Citation du chapitre : L'homme n'existe que dans le combat, l'homme ne vit que s'il risque la mort (Pierre Drieu La Rochelle)

Musique qui m'a inspirée pour ce chapitre (passage où Akira se bat) :

Xenoblade Chronicles OST - You will know our names

Je tiens à souligner que ce jeu est le meilleur qui soit !

Bonne lecture !


Chapitre dix

L'homme n'existe que dans le combat, l'homme ne vit que s'il risque la mort.

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- « Maman ! Non, maman ! »

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Ce n'est qu'en pénétrant Grey Terminal que je saisis l'ampleur de mes intentions. Tandis que je vagabonde de ruine en ruine, plus d'une fois je songe à faire demi-tour. Toutefois, une image illustrant un Luffy en pleure et balafré ne cesse de me hanter et je ne peux me résoudre à abandonner. Qu'importe ce qui peut m'arriver, qu'importe si je n'arrive toujours pas à manifester mon étrange pouvoir lorsque le besoin se fait sentir, je ne reculerai pas. Luffy est le plus jeune d'entre nous. Si Ace et Sabo ne sont pas décidés à le sauver, moi je le suis. Seulement, je comprends bien vite que ça ne sera pas si facile de retrouver la trace du garçon au chapeau de paille...

Bien que je me doute que Porchemy, ses acolytes et son chef naviguent dans Grey Terminal j'ignore totalement où peut se trouver leur planque. Une tornade ravage ma tête et j'ai toutes les peines du monde pour aligner deux pensés logiques. En réalité, je n'arrive pas à chasser l'image de Luffy qui subit une entaille de plus à chaque minute, à chaque seconde, de mon esprit. Je suis à deux doigts de céder à la panique. Alors pour chasser mon angoisse grandissante, je fonce vers quelques personnes qui sont en pleine conversation. A peine ai-je le temps de reprendre mon souffle que je débite :

- Savez-vous où se trouve la planque de Porchemy ?

Durant quelques secondes ils ne pipent mots et se contentent de me dévisager de haut en bas. Puis, l'atmosphère pesante est désintégrée par l'hilarité générale.

- Comment, petite ? Tu cherches Porchemy ?

- T'sais, à ta place j'le chercherais pas mais je ferais tout pour ne jamais l'rencontrer !

- Des gamines comme toi il en écorche tous les jours à c'qu'il paraît !

Je me renfrogne et décide de m'éloigner sans leur répondre. Décidément, il semblerait que je ne puisse compter que sur moi-même.

Pendant ce qui me paraît être des heures je cherche la planque de Porchemy. Pourtant l'emplacement de soleil ne tarde pas à me certifier le contraire. En réalité ce sont seulement de longues minutes qui se sont écoulées. Mais cette recherche a vite fait de tourner au cauchemar. Des bandits me courent sans cesse après et je suis obligée de mettre mon objectif premier entre parenthèses. Toutefois, alors que je commence peu à peu à perdre espoir, je remarque que trois bandits avancent dans le sens opposé et se dirigent tranquillement vers moi. Je m'arrête net. Il me faut moins de temps pour reconnaître les trois acolytes de Porchemy de tout à l'heure que pour déglutir. Ils s'immobilisent également pour parler avec d'autres bandits. Je me rapproche nonchalamment pour tenter de comprendre leurs propos.

- Si on connaît Ace et Sabo ? s'enquit un habitant du Grey Terminal en se tournant vers ses semblables.

- Un peu qu'on les donnait ! Ces sales mômes nous en ont déjà fait baver !

- Ouais, de vraies bêtes enragées. Et ce sont pas trois gringalets tels que vous qui vont les impressionner. Alors j'vous déconseille de vous y frotter.

Je constate que les acolytes de Porchemy ne se font pas aussi bien respecter que leur supérieur. Je ne sais pas pour quelle raison mais je me sens quelque peu rassurée. Comme si je savais pertinemment que j'allais devoir les affronter tôt ou tard. Justement, les trois subordonnés de Porchemy se sont défaits des brigands et se dirigent à nouveau dans ma direction. Alors qu'ils ne sont plus qu'à quelques mètres de moi, un frisson me parcourt l'échine dorsale. Les paroles de Magra me reviennent en mémoire. « Si un jour tu es amenée à te battre contre un individu, tâche de te servir de ton jeune âge pour paraître invisible. Ainsi, tu pourras vaincre cette menace par surprise. ». Je me souviens que cette remarque m'avait fait éclater de rire. Magra ? Se battre ? Cela semble incompatible. Mais l'heure n'est pas à la plaisanterie. Les trois bandits sont maintenant à ma hauteur. Comme prévu ils ne font absolument pas attention à moi.

C'est le moment.

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- Concentre-toi, trésor !

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Oui. Je dois me concentrer.

Je dois frapper

où ça fait mal.

Sauf que...

Je ne sais absolument pas comment neutraliser quelqu'un en une seule attaque.

Ou plutôt devrais-je dire que je n'ai jamais eu recours à des ruses et à ma force contre un être humain. Pourtant c'est ma chance, je le sais, je le sens. Je le sens à l'atmosphère qui s'est électrifiée. Je le sens à ma respiration qui s'est brutalement coupée. Je le sens à mes poings qui me démangent et qui flageolent. Les trois bandits me dépassent à présent. Je supplie ma conscience de donner des ordres à mes bras, à mes jambes qui sont paralysés.

Allez ! Bouge ! Fais quelque chose ! N'importe quoi !

… N'importe quoi ?

Je fais volte face et agrippe la veste d'un des trois sbires de Porchemy, celui avec une casquette.

- Moi. Moi je sais où se trouvent Ace et Sabo.

Pour faire n'importe quoi je fais n'importe quoi ! Cependant ma voix n'a pas chevroté. Elle était parfaitement calme. Les trois compères se retournent brusquement vers moi, choqués de ce que j'affirme avec autant de désinvolture.

- De quoi ? Tu peux répéter ? demande l'homme à la casquette que je n'ai toujours pas lâché.

Sans plus attendre je lui assène un violent coup de poing dans le ventre en espérant le voir voler quelques mètres plus loin. Enfin, « violent » est un bien grand mot étant donné qu'il n'a pas bougé d'un pouce. Je fixe scandalisée la paume de ma main qui n'a pas cessé de trembler. Pourquoi ? Pourquoi mon énergie ne se déploie pas ? Le rire gras des deux autres bandits retentit et rebondit sur les ruines alentours pour me vriller les tympans. Je fronce les sourcils et me mords les lèvres. Ce n'est pas le moment de faiblir. Je me répète inlassablement six mots.

Luffy est en danger de mort.

Je fixe l'homme à la casquette que je tiens toujours et qui est en train d'insulter ses acolytes qui se moquent ouvertement de lui. Je constate subitement que sa veste que j'ai entre les mains est verte. Mais pas la même nuance que celle de la forêt que j'ai fini par apprécier. Ce vert là est plus sombre, plus sale, plus...détestable. J'ai réussi à terrasser l'ours le plus redoutable de la forêt, alors ce n'est pas ces trois pions de Porchemy qui vont m'arrêter.

Je sers mon poings à m'en faire saigner,

Luffy est en danger de mort.

je prends de l'élan,

Luffy est en danger de mort.

et je frappe au même endroit en y mêlant cette fois angoisse, colère et rage de vaincre.

Luffy est en danger de mort, bon sang !

Et l'homme vole. Il vole vraiment jusqu'à ce qu'il s'écrase contre ce qui reste d'une maison abandonnée. Le mur s'effondre sous lui. Je fronce davantage les sourcils et me tourne vers les deux bandits qui sont estomaqués. Il leur faut plusieurs secondes pour réaliser ce qui vient de se passer et pour se mettre en garde. Je me tourne vers eux le cœur au bord des lèvres mais plus déterminée que jamais. Mes poings vibrent, mes jambes sont deux tiges fermement enracinées dans le sol. L'adrénaline fait pulser mon corps, mon esprit s'est volatilisé. Voilà donc ce que c'est, l'esprit combatif.

- A qui le tour ? je grommelle le souffle court.

Je ne quitte pas des yeux le blond avec son sabre ni le brun qui a dégainé un couteau. Je n'ose même pas cligner des yeux. Tout ce que j'essaye de faire c'est de concentrer mon énergie dans mes poings pour ne pas reproduire un échec comme tout à l'heure. Cette fois ils ne seront plus tendres avec une gamine qui vient de faire valser leur coéquipier. Justement, je vois dans leurs regards que la stupéfaction s'est transformée en colère.

- Sale petite morveuse ! crache le blond. J'sais pas quel tour de passe-passe tu as utilisé pour faire valdinguer cet abruti mais sache que tu ne nous impressionnes pas !

- Ouais ! T'as tout intérêt à nous dire rapidement où se cachent Ace et Sabo, riposte l'autre en agitant son couteau.

Je ne me suis jamais fait trancher par un sabre ou un couteau mais je ne préfère pas savoir quel effet ça fait. Au bout de ce qui me semble être une éternité, les deux sbires de Porchemy se jettent sur moi à deux. C'est-à-dire en même temps. J'en suis déstabilisée. Subitement je ne sais plus où regarder. Alors, comme une idiote, je ne fais rien.

Et le blond me lacère le bras droit.

La douleur est fulgurante et se propage à une vitesse folle dans mon cerveau. Une alarme sonne dans ce dernier. Je recule de quelques bonds et tombe à terre. J'entends à peine les deux bandits se moquer de ma faiblesse. Je palpe mon bras endommagé les yeux encore flous. Une vague de soulagement s'abat violemment sur moi et je suis à deux doigts de me mettre à pleurer. Mon bras est toujours là. Heureusement. Je secoue la tête pour recouvrer mes esprits et regarde craintivement l'étendu des dégâts. Mon bras saigne abondamment. Je tente de le bouger mais la souffrance que me procure cet effort me décourage. Un bruit de pas me fait réagir au quart de tour. Je roule sur le côté et esquive de justesse l'attaque du brun. Je cours à quelques mètres et m'arrêtent pour leur faire face. Je ne mets pas longtemps à comprendre dans quelle mauvaise posture je suis à présent. Ils sont tous les deux armés et je n'ai plus qu'un seul bras valide. Malheureusement je n'ai pas le temps de réfléchir davantage : les deux brigands fondent sur moi. Je suis tétanisée. Comble de la malchance, le soleil se reflète sur le sabre du blond et m'aveugle l'espace de quelques secondes. Je suis contrainte de baisser les yeux et de fixer mes pieds. Mes pieds qui sont soigneusement enveloppés dans plusieurs couches de tissus. Mes pieds qui sont chouchoutés et qui ne me servent que pour marcher ou courir...

Alors que le blond, qui n'est plus qu'à deux ou trois mètres de moi, lève son sabre pour m'asséner le coup final, je me rue vers lui. Mon instinct de survie écrabouille ma conscience. J'esquive de justesse son attaque décisive, m'agrippe à lui comme une enragée avec mon bras valide et, avec l'élan que j'ai pris, parviens à faire décoller mes jambes. Je propage toute l'énergie de mes poings dans mes pieds et frappe de toutes mes forces dans le visage du brun.

Le résultat ne se fait pas attendre. Le tissu de mes pieds se déchirent en de nombreuses fentes et l'homme au couteau valse à son tour dans une maison délabrée. Je suis folle de joie. On m'a appris à respecter de nombreuses consignes et à retenir des leçons par cœur quand j'étais jeune. Mais personne ne m'a dicté ma façon de combattre. C'est la première fois que je me serre de mes pieds de cette manière. Seulement, je n'ai pas le temps de savourer plus longuement cette brève victoire. A peine ai-je le temps de me retourner que le blond m'envoie un coup de sabre à l'horizontal. Cette fois je n'ai pas le temps de l'éviter entièrement. Je me prends la poignée de son sabre et tombe à terre quelques mètres plus loin. Je suis si sonnée que je vois double et ne parviens pas à me concentrer sur mes autres sens. Je perçois le danger se rapprochait considérablement de moi et je me sens tellement tellement impuissante car je n'arrive pas à visualiser de quel côté il va surgir. Je panique et perds le contrôle de mon cœur qui s'emballe, de ma tête qui rugit et de mon esprit qui s'est évaporé. Je suis à genoux, vaincue, vidée et

terriblement

seule.

Mais le coup final, fatal, ne vient pas. Soudain, on me prend par les épaules et on me secoue si fort que j'en ai la nausée.

- Hé ! Ressaisie-toi !

Non... Cette voix... Ne me dites pas que...

- Qu'elle se bouge, je pourrai par tenir très longtemps !

Et celle-ci je pourrais la reconnaître entre toutes celles de l'île ! J'ouvre les yeux et rencontre aussitôt des pupilles sombres qui me scrutent attentivement.

- Ace...

- Non, c'est moi, Sabo.

Je cligne plusieurs fois des paupières et attends que ma vision soit de nouveau opérationnelle. Pas de doute. C'est bien lui. Avec cette chevelure frisée blonde et ses habits bleus il me serait difficile de ne pas le reconnaître. Je suis si émue de le voir qu'une boule se forme dans ma gorge.

- Sabo...

Je me penche et regarde derrière lui.

- Ace...

Ce dernier est de dos et bloque le sabre du blond avec son tuyau. Le sbire de Porchemy semble plus énervé que jamais.

- Petits merdeux..., fulmine-t-il en resserrant sa prise sur la poignet de son sabre. Ça fait des heures qu'on vous cherche !

Alors que la tension est à son comble, Ace relâche soudainement toute la vigueur qu'il avait placé dans son attaque pour que le blond titube en avant. L'instant d'après le garçon lui a asséné un coup de pied dans le tibia pour le faire chuter et un coup de coude dans la mâchoire. Je n'ai pas le temps d'être stupéfaite qu'Ace s'est tourné vers nous.

- Sabo !

- J'ai compris.

Le concerné me soulève dans ses bras et s'écarte rapidement du champ de bataille. Mes paupières sont brusquement trop lourdes et je ne parviens pas à me maintenir réveiller. La tête me tourne et c'est toute l'adrénaline accumulée durant le combat qui s'abat violemment sur moi.

/

Une douleur insoutenable à la tête m'oblige à me réveiller.

- Ça va ?

J'ouvre les yeux de surprise, m'attendant à être seule. Pourtant ce n'est pas le cas, je ne rêve pas. Sabo est devant moi et s'affaire à nouer quelque chose autour de ma tête. Sa question me revient et je hoche frénétiquement la tête, me sentant stupide de répondre si tard. Face à cette réaction imprévisible il se met à rire de bon cœur et se met debout. Son rire provoque le même effet chez moi que la première fois. Il me réchauffe de l'intérieur et me fait perdre le fil de la situation... La situation ?! La découverte du trésor d'Ace et Sabo, la capture de Luffy, le combat... Tout me revient en mémoire. Tout sauf...

- Où est le bandit avec le sabre ?! Où est Ace?!

- Je suis là.

Je tourne la tête et je constate qu'Ace est adossé au même arbre que moi. Je ne l'avais même pas remarqué. Je me mordille les lèvres. J'ai un milliard de questions à leur poser. Ne tenant plus, je m'écris presque :

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi êtes vous venus ? Et Luffy...

- Hé ! intervient Ace en soupirant. Calme toi un peu !

- Il n'a pas tort, poursuit Sabo. Si tu t'agites trop ta blessure va se rouvrir.

Je tâte le bandage noué autour de ma tête. La douleur est toujours présente et celle de mon bras droit aussi mais je parviens à la reléguer au second plan grâce – ou à cause – de toutes les émotions qui me submergent. Sabo me tend la main.

- Viens, le temps presse.

Il n'a pas besoin de m'en dire plus, je sais à quoi il fait allusion.

- Et ne nous ralentis pas ! s'empresse d'ajouter Ace, fidèle à lui-même.

/

- ARRÊTEZ ! s'époumonent Ace et Sabo en démolissant le mur de la cabane.

La première chose que je vois est Luffy ligoté retenu à une poutre. Il est tellement imbibé de sang et de larmes qu'on ne distingue plus son visage. Malgré ses pleurs virulents il parvient à crier désespérément nos noms. Oh mon Dieu... Luffy... Je tente d'imiter les garçons et de me jeter sur Porchemy et ses sbires mais mes muscles refusent de répondre. Je constate avec effroi que même si je désire plus que tout participer à cette bataille, même si je n'ai plus peur, mon mental s'est incliné face à mon état physique. Je tombe à genoux. Je n'ai plus d'énergie...

- Sabo !

La plainte provient d'Ace. Je relève la tête et me statufie devant le spectacle qui se joue devant moi. Porchemy est en train d'étrangler le garçon aux cheveux noirs et pointe dangereusement son immense sabre vers lui.

Oh non.

Je regarde mon poing gauche, celui qui n'est pas endommagé, et le presse contre mon front. Je ne sais pas qui prier, je ne sais pas à qui quémander de l'aide, mais j'implore. J'implore l'énergie de me revenir. Juste une fois. Une dernière fois. Seulement, au moment où je me redresse enfin, Sabo assène un grand coup de tuyau sur le crâne à Porchemy. Ce qui libère Ace. Ce qui me soulage plus que tout. La seconde d'après Sabo est aux côtés de Luffy et tranche ses liens avec un poignard volé à l'un des bandits.

- J'ai Luffy ! On se casse Ace, dépêche-toi !

- Partez devant, je vous rejoindrai !

- Quoi ?!

Sabo est à présent à mes côtés. Il lâche Luffy qui atterrit tout droit contre ma poitrine.

- Tu le sais, non ? poursuit Ace. Je ne tourne jamais le dos à un adversaire, je ne m'enfuis jamais.

- Dis pas n'importe quoi, Ace ! s'écrit Sabo. C'est Porchemy, son sabre n'a rien à voir avec celui que tu as bloqué tout à l'heure !

Mais ses paroles n'ont aucun effet sur le concerné. Le chef des bandits et Ace ont une conversation animée que je n'arrive plus à comprendre. A croire que toutes mes facultés se sont amoindries.

- Restez ici ! ordonne le blond en s'élançant vers son ami.

Un gémissement me fait tressaillir. Je regarde Luffy qui souffre à vue d'œil. J'étreins délicatement son corps tout frêle et tremblant contre moi. Ses larmes me font plus de peine que tout ce que j'ai pu surmonter sur cette île. Elle me bouleverse réellement . J'aimerais tellement lui dire qu'il n'a pas à s'en faire, qu'il est hors de danger, que nous sommes là pour lui, qu'il a été excessivement courageux en ne révélant rien sur Ace, Sabo et leurs trésors, que ces derniers ont fini par changer d'avis et qu'ils ont décidé de le sauver. Qu'il ne sera plus jamais seul.

/

- Je ne veux plus jamais être seule !

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Telle fut ma première certitude sur cette île (cf. chapitre un). Luffy, crois-moi, tu ne seras plus jamais seul...

- Ce ne sont quand même pas des morveux comme vous qui vont tenir tête à des pirates !

Je lève les yeux. Ace a une estafilade sur le front et Sabo est à bout de souffle. Si ça continue ils vont... Non... Pas maintenant. Ça ne peut pas arriver maintenant, pas après que nous ayons traversé cet horrible affrontement. Il nous reste tellement tellement tellement de choses à découvrir, à partager, à vivre. Nous ne sommes que des enfants. Pourquoi devrons nous nous battre si jeunes ? Je sers mon poing gauche. Où est passée toute cette énergie qui faisait frémir presque douloureusement mes membres ? J'ai donné tout ce que j'ai à deux reprises et cela a suffit à me vider ? Je ne peux pas le croire. Non. Je ne peux décidément pas le croire. Je relâche Luffy et me redresse difficilement sans quitter le combat des yeux. Ace et Sabo sont prêts à risquer leurs vies dans ce combat. Je ne peux pas rester en retrait et jouer un rôle de victime à protéger. Je lève mon poing gauche en l'air et ferme les yeux pour me concentrer. Je sais que l'énergie est là, qu'elle se cache quelque part et qu'il me suffit de la débusquer. Je la sens sautiller dans mon bras mais aussi dans mes épaules, dans ma poitrine, dans mon ventre, dans mes jambes et... Et partout. Elle est absolument partout. Oui partout ! Elle est là ! Je la perçois très bien à présent ! C'est... fantastique de sentir cette faible puissance émerger dans son corps. Je ne tiens plus. Il faut que je frappe quelque chose. Tout de suite. Pour les aider. Je l'accumule dans mon poing gauche, et je tape, cogne, heurte le sol à une seule reprise.

Du moins c'est ce que je crois.

Et je ne comprends mon erreur que plus tard.

Avec cette seule et unique frappe, je ne percute pas seulement le sol. Non.

Je le pulvérise.

La terre se fissure sous mes doigts et vacille. L'impact se répercute dans mes muscles, dans mon squelette. Des papillons dansent devant mes yeux mais je refuse de m'avouer vaincue. Je relève la tête tandis que tout mon corps oscille. Les trois combattants sont à terre et sont tournés vers moi. Sabo est effaré. Porchemy est estomaqué. Ace est stupéfait. Et c'est ce dernier qui reprend ses esprits le premier et qui profite de ce trouble général pour porter ce qui semble être le coup final à notre ennemi.

- Pou...pourquoi tu saignes ? demande le garçon à mes côtés.

Je jette un regard à Luffy qui fixe mon visage. Du moins je crois. J'ai beau cligner des paupières je vois flou. J'essaye de retirer mon poing du sol mais je n'y parviens pas. Alors, avec mon bras blessé je passe difficilement la main sur mon visage une seule fois et tente d'analyser l'étendu des dégâts. J'écarquille les yeux. Je ne vois que du rouge. Du rouge rouge rouge. Sur la paume de ma main, sur mes habits, à mes pieds.

Et puis tout se passe très vite. Trop vite. Des étoiles explosent et un nouveau supplice saccage mes membres avec une telle fureur que je suis incapable de parler ou de bouger. En m'écroulant dans la crevasse que j'ai crée je comprends une chose.

Mon invraisemblable victoire contre l'ours, le tronc d'arbre que j'ai courbé, la salle de bain dévastée. Et maintenant le sol explosé, la terre ravagée, la cabane de Porchemy effondrée.

Oui...

J'ai le pouvoir de détruire.


Le petit commentaire de l'auteure : "J'ai le pouvoir de détruire". Non mais là je m'y crois ! *rire*. Un chapitre qui se focalise exclusivement sur l'action. Akira est dans un premier temps seule à vouloir délivrer Luffy. Elle est contrainte de se battre. On peut constater qu'elle a un peu progressé mais ce n'est pas encore folichon. Heureusement pour elle, les justiciers que je nomme Ace et Sabo arrivent pour la secourir. Tiens mais... Akira saigne à la fin du chapitre après avoir utilisé son étrange énergie ? Qu'est-ce que cela signifie ? Mystère ! *rire sardonique*

Ciaossu !