Bonjour
Voici le chapitre 18. Une nouvelle fois avec un jour de retard. Une nouvelle fois, il n'est pas corrigé donc veuillez me pardonner les éventuelles fautes d'orthographe.
Dean se réveille et doit assumer le fait de s'être montré aussi vulnérable avec Castiel.
Merci pour vos messages. Merci pour votre fidélité. Et à lundi.
Bonne lecture !
Sydney8201
Musique du chapitre :
Skyfall d'Adele
Chapitre 18 : Réveil
« A celui qui est dans la gêne, accordez un sursis jusqu'à ce qu'il soit dans l'aisance. »
Le Coran
Quand il ouvrit les yeux, Dean n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il se trouvait. Il ne se souvenait plus comment il était arrivé là. Il était au moins sûr d'une chose. Il n'était pas chez lui. Il ne connaissait pas ce lit et ces murs. Il ferma les yeux et tenta de se concentrer une seconde. Son cerveau était trop endormi pour lui fournir des réponses. Il se tourna sur le dos. Son bras heurta alors quelque chose … ou plutôt quelqu'un. Dean fronça les sourcils, soudain pris de panique. Il n'était pas seul dans ce lit. Il n'avait toutefois aucun souvenir d'être rentré avec quelqu'un. Ou d'avoir couché avec qui que ce soit. Il n'avait jamais rien vécu de tel. Pas même après avoir un peu trop bu. Ce qu'il faisait peu parce que cela ressemblait bien trop à ce que son père faisait juste après la mort de sa femme.
Il avait peut être été drogué. Et violé. Non. Il n'avait mal nulle part et sans savoir où il était, il avait tout de même la sensation d'être en sécurité. Ce qui n'avait aucun sens bien sûr.
Il soupira avant de s'étirer doucement et de tourner enfin son visage en direction de la personne allongée à côté de lui. Il sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine quand il la reconnut. Castiel. Il n'était pas de lit d'un inconnu. Il était dans celui de son ami. Ce qui signifiait que personne n'avait abusé de lui. Il était en sécurité dans cet endroit et en sécurité auprès de Castiel.
Il se détendit sensiblement avant de prendre quelques secondes à nouveau pour réfléchir. Il commença doucement à avoir des flashs de la veille. Il avait eu un rendez-vous avec Henry. Un rendez-vous qui les avait rendu nerveux tous les deux. Un rendez-vous qui … avait tourné court après que son client se soit trompé de verre et lui ai fait boire celui qu'il s'était préparé pour lui. Il se souvenait à présent. Le médicament dans son système. Les petits points lumineux qui dansaient devant ses yeux. Le délire. Puis Castiel qui avait volé à son secours comme toujours et l'avait conduit chez lui pour qu'il se repose. Pour lui éviter d'inquiéter Sam. Dean se souvenait enfin de tout. Et si cela le rassurait sensiblement, ce n'était pas forcément qu'une bonne nouvelle.
La drogue avait délié sa langue et il avait confié des choses à Castiel dont il n'avait parlé à personne avant lui. Des choses qu'il avait toujours fait en sorte de garder pour lui. Il avait ouvert son cœur et fourni à son ami des informations qu'il n'aurait jamais du partager.
Il savait bien que son ami ne s'en servirait pas contre lui. Qu'il ne le ferait pas chanter ou tenterait d'obtenir quoi que ce soit contre son silence. Mas cela ne signifiait pas pour autant qu'il était parfaitement à l'aise avec l'idée d'avoir parlé.
Il n'avait pas le courage de faire face au jeune chauffeur pour le moment. Il préférait partir pour mettre de l'ordre dans ses idées, au calme, avant de le voir à nouveau. Il s'excuserait d'être parti sans lui dire au revoir. Après tout, il était malpoli de réveiller quelqu'un qui dormait. Ce serait son excuse pour avoir pris la fuite de la sorte.
Il sortit du lit aussi directement que possible puis enfila rapidement ses vêtements. Il se souvenait que Castiel l'avait déshabillé pour qu'il soit plus à l'aise. Le jeune chauffeur avait vraiment veillé sur lui et Dean était touché. Il allait devoir le remercier. Mais plus tard. Quand il aurait pris le temps de se remettre de tout ça au calme chez lui.
Il sortit de la chambre sans faire le moindre bruit et prit aussitôt la direction de l'entrée. Il n'avait jamais eu à fuir ainsi de l'appartement d'un homme avant ça. Avec ceux avec qui il couchait, il annonçait toujours son départ. Et ce n'était jamais une surprise pour son partenaire. Tous les deux savaient qu'il n'était question que de sexe.
Il enfila ses chaussures quand il fut devant la porte. Il allait poser la main sur la poignée, prêt à s'enfuir quand une voix résonna derrière lui, le faisant sursauter.
- Tu prends la fuite on dirait ? Est-ce que tu aurais honte de quelque chose ?
Dean n'avait vu Gabriel qu'une seule fois et n'avait pas échangé plus de quelques mots avec lui mais il reconnut sa voix. Il savait que Castiel habitait avec lui mais il n'avait pas imaginé une seconde qu'il le croiserait. Il aurait du y penser. Il aurait du se montrer plus prudent.
- Je … à vrai dire, non, je … je ne prenais pas la fuite. Je pensais juste … je devrais rentrer chez moi. Mon frère doit s'inquiéter et Castiel dormait alors …
- Alors tu t'es dit que ce n'était pas un problème si tu partais sans même lui dire au revoir … tu sais … ce genre de comportement me laisse à penser que tu es gêné par ce qui a pu se passer entre vous et … bref, je suis du genre à me faire rapidement des idées.
Dean savait parfaitement ce à quoi Gabriel pouvait penser. Mais il se trompait. Et le jeune prostitué ressentait le besoin de le lui dire. Même si cela ne le regardait pas.
- On n'a pas couché ensemble. On a juste dormi dans le même lit mais il ne s'est rien passé.
Gabriel le dévisagea une seconde avant d'hausser les épaules. Il ne semblait pas soulagé ou heureux de le savoir. A vrai dire, il semblait ne pas avoir d'avis sur la question.
- Peu importe ce que vous avez fait ou non. Ca ne me regarde pas de toute façon. Mais tu es ici chez moi et la règle est simple ici … un invité ne repart jamais l'estomac vide. Tu vas donc venir avec moi dans la cuisine, t'installer à ma table et manger quelque chose. Tu pourrais ensuite utiliser ma douche avant de rentrer chez toi. Et avant que tu ne penses à refuser, je préfère te le dire … tu n'as pas le choix.
Dean songea à protester. Il n'avait pas vraiment envie de se retrouver seul à seul avec le frère de Castiel. Mais il pouvait sentir que Gabriel ne laisserait pas tomber. Qu'il insisterait jusqu'à obtenir ce qu'il voulait. Castiel le lui avait dit. Son frère était particulièrement têtu. Dean n'avait aucune chance.
- Juste quelques minutes alors. Je … je dois vraiment rentrer avant que mon frère ne lance un avis de recherche.
Gabriel sourit en hochant la tête. Dean le suivit alors dans la cuisine et prit place sur la chaise qu'il lui indiquait. Il jeta un rapide coup d'œil autour de lui. Comme dans la chambre de Castiel, il se sentait plutôt à l'aise dans sa cuisine. Un peu comme s'il y avait déjà été à plusieurs reprises. Il était en revanche plutôt mal à l'aise avec Gabriel. Il ne le connaissait pas et il ne savait pas ce que Castiel avait pu lui raconter sur lui. Il n'avait pas la moindre idée de ce dont ils pouvaient parler ensemble. Et le silence n'était pas forcément préférable.
- Tu peux te détendre tu sais. Je ne mors pas. Ou du moins … pas si on ne me le demande pas. Et j'en sais suffisamment sur toi pour que tu n'aies pas peur de dire quelque chose qu'il ne faudrait pas. Alors détends toi s'il te plait. Ne viens pas gâcher mon petit déjeuner en étant nerveux.
Dean ne put s'empêcher de sourire malgré sa gêne. Castiel lui avait souvent parlé de son frère. Selon ses dires, c'était un vrai personnage. Il était franc et disait toujours ce qu'il pensait. Dean préférait nettement ça à quelqu'un d'hypocrite. Mais cela ne signifiait pas pour autant qu'il allait arriver à se détendre aussi facilement.
- Ce n'est pas … je n'ai pas peur de dire quelque chose qui pourrait … ce n'est pas ça. C'est juste que je ne te connais pas et … tu ne me connais pas. Je n'ai pas l'habitude de partager mon petit déjeuner avec quelqu'un dont je ne sais rien. C'est tout.
Gabriel posa une tasse de café devant lui en souriant toujours. Lui semblait parfaitement à l'aise. Dean aurait aimé être un peu plus comme lui. Ca devait être agréable de ne pas se stresser pour des choses qui n'en valaient pas la peine.
- Si apprendre à me connaître pourrait t'aider à te sentir mieux alors pose moi toutes les questions que tu veux me poser. Il n'y a rien dont j'aime plus parler que moi-même. C'est un sujet sur lequel je suis intarissable. Et si tu es amené à devenir ami avec mon petit frère, on sera amené à se revoir. Alors autant apprendre à se connaitre non ?
Dean ne se voyait pas interroger Gabriel sur sa vie après avoir passé seulement quelques minutes en sa compagnie. Il n'aurait même pas su par quoi commencer. Et quelque chose lui disait que le frère de Castiel n'avait de toute façon pas besoin qu'il lui pose des questions pour parler. Il finirait par le faire de lui-même. Il en eut la confirmation quelques minutes plus tard quand Gabriel s'assit en face de lui avec sa propre tasse de café.
- Je ne sais pas ce que Castiel a pu te dire sur moi mais pour faire court … je dirige une maison d'édition en ville. J'aime mon métier et je pense pouvoir dire sans fausse modestie que je suis plutôt doué. J'aime découvrir de nouveaux talents. J'aime lire des manuscrits en quête du prochain best-seller.
- Il m'en a vaguement parlé oui.
Gabriel but une gorgée de son café avant de reprendre la parole.
- Et quand je ne travaille pas, je passe du temps avec mon petit frère adoré. Je veille à ce qu'il ne fasse rien de stupide.
- Comme se lier d'amitié avec quelqu'un comme moi et me ramener chez lui pour la nuit.
Dean savait bien qu'il n'avait rien du gendre idéal. Il n'était pas le genre de personne qu'on aimait voir fréquenter nos proches. Il l'assumait pleinement. Il se fichait pas mal de ce que les gens pouvaient penser de lui. Il se souciait uniquement de l'opinion de ses proches. Bien sûr, il ressentait tout de même le besoin d'être accepté par Gabriel. Par qu'il savait que son avis comptait énormément pour Castiel.
- Non absolument pas. Je suis content qu'il se soit fait un ami. Et franchement, ce que lui et toi faites quand vous êtes seuls ne me regarde absolument pas. Je n'ai pas d'opinion là-dessus et je ne me mêle pas de la vie privée de Castiel. Je suis curieux de savoir pourquoi tu as passé la nuit ici bien sur mais je ne suis pas en colère que Castiel t'ai ramené avec lui. Je sais qu'il devait avoir ses raisons. Quelles qu'elles soient.
Dean fut soulagé de l'entendre. Gabriel semblait sincère. Il ne portait pas de jugements sur Dean. Même en sachant quel métier il exerçait. Il ne chercherait pas à empêcher Castiel de rester ami avec lui.
- Il y a eu un petit incident hier lors de mon rendez-vous. L'un de mes clients est sous traitement pour l'anxiété et … il m'a donné son verre par erreur. Je l'ai bu et disons que je n'ai pas vraiment bien réagi à son médicament. J'étais … trop délirant pour rentrer chez moi. Castiel m'a ramené ici pour veiller sur moi et pour éviter que mon frère me voit dans cet état, expliqua t-il alors.
Gabriel méritait de savoir même s'il n'avait pas posé la question. Dean sentait qu'il pouvait le lui dire sans risquer qu'il lui fasse le moindre reproche. Et il sut qu'il avait eu raison quand il vit Gabriel hocher la tête et sourire à nouveau, visiblement content qu'il ait été suffisamment à l'aise pour lui expliquer la raison de sa présence.
- Castiel a toujours été comme ça. Quand il apprécie quelqu'un, il ressent le besoin de veiller sur lui ou elle. Il était déjà comme ça quand il était petit. C'est ce qui fait de lui quelqu'un de bien.
- J'ai de la chance de le compter parmi mes amis. Je sais que … enfin … je suis content de le connaître.
Gabriel but une nouvelle gorgée de son café avant de se lever pour servir le petit déjeuner. Il remplit deux assiettes avec des œufs et du bacon et en déposa une devant Dean. Il reprit ensuite place à la table.
- Pour en revenir à moi … ou plutôt à mon métier … Castiel m'a dit que tu écrivais. Il n'en a pas dit beaucoup sur le sujet mais suffisamment pour piquer ma curiosité alors … comme je te le disais, je suis toujours en quête du futur best-seller et quelque chose me dit que tu pourrais avoir des histoires intéressantes à raconter. Je serais vraiment ravi de pouvoir lire ce que tu as écrit jusque là … juste pour te donner mon avis dans un premier temps. Mais qui sait … peut être que je te proposerais de te publier ensuite.
Dean n'était pas en colère à l'idée que Castiel ait pu confier cette information à son frère même si ce n'était pas quelque chose dont il parlait souvent. Il était d'ailleurs touché par la proposition de Gabriel. Il devait reconnaitre qu'il était curieux à l'idée d'avoir l'avis d'un professionnel sur ce qu'il avait écrit. Mais il avait bien trop peur pour accepter. Peur que Gabriel juge ses écrits trop mauvais. Et il ne cherchait de toute façon pas à être publié. Il refusait de dévoiler tous ses secrets et ceux de ses clients au public.
- C'est gentil mais je … c'est juste un hobby. Quelque chose que je fais pour le plaisir. Pour passer le temps et me vider l'esprit. Je ne cherche pas à en faire mon métier. Sincèrement, je ne pense même pas être aussi doué que ça.
- Dean, tout le monde a peur. C'est parfaitement normal. C'est ton travail qu'on va juger … quelque chose qui te tient forcément à cœur. Quelque chose de personnel. Et c'est encore pire quand ça parle de nous-même … quand le sujet nous concerne directement.
Dean aurait effectivement peut-être plus facilement envisagé de partager ses écrits avec Gabriel s'il avait opté pour une œuvre totalement fictionnelle. Quelque chose qui n'aurait rien eu à voir avec lui. Mais puisque toutes ses notes concernaient son travail et ses clients, il n'en était pas capable.
- Une nouvelle fois, je te remercie pour ta proposition. Mais j'ai déjà un travail. Je gagne bien ma vie et je … je … je n'ai pas envie de prendre un quelconque risque. Je suis lié par une clause de confidentialité. Et puis, je te l'ai dit … c'est quelque chose que je fais pour passer le temps. Je veux dire … je cuisine aussi à la place parfois et je n'envisage pas plus de me lancer dans une carrière de chef alors … merci mais non merci.
Gabriel ne semblait pas avoir envie de lâcher l'affaire. Une nouvelle fois, il se montrait particulièrement têtu. Dean n'avait pas envie d'avoir un long débat sur le sujet avec lui. Il aurait même préféré qu'ils n'en parlent pas du tout. Il était bien à l'aise à l'idée de discuter de son métier, de ses clients ou de sa vie sexuelle que de ses écrits. C'était là où Dean confiait toutes les choses qu'il ressentait. Toutes ses peurs. Ses envies. Ses souhaits. Ils n'étaient destinés à être lus que par lui-même. C'était bien mieux ainsi.
- Je ne peux évidemment pas te forcer. Si tu n'en as pas envie alors je comprends. Mais si tu refuses uniquement parce que tu as peur … alors permets moi de te dire que ce n'est pas une bonne raison. Rien de bon ne nous arrive quand on se laisse dicter notre conduite par la peur qu'on ressent.
Dean se serait bien passer de la leçon de vie de Gabriel. Il était adulte et il savait parfaitement ce qui était ou non bon pour lui. Il savait que le frère de Castiel disait cela pour son bien. Qu'il avait réellement envie de l'aider. Mais il ne le connaissait pas. Il ne savait rien de sa vie. De son passé. Il n'avait pas toutes les cartes en main pour lui donner de tels conseils.
- Peut être que je le fais parce que j'ai peur ou peut être tout simplement que je le fais parce que je sens que je ne suis pas prêt ou parce que j'en ai pas envie. Peu importe. Je ne changerais pas d'avis. Et j'aimerais assez que tu n'insistes pas.
Il n'avait pas dit cela méchamment mais sur un ton suffisamment ferme pour que Gabriel comprenne qu'il ne plaisantait pas. Qu'il était vraiment temps pour lui de lâcher l'affaire. Il espérait que cela suffirait à le convaincre. Qu'il n'aurait pas besoin de s'emporter pour de bon et de partir pour qu'il comprenne.
- Message reçu Dean. Désolé d'avoir insisté. Il m'arrive d'être un peu trop … têtu. Ce n'était pas méchant. Mais il est évident que tu en as assez alors je te promets de m'arrêter. Sache juste que ma promesse tient toujours. Qu'elle n'est pas limitée dans le temps.
Dean acquiesça. Il garderait l'information dans un coin de son esprit. Il doutait toutefois que cela lui serve vraiment. Il ne se voyait pas revenir en arrière. Il ne se voyait pas changer d'avis. Mais peut-être se trompait-il ? Après tout, il ne pouvait être sûr de rien.
Il choisit de commencer à manger parce qu'il ne voyait pas quoi dire d'autre. Gabriel en fit de même et ils restèrent ainsi en silence durant quelques minutes.
Dean ne savait pas trop quoi penser du frère de Castiel. Il devait reconnaître qu'il semblait plutôt sympathique. Il était également évident qu'il était ouvert d'esprit. Il ne semblait pas gêné de partager son petit déjeuner avec un homme qui se prostituait. Il n'en tenait apparemment pas compte. Ce que Dean avait du mal à comprendre. N'importe qui à sa place aurait posé des questions ou exiger qu'il s'en aille sans demander son reste. Il éveillait trois sentiments chez les gens qu'il croisait. Le désir. La curiosité. Le dégoût. Mais pas chez Castiel. Et visiblement pas chez son frère non plus.
- Ca ne te pose vraiment aucun problème de … de partager ton petit déjeuner avec quelqu'un comme moi ?
- Quelqu'un comme toi ? Qu'est-ce que tu entends par quelqu'un comme toi ?
Dean grimaça. Gabriel le savait parfaitement. Il ne voyait pas pourquoi il voulait le lui faire dire. Mais il accepta toutefois de jouer le jeu.
- Quelqu'un qui … un prostitué … quelqu'un qui gagne de l'argent en couchant avec des inconnus.
Gabriel secoua la tête et Dean sut qu'il ne cherchait pas à le ménager pour le bien de son frère. Qu'il ne réagissait pas ainsi juste pour ne pas lui faire de peine. Ce n'était pas vraiment une surprise quand on prenait le temps d'y réfléchir. Castiel avait réagi de la même manière en le rencontrant. Il lui avait assuré ne pas porter le moindre jugement sur lui simplement parce qu'il vendait son corps. Qu'il ne le considérait pas comme moins digne de respect. Et Gabriel était sans doute pareil. Ils n'auraient pas pu être aussi proches si ça n'avait pas été le cas.
- Dean, je ne sais pas ce que d'autres ont pu te dire sur ce point mais crois moi … je me suis toujours targué de ne jamais jugé les gens sur leurs choix, leurs préférences, leur passé ou leur apparence. Je me fiche pas mal de ce que tu fais dans la vie. La seule chose qui compte à mes yeux est la façon dont tu te comportes avec mon frère. Tu le fais sourire. Tu le fais rire. Tu es son ami et c'est la seule preuve dont j'ai besoin pour savoir que tu es forcément quelqu'un de bien. Peut être qu'un autre … un idiot cruel et ignorant … t'aurait mis à la porte ou interdit de revoir son frère mais pas moi … et tu ne devrais surtout jamais laisser ce que ces gens peuvent dire ou penser te faire douter de ta valeur. Jamais.
Dean acquiesça. Il choisit de ne rien dire. Il ne voyait de toute façon pas quoi répondre. Il avait reçu le soutien et l'aval de Gabriel. Ils pourraient peut être devenir amis tous les deux un jour. Dean n'aurait pas été contre l'idée d'avoir une personne de plus pour le soutenir. Une personne de plus à ne pas le juger. A voir au-delà de son choix de carrière. A ne pas s'arrêter à ce qu'il faisait de ses journées. A s'intéresser à l'homme qu'il était vraiment et non pas à celui qu'il faisait mine d'être pour se protéger. Dean sourit en y pensant et masqua sa réaction derrière sa tasse de café. Il avait juste envie de profiter de ce moment.
Castiel ouvrit les yeux lentement, le soleil perçant à travers les rideaux de sa chambre et chauffant son visage. Il s'étira longuement. Il n'avait pas été tiré du sommeil par son réveil. Il lui fallut quelques secondes pour se souvenir qu'il ne l'avait pas allumé la veille. Il n'avait pas à travailler aujourd'hui. Il pouvait traîner au lit encore un moment.
Il roula sur le côté et étira son bras le long du matelas. Ce fut quand ses doigts effleurèrent le drap encore tiède qu'il se souvint. Dean. Il l'avait ramené chez lui la veille après que son client lui ait fait accidentellement avalé un médicament contre l'anxiété qui l'avait complètement drogué. Il avait insisté pour que Castiel ne le conduise pas à l'hôpital. Il ne voulait pas non plus inquiété Sam. Le jeune chauffeur l'avait donc conduit chez lui, déshabillé et installé dans son lit. Ils avaient parlé ensuite pendant un moment, Dean se confiant sur ses peurs. Il avait parlé librement, la drogue dans son système faisant tomber ses défenses. Castiel avait tenté de le réconforter avant de l'encourager à dormir, lui assurant qu'il veillerait sur lui. Il avait fini par s'endormir lui aussi au milieu de la nuit.
Mais Dean n'était plus là. Il n'était pas debout depuis très longtemps puisque les draps étaient encore tièdes. Il avait toutefois quitté le lit sans prévenir Castiel. Sans le réveiller et sans même lui laisser un mot sur l'oreiller.
Il avait probablement pris la fuite sans demander son reste. En se réveillant, il avait pris conscience d'en avoir trop dit et avait choisi de partir avant d'avoir à faire face à Castiel. Ce dernier pouvait le comprendre même s'il était un peu vexé que le jeune prostitué ait pu avoir peur de sa réaction.
Castiel refusait toutefois de lui en tenir rigueur. Il voulait faire en sorte d'agir comme si de rien n'était. De ne pas faire comme si cette conversation avait tout changé entre eux. Comme si cette soirée lui avait permis de comprendre qu'il était amoureux de Dean.
Il refusait même d'y penser pour le moment. Il aurait tout le temps de paniquer plus tard. Il devait avant tout s'assurer que le jeune prostitué allait bien et était rentré chez lui sans problème.
Il se décida alors à quitter son lit. Il avait besoin de café pour se réveiller complètement et réfléchir au meilleur plan d'action. Il se leva rapidement, enfila un large pull dans lequel il se sentait confortable puis sortit de sa chambre. Il espérait encore trouver un mot de Dean sur la porte. Peut être une simple note lui signifiant qu'il avait du rentrer mais que tout allait bien entre eux. Castiel n'avait pas trop d'espoir mais il avait tout de même envie d'y croire.
Il allait prendre la direction quand il entendit des voix dans la cuisine. Il reconnut immédiatement celle de Gabriel. Il n'était visiblement pas seul. Ou il avait définitivement perdu la raison et avait commencé à tenir des discussions avec lui-même. Castiel sourit à l'idée. Cela ne l'aurait même pas surpris.
Il allait entrer dans la cuisine pour se moquer de son frère quand il entendit une seconde voix. Il la reconnut aussi rapidement et elle le fit s'immobiliser, la main levée en direction de la poignée de la porte.
Gabriel n'était pas seul. Il était avec Dean. Le jeune prostitué n'avait pas pris la fuite. Il s'était juste levé pour venir prendre le petit déjeuner avec son grand frère. Castiel ne put s'empêcher d'avoir un peu peur de ce que Gabriel avait pu raconter sur lui. Il espérait sincèrement que son frère n'avait rien dit d'embarrassant sur leur enfance.
Il hésita à rentrer dans la cuisine et à les interrompre. Il n'était pas tout à fait sûr d'être capable de faire face à Dean après la veille. Lui aussi avait été chamboulé par ce qu'ils s'étaient dit. Et par la révélation qu'il avait eu sur ses sentiments. Il était content de voir que le jeune homme n'avait pas pris la fuite. Mais il ne savait pas non plus comment se comporter avec lui. Il prit toutefois son courage à deux mains et poussa finalement la porte.
- Cassie ! On n'attendait plus que toi … ou plutôt non, on ne t'a pas vraiment attendu. Mais dans tous les cas, le café est chauf et tu as des œufs sur la cuisinière.
Castiel remercia son frère d'un signe de la tête avant de se servir. Il prit finalement place à la table à son tour et but une longue gorgée de café pour se réveiller. Il pouvait sentir le regard de Dean sur lui. Et le silence était pesant dans la pièce. Il leva les yeux en direction de son frère puis jeta un coup d'œil au jeune prostitué. Tous les deux semblaient à l'aise. Il était étrange de voir Dean dans sa cuisine. De le voir aussi détendu dans un endroit où Castiel n'avait jamais pensé le voir. C'était à la fois surprenant et domestique. C'était quelque chose qu'il aurait aimé revivre. Sans Gabriel cette fois. Il chassa toutefois cette idée de sa tête aussitôt.
- Tu as bien dormi ? demanda alors Dean.
Castiel fut surpris qu'il lui adresse ainsi la parole. Il avait pensé que le jeune prostitué serait très mal à l'aise avec lui après ses confessions de la veille. Bien sûr, il pouvait juste avoir décidé de jouer le jeu pour Gabriel. Pour ne pas soulever de questions gênantes. Castiel fut toutefois soulagé qu'il lui parle et il se détendit un peu plus à son tour.
- Très bien oui. Mais c'est sans doute moi qui devrais te poser la question, répondit-il.
Dean hocha la tête en souriant.
- J'ai tout raconté à ton frère parce qu'il semblait s'être fait de fausses idées sur la raison de ma présence dans ton lit cette nuit. Et pour répondre à ta question, j'ai bien dormi oui. Et je me sens … bien mieux ce matin. Prêt à rentrer chez moi et à faire face aux questions de mon frère.
Castiel se doutait que Sam serait curieux de d'avoir pourquoi son frère n'était pas rentré. Il se demandait ce que Dean allait lui dire. S'il mentirait ou choisirait de tout lui raconter.
- Je tiens ici à préciser que je ne m'étais fait aucune idée. Parce que ce que vous faites ne me regarde pas. J'étais curieux bien sûr mais je n'aurais pas posé la question. Je ne suis pas aussi malpoli que ça. J'ai juste invité Dean à prendre le petit déjeuner parce que je suis un bon hôte.
Castiel était presque sûr que son frère mentait. Il s'était effectivement imaginé des choses. Il avait du penser que Dean et lui avaient couché ensemble. Il ne lui en voulait pas. C'était dans sa nature. Il était juste content de voir qu'il avait réussi à mettre Dean suffisamment à l'aise pour le convaincre de rester. Et pour le pousser à expliquer la raison de sa présence. Gabriel pouvait être déstabilisant quand on ne le connaissait pas. Mais il pouvait également être extrêmement délicat et sensible. C'était pour ça que Castiel l'aimait tant.
- Et même si j'aimerais pouvoir continuer à parler avec vous parce que je sais que Dean et moi finiront par devenir de très bons amis … je dois me préparer pour aller travailler. Tout le monde n'a pas le luxe d'arranger son emploi du temps comme bon lui semble. Je suis attendu et je suis ponctuel. Messieurs … profitez de votre petit déjeuner. Je file sous la douche.
Castiel remercia son frère d'un petit sourire que Gabriel sembla apprécier. Il se leva de sa chaise, ébouriffa les cheveux de son petit frère parce que c'était plus fort que lui avant de tapoter gentiment l'épaule de Dean et de quitter la pièce. Le jeune prostitué le regarda faire, visiblement amusé par son comportement avant de reporter son attention sur Castiel.
- Il est drôle, commenta t-il.
- C'est un imbécile mais il a ses bons côtés aussi. J'aimerais juste qu'il arrête de m'appeler Cassie … surtout devant des gens. Mais j'ai beau eu essayé de le convaincre d'arrêter, il recommence à chaque fois. Juste pour m'embêter.
- C'est le privilège des grands frères. J'appelle Sam Sammy en permanence et seulement parce que je sais qu'il déteste ça.
Castiel supposait que c'était inévitable. Il n'était pas vraiment ennuyé par ce surnom. Il savait que Gabriel l'appelait ainsi avec affection. C'était juste devenu un petit jeu entre eux. C'était ainsi que leur relation fonctionnait.
- Je devrais songer à filer moi aussi, finit par déclarer Dean après quelques secondes. Sam va finir par se poser des questions et contrairement à ton frère … lui va aussitôt se faire des idées.
Castiel savait que le départ de Dean était inévitable. Ils n'allaient certainement pas passé la journée ensemble. Mais il n'était pas encore prêt à le laisser filer. Il voulait tenter d'aborder le sujet de ce qui s'était passé la veille pendant qu'il le pouvait encore. Il espérait juste que Dean ne le prendrait pas mal.
- Loin de moi l'idée de te retenir inutilement mais j'aurais aimé … enfin si tu le veux bien … j'aurais aimé parler quelques minutes avec toi de … je ne sais pas si tu te souviens de tout mais …
- Cas … je … je n'étais pas dans mon état normal hier. Alors rien de ce que j'ai pu te dire ne doit être retenu contre moi.
Dean avait dit cela comme s'il cherchait à se défendre contre une attaque. Castiel n'avait toutefois pas l'intention de se servir de ce qu'il avait entendu contre lui. Jamais il n'aurait fait quelque chose d'aussi cruel. Et Dean aurait dû le savoir. Mais il savait qu'il avait juste peur d'avoir été trop vulnérable. D'avoir semblé trop faible aux yeux de Castiel.
- Ce n'est pas ce que je voulais faire. Loin de moi l'idée de te faire du chantage ou de te mettre mal à l'aise en me servant de ce que tu as pu me dire. Je voulais juste m'assurer que tout allait bien entre nous après cette nuit. Que tu n'étais pas … trop mal à l'aise ou … enfin que cela n'allait rien changer entre nous.
C'était son inquiétude principal. Les choses avaient peut être changé pour lui puisqu'il avait compris qu'il était amoureux de Dean. Mais il ne voulait surtout pas que leur relation soit impactée. Il tenait à leur amitié. Il ne voulait surtout pas la perdre.
- Je sais que … je sais ce que je te dois Cas. Je te suis reconnaissant d'avoir veillé sur moi et d'avoir une nouvelle fois volé à mon secours. Je sais aussi que je peux compter sur toi. Alors bien sûr, j'aurais … j'aurais vraiment préféré ne pas te dire toutes ces choses mais ça ne changera rien entre nous. Nous sommes amis et nous le resterons. Tu n'as aucun souci à te faire de ce point de vue-là.
- Tu n'as rien dit de … enfin de vraiment compromettant si c'est ce qui t'inquiète. Tu n'as aucune raison d'être gêné ou mal à l'aise. On peut parfaitement faire comme si rien de tout ça ne s'était passé. Ca me va. On en parlera plus si cela peut te rassurer. J'avais juste besoin d'être sûr que tu … que tu ne chercherais pas à prendre tes distances.
- Je n'en ai pas l'intention. Et merci … pour hier et pour ce que tu viens de me dire. Ca compte beaucoup pour moi.
Castiel lui sourit alors, soulagé. Il aurait aimé pouvoir parler plus longuement avec Dean. Peut être discuté à nouveau de ce qu''il lui avait confié. Mais il était évident que le jeune prostitué n'en avait pas envie. Et Castiel venait de lui promettre de ne plus abordé le sujet. Il allait tenir sa promesse. Même si c'était frustrant pour lui.
Dean finit par quitter la table pour aller se préparer. Castiel lui indiqua la direction de sa salle de bains et le regarda ensuite sortir de la pièce. Il aurait vraiment tout donné pour que le jeune prostitué choisisse de rester un peu plus longtemps avec lui. Il était triste de le voir partir aussi rapidement. Mais il savait que cette fois, Dean ne prenait pas la fuite. Il devait vraiment rentrer pour rassurer Sam.
- Tu sais … on dit qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Je sais ce que je t'ai dit sur Dean la seule fois où je l'ai vu et je le regrette. Il s'est effectivement comporté comme un imbécile la dernière fois mais … je l'aime bien. C'est … il y a quelque chose de touchant chez lui. Il me donne envie de l'envelopper dans une couverture et de le protéger de tout et de tout le monde.
Castiel n'avait pas entendu son frère rentrer dans la pièce et il sursauta en l'entendant parler. Il n'était toutefois pas surpris par ce qu'il venait de lui dire. Il ressentait quelque chose de similaire pour Dean. Lui aussi avait envie de le protéger. De veiller sur lui. Il pouvait jouer les durs autant qu'il le souhaitait, il était facile de voir que ce n'était qu'une façade.
- Je suis amoureux de lui, déclara t-il alors sans réfléchir.
Ce n'était définitivement pas ce qu'il avait voulu dire. Il n'avait pas songé se confier ainsi aussi rapidement à Gabriel. Mais il ne le regrettait pas pour autant. Il avait besoin de le dire. Même s'il ne pouvait pas le faire à la personne concernée directement.
- Je sais … c'est évident. Ca se voit dans la façon que tu as de le regarder. Mais si ça peut te rassurer, je suis sûr que lui n'en a pas conscience.
Castiel était effectivement soulagé. Il ne voulait pas que Dean sache. S'il devait l'apprendre, il voulait que cela vienne de lui. Il ne pensait toutefois pas le lui dire un jour. Il était presque sûr que Dean prendrait la fuite en l'apprenant. Il n'y avait aucune chance pour que ses sentiments soient un jour réciproques. Il allait devoir les enfouir en lui et les ignorer autant que possible.
- Et je peux sentir qu'il tient à toi. Je ne le connais pas suffisamment pour te dire s'il … s'il ressent la même chose. Je l'espère sincèrement. Je détesterais te voir souffrir.
- Il ne veut pas … il me l'a dit … il ne veut pas d'une relation sérieuse. Il ne pense pas le mériter ou en être capable. Je ne pense même pas qu'il croit en l'amour. Alors je sais que mes sentiments ne seront jamais réciproques et je sais que je finirais par souffrir. Je ne peux que m'y préparer et laisser les choses se faire. Je ne peux pas cesser de l'aimer pour m'épargner tout ça.
Gabriel posa la main sur son épaule et Castiel se sentit aussitôt soutenu. Il avait de la chance d'avoir son frère. Il était toujours là pour lui. Toujours là pour le soutenir, lui changer les idées ou le réconforter. Il allait avoir besoin de lui dans les prochains jours.
- Je peux rester là aujourd'hui si tu veux. On pourrait passer la journée à ne rien faire en se gavant de gâteaux et de sucreries. Ca pourrait être sympa.
Castiel savait que son frère le ferait sans hésiter une seule seconde s'il le lui demandait. Mais il ne voulait pas le forcer à rester. Il allait bien. Il avait conscience de la situation et il était tout à fait prêt à y faire face. Cela changerait peut être avec le temps. Ses sentiments finiraient sans doute par le faire souffrir. Mais ce n'était pas le cas pour le moment.
- C'est gentil Gabe mais ça va aller. Tu as du travail et moi des heures de sommeil en retard. Je pense que je vais retourner me coucher. On pourra parler ce soir.
- Tu es sûr ? Je te promets que ça ne me dérange pas de rester.
- Je suis sûr.
Gabriel se baissa alors pour l'embrasser sur le sommet du crâne. C'était quelque chose qu'il n'avait pas fait depuis un moment maintenant. Un geste qu'il avait souvent utilisé quand ils étaient enfants et que Castiel était triste. Le jeune chauffeur sourit à ce geste, content de voir que son grand frère était là pour lui.
- Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux m'appeler.
- Je le ferais si c'est nécessaire.
Gabriel lui tapota l'épaule à nouveau avant de s'éloigner pour remplir son thermos de café. Il y ajouta bien trop de sucre au goût de Castiel avant de le saluer de la main et quitter la cuisine à nouveau. Castiel l'entendit ouvrir et fermer la porte de l'appartement. Il reporte son attention sur son café qu'il termina puis sur ses œufs qu'il commença doucement à manger. Dans le silence de l'appartement, il pouvait entendre le bruit de la douche. Il s'autorisa quelques secondes pour penser à Dean à l'intérieur. Nu et mouillé. C'était une image digne des meilleurs fantasmes. Mais Castiel ne pouvait pas trop s'y attarder. Il refusait d'utiliser le jeune prostitué ainsi. De l'objectiver comme tant d'autres le faisaient en raison de son choix de carrière. Il n'était pas seulement attiré physiquement par lui. Il était amoureux. Et à ses yeux, Dean était bien plus qu'un corps parfait. Il était un homme extraordinaire. Un homme qui avait souffert mais avait su se relever à chaque fois. Un homme admirable qui aurait pu servir d'exemple à bien d'autre. Il était tout simplement parfait.
Castiel chassa également ces idées de sa tête parce qu'elles étaient bien trop dangereuses. Après quelques minutes, il entendit Dean couper l'eau. Puis, un moment plus tard, le jeune prostitué sortit de la salle de bains. Castiel se leva de sa chaise et l'attendit dans l'entrée. Quand Dean le rejoignit, il avait les cheveux humides et les joues un peu rouges. Il était habillé dans ses vêtements de la veille et sembla en forme.
- Tu diras merci à ton frère pour le petit déjeuner et … pour enfin … pour m'avoir convaincu de ne pas fuir comme je prévoyais de le faire en me réveillant. Et … enfin merci à toi une nouvelle fois. Je … je t'appellerais plus tard pour te donner notre emploi du temps des prochains jours.
Dean semblait un peu mal à l'aise. Castiel ne savait pas si c'était parce qu'il ne savait pas comment partir et clore la conversation ou si c'était parce qu'il avait eu le temps de réfléchir et de paniquer sous la douche. Il choisit toutefois de ne pas s'y attarder. Dean lui avait assuré que rien n'allait changer entre eux et il devait le croire. Il voulait lui faire confiance. Ils avaient peut être juste besoin de quelques heures loin l'un de l'autre pour que tout rentre naturellement dans l'ordre.
- J'attends ton coup de fil alors. Salue Sam de ma part.
- Je le ferais dès qu'il en aura terminé avec son interrogatoire.
- Bonne chance alors.
Dean acquiesça en souriant avant de se pencher sensiblement en avant. Castiel fronça les sourcils. Il eut, pendant une très courte seconde, l'impression que Dean allait l'embrasser. Sur la joue sans doute. Mais ça aurait définitivement bizarre. Le jeune prostitué dut s'en rendre compte aussi puisqu'il recula finalement brusquement avant de s'approcher de la porte. Il l'ouvrit et fit une dernière fois face à Castiel.
- Bonne journée Castiel.
- Bonne journée Dean.
Le jeune prostitué tourna finalement les talons et s'éloigna. Castiel ne put s'empêcher de le suivre des yeux. Il ne détourna le regard que lorsque Dean fut devint l'ascenseur et qu'il existe un risque qu'il se retourne et se rende compte que Castiel le dévisageait. Il n'aurait pas su comment expliquer un tel comportement. Il rentra donc dans l'appartement et referma la porte derrière lui. Il n'avait pas le courage de s'occuper de la vaisselle pour le moment. Il était encore fatigué et il avait de toute façon toute la journée pour le faire. Il rejoignit donc sa chambre à la place et se laissa tomber sur le lit. Sans réellement s'en rendre compte, il s'installa du côté où Dean avait dormi. Il utilisa son oreiller et ne put s'empêcher d'enfouir son visage dedans. Il ferma ensuite les yeux et prit quelques secondes pour songer à tout ce qui s'était passé ces derniers jours. Il savait qu'il allait probablement avoir quelques difficultés à ignorer ses sentiments quand il serait de nouveau seul avec Dean. Il serait probablement jaloux quand il le laisserait avec ses clients. Mais il tenait bien trop à leur amitié pour tout gâcher. Il devait tenir bon et faire face. Il en était capable. Il était plus fort qu'il ne le pensait. Et le jeu en valait clairement la chandelle.
