Bien le bonjour mes petits agneaux !
Pour une fois, je vais profiter de cet emplacement pour vous expliquer quelques petits "changements". Les voici :
1. J'ai peaufiné les dix premiers chapitres en y ajoutant mon commentaire personnel à la fin. Le contenu est le même mais je souhaitais vous parler plus en détails de la conception du chapitre concerné pour ceux ou celles que cela intéresse. A présent, vous pouvez retrouver "Le petit commentaire de l'auteure" à la fin de chaque chapitre y compris ceux à venir.
2. Je tiens à préciser que cela fait six mois que j'écris sans relâche tous les jours. Pour faire court, j'ai eu une sorte de déclic en regardant le film Disney Vaïana, en jouant à The Legend of Zelda : Breath of the Wild et en lisant toutes les sagas de Pierre Bottero. Je vous dis pas l'effet que ce petit mélange a eu sur moi. Si je vous dis que j'ai écrit pour le moment 32 chapitres sur OpenOffice, vous n'allez pas vous évanouir ? Si ? Ah mince, pardon... C'est pour cela que le rythme de publication va être beaucoup plus rapide. Je ne dis pas que je publierai un chapitre par jour, je souhaite quand même vous laisser le temps de lire un chapitre à la fois. Et rassurez-vous, je ne me précipite pas. Chaque chapitre est soigné, je vous laisserai juger par vous-même.
3. Quelques personnes m'ont laissé des commentaires d'encouragement ainsi que des critiques sur ma fic. Je me désolais de ne pouvoir vous répondre du coup à partir de maintenant je profiterai de cet emplacement pour vous répondre. Sachez que chaque commentaire est précieux, je les lis avec attention. Commençons sans plus tarder :
Hasna-ghost - Contente que le premier chapitre de cette histoire t'ait plu ! *smile*
L1109 - Merci de m'avoir fait remarquer que les tirets n'apparaissaient pas. Certains caractères que j'utilise sur OpenOffice ne sont pas disponibles sur . Du coup je dois être plus attentive. Encore merci !
Kasumihime - La toute première citation du passé d'Akira est bel et bien tirée de Naruto, bien vu ! C'est effectivement Hinata qui prononce cette phrase. Je trouvais qu'elle collait parfaitement à Akira. Merci pour ton commentaire !
Soutien - Ce pseudo m'a fait vraiment sourire. Tu comprendras que je ne peux malheureusement pas te dévoiler la suite de l'histoire et les origines d'Akira *sourire machiavélique*. Et sois rassuré : je n'abandonnerai jamais cette fic.
Mausu-chan - Je suis contente que tu apprécies Akira. Tes suppositions sont intéressantes en tout cas, reste à voir si tu as raison ou tort. Encore pardon pour les tirets, je ferai attention à l'avenir, c'est promis *smile*. De plus, je te remercie de m'avoir souligné une faute de frappe. A bientôt j'espère !
Cheshire - Je t'ai envoyé un message privé pour te remercier de l'attention que tu portes à ma fic et je profite de cet emplacement pour te remercier de ta fidélité. En espérant que la suite te plaira.
Akabane D Yui - Merci du compliment !
Citation du chapitre : Une personne c'est de la compagnie, deux c'est la foule, trois c'est une réception (Andy Warhol)
Bonne lecture !
Chapitre onze
Une personne c'est de la compagnie, deux c'est la foule, trois c'est une réception.
/
- « Bien le bonjour Grand-père ! Je suis ravie de pouvoir faire votre connaissance. »
- Bon sang ma fille... Qu'as-tu fait d'Akira ? »
/
Néant.
C'est le néant le plus total.
Tout est noir autour de moi. Je ne parviens pas à faire un seul geste, mon corps ne m'obéit plus. Il est un amas de fatigue qui me fait sombrer, sombrer de plus en plus profond. Je tente de comprendre ce que j'ai fait pour me retrouver dans cet état. Durant cette terrible bataille je n'ai cessé d'avoir recourt à mon étrange pouvoir. En fait, je l'ai utilisé trois fois, chose que je n'avais jamais fait surtout avec une telle intensité. Et puis... Et puis quoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé, bon sang ? Est-ce que tout cela a servi à quelque chose ? Je meurs d'envie de le découvrir mais je ne parviens pas à refaire surface. Je m'escrime à me débattre, à m'accrocher à quelque chose mais il n'y a rien. Absolument rien. Il n'y a rien de matériel autour de moi. La solitude s'apprête à m'emprisonner quand tout à coup j'entends...des cris... Quelqu'une est un en train de...pleurer. Qui ? Qui pourrait bien pleurnich... Et soudain je me souviens de Luffy. Et soudain je me souviens que je me suis promis de ne plus jamais le laisser seul. Et soudain j'ouvre les yeux et je sors des ténèbres.
- Luffy..., je murmure en clignant des paupières.
C'est bien lui. Il est là, juste à côté de moi. Un nombre incalculable de bandages et de pansements le recouvrent.
- Ah ! Tu es réveillée.
Je reconnais la voix de Sabo. De toute évidence il s'adresse à moi. Il m'aide à me mettre assise.
- Que s'est-il passé ? je demande d'une voix rauque, la gorge sèche.
- Eh bien... En gros tu as fait cette...attaque bizarre qui a détourné l'attention de Porchemy et qui nous a permis de le battre, répondit Sabo en se relevant. Bien évidemment tout ça ne serait jamais arrivé si Ace n'avait pas décidé de faire son suicidaire.
Cette fois il se tourne vers le concerné qui est assis sur un rocher à quelques mètres de nous. Je note que nous sommes de nouveau dans la forêt.
- N'empêche c'est une très mauvaise habitude que tu as, Ace ! poursuivit Sabo en perdant son calme. Un peu plus et on y passait tous ! Désormais on peut être certains que les hommes de Bluejam vont nous chercher partout ! On s'est foutus dans un sacré pétrin !
Bluejam ? Si ma mémoire est bonne, Sabo en avait déjà parlé avant que Luffy ne se fasse capturer. C'est le chef de Porchemy. Je ne peux retenir un frisson. L'homme aux cheveux mauves était déjà assez terrifiant, je n'imagine même pas à quel point son supérieur peut être effrayant. Un lourd silence s'installe durant lequel seules les plaintes de Luffy se font entendre. Enfin ce dernier clame :
- J'ai cru que j'allais mouriiiir ! C'était horrible, j'ai eu la peur de ma...
- T'as pas fini de pleurer, toi ?! s'emporte Ace en faisant claquer son tuyau contre le rocher. Je supporte pas les pleurnicheurs ! Et puis pourquoi t'as pas révélé où se trouvait notre cachette ?! T'as bien vu à quel point ces types sont sans pitié !
- Mais si j'avais parlé on n'aurait pas pu devenir amis !
- C'est n'importe quoi, ça vaut toujours mieux que de se faire tuer !
Ace se lève et marche de long en large dans un excès de colère. Au bout de ce qui semble être une éternité, il s'arrête devant Luffy et moi et nous regarde tour à tour. Bizarrement, je sais déjà ce qu'il va nous demander.
- Bon sang mais pourquoi vous me suivez ?! Qu'est-ce que vous avez à tant vouloir devenir mon ami ? Vous êtes bigleux ou quoi ?! Regardez un peu ce que je vous ai fait subir et tout ça parce que vous tenez absolument à me suivre !
J'allais lui répondre que ça faisait un certain temps que je ne le poursuivais plus mais Luffy me précède en s'époumonant :
- MAIS MOI J'AI PERSONNE D'AUTRE !
Des dizaines d'oiseaux se sont envolés d'un même battement d'aile. Plus personne n'ose dire quoi que ce soit. En fait, j'ai l'impression qu'on attend tous que Luffy continue sur sa lancée. Justement, après s'être essuyé le nez, le garçon poursuit :
- J'peux pas retourner à Fushia. Je déteste les brigands des montagnes et puis toi et Akira n'êtes jamais là. Si j'avais pas essayé de te suivre, Ace, je serai resté tout seul ! Et y a pas pire que la solitude !
Mon cœur se serre douloureusement. Il a raison sur toute la ligne. Je n'ai jamais pris la peine de lui demander s'il voulait passer la journée avec moi. Je me suis contentée de le soigner de temps et temps et ce fait ne me prenait que quelques minutes. De plus, la solitude est belle et bien la chose la plus terrifiante qui existe. Je ne peux que le soutenir dans cette affirmation :
- Luffy dit vrai. Et puis ce n'est pas tout. Ace, tu possèdes quelque chose que les gens de cette île, y comprit la bande à Dadan, n'ont pas. Je l'ai tout de suite senti lorsque je t'ai rencontré et je pense que c'est pour cela que je t'ai suivi sans relâche pendant très longtemps.
Je me tourne vers Sabo.
- En un regard j'ai saisi que tu étais comme Ace. Vous êtes tous les deux dans une bulle que personne ne peut percer ou imiter. J'ai longuement observé les habitants du Grey Terminal et je n'en ai vu aucun qui vous ressemblait.
Je m'arrête quelques secondes pour reprendre ma respiration. Je n'ai pas le temps d'être surprise par ce long discours qui ne me ressemble pas.
- Avec vous les choses peuvent changer. J'en suis certaine. N'est-ce pas Luffy ?
Ce dernier hoche vivement sa tête. Je lui souris, soulagée de constater qu'il est du même avis que moi.
- Donc si je résume... Vous voulez tous les deux rester avec moi ? demande Ace.
Cette fois Luffy et moi acquiesçons en cœur.
- Et vous... ne souhaitez pas ma mort ?
Tandis que je laisse le garçon au chapeau de paille répondre pour moi – c'est à dire « évidemment que non ! », je discerne une facette de la personnalité d'Ace que je n'ai jamais vu auparavant. Non, c'est faux. J'ai déjà vu une fois le Ace là. C'était lorsque Dadan, soûle, proférait des ignominies sur lui et qu'on était cachés derrière le drap près de la salle de bain. Durant ce court laps de temps il semble si fragile, presque vulnérable. Je ne peux pas m'empêcher d'être fascinée par cette image singulière qu'il dégage. C'est aussi pour cela que je désire rester avec lui. Je veux savoir qu'est-ce qui l'a amené à penser que l'on souhaite sa mort. Sans en être pleinement consciente, mon regard se dirige vers Sabo qui semble absorbé par la scène. Je suis convaincue que lui aussi est ampli de mystères qu'il me tarde de découvrir.
- Ouais, je vois... Le problème c'est que je supporte pas les pleurnichards comme toi, souffle Ace en se grattant la tête et en s'adressant à Luffy. Ni les filles d'ailleurs. Elles sont trop...
J'attends sagement sa remarque cinglante, étant parfaitement consciente que son dernier commentaire m'est destinée. Il se tourne vers moi et me jauge sans se cacher.
- …incompréhensibles.
S'ensuit une énième dispute entre Luffy et Ace. Le premier proclame haut et fort qu'il est tout sauf un pleurnichard et le second ne se prive pas de certifier le contraire. J'abandonne vite l'idée de suivre cette querelle. En vérité, je suis bien trop préoccupée par ce que je devrai faire. Ace ne supporte pas les filles. Et je ne veux pas être traitée comme un être anormal qui se différencie totalement de lui ou de Sabo. Une solution apparaît alors et elle me semble si logique que je n'y vois pas d'inconvénients. Je prends appui sur mes bras et pousse dessus pour me relever. Seulement, une fois debout, mes jambes cèdent aussitôt sous le poids de mon corps et je tombe à terre. Je regarde hébétée mes mains. Je n'ai jamais ressenti un tel sentiment d'impuissance. Et le pire c'est qu'il est...
...envahissant.
Tous mes membres pèsent dix tonnes. Je suis tellement frustrée que je ne suis ni en mesure de plaindre mon corps ni de me sentir coupable pour le traitement que je lui ai fait subir.
- Tu n'arrives pas à te lever ?
Je fais signe au blond que non.
- Ce n'est pas étonnant. Tu as subi de nombreuses blessures contre les trois sbires de Porchemy. Et puis ton nez a beaucoup saigné jusqu'à maintenant. Tu dois être à bout de force.
Je hoche la tête sans savoir ce que je pourrai ajouter à ça. Je détourne les yeux mais retourne aussitôt mon attention vers lui.
- Est-ce que tu peux me prêter... ton poignard ?
Je le vois dépasser de sa ceinture. C'est celui qu'il a volé à un bandit pour couper les liens qui retenaient Luffy. Il ne discute pas et me le passe, bien qu'intrigué par ma demande. Sans plus attendre je rassemble mes cheveux rouges en une queue de cheval qui m'arrive presque au milieu du dos. Je respire un bon coup...
...et leur dis silencieusement adieu.
D'un mouvement qui se veut vif, je tranche ma chevelure que je m'empresse de jeter à terre. Cette action suffit à stopper la dispute entre Luffy et Ace. Trois paires d'œil me fixent. En fait ils ne sont pas vraiment ébahis, je pense qu'ils se questionnent juste quant à ma santé mentale. Je souris et déclare d'un ton ferme :
- Je ne veux pas être considérée comme une personne étrange ou à part. Je veux être comme vous. Et si c'est le fait d'être une fille qui pose problème alors je serai un homme !
Cette annonce a l'effet attendu. Cette fois ils sont bel et bien étonnés. Le premier à réagir est le plus petit des trois :
- Trop bien ! Moi aussi je veux faire une déclaration !
Il prend sa respiration et poursuit en criant :
- Sachez que je deviendrai plus fort que n'importe qui ! Je deviendrai un pirate exceptionnel, je l'ai promis à Shanks !
Shanks ? Encore lui ? Il l'avait déjà mentionné quand il avait comparé mes cheveux aux siens. Tandis qu'Ace réprimande Luffy, je m'aperçois que Sabo est tout à coup mal à l'aise.
- Qu'est-ce qui ne va pas ?
- C'est juste que... Je viens de me rendre compte que je n'ai plus de lieu où dormir. Jusqu'à présent je vivais au Grey Terminal mais maintenant qu'on sait que Bluejam est à notre recherche je pense pas que ça serait l'idéal de rester ici...
Une idée germe si violemment dans ma tête qu'elle noie toutes mes autres pensées. Je n'ai même pas le temps de peser le pour et le contre qu'elle sort involontairement de ma bouche, se frayant un chemin entre mes dents :
- Tu n'as qu'à venir avec nous chez Dadan !
/
- C'est bon ! Je vous l'ai dit, je peux le faire toute seule !
Les trois garçons m'observent, moyennement convaincus voire pas du tout. J'ai envie de leur faire ravaler leurs soupirs mais malheureusement ça m'est impossible pour le moment. C'est à peine si j'arriverai à leur faire une pichenette sur le front.
- Allez, encore une fois..., je murmure plus pour moi-même que pour l'assistance.
Je pousse une nouvelle fois sur mes bras et me remets debout. Mes muscles se crispent tandis que mes jambes hurlent de douleur. Je soulève l'un de mes pieds et le place devant moi. L'herbe me chatouille la peau et essaye vainement d'apaiser cette dure labeur. Je soulève mon autre pied mais cette fois ce sont mes genoux qui capitulent.
- Allez, encore une fois...
- Tu vois bien que tu n'y arrives pas ! s'énerve Ace à bout de patience. Pour une fois qu'on propose de l'aide à quelqu'un tu te sens obligée de...
- Je peux le faire toute seule !
/
- Mon ange, écoute-moi bien. Dans ce monde où l'homme se voit plus puissant que n'importe qui, la femme doit savoir tirer profit de sa propre force. Ainsi, tu ne dois compter que sur toi-même.
- Oui maman !
/
Je ferme les yeux, perturbée. Est-ce vraiment ma mère qui m'a dit cela ? A chaque nouveau souvenir qui resurgit j'ai l'impression de développer une image de mon passé totalement différente de la précédente. Les personnalités de mon père et de ma mère ne cessent de se modifier. Leurs comportements sont presque contradictoires et je ne sais que penser de cela. D'un seul coup je sens qu'on me tire les bras et qu'on me force à me mettre debout. La plaie de mon bras invalide me lance mais je ne dis rien étant donné que c'est Luffy qui m'a aidée. Je bats des paupières, interloquée.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je vais te porter pardi ! J'ai même pas pu me battre tout à l'heure alors faut bien que je fasse quelque chose !
- Mais j'ai dit que...
- C'est bon Luffy, je m'en charge, me coupe Sabo. T'es trop amoché pour faire quoi que ce soit.
Je n'ose pas broncher, consciente que mon entêtement relève plus du ridicule que de la bravoure. Et alors qu'il me prend sur son dos, tenant fermement mes cuisses, je me laisse envahir par la fatigue et sombre dans les bras de Morphée.
/
Je m'étire en baillant. Mes os craquent délicieusement, me donnant envie de recommencer l'action. J'étends mes bras au dessous de ma tête. La fraîcheur du parquet me paraît un instant agréable puis me fait frisonner. Je me roule sur le côté, me mets en boule en ramenant mes genoux contre ma poitrine et tente de me rendormir. J'ai à peine le temps de laisser mon esprit divaguer qu'un bras atterrit sur mon visage. Je me redresse. C'est la troisième fois cette nuit que cela se produit. Je soupire et repose le bras de Luffy sur son ventre. Je ne savais pas qu'il pouvait autant s'agiter durant son sommeil. Je baisse les yeux vers ma droite et remarque que Sabo dort paisiblement. Ace aussi. Après mûre réflexion je constate que je ne suis plus très fatiguée et décide de me lever complètement. Après tout il faut bien s'activer et travailler. J'ai eu l'impression que l'arrivée de Sabo ne s'est pas faite de guetter de cœur et qu'il faudra trimer plus dur que d'habitude pour pouvoir rester sous le toit de Dadan. Autant s'y mettre maintenant. Je fais quelques pas puis je m'arrête aussitôt, stupéfaite que mes jambes ne soient plus aussi lourdes qu'hier. A l'inverse la douleur dans mon bras droit ne s'est pas vraiment éclipsée mais elle est supportable. Je laisse mes yeux couvrir la pièce. Ce n'est pas le première fois que j'y viens mais c'est bel et bien la première fois que j'y dors. La veille au soir Dadan a décidé de vider cette salle qui servait de réserve pour qu'on puisse y faire nos nuits. La raison de ce changement ? « J'ai pas envie que vous foutez le bazar plus que ça, alors vous irez pioncer ailleurs ! ». Du Dadan tout cracher.
Je descends l'échelle et ouvre la porte qui mène à la pièce principale. Un brouhaha incroyable me donne aussitôt envie de faire demi-tour et de me recoucher. Bien qu'alléchante, je balaie cette idée d'un revers de la main et avance. Dogra saisit cette occasion pour me tomber littéralement dessus.
- Eh ben ! C'est pas trop tôt !
J'assimile immédiatement le reproche.
- Comment ça ?
- Eh ben ma petite, il est trois heures de l'après-midi ! Le boss est furieuse. Je serai toi j'irai m'excuser illico presto !
Je ne sais pas où est ma bouche mais elle doit certainement toucher le sol. Trois heures de l'après-midi ?! Généralement je me lève vers huit heures au plus tard. Il ne m'est jamais venu à l'esprit de faire grasse matinée. Et il en est de même pour Ace. Je regarde mes bras parsemés de pansements et de bandages. Il faut croire que nous étions vraiment exténués pour dormir aussi longtemps. Je n'ai pas vu le temps passé. Il faudrait peut-être que je réveille les garçons ? Je serre les poings et décide avant toute chose de voir Dadan. Elle va très certainement me beugler dessus et me postillonner à la figure mais l'un de nous doit passer par là. Je la repère non sans mal dans un coin de la pièce, un journal en main et une cigarette dans la bouche. Tandis que je me faufile entre les bandits, je formule différentes excuses dans ma tête les unes plus lamentables que les autres. Il faut voir la vérité en face : je vais me faire étriper et cela décuplé pour quatre.
- C'est tellement rare que tu lises le journal, chef. Si ça se trouve ça va déclencher une tempête sur l'île.
C'est le fait que Magra tutoie Dadan qui est drôlement rare, oui ! Il est en train de lui servir du thé. Je m'immobilise et tends l'oreille.
- Ouais mais y a une bonne raison à ça, Magra. Ça fait plusieurs jours qu'ils n'arrêtent pas de parler de ces visiteurs de marque qui vont débarquer au Royaume de Goa.
A l'entente de « visiteurs de marque », je sens mon sang palpité instantanément sous ma peau. Comme si ces mots avaient été soigneusement choisi pour moi, tel un coup du destin. Dadan tourne distraitement une page, visiblement incapable de se concentrer sur les autres articles du journal. Je scrute sa bouche et la supplie intérieurement de poursuivre. Finalement, suite à une attente insupportable et interminable, elle ajoute :
- Faudrait quand même qu'on m'explique un jour c'qu'ils ont de si spécial, ces Dragons Célestes.
Mes bras et mes jambes agissent et se mouvent seuls. Je me rue si vite sur elle que je renverse au passage le thé de Dadan posé à terre. Mes mains se referment instinctivement sur le journal et l'arrachent à sa propriétaire. La seconde suivante je suis dehors et je cours cours cours si vite que j'ai l'impression que des ailes me sont sorties du dos. Je me souviens souviens souviens. Mes neurones s'entrechoquent. Les mots me reviennent par vagues irrégulières. « Je … Akira ! Je suis … une enfant mais je suis …, c'est mon papa qui … ! Et je sais qu'un jour je … celui d'intégrer …. ! ». Non, ce n'est pas encore ça. Je me tiens la tête entre les mains et essaye une nouvelle fois de me remémorer des souvenirs qui me sont déjà apparus il y a plus d'un an. Mon crâne résonne mais je suis incapable de ralentir ma course.
Et alors, aussi violemment que la foudre qui s'abat sur nos terres,
je
me
souviens
enfin
de ce
souvenir.
Je suis dans une rue au milieu d'une foule d'enfants plus âgés que moi. Ils m'encerclent et me scrutent de haut en bas, l'air dédaigneux. Leurs visages sont flous, seuls leurs sourires espiègles sont restés graver dans ma mémoire. Des bruits de pas et des voix s'élèvent de part et d'autre de la rue. Et alors, les poings serrés, je m'écrie : « Je suis Akira ! Je suis peut-être encore une enfant mais je suis très intelligente, c'est mon papa qui me l'a dit ! Et je sais qu'un jour je réaliserai mon rêve : celui d'intégrer les Dragons Célestes ! »
Mes pieds s'emmêlent dans une racine et je trébuche, me retrouvant à terre. J'ouvre les yeux. Le vert omniprésent me crame les yeux. Moi qui pensais avoir réussi à le supporter, voilà qu'il revient à la charge plus pénible que jamais. Je me lève et me remets à courir, ayant envie de tout sauf d'une chose : réfléchir ici, dans cette forêt oppressante.
/
« C'est la nouvelle qui a fait trembler les murs de tout le Royaume de Goa et qui est dans la bouche de chaque habitant : un Dragon Céleste va faire une escale au port de la ville dans un peu plus de six mois ! C'est une grande première et c'est donc un immense honneur pour nous de recevoir cet invité de prestige. Le Roi prévoit « un grand changement » qui concernera toute l'île, bien que nous ignorons ce qu'il en est pour le moment. Il estime aussi que tout le monde soit vu sous son meilleur jour en raison de cet événement unique. Hâtons de rendre notre ville, Goa, plus éblouissante et sublime que jamais ! »
Je jette le journal sur le côté et me prends la tête entre les mains. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Un Dragon Céleste... Je pensais que je voulais devenir une personne pure et pleine de bonté. Jamais je n'aurais imaginé qu'un Dragon Céleste était le genre d'individu qui, par sa seule présence, mettait tout le monde à son service. Et par le passé c'est... c'est ce type de noble que j'idolâtrais ? Je respire un bon coup et plaque de petites mèches de cheveux derrière mes oreilles. Du calme. Il est trop tôt pour tirer des conclusions hâtives. Peut-être que je me trompe. Peut-être que ce sont des nobles respectés uniquement parce qu'ils ont sauvé de nombreux peuples en détresse ou parce qu'ils ont versé de l'argent pour une bonne cause. Je lève les yeux vers la stèle qui brille sous les rayons réfléchissants du soleil.
- J'ai raison, hein Stella ?
Pour toute réponse j'obtiens un silence qui n'atténue en rien mes doutes.
Le petit commentaire de l'auteure : Pas mal de choses se passent dans ce chapitre. Des liens se tissent entre les quatre enfants. Akira se coupe les cheveux comme Sakura dans Naruto. Ce passage de ce manga me donne toujours des frissons. Sinon, Akira en apprend un peu plus sur les Dragons Célestes. On ne peut que comprendre sa déception !
Ciaossu !
