Bonjour,
Voici le chapitre 15. Les choses continuent à évoluer doucement entre nos deux héros. Ils ne sont pas rapides mais ils vont finir par comprendre. Il faut juste être patients avec eux !
Merci pour votre fidélité et vos messages.
Bonne lecture et à jeudi
PS : ce chapitre n'est toujours pas corrigé ou relu donc désolée pour les fautes qui s'y trouvent
Sydney8201
Musique du chapitre :
You are not alone de Michael Jackson
Chapitre 15 : Réconfort
« On a beau reconnaitre que nos joies sont fabriquées de chimères, elles ont quand même cet avantage de nous réconforter comme des rayons de soleil. Et pourvu que l'on se sente rayonnant, on ne regarde plus de quel côté vient la lumière. »
Madeleine Leblanc
Castiel avait vraiment la sensation que les choses avaient changé avec Dean. Si elles s'étaient considérablement arrangées après les excuses du jeune prostitué et l'incident avec Rick, elles avaient évolué de façon plus significative encore depuis Jared.
Dean s'était enfin ouvert à Castiel. Il lui avait confié des choses dont il ne parlait probablement qu'avec les personnes les plus proches de lui. Il avait accepté de parler de son passé, de ses parents et de son enfance. Castiel s'était senti honoré. Il avait conscience que cela signifiait quelque chose pour eux. Que leur relation n'était plus seulement celle de deux collègues qui se respectent et s'apprécient. Mais celle de deux amis qui savaient qu'ils pouvaient compter l'un sur l'autre.
Et les jours qui suivirent cette discussion ne firent que confirmer cette impression. Dean était bien plus à l'aise avec lui. Il semblait ne plus chercher à séparer Castiel de sa vie personnelle. Il lui avait pourtant assuré qu'il ne pourrait jamais en faire partie au début de leur collaboration. Il avait longuement insisté sur le fait qu'il avait, depuis toujours, établi une frontière infranchissable entre ce qui relevait de sa vie professionnelle et ce qui relevait de sa vie personnelle. Ceux qui faisaient parti de la première catégorie ne pouvait jamais rejoindre la seconde et inversement. Castiel avait pensé ne jamais être plus qu'un collègue pour Dean. C'était toujours mieux que d'être son ennemi comme au tout début. Il aurait su s'en contenter. Il était toutefois heureux de voir que ce n'était pas le cas. Il évoluait dans les deux univers et Dean semblait l'encourager à continuer.
Au-delà de leur relation qui évoluait de façon idéale, tout allait également parfaitement bien au niveau du travail. Dean n'avait plus de problèmes avec un client. Tous étaient sympathiques et comprenaient la présence de Castiel à ses côtés. C'était une situation idéale que Castiel redoutait de voir basculer d'un moment à l'autre.
La veille, il avait trouvé Dean un peu plus fatigué que d'ordinaire à la fin de sa journée. Le jeune chauffeur avait voulu mettre ça sur le nombre de rendez vous qu'il avait enchaîné depuis le matin. Il était normal qu'autant d'efforts physiques aient un impact. Il avait beaucoup donné de sa personne. Castiel refusait de s'inquiéter pour le moment. Il se contenta de raccompagner Dean en lui souhaitant une bonne soirée avant de rentrer chez lui à son tour.
Le lendemain, il partit pour aller chercher le jeune prostitué déterminé à lui suggérer de prendre des vacances. Il était presque sûr qu'il ne s'arrêtait jamais vraiment. Qu'il travaillait encore et toujours. Que ses dernières vacances remontaient probablement à plusieurs années. A ce rythme, il finirait par s'épuiser totalement. Castiel était son ami maintenant et il estimait avoir le droit et le devoir de le prévenir. Même s'il doutait d'être entendu et écouté sur ce point.
Quand il fut arrivé en bas de l'immeuble, il envoya un message à Dean pour le lui signaler. Il posa ensuite son téléphone sur Le siège passager et observa la porte d'entrée de l'immeuble. Le plus souvent, Dean arrivait quelques minutes après seulement, prêt pour sa journée, un café dans les mains et un large sourire sur les lèvres. C'était le moment que Castiel préférait. Celui où il posait les yeux sur le jeune prostitué pour la première fois de la journée. Ces quelques secondes où il pouvait l'admirer sans prendre le risque d'être vu. Où il laissait libre court au désir qu'il ressentait toujours pour lui. Il avait fini par accepter qu'il n'y aurait jamais rien de plus entre eux. Mais cela ne l'empêchait pas d'y penser parfois.
Quand il ne vit pas le jeune prostitué sortir de l'immeuble après plusieurs minutes, il reprit son téléphone. Il n'était pas inquiet mais ce n'était pas normal. Il allait envoyer un second message quand son portable vibra entre ses doigts, lui indiquant qu'il avait reçu une réponse de son ami.
Il l'ouvrit aussitôt. Il était court et concis mais expliquait parfaitement pourquoi Dean n'était pas encore là.
« Malade. Prend ta journée. »
Castiel fronça les sourcils en relisant le message une seconde fois. Il avait senti que le jeune prostitué n'était pas dans son état normal la veille. Il n'était donc pas surpris de voir qu'il était trop malade ce matin pour aller travailler. Il n'aimait toutefois pas l'idée de le savoir souffrant. Il ne voyait pas la voiture de Sam sur le parking. Il supposait que le frère de Dean était parti à l'université. Dean était donc seul chez lui. Malade et sans doute trop faible pour s'occuper correctement de lui-même. S'il avait choisi d'annuler ses rendez-vous, il était vraiment souffrant. Il ne l'aurait jamais ça juste pour prendre sa journée et ne rien faire enfermé chez lui. Cela ne lui ressemblait pas.
Le message était toutefois clair. Dean demandait à Castiel de rentrer chez lui. Il était bien évidemment sous-entendu qu'il ne voulait pas le voir monter prendre de ses nouvelles. Il était peut-être même au fond de son lit, misérable et trop épuisé pour aller ouvrir la porte. Castiel n'aimait définitivement pas l'image que cela faisait naître dans sa tête. Il aurait pu partir s'il avait été sûr que Sam était là pour veiller sur son frère. Mais il était presque sûr que ce n'était pas le cas. Il hésita une seconde puis finit par couper le moteur. Dean allait sans doute protester. Il allait peut être même lui crier dessus et exiger de lui qu'il s'en aille. Mais Castiel ne se laisserait pas faire. Personne ne devait rester seul dans ces circonstances. Et si Dean avait besoin de quelqu'un pour le soigner, Castiel était partant. Après tout, c'était aussi ce qu'un ami ferait.
Il rangea son téléphone dans sa poche puis verrouilla la voiture et pénétra dans l'immeuble. Il grimpa à l'étage avant d'aller frapper à la porte de l'appartement de Dean. Il recula ensuite d'un pas et se prépara à se faire disputer.
Il entendit des bruits de pas qui se rapprochaient. Ils semblaient trainants. Castiel pouvait déjà deviner la fatigue du jeune prostitué avant même de l'avoir vu. Il en eut la confirmation quand Dean ouvrit finalement la porte.
Il avait un plaid sur les épaules, la trace de son oreiller sur la joue, les paupières gonflées, les yeux fiévreux et le nez rouge. Il était évident qu'il était bien malade. Castiel eut un pincement au cœur en le voyant. Ce fut pire encore quand Dean fut pris d'une quinte de toux qui dura de longues secondes. Castiel grimaça en l'écoutant. Ca semblait douloureux.
- Cas … tu n'as pas eu mon message ? Je suis malade. Je ne vais pas aller travailler dans cet état. Je suis désolé que tu sois venu pour rien mais tu peux rentrer chez toi et prendre ta journée.
Dean avait la voix rauque de quelqu'un qui souffrait clairement de la gorge. Il tremblait légèrement. Il semblait à la fois frigorifié et en sueur. Il avait de la fièvre. Castiel ne pouvait définitivement pas le laisser seul dans cet état. Il n'était pas en danger mais il était trop faible pour s'occuper de lui. Il avait besoin que quelqu'un veille sur lui.
- Je sais que tu ne vas pas aller travailler comme ça et même si tu le voulais, je t'en empêcherais. Mais tu ne vas pas bien et je pense qu'il serait préférable que quelqu'un reste avec toi aujourd'hui.
Dean toussa à nouveau avant de déglutir avec difficulté. Castiel était partagé entre la compassion et le besoin presque irrésistible d'envelopper Dean dans ses bras et de le bercer jusqu'à ce qu'il se rendorme à nouveau. Il n'était toutefois pas sûr que le jeune prostitué apprécierait. Il semblait déjà agacé de le voir là.
- C'est juste une bonne grippe Cas. Je n'ai pas besoin qu'on reste avec moi. Je suis grand tu sais. J'ai déjà été malade. Je gère.
Castiel le regarda une seconde. Il remarqua alors quelque chose qu'il n'avait pas vu jusque-là. Dean portait des lunettes. C'était la première qu'il le voyait avec. Il devait sans doute opter pour des lentilles de contact quand il travaillait. Mais ses yeux étaient probablement trop douloureux aujourd'hui pour les porter. Cela le rendait plus adorable encore. Un peu sexy. Même dans son état.
- Est-ce que Sam est là ? Et si non, est-ce qu'il a prévu de rentrer bientôt ? demanda t-il finalement.
Dean soupira en secouant la tête.
- Sam est à l'université parce que ses études sont importantes et il ne rentrerait que lorsqu'il aura fini sa journée … soit ce soir, probablement après huit heures. Mais une nouvelle fois, je n'ai pas besoin que mon petit frère veille sur moi parce que j'ai la grippe. Je ne suis plus un enfant. Alors merci d'être venu t'assurer que j'étais toujours en vie mais si tu le permets, je vais te demander de rentrer chez toi et retourner me coucher.
Castiel aurait pu accepter. Il était évident que Dean n'avait pas vraiment envie de le laisser entrer. Mais il était également convaincu que le jeune prostitué avait réellement besoin de quelqu'un. Il finirait très certainement pas regretté d'avoir laissé partir Sam puis Castiel. Ce dernier allait donc devoir insister.
- Est-ce que tu es allé voir un médecin ? Il pourrait te donner quelque chose pour t'aider à guérir plus vite.
- J'ai la grippe Castiel. Tu sais aussi bien que moi que les antibiotiques ne sont pas nécessaires dans ce cas-là. Je ne vais pas perdre mon temps à aller voir un médecin pour m'entendre dire qu'il ne peut rien pour moi et que j'ai juste besoin de repos. Je préfère nettement rester au chaud chez moi à dormir.
Castiel devait reconnaître que le jeune prostitué avait raison sur ce point. Mais cela ne l'empêchait d'être inquiet pour lui. Pas parce qu'il avait peur que cela soit plus grave que ce que Dean pensait mais parce qu'il était évident que le jeune prostitué était misérable. Castiel refusait de le laisser souffrir s'il pouvait faire quoi que ce soit pour le soulager.
Il tendit la main et la posa rapidement sur le front de Dean. Il était brûlant. Il avait de la fièvre. Il ne s'était donc pas trompé. Il avait besoin de s'hydrater. Besoin de manger quelque chose même s'il n'en avait pas envie. Il avait besoin que quelqu'un s'assure qu'il ne manque de rien. C'était décidé. Il allait rester. Que Dean le veuille ou non.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda le jeune prostitué quand Castiel retira sa main de son front et entra dans l'appartement sans lui en demander la permission.
- Je vais rester avec toi aujourd'hui. Tu es malade. Tu as de la fièvre et tu as l'air trop fatigué pour t'occuper de toi. Tu peux me crier dessus ou m'insulter si cela te fait plaisir mais je vais rester. Que tu le veuilles ou non.
Il avait compris avec le temps que Dean avait besoin, parfois, qu'on lui impose les choses sans lui demander son avis. Cela s'appliquait surtout quand il était question de sa santé ou de sa sécurité. C'était la seule manière d'obtenir de lui qu'il coopère. Il protestait et pouvait se montrer récalcitrant. Mais il finissait toujours pas céder.
- Je pourrais appeler la police tu sais. Tu n'as pas le droit de me forcer comme ça. C'est chez moi ici et je t'ai demandé de partir.
Castiel rit une seconde. Il n'était pas surpris que Dean le menace d'appeler la police et non pas Ellen. Il devait savoir que sa patronne approuverait très certainement la décision de Castiel.
- Non, tu ne vas pas appeler la police. Ne sois pas ridicule. Je te promets d'être discret. Je vais juste veiller à ce que tu t'hydrates et à ce que tu avales quelque chose.
- Je n'ai pas faim.
- Ne fais pas l'enfant Dean. Va t'allonger et laisse moi m'occuper de tout.
Pour donner plus de poids encore à ce qu'il venait de dire, Castiel retira son manteau et ses chaussures. Il signifiait ainsi à Dean qu'il ne repartirait pas. Que rien ne pourrait le convaincre de l'abandonner dans son état. Il fut soulagé quand il entendit le jeune homme soupirer longuement dans son dos. Il était agacé mais il n'allait pas continuer à se battre. Il n'en avait de toute façon clairement pas l'énergie.
- C'est idiot tu sais. Tu serais payé même si tu rentrais chez toi. Tu n'as pas besoin de t'occuper de moi pour ça.
Castiel savait que Dean ne disait pas ça méchamment. Il était juste fatigué, fiévreux et vexé. Il ne pensait pas ce qu'il venait de dire. Mais c'était tout de même blessant qu'il puisse parler d'argent quand le jeune chauffeur s'en contrefichait complétement. Ce n'était pas du tout ce qui l'avait motivé à monter le voir. Il n'y avait pas pensé une seule seconde.
- Je ne fais pas ça pour l'argent. Tu me connais mieux que ça. Je le fais parce que je suis ton ami et que personne ne devrait être seul quand il est malade. Je le fais parce que tu en as besoin et parce que quelque chose me dit que tu en ferais de même si les rôles étaient inversés. Alors tu peux continuer à protester et perdre le peu d'énergie que tu as à me combattre ou tu peux accepter que je sois là et me laisser m'occuper de toi. Je sais que tu n'aimes pas l'idée qu'on puisse vouloir t'aider mais c'est comme ça.
Dean soupira à nouveau pour marquer son grand agacement avant de passer à côté de Castiel et de prendre la direction du salon. Le jeune chauffeur le suivit et sourit en le voyant se laisser tomber sur le canapé. Il y avait plusieurs paquets de mouchoirs sur la table basse et un oreiller sur l'accoudoir. Le son de la télévision avait été coupé.
- Je préfère te prévenir tout de suite. Je suis un patient exécrable. Je suis particulièrement désagréable quand je suis malade. Et je ne vais sans doute pas être tendre avec toi. Tu peux encore renoncer bien sûr. Il n'est pas trop tard pour rentrer chez toi.
- Dean, allonge toi. Je vais aller te préparer quelque chose à manger et tu me feras le plaisir d'essayer d'avaler au moins quelques bouchées. Tu vas également boire un grand verre d'eau. Tu as de la fièvre et tu risques de te déshydrater en transpirant comme ça.
Il se souvenait avoir été aussi malade que Dean par le passé. Et il tenait tous ces conseils de sa mère et de Gabriel. C'était ce qu'eux faisaient pour lui quand il n'allait pas bien. Heureusement pour eux, il était bien plus coopératif que Dean. Il ne protestait pas et les laissait s'occuper de lui. Il aimait même plutôt ça. Cela lui rappelait qu'il était aimé.
- Je te l'ai dit. Je n'ai pas faim, protesta le jeune prostitué.
Castiel n'en tint pas compte et se dirigea aussitôt vers la cuisine. Dans son état, Dean ne pouvait pas avaler quoi que ce soit de solide. Une bonne soupe en revanche pourrait lui faire du bien. Mais Castiel n'était pas sûr de pouvoir trouver ce dont il avait besoin dans les placards. Il n'était pas un très bon cuisinier. Et il doutait de pouvoir faire quoi que ce soit de comestible. Il aurait été préférable qu'il aille chercher quelque chose au magasin. Mais il savait que Dean ne le laisserait jamais rentrer à son retour. Il allait devoir faire avec ce qu'il avait sous la main.
Il ouvrit le frigo en quête de quelque chose et il sursauta quand Dean reprit la parole depuis le salon.
- Il y a de la soupe dans le congélateur si c'est ce que tu cherches. Je ne sais pas ce que tu avais en tête mais crois-moi, je refuserais de manger quoi que ce soit d'autre. Il te suffit de la faire réchauffer au microonde quelques minutes. Essaie de ne pas mettre le feu à ma cuisine d'accord ?
Castiel sourit en ouvrant la porte du congélateur. Comme Dean le lui avait dit, il y avait effectivement un tupperware de soupe à l'intérieur. Il le sortit et le plaça dans le microonde. Alors qu'il attendait que la soupe chauffe, il regarda autour de lui. Il avait déjà été dans la cuisine avec le jeune prostitué. Il s'y était déjà senti à l'aise. Mais c'était plus flagrant encore maintenant qu'il était actif. Il avait beau ne pas savoir où chaque choses se trouvaient, il se sentait tout de même à sa place ici. C'était difficile à expliquer. Cela le remplissait d'un bien être qu'il avait rarement connu avant. Il ne voulait pas trop s'attarder dessus mais il appréciait tout de même cette sensation.
Le microonde finit par biper lui indiquer que la soupe était prête. Castiel la sortit et la transvasa dans un bol. Il prit également une cuillère avant de rejoindre Dean dans le salon.
Le jeune homme était allongé sur le canapé, couvert par son plaid et la tête sur son oreiller. Il avait posé ses lunettes à côté de son téléphone sur la table basse. Il avait les mains jointes au niveau de son menton et les jambes visiblement repliées pour que tout son corps soit couvert.
Castiel ne put s'empêcher de le trouver absolument adorable. Bien sûr, il ne lui aurait pas dit. Dean aurait probablement protesté. Personne n'était réellement à son avantage ainsi malade. Castiel trouvait toutefois que Dean resait attirant. Mignon et pratiquement irrésistible. Castiel secoua la tête pour chasser ses pensées inappropriées avant de s'approcher du canapé où le jeune prostitué était.
- Redresse toi une minute. Tu vas avaler cette soupe et tu pourrais ensuite dormir.
- J'ai pas envie.
- Peu importe. Tu vas faire ce que je te dis. Ou j'appelle ton frère … et Ellen.
Dean se redressa en marmonnant quelque chose que Castiel ne comprit pas mais qui était probablement une insulte quelconque. Il ne le releva pas et attendit patiemment que Dean soit assis pour prendre place à côté de lui. Il posa ensuite le bol de soupe sur ses cuisses et lui tendit la cuillère. Dean la prit d'une main qui tremblait.
- Désolé mais je ne comprends toujours pas ce que tu fais ici. Tu pourrais profiter de ta journée pour faire n'importe quoi d'autre plutôt que d'être enfermé ici avec moi. Je ne vais pas être de bonne compagnie dans mon état. Franchement, c'est stupide.
Castiel aurait effectivement pu rentrer chez lui et profiter de son temps libre pour dessiner et compléter son book. Mais il préférait de loin rester avec le jeune prostitué. Il appréciait sa compagnie, même quand il était aussi grincheux. Et il se sentait bien plus utile ici que chez lui.
- Ecoute Dean … à chaque fois que j'ai été malade … que ce soit enfant, adolescent ou adulte, quelqu'un est toujours resté avec moi. Ca a été ma mère quand j'étais petit puis mon frère une fois plus grand. Et tu sais quoi ? J'ai aimé qu'ils me tiennent compagnie. J'ai apprécié qu'ils me proposent leur aide. Peut être que tu n'as pas l'habitude toi mais je sais que c'est important. Je ne me sentirais pas bien si je partais maintenant. Donc si tu n'acceptes pas mon aide pour toi, fais le pour moi. Dis-toi qu'en me poussant à partir, tu vas également me pousser à m'inquiéter toute la journée et à m'en vouloir.
En inversant ainsi les rôles et en suggérant à Dean qu'il faisait une faveur à Castiel, ce dernier savait qu'il avait une chance de le convaincre d'accepter pour de bon. C'était la grande faiblesse du jeune prostitué. Il faisait toujours en sorte de donner à ses proches ce dont ils avaient besoin. Ce dont ils avaient envie. Et cette fois ne fit pas exception.
- Ok, tu peux rester mais c'est seulement parce qu'il est évident que tu te sentiras trop coupable si je te mets dehors. Et que je détesterais te savoir chez toi à t'inquiéter pour moi sans raison. Parce que je suis peut être malade mais je ne suis pas mourant. Et je suis parfaitement capable de m'occuper de moi-même.
- Je n'en doute pas et je te remercie.
Dean haussa alors les épaules avant de commencer à manger. Castiel le regarda faire, amusé et soulagé. Ce n'était pas comme ça qu'il avait imaginé sa journée mais il était presque sûr qu'il allait l'apprécier. Il aimait être avec Dean. Il aimait passer du temps en sa compagnie. C'était même pus agréable encore que lorsqu'il devait le conduire d'un rendez vous à un autre. Ici, il était avec le vrai Dean. Et Castiel avait l'opportunité de découvrir encore une nouvelle facette de sa personnalité. C'était une chance qu'il savait apprécier à sa juste valeur.
Dean détestait être malade. Il n'aimait pas se sentir faible et vulnérable. Il n'aimait pas aller chez le docteur. Et il redoutait plus que tout les hôpitaux. Il se souvenait être allé voir sa mère juste avant qu'elle ne meurt. Il se souvenait de l'odeur de mort qui y régnait. Des médecins aux regards compatissants. Des infirmières et infirmiers épuisés par le nombre de patients et leur charge de travail. Il se souvenait du regard vide des familles qui attendaient qu'on leur annonce la nouvelle de la mort de l'un de leurs proches. Les pleurs de certains. Les cris des autres. Il se souvenait que son père lui tenait la main alors qu'ils regardaient Mary rendre son dernier souffle. Il se rappelait parfaitement le bip de la machine qui contrôlait les battements de cœur de sa mère. Dean en avait fait des cauchemars pendant des années. Il lui arrivait encore d'en faire, dix huit ans plus tard.
Quand son père avait été conduit à l'hôpital, Dean était venu le voir. Malheureusement, il était arrivé trop tard. John était déjà mort. Il l'était probablement à son arrivée mais personne n'avait jugé bon de l'en avertir avant qu'il ne soit sur place. Il avait vu son corps inanimé sur une table en métal. Ca avait été plus court. Il n'y avait eu aucune attente. Aucun bip de machine. Rien d'autre qu'un silence de mort qui avait réveillé ses souvenirs de Mary. Les cauchemars avaient recommencé de plus belle. Il avait mis plusieurs mois à s'en débarrasser.
Dean avait toujours fait en sorte d'éviter les hôpitaux après ça. Peu importait qu'il souffre ou qu'il se sente vraiment malade. Il préférait encore tenter de se soigner par lui-même que d'aller dans un endroit où il avait vu deux de ses proches mourir.
Quand il sentit les premiers signes de sa grippe, il le garda pour lui. Il commençait à être courbatu et sa gorge le démangeait. Mais il préférait mettre cela sur le compte de sa fatigue et du travail. Il ne put toutefois pas l'ignorer très longtemps.
La nuit qui suivit les premiers symptômes, il se réveilla avec de la fièvre. Il commença à tousser et sa gorge était atrocement douloureuse. Il avait également un sérieux mal de crâne. Il était malade. Il était temps pour lui de l'accepter. Il refusait toutefois d'aller voir le médecin. Il était convaincu qu'il s'agissait d'une simple grippe. Elle se guérirait seule avec un peu de repos.
Sam lui ordonna de rester à l'appartement quand il le vit le lendemain. Dean aurait bien sûr préféré aller travailler mais il était contagieux et dans son état, il n'était pas vraiment attirant. Il n'avait même pas réussi à mettre ses lentilles de contact. Il ne donnerait envie à personne comme ça. Il accepta donc de prendre sa journée. Il refusa en revanche que Sam reste avec lui. Il devait aller à l'université. Ses études étaient importantes et Dean avait sacrifié beaucoup pour qu'il puisse les mener à bout. Il ne le laisserait pas manquer un seul jour pour lui. Surtout pas quand il pouvait parfaitement se débrouiller seul.
Il se coucha sur le canapé dès que Sam fut parti. Il alluma la télévision mais le son lui agressait les oreilles et alimentait sa migraine. Il le coupa donc et s'enveloppa dans un plaid en espérant parvenir à s'endormir.
Il fut réveillé par le bip de son téléphone. Quand il regarda le message, il réalisa qu'il avait oublié de prévenir Castiel. Il lui répondit donc de façon succincte avant de jeter son portable sur la table basse et de remonter son plaid jusqu'à son coup pour combattre les frissons qui parcouraient l'ensemble de son corps.
Il sursauta quand il entendit quelqu'un frapper à la porte. Il regretta de s'être levé et d'être allé ouvrir quand il vit qu'il s'agissait de Castiel. De toute évidence, il était venu voir comment il allait. Dean ne voulait pas qu'il le voit dans cet état. Il se sentait mal et il ne ressemblait probablement pas à grand-chose. Il avait ses lunettes sur le nez, les cheveux en bataille, les yeux fiévreux et le front couvert de sueur. Il n'avait pas eu le courage de prendre une douche. Il devait être repoussant.
Castiel insista pourtant pour rester et lui tenir compagnie. Dean tenta de l'en dissuader. Il n'avait pas besoin qu'on veille sur lui. Il était en sécurité chez lui et il avait juste la grippe. Il n'était pas en danger de mort. Castiel ne le laissa toutefois pas le convaincre de partir. Il avait des arguments que Dean n'écouta que d'une oreille. Il tenait à peine debout et il n'avait pas la force de débattre avec lui. Il finit donc par abandonner. Si Castiel voulait rester, il ne pourrait pas l'en empêcher.
Il était difficile pour lui d'accepter que le jeune chauffeur puisse le voir aussi vulnérable et faible. Il aimait donner l'image de quelqu'un que rien ne peut atteindre. Même à ses amis. IL aurait réagi de la même manière si c'était Charlie qui s'était présentée chez lui. Il aurait cherché à la mettre dehors de la même façon. Elle ne se serait d'ailleurs probablement pas laissé faire non plus.
Il retourna s'installer sur le canapé et se couvrit avec son plaid. Il avait envie de dormir. Il avait envie d'oublier qu'il était malade et de se réveiller guéri et en pleine forme. Il ne voulait pas parler.
Mais Castiel était dans la cuisine et semblait chercher quelque chose à lui faire manger. Dean aurait pu le laisser fouiller ses placards pour lui donner une leçon. Mais le bruit renforçait sa migraine. Et maintenant que le jeune chauffeur avait parlé de lui faire manger quelque chose, il avait envie de la soupe qui se trouvait dans le congélateur. C'était la même recette que sa mère avait faite à chaque qu'il était malade quand il était enfant. La même qu'il avait préparé pour Sam à chaque fois qu'il n'était pas en forme. C'était un réconfort dont il avait bien besoin à cet instant précis. Il l'indiqua donc à Castiel et se redressa finalement quand ce dernier lui apporta son bol.
Manger était une vraie torture. Dean avait la sensation que sa gorge était littéralement en feu. IL avait du mal à déglutir. Mais chaque bouchée lui faisait du bien. Elle lui rappelait une époque où il était insouciant et où il avait encore ses deux parents. Une époque où la maladie n'était pas forcément synonyme de mort dans son esprit.
Il pouvait sentir le regard de Castiel sur lui. Il savait que son ami était là pour l'aider. Qu'il ne cherchait pas à l'embêter. Juste à s'assurer qu'il s'occupait correctement de lui. Il avait de bonnes intentions. Et Dean s'en voulait un peu d'avoir été aussi dur avec lui à son arrivée. Castiel ne méritait pas ça. Pas quand il se montrait aussi gentil avec lui.
- Tu avais raison. Ca fait du bien de manger, souffla t-il entre deux bouchées.
Il vit Castiel sourire du coin de l'œil. Il se sentait alors obligé de lui en dire plus.
- Cette soupe … c'était la recette de ma mère. Elle la préparait à chaque fois que j'étais malade quand j'était petit. Elle prenait toujours sa journée pour rester avec moi et elle me la préparait pour que je me sente mieux. C'était un rituel que j'ai choisi de continuer pour Sam. Il n'a pas connu notre mère. Il avait quatre mois quand elle est morte et … je me suis toujours dit qu'en faisant comme elle, il aurait la sensation qu'elle était toujours un peu là.
Il n'avait pas prévu de s'ouvrir ainsi mais les mots lui avaient échappé. C'était quelque chose qui arrivait souvent quand il était avec Castiel. Ce n'était pas uniquement du au fait qu'il était fatigué. Il ressentait la même chose à chaque fois. Le jeune chauffeur le mettait à l'aise et sans rien faire ou dire, il parvenait à le convaincre que se confier était une bonne chose. Il ne savait pas trop quelle conclusion en tirer pour le moment.
- C'est pour ça que j'ai insisté pour que ce soit cette soupe et pas autre chose. Je ne doute pas que tu aurais été capable de préparer quelque chose … j'avais juste besoin que … ce soit ça.
- Tu surestimes clairement mes capacités en cuisine. Si tu n'avais pas eu cette soupe au congélateur, tu aurais probablement mangé du pain. Je suis incapable de faire quoi que ce soit de comestible.
Dean sourit, amusé. Castiel était drôle. Il était doux et incroyablement gentil. Il était compréhensif et absolument pas rancunier. Il était absolument parfait. Dean s'en rendait un peu plus compte jours après jours. Et si cela compliquait la situation pour lui, à cet instant précis, c'était exactement ce dont il avait besoin.
Il termina sa soupe puis reposa le bol sur la table basse. Il se rallongea ensuite et donna la télécommande de la télévision à Castiel. S'il restait alors que le jeune prostitué dormait, il méritait d'avoir au moins quelque chose pour l'occuper. Dean s'en voulait déjà suffisamment de le priver d'une journée qu'il aurait pu utiliser pour faire quelque chose d'agréable.
Il tenta de trouver une position confortable mais c'était difficile avec Castiel à l'autre bout du canapé. Il ne pouvait pas étendre ses jambes. Et son oreiller était trop dur. Il avait mal à la nuque et la sensation que son cerveau battait à l'intérieur de son crâne. Il se tourna sur le dos mais ce n'était pas mieux. Il rouvrit alors les yeux et jeta un coup d'œil à Castiel.
Il regarda la télévision mais Dean pouvait sentir qu'il le surveillait toujours. Le jeune prostitué hésita alors à retourner au lit. Il serait certainement bien dans sa chambre, sous ses couvertures et sans le bruit de la télévision pour l'agacer. Mais cela signifiait laisser Castiel seul. Il avait confiance en lu bien sûr. Ce n'était pas ça le problème. Il ne voulait juste pas l'abandonner. Il se redressa et réfléchit une seconde.
Il finit par avoir une idée brillante. Il n'était toutefois pas sûr que le jeune chauffeur apprécie. Il avait néanmoins tenu à être là et lui avait assuré qu'il ferait tout pour qu'il se sente mieux. Il allait donc devoir accepter de jouer le rôle de l'oreiller.
- On est d'accord sur le fait que tu es là pour m'aider non ?
Castiel tourna le visage vers lui, les sourcils froncés. Il ne semblait pas comprendre où le jeune prostitué voulait en venir mais il hocha tout de même la tête.
- Parfait alors tu vas me servir d'oreiller. Et tu ne te plaindras pas … même quand ta cuisse s'engourdira. Si tu me réveilles alors que j'ai réussi à m'endormir, je ne serais vraiment pas content. C'est compris ?
Castiel hocha la tête à nouveau. Cette fois, il souriait. Il semblait content de voir que Dean acceptait son aide. Qu'il ne cherchait plus à le repousser. Le jeune prostitué ne soutint pas son regard trop longtemps. Il n'aimait pas la sensation que cela créait dans son estomac.
Il se rallongea et cette fois, posa la tête sur la cuisse de Castiel. C'était bien mieux ainsi. Il pouvait étendre ses jambes par-dessus l'accoudoir. Installé sur le dos, il était parfaitement confortable. Mais il avait également conscience de sa proximité avec l'entrejambe de Castiel et le fait que cette position le forçait à ne voir que le jeune chauffeur. Ce fut pire encore quand ce dernier posa la main sur son ventre. C'était par-dessus le plaid et son tee shirt. C'était un geste parfaitement innocent. Mais c'était également intime et sans doute plus le comportement d'un petit ami que d'un ami. Dean ne s'endormirait jamais comme ça. Pas avec l'odeur de Castiel qui emplissait ses narines et le poids de sa main sur son ventre. Ce n'était peut être pas une idée aussi brillante que ça. Il ne pouvait toutefois pas reculer maintenant. Castiel sentirait aussitôt son malaise et poserait des questions. Dean ne voulait surtout pas avoir à lui expliquer.
- Ca va mieux comme ça ? demanda Castiel en lui souriant.
Dean aurait pu se perdre dans son regard. Dans le bleu absolument incroyable de ses yeux. Il aurait pu passer des heures à étudier son visage. A en dessiner mentalement les contours. Mais il refusait de s'aventurer sur un terrain aussi dangereux.
- Je suis toujours malade mais au moins je suis à l'aise.
- Personne n'aime être malade Dean. Mais tout le monde l'est un jour ou l'autre. Et je ne sais pas ce que tu imagines mais rassure toi … ce n'est pas parce que je t'ai vu dans cet état que mon opinion de toi va changer.
C'était en partie ce que Dean redoutait. Mais ce n'était pas son principal problème. Et il avait envie que Castiel comprenne. Il avait envie de lui expliquer pourquoi il détestait autant être malade. Ce n'était pas seulement une question d'image.
- Je sais que tu … tu ne te serviras pas de mon état aujourd'hui pour te moquer de moi demain mais … je déteste être malade. Pas juste parce que ça me donne la sensation d'être un boulot mais aussi … et surtout d'ailleurs parce que je … depuis que j'ai vu ma mère tomber malade du jour au lendemain et mourir en seulement quatre petits mois sans que personne ne puisse rien faire pour l'arrêter. Et je sais que je ne suis pas mourant. Je sais que j'ai juste une vilaine grippe mais … à chaque fois que je tombe malade je pense à elle. Les premiers jours, c'était … elle était juste fatiguée. Elle pensait ne rien avoir de grave. Elle n'est même pas allée voir le médecin. Mais ça ne s'est pas arrangé et rapidement, elle n'avait plus la force de se lever le matin. Elle a fini par faire des examens. C'était déjà trop tard.
Castiel commença doucement à lui caresser le ventre et Dean ferma les yeux une seconde pour apprécier le geste. Ce n'était pas destiné à le séduire. Le jeune chauffeur voulait juste le réconforter. Et Dean en avait bien trop besoin pour réfléchir aux conséquences que cela pourrait avoir ensuite.
- Si tu es vraiment inquiet Dean, je peux te conduire chez le médecin. Je peux même te conduire à l'hôpital. Tu as peut être juste besoin de t'entendre dire que ce n'est rien. Que tu es en parfaite santé.
Le jeune prostitué secoua aussitôt la tête en rouvrant les yeux.
- Non, je … les hôpitaux me terrifient Cas. Les docteurs aussi. Je les évite autant que possible. Je … quand j'y vais, j'ai toujours l'impression que je n'en ressortirais jamais … comme ma mère. Je peux te promettre que je me sens bien mieux ici et avec toi. Je sais que je ne vais pas mourir. Mais être malade réveille des souvenirs douloureux auxquels je n'aime pas penser. C'est tout.
Castiel sembla comprendre et n'insista pas. Dean en fut considérablement soulagé. Sam savait tout ça. Jamais il n'insistait pour l'emmener consulter un quelconque docteur. Lui aussi détestait les hôpitaux. S'il ne se souvenait pas d'avoir été là à la mort de leur mère, il se souvenait parfaitement du jours où ils étaient venus pour leur père. Et il était au moins aussi terrifié que Dean par les hôpitaux.
- D'accord Dean. Je comprends. Mais tu devrais essayer de dormir. Je suis sûr que tu te sentiras mieux ensuite.
Le jeune prostitué aurait aimé en être capable. Mais entre la fièvre, les courbatures et la proximité de Castiel, il ne parvenait pas à s'endormir. Il hocha toutefois la tête avant de se tourner sur le côté pour poser les yeux sur la télévision. La main de Castiel passa de son ventre à ses hanches et Dean l'apprécia tout en faisant de son mieux pour l'ignorer.
- Il n'y a rien de bien passionnant à cette heure ci à la télévision. Et si toutefois tu avais envie de faire autre chose … du genre … autrement que de veiller sur moi, tu peux toujours partir. Je ne t'en voudrais pas.
- Je crois que je vais rester ici. Je détesterais avoir à te priver de ton oreiller. Et puis tu es bien trop adorable avec tes lunettes pour que je me prive de cette vision. Je ne savais même pas que tu en portais.
Dean grimaça. Il détestait ses lunettes. Dès qu'il avait pu opter pour des lentilles, il l'avait fait sans hésiter. Mais ses yeux étaient bien trop douloureux ce matin pour essayer. Et sans ses lunettes, il ne parvenait pas à voir la télévision.
- Je suis myope si tu veux tout savoir. Mais je trouve qu'elles me donnent l'air trop … sérieux. Je ne les porte presque jamais. Et si tu te moques de moi à cause d'elles, je peux te garantir que tu me le paieras tôt ou tard.
- Je t'ai dit que je les trouvais adorable. Tu as l'air d'un … bibliothécaire sexy avec.
Dean rit une seconde avant de réaliser que Castiel avait effectivement dit qu'il le trouvait adorable. Deux fois. Mais il cherchait probablement à faire une plaisanterie. Pour détendre l'atmosphère après que le jeune prostitué ait parlé de la mort de sa mère. Il n'y avait rien de plus à tirer de ses propos.
- Si tu veux mon avis, tu regardes trop de pornos. Ca n'existe pas dans la vraie vie les bibliothécaires sexy. Mais si c'est ton truc, je ne te juge pas.
- Peut être que tu devrais fréquenter plus souvent les bibliothèque Dean. Tu serais étonné.
Dean rit à nouveau, amusé. Il était tellement facile de plaisanter ainsi avec Castiel. Cela lui semblait tout aussi naturel que de le faire avec Sam ou Charlie. Dean n'aurait jamais pensé pouvoir être aussi bien avec quelqu'un qu'il ne connaissait que depuis quelques semaines. Mais Castiel avait ce don de se faire apprécier et accepter sans problème. C'était peut être juste du au fait qu'il était quelqu'un de bien.
- Tu sais j'allais te remercier d'être resté et de m'avoir forcé à l'accepter mais si c'est pour t'entendre te moquer de moi et de mes lunettes … ou me contredire sur ce que je dis alors … peut être que je vais attendre encore un peu pour te remercier.
Castiel rit à son tour et Dean ferma les yeux pour apprécier ce son. Plus il passait de temps avec Castiel et plus il appréciait de nouvelles choses chez lui. Il était en tout point parfait. Dean aurait aimé que cela ne soit pas le cas. Ca aurait plus simple pour lui.
- C'est toi qui crois à tort que je me moque de toi. Je n'ai rien dit dans ce sens. Et franchement, je suis un peu vexé que tu puisses me croire capable de me moquer de quelqu'un clairement en état de faiblesse.
- Je ne suis en état de faiblesse. Je suis juste malade. Attends que je sois guéri et je te le prouverais.
- Si tu le dis Dean. Maintenant, dors.
- Tu n'as pas d'ordre à me donner. Je fais ce que je veux.
Castiel ne répondit pas et se contenta de retirer sa main de sa hanche pour la poser sur sa joue. Dean sentit alors un frisson lui parcourir la totalité du corps. Un frisson qui n'avait strictement rien à voir avec la fièvre. Heureusement pour lui, Castiel ne pouvait pas le savoir. Il ferma finalement les yeux alors que le jeune chauffeur caressait doucement sa joue du bout des doigts. C'était parfait. Sans doute ce que n'importe qui à sa place aurait voulu en se réveillant aussi malade. Mais pour Dean, c'était avant tout une mauvaise nouvelle. Parce qu'il savait parfaitement ce que cela signifiait. Il n'était pas stupide. Il pouvait se voiler la face autant qu'il le voulait, il était évident que l'effet que Castiel avait sur lui ne pouvait avoir qu'une seule explication. Il refusait juste de l'admettre. Ca ne l'empêchait pas de le savoir.
Il ne lutta pas quand le sommeil l'emporta finalement. Il se sentait bien. A l'aise. En sécurité. Choyé et apprécié. Il savait qu'il le devait à Castiel. Il le regretterait probablement dès qu'il irait mieux mais pour le moment, il avait juste envie d'apprécier ce moment. De profiter de la gentillesse du jeune chauffeur. De prétendre qu'il n'avait pas à craindre ce qu'il commençait à ressentir. Que ses sentiments n'étaient pas trop forts et trop intenses pour le genre de relation qu'ils étaient en droit d'avoir. Il voulait faire comme si. C'était probablement juste « reculer pour mieux sauter ». Mais il était malade. Il était épuisé et il n'avait pas la force de lutter. Il ferait le point quand il irait mieux. Il prendrait le temps d'analyser ce qui venait de se passer. Pour le moment, il voulait juste dormir. Et laisser Castiel veiller sur lui pendant son sommeil.
