Bonjour
Voici le chapitre 14 et qui l'eut cru ? Il est posté en temps et en heure. Miracle !
Ici la relation entre Dean et Castiel continue de progresser doucement.
Pas de correction de ce chapitre donc par avance désolée pour les fautes.
Merci de continuer à me lire. Merci pour votre patience et surtout mille mercis pour tous vos messages.
Bonne lecture et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Given Up de Linkin Park
Chapitre 14 : Confidences
« Faut pas forcer la confidence elle vient quand elle peut. Jamais trop tôt, jamais trop tard. »
André Major
Castiel commençait à savoir comment Dean fonctionnait quand il n'allait pas parfaitement bien. Il prenait sur lui pour ne pas inquiéter les autres. Il garda ce qu'il ressentait pour lui et cherchait à minimiser l'impact que ce qu'il venait de vivre avait eu sur lui. Il ne le faisait pas consciemment. C'était juste sa façon de fonctionner. Il l'avait après Rick. Il avait mis de côté son propre traumatisme pour s'occuper de Castiel et l'aider à se sentir mieux. Il le faisait à nouveau après Jared. Il faisait mine de ne pas avoir été atteint par la rencontre avec son ancien client pour que le jeune chauffeur ne se fasse pas de soucis pour lui. Il était pourtant évident que cela l'avait chamboulé.
Il demanda à Castiel de le ramener chez lui. Il était silencieux dans la voiture et s'il n'avait pas remis ses lunettes de soleil, son regard était braqué droit devant lui, empêchant Castiel de lire ce qu'il ressentait dans ses yeux.
Il s'attendait à ce que le jeune prostitué lui demande de le laisser devant l'immeuble avant de disparaître à l'intérieur comme si tout allait parfaitement bien. Il n'aimait pas du tout l'idée de le laisser seul. Il n'aurait personne pour lui changer les idées. Personne avec qui parler de tout et de rien pour oublier Jared et les horreurs qu'il lui avait dites. Castiel redoutait le moment où Dean quitterait la voiture. Parce que c'était l'instant où lui commencerait à s'inquiéter pour lui de son côté.
Heureusement pour lui, Dean ne semblait pas avoir vraiment envie d'être seul. S'il ne semblait pas non plus enclin à se confier sur ce qu'il ressentait, il était évident qu'il n'avait pas pour autant envie d'être enfermé dans son appartement sans personne avec qui discuter. Il chercha la voiture de Sam du regard avant de se racler la gorge et de reporter son attention sur Castiel.
Il semblait gêné de lui demander de monter. Castiel ne comprenait pas vraiment ce qui pouvait le mettre mal à l'aise dans cette situation. Il était là pour veiller sur lui. Et ils étaient amis ou du moins en passe de le devenir. Il serait ravi de passer un peu de temps avec lui. Il se fichait que Dean lui parle ou non. Qu'ils se contentent de rester assis sur son canapé sans rien dire. Il avait juste envie de veiller sur lui jusqu'au retour de Sam. Jusqu'à ce que quelqu'un puisse prendre le relais. Cela lui permettre de se sentir mieux lui aussi. C'était gagnant-gagnant.
Bien sûr, il n'en dit rien à Dean. Il se contenta d'accepter sa proposition de monter avec lui. Le jeune prostitué sembla sincèrement soulagé par sa réponse. IL lui adressa un large sourire avant de sortir de la voiture. Pendant qu'il cherchait ses clefs d'appartement dans les poches de sa veste, Castiel coupa le moteur, verrouilla la voiture puis le rejoignit.
Ils montèrent au dernier étage en prenant l'ascenseur puis Dean ouvrit la porte de son appartement et fit signe à Castiel de le suivre. Il retira ses chaussures, jeta sa veste sur le porte manteau avant d'annoncer qu'il allait se changer et que Castiel pouvait l'attendre dans la cuisine.
Le jeune chauffeur fut à nouveau fasciné par toutes les photos accrochées sur les murs de l'entrée. Cet appartement était chaleureux et visiblement rempli d'amour et de bons souvenirs. Il y avait des photos de Dean et Sam, d'une femme blonde, d'un homme brun qui tenait un bébé dans ses bras, et de plusieurs autres personnes dont Charlie.
Il était évident que les deux frères tenaient particulièrement à ses souvenirs. A ce que ces photos représentaient. Et même si Castiel n'avait rien vécu de ces moments, il se sentait bien en les regardant. Un peu comme si une partie du bonheur contenu dans ses clichés déteignait sur lui.
Dean était entouré et aimé. C'était évident. Et Castiel ne pouvait s'empêcher de se demander comment quelqu'un comme lui en était arrivé à faire le métier qu'il faisait.
Il n'eut pas le temps de se pencher plus sur la question. Il entendit Dean sortir de sa chambre et il rejoignit aussitôt la cuisine. Le jeune prostitué avait opté pour un pantalon de survêtement qui semblait incroyablement confortable et un vieux tee shirt aux couleurs d'une équipe de football ou de basket. Même habillé de façon aussi décontractée, il restait incroyablement séduisant et sexy. Castiel doutait qu'il puisse en être autrement avec son physique parfait. Il détourna les yeux pour ne pas lui donner l'impression d'être observé et prit place à la table de la cuisine. C'était la deuxième fois qu'il s'y trouvait et déjà, il s'y sentait presque comme chez lui.
- Café ? demanda Dean.
Castiel accepta et regarda le jeune prostitué remplir la cafetière et sortir deux mug du placard. Il était fasciné par la façon dont Dean bougeait dans sa cuisine. Il était totalement différent quand il évoluait dans un endroit familier. Il n'avait plus rien de l'homme presque inaccessible qu'il était quand il travaillait. Ici, il pouvait être lui-même. Et c'était un spectacle incroyable que Castiel aurait pu observer pendant des heures entières.
- J'ai vu que tu regardais les photos sur le mur de l'entrée et tu peux me poser des questions si tu en as envie. Je ne vais pas me braquer juste parce que tu veux savoir quelque chose sur moi.
Castiel sourit, amusé de voir que Dean avait senti sa curiosité. Il fut également soulagé de voir que cela ne lui posait aucun problème. Il avait des dizaines de questions en tête. Des dizaines de choses qu'il voulait savoir sur le jeune prostitué. Et il ne savait pas par quoi commencer.
- Ce que les gens se demandent en premier la plupart du temps, c'est comment j'ai pu en arriver là. Comment j'ai pu décider de vendre mon corps alors que je suis entouré, aimé et visiblement soutenu. Et je sais que tu dois te le demander toi aussi. C'est normal.
Castiel se mordilla la lèvre inférieure une seconde. C'était effectivement la première question qu'il s'était posée en voyant les photos. Il n'aurait toutefois pas osé la poser. Il ne voulait surtout pas que Dean puisse penser qu'il portait le moindre jugement sur ses choix de vie.
- Tu n'es pas obligé de me le dire tu sais … oui, je suis curieux mais ça ne me regarde pas après tout. Et ce n'est pas … je ne considère pas que tu as eu tort ou … que tu es à blâmer pour ça. Juste … c'est effectivement quelque chose que j'ai du mal à … comprendre.
Dean leur servit du café avant de rejoindre Castiel à table. Il s'assit et prit sa tasse entre ses mains. Il semblait avoir besoin de réfléchir quelques secondes. Le jeune chauffeur ne le quitta pas des yeux durant tout le temps que cela dura.
- Ce n'est pas ce que je voulais faire de ma vie quand j'étais gosse. Personne ne rêve de se prostituer. Je crois me souvenir avoir voulu devenir pompier quand j'étais vraiment petit. Et puis … ma mère est morte quand j'avais quatre ans. Une leucémie foudroyante qui l'a emportée en seulement quelques mois. Mon père était … inconsolable. Je ne lui en veux pas. Il aimait sa femme plus que tout au monde et la perdre … c'était comme perdre une partie de lui-même. Il a complètement baissé les bras. Il nous a laissé seul Sam et moi et j'ai du … j'ai du m'occuper de lui. Je crois que c'est à cette époque que j'ai compris que je ne pouvais pas perdre de temps à rêver ma vie. Que je devais faire en sorte de me rendre utile. De remplir le rôle que mon père n'était plus en mesure de remplir. Il a fini par reprendre le dessus mais j'étais déjà devenu adulte et … je n'avais plus besoin de lui.
Castiel avait de la peine pour Dean. Il ne comprenait pas comment un parent pouvait ainsi laisser son enfant de quatre ans tenir son rôle. Il imaginait combien cela avait du être difficile pour le jeune prostitué. Et cela expliquait sans doute combien il était aujourd'hui proche de Sam.
- Mon père s'est tué en voiture quand j'avais treize ans. On a été recueilli par Bobby … un ami de mon père. Il s'est occupé de nous mais … ce n'était pas facile pour lui. Je pensais ne pas avoir besoin d'aide. J'étais le père et la mère de Sam depuis suffisamment longtemps pour savoir que je m'en sortais très bien tout seul. Et mon frère … j'avais fait en sorte qu'il ait l'enfance qu'il méritait. Qu'il grandisse du mieux possible. J'étais plutôt fier de moi. Il y avait toutefois encore beaucoup de choses à faire … beaucoup de choses à assumer. Sam voulait faire des études et parce qu''il était brillant, je savais déjà à l'époque qu'il nous faudrait beaucoup d'argent pour qu'il puisse réussir.
Castiel hocha la tête. Dean soupira longuement avant de reprendre la parole.
- J'étais trop jeune pour me trouver un travail et Bobby insistait pour que je continue à aller à l'école. J'avais pourtant besoin d'une solution. D'un moyen rapide de gagner de l'argent. Et déjà à l'époque, j'avais vu comment certains hommes me regardaient. Il n'a pas été difficile d'en tirer les bonnes conclusions. J'ai commencé à les aborder dans les bars … et j'ai rapidement compris qu'en prenant la bonne position, qu'en les regardant d'une certaine manière, je parvenais à les convaincre de me payer pour coucher avec moi. C'est comme ça que j'ai commencé. Et je ne dis pas que c'était facile. C'était même plutôt atroce au début. Mais … avec le temps, j'ai fini par prendre l'habitude. Je gagnais suffisamment pour commencer à mettre de côté. Et je pouvais continuer à aller à l'époque. C'était la solution idéale.
Castiel comprenait ce que Dean avait pu ressentir à l'époque. Et il comprenait aussi pourquoi il avait choisi de le faire. Mais il n'était pas d'accord sur ce dernier point. Vendre son corps quand on était encore adolescent ne pouvait pas être une « solution idéale ». Dean avait pris des risques énormes et s'il avait eu de la chance, il avait tout de même perdu la chance d'être un enfant et un adolescent comme les autres. C'était triste.
- Quand je rentrais fatigué ou quand un client s'était montré un peu trop … enthousiaste, j'écrivais. C'est rapidement devenu thérapeutique. Cela me permettait d'évacuer ce que je ressentais sans en parler à qui que ce soit. J'y ai pris goût. J'aimais ça. J'ai rempli des carnets entiers. J'écrivais sur moi … sur mes clients … sur ma famille et sur la vie en général. J'avais trouvé quelque chose qui me passionnait vraiment. Bien sûr, je ne pouvais pas vraiment en faire mon métier. Je suis quelqu'un de réaliste et je sais que rare sont ceux qui parviennent à vivre de leur passion. Mais je n'ai jamais arrêté. Je continue à le faire parfois.
Castiel était fasciné par ce qu'il entendait. Il savait Dean intelligent et drôle. Il pouvait facilement l'imaginer se confiant dans ses journaux. Racontant ce que certains de ses clients avaient pu faire. Il aurait aimé pouvoir jeter un coup d'œil à ce qu'il avait écrit. Il était toutefois convaincu de ne jamais en avoir l'occasion.
- Tout s'est compliqué quand Sam et Ellen ont découvert ce que je faisais. Ils ne comprenaient pas que cela ne me posait pas de problèmes. Que j'avais accepté de devoir faire ce sacrifice. Ils m'ont ordonné d'arrêter. Ce que j'ai fait pendant un temps. J'ai essayé de trouver un autre travail. J'ai tout tenté. Mais je n'avais pas de diplôme. J'avais arrêté à la fin du lycée sans réussir et personne ne me prenait au sérieux. C'est là qu'Ellen m'a révélé ce qu'elle faisait. Et elle m'a proposé de travailler pour elle. J'ai accepté. Ca a été la meilleure décision de ma vie. Parce que j'ai pu continué à faire ce pour quoi j'étais vraiment doué dans un environnement bien plus sécurisé et contre énormément d'argent. Voilà comment j'en suis arrivé là où j'en suis Cas.
Castiel savait que Dean ne mentait pas en disant qu'il assumait parfaitement son choix de carrière. Qu'il ne se sentait pas contraint de vendre son corps. Qu'il aimait parfois son travail. Mais cela ne rendait pas la situation moins triste pour autant. Il avait du sacrifier énormément de choses. Il avait eu une enfance difficile. Il aurait certainement fait d'autres choix d'avenir s'il en avait eu l'opportunité. Castiel aurait aimé voir l'homme qu'il serait devenu si sa mère n'était pas morte quand il avait quatre ans.
- Et bien sûr, présentée comme ça, je suppose que mon enfance peut paraître dure … et truste mais ce n'est absolument pas le cas. J'ai été heureux. Je le suis toujours. J'ai un frère incroyable que j'aime de tout mon cœur et dont je suis toujours extrêmement proche. J'ai été élevé par un homme génial qui a toujours fait en sorte de nous donner ce dont nous avions besoin. J'ai des amis. J'ai Ellen. Je ne regrette rien.
- Pas même de ne pas avoir pu vivre de ta vraie passion ?
Dean réfléchit une seconde avant de secouer la tête. Il semblait sûr de lui.
- Non. Je ne dis pas que ça n'aurait pas été vraiment génial de pouvoir tenter ma chance et de me faire publier mais je ne suis pas … triste quand j'y pense. Je suis quelqu'un de réaliste Cas. Je ne suis pas un rêveur. J'ai des ambitions pour mon frère et cela me suffit. Il est celui qui accomplira de grandes choses. Et ça me va. Ca me rend heureux parce que je sais que d'une certaine manière c'est en partie grâce à moi. Faire en sorte que Sam puisse accomplir ses rêves était finalement ma mission depuis toujours. Et si je peux la mener à bien alors tous les sacrifices que j'aurais fait jusque là ne seront jamais vains.
Castiel pouvait comprendre le point de vue du jeune prostitué. Et il l'admirait. Il le trouvait incroyablement courageux. Bien plus fort que la majorité des gens. Il avait du prendre des décisions difficiles à un âge où il aurait du pouvoir se montrer insouciant. Il avait su mettre sa vie entre parenthèses pour s'assurer que celle de son frère soit aussi parfaite que possible. Il avait surmonté des épreuves et en était ressorti plus fort encore. Il était incroyable. Castiel n'avait jamais rencontrée quelqu'un comme lui. Il doutait qu'il en existe d'ailleurs. Dean était réellement unique.
- Si un jour, tu voulais faire lire ce que tu as écrit à quelqu'un, sache que je serais honoré que tu me le demandes, confia t-il alors un peu sans le vouloir.
Dean sourit en haussant les épaules.
- Peut-être que j'en ressentirais le besoin un jour mais ce n'est pas à l'ordre du jour. Pas même Sam n'a pas lire mes carnets.
Castiel ne s'était pas attendu à recevoir une réponse positive. Mais il avait toutefois eu besoin de le lui dire. Il voulait que Dean sache combien il l'admirait et il ne voyait pas comment le lui faire comprendre autrement.
- Et puis je ne suis même pas sûr que ce soit vraiment bien écrit ou même intéressant. C'est juste un hobby qui m'aide à me vider la tête. Ce n'est rien de sérieux. Si mes profs de lycée savaient que je le fais, ils riraient beaucoup je suppose. Je n'ai jamais été un très bon élève.
Castiel n'aimait pas entendre le jeune prostitué se dénigrer ainsi. Il n'estimait pas qu'être en échec scolaire signifiait qu'on était stupide ou bon à rien. Certaines personnes n'étaient tout simplement pas fait pour les études. Beaucoup d'enfants pointés du doigt par leurs professeurs finissaient ensuite par accomplir de grandes choses ou faire des carrières brillantes. Dean aurait pu réussir dans un autre domaine que celui qu'il avait choisi. Il en était complètement sûr.
- Avoir de bonnes notes à l'école ne signifie pas qu'on est plus intelligent qu'un autre. Juste qu'on rentre dans les cases que l'éducation national a créé pour pouvoir mettre des étiquettes sur les enfants.
- Peut être mais ça ne change pas grand-chose en fin de compte. Je n'aimais pas l'école. Je ne m'y sentais pas à ma place. Je passais tout mon temps a traîné avec mes camarades et à faire l'école buissonnière. Je n'en ai pas que de mauvais souvenirs. Je me suis fait des amis et j'étais plutôt populaire. Il m'est arrivé de me battre mais la plupart du temps je m'entendais bien avec à peu près tout le monde. Je faisais rire les autres. J'étais un peu le rebelle aussi … celui qui fumait derrière les gradins du stade de foot et qui couchait avec la star de l'équipe.
Castiel rit une seconde. Il était presque sûr que Dean et lui ne se seraient jamais entendus à cette époque. Il fuyait les adolescents dans son genre quand il était à l'école. S'il n'avait jamais eu de gros problèmes avec les autres élèves, il n'était pas populaire. Il avait été un peu bousculé par certains. Il se contentait d'aller en cours et d'étudier pour avoir les meilleurs notes possibles. Il aurait admiré Dean de loin sans jamais oser l'aborder. Il était préférable qu'ils se soient rencontrés dans ces circonstances même si elles n'étaient pas idéales.
- Et j'avais mon frère et même si cela peut paraitre cliché ou stupide, il a toujours été mon meilleur ami. Je n'avais pas besoin de qui que ce soit d'autre. Charlie m'a forcé la main et si elle n'avait pas insisté je l'aurais perdu de vue depuis longtemps. Je suis content de l'avoir. Et je suis content aussi de te compter parmi mes amis mais … tant que j'ai Sam, je me sens complet.
Castiel ne trouvait pas ça idiot ou stupide. Lui aussi avait toujours considéré Gabriel comme son meilleur ami. Il avait toujours été très proche de lui. Ils n'avaient pas eu la même enfance que Sam et Dean. Ils n'avaient manqué de rien et leurs parents étaient toujours en vie. Mais cela ne les avait pas empêché de se confier l'un à l'autre et d'avoir besoin d'être ensemble pour se sentir bien. Il pouvait donc comprendre le jeune prostitué sur ce point.
- J'ai toujours considéré Gabriel comme mon meilleur ami aussi même s'il me tape sérieusement sur les nerfs la majeure partie du temps. Je ne pourrais jamais envisager de vivre loin de lui. Il est mon confident et la seule personne sur qui je peux toujours compter. Je ne cherche pas à comparer ce que j'ai vécu moi avec ce que Sam et toi avez traversé mais … je peux comprendre ce que tu ressens pour lui. Parce que je ressens un peu la même chose pour mon frère … et je sais que c'est réciproque.
Dean sourit en hochant la tête. Il semblait apprécier ce que Castiel disait. Peut-être parce que cela leur faisait un point en commun ou parce qu'il était content de voir que le jeune chauffeur était entouré et aimé. Dans tous les cas, la réaction de Dean lui fit chaud au cœur. A cet instant précis, il se sentait proche de lui. Il se sentait bien. Il aurait voulu ne plus avoir à quitter cette cuisine et à retrouver le monde extérieur. Il aurait pu être heureux seul avec le jeune prostitué jusqu'à la fin de son existence. Il n'était toutefois pas sûr que cela soit réciproque.
- J'espère en tout cas que tu as appris de moi ne te poussera pas à me voir comme une victime ou à avoir de la compassion. Ce n'est pas ce que j'attends des gens à qui je parle de mon histoire. Parce que je ne suis pas malheureux Castiel. Je ne suis pas triste et je ne me sens pas … contraint de faire ce que je fais. J'ai ma famille, un bel appartement, de l'argent de côté et des amis. J'ai tout ce qu'il faut pour être heureux et même si parfois … si un jour comme aujourd'hui, c'est un peu plus difficile de voir le côté positif des choses, je vais bien.
Castiel était surpris de voir Dean admettre que revoir Jared l'avait atteint. Il ne s'était pas attendu à ce qu'il le lui confie ainsi. Mais il était content que cela soit le cas. Car c'était la preuve qu'il avait su gagné sa confiance. Qu'ils se rapprochaient. Qu'ils devenaient vraiment ami. Castiel ne pouvait pas nier qu'il continuait à rêver de plus dans un coin de ses esprit. Mais il pouvait parfaitement l'ignorer si cela lui permettait d'avoir une place dans la vie de Dean. De passer du temps avec lui en dehors des heures de travail pour apprendre à le connaître. Pour le voir sous son vrai visage. C'était déjà beaucoup plus que ce qu'il avait imaginé avoir un jour avec lui.
Dean avait déjà croisé par le passé des anciens clients alors qu'il ne s'y attendait pas. Il évitait les lieux qu'ils étaient susceptibles de fréquenter pour s'éviter de telles rencontres. Mais parfois, il en reconnaissait un parmi la foule et il devait alors faire en sorte de ne pas être vu. Certains le remarquaient et détournaient le regard. Ils ne voulaient surtout pas lui parler. Le plus souvent, ils étaient accompagnés et ne souhaitaient pas voir leur secret éventé. Dean respectait totalement leur choix. Il n'avait pas forcément envie de leur parler non plus. Il tenait à tracer une ligne infranchissable entre sa vie privée et sa vie professionnelle. Certains, même s'ils étaient peu nombreux, tentaient tout de même de l'aborder. C'était parfois pour lui demander un peu de son temps contre une somme d'argent ou juste pour lui rappeler de « bons » souvenirs. Dean restait alors poli. Mais il écourtait toujours la conversation. Il ne voulait pas avoir à les fréquenter en dehors de ses heures de travail.
Croiser Jared aurait pu juste être inconfortable pour lui. Il se fichait que son ancien client se moque de lui de loin. Il était habitué à ces regards moqueurs et à ces jugements. Mais c'était devenu réellement déstabilisant quand il avait choisi de venir le trouver pour lui demander un nouveau rendez-vous. Il avait été insultant et cruel. Et il s'était également totalement irrespectueux envers Castiel. Dean ne l'aurait pas dit mais c'était ce qui l'avait le plus chamboulé. Il se fichait qu'on le juge ou qu'on le réduise uniquement à ce qu'il faisait dans la vie. Il était habitué et il savait passer outre ces remarques. Mais Castiel n'avait pas son expérience. Et Castiel était innocent. Il n'était pas perverti par le monde dans lequel Dean évoluait. Il était gentil et généreux. Il était drôle et veillait sur le jeune prostitué. Il ne méritait pas qu'on lui parle ainsi. Jared l'avait sciemment attaqué et Dean avait été totalement bouleversé par son comportement.
Il voulait rentrer chez lui et tenter d'oublier cette confrontation. Il voulait tirer un trait sur cette journée et passer à autre chose. Mais il savait que Sam n'était pas là. Il l'avait prévenu le matin même. Il devait rester étudier à l'université. Dean serait alors seul dans leur appartement à ressasser ce qui s'était passé. Il n'était pas sûr de pouvoir le supporter. Il avait peur de faire quelque chose de stupide. De boire jusqu'à être trop ivre pour se soucier de quoi que ce soit. C'était quelque chose que son père aurait fait mais que le jeune prostitué tentait d'éviter autant que possible. Et aujourd'hui, il sentait ses résolutions vaciller. Il avait besoin que quelqu'un veille sur lui et lui tienne compagnie.
Bien sûr, le demander était difficile. Dean avait fini par accepter qu'il avait besoin d'aide dans le cadre de son métier. Mais le faire dans sa vie privée était plus compliqué. Il n'avait pas l'habitude. Il hésita donc à demander à Castiel de monter. Il avait un peu honte de le faire. Mais alors que le jeune chauffeur se garait en bas de chez lui, il se força à lui poser la question. Et il fut soulagé quand Castiel accepta aussitôt.
Quand ils furent dans l'entrée, il vit la façon dont le jeune chauffeur observait ses photos au mur. Il les regardait avec curiosité et un petit sourire en coin. Il semblait amusé par certaines mais définitivement curieux d'en savoir plus sur Dean. Et le jeune prostitué était tout à fait prêt à répondre à ses questions. Pas parce qu'il estimait le lui devoir. Mais parce qu'il en avait envie. Il voulait s'ouvrir à lui et lui raconter comment tout avait commencé. Comment il en était arrivé là. Il se sentait parfaitement à l'aise avec Castiel. Il avait l'impression de le connaître depuis toujours. Jamais avant il n'avait connu ça avec quelqu'un d'autre que Sam. Pas même avec Charlie. Elle avait du batailler des semaines entières pour gagner sa confiance et l'amener à parler un peu de lui. Castiel n'avait eu besoin que de quelques jours.
Il ne fut toutefois pas surpris quand il vit le jeune chauffeur hésiter à lui poser des questions. Dean choisit alors de l'inviter à le faire. Il pouvait sentir qu'il en avait envie mais qu'il avait peur de le vexer en le faisant. Il était donc préférable de l'encourager à parler.
Dean lui parla alors de son enfance. De sa mère qui était morte trop jeune. De son père qui n'avait jamais réellement réussi à faire son deuil même s'il avait fini par arrêter de boire. De la mort de ce dernier dans un accident de voiture qui avait rendu Sam et Dean orphelins. De Bobby. De la rue et des clients qui se fichaient de le savoir trop jeune pour faire ce métier. Il lui parla du lycée également. Des cours qu'il manquait pour aller fumer en cachette. Des garçons avec qui il couchait mais qui refusaient d'avouer leur homosexualité. Il lui parla d'Ellen et de la manière dont elle avait fini par lui proposer de travailler pour elle. Il ne sentait aucun jugement de la part de Castiel. Il semblait avoir de la peine pour lui et quelques difficultés à comprendre comment il pouvait aimer ce qu'il faisait.
Il parla enfin de sa passion pour l'écriture. Castiel sembla totalement fasciné par ce qu'il entendait et Dean sut alors qu'il l'écoutait attentivement. Pas juste pour lui faire plaisir. Mais aussi et surtout parce qu'il avait envie d'en apprendre plus. Parce qu'il avait conscience que ce n'était pas quelque chose que Dean faisait facilement. Et parce qu'il se sentait honoré qu'il se confie à lui sans retenue.
Quand il eut fini de résumer sa vie à Castiel, il fut soulagé de voir que ce dernier semblait avoir tout autant envie que lui de parler. Qu'il était prêt à lui donner des informations sur lui sans avoir peur d'être jugé.
- Mon expérience au lycée a été totalement différente de la tienne. J'étais le bon élève … celui qui fait tous ses devoirs. Qui ne sèche jamais les cours et qui lève toujours la main quand on demande quelque chose. J'étais … pas forcément le plus intelligent ou le plus doué … mais sans doute le plus intéressé. J'aimais apprendre. Et j'avais un objectif. Je voulais faire en sorte de l'atteindre. Alors bien sûr, ça ne m'a pas vraiment rendu populaire auprès des autres élèves. Je n'étais ni particulièrement drôle ni très intéressant. J'avais toujours le nez dans les livres et je refusais de participer à quelque évènement que ce soit. J'étais plutôt montré du doigt qu'admirer. Je ne pense pas qu'on serait devenus amis à l'époque.
Dean en était moins sûr que lui. Il était convaincu qu'il aurait été tout autant attiré par le jeune homme à l'époque qu'il l'était aujourd'hui. Il aurait voulu lui parler. Apprendre à le connaître et devenir son ami. Mais il ne pouvait pas le garantir. Il choisit donc de ne pas le dire.
- J'ai été un peu chahuté par certains élèves populaires. Mais je n'étais pas leur cible principal et j'ai pu continuer ma scolarité sans problème. J'ai obtenu mon diplôme. J'ai pu rentrer dans l'école où je voulais aller depuis toujours. J'ai eu de la chance. J'ai travaillé oui mais contrairement à certains et contrairement à toi en particulier, je n'ai jamais vraiment eu à me battre pour quelque chose. Je n'ai pas eu à surmonter d'épreuves. Mon enfance a été … ordinaire.
Dean devait reconnaître qu'il était un peu jaloux. Il aurait aimé connaître quelque chose de similaire. Ne pas avoir à se battre dès son plus jeune âge pour élever son frère et trouver de l'argent. Pour remplacer leur père absent. Il aurait aimé savoir quel genre d'homme il serait devenu dans ces circonstances. Mais il refusait de s'attarder trop longtemps sur cette idée. Il ne regrettait rien de ce qu'il avait fait et il aimait sa vie telle qu'elle était maintenant. Il préférait se concentrer sur ce qu'il avait plutôt que sur ce qu'il aurait pu avoir.
- Je ne sais pas si je suis vraiment proche de mes parents. Je les aime bien sûr et je sais ce que je leur dois. Je n'ai jamais manqué de rien. J'ai toujours pu étudier et grandir dans un environnement favorable. Ils ont accepté mon homosexualité sans poser des problèmes. Mais nous sommes … nous sommes vraiment différents. Ils ne comprennent pas qu'on puisse vouloir faire de sa passion son métier. Ils auraient aimé me voir choisir une carrière plus facile. Plus classique sans doute. Ca nous a un peu éloigné. Et c'est pour ça que j'ai choisi de venir vivre avec Gabriel quand je n'ai plus pu payer mon loyer. Je savais qu'ils en remettraient une couche en me voyant rentrer à la maison.
Dean hocha la tête. Il pouvait comprendre ce que Castiel avait ressenti. Il aurait toutefois volontiers accepté d'entendre sa mère et son père critiquer son choix de carrière. Parce que cela aurait signifié qu'ils soient en vie. Dean souffrait toujours de leur absence. Peu importait les années qui passaient. Ils lui manquaient toujours autant.
- Et sans doute que … sans doute que c'est justement parce que je n'ai jamais eu vraiment … de problèmes sérieux ou d'épreuves à surmonter … que j'ai du mal à comprendre … ce que toi tu as vécu. Je ne te juge pas. Bien au contraire. J'ai énormément d'admiration pour toi. Je te trouve bien plus fort que toutes les personnes que je connais. Mais je … j'espère que cela ne va pas t'énerver mais j'ai du mal à croire que tu puisses … vraiment ne rien regretter.
Dean n'était pas en colère contre Castiel. Il savait exactement pourquoi il pensait cela. Et sans doute aurait-il réagi de la manière s'il n'avait pas perdu ses parents et du élever son frère seul. S'il avait été épargné par la vie, protéger et aimé comme Castiel, il n'aurait jamais imaginé pouvoir être heureux comme il l'était maintenant. Mais cela ne changeait rien au fait qu'il l'était. Il ne mentait pas. Il ne disait pas cela uniquement pour préserver ses proches. Il était foncièrement heureux. Et il aimait son métier.
- Je ne sais pas si c'est uniquement une question de passé, d'épreuves ou de souffrance. Je ne sais pas si j'aurais été différent si j'avais grandi avec mes parents. A vrai dire, je ne me pose jamais trop la question parce que je vois pas en quoi cela change quoi que ce soit. Ma vie me convient telle qu'elle est. C'est tout ce qui importe. Et je sais que c'est difficile à comprendre. Je ne t'en veux pas d'avoir du mal à saisir.
Il s'interrompit une seconde et termina son café avant de reprendre.
- Ce que tu dois essayer de comprendre Cas, c'est que … la majorité des hommes que je vois sont bien plus malheureux que moi. Ils cachent une partie importante de leur vie à leurs proches. Ils mentent pour sauver leur carrière et ils ne sont pas libres de faire ce qu'ils veulent faire. Ils ne s'autorisent pas à être pleinement heureux … que ce soit par peur d'être rejeté ou par peur de mettre leur statut social. Ils sont … tristes et je suis la seule personne à pouvoir leur redonner le sourire. Je suis le seul avec qui ils peuvent être vraiment eux même. Et peu importe que ce ne soit que pour deux heures. Peu importe que je sois payé pour leur donner l'impression que je ne suis là que pour eux. Ils se fichent de tout ça. Ils veulent cette bouffée d'oxygène que je leur procure. Ce petit moment dans leur semaine où ils n'ont plus à cacher ce qu'ils désirent vraiment. Je suis autant leur psy que la personne avec qui ils couchent. Ils me parlent et je les écoute. Je me sens … important et utile.
Il savait bien que sa conception de son travail n'était pas partagé par beaucoup de gens. La plupart pensaient à tort que ses clients ne faisaient qu'utiliser son corps pour se soulager. Qu'ils se fichaient tous de lui. Mais Dean savait que ce n'était pas le cas. Bien sûr, certains n'avaient aucun respect pour lui. Jared en était un exemple type. Pour les autres en revanche, il comptait. Il était important. Il était une personne qui leur rendait un service. Le seul à savoir ce qu'ils cachaient depuis toujours. Ils comptaient sur lui. Ils lui faisaient confiance.
- Je sais que parler ainsi de ce que je fais n'est pas toujours … compris par ceux qui n'évoluent pas dans mon milieu mais ça n'en est pas moins vrai pour autant. Et puis … quand je suis avec eux, même si je joue un rôle, je me sens désiré. Je me sens apprécié. Je n'ai pas honte de dire que j'aime le sexe Cas. Je suis jeune et j'assume pleinement mes préférences et mes envies. Je suis bien dans mon corps. Je connais mes atouts et j'ai conscience de mes défauts. J'aime sentir le regard de ces hommes sur moi. J'aime savoir qu'ils me déshabillent des yeux avant même de pouvoir le faire en vrai. J'aime sentir que je leur plais. Qu'ils ont envie de moi. Et souvent, le sexe est génial. Je prends mon pied. Je multiplie les orgasmes. Ce n'est peut être pas le métier dont tout le monde rêve mais ce n'est pas une torture non plus. Je gagne énormément d'argent et j'ai au moins un ou deux orgasmes dans la journée. Je ne vais pas me plaindre. Ca ne serait pas juste envers mes clients. Ils ont des vies bien plus compliquées que la mienne.
Dean espérait que ce qu'il venait de dire aiderait Castiel à comprendre. Il choisit toutefois d'ajouter quelque chose pour enfoncer un peu plus le clou.
- Je n'ai pas besoin d'être sauvé. Je n'attends pas qu'un prince charmant me remarque et vienne voler à mon secours. Je m'en sors très bien tout seul. Et le jour où j'en aurais assez … le jour où je n'aimerais plus ce que je fais, j'arrêterais. Je ne me force pas. Je ne me forcerais d'ailleurs jamais à faire quelque chose que je n'ai pas envie de faire.
- Je t'envie tu sais. Je n'ai peut-être pas le droit de te dire ça après t'avoir rencontré mon enfance mais … je t'envie vraiment. Tu es … il est évident que tu es parfaitement en accord avec les décisions que tu prends. Que tu es à l'aise avec la personne que tu es. Que tu … assumes chacun de tes choix. Tu vis ta vie comme bon te semble. C'est quelque chose que tout le monde aimerait pouvoir faire mais que peu de personne parvienne à accomplir.
Dean sourit. Il était content de l'entendre. Il estimait lui aussi avoir de la chance. Bien sûr, il avait eu une enfance compliquée et il avait beaucoup souffert. Il n'avait pas pu grandir dans des circonstances idéales. Mais il était entouré, aimé et soutenu. Il faisait un métier qui avait du sens à ses yeux. Il avait la sensation d'être utile et d'avoir son rôle à jouer. Il n'avait aucune raison de se plaindre. Et il aurait voulu qu'il en soit de même pour Castiel.
- Si tu as des rêves, tu devrais faire en sorte de les réaliser. J'ai toujours été quelqu'un d'extrêmement terre à terre. Je n'ai jamais réellement rêvé de quelque chose depuis que je suis tout petit. Mais si c'est ton cas alors … tu n'as aucune raison d'hésiter. Tu ne risques pas grand-chose. Un refus ou deux peut être. Et ensuite ? Il te suffira de persister. De ne jamais perdre espoir.
Castiel acquiesça mais Dean pouvait sentir qu'il n'était pas encore prêt à se lancer. Il avait peur. C'était normal.
- Et tu sais … si tu veux un avis objectif sur ton travail, je peux toujours te mettre en contact avec un de mes clients qui travaille dans ce domaine. Il pourrait te donner des conseils … peut être même te prendre à l'essai. Je ne lui dirais pas qu'il s'agit de ton travail. Et quoi qu'il puisse en penser, je te promets de te le dire sans chercher à préserver ton égo. Ca te donnerait quelque chose sur quoi t'appuyer avant de prendre une décision définitive.
Castiel réfléchit une seconde. Dean était sérieux. Il avait suffisamment de relations parmi ses clients pour trouver quelqu'un en mesure de donner un avis objectif sur le travail de Castiel. Il était parfois nécessaire de se confronter ainsi à la réalité afin de savoir si on avait raison ou non de vouloir se lancer. C'était peut être exactement ce dont Castiel avait besoin pour ne plus avoir peur.
- Je … c'est gentil mais je ne suis pas sûr d'être prêt à … montrer mon travail. J'ai besoin … j'aimerais finir mon book avant. Sélectionner les dessins dont je suis le plus fier et … faire un tri dans la montagne de travaux inachevés qui s'empilent chez moi. Peut être que je finirais par accepter mais pour le moment, je sais que je ne suis pas prêt. J'ai bien trop peur de te donner quelque chose de mal fini et de m'entendre ensuite dire que … que c'était une perte de temps.
Dean n'insisterait pas. Il ne pouvait pas prendre cette décision à la place de Castiel. C'était à lui et à lui seul de savoir ce qu'il voulait faire de son avenir. Il ne le jugerait jamais. Pas même s'il renonçait à son rêve uniquement parce qu'il avait trop peur d'échouer.
- Et puis … je me dis que le jour où je déciderais de me lancer, je … je veux y arriver seul. Je veux avoir la sensation de l'avoir vraiment mérité. J'aurais trop peur que ton client te dise que mon travail est bon juste pour ne pas prendre le risque de te vexer Et puis je veux me confronter au monde du travail sans me cacher. Sans prétendre que je ne suis pas l'auteur de ce que je présente. C'est peut être idiot mais … c'est ainsi que je vois les choses. Et quand je serais prêt, alors j'irais moi-même tapé aux portes. J'irais les voir et je ferais face à leur critique.
Dean acquiesça à son tour. Il trouvait Castiel plutôt courageux. De toute évidence, sa fierté l'empêchait d'accepter l'aide qu'il lui proposait. C'était peut-être stupide. Il allait peut être se priver d'un contact qui l'aiderait à réaliser son rêve. Mais il avait besoin d'avoir l'impression qu'il avait mérité ce qu'il obtiendrait. Et c'était finalement tout à son honneur. Dean était un peu pareil. Il n'aimait pas qu'on l'aide à réussir. Il n'aimait pas avoir la sensation qu'il devait quelque chose à quelqu'un. Une nouvelle fois, c'était peut être stupide. Mais c'était quelque chose qu'il comprenait et approuvait totalement.
- Quelque chose me dit que tu réussirais. Ne me demande pas comment je le sais. Je le sais c'est tout. Ca n'explique pas.
- Je te promets que je repenserais à ce que tu viens de me dire si tu as raison.
- Et en attendant ma proposition tient toujours. Elle n'est pas limitée dans le temps. Si tu changes d'avis … et quelque chose me dit que ce ne sera pas le cas … il te suffit de me le dire et je ferais en sorte de t'aider. On est amis après tout et c'est ce que les amis font les uns pour ls autres non ?
Castiel sourit en entendant cela.
- On est amis oui.
Dean sourit à son tour puis proposa à Castiel d'aller s'installer dans le salon. Ils avaient beaucoup parlé et après ce qui était arrivé un peu plus tôt, le jeune prostitué avait envie de se détendre. De penser à autre chose. D'oublier Jared et tous ces anciens clients qui n'avaient pas le moindre respect pour lui.
Castiel accepta et ils s'installèrent sur le canapé. Dean alluma la télévision et choisit une chaine qui diffusait une de ces séries stupides dont le jeune prostitué raffolait en secret. Sam l'avait découvert un jour et se moquait régulièrement de lui à ce sujet. Mais Castiel ne dit rien. Il se contenta de regarder et de rire aux plaisanteries de Dean. C'était parfait ainsi. Le jeune prostitué se sentait bien. Il se sentait soutenu et apprécié. Il avait confiance en Castiel. Il s'était ouvert à lui et il ne le regrettait pas une seule seconde. Il ne savait pas ce que l'avenir leur réservait. Il n'était pas sûr que leur amitié pourrait survivre si toutefois Castiel décidait de ne plus travailler pour Ellen et de tenter sa chance ailleurs. Dean l'espérait en tout cas. Car il doutait de pouvoir se passer facilement de la compagnie du jeune homme. Et il refusait de se demander pourquoi même si une petite partie de lui le savait probablement déjà.
