je laisse Castiel faire tout ce qu'il a envie de te faire à cet instant précis.

Jared grimaça à son tour. Il semblait toutefois conscient de ne pas avoir la moindre chance contre Castiel. Il cracha toutefois aux pieds de Dean avant de prendre la fuite comme le lâche qu'il était. Le jeune prostitué le regarda faire avant de reporter son attention sur Castiel.

- Tu aurais du me laisser lui fracasser le crâne contre ce mur. Le monde ne serait que meilleur sans les imbéciles dans son genre.

- Sans doute mais cela signifierait que tu finisses tes jours en prison et je n'ai pas vraiment envie de te voir derrière les barreaux à cause de moi.

Castiel soupira longuement avant de passer une main sur son visage. Il avait besoin de quelques secondes pour retrouver son calme à nouveau. Dean ne dit rien jusqu'à sentir qu'il avait enfin repris le contrôle sur ses émotions.

- Je sais que tu penses devoir me protéger de tout et de tout le monde … je sais que tu t'en veux pour Rick. Et d'une certaine manière, oui, oui tu es là pour veiller sur moi. Mais ça ne signifie pas pour autant que tu aies besoin de me protéger de ce genre d'attaque. Tu as été engagé pour t'assurer qu'on ne me blesse pas physiquement … pas pour préserver ma vertu … ce qui est ridicule d'ailleurs parce qu'on sait tous les deux que je l'ai perdu depuis des années maintenant.

Castiel sembla triste de l'entendre. Dean ne faisait pourtant que pointer l'évidence. Il n'était ni innocent ni pur. Il avait couché avec des dizaines d'hommes ces dernières années. Et s'il estimait que cela ne faisait pas de lui quelqu'un de dégoûtant, d'indigne ou qui ne méritait aucun respect, il avait entendu et vécu bien pire. Il avait été insulté et rabaisser à de nombreuses reprises par le passé. Il savait comment gérer ce genre de situations.

- Je sais que je ne suis pas là pour … que je ne pourrais jamais empêcher tous ces idiots de penser ce qu'ils veulent de toi mais … je n'aime pas la façon qu'ils ont de te regarder … de dire des horreurs sur toi ou de te défigurer comme tu ne valais rien quand … quand tu vaux tellement mieux qu'eux tous réunis.

Dean sourit. Castiel était incroyablement touchant. Il était bien trop gentil pour ce monde. Et cela finirait forcément par lui jouer des tours.

- Cas … je me fiche de ce que Jared pense … je me fiche de ce qu'il pourrait dire sur moi. D'abord parce qu'il ne me connait pas. Il ne sait rien de moi et … son jugement ne porte que sur mon métier … pas sur ma personne. Et puis les seules opinions qui comptent sont celles de mes proches … de Sam, Charlie, Ellen et toi. Du moment que j'ai votre respect, le reste n'a aucune importance.

Castiel sembla touché de voir qu'il était inclus dans les proches de Dean. Ce dernier l'avait dit sans réfléchir mais il ne le regrettait pas. C'était vrai. Le jeune chauffeur s'était fait une place dans sa vie. Ce que bien peu de personnes avant lui avaient réussi à faire.

- Et si tu en as besoin, on pourra prendre le temps d'en parler plus longuement ensemble. Je te raconterais en détail comment j'ai pu surmonter tout cela. Mais pas maintenant … pas aujourd'hui et pas après ça. J'ai juste envie de rentrer chez moi, de prendre une bonne douche et de me coller devant la télévision.

Castiel hocha la tête. Il ne protesta pas et Dean en fut soulagé. Ellen avait eu finalement du nez en choisissant de n'organiser qu'un seul rendez vous pour sa reprise. Il était absolument épuisé. Pas par Mike ou par le souvenir de Rick. Mais par ce qui venait de se passer. Il avait envie de rentrer chez lui pour oublier Jared et se préparer pour le lendemain.

- Je … oui je comprends. Je suis désolé si je t'ai déçu ou énervé. Je ne voulais pas …

- Cas, arrête de t'excuser. Tu n'as rien à te reprocher. Crois moi quand ce sera le cas, tu n'auras pas le temps de dire quoi que ce soit avant que je te le fasse remarquer. Tout va bien entre nous. Ne va pas te faire de fausses idées d'accord ?

- D'accord.

Dean sourit soulagé. Puis, parce qu'une nouvelle fois il pouvait sentir que Castiel en avait besoin et peut être aussi un peu parce qu'il en avait envie, il saisit la main de son ami et l'entraîna derrière lui en direction de la voiture. Il ne la relâcha que lorsque ce fut nécessaire pour qu'il puisse conduire et il garda les yeux rivés sur lui jusqu'à ce qu'ils soient arrivés chez lui. Il n'avait aucune excuse pour le faire cette fois mais il s'en fichait. Il en avait envie et cela lui suffisait comme raison.