Bonjour
Je suis de retour à la publication. Cette semaine m'a fait du bien. J'ai lu vos messages et je vous remercie pour chacun d'eux. Jre ne vous ai pas répondu mais ils m'ont touché.
Voici donc le chapitre 17. Il n'a pas été corrigé donc pardonnez les fautes qui s'y trouveront.
Bonne lecture et encore merci de m'être fidèle malgré tout.
A jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Breaking the habit de Linkin Park
Chapitre 17 : Solitude et sentiments
« La tristesse vient de la solitude du cœur. »
Montesquieu
Dean ne croyait pas aux coups de foudre. Il n'était même pas vraiment sûr de croire en l'amour. Il ne doutait pas que son père et sa mère s'étaient aimés de toutes leurs forces. Que Sam avait des sentiments amoureux pour Jess même s'il n'osait toujours pas l'aborder. Dean savait qu'ils étaient sincères et qu'ils pensaient tous vraiment avoir trouvé leur âme sœur. Mais il n'était toutefois pas sûr que l'amour existait vraiment. L'affection oui. Celle qu'on pouvait avoir pour ses proches et sa famille. Il se demandait toutefois régulièrement si ce sentiment n'était pas uniquement ce que les humains avaient inventés pour ne pas finir leur vie seul. Peut être était ce simplement leur peur de la solitude qui les avait poussé à croire ainsi à l'amour avec un grand A. Dean n'était pas sûr de son côté d'avoir la même foi inébranlable en quelque chose qu'il ne parvenait pas vraiment à comprendre.
Et si parfois, il avait envie de croire en l'amour parce que cela l'aidait à expliquer pourquoi son père ne s'était jamais réellement remis de la mort de sa mère et avait choisi de les délaisser pendant de nombreuses années, il était toutefois convaincu de ne pas croire au coup de foudre. Il l'avait lu dans des livres et l'avait vu dans les séries stupides qu'il aimait tant. Mais il savait qu'il ne s'agissait là que de fictions créées pour faire rêver les lecteurs et les téléspectateurs. Il n'imaginait pas une seule seconde tomber ainsi amoureux en quelques secondes à peine. Il trouvait même cela risible.
Et s'il ne comptait pas changer d'avis sur ce point, il commençait tout de même à se poser des questions. Et toutes tournaient inévitablement autour de Castiel. Dean ne s'était jamais senti aussi bien que depuis que le jeune chauffeur partageait son quotidien. Il souriait plus. Riait beaucoup. Il ne s'inquiétait plus autant. Il était optimiste. Il se sentait soutenu et considéré. Il se sentait merveilleusement bien. Et il savait parfaitement qu'il le devait essentiellement à Castiel.
Comment pouvait-il avoir un tel impact sur sa vie après seulement quelques semaines ? Comment pouvait-il s'être fait un place aussi importante aussi rapidement dans son existence ? Dean pouvait les ignorer éternellement mais il savait qu'il avait développé des sentiments pour Castiel. Et il était incapable de les définir. De mettre des mots sur tout ce que le jeune chauffeur lui faisait ressentir. Pouvait-il avoir eu le coup de foudre pour lui ? L'avait-il seulement ignoré au début parce qu'il était déterminé à le faire fuir ? Cela lui semblait ridicule. Mais c'était pourtant la seule explication qu'il voyait à tous les changements qui s'étaient opérés dans sa vie ces derniers temps. C'était presque comme si Castiel avait rendu tout ce que Dean connaissait plus intéressant. Plus drôle. Plus joyeux. Comme si les couleurs autour de lui étaient plus vives. Comme s'i n'était plus vraiment le même sans avoir pour autant l'impression d'avoir changé radicalement.
Il pouvait continuer à s'interroger sur tous ces points pendant des heures entières. Il doutait de trouver une explication satisfaisante. Peut être avait-il eu tort jusque là de ne pas croire au coup de foudre. Peut être était il en train d'en vivre un. Il n'étai définitivement pas prêt à l'admettre. Il choisit donc de ne pas trop se poser de questions et de profiter du moment sans chercher à l''expliquer à tout prix.
Il savait d'expérience que la vie avait tendance à vous retirer ce qui vous rendait heureux du jour au lendemain et sans le moindre avertissement. Il avait vu son père perdre sa raison de vivre en seulement quelques mois. Et il savait qu'on ne se relevait que difficilement d'une telle épreuve. Il refusait de perdre du temps à se poser des questions inutiles. Il préférait largement profiter du bonheur qu'il ressentait pendant qu'il était là plutôt que de le regretter quand il finirait par le perdre. Réfléchir était inutile dans ces circonstances et Dean était extrêmement doué pour ignorer les questions dans sa tête et se concentrer uniquement sur l'instant présent.
Il avait un boulot qui lui permettait de gagner sa vie. Il avait un toit au-dessus de sa tête. Il avait de l'argent de côté pour financer les études de Sam. Il avait son frère. Des amis. Une belle vie. Et il avait Castiel. C'étaient les seules choses qui avaient de l'importance.
Il se savait chanceux. Et cela ne s'arrêtait pas seulement à la liste des raisons de son bonheur. Il s'était même remis à écrire après avoir passé quelques semaines à fixer une feuille blanche sans trouver l'inspiration. Tout semblait s'être débloqué un soir alors qu'il avait ouvert son carnet par habitude. L'inspiration lui était revenue et il avait écrit pendant des heures entières sans s'arrêter. Il avait écrit sur ses clients. Sur la vie en générale. Sur certaines de ses expériences les plus mémorables. Quand il avait relu tout ça à tête reposée, il avait agréablement surpris par la qualité de ses écrits. C'était bien mieux que tout ce qu'il avait écrit jusque-là. C'était drôle et intelligent. Il aurait pu envoyer un tel manuscrit à une maison d'édition. Bien sûr, il ne le ferait pas. Il refusait de s'exposer ainsi aux yeux du public. Mais il avait envie de croire que c'était suffisant bon pour que les gens s'y intéressent.
Il avait continué à écrire même s'il serait le seul à se lire. L'inspiration ne l'avait plus quitté. Et une nouvelle fois, il savait qu'il le devait avant tout à Castiel. Que quelque chose en lui avait clairement changé depuis qu'il l'avait rencontré. Mais comme pour tout le reste, il refusait de se poser la question. Il vivait l'instant présent. Il profitait du fait que tout allait bien dans sa vie. Il savourait chaque moment pour ne pas avoir le moindre regret ensuite. C'était la meilleure des choses à faire.
Il n'avait de toute façon pas le luxe de rester ainsi trop centré sur lui-même. Il avait des clients à satisfaire et cela impliquait qu'il se concentre avant tout sur eux et sur le personnage qu'il avait créé et qu'il jouait pour garder sa vie personnelle et sa vie professionnelle soigneusement séparées.
Il avait d'ailleurs une journée particulière qui l'attendait. Ellen ne lui avait calé qu'un seul rendez vous en début de soirée. Ce n'était pas quelque chose que Dean appréciait vraiment. Il préférait pouvoir être chez lui quand Sam rentrait de la faculté. Il aimait partager son diner avec lui en parlant de tout et de rien. Il exigeait que ses rendez-vous aient lieu en journée pour ne pas empiéter sur sa vie privée. Si ses clients tenaient tant que ça à le voir, ils pouvaient parfaitement s'organiser pour faire de la place dans leur emploi du temps. Ou ils pouvaient aller voir ailleurs. Ce qu'ils ne faisaient jamais.
Cette fois, néanmoins, il avait accepté. Son client était un habitué que Dean n'avait plus vu depuis presque un an maintenant. Il était de retour de l'étranger où il avait du s'installer pour son travail. Dean avait été triste de le voir partir. Il l'appréciait et le sexe était toujours génial avec lui. Ils s'entendaient bien. Ils riaient ensemble et Dean aurait pu s'imaginer couchant avec ce type en dehors de son travail si toutefois il ne s'était pas imposé depuis toujours de ne jamais mêler travail et plaisir.
Il était content de le savoir de retour et disposé à faire un exception pour lui. Il était toutefois nerveux. Il n'avait pas vu Henry depuis un moment maintenant et il ne pouvait pas être sûr de toujours savoir s'y prendre avec lui. C'était presque comme rencontré un nouveau client. Comme passer un test à nouveau. Il avait peur de le décevoir. Peur de ne pas être à la hauteur du souvenir qu'Henry avait gardé de lui.
Il le confia à Castiel et ne fut pas surpris quand ce dernier s'empressa de le rassurer. Il ne semblait pas douter de la capacité du jeune prostitué à relever ce challenge. Dean ne pouvait pas nier que la confiance du jeune chauffeur lui faisait du bien. Elle l'aidait à douter un peu moins de lui. A se sentir à la hauteur de tout et de tout le monde.
Il laissa les paroles réconfortantes de Castiel s'imprégner en lui et s'il était toujours nerveux en arrivant finalement devant la chambre, il avait également confiance. Il se sentait pratiquement indestructible. Il se sentait fort.
Henry ouvrit la porte quelques secondes seulement après que Castiel eut frappé. Il attrapa aussitôt Dean par le bras et l'attira à lui pour le serrer contre son torse. Dean se laissait faire sans hésiter même s'il pouvait sentir Castiel se tendre dans son dos. Tous les clients n'étaient pas aussi démonstratifs qu'Henry. Certains avaient du mal à se montrer un tant soit peu tendres avec lui. Le plus souvent c'était uniquement pour ne pas prendre le risque de développer des sentiments pour celui qu'ils payaient pour coucher avec eux. Henry, lui, semblait se contreficher de tout ça. Il appréciait Dean et ne s'en était jamais caché.
Il serra donc le jeune prostitué longuement dans ses bras, enfouissant son nez dans ses cheveux pour inspirer son parfum. Il ne recula que lorsque Castiel se racla la gorge pour leur rappeler qu'ils n'étaient pas seuls.
- Je suis désolé. Je … Ellen m'a prévenu que vous seriez là et je … j'aurais probablement du vous saluer avant mais je … Dean m'a beaucoup manqué et … je suis juste très content de le revoir, avoua Henry en tendant finalement sa main en direction de Castiel.
Ce dernier la lui serra sans le quitter des yeux. Il l'évaluait et Dean savait que c'était ce qu'Ellen attendait de lui. Mais ce n'était pas nécessaire. Henry était quelqu'un de bien et l'un de ses clients préférés. Il ne poserait pas le moindre problème.
- Tu m'as manqué aussi. J'avais presque peur que tu finisses par m'oublier là-bas, lança t-il en souriant.
- T'oublier ? Dean, je ne pense pas pouvoir t'oublier … même si j'en avais envie … ce qui n'est définitivement pas le cas.
Dean haussa les épaules en faisant mine de ne pas vraiment croire ce qu'Henry disait. Il jeta ensuite un coup d'œil à Castiel. Il semblait rassuré par leur échange.
- Je vais vous laisser. Il est évident que je n'ai aucune raison d'avoir la moindre inquiétude vous concernant et … que je suis de trop. Vous avez deux heures. Si Dean n'est pas de retour d'ici là, je ...
- Vous viendrez le chercher et je passerais un sal quart d'heure. Je sais et je comprends. Croyez-moi. Je n'ai pas l'intention de lui faire du mal.
Castiel hocha la tête avant de se tourner vers Dean. Ce dernier lui sourit pour finir de le rassurer puis le regarda quitter la chambre. Il reporta ensuite son attention sur Henry. Il n'avait pas vraiment changé depuis son départ. Il était toujours aussi séduisant. Son sourire était toujours aussi contagieux. Dean avait été triste à son départ. Pas parce qu'il perdait un client et par conséquent une source de revenus. Mais parce qu'il appréciait vraiment Henry et qu'il allait lui manquer. Il était sincèrement content qu'il soit de retour.
- J'étais un peu nerveux en venant ici. Je ne t'ai pas vu depuis presque un an et je … j'avais peur que tu sois déçu en me voyant.
- Tu n'as aucune raison de l'être. Mais je peux comprendre. J'étais moi aussi un peu … stressé. Quand on reste loin des gens aussi longtemps, c'est un peu comme si on les rencontrait pour la première fois à nouveau quand on les revoit enfin.
Dean hocha la tête. C'était exactement ce qu'il pensait lui aussi. Il avança dans la chambre en retirant sa veste puis s'assit sur le lit. Il regarda Henry s'approcher du bar non loin de là. Un verre. C'était une excellente idée. C'était tout à fait ce dont le jeune prostitué avait besoin pour finir de se détendre.
- Sers moi en un s'il te plait, demanda t-il en se baissant pour retirer ses chaussures.
Henry fit ce qu'il lui demandait. Il souriait toujours en s'approchant de lui. Dean prit le verre qu'il lui tendait.
- A la tienne, lança t-il. Et à ton retour.
Il but son verre d'une seule traite, appréciant de sentir l'alcool bruler sa gorge et chasser rapidement la tension dans ses muscles. Il posa son verre vide à ses pieds puis se redressa pour retirer sa chemise et son pantalon. Il pouvait sentir le regard d'Henry sur lui. Il savait qu'il ne perdait pas une miette du spectacle. Il choisit donc de le faire durer un peu et ne retira son boxer qu'après avoir fait glisser ses mains le long de son torse, jouant à ses propres tétons du bout des doigts une seconde.
- Tu es plus beau encore que dans mon souvenir, souffla Henry en posant les mains sur ses hanches.
Dean passa ses bras autour de son cou et vint se coller à lui, parfaitement conscient de l'effet que cela aurait sur lui. Il dut bouger trop vite parce qu'il sentit sa tête tourner presque aussitôt. Il n'avait pas pu avaler quoi que ce soit depuis les deux œufs qu'il avait mangé au petit déjeuner. Il faisait probablement un peu d'hypoglycémie et l'alcool ne faisait que renforcer ça. Il allait devoir se montrer prudent. Mais il ne pouvait pas laisser cela gâcher le rendez-vous. Il refusait de décevoir Henry juste parce qu'il avait été trop nerveux pour se montrer raisonnable.
- Est-ce que ça va ? demanda son client en le regardant, les sourcils froncés.
Dean hocha la tête avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Ils n'avaient pas de temps à perdre à parler. Il fut donc soulagé quand Henry saisit ses jambes pour le soulever du sol. Dean les passa aussitôt autour de sa taille, excité comme toujours par les hommes suffisamment forts pour le manipuler de la sorte malgré sa taille et son poids.
Henry fit un pas en direction du lit avant de jeter Dean dessus. D'ordinaire, le jeune prostitué aurait très certainement apprécié cette nouvelle preuve de la force de son client. Mais quand son dos heurta le lit, il eut la tête qui tournait à nouveau et de drôle de petits spots lumineux se mirent à danser devant ses yeux. Il y avait quelque chose qui clochait. Ce n'était pas uniquement de l'hypoglycémie. Il tenta de trouver une autre explication mais il avait la sensation que son cerveau tournait au ralenti. Pouvait-il être en train d'avoir une attaque ? Il n'en connaissait pas les symptômes mais c'était la seule idée qu'il avait. Il devait avertir Henry. Il devait absolument lui dire ce qui était en train de lui arriver. Mais les mots refusèrent de franchir le seuil de ses lèvres. Il ne parvint qu'à gémir lamentablement.
- Dean ? Est-ce que … il est évident que quelque cloche. Tu es pâle et … est-ce que tu es malade ?
Le jeune prostitué secoua la tête, toujours incapable de parler. Non, il allait bien encore quelques secondes plus tôt. Il allait bien jusqu'à ce qu'il boive ce verre. Mais Henry ne pouvait pas … il refusait de croire qu'il ait pu le droguer. Cela ne lui ressemblait pas du tout.
- C'est … oh non je … je me suis trompé de verre, finit par jeter Henry d'une voix paniquée.
Dean n'était pas tout à fait sûr de comprendre ce qu'il voulait dire par là mais cela semblait important. Il tenta de se concentrer mais il avait de plus en plus de mal à réfléchir. Il regarda Henry se pencher au-dessus de lui pour le regarder dans les yeux. Il sembla y trouver ce qu'il cherchait puisqu'il redressa aussitôt.
- Je vais appeler une ambulance. Ca n'aurait pas du … je me suis juste trompé de verre et … ça n'aurait pas été grave si tu … il est évident que tu réagis à … je te promets que je ne l'ai pas fait exprès.
Dean ne comprenait toujours rien à ce qui se passait mais il avait saisi le mot ambulance. IL refusait d'aller à l'hôpital. Sam serait prévenu et il s'inquièterait inutilement. Henry risquait en plus d'avoir des ennuis. Le jeune prostitué ne savait peut être pas exactement ce qui était en train de lui arriver mais il était convaincu que ce n'était pas de sa faute. Qu'il n'avait pas cherché à lui faire boire ce qu'il y avait dans le verre. Il le savait sincère.
- Appelle Cas, souffla t-il finalement.
Heureusement pour lui, il avait retrouvé l'usage de la parole au meilleur des moments. Il fut également soulagé de voir Henry suivre ses instructions sans protester. Il le regarda fouiller dans la poche de son pantalon, en sortir son téléphone puis composer le numéro de Castiel. Il ne comprit pas vraiment ce qu'il lui disait mais il se sentit rassuré immédiatement. Le jeune chauffeur allait venir et il saurait quoi faire. Il aiderait Dean à aller mieux.
- Il sera là dans une seconde et il … Dean, je suis tellement désolé. Je peux te promettre que je ne voulais pas … j'étais juste nerveux et mon médecin … il m'a prescrit ses pilules pour me détresser. Je voulais en prendre une pour me détendre. Je me suis … je t'ai donné mon verre. Et certaines personnes … elles réagissent mal à ce médicament. Je …
Dean tenta de se concentrer en vain sur ce qu'Henry disait. Il comprenait que son client s'excusait mais il ne saisissait qu'un mot sur trois. Il avait toujours la tête qui tournait et une légère nausée. Il voyait également toujours des petites lumières blanches qui dansaient devant lui. Elles étaient plutôt jolies. Elles le fascinaient. Il leva la main pour les toucher et sursauta quand il entendit le bruit de la porte qu'on ouvrait violemment. Il avait la sensation d'être totalement ivre. Il avait la sensation de flotter. De ne plus vraiment être là sans pour autant avoir quitté la pièce.
Il entendit des éclats de voix puis le visage de Castiel apparut dans son champ de vision, faisant disparaître les petites lumières. Dean sourit en le voyant.
- Hé Cas, murmura t-il.
Il tenta de le toucher du bout des doigts mais il manqua sa cible et son indexe heurta son cou à la place de sa joue. Castiel lui prit la main et la serra dans la sienne. Henry parlait et de toute évidence, le jeune chauffeur l'écoutait attentivement. Mais il avait les yeux rivés sur Dean à la place. Comme toujours, il veillait sur lui avant tout.
- Tu voles encore à mon secours. Tu es toujours là même quand tu ne l'es pas. Tu es dans ma tête, dans mon cœur et dans mon esprit. Je … je ne me sens pas très bien. Pas d'hôpital hein … promets le moi. Promets moi que tu ne vas pas m'abandonner aussi. Parce que j'ai besoin de toi … plus que de quiconque … tu … avec toi je ris et je souris et je … je ne veux pas de perdre. Je ne peux pas te perdre. Je …
Dean avait conscience de trop parler et probablement de tenir des propos totalement incohérent. Mais c'était plus fort que lui. Maintenant que Castiel était là et qu'il avait retrouvé l'usage de la parole, il ne pouvait plus s'arrêter.
- Tu me promets que tu resteras avec moi ? Juste … Henry n'a rien fait de mal. C'était une erreur. Je … ça va aller. Parce que ça va toujours quand tu es là. Rien ne peut m'arriver tant que tu es là pour veiller sur moi. Je … tu es important tu sais. Je ne sais pas ce que ça signifie … je ne sais pas ce que je ressens mais je … je crois que peut être je tiens à toi plus que je ne veux l'admettre.
Castiel s'assit sur le rebord du lit et posa sa main libre sur sa joue. Henry se tenait debout dans son dos, toujours aussi inquiet. Mais Dean ne parvenait pas à se soucier de lui. Pas quand Castiel était là aussi proche de lui.
- Je ne vais pas partir et je te promets de ne pas t'emmener à l'hôpital. Henry va tout me dire et tout m'expliquer et j'aviserais ensuite. Tu dois juste me faire confiance d'accord. Je suis là. Tout ira bien.
Dean hocha la tête. Il ne manqua pas de remarquer qu'il parvenait à comprendre chacun des mots que Castiel prononçait quand il n'avait pas été capable de saisir ce que Henry lui avait dit quelques minutes plus tôt. Il savait que cela signifiait quelque chose d'important. Mais à cet instant précis, il n'avait pas la force de chercher à comprendre quoi. Il laissa donc l'idée lui échapper et se concentra à la place sur le visage parfait de Castiel au-dessus de lui. Il était son point d'ancrage. Son sauveur une nouvelle fois.
Castiel n'avait peut être aucune expérience en matière de sentiments et d'amour mais il n'était pas idiot. Il avait vu certains de ses proches tomber amoureux. Il l'avait lu dans les livres et vu dans les films. Il ne prenait tout pour argent comptant mais il connaissait les signes. Il savait parfaitement que c'était ce qu'il était en train de vivre.
Il tombait amoureux de Dean. Il n'avait aucun doute sur ce point. Ce n'était pas quelque chose de soudain qui venait de lui tomber dessus. C'était un processus qui s'était enclenché depuis un moment maintenant. Peut être même depuis le jour de leur rencontre.
Castiel ne savait pas s'il croyait au coup de foudre. Mais ce qu'il vivait y ressemblait beaucoup. Il s'était senti connecté à Dean dès leur rencontre. Si le fait d'être attiré physiquement par lui ne l'avait pas surpris, le reste restait étonnant. Il avait voulu en savoir plus sur lui. Il avait eu envie d'apprendre à le connaitre. De découvrir ce qu'il cherchait tant à cacher derrière un extérieur de dur que rien ne pouvait atteindre. Et chacune de ces choses n'avaient fait que le pousser un plus en avant vers une chute qu'il savait inévitable. Il finirait par être amoureux de Dean à terme. Il ne pouvait rien faire maintenant pour l'empêcher.
Il avait même fini par se demander si ce n'était pas ce qui l'avait poussé à s'accrocher comme il l'avait fait. Il s'était battu pour garder son poste. Il avait ignoré les moqueries et les provocations du jeune prostitué. Il avait alors cru l'avoir fait parce qu'il avait besoin de ce travail. Mais il commençait à se demander si, déjà à l'époque, il ne l'avait pas inconsciemment parce qu'il refusait de perdre le jeune prostitué.
C'était une machine qui s'était mise en route d'elle-même sans que Castiel ne puisse rien faire pour l'arrêter. Et il devait la laisser poursuivre son chemin. Il n'avait pas les moyens de s'opposer. Son cœur semblait avoir ses raisons.
Il refusait toutefois de laisser ses sentiments gâcher ce qui était devenue une relation d'amitié essentielle. Il avait besoin de Dean. Besoin de le voir tous les jours. De rire avec lui. De parler de tout et de rien. De veiller sur lui pour s'assurer que rien ne viendrait lui faire du mal. Il savait parfaitement que Dean ne serait jamais en mesure de lui donner autre chose. Il n'y aurait pas d'histoire d'amour. Pas de fin heureuse comme dans les films. Il allait donc devoir se contenter de ce qu'il avait. Ignorer le reste et aller de l'avant.
Heureusement pour lui, le travail lui servait de distraction et l'empêchait de trop penser au reste. Il devait être sur ses gardes, attentifs à tous les détails et prêt à intervenir à chaque instant. Il ne pouvait laisser quoi que ce soit le distraire.
Henry semblait être quelqu'un de sympathique et Castiel n'eut pas la moindre inquiétude en laissant Dean seul avec lui. Il attendit toutefois que le jeune homme lui donne son feu vert avant de quitter la chambre, rassuré.
Il n'aurait pas du l'être. Il ne s'était installé dans le hall que depuis quelques minutes quand son téléphone se mit à vibrer. Il sentit son cœur s'emballer en voyant le nom de Dean apparaître sur l'écran. Ca ne pouvait pas être bon signe. Il décrocha aussitôt.
Henry semblait totalement paniqué à l'autre bout du fil. Son discours était difficilement compréhensible, partagé entre des excuses et des explications que Castiel avait du mal à saisir. Il pouvait toutefois sentir l'inquiétude chez le client de Dean. Suffisamment pour le faire sauter du fauteuil où il s'était assis et grimper à l'étage sans perdre une seconde.
Il frappa un coup contre la porte avant de se souvenir qu'il avait la clef dans sa poche comme toujours. Il n'eut toutefois pas le temps de la sortir. Henry lui ouvrit la porte presque aussitôt. Castiel le suivit et son cœur, une nouvelle fois, s'emballa quand ses yeux se posèrent sur Dean.
Il était allongé sur le lit, entièrement nu et visiblement délirant. Castiel se précipita vers lui alors qu'Henry commençait à lui expliquer ce qui venait de se passer. De toute évidence, il avait donné au jeune prostitué le verre qu'il s'était préparé pour lui-même. Celui qui contenait un médicament prescrit par son médecin pour lutter contre son anxiété. Il n'était pas dangereux. Mais comme pour la codéine, certains ne le supportaient pas. Castiel fut sensiblement rassuré par son explication. Dean était peut être drogué mais sa vie n'était pas en danger. Et Henry était visiblement sincère. Il n'avait pas voulu drogué le jeune prostitué. Il avait simplement commis une erreur. Il avait appelé Castiel aussitôt, prouvant sa bonne foi. Le jeune chauffeur se promit de le défendre auprès d'Ellen quand elle serait mise au courant.
Il saisit la main de Dean et l'écouta déblatérer des choses qu'il finirait par regretter s'il s'en souvenait plus tard. Il ne pouvait pas nier que certains de ses propos le touchaient. Entendre l'homme dont il était en train de tomber amoureux lui dire combien il comptait pour lui lui faisait chaud au cœur. Mais Castiel devait absolument garder en tête le fait que ce que Dean disait était sans doute dû à la drogue dans son système. Il délirait. Il était probable que rien de tout ça ne soit vrai.
Il accepta de ne pas conduire Dean à l'hôpital. Il savait que le jeune prostitué ne voulait surtout pas inquiéter son frère. Il aurait bien sûr préféré qu'un médecin puisse le voir et leur confirmer que tout allait bien. Mais il respecterait le souhait de son ami sur ce point. Il sentit son cœur se briser quand Dean le supplia de ne pas l'abandonner. Il fit en sorte de le rassurer de son mieux.
Une fois Dean calmé, il demanda une nouvelle fois à Henry de tout lui raconter. Il jeta ensuite un coup d'œil aux médicaments que le jeune prostitué avait avalé par erreur. Il lut rapidement la notice avant de reporter son attention sur Dean. Il ne pouvait pas le laisser là. Il ne pouvait pas non plus le ramener chez lui et le laisser seul. Il était presque sûr que tout irait mieux après quelques heures de sommeil mais il refusait de courir le moindre risque. Sa seule option était de l'amener chez Gabriel pour garder un œil sur lui pendant la nuit.
Il ne demanda pas son avis à Dean. Il doutait que le jeune prostitué soit en état de le lui donner. Henry l'aida à transporter le jeune homme jusqu'à la voiture où ils l'installèrent sur le siège arrière. Castiel écouta ensuite Henry s'excuser une énième fois avant de lui assurer qu'il prendrait sa défense face à Ellen. Il lui promit enfin de le tenir informé de l'état du jeune prostitué avant de monter en voiture à son tour et de prendre le chemin de son appartement.
Dean marmonnait toujours sur le siège arrière et si Castiel ne comprenait pas ce qu'il disait dans les détails, il était évident qu'il parlait de lui. Il lui sembla entendre son prénom à plusieurs reprises. Il sourit malgré lui, touché et amusé de voir que le jeune prostitué pensait à lui, même dans son état.
Il eut quelques difficultés à sortir Dean de la voiture et à le conduire jusqu'à l'ascenseur. Heureusement pour eux, ils ne croisèrent personne sur le chemin. Castiel fut toutefois grandement soulagé quand ils furent enfin à l'intérieur de l'apparemment. Il conduisit Dean dans sa chambre sans attendre et l'installa sur son lit. Il prit ensuite son téléphone et composa le numéro de l'un de ses ex. Ils n'avaient jamais réellement formé un couple mais ils s'étaient vus à plusieurs reprises et étaient restés en bon terme. Il travaillait comme infirmier dans un hôpital au centre-ville et Castiel avait besoin d'être rassuré une nouvelle fois sur l'état de Dean.
Il lui expliqua donc rapidement la situation et fut soulagé quand son ex lui assura que le jeune prostitué ne risquait rien. Qu'il devait juste se reposer le temps que la molécule soit évacuée par son système. Il lui demanda de le garder bien hydraté avant de lui souhaiter bon courage pour veiller sur quelqu'un dans son état. Castiel le remercia avant de raccrocher. Il s'assit ensuite sur le rebord du lit et reporta son attention sur Dean. Il semblait fasciné par le plafond de sa chambre. Castiel se demandait bien ce qu'il pouvait y voir.
- Ca va aller Dean. Tu as juste besoin de te reposer. Quand tu te réveilleras, tu seras comme neuf. Je te le promets.
Dean fronça les sourcils en levant la main. Il semblait vouloir toucher quelque chose du doigt. Castiel lui saisit la main et, sans la lâcher, la reposa sur son ventre.
- Je suis chez toi. Pourquoi est-ce que je suis chez toi ? Je … je devrais être chez moi. Dans mon lit. Je vais bien. Je peux m'occuper de moi tout seul.
Castiel fut soulagé de l'entendre tenir de tels propos. Ils étaient caractéristiques de sa personnalité. Et le signe que même délirant, Dean restait Dean.
- Je préfère que tu restes ici avec moi. Si Sam te voit dans cet état, il va s'inquiéter et ce n'est pas ce que tu veux. Et puis je préfère garder un œil sur toi au cas où.
Dean semblait vouloir protester mais il n'en avait visiblement pas la force. Castiel relâcha alors sa main puis se leva pour lui retirer ses chaussures. Il en fit de même avec sa veste. Il réalisa alors qu'il avait laissé sa cravate à l'hôtel. Tant pis pour lui. Dean allait devoir faire sans. Il posa sa main sur son front et, parce qu'il semblait un peu fiévreux et qu'il transpirait, il décida de lui retirer également sa chemise et son pantalon. Ce ne fut pas chose aisée tant le jeune prostitué semblait ne pas vouloir l'aider. Il réussit toutefois à le déshabiller après de longues minutes. Il remonta finalement la couverture sur lui pour qu'il reste au chaud et reprit sa place que le matelas, juste à côté de lui.
- Tu vas rester avec moi hein Cas ? demanda finalement Dean en posant les yeux sur lui.
Castiel hocha aussitôt la tête avant de réaliser que dans son état, le jeune prostitué avait probablement besoin qu'il le lui dise clairement.
- Bien sûr que je vais rester avec toi. Je ne vais pas te quitter. Tu sais que tu peux compter sur moi.
Dean renifla alors avant de porter une main à ses joues pour essuyer rapidement les larmes qui y avaient roulé. Castiel sentit son cœur se briser dans sa poitrine. Il savait bien que le jeune prostitué n'était pas dans son état normal et que sa réaction était amplifiée par la drogue dans son système. Mais il était évident que sa peur d'être abandonné était belle et bien réelle. Il faisait probablement en sorte de l'ignorer le reste du temps mais dans son état, il n'en était pas capable.
- J'ai peur … j'ai peur de ne pas me réveiller si je ferme les yeux. Je sais que … si tu dis que je ne risque rien alors je te crois mais je … j'ai peur quand même. Je n'ai pas envie de mourir Cas. Je ne suis pas prêt à mourir.
- Tu ne vas pas mourir Dean. Tu peux dormir tranquille. Il ne va rien t'arriver et de toute façon, je serais là toute la nuit pour veiller sur toi. Tu sais que tu peux avoir confiance en moi pour m'assurer que tu vas bien.
Le jeune prostitué hocha la tête puis leva la main ans sa direction. Il semblait avoir du mal à localiser son visage avec précision. Castiel se pencha donc pour permettre à sa main de se poser sur sa joue.
- Je suis là et je vais rester Dean. Tu n'as pas à t'inquiéter. Tu ne seras pas seul. Personne ne me fera partir de cette chambre. Il faudrait m'arracher de force à ce lit.
Dean ne dit rien mais un petit sourire vint étirer ses lèvres, rassurant Castiel un peu plus encore. Il laissa le jeune prostitué caresser sa joue une seconde avant de se lever, ignorant le gémissement de Dean. Il contourna le lit et pour s'installer sur le matelas, juste à côté de son ami. Il était là pour la nuit et rester sur le rebord du matelas n'était défectivement pas confortable. Dans cette position, il pouvait rester proche de Dean sans avoir mal au dos et le regretter le lendemain.
Il ne fut pas surpris quand Dean vint aussitôt se blottir contre lui, sa tête sur son torse et un bras fermement refermé autour de sa taille.
- Désolé, souffla t-il alors.
Castiel ne voyait pas pourquoi il s'excusait. Il n'avait rien fait de mal. Il n'était définitivement pas responsable de son état. Mais il savait toutefois combien le jeune prostitué prenait tout à cœur. Et combien il tenait à ne surtout jamais être un poids pour ses proches. Ce qui était stupide bien sûr. Il ne pourrait jamais en être un. Et certainement pas pour Castiel.
- Ne t'excuse pas. Tu n'as rien fait de mal. Et crois-moi, je suis content d'avoir l'opportunité de veiller sur toi comme je le fais. Ca justifie le salaire indécent qu'Ellen me verse à la fin du mois.
Ce n'était définitivement pas la raison pour laquelle il aimait tant veiller sur Dean mais c'était la seule qu'il pouvait lui donner sans révéler ce dont il avait pris conscience. Il refusait de profiter de l'état du jeune prostitué pour lui avouer ses sentiments.
- Tu ne laisserais rien m'arriver, confirma Dean.
- Rien. Tu peux fermer les yeux. Je suis là.
- Je … j'ai … je sais que … c'est stupide mais je … j'ai peur … je ne peux pas m'en empêcher. J'ai peur parce que je …
Dean ne finit pas sa phrase et enfouit à la place son visage dans le tee shirt de Castiel. Ce dernier posa une main dans ses cheveux et un baiser sur el sommet de son crâne. Dean était incroyablement touchant à cet instant précis. Sans doute plus vrai qu'il ne l'avait jamais été avec le jeune chauffeur. Ses défenses étaient tombées et il ne cherchait plus à cacher ses peurs derrière son attitude de dur. Castiel avait le vrai Dean sous les yeux. Celui qu'on avait abandonné trop souvent par le passé et qui n'avait jamais réellement pu guérir de ses blessures.
- Je ne veux pas mourir seul, murmura finalement Dean après quelques secondes.
Castiel fronça les sourcils. C'était une peur répandue. Il n'était pas surpris que Dean la ressente également. Mais il ne comprenait pas pourquoi il en parlait maintenant. Il n'était pas seul. Castiel était là pour lui.
- Tu n'es pas seul Dean et tu ne vas pas mourir.
- Pas ce soir … je sais que je … je sais que je ne risque rien mais … plus tard … je ne veux pas mourir seul. Je ne veux pas vivre mes derniers instants dans une chambre oublié de tout le monde.
Castiel déglutit avec peine alors qu'il pouvait sentir les larmes lui monter aux yeux. Dean n'aurait jamais dû avoir peur d'une telle chose. Pas quand il avait des amis et une famille qui tenaient énormément à lui. Mais la peur était quelque chose d'irrationnel qu'on ne pouvait pas expliquer ou raisonner. Sans quoi, personne n'aurait peur des araignées ou des clowns.
- Tu as des gens qui t'aiment Dean. Tu ne seras jamais seul.
- Peut être maintenant mais ils … tous, ils vont construire leur vie de leur côté. Et moi je … je ne sais si je pourrais un jour … si je saurais comment m'attacher … comment faire en sorte de ne pas faire fuir tous les gens qui seraient amenés à s'intéresser à moi. J'aimerais … j'aimerais pouvoir mais je ne sais pas comment.
Castiel comprenait à présent ce que Dean cherchait à lui dire. Sam finirait par rencontrer la femme de sa vie et construire sa propre famille. Charlie également. Dean, lui, n'était pas sûr d'être capable d'avoir une relation sérieuse un jour. Il n'était pas sûr de pouvoir construire quoi que ce soit de solide avec quelqu'un. Et il avait peur qu'au bout du chemin, personne ne soit là pour l'accompagner jusqu'à la fin. Castiel doutait que cela puisse être le cas. Sam n'abandonnerait jamais son frère. Pas même après avoir fondé sa famille. Et lui savait qu'il serait également incapable de rester loin du jeune prostitué.
- Dean, les gens que tu aimes ne sont pas là juste parce qu'ils n'ont rien de mieux à faire ou personne d'autre avec qui passer leur temps. Ils sont là parce qu'ils t'aiment et parce qu'ils veulent être là. Parce qu'ils t'ont choisi toi. Et ils seront là jusqu'à la fin. Je peux te le promettre. Tu n'as aucune raison de t'inquiéter. Tu ne seras jamais seul.
Dean l'écoutait mais Castiel n'était pas sûr qu'il était en état d'assimiler ce qu'il lui disait. Il savait toutefois qu'il n'aurait pas l'occasion de le lui dire à nouveau quand il serait lucide. Il ne se souviendrait probablement pas d'en avoir parlé. Et s'il en gardait le moindre souvenir, il refuserait d'aborder le sujet à nouveau. Il nierait avoir été aussi vulnérable.
- Et si toutefois, ils n'étaient pas là pour une raison ou pour une autre, je peux te promettre que je serais là moi. Je resterais avec toi. Jusqu'au bout. Je te tiendrais la main et je m'assurerais que tu saches que je suis présent. Tant que tu m'auras dans ta vie … tant que nous serons amis, tu ne pourras jamais … jamais être seul.
Dean renifla à nouveau avant d'hocher doucement la tête.
- Tu seras là tant que je ne t'aurais pas poussé à prendre la fuite. Je sais comment je suis Cas. Je sais que tout le monde m'abandonne un jour.
Dean faisait forcément référence à ses parents. Castiel pensait sincèrement qu'il aurait été bien pour lui à l'époque, ou même maintenant, de voir un spécialiste pour parler de ces angoisses. Pour confier cette peur de l'abandon qui le poursuivait même des années plus tard. Il savait toutefois que Dean refuserait d'entendre cette suggestion.
- Tes parents ne t'ont pas abandonné Dean. C'est la vie qui les a arraché à Sam et toi. C'est injuste, cruel et douloureux mais ce n'est pas de ta faute. Ce n'est de la faute de personne.
Dean semblait un peu plus calme à présent. Castiel baissa les yeux et fut soulagé de voir qu'il ne pleurait plus. Mais il avait les yeux fiévreux et son corps tremblait. Il avait vraiment besoin de dormir. Le jeune chauffeur doutait néanmoins qu'il en soit capable dans son état.
- Et je suis convaincu que tu finiras par rencontrer quelqu'un … un homme qui saura te prouver que tu mérites d'être aimé. Que tu mérites de fonder une famille toi aussi. Un homme qui sera à tes côtés dans les bons comme dans les mauvais moments. Qui ne t'abandonnera jamais. Qui sera là jusqu'à la dernière seconde.
Castiel savait que cela finirait par arriver un jour. Et il redoutait ce moment. Parce qu'il perdrait probablement une partie de l'importance qu'il avait pour Dean maintenant. Il devrait toutefois l'accepter. Il ne se montrerait pas égoïste.
- Et en attendant qu'il fasse irruption dans ta vie, je serais là. Tu n'as donc aucune raison de t'en faire.
Dean hocha la tête et Castiel sut que cette fois, ses mots avaient été assimilé. Il espérait sincèrement que le jeune prostitué s'en souviendrait demain. Il voulait que ses propos l'aident à ne plus avoir peur. A ne plus s'inquiéter autant.
- Maintenant, tu vas fermer les yeux et tenter de dormir d'accord ? Je vais rester éveiller et ne pas te lâcher du regard. Je te le promets.
Dean fit ce qu'il lui demandait et Castiel sourit. Il était plutôt fier d'avoir su trouver les bons mots. Il n'était toutefois pas dupe. Il savait pourquoi il avait su quoi dire pour calmer le jeune prostitué. Il n'était pas en train de tomber amoureux de Dean. Il l'aimait déjà. Et si ce n'était pas réellement une surprise, ce n'était pas une bonne nouvelle pour autant. Il avait su que cela finirait par arriver tôt ou tard. Il avait juste espéré avoir un peu de temps pour s'y préparer. Il soupira doucement. Dean semblait s'être enfin endormi. Castiel s'autorisa donc à le regarder. A enregistrer chaque détail de son visage. A graver cette image de lui dans son esprit. Il s'autorisa à laisser ce qu'il ressentait transparaitre sur son visage. Il s'autorisa à accepter ses sentiments. A les assumer. Demain, il enfilera un masque pour les cacher. Mais pour quelques heures, il voulait juste leur laisser libre court. Et ne pas s'inquiéter de ce qu'il subirait ensuite maintenant qu'il en avait conscience.
