Bonjour
Je ne sais pas si je suis la seule dans ce cas mais le site ne fonctionnait plus chez moi depuis quelques jours. Ce qui explique pourquoi je poste le chapitre seulement aujourd'hui.
J'espère que vous allez toujours bien. Que ce virus vous a épargné vous et vos proches et surtout que vous restez bien chez vous. N'oubliez pas que pour sauver des vies, il faut respecter le confinement.
Dans ce chapite, les choses se compliquent pour Dean et Castiel. Mais je ne vous en dis pas plus. Je vous laisse le découvrir.
Bonne lecture et à la semaine prochaine.
Prenez soin de vous et de vos proches.
Sydney8201
Musique du chapitre :
Impossible de James Arthur
Chapitre 30 : Impossible
« Où la victoire est impossible, il est vain de combattre. »
Joost Van Den Vondel
Dean était toujours aussi furieux contre Castiel après s'être séparé de lui en fin de journée et avoir passé la nuit entière à tenter de trouver des excuses à son ami. Il ne voulait pas lui en vouloir. Il estimait que la rancune était une perte de temps. Il préférait de loin lui pardonner et passer à autre chose.
Il n'aimait pas rester fâché avec ses amis ou ses proches. Il estimait la vie trop courte pour prendre ce risque. Il avait été longtemps en colère contre son père. Quand John était mort, Dean avait encore de la rancœur contre lui. Il n'avait pas eu la courage de s'expliquer avec lui. De lui demander des excuses. Et John était parti sans savoir que son fils aurait fini par lui pardonner. Dean le regrettait encore. Il le regretterait probablement toute sa vie.
C'était pour cela qu'il n'était jamais resté fâché contre Sam. Peu importait le sérieux de leurs disputes. Ils se criaient dessus. Ils se faisaient la tête pendant quelques heures. Puis Dean finissait par oublier. Il finissait par revenir vers Sam. Parce qu'il ne voulait surtout pas reproduire les mêmes erreurs qu'avec son père.
Et il n'en avait pas envie non plus avec Castiel. Il refusait de rester en colère contre lui. Mais pour oublier sa rage, il avait besoin de lui trouver des excuses. Et c'était justement ce qu'il n'arrivait pas à faire pour le moment.
Il avait besoin d'aide. Besoin de quelqu'un à qui parler. Il refusait de se confier à sam. Il ne voulait surtout pas lui avouer qu'il était amoureux de Castiel. Il savait déjà parfaitement ce que son frère lui en dirait. Le type de conseils qu'il s'empresserait de lui donner. Dean serait incapable de les suivre.
Il avait besoin de quelqu'un qui comprendrait ses choix. Qui saurait accepter qu'il ne veuille surtout pas tenter quoi que ce soit avec Castiel. Quelqu'un qui ne l'encouragerait pas à lui ouvrir son cœur et à lui parler de ses sentiments.
Il ne connaissait qu'une seule personne capable de remplir ce rôle. Charlie avait été sa meilleure amie depuis le lycée. Ils avaient tout vécu ensemble. Elle avait été là à la mort de son père. Là à chacune de ses disputes avec Sam. Elle avait toujours su comment le soutenir et quels conseils lui donner. Il savait qu'il pouvait compter sur elle pour trouver les bons mots. Pour l'aider à y voir plus clair et à avancer dans le bon sens.
Il savait qu'elle ne le jugerait pas. Ni sur ses sentiments pour Castiel ni sur son silence. Elle le connaissait suffisamment pour savoir combien il avait peur de s'engager. Combien il souffrait encore d'avoir vu son père se détruire parce qu'il aimait trop Mary et qu'il l'avait perdu. Elle ne cherchait jamais à le pousser dans ce sens. Elle ne l'incitait pas à faire des rencontres ou à construire quelque chose de sérieux. Elle était la personne idéale pour ce genre de conversations. Dean se sentait déjà soulagé quand il l'appela et lui proposa de le retrouver dans un bar qu'ils aimaient beaucoup tous les deux.
Il se sentit mieux encore quand il la vit qui l'attendait à leur table habituelle, deux bières devant elle. Il ne lui avait pas dit grand-chose au téléphone. Juste qu'il voulait lui parler. Mais il était presque sûr qu'elle avait deviné aussitôt qu'il s'agissait de quelque chose de sérieux. Elle le connaissait par cœur.
Il avait beau savoir qu'elle ne porterait aucun jugement sur lui et qu'il pouvait lui parler sans la moindre crainte, il n'était pas parfaitement à l'aise à l'idée de lui ouvrir son cœur. Il n'aimait pas parlé de ses sentiments. Il avait toujours vu cela comme une faiblesse. Mais il ne pouvait pas continuer à tout garder pour lui. Il était perdu et ne savait plus quelle décision prendre. Il était temps pour lui de demander de l'aide.
Charlie ne le pressa pas pour qu'il lui explique la raison de sa présence. Elle ne lui posa aucune question. Elle le laissait aller à son rythme. Parce qu'elle savait que le forcer à parler avant qu'il ne soit prêt le braquerait pour de bon. Dean lui en fut reconnaissant. Il eut le temps de boire une longue gorgée de sa bière et d'écouter Charlie lui parler de son travail avant de trouver le courage de se lancer.
- Je couche avec Castiel, déclara t-il sans préambule.
Cela aurait probablement déstabilisé n'importe qui d'autre. Mais Charlie était habituée. Elle savait qu'il n'était pas doué pour parler de lui. Elle ne semblait même pas perturbée. Elle se contenta d'hocher la tête et Dean réalisa alors qu'elle le savait.
- Tu étais déjà au courant, souffla t-il.
Charlie sourit avant d'hocher la tête à nouveau. Pendant une seconde, Dean se demanda si ce n'était pas elle qui l'avait dénoncé à Ellen avant de réaliser qu'il n'avait pas le droit de l'envisager. Jamais Charlie ne le trahirait ainsi.
- Bien sûr que j'étais au courant. Je te connais Dean et je sais que Castiel est complètement ton genre. Je savais que tu ne tarderais pas à le faire. Alors bien sûr, je n'étais pas sûre que cela soit déjà le cas mais … je ne suis pas surprise.
Dean soupira longuement. Il était soulagé de voir que Charlie ne semblait pas le juger. Elle n'était ni déçue ni particulièrement enthousiaste.
- Et tu … tu n'as rien de plus à me dire à ce sujet ?
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Tu es grand. Tu es parfaitement capable de prendre tes propres décisions. Vous êtes deux adultes consentants qui prenez du bon temps ensemble. Je ne vois pas où est le problème. Bien sûr … si tu m'as fait venir, c'est qu'il y en a un alors vas-y … dis moi tout.
Dean prit une seconde pour rassembler ses idées et trouver la meilleure manière d'amener le sujet. Il n'avait pas envie de tout dire pour le moment. Il finirait par expliquer à Charlie qu'il était amoureux de Castiel. Mais à ses yeux, ce n'était pas le cœur du problème. Il choisit donc de commencer par leur dispute. C'était sur ce point qu'il voulait ses éclaircissements.
- On ne s'est pas lancé tête baissée dans cette histoire. On en a parlé avant et … on savait tous les deux que mon métier pourrait poser problème. Mais Cas m'a assuré qu'il … qu'il ne serait pas jaloux de mes clients. Qu'il saurait faire la part des choses. Et pendant un moment, c'était le cas. Ce n'était pas facile pour lui mais il restait professionnel.
- Et ce n'est plus le cas maintenant ?
Dean secoua la tête avant de boire une deuxième gorgée de sa bière. Il continuait de ressentir de la colère en parlant de Castiel. C'était justement ce dont il voulait absolument se débarrasser. Il attendait de Charlie qu'elle accomplisse un miracle. Mais il en avait besoin.
- Hier, il … j'étais avec un client un peu … disons qui sort de l'ordinaire. Et depuis quelques temps, Castiel n'arrête pas de me dire que je … que je ne devrais plus laisser mes clients me manquer de respect. Que je ne devrais garder que ceux qui me traitent comme un être humain et non pas comme un objet. Il a raison … je sais mais … je n'arrête pas d'y penser depuis et quand … quand mon client a commencé à me donner des ordres, j'ai … je n'arrivais pas à rester concentré. Je suis sorti de mon rôle et je lui ai fait perdre du temps. On a dépassé les deux heures imparties alors Castiel est arrivé et … mon client a eu la bonne idée de m'insulter devant lui. Il l'a frappé. Il ne m'a même pas laissé une chance de me défendre moi-même … ce que j'aurais su faire parce que ce n'est pas la première fois. Il … il l'a frappé parce qu'il pensait devoir voler à mon secours et parce qu'il … parce qu'il ne supporte pas l'idée que ce type … que tous ces types puissent coucher avec moi. Il … sa jalousie a fini par prendre le dessus. On s'est disputé ensuite et … je suis toujours furieux contre lui. Je sais qu'il avait de bonnes intentions mais … je ne parviens pas à lui pardonner.
- Ce qui doit être insupportable pour toi parce que je sais combien tu détestes être en colère contre les gens à qui tu tiens. Mais … avant que je n'accomplisse un miracle et que je te dise comment faire pour régler ton problème … j'ai besoin que tu me dises tout. Parce que je te connais comme si je t'avais fait Dean et je sais que tu ne me dis pas tout.
Le jeune prostitué détourna les yeux une seconde. Il remarqua un homme qui semblait l'observer depuis un moment maintenant. Il était évident qu'il se demandait si venir l'aborder était une bonne idée. Dean priait pour qu'il renonce. Il n'avait pas la tête à ça. Et même s'il n'était pas là pour régler ses problèmes, il n'aurait pas été intéressé. Il aimait bien trop Castiel pour songer à rencontrer qui que ce soit d'autre.
- Dean … si je t'ennuie, tu peux me le dire.
La voix de Charlie força le jeune prostitué à reporter son attention sur elle. Il ne devait surtout pas se laisser distraire.
- Je suis amoureux de lui.
Il laissa à Charlie le temps d'assimiler ce qu'il venait de dire. Si elle n'avait pas été surprise par le fait qu'il puisse coucher avec Castiel, elle semblait l'être par ce qu'il venait de lui avouer. Quand il fut évident qu'elle ne dirait rien, il reprit la parole.
- Je suis amoureux de Castiel. Et pas seulement depuis hier … depuis un moment maintenant … depuis avant que je ne commence à coucher avec lui.
- Dean, c'est … je dois avouer que je ne m'attendais pas à ça. J'avais tout imaginé mais … tu … je suis désolée mais je ne suis pas sûre de savoir comment réagir. D'un côté, j'ai envie de te dire que c'est plutôt une super nouvelle mais quand je vois l'état dans lequel tu te trouves, je ne peux m'empêcher de penser que ce n'est pas ce que toi tu penses.
Dean soupira longuement. Pour quiconque d'autre, être amoureux aurait très certainement été la meilleure nouvelle qui soit. Mais pas pour lui. Pas après ce qu'il avait vu son père endurer à la mort de sa mère.
- Ce n'est pas une bonne nouvelle … c'est même la pire des nouvelles. Je ne veux pas … je n'ai jamais voulu d'une relation sérieuse. Je n'ai jamais voulu tomber amoureux et … je pensais vraiment avoir réussi à gérer la situation. A la garder sous son contrôle. Garder Castiel en ami tout en couchant avec lui était parfait. Mais il a tout gâché en se comportant comme il l'a fait. Parce que je sais maintenant qu'on ne peut pas continuer comme ça. On ne peut pas … fermer les yeux sur cet incident et faire comme si rien ne s'était passé. Je vais le perdre Charlie. Je le sens.
C'était là sa plus grande crainte. Il était terrifié à l'idée que cet incident les pousse tous les deux à s'éloigner. A prendre leur distance. A ne plus se voir aussi souvent. Ils ne pourraient plus être amis. Dean aurait alors tout perdu. Il ne voyait aucune issue à son problème. Et il espérait sincèrement que Charlie en aurait une. Si ce n'était pas le cas, alors il doutait sincèrement qu'il en existe une. Elle était son dernier recours. Sa dernière chance. Il savait qu'il faisait peser un immense poids sur ses épaules. Mais il la savait suffisamment forte pour le supporter.
- Dean, il est évident que la situation te fait souffrir. Tu pensais peut être qu'elle était idéale mais je sais qu'au plus profond de toi, tu avais déjà conscience que cela risquait de mal se terminer. Et il est clair que Castiel en souffre aussi. Ce qui n'est pas vivable pour vous deux. Maintenant … il te reste des options. Je ne suis toutefois pas sûre que tu sois prêt à les entendre.
- Je t'écoute, assura Dean.
Il était prêt à tout entendre si cela avait une chance de l'aider. Il était prêt à tout envisager. Il ne pouvait pas continuer à ne rien faire en enfouissant sa tête dans le sable comme une autruche. Il devait réagir. Prendre les choses en mains et faire des choix. Il répétait à longueur de temps qu'il était adulte et parfaitement capable de prendre les décisions qui s'imposaient. C'était le moment de se le prouver à lui-même.
- Peut être que tu devrais envisager l'idée de tout lui dire … de te montrer honnête avec lui et de lui ouvrir ton cœur comme tu viens de le faire avec moi. Je n'ai aucune idée de ce qu'il peut ressentir et oui … oui il existe une chance pour qu'il ne partage pas tes sentiments mais tu sauras au moins à quoi t'attendre et quoi espérer de tout ça. Tu pourras prendre la décision qui s'impose.
Dean ouvrit la bouche pour protester mais Charlie lui fit signe de se taire de la main avant d'enchaîner presque aussitôt.
- Et peut être au contraire qu'il ressent la même chose de son côté. Je sais que tu penses ne pas mériter qu'on soit amoureux de toi ou quelque chose de stupide dans ce genre mais moi je sais que tu es un homme formidable. Je sais que tu as beaucoup à donner et je sais que Castiel aurait de la chance de t'avoir. Alors qui sait … s'il t'aime et que tu l'aimes, il serait idiot de passer à côté non ?
Dean savait bien que Charlie avait raison en théorie. Bien sûr qu'il existe une infime chance que Castiel soit amoureux de lui. Mais il n'avait pas envie de la saisir. Parce qu'il ne croyait pas en l'amour avec un grand A. En l'amour qui dure et vous rend heureux. Il savait qu'il ne pourrait jamais avoir ce genre de relation avec qui que ce soit. Parce qu'il s'empresserait de tout gâcher. Juste pour prouver qu'il avait raison. C'était perdu d'avance. Il gâcherait tout avec Castiel. Et il le ferait souffrir. C'était ce qu'il voulait absolument éviter en priorité.
- Tu sais ce que je pense de l'amour. Tu sais que je n'y crois pas. J'ai vu mon père se détruire parce qu'il avait perdu la femme qu'il aimait. J'ai vu des tas de gens bien souffrir inutilement parce qu'ils avaient voulu croire en l'amour. Je refuse de faire la même erreur. Je suis bien mieux seul. Je ne souffre pas et je ne fais souffrir personne. C'est parfait.
Charlie soupira, visiblement déçue. Mais Dean savait qu'elle n'était pas surprise par son discours. C'était celui qu'il avait toujours tenu à quiconque abordait ce sujet avec lui.
- Tu encourages pourtant Sam à tenter sa chance avec Jess. Tu n'arrêtes pas de lui qu'elle est la femme de sa vie. Désolée mais je trouve ça un peu hypocrite de ta part. Si tu es aussi persuadé que ça que l'amour ne peut jamais être une bonne chose alors pourquoi pousser ton frère à se lancer dans une histoire d'amour.
Dean encourageait effectivement son frère dans ce sens. Pas parce qu'il voulait le voir souffrir. Mais parce qu'il savait que c'était ce que Sam voulait. Lui n'avait pas perdu espoir. Lui continuait à croire qu'il pouvait être heureux en couple. Dean était là pour le soutenir dans chacun de ses projets. Celui là ne faisait pas exception.
- Sam est un romantique. Il est … il n'est pas comme moi. Lui croit sincèrement en l'amour et … je pense que s'il y croit suffisamment alors il peut rendre les choses impossibles possibles. Sam est une exception dans ma famille. Il est probablement le seul qui est incapable d'échouer dans quelque domaine que ce soit. Moi je suis comme mon père. Je suis une catastrophe ambulante. Et même si je mettais mes doutes de côté pour essayer, tu sais aussi bien que moi que je gâcherais tout au bout de quelques mois.
Charlie ne dit rien et Dean sut alors qu'elle était de son avis. Il n'était pas aveugle. Il était parfaitement lucide sur ses qualités et ses défauts. Il savait que personne ne pourrait jamais être durablement heureux à ses côtés. Il l'avait accepté depuis un moment maintenant. Il ressemblait trop à son père pour penser le contraire.
- Moi je pense que tu es stupide. Je t'aime comme un frère et je sais que tu es quelqu'un d'exceptionnel mais tu es aussi l'homme le plus idiot qui soit. Parce que tu t'entêtes à ne voir que le mauvais côté des choses. Parce que tu n'as pas suffisamment confiance en toi pour savoir que tu ne referas jamais les mêmes erreurs que ton père. Et parce que tu refuses d'accepter que les choses peuvent parfois bien se terminer.
Dean était peut être comme Charlie le décrivait. Mais cela ne changeait rien au fait qu'il ne dirait jamais rien à Castiel. Parce qu'il ne voulait pas d'une histoire d'amour et parce qu'il était également terrifié à l'idée que son ami puisse ne pas ressentir la même chose. Quoi que Castiel puisse lui dire, il en ressortirait plus mal qu'il ne l'était déjà. C'était peine perdue. Il devait trouver une autre issue. Une autre solution. Une qui lui permettrait de garder son ami dans sa vie sans pour autant prendre le risque d'avoir le cœur brisé. Ou de le faire souffrir.
- Je ne peux pas Charlie … je … je ne peux pas.
- Je sais Dean … je savais que tu me diras ça. Et je respecte ton choix mais … promets moi au moins d'y réfléchir un peu … juste pour être sûr.
Dean hocha la tête. Il pouvait faire cette promesse à la jeune femme. Il savait que c'était important pour elle. Et il savait qu'elle avait probablement raison. Il devait être absolument sûr de lui avant de prendre cette décision.
- Et en attendant, je te conseille vivement de lui pardonner. Dis toi qu'il a fait ça parce qu'il tient à toi et qu'il n'a jamais cherché à te faire de la peine. Tu n'as aucune raison de continuer à lui en vouloir éternellement. Et de toute évidence, son amitié compte pour toi. Je pense qu'il serait bête de la sacrifier uniquement parce que tu es en colère.
Dean acquiesça à nouveau. Charlie avait raison. Il tenait bien trop à son amitié avec Castiel pour la mettre en péril. Il refusait de perdre le jeune homme. Il était donc temps pour lui de prendre les décisions qui s'imposaient. Et cela commençait par le fait de mettre un terme à leur « relation ». C'était parce qu'ils avaient couché ensemble qu'ils avaient commencé à se disputer. S'ils étaient restés seulement amis, rien de tout cela ne serait arrivé. Dean aurait dû le comprendre plus tôt.
- Je dois arrêter de coucher avec lui. C'est … c'est quand on a commencé à le faire que tout s'est compliqué entre nous. Je pense qu'en arrêtant, on pourrait … rester amis. Juste amis. C'est bien plus simple. Et c'est finalement la seule chose dont j'ai réellement besoin. Je veux que Castiel fasse parti de ma vie. Mais je ne veux pas prendre le risque de lui faire du mal et je sais … je sais que je peux être un bon ami. C'est quelque chose que je sais faire. Que je maitrise. Quelque chose en quoi je crois.
Charlie eut l'air triste pendant une seconde. Dean choisit de l'ignorer. Il passerait peut être à côté de quelque chose de bien. Mais il ne prendrait pas de risque. C'était préférable ainsi. Il ne voulait surtout jouer avec le feu quand il était question de la présence de Castiel dans sa vie. C'était bien trop important pour lui. Perdre son ami le détruirait pour de bon.
- Je continue de penser que tu fais une erreur mais tu sais que je serais de ton côté quoi qu'il arrive … quoi que tu puisses décider. Et même si ça tourne mal pour une raison ou une autre, n'oublie surtout pas que je suis là pour toi.
Dean sourit à Charlie soulagé de la savoir de son côté. Il n'en avait jamais douté mais il était tout de même agréable d'en avoir la confirmation de temps en temps. Il espérait pouvoir en dire de même de Castiel un jour. De pouvoir être sûr qu'il serait toujours là. Et c'était pour obtenir cela qu'il était prêt à sacrifier tout le reste. Il espérait juste que Castiel comprendrait sa démarche et serait du même avis que lui. Il ne voulait plus se disputer avec son ami. Il avait déjà perdu suffisamment de temps comme ça.
A chaque fois que Castiel avait eu le moindre doute ou la moindre question sans réponse sur son avenir ou les choix qu'il devait faire, il s'était tourné vers Gabriel. Son frère était toujours de bon conseil. Il pouvait tourner en dérision tout et n'importe quoi, il savait également se montrer parfaitement sérieux quand la situation le demandait. Il était suffisamment intelligent et malin pour avoir de bonnes idées. Et parce qu'il avait toujours cherché à protéger Castiel, il mettait ses talents à profit pour l'aider quand il en avait besoin.
Ils étaient terriblement différents l'un de l'autre. Beaucoup pensaient qu'ils ne pourraient jamais s'entendre et être réellement proches. Mais ils se trouvaient. Castiel avait toujours vu son frère comme un exemple à suivre. Comme un ami à qui se confier. Et comme la personne avec qui il souhaitait partager chacune de ses expériences. Gabriel était toujours là pour lui. Il l'avait encouragé à poursuivre ses rêves quand leurs parents doutaient de lui. Il avait été là pour le consoler à chaque fois qu'il était triste. Pour le faire rire quand il n'en avait plus envie. Pour le critiquer sur ses dessins. Pour lui donner des conseils pertinents. Il avait accepté de l'héberger sans hésiter une seule seconde quand il s'était retrouvé contraint de quitter son appartement. Il lui avait évité de retourner chez leurs parents la queue entre les jambes. Gabriel était un grand frère parfait. Et Castiel avait totalement confiance en lui. Il aurait remis sa vie entre ses mains sans hésiter une seule seconde.
Après sa dispute avec Dean, Castiel avait besoin de parler à quelqu'un. Il avait besoin qu'on lui dise une bonne fois pour toute s'il était réellement le seul responsable de la situation. Si les torts étaient partagés. Ce qu'il devait faire maintenant. S'il existait seulement une solution. Une issue à ses problèmes. Et Gabriel était le seul à pouvoir l'aider. Il lui avait déjà dit qu'il était amoureux de Dean. Il lui avait également parlé de leur relation. Gabriel ne l'avait pas jugé jusque-là. Il ne le ferait pas maintenant.
Castiel avait besoin qu'on l'aide à y voir plus clair. Il comprenait la colère de Dean. Mais il estimait ne pas mériter qu'il le repousse comme il l'avait fait après. Il ne méritait pas d'être le seul à être blâmé. Il avait commis une erreur. Mais Dean en avait commis aussi. Et ils n'en étaient pas là uniquement par sa faute. Il avait toutefois besoin que Gabriel le lui confirme avant qu'il ne fasse face à Dean à nouveau pour une nouvelle explication.
Il était temps pour lui de prendre les décisions qui s'imposaient. Fermer les yeux sur tous les problèmes qui existaient entre Dean et lui les faisaient souffrir tous les deux. Et cela ne pouvait clairement pas continuer ainsi éternellement.
Il demanda donc à Gabriel de rentrer plus tôt de son travail. Ce que son grand frère accepta sans discuter. Il avait probablement senti à la voix de Castiel que c'était important. Qu'il avait besoin de lui parler et qu'il devait lui réserver sa soirée.
Castiel se chargea de commander de quoi manger. Il n'avait pas le cœur à cuisiner. Il avait passé la journée à se morfondre et à pleurer sur son sort. Il était fatigué et las.
Gabriel arriva quelques minutes seulement après que leurs pizzas eurent été livrées. Il leur jeta un rapide coup d'œil avant de rejoindre son frère dans le salon. Le simple fait qu'il ne fasse pas le moindre commentaire sur la nourriture confirma à Castiel qu'il avait conscience de la gravité de la situation. D'ordinaire, c'était le premier sujet qu'il abordait.
- Ok Cassie, je suis là. Je t'écoute.
Castiel se sentait déjà mieux maintenant que son frère était là. C'était comme si Gabriel, par sa seule présence, lui prenait une partie du poids qui reposait sur ses épaules depuis sa dispute avec Dean.
- Je me suis disputé avec Dean. Il était avec un client et … il était en retard alors je suis monté m'assurer qu'il allait bien. Ce qui était le cas mais ensuite son client a … il a commencé à l'insulter devant moi. Tu aurais du l'entendre Gabe. C'était … tout ce que je ne supporte pas d'entendre sur qui que ce soit. C'était méchant, cruel et gratuit.
- Et dirigé contre l'homme que tu aimes ce qui n'a pas du arranger les choses.
Castiel hocha la tête.
- Pas vraiment. Je … je l'ai frappé … le client, pas Dean. Je l'ai frappé et j'aurais recommencé si Dean ne s'était pas interposé. Il a mis son client dehors et ensuite, il … il a commencé à me crier dessus. Il m'a accusé de ne pas lui avoir laissé une chance de se défendre seul. De ne pas avoir confiance en sa capacité à le faire par lui-même. Il était blessé et furieux et … il a fini par me dire que j'avais agi ainsi uniquement parce que j'étais jaloux. Que ça ne pouvait pas continuer comme ça.
Gabriel ne dit rien pendant quelques secondes après que Castiel se soit tu. Le silence n'était pas vraiment pesant mais le jeune chauffeur était impatient. Il avait passé la journée à se poser des questions. Il avait terriblement besoin de réponses maintenant.
- A ses yeux, tout était de ma faute. Alors oui … bien sûr, j'étais au courant de tout avant d'accepter de coucher avec lui. Il m'avait prévenu que ça risquerait de ne pas être simple. Et il m'a demandé à plusieurs reprises si j'étais capable de le supporter. Je lui ai à chaque fois assuré que oui et je le pensais sincèrement. Mais je … je ne pense pas être le seul responsable de notre situation et … qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que tu crois que Dean a raison ? est-ce que tout est de ma faute ?
Gabriel soupira longuement avant d'hausser les épaules. Ce n'était pas une réponse. Castiel savait bien qu'il ne pouvait pas exiger de son frère d'avoir une réponse à lui donner immédiatement. Mais il en avait assez d'attendre.
- Gabe ?
- Je … Cassie, je suis désolé de te le dire mais je pense effectivement que Dean a raison.
Castiel ne put s'empêcher de se sentir trahi. Gabriel avait toujours été de son côté. Il n'avait jamais pris le parti de qui que ce soit d'autre face à son frère. C'était la première fois qu'il le faisait et c'était douloureux. Castiel avait espéré que sa réponse soit différente. Il avait espéré obtenir son soutien à nouveau.
- Et moi qui croyais bêtement que tu serais de mon côté, souffla t-il en se levant du canapé.
Gabriel le retint par le bras et le fit se rasseoir aussitôt. Il avait le visage grave et le regard sérieux. Castiel ne l'avait vu que très rarement dans cet état.
- Tu m'as demandé mon avis Cassie et je refuse de te mentir juste pour te faire plaisir. Je suis désolé mais Dean a raison. Tu as eu tort de frapper son client. Tort de ne pas le laisser se défendre seul quand on sait toi et moi parfaitement qu'il en est capable.
- Donc je suis le seul coupable, c'est ce que tu essaies de me dire.
- Je ne parle pas de culpabilité. Je te dis que tu as commis une erreur et je te soupçonne de le savoir. Et je pense que tu es effectivement jaloux. Comment pourrais-tu ne pas l'être quand tu dois regarder l'homme que tu aimes coucher avec d'autres hommes contre de l'argent ? Mais ce que je voulais ajouter et que j'aurais ajouter si tu m'avais pas interrompu, c'est que je pense que Dean a tort également. Sauf qu'il ne peut pas le savoir.
Castiel n'était pas sur de comprendre ce que son frère cherchait à lui dire. Il était plus direct et plus clair d'ordinaire. Cela ne lui ressemblait pas de se montrer aussi mystérieux. Et Castiel était bien trop fatigué pour avoir la force de réfléchir à ce qu'il venait d'entendre. Il avait besoin d'une réponse plus claire que celle-là.
- Je ne suis pas sûr de te suivre, admit-il alors.
Gabriel lui relâcha le bras et soupira à nouveau.
- Dean a eu tort de te hurler dessus sans chercher à comprendre comment tu avais pu en arriver à frapper cet homme. Il a eu tort de ne pas prendre en considération le fait que cette situation t'amènerait inévitablement à souffrir. Mais il ne pouvait pas le faire parce que tu ne le lui as pas dit. S'il avait su que tu étais amoureux de lui, il n'aurait probablement pas agi de la même manière. Il n'aurait pas pris les mêmes décisions. Il aurait fait en sorte de t'épargner.
Castiel fronça les sourcils et prit quelques secondes pour assimiler ce que son frère venait de lui dire. Il réalisa alors rapidement que Gabriel avait raison. Comme toujours il y voyait plus clair que lui. Castiel n'avait pas laissé une chance à Dean de gérer la situation convenablement. Il ne lui avait pas laissé la moindre opportunité de ne pas faire souffrir Castiel. Il l'avait poussé à l'échec. C'était écrit et Castiel n'avait pas le droit de le lui reprocher. Pas le droit d'être surpris. S'il s'était montré honnête avec lui, Dean n'aurait probablement jamais réagi de cette manière. Il était injuste de le lui reprocher quand le jeune prostitué n'avait clairement pas toutes les cartes en mains.
- Tu as raison … je … je n'ai pas le droit d'être en colère. Sa réaction était injuste mais elle était basée sur les éléments et les informations dont il dispose. S'il avait tout su, il n'aurait sans doute pas réagi de la même manière. C'est de ma faute.
- Tu as peut être eu tort de ne pas lui parler oui … mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Il est temps pour toi de tout lui dire.
Castiel aurait aimé pouvoir le faire. Mais il savait qu'avouer ses sentiments à Dean pousserait ce dernier à prendre la fuite. Il avait toujours été clair sur ce point avec Castiel. Il ne voulait pas d'une relation sérieuse. Il ne voulait pas être en couple. Il refuserait de l'envisager. Et pour préserver Castiel – parce qu'il avait toujours le bien-être des autres en tête avant le sien – il mettrait de la distance entre eux. Ce qui briserait probablement le cœur du jeune chauffeur.
- Sauf que je ne peux pas … je … je sais qu'il ne partage pas mes sentiments et je sais qu'il ne veut pas d'une histoire sérieuse. Il a bien insisté sur ce point dès le début. Il veut qu'on soit amis avant tout. Et … je ne peux pas le perdre.
- Donc tu ne vas rien dire et continuer à souffrir de la situation en silence. Parce que crois-moi … tu ne pourras pas le supporter très longtemps. Tu continueras à avoir ce genre de réaction et Dean finira de son côté par en avoir assez. Vous continuerez à vous disputer et vous finirez par ne plus vous supporter. Je ne suis pas sûr que ce soit mieux.
Castiel soupira à son tour. Non. Ce n'était probablement pas une meilleure décision. Mais il ne voyait pas quoi faire d'autre. Soit il perdait Dean maintenant en lui avouant ses sentiments soit il prenait le risque de le perdre plus tard à force de ne pas trouver comment gérer sa jalousie. L'issue restait la même. Il avait la sensation d'être pris au piège. D'être dans une impasse sans le moindre espoir de trouver une sortie convenable.
- J'aimerais qu'il … tout pourrait aller tellement mieux s'il arrêtait de se prostituer. Il vaut tellement mieux que ça. Il … il pourrait faire n'importe quoi d'autre de sa vie. Il pourrait accomplir de grandes choses. Il … il ne devrait pas continuer à laisser tous ces hommes user et abuser de lui. Il ne devrait pas accepter qu'on lui manque de respect et qu'on le traite comme un vulgaire objet. J'aimerais qu'il ouvre les yeux et qu'il comprenne.
Gabriel semblait partager son avis sur ce point. Castiel savait qu'il appréciait vraiment Dean. Ils étaient amis. Et lui aussi voulait le voir évoluer et changer de carrière. Mais le jeune prostitué ne semblait pas prêt à le faire. Il ne semblait pas avoir conscience de son immense potentiel. Et personne ne pourrait le forcer à ouvrir les yeux. Cela devait venir de lui.
- Tu sais que je suis de ton avis sur ce point. Moi aussi j'aimerais le voir faire autre chose. Je ne le connais certainement pas aussi bien que toi mais je sais qu'il a du talent pour autre chose que pour … ce qu'il fait actuellement. Et moi aussi j'aimerais qu'il ne prenne conscience. Qu'il ait enfin confiance en lui et en ce dont il est capable. Mais je sais qu'il est têtu. Je sais que le lui dire encore et encore ne ferait que le braquer. Il n'a pas besoin de se l'entendre dire à longueur de journée. Il a besoin d'en prendre conscience par lui-même. Ce qui … permets moi de te le dire … n'est pas gagné d'avance.
Castiel hocha la tête. Il le savait. Dean était bien trop têtu pour écouter les conseils qu'on pouvait avoir à lui donner à ce sujet. Il tenait à prendre ses décisions seul. Il l'avait toujours fait et ne comptait pas s'arrêter maintenant. Il avait refusé d'écouter son frère à ce sujet. Il refuserait également d'écouter Castiel et Gabriel. C'était peine perdue. C'était pourtant la seule issue que le jeune chauffeur voyait à sa situation.
- Alors quoi ? Qu'est-ce que je fais moi maintenant ? demanda t-il.
Gabriel haussa les épaules.
- J'aimerais avoir la réponse Cassie … crois-moi j'aimerais vraiment pouvoir te donner une direction à suivre tout en étant convaincu qu'il s'agit de la bonne mais … ce n'est pas aussi simple. La seule chose dont je suis sûr, c'est que tu ne disposes que de deux options et que tu vas devoir choisir l'une d'elles. Soit tu lui dis ce que tu ressens et tu prends le risque de le perdre parce qu'il aura peur. Soit tu arrêtes de coucher avec lui, quittes ton travail pour ne plus avoir à supporter tout ça et tu restes ami avec lui. Mais dans tous les cas, je doute qu'il existe une solution idéale.
Castiel savait que son frère avait une nouvelle fois raison. Il n'avait pas vraiment d'autres options. Et dans les deux cas, il s'exposait à de nouvelles souffrances. Tout aurait été tellement plus simple s'il n'était pas tombé amoureux du jeune prostitué. S'il n'avait pas pris ce travail. Il regrettait d'avoir écouté Meg. D'avoir accepté de rencontrer Ellen la première fois. Il était toutefois trop tard pour revenir en arrière. Il était temps pour lui d'assumer ses erreurs et de choisir la direction qu'il souhaitait prendre.
- Je n'avais jamais été amoureux de ma vie avant Dean. Je ne pensais pas que ça m'arriverait comme ça … aussi brutalement. Je … j'avais toujours imaginé que je rencontrerais l'homme de ma vie de façon plus traditionnelle. Qu'on commencerait à sortir ensemble et que mes sentiments grandiraient petit à petit. Mais j'ai l'impression … tout m'est tombé dessus sans que je m'y attende et sans que je puisse faire quoi que ce soit pour l'empêcher. C'est … pour une première fois, c'est difficile.
Gabriel passa son bras autour de ses épaules et l'attira contre lui. Castiel se laissa faire et vint se blottir volontiers contre son grand frère. Il se sentait bien comme ça. Il se fichait que certains puissent trouver cette proximité étrange ou malsaine. Cela fonctionnait pour eux et c'était bien là l'essentiel.
- L'amour n'est pas toujours une bonne nouvelle. Crois-moi. Je te parle d'expérience. Je suis déjà tombé amoureux par le passé et parce qu'on ne choisit jamais pour qui on développe de tels sentiments, ce n'est pas toujours la bonne personne. Et quand c'est le cas alors on finit par souffrir. Mais on apprend aussi. On acquiert de l'expérience et on grandit. Je crois que c'est quelque chose que tout le monde doit traverser un jour. J'aurais aimé que tu sois épargné bien sûr mais … je ne suis pas surpris. On a pas tous la chance de rencontrer le grand amour sur notre première tentative.
Castiel trouvait cela triste. Il se souvenait avoir vu son frère souffrir atrocement après certaines de ses ruptures. Il était toujours tombé amoureux des mauvaises femmes. Et il l'avait payé au prix fort. Mais il ne perdait pas espoir pour autant. Il continuait de croire qu'l finirait par trouver la bonne. Castiel avait envie de suivre son exemple.
- Mais il suffit de regarder autour de soit pour réaliser que l'amour rend heureux des millions de gens dans le monde. Si ce n'était pas une chose aussi merveilleuse, on n'écrirait pas autant de chanson, de livres ou de films sur le sujet. Je continue de croire que ça finirait par nous arriver aussi si on sait garder l'esprit et le cœur ouvert. Et puis tu le mérites Cassie … plus que beaucoup. Ne perds pas espoir. Que ce soit Dean ou quelqu'un d'autre tu finiras par trouver la bonne personne. Il t'aidera à oublier tout ce que tu as enduré avant lui. Toutes les souffrances que tu as du supporter. Il rendra ta vie plus belle.
Castiel sourit. Il aimait l'optimisme de son frère. Gabriel pouvait sembler superficiel et moqueur pour beaucoup. Mais il était avant tout une personne incroyablement positive qu'il était bon d'avoir dans sa vie. Il était parfaitement capable de voir le bon partout. De trouver le positif même dans les situations les plus négatives qui soient.
- Et puis qui sait … je n'ai pas encore terminé son manuscrit mais ce que j'en ai lu jusque-là est plutôt très bon. Si le reste est aussi bien écrit, je pourrais lui proposer un contrat chez nous. Il pourrait envisager une autre carrière. Avoir quelque chose de concret qui le pousserait à tout arrêter. Et tu aurais ton miracle.
Castiel avait fini par oublier que son frère avait plus ou moins forcé Dean à lui remettre son manuscrit. Il avait trop concentré sur ses problèmes pour y repenser jusque-là. Mais Gabriel avait raison. C'était peut être la solution dont il avait désespérément besoin. Le miracle auquel il refusait de croire. Si Dean avait effectivement du talent – ce dont Castiel ne doutait pas – il aurait une chance de faire autre chose. Bien sûr, il faudrait qu'il l'accepte. Ce qui n'était clairement pas gagné d'avance. Il ne semblait pas très enthousiaste à l'idée de publier ce qu'il avait écrit. Castiel avait toutefois envie de croire que Gabriel saurait l'en convaincre. C'était son métier après tout. Et il était l'un des meilleurs dans son domaine.
- C'est vraiment aussi bon que tu le dis ou c'est juste pour me faire plaisir ? demanda t-il toutefois parce qu'il refusait de se faire de faux espoirs.
- C'est vraiment bon. C'est drôle et intelligent. Ça parle de lui et de son métier … de ses clients. Mais ce n'est pas racoleur. Ce n'est pas vulgaire. C'est un appel à la tolérance et à une certaine ouverture d'esprit qui manque à beaucoup. C'est … touchant aussi. Si tout le manuscrit est de ce niveau-là, je me battrais pour le publier. Crois-moi, je ne le laisserais pas m'échapper.
Castiel priait pour que cela soit le cas. Il ne croyait pas en Dieu mais il était prêt à tout. Au-delà de ce que lui pourrait en retirer, il était convaincu que c'était ce que Dean méritait. Une autre carrière. Des gens qui prendrait conscience de sa vraie valeur. Il méritait que son talent soit reconnu. Cela ne changerait peut être rien entre eux. Cela ne voulait pas dire que Dean tomberait amoureux de lui. Il n'avait peut être rien à y gagner. Mais si cela permettait à son ami de ne plus se vendre, il saurait s'en contenter. Il ne se montrerait pas égoïste. Voir Dean heureux et enfin libre serait suffisant pour le contenter. Bien sûr, il espérait en retirer plus. Mais il ne voulait pas se faire de faux espoirs. Il ne voulait pas s'imaginer des choses et prendre le risque d'être ensuite déçu. Il préférait rester prudent. Rien ne lui garantissait de toute façon que cela se finirait bien. Et il avait encore des problèmes urgents à gérer avant de penser à quoi que ce soit d'autre. Il ne savait toujours pas ce qu'il dirait à Dean en le revoyant. Il ne savait pas comment il allait gérer leur dispute. Il espérait que la nuit lui porterait conseils. Il était ay moins sûr d'une chose. Il n'était plus en colère contre le jeune homme. Il ne voulait pas le perdre. Et il ferait tout son possible pour que les choses s'arrangent. Il était prêt à sacrifier beaucoup pour y parvenir.
