Bonjour,

Me voici de retour. Certain(e)s d'entre vous ont du se demander pourquoi je ne postais plus. La réponse est simple : avec ce qui se passe en ce moment en France, j'avais des tonnes de choses à gérer et à organiser pour adapter ma façon de travailler au confinement !

Je vais bien. Je n'ai pas attrapé ce virus qui continue de se propager. Mes proches non plus. Je m'estime chanceuse. J'espère qu'il en va de même pour vous tous et toutes.

La situation m'oblige à changer mes habitudes. Je n'aurais plus autant de temps à consacrer à l'écriture. Mais je continuerais de poster au rythme d'un chapitre par semaine. Je suis désolée de ne pas pouvoir faire mieux mais comme tout le monde, il me faut gérer cette nouvelle vie pendant les quelques semaines à venir.

Prenez soin de vous et de vos proches. Suivez les consignes du Gouvernement. Restez chez vous. Faites en sorte que ce virus ne se propage plus et que nous puissions tous reprendre une vie normale !

Et merci mille fois de continuer à me lire et à m'écrire. Vous êtes tous géniaux.

Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Sydney8201

Musique du chapitre :

Lead me out of the dark de Crowd the Empire

Chapitre 28 : Se changer les idées

« Il existe deux choses qui empêchent une personne de réaliser ses rêves : croire qu'ils sont irréalisables, ou bien, quand la roue du destin tourne à l'improviste, les voir se changer en possible au moment où on l'on s'y attend le moins. »

Paulo Coelho

Ellen avait mis en place un système presque sans faille qui permettait à Dean de se faire une idée précise de ses clients avant d'accepter de coucher avec eux. Elle se chargeait des premiers entretiens pour ne pas lui faire perdre de temps puis lui demanda d'assister au second. Cela lui offrait la possibilité de discuter de ses limites avec son futur client. D'entendre ce qu'il voulait et ce qu'il aimait. Ils établissaient ensemble un contrat qui actait ce dont ils avaient longuement parlé. Et Dean pouvait ensuite accepter un premier rendez vous seul à seul avec son client.

Il n'avait fait que très peu d'erreurs de jugement par le passé. Il avait choisi chacun de ses clients en se fiant à son instinct. Et s'il lui avait fait défaut une fois, il n'envisageait pas de changer de système pour autant.

Il n'acceptait que les clients qui assuraient vouloir respecter ses limites. Ceux qui semblaient avoir vraiment besoin de lui. Qui se montraient sincères et qui répondaient aux questions sans rien cacher.

Il avait également tendance à accepter les clients qui paraissaient désespérés. Ceux qu'aucun de ses collègues n'auraient accepté de prendre. Parce qu'ils étaient trop âgés, trop peu séduisants ou un peu étranges et maladroits. Il voulait les aider. Leur offrir un service qu'il pensait être le seul à accepter de leur offrir.

C'était pour cela qu'il avait accepté de rencontrer Charles et de le prendre comme client. Il lui avait semblé sympathique et ne représentait pas de danger. Il n'avait aucune exigence particulière et n'avait aucune demande qui sortait de l'ordinaire. Il souhaitait juste avoir un peu de compagnie entre deux rendez vous professionnels. Quelqu'un qui saurait l'écouter et accepterait de coucher avec lui sans qu'il ait à faire le moindre effort pour le séduire.

Il n'était pas particulièrement timide mais il avait du mal à convaincre un homme de passer plus de quelques minutes avec lui. Dean avait rapidement compris pourquoi.

Charles n'était pas très à cheval sur l'hygiène. Il transpirait beaucoup et ne prenait pas la peine de se doucher quand il rencontrait quelqu'un. Dean n'aimait pas l'idée de coucher avec quelqu'un comme lui. Mais Charles le touchait. Il avait de la peine pour lui. Et il proposait une somme d'argent folle pour se payer les services du jeune prostitué. Il avait fini par accepter.

Lors de son premier rendez-vous, il avait heureusement réussi à convaincre Charles de prendre une longue douche avec lui. Il avait fait en sorte de la rendre intéressante et excitante pour lui. Puis, quand ils en étaient sortis, coucher avec lui n'avait finalement pas été différent de coucher avec un autre client.

C'était devenu leur routine depuis et cela fonctionnait à merveille.

Quand il apprit que Charles demandait à le voir après de longues semaines de silence, il était presque content. Son client était facile à satisfaire et si le sexe n'était pas génial, il n'exigeait pas de lui qu'il fasse beaucoup d'efforts. C'était un rendez vous simple qu'il savait parfaitement comment aborder.

Il expliqua toutefois à Castiel ce qu'il en était pour que son ami n'exige pas de tout annuler en voyant Charles. Il ne sembla pas ravi par ce qu'il entendit mais il ne protesta pas. Il avait confiance en Dean pour savoir quand un client représentait un danger ou non. Et Charles était parfaitement inoffensif.

Leur rencontre, si elle se déroula sans accroc majeur, fut tendu. Dean sentit très vite que la présence de Castiel était un problème pour Charles. Il ne semblait pas ravi de voir qu'on ne lui faisait pas vraiment confiance. Castiel, de son côté, n'était pas ravi par l'odeur qui émanait du client de Dean.

Le jeune prostitué dissipa la tension en assurant à Castiel que tout irait bien avant de lui faire signe de les laisser. Son ami l'écouta et quitta la chambre rapidement. Il était évident qu'il le faisait à contre cœur. Dean se promit de lui demander pardon quand il le retrouverait.

Il devait toutefois avant tout s'occuper de Charles. Il ne perdit pas une seconde et se déshabilla sous le regard avide de son client. Il lui fit ensuite signe de le suivre dans la salle de bains. Mais à sa grande surprise, Charles refusa pour la première fois depuis qu'ils avaient commencé à se voir. Dean tenta de le convaincre en lui promettant qu'il ne le regretterait pas. En lui proposant tout ce qu'il aimait et un long bain relaxant ensuite. Mais il se heurta à un nouveau refus.

Il aurait pu tout annuler. Expliquer à Charles que dans ces circonstances, il refusait de coucher avec lui. Il pouvait toutefois sentir que son refus était du à la venue de Castiel. De sa grimace de dégoût quand il l'avait rencontré. Charles était vexé et Dean ne pouvait s'empêcher de penser que c'était en grande partie de sa faute. Il ne voulait pas lui faire plus de peine en lui refusant ce rendez-vous. Il allait prendre sur lui.

Avec un peu de chance, Charles accepterait de le prendre par derrière. Dean pourrait alors enfouir son visage dans un oreiller et ne pas avoir à sentir son odeur. Il s'installa à quatre pattes sur le matelas et secoua les fesses pour l'encourager à le faire. Mais une nouvelle fois, Charles ne se laissa pas faire. Il exigea de Dean qu'il lui fasse une fellation. Ce n'était pas quelque chose que le jeune prostitué aimait vraiment faire avec ses clients mais il ne refusait jamais. Ce n'était pas non plus une de ses limites. Il le regrettait à présent. Car l'idée de prendre le sexe de Charles dans sa bouche le dégoûtait.

Il accepta pourtant sans protester. Parfois, il était lui-même surpris de voir ce qu'il était capable d'accepter. Ce qu'il était prêt à faire contre une belle somme d'argent. Il parvenait la plupart du temps à se convaincre qu'il le faisait parce qu'il avait de la peine pour ses clients. Parce qu'il était touché par eux. Mais il commençait à se demander s'il n'acceptait pas presque tout uniquement parce qu'il n'avait aucune estime de lui-même. Parce qu'il était prêt à tout contre de l'argent.

Il chassa cette idée de sa tête alors que Charles se déshabillait. Il ne devait surtout pas se laisser distraire. Plus vite il ferait ce que son client lui demandait et plus vite tout serait fini. Il tenta de penser à autre chose alors que Charles guidait son sexe dans sa bouche. Il tenta d'ignorer l'odeur de transpiration qui emplit ses narines. Il tenta enfin d'ignorer le goût de sa peau dans sa bouche.

C'était pire que tout et il eut les pires difficultés du monde à ignorer la nausée qui montait en lui. Il essaya de faire en sorte que cela aille le plus rapidement possible en employant toutes les techniques qu'il avait apprises au fil des ans et qui fonctionnaient sur tous les hommes. Charles, cependant, ne voulait pas jouir trop vite. Il semblait tout à fait satisfait de faire aller et venir son sexe entre les lèvres de Dean sans pour autant chercher à atteindre l'orgasme.

C'était une torture. Le jeune prostitué arrivait d'ordinaire assez facilement à s'échapper de son propre corps et à s'imaginer ailleurs. Mais il n'y parvenait pas cette fois. Et il n'était pas sûr qu'il pourrait aller jusqu'au bout.

Heureusement pour lui, après ce qui sembla être une éternité, Charles se lassa de ce qu'ils faisaient et se retira de sa bouche. Il s'allongea sur le lit puis exigea de Dean qu'il grimpe sur lui et s'empale sur son sexe. Le jeune prostitué ne s'était jamais senti aussi mal avec son client. D'ordinaire, Charles faisait en sorte de ne surtout pas le traiter comme un objet. Mais il était vexé et en colère et il ne semblait pas se soucier de ce que Dean pouvait ressentir en recevant de tels ordres de sa part.

Il fit quand même ce qu'il lui demandait et après s'être rapidement préparé lui-même, il s'empala sur le sexe de son client. Il commença à bouger sans perdre une seconde. Il ferma les yeux et tenta de s'imaginer ailleurs. N'importe où. Avec Castiel. Avec Sam. Ou juste chez lui, là où cette odeur atroce ne s'imposerait pas à lui. Il ne prenait aucun plaisir. Et Charles ne semblait pas s'en soucier.

Il finit heureusement par jouir et Dean put s'éloigner de lui. Il n'avait, de son côté, même pas réussi à avoir une érection. Il était toutefois soulagé que cela soit terminé. Charles l'ignora alors qu'il se rhabillait et le jeune prostitué en profita pour foncer prendre une longue douche dans la salle de bains. Quand il en ressortit, son client n'était plus là.

Dean avait pris avec lui la petite bouteille de bain de bouche fournie par l'hôtel. Il l'utilisa jusqu'à ce qu'elle soit entièrement vide. Cela ne suffisait pas à effacer le gout dans sa bouche ou à lui faire oublier la sensation des mains moites de Charles sur son corps. IL allait avoir besoin de plus que de ça.

Il quitta la chambre rapidement et rejoignit Castiel dans le hall. Il ne lui adressa pas la parole. Il avait la nausée et il ne pouvait pas faire comme si de rien n'était pour le moment. Ils montèrent en voiture et Dean ne brisa le silence que lorsqu'il aperçut l'enseigne d'un pub quelques rues plus loin.

- Arrête toi là s'il te plait, demanda t-il.

Castiel fit ce qu'il lui demandait et Dean sauta de la voiture dès qu'ils furent garés. Il entra dans le bar, commanda un whisky et le but d'une traite. Il venait de commander un second verre quand Castiel le rejoignit enfin.

- Je me souviens t'avoir entendu dire que tu ne buvais jamais quand tu travailles … et loin de moi l'idée de te reprocher ce que tu es en train de faire mais … je ne voudrais pas que tu le regrettes ensuite et … c'est toi qui répètes toujours que l'alcool n'est pas une solution à nos problèmes.

Dean le pensait effectivement. Après avoir vu son père sombrer dans l'alcool à la mort de sa femme, il s'était promis de ne jamais commettre la même erreur. Il ne buvait que très rarement et toujours en petite quantité. Il se contentait d'une bière ou deux. Jamais d'alcool fort. Il avait bien trop peur que l'alcoolisme de son père soit inscrit dans ses gênes également.

- Ce n'est pas … je ne cherche pas à oublier quoi que ce soit … juste à chasser le goût horrible que j'ai dans la bouche. C'est ce whisky ou vomir tripes et boyaux dans la voiture.

- Tu … Dean, je suis … qu'est-ce qui s'est passé dans cette chambre exactement ?

Dean n'avait pas envie d'en parler. Il ne voulait plus jamais y penser. Mais Castiel lui avait posé une question et il devait y répondre. Son ami était inquiet pour lui et le jeune prostitué ressentait le besoin de le rassurer. Il allait bien. Il avait juste besoin de quelques minutes et de quelques verres.

- Je crois qu'il n'a pas apprécié que tu sois là. Ce n'est pas quelqu'un de méchant mais il … il sait qu'il … il a conscience de son problème et je pense qu'il a lu lire sur ton visage que cela te gênait. Il a été vexé.

- Est-ce qu'il t'a fait du mal ?

Dean n'était pas surpris que ce soit ce à quoi son ami pense en premier. Il se souciait du bien être de son ami avant tout.

- Non, il n'a rien fait qui ne soit pas autorisé par le contrat qu'on a signé ensemble. Mais … je viens de passer de trop longues minutes avec son sexe dans la bouche et … est-ce que j'ai vraiment besoin de te faire un dessin ou est-ce que tu vois où je veux en venir ?

Castiel finit par s'installer au bar à côté de lui. Dean but une gorgée de son verre. Il aurait voulu pouvoir le boire cul sec mais il savait que cela le rendrait ensuite inapte à continuer sa journée. Il n'avait pas l'habitude de boire de l'alcool fort. Un verre était déjà trop, surtout bu aussi rapidement. Un second serait de trop. Il devait prendre son temps.

- Non, je … j'imagine que ça n'a pas du être facile pour toi et je … je m'en veux de t'avoir laissé avec lui. J'aurais du tout annuler. Mais tu … tu ne semblais pas avoir envie que je le fasse et je t'ai promis de te faire confiance alors …

Dean ne voulait surtout pas que Castiel puisse se reprocher quoi que ce soit. Il n'était pas responsable de ce qui venait de lui arriver.

- Tu as eu raison de le faire. C'était ce que je voulais. Charles n'est pas … il n'est pas méchant. Il n'est pas dangereux. Le plus souvent j'arrive assez facilement à le convaincre de prendre une douche avec moi avant de faire quoi que ce soit d'autre. Mais il était … cette fois, il a refusé et j'ai du … j'ai du faire avec. J'ai du le laisser mettre son sexe dans ma bouche. J'ai du accepter qu'il exige de moi que je le chevauche jusqu'à ce qu'il jouisse en moi. J'avais son odeur sur moi … en moi et je ne pouvais pas … même la douche que j'ai prise avant n'a pas suffi à l'effacer. J'avais besoin de plus. Je … je suis désolé. J'aurais dû te le dire avant de sauter de la voiture comme je l'ai fait.

Il tourna enfin le visage en direction de Castiel et se força à lui sourire. Il ne voulait surtout pas que la situation prenne une torture dramatique. Il allait bien ou du moins, il irait bien quand il aurait fini son second verre. Il était inutile que Castiel s'inquiète pour lui. Cela faisait partie des risques du métier. Il les avait accepté depuis le début.

- Tu ne devrais pas avoir à accepter ce genre de choses Dean. Ce n'est pas … c'est un manque de respect. Tu vaux mieux que ça et il … il aurait du le savoir. Je n'aime pas l'idée d'avoir pu lui faire de la peine. Je ne cherchais pas à me moquer mais Dean … personne ne devrait avoir à subir ça.

Dean n'avait jamais envisagé les choses sous cet angle avant ce jour. Il ne s'était jamais demandé s'il méritait mieux que ce qu'on lui faisait. C'était son métier. Il n'était pas là pour lui. Il était là pour satisfaire ses clients. Seul leur bien être comptait. Mais Castiel avait raison. Ce n'était pas parce qu'il était payé pour coucher avec eux qu'il devrait tout accepter. Il ne devait surtout pas oublier qu'il restait un être humain qui méritait le respect malgré tout.

- Je sais que tu as raison et je … jamais plus je ne le laisserais me traiter comme ça … lui ou qui que ce soit d'autre d'ailleurs mais … ce qui est fait est fait et … j'ai juste besoin d'effacer ce goût de ma bouche avant de pouvoir être d'attaque à nouveau.

Castiel secoua aussitôt la tête et Dean, fronça les sourcils, surpris par sa réaction.

- Non Dean, ce dont tu as besoin c'est de prendre le reste de ta journée. Je sais que tu vas me dire non et je sais que tu n'aimes pas faire faux bond à tes clients mais … tu mérites de prendre un peu de temps pour toi après ce que tu as subi. C'est un ordre et je sais qu'Ellen serait du même avis que moi. Je vais d'ailleurs l'appeler pour le lui dire. Toi, tu vas finir ton verre et ne surtout pas protester d'accord ?

Quelques jours plus tôt, Dean aurait dit « non » malgré tout. Il n'aurait pas accepté de suivre cet ordre. Il aurait refusé que Castiel prenne ainsi le contrôle sur sa journée. Mais il avait changé depuis qu'il avait pris conscience de ses sentiments pour son ami. Il avait évolué. Il n'avait plus la même image de lui-même. Il voulait croire qu'il méritait effectivement mieux. Et cela le poussa à accepter de se soucier de lui-même pendant au moins quelques heures.

- Je … d'accord Cas. Tu … tu as probablement raison et … je n'ai pas vraiment envie de voir un autre client apprès … après Charles.

- Attends moi ici. Je reviens.

Dean sourit en regardant son ami s'éloigner téléphone à la main. Il espérait qu'Ellen accepterait de lui accorder sa journée. Qu'elle ne penserait pas bêtement qu'il s'agissait là uniquement d'une tentative pour passer plus de temps avec Castiel. Car même s'il comptait passer le reste de la journée avec lui, ce n'était pas sa motivation première. Il avait envie de penser à lui avant tout. De s'occuper de lui. Il ne méritait pas qu'on l'utilise comme Charles l'avait fait. Il ne méritait pas d'avoir à mettre son bien-être, son estime de lui-même et son confort entièrement de côté juste parce qu'on le payait. Il était grand temps qu'il change de façon de faire. Qu'il apprenne à avoir du respect pour lui-même avant d'en avoir pour les autres. C'était quelque chose que Castiel lui avait appris et que Dean voulait absolument appliquer à compter de maintenant.

Il sourit en terminant doucement son verre. Il laissa l'alcool effacer le gout de Charles dans sa bouche. Il venait tout juste de le terminer quand Castiel revint, un sourire sur les lèvres. Visiblement, Ellen avait du donner son accord. Ils allaient pouvoir passer le reste de la journée ensemble sans avoir à se soucier de quoi que ce soit d'autre.

- Je déduis de ton large sourire que les nouvelles sont bonnes, lança t-il quand Castiel fut à nouveau installé à côté de lui.

Ce dernier prit sa main et la serra dans la sienne une seconde. Dean fut déçu quand il la relâcha quelques instants plus tard. Il avait raison de le faire. Ils n'avaient pas la moindre idée du degré d'ouverture d'esprit des clients du bar. Il était préférable de ne pas prendre le moindre risque.

- Ellen m'a ordonné de veiller sur toi. Et a également exigé que je t'interdise de revoir Charles. Mais on sait tous les deux que je ne t'interdirais jamais quoi que ce soit donc … tu verras avec elle directement. Je préfère ne pas m'en mêler.

Dean sourit, amusé. Il pouvait comprendre les réticences de Castiel à dire « non » à Ellen. Après leur dernière entrevue, il était déterminé à lui faire plaisir. A ne surtout plus jamais vivre une situation similaire.

- Sam n'est pas là aujourd'hui. Il … il est en cours toute la journée et il sort avec Jess ce soir alors … on pourrait peut être passer la journée chez moi. Manger un morceau ensemble ce soir.

Castiel sembla ravi par sa proposition. Dean était soulagé de voir qu'il semblait en avoir autant envie que lui. C'était bon signe. Il avait peur parfois que son ami finisse par se lasser. Qu'il finisse par rencontrer quelqu'un qui saurait lui apporter quelque chose d'autre. Il savait que c'était probablement inévitable. Il espérait juste que cela soit le plus tard possible.

- Je serais ravi de passer la journée avec toi. Je vais me charger de te changer les idées … de te faire oublier ce que ce porc t'a fait subir.

Dean fut surpris de sentir la colère dans la voix de Castiel. Il faisait en sorte de la contenir le plus souvent. Pour ne pas faire sentir aux clients du jeune prostitué ce qu'il ressentait. Pour être le plus professionnel possible. Il semblait toutefois avoir atteint sa limite aujourd'hui.

- Le simple fait de passer du temps avec toi me suffit à oublier. Et franchement, je n'ai pas vraiment envie d'y penser à nouveau ou d'en parler. C'est … maintenant que j'y pense, je trouve ça plutôt humiliant. Je me suis laissé faire et je … j'aurais dû dire « non ».

- Dean, tu as fait ce que tu pensais avoir à faire. C'est ce type qui devrait avoir honte. Et franchement, j'aimerais avoir l'opportunité de le lui dire en face.

Dean, de son, côté préférait nettement que cela ne soit pas le cas. Il ne reverrait jamais Charles. Laisser Castiel lui hurler dessus pendant des heures ne servirait à rien. Il préférait de loin passer à autre chose. Penser à autre chose également. Castiel était la meilleure des distractions. Il avait le pouvoir de lui faire tout oublier. De l'aider à voir les choses de façon positive. Il l'aimait en grande partie pour ça. Et pour tout un tas d'autres raisons également.


Castiel s'était toujours promis de ne jamais juger les gens sur leur apparence, leur couleur de peau, leur sexualité ou leur handicap. Il s'y était tenu. Il détestait ceux qui portaient un jugement arbitraire sur une autre personne uniquement parce qu'elle était noire, musulmane, homosexuelle ou dans un fauteuil roulant. Il traitait tout le monde de la même façon. Il refusait d'être aussi intolérant et injuste.

Il avait lui-même été ostracisé dans certaines circonstances en raison de son homosexualité. Il n'avait jamais été la victime d'une attaque violente. Mais il avait du apprendre à encaisser les insultes et les regards moqueurs. Il savait combien être jugé sur quelque chose qu'on ne choisissait pas pouvait être douloureux et destructeur.

Il s'était donc toujours juré de ne se faire une opinion sur les autres qu'en étudiant leurs actes. Leur façon de se comporter avec ceux qui les entouraient. La manière dont il gérait les problèmes, affrontaient les épreuves et assumaient les conséquences de leurs actes. Si quelqu'un lui manquait de respect alors il estimait avoir le droit d'en faire de même.

Et quand il posa les yeux sur Charles, ce fut exactement ce qu'il fit. Dean l'avait prévenu du petit « problème » de son client. Et si Castiel refusait de juger quelqu'un qui souffrait peut être d'un handicap, il estimait pouvoir le faire quand cette même personne refusait de faire quoi que ce soit pour épargner aux autres de l'endurer.

Il sentit la réticence de Charles dès qu'il posa les yeux sur lui. Il n'était pas content de le voir là. Et si Castiel avait l'habitude de ne pas toujours être le bienvenue, il n'aimait pas être ainsi jugé par un homme qui ne faisait visiblement pas preuve de respect envers Dean.

Il fut tenté d'annuler le rendez-vous pour épargner à son ami d'avoir à supporter cela. Mais le jeune prostitué avait insisté pour qu'il ne le fasse pas. Il lui avait juré qu'il savait parfaitement comment gérer la situation. Que ce n'était pas un problème. Castiel ne comprenait pas comment il pouvait accepter qu'on le traite ainsi. Il vendait son corps et ses services. Il couchait avec des inconnus contre de l'argent. Mais il restait un être humain qui méritait le respect. Il restait une personne et Charles semblait l'avoir oublié.

Il fit toutefois ce que Dean lui demandait et quitta la chambre. Il s'en voulut pendant toute la première heure qu'il passa en bas à attendre son ami. Puis il tenta de se convaincre qu'il avait fait ce qu'il fallait durant la seconde.

Quand Dean réapparut, il avait le visage fermé et les traits tirés. Il semblait en colère et Castiel n'était pas tout à fait sûr de savoir contre qui sa rage était dirigé. Il choisit de ne rien dire et de ne surtout pas lui poser la question. Il le suivit à l'extérieur puis dans la voiture en silence.

Il stoppa la véhicule quand Dean le lui demanda. Il ne protesta pas quand son ami en sortit pour entrer dans un bar. Il lui laissa même quelques minutes avant de se décider à le rejoindre.

Dean était debout devant le bar et semblait entièrement concentré sur le verre d'alcool entre ses mains. Castiel ne l'avait jamais vu boire autre chose qu'une bière. Et il n'en prenait une autre que très rarement. Il lui avait parlé de l'alcoolisme de son père. De sa peur qu'il lui soit transmis par les gênes. Il ne voulait pas reproduire les mêmes erreurs. Ce qu'il faisait maintenant n'avait aucun sens et Castiel avait besoin de comprendre.

Il le rejoignit donc et lui posa la question. La réponse qu'il obtint lui fit regretter à nouveau de ne pas avoir mis un terme au rendez-vous dès leur arrivée. De ne pas avoir le courage d'aller à l'encontre de ce que Dean lui avait demandé. Il ne comprenait pas comment Charles avait pu lui faire subir tout ça. Il ne pouvait pas ignorer son « problème ». Il l'avait fait sciemment. Il avait puni le jeune homme. Sans raison et sans en avoir le droit. Castiel était furieux.

Mais il ne pouvait plus revenir en arrière. Il devait avant tout chercher un moyen de soulager Dean. De l'aider à oublier ce rendez vous désastreux. Il ne pouvait pas le laisser enchainer avec un autre client dans son état. Il avait besoin de rentrer chez lui et de se reposer.

Il prit donc l'initiative de lui imposer une journée de repos. Dean ne sembla pas vraiment enthousiaste en l'entendant mais accepta tout de même sans protester. Castiel cacha sa surprise et s'empressa d'appeler Ellen.

Elle ne fut pas vraiment ravie par la nouvelle non plus. C'était la première fois que Castiel lui reparlait après leur petite entrevue. Il était mal à l'aise. Mais il était également déterminé à obtenir du repos pour Dean après ce qu'il avait subi.

Ellen l'accusait aussitôt de vouloir l'avoir pour lui tout seul toute la journée. Elle l'accusa d'être jaloux et possessif. Castiel ne se laissa pas déstabilisé et lui expliqua en détails ce que le jeune homme avait subi. Il lui raconta l'état dans lequel il était. Ellen finit par lui donner son accord. Elle était peut être toujours en colère contre lui mais elle restait trop attachée à Dean pour faire quoi que ce soit qui lui ferait du mal. Elle se comportait comme une mère avec lui. Et Castiel ne fut pas surpris qu'elle cède.

Quand il revint auprès de Dean, il souriait. Il avait obtenu ce qu'il voulait. Il allait pouvoir passer la journée avec son ami et veiller à ce qu'il oublie tout ce que son client lui avait fait subir. Il allait prendre soin de lui. C'était exactement ce dont ils avaient besoin tous les deux. Dean était de son avis puisqu'il lui proposa de le raccompagner chez lui et de profiter de l'absence de Sam pour rester. Castiel ne se fit pas prier. Il ne refuserait jamais quelques heures en tête à tête avec l'homme qu'il aimait.

Ils firent le chemin en silence à nouveau mais cette fois, il n'était pas pesant. Il n'était pas chargé d'animosité. Castiel se sentait bien. Il avait la sensation d'avoir rempli sa mission. D'avoir accompli quelque chose d'important. Il faisait la différence avec tous les hommes qui utilisaient Dean au quotidien et cela l'aidait à se sentir bien.

Une fois dans l'appartement, Dean lui fit signe de le suivre dans la salle de bains. Castiel jeta un coup d'œil à l'immense baignoire d'angle et ne fut pas surpris quand Dean alluma l'eau pour la remplir. Il le regarda ensuite se déshabiller. Ce n'était pas la première fois. Loin de là. Et le jeune prostitué agissait mécaniquement. Il ne cherchait pas à l'exécuter. Il se contenta de retirer ses vêtements un à un comme il l'aurait fait s'il avait été seul. Castiel ne put toutefois s'empêcher d'être fasciné. Dean avait un corps absolument parfait. Ses épaules étaient larges et puissantes. Ses bras étaient finement musclées. Ses mains élégantes avec ses longs doigts fins. La courbure de son dos était également parfaite. Il avait deux petites fossettes au-dessus de ses fesses musclées et rebondies. Ses jambes étaient sensiblement arquées mais parfaites. Les muscles de son torse semblaient avoir été dessinés par un artiste. Il avait le ventre plat même si ses abdominaux n'étaient pas saillantes. Son sexe était long et large. Parfait. Dean s'épilait soigneusement pour le mettre en valeur. Les tâches de rousseur qui recouvraient la totalité de son corps ne faisaient que le rendre plus magnifique encore. Castiel en avait le souffle coupé à chaque fois.

Il s'arracha à sa contemplation quand Dean pénétra dans la baignoire. Il attendit que le jeune prostitué lui fasse signe de le rejoindre pour retirer ses vêtements et se glisser dans l'eau à son tour. Ils restèrent silencieux de longues minutes. Dean était installé entre les jambes de Castiel, le dos contre son torse, la tête posée dans le creux de son épaule. C'était parfait. Calme et idéal. Castiel aurait pu s'endormir ainsi. Mais il voulait avant tout apporter à Dean ce dont il avait besoin.

Il fut surpris quand le jeune homme lui saisit la main pour la glisser dans l'eau jusqu'à son entrejambe. Il se laissa toutefois faire et prit son sexe entre ses doigts.

- Dean ? souffla t-il parce qu'il avait besoin de savoir ce dont son ami avait réellement besoin.

Le jeune homme tourna le visage pour déposer un baiser dans son cou.

- Ce dont j'ai besoin Cas c'est … c'est d'oublier Charles … d'oublier tous ces hommes qui ne me voient que comme un corps dont on peut user et abuser à sa guise. Tous ceux qui m'ont un jour manqué de respect parce qu'ils pensaient en avoir le droit. J'ai besoin de me souvenir qu'il existe des hommes comme toi … qui se soucient des autres. Et … j'ai … j'aimerais que tu me fasses l'amour ici et maintenant pour m'aider à m'en rappeler. Ce n'est pas du sexe que je veux, c'est …

Castiel commença à masturber son sexe doucement. Dean se tut aussitôt. Il était évident qu'il ne savait pas comment finir sa phrase. Qu'il s'était lancé dans une tirade qu'il ne maitrisait pas totalement. Castiel choisit donc de le faire taire de la meilleure manière qui soit.

Il le masturba lentement jusqu'à sentir son sexe durcir dans sa main. Il l'embrassa dans la nuque et sur l'épaule. Il souffla à son oreille combien il était parfait. Combien il méritait quelqu'un qui avait conscience de la chance de l'avoir dans sa vie.

Dean ne le stoppa que lorsqu'il fut aux portes de l'orgasme. Castiel relâcha aussitôt son sexe et l'aida à se tourner dans la baignoire jusqu'à pouvoir lui faire face. Il était à genoux devant lui et semblait réfléchir à la meilleure manière de procéder.

- On devrait peut être aller dans ta chambre, suggéra Castiel.

- Non, c'est parfait ici, répliqua Dean.

Castiel le regarda alors glisser une main dans l'eau dans son dos. Il ne pouvait pas voir ce qu'il faisait mais il le devina à l'expression de pur plaisir sur son visage. Il se préparait pour lui. Il ne semblait pas avoir la patience d'attendre. Mais Castiel voulait au contraire prendre son temps. Il le stoppa en saisissant son bras puis le manipula jusqu'à ce qu'il ait le dos tourné à nouveau et qu'il soit à quatre pattes devant lui. Il avait rêvé de faire cela depuis le début et il comptait bien le faire maintenant. Il saisit les fesses de Dean entre ses mains et les écarta délicatement. Il observa le muscle entre elles une seconde avant de presser sa langue contre, arrachant un cri de surprise à son ami. Il était visiblement surpris. Il n'avait probablement jamais laissé personne lui faire ce que Castiel lui faisait. Mais ce dernier aimait ça. Il aimait l'idée d'un contact aussi intime.

Il pressa sa langue entre les fesses de Dean et fut satisfait quand il sentit le muscle céder et le laisser pénétrer doucement. Castiel fit aller et venir sa langue à l'intérieur du jeune homme, ses mains refermées autour de ses fesses.

- Cas … gémit Dean rapidement.

Castiel continua ses assauts sans s'arrêter. Il voulait procurer un maximum de plaisir au jeune homme. Et il était évident que cela fonctionnait à merveille. Il continua donc jusqu'à ce que sa langue soit douloureuse. Il la remplaça par ses doigts pour parfaire la préparation. Il en fit pénétrer deux puis trois. Il allait ajouté le quatrième quand Dean le stoppa.

- Je vais jouir si tu continues.

Castiel n'y voyait aucun inconvénient mais son ami ne semblait pas avoir envie que cela se termine aussi rapidement. Il retira donc ses doigts après avoir pressé contre la prostate de Dean puis laissa le jeune homme se tourner pour lui faire face à nouveau.

Il sembla vouloir reprendre le contrôle des opérations. Castiel était tout à fait prêt à le laisser faire. Il voyait le sexe comme un échange entre deux personnes égales. Il n'était pas envisageable pour lui que l'une prenne le pas sur l'autre. Ce n'était définitivement pas son truc.

Dean lui sourit avant de saisir son sexe dans une main et de se soulever sur les genoux. Il baissa les hanches lentement, les positionnant correctement avant de s'empaler doucement sur le sexe tendu de Castiel.

Ce dernier ne put retenir un long gémissement de plaisir. C'était comme dans un rêve. C'était mieux que dans ses fantasmes. Dean semblait à la fois incroyablement vulnérable et terriblement puissant dans cette position. C'était lui qui imposait le rythme mais il accepta de se dévoiler. Il acceptait que son ami le regarde et le voit vraiment. Il laissa tomber ses défenses et laissa Castiel jeter un coup d'œil derrière. A l'homme qui se cachait sans doute depuis toujours. Depuis leur première rencontre. Celui qu'il ne s'était jamais autorisé à être, même avec Castiel. Il acceptait d'être vulnérable et c'était une preuve de plus de la force dont il faisait preuve. Castiel était fasciné et admiratif. Il n'avait jamais rencontré quelqu'un comme Dean. Il doutait même qu'il en existe. Le jeune prostitué était unique.

Il fut interrompu dans sa réflexion quand son ami commença doucement à bouger. Il ne semblait pas chercher à atteindre l'orgasme rapidement. Il semblait vouloir faire durer le plaisir à son tour. Il cherchait l'angle parfait pour toucher sa prostate. Il finit par le trouver et laissa échapper un long cri de plaisir. Castiel aurait pu se sentir utiliser. Il était évident que Dean manipulait son corps à sa guise à cet instant précis. Mais ce n'était pas ce que le jeune homme voulait faire. Il n'utilisait pas son ami. Il reprenait le contrôle sur son propre corps. Il se réappropriait des sensations qu'on lui avait arraché violemment. Il s'élevait. Il redevenait lui-même. C'était un spectacle incroyable.

Castiel le regardait monter et descendre le long de son sexe sans bouger. Il le regarda former des huit avec ses hanches pour stimuler sa prostate. Il l'admira chercher et trouver son plaisir sans se soucier de l'image qu'il donnait.

Rapidement, il fut néanmoins incapable d'ignorer les sensations qu'il commençait à ressentir de son côté. Le plaisir montait en lui et il doutait de pouvoir faire quoi que ce soit pour l'arrêter. Il doutait de pouvoir se contenir. Il voulait toutefois voir Dean jouir avant lui. Il saisit donc son sexe dans sa main et commença à le masturber. Le jeune prostitué baissa alors les yeux sur lui et les plongea dans les siens. Castiel sentit une connexion s'établir entre eux. Une qui allait bien au-delà du sexe, de l'amitié ou de tout ce qu'ils avaient partagé jusque-là C'était presque mystique. Castiel aurait été incapable de la décrire. Il était toutefois presque sûr que Dean la ressentait aussi. Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes de plus pour jouir violemment entre les doigts de Castiel. Ce n'était pas sa main qui lui avait procuré un orgasme. Ce n'était pas son sexe contre sa prostate non plus. Castiel pouvait le sentir. C'était ce qui venait de se passer entre eux à travers ce simple regard. Mais il ne le dirait pas. Il laisserait à Dean le temps de l'analyser et d'en tirer les conclusions qu'il souhaitait. Castiel, de son côté, savait parfaitement ce que cela signifiait pour lui. Il ne pourrait jamais plus aimer quelqu'un d'autre que Dean. Il ne pourrait jamais plus construire quoi que ce soit avec un autre homme. Il appartenait au jeune prostitué que ce dernier le veuille ou non.

Il était tellement obnubilé par ses réflexion que son orgasme le prit par surprise. Le plaisir fut si violent que pendant une seconde, il eut la sensation de perdre conscience. Sa vue se brouilla et il cria le nom de Dean.

Il sentit le jeune homme venir enfouir son visage dans son et il referma ses bras dans son dos par réflexe. Il eut besoin de quelques secondes avant de reprendre ses esprits. Mais ce fut Dean qui reprit la parole en premier.

- Merci Cas … merci pour tout. C'était exactement ce dont j'avais besoin. Tu es … tu es génial.

Castiel hocha la tête sans rien dire. Il avait bien trop de dévoiler quelque chose s'il venait à prendre la parole aussi rapidement. Il avait besoin de quelques secondes pour reprendre ses esprits.

- C'est comme si tu lisais dans mes pensées parfois … comme si tu savais ce dont j'ai besoin avant que j'en prenne conscience moi-même et c'est … tu n'as pas idée à quel point c'est réconfortant d'avoir quelqu'un comme toi dans ma vie. Je … je sais que j'ai de la chance.

Castiel refusait d'en entendre plus. Les mots étaient touchants. Ils étaient même bouleversants. Mais ils n'étaient pas exactement ceux qu'il voulait entendre. Il devait ramener la conversation sur un territoire qu'il maitrisait. Sur un territoire qui ne risquait pas de le conduire à avoir le cœur brisé en mille morceaux.

- Tu ne devrais pas accepter … Dean, tu ne devrais jamais accepter qu'on ne traite pas avec respect. Je me fiche de ce que tes clients peuvent penser de toi. Ils te doivent le respect. Ils doivent prendre conscience que tu es plus qu'un corps qu'ils achètent au prix fort. Tu … si tu ne peux pas obtenir cela d'eux alors refuse de les voir. Parce qu'un jour ou l'autre, l'un d'entre eux parviendra à te convaincre qu'ils ont raison et … je refuse de te perdre pour ça.

Il aurait aimé dire à Dean de tout arrêter. Il aurait aimé pouvoir le convaincre de changer de travail. De ne plus se vendre comme ça. Mais il savait que son ami refuserait de l'entendre. Il se rabattit alors sur ce qu'il pouvait lui demander.

- Charles est loin d'être le pire. Il fait même parti des clients que j'apprécie le plus. Il a commis une erreur aujourd'hui et … je sais qu'il finira par le regretter. Mais tu as raison sur au moins un point. Je ne devrais pas les laisser me manquer de respect. Je ne devrais pas accepter qu'ils m'utilisent. Je leur vends un service mais je reste … je ne suis pas un objet. Je suis un être humain et … sans doute que j'ai accepté trop de choses durant trop longtemps. Sans doute que j'aurais du le réaliser plus tôt. Quoi qu'il en soit, je l'ai compris aujourd'hui et grâce à toi. Je vais changer.

Castiel aimait l'idée qu'il avait réussi à aider Dean sur ce point. Bien sûr, il continuerait à coucher avec des hommes contre de l'argent. Il continuerait à les laisser utiliser son corps à leur guise. Mais s'il pouvait au moins refuser de voir ceux qui ne le respectaient pas, c'était un premier pas en avant dans la bonne direction. Peut-être finirait-il par comprendre qu'il avait le droit d'aspirer à mieux. Qu'il méritait autre chose de la vie que ce qu'il avait pour le moment. Castiel voulait être celui qui le lui apprendrai.

- Je vais parler à Ellen … faire le tri parmi mes clients. Ne garder que ceux qui ne se sont jamais comporté comme ça. Je suis sûre qu'elle sera ravie de me voir faire. Elle attend ça depuis le début. Elle m'a toujours dit que je n'étais pas suffisamment exigeant.

Castiel sourit. Dean recula son visage et plongea son regard dans le sien. Ils étaient toujours intimement lié et Castiel aurait voulu que cela dure éternellement. Mais l'eau était en train de refroidir et ils devraient bientôt sortir de la baignoire. Il allait devoir se contenter du lien particulier qui s'était établi entre eux un peu plus tôt. Ce lien que Dean avait ressenti aussi même s'il ne l'avait pas avoué pour le moment.

- Et je ne manquerais pas de lui dire qu'elle te le doit. Peut être qu'elle se montrera un peu moins froide et suspicieuse avec toi quand elle saura le miracle que tu as accompli.

- Je n'en mettrais pas ma main à couper, répliqua Castiel en souriant toujours.

Dean éclata alors de rire et le jeune chauffeur mémorisa ce son dans un petit coin de son esprit. C'était la plus douce des mélodies à ses oreilles. Il ne se souvenait pas d'avoir déjà entendu Dean rire aussi franchement. Sans retenue. Sans se soucier de quoi que ce soit d'autre que de lui-même. Il ne l'avait jamais trouvé aussi magnifique qu'à cet instant.

Castiel savoura ce moment et garda les yeux rivés sur le jeune homme. Il ne pouvait pas savoir ce qui les attendait dans un avenir proche. Si ce qu'il avait ressenti dans cette baignoire revêtirait la même importance pour Dean que pour lui. Si cela changerait vraiment quelque chose entre eux. Mais il avait réussi à faire changer Dean. Ce n'était pas grand-chose. Ce n'était rien de réellement important. C'était peut être minime par rapport à ce qu'il souhaitait réellement accomplir. Mais c'était déjà beaucoup à ses yeux. Et il voulait croire que ça l'était également à ceux de Dean.