Bien le bonjour ! Commençons par répondre à mes cher(e)s lecteurs et lectrices.
Cheshire - Je suis bien contente de constater que la scène où Akira se coupe les cheveux t'ait fait cet effet. Si je me souviens bien je n'avais pas prévu qu'elle fasse cela. Mais comme souvent, des idées spontanées s'infiltrent parmi celles que j'avais à la base. Merci pour ta fidélité et ton commentaire et bon courage pour tes études !
Akabane D Yui - Merci beaucoup Yui-chan ! J'en profite pour te dire que ton nom me fait penser à un personnage que j'adore : Karma Akabane hihi.
Citation du chapitre : La vraie fraternité on la trouve dans la main de l'autre que l'on serre (Frank Andriat)
Bonne lecture !
Chapitre douze
La vraie fraternité on la trouve dans la main de l'autre que l'on serre. [Partie un]
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- « Dis maman, pourquoi est-ce qu'on ne voit jamais grand-père ?
- C'est parce qu'il vit dans un endroit diamétralement opposé au nôtre, mon ange. Sur une autre île. Tout est malheureusement une question de rang social. »
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- Gomu gomu no... Pistol !
Le bras de Luffy s'étire légèrement en avant puis vire subitement de trajectoire et ricoche dans le sol. Pour finir il se prend son poing en pleine figure. Pour la soixante quinzième fois. J'explose de rire. Au final il n'est pas parvenu à frapper ne serait-ce qu'une fois l'un d'entre nous.
- Bon sang... Je t'ai dit de te... CONCENTRER ! s'écrie Ace en le frappant.
Et bien sûr cela agace vous savez qui. Il pense que Luffy ne fait aucun effort. Moi, au contraire, je crois que Luffy ne fait pas exprès. Après tout il fut un temps où j'ai rencontré ce type de difficulté. Maîtriser un don demande beaucoup d'entraînement et de patiente. De plus, il serait présomptueux d'affirmer que je suis parvenue à dompter toute cette énergie étrange qui sommeille en moi. Tout ce dont je suis capable c'est de la libérer quand l'occasion se fait sentir. Par contre je ne suis pas encore apte à décider de l'intensité de l'énergie relâchée. Et puis, est-ce vraiment de l'énergie ? Qui peut me le confirmer ?
Cela fait deux semaines que nous avons tous les quatre pris un nouveau départ. Et ce départ ne fut pas de tout repos. Pour sur, les querelles sont légion entre Ace et Luffy. Mais malgré cela, je ne peux m'empêcher de sourire et de rire. C'est comme-ci une nouvelle porte dans mon cœur s'était ouverte. Une porte qui était fermement cadenassée depuis mon arrivée sur l'île de Dawn et qui ne s'attendait pas à servir un jour ou l'autre. Et pourtant ces trois garçons en furent la clé. Une toute nouvelle ère a commencé et je me sens plus légère que jamais.
On a aussi appris quelque chose de très surprenant concernant Luffy. En effet, il nous a avoué qu'il a mangé un aliment très rare dans une taverne de Fushia, un village au bord de mer. On appelle cet aliment un Fruit du Démon. Selon le garçon au chapeau de paille ce fruit nous donne d'étranges capacités. Shanks lui a expliqué que le sien s'appelait « Gomu gomu no mi », soit le fruit du caoutchoutier. De ce fait toutes les parties de son anatomie peuvent s'allonger. Le fait que j'ai pu manger l'un de ces fruits dans le passé est de plus en plus plausible.
- Je veux ma revanche ! s'égosille Luffy en brandissant son poing vers Ace.
- Quelle revanche ? T'as pas arrêté de perdre jusque maintenant.
Sabo ricane en inscrivant le résultat du combat sur une planche.
- Ace a raison, Luffy. Tu as fait vingt cinq combats contre chacun de nous trois et tu les as tous perdu.
Je me penche pour voir le tableau qu'a dessiné le blond. Je me mords la lèvre inférieure. J'ai beau avoir gagné contre Luffy je n'ai pas réussi à vaincre une seule fois mes deux aînés. Et puis, comme je le pensais, Ace et Sabo s'affrontent sur un pied d'égalité. Le score est respectivement de 13 victoires à 12. Tous les résultats sont à présent notés sur la planche. Tous excepté...
- Bon, c'est à nous Akira.
Sabo se lève et remet son chapeau sur sa tête. Il sourit. Je ne sais pas ce que signifie ce sourire. Peut-être se moque-t-il de moi parce qu'il est persuadé qu'il va gagner. Ou peut-être est-il juste sincère et qu'il souhaite être sympathique. Je secoue la tête. Ce n'est pas le moment de me poser autant de questions. Je m'avance au milieu de la clairière et me positionne face à mon adversaire. Dès qu'Ace lance le début de notre rencontre, je me rue sur Sabo pour lui asséner un coup de poing. Hélas je ne suis pas assez rapide et il a le temps d'anticiper. Il se décale sur le côté et tandis que mes phalanges effleurent sa joue il s'empare de mon poignet. Le temps me manque pour me débattre. Ni une ni deux, il prend fermement appuis sur ses jambes, se retourne et me balance par dessus son épaule. Mon dos heurte violemment le sol terreux.
- Et une dernière victoire pour Sabo, annonce Ace en remplissant le tableau.
Je grimace.
- Désolé, j'y suis peut-être allé un peu fort, fait remarquer le blond en me tendant une main.
Je me redresse seule et secoue la tête.
- Non, c'est très bien comme ça. Je l'ai déjà dit : il est hors de question que vous me ménagez.
Sabo hausse les épaules, soupire puis sourit.
- J'ai la dalle ! s'écrie Luffy en se massant le ventre.
Ace s'empare de nos tuyaux et nous les lance.
- Ça tombe bien, il est temps de s'occuper du dîner. Un croco, ça vous tente ?
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Je tremble. D'excitation ? De peur ? Que sais-je ? Je suis tellement tendue qu'une simple brise serait capable de me briser en deux. Ça y est. On y est. Le grand jour est arrivé. Je vais enfin pouvoir exaucer l'un de mes souhaits. Je n'avais jamais osé m'y aventurer avant aujourd'hui. Et pourtant ce n'est pas l'envie qui m'a manquée. Pour ce type d'événement je ne pouvais décidément pas être seule. Qui aurait pu gérer cette impatience, cette agitation qui envoie ma raison au second plan ? En tout cas pour l'heure, je souris comme une imbécile. Et ça, les trois autres l'ont bien remarqué.
- Je vois pas ce qu'il y a de si excitant à manger dans l'un des restos du centre-ville, idiote.
- Tu ne comprends pas Ace, c'est une première pour moi. Je n'ai jamais vu de ville de ma vie ! Et puis c'est idiot, et non idiote.
- De quoi ? Tu n'as jamais visité de ville en neuf ans d'existence ?! s'enquiert Sabo, choqué.
Je me gratte la tête, mal à l'aise. En vérité je pense qu'il est fort probable que j'ai vécu en ville autrefois. Mais mes souvenirs sont beaucoup trop flous pour que je puisse accepter ça. Luffy, une fois encore, vient à mon secours sans s'en rendre compte :
- J'vois pas ce qu'il y a d'étonnant à ça. Pour moi aussi c'est une première !
- Et Fushia, là d'où tu viens c'est quoi alors ?
- C'est un village, pas une ville !
Ace et Sabo s'échangent un regard désespéré puis soupirent en chœur. Le blond entreprend de nous expliquer en détails ce que nous devons savoir sur cette île et ce que nous allons vivre. En fait il existe un schéma bien précis de la constitution de ce qu'on appelle le Royaume de Goa. Tout d'abord au milieu nous avons en quelque sorte le « noyau » qui est en réalité le Palais de la famille royale. Il est extrêmement bien gardé et il est impossible de s'y aventurer sans être suicidaire. Puis tout autour nous avons la ville haute qui est barricadée par de hauts murs infranchissables. Elle est réservée aux nobles. Ensuite, aux alentours se trouvent le centre-ville et le faubourg. Ils ne sont pas vraiment délimités et pourtant on peut les distinguer sans problème. D'un côté on retrouve au centre-ville de nombreux magasins et commerces, des restaurants en tout genre et des écoles. De l'autre, le faubourg est le repère des personnes malhonnêtes et des brigands. Enfin, pour finir, il y a le Grey Terminal, aussi baptisé décharge. Ce dernier est séparé du reste par un imposant rempart. Il n'existe qu'un seul accès pour pénétrer au faubourg et atteindre le centre-ville. Il s'agit d'une grande porte qui ne s'ouvre que deux fois par jour. Et puis...
- J'ai rien compris, avoue Luffy en croisant les bras.
Je ris aux éclats alors qu'Ace ne se fait pas prier pour lui asséner un coup de poing sur la tête.
- Mais t'es malade ! Ça fait mal !
- Y a pourtant rien de compliquer dans ce que raconte Sabo ! T'es vraiment le dernier des incapables !
- Tu vas voir si je suis le dern...
- Du calme vous deux, dis-je en les séparant. Sabo n'a même pas commencé à nous expliquer ce qu'on va devoir faire.
Les deux bagarreurs se taisent puis s'asseyent loin l'un de l'autre.
- Oui mais moi j'ai toujours rien pigé..., grommelle le plus jeune en croisant les bras.
- Je te ferai un dessin si tu veux.
Luffy me regarde tout à coup plus joyeux qu'il ne l'a été aujourd'hui. C'est comme s'il n'avait jamais été triste. A croire que ce garçon possède une double personnalité... Sabo sourit, amusé, puis reprend. Nous allons en fait devoir nous déguiser pour pouvoir passer la porte qui mène à la ville. Nous traverserons le faubourg en faisait attention à ne pas attirer les regards sur nous, puis nous nous rendrons au centre-ville. De là, nous dénicherons un restaurant et « on s'en mettra plein la panse ». Encore une expression à noter dans mon carnet de mots...
- Chouette ! Des déguisements ! De la viande !
- Ce ne sera pas un jeu, intervint calmement le blond. Nous allons faire deux groupes de deux. J'ai remarqué aussi que Luffy possède un chapeau tout comme moi. Ça nous permettra de paraître plus grand que l'on est réellement. Il se mettra donc avec toi, Ace.
Personne ne conteste le raisonnement de Sabo, même si je suis persuadée que Luffy et Ace vont trouver un point de mésentente et se chamailler une fois de plus...
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- Luffy, si tu fais l'imbécile devant les gardes de la grande porte je te frappe, pigé ?
Le concerné se met à ricaner de son rire si particulier, ce qui, je suis sûre, agace fortement notre aîné aux cheveux de jais. Luffy doit probablement être aussi excité que moi. Nous avançons sans trop se presser vers l'entrée qui mène au faubourg, Luffy sur les épaules d'Ace et moi sur celles de Sabo. Je porte comme convenu son chapeau sur la tête. Nous nous sommes drapés dans des manteaux usés, ternes et déchirés. Seuls mes yeux sont visibles par la population. Je m'escrime à les plisser pour me donner un côté viril mais j'ignore si ça change quoi que ce soit... Mes deux mains sont placés sur le haut du crâne du blond pour lui indiquer la direction à prendre. Un crocodile traîne derrière nous, en guise de pseudo-vente. Pour passer la grande porte nous devons avoir un but lucratif.
- Eh ! Toi là !
Je me fige. Le garde me fixe et me pointe du doigt. Oh mon Dieu il s'approche de nous... Je panique tellement que je serai capable de lui servir un coup de boule en guise de salutation. Sabo me presse les jambes. J'imagine qu'il essaye de me rassurer mais ce n'est pas lui qui est face à cette brute épaisse armée d'un fusil ! Sans mot dire j'attends la sentence irrévocable.
- Tu fais traîner ton manteau.
Cette fois je ne me fais pas prier pour le dévisager.
- Pas que j'en ai quelque chose à faire de ton manteau mais il serait capable de faire trébucher d'autres couillons et de déclencher une émeute !
- Euh...Oui monsieur, bien monsieur.
J'ai pris une voix si grave que je me mets à tousser violemment. Je sens Sabo trembler sous moi. Il est à deux doigts d'exploser de rire.
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C'est donc ça, le faubourg ? L'odeur est tellement nauséabonde que mon nez me pique. Elle est aussi désagréable qu'au Grey Terminal. Un nombre faramineux de déchets jonchent le sol. Il y a de tout. Des vieux journaux, des peaux de banane, des boîtes de conserve vident, des couches, des cigarettes écrasées, des mouchoirs et même de vieux habits déchirés et délavés. Les maisons sont ternes et la plupart des vitres sont brisées. Je constate rapidement qu'aucun individu n'ose déambuler en solitaire dans ces rues sombres et boueuses. Les gens se déplacent tous en bandes et forment ainsi des gangs. Je fais de mon mieux pour diriger Sabo vers les lieux les plus sûrs mais ce n'est pas évident. Un groupe à une dizaine de mètres de nous nous observe un moment puis forme un barrage pour nous empêcher de passer.
- Sabo, il y a des bandits qui ont l'air tout sauf sympathique. Que fait-on ? Je demande en chuchotant.
- T'en fais pas, je suis sur qu'Ace va...
Il n'a même pas le temps de mettre un point à sa phrase que le concerné retire son manteau et se jette sur les quatre brigands. Je tiens à préciser que Luffy est toujours sur ses épaules. Cela ne l'empêche pas de se mouvoir, vraisemblablement... L'affaire réglée, nous poursuivons notre ascension quand soudain mes yeux explosent. Littéralement. Je vois des couleurs vives qui flamboient distinctement, je vois des rayons de lumière qui rendent toutes choses plus éblouissantes, magiques et uniques, je vois des stands qui contiennent probablement toutes les variétés de fruits du monde entier, je vois des chats, des chiens, et des gens. Je vois des gens, des gens, des gens. Des hommes, des femmes, des vieillards, des enfants, des nourrissons. Je vois de la vie tout autour du moi. Je vois des cœurs qui battent, je vois des sourires, je vois des rires, je vois du bruit. Je vois tout, tout ce que j'avais toujours souhaité voir. Voilà donc ce que c'est, une ville. Mon sourire est si grand qu'il me fait mal.
- Sabo c'est... c'est magnifique...
Quelques secondes s'écoulent durant lesquelles j'attends son approbation mais rien ne vient. Enfin il me presse les cuisses et répond d'un ton rocque :
- Non. Regarde mieux.
Je suis hébétée mais je me plie à sa demande. Ainsi, j'observe plus attentivement ces personnes qui se parent d'habits distingués qui épousent soigneusement leurs corps. Et alors je comprends. Je saisis toute l'hypocrisie de la scène qui se joue sous mes yeux. Je vois un homme frapper son enfant parce qu'il a taché sa chemise. Je vois deux femmes recouvertes des pieds à la tête de bijoux en tout genre comparer leurs toilettes sans retenue. Je vois un couple qui bouscule un vieillard et qui le fait tomber, mais cela ne leur fait ni chaud ni froid. Je vois les marchands compter leurs billets avec une sourire d'avare. Je vois un homme obèse qui fait du charme à de jeunes demoiselles alors que sa compagne traîne les pieds derrière lui. Je la vois. La pourriture de ce monde. Un monde auquel j'ai appartenu lorsque j'étais plus jeune, j'en suis persuadée à présent. Tout me semble si incroyablement familier et pourtant... La supercherie est révélée, le rideau s'est levé. J'ai envie de vomir. Bien que je ne sois pas blessée, je ne me suis jamais sentie aussi mal.
- Sabo... Je veux partir d'ici, tout de suite.
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J'ai l'impression de revivre une fois que nous sommes installés à une table du restaurant. Une dizaine de plats qui me font tous plus saliver que les autres parsèment cette dernière. Un serveur, sous notre demande, nous a amené dans une petite salle pour que nous puissions manger en toute tranquillité. Nous avons présumé être deux nobles qui cachaient leurs identités pour réaliser cet exploit. Heureusement pour nous il n'y a vu que du feu.
- J'en peux plus ! Ça a l'air trop bon !
Luffy s'apprête à se jeter sur un poulet rôti recouvert d'une sauce rosâtre mais je parviens à le retenir de justesse.
- Luffy ! Tu me baves sur le bras ! dis-je en riant.
Il est intenable ce garçon. Toutefois je ne peux que le comprendre. Le festin qui nous est offert semble si savoureux que mon ventre gargouille rien qu'en le regardant. Il y en a pour tous les goûts. Je me délecte d'une bouchée de chaque plat en prenant bien le temps de claquer toutes les nouvelles saveurs contre mon palais. Je n'arrive pas à mémoriser le nom de tout ce que j'engloutis mais je m'en fiche. Je nage dans un océan de bonheur dépourvu de vagues et d'obstacles.
- Alors les gars, j'vous avais dit quoi ? s'enquiert Ace à l'évidence fier de sa petite trouvaille. Ce resto est extra !
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- Poussez vous !
Nous avons à peine le temps de nous écarter qu'Ace balance violemment une chaise contre la fenêtre. L'impacte est imminent et le bruit provoqué par ce dernier étourdissant. Un courant d'air s'infiltre et soulève mes petites mèches de cheveux qui me chatouillent la nuque. Sabo retient de justesse son chapeau bleu qui s'apprêtait à lui faire faux bond. Je jette un regard derrière moi. Les gérants du restaurant martèlent la porte que nous avons bloqué avec la table. Sur cette dernière sont toujours disposés les nombreux plats mais qui sont à présent vides. Mon ventre est si gonflé que je ne vois plus mes pieds quand je baisse les yeux vers le sol.
- On fait quoi maintenant ? demande Luffy, excité.
- On saute !
Ace est le premier à se lancer, suivi de près par Sabo. Le plus jeune d'entre nous tend la tête vers l'extérieur et scrute avec attention nos deux aînés. Je m'avance et fais de même. Ils rebondissent comme des lapins sur les parasols de marché. Leur agilité est indéniable, je ne pense pas être capable de les imiter. Mais pour le moment...
- On y va, Luffy.
Je lui prends la main et nous nous jetons dans le vide. Je sens la gravité m'attire inextricablement vers le bas, je sens le vent tiède me caresser le visage, je sens mon corps titubé légèrement en avant. Et Luffy pousse un cri – de peur ou de joie, je n'en sais rien. Et je ris à gorge déployée, savourant cette délicieuse sensation. Je ne suis plus aussi terrorisée que lors de ma première excursion dans les airs. J'ai acquis une certaine souplesse mais je n'égalise pas Ace ou Sabo. La certitude de survivre est une sensation exquise. Mon ventre rebondit sur un parapluie de marché et mon corps est projeté en avant. Je fais une simple pirouette et atterris sur mes deux jambes. Alors que Luffy me rejoint, j'entends de grosses voix qui s'élèvent de l'étage du restaurant.
- Ils sont partis sans payer ! Rattrapez les !
Sabo me sort de mes pensés en saisissant mon bras.
- Il faut y aller, les gardes vont rappliquer et nous poursuivre !
Alors qu'on se faufile entre les passants sans se perdre de vue, nous débouchons au hasard dans une rue remplie de monde. Je fais de mon mieux pour ne pas percuter des poussettes, des femmes qui portent leurs enfants dans les bras ou encore des personnes âgées qui tiennent à peine debout. Malheureusement, ma vigilance finit par me porter préjudice. Rapidement je suis semée par mes aînés que je n'arrive plus à distinguer.
- Attendez ! je m'écrie.
Mais ma voix se perd dans cette masse étouffante d'individus. Je me retourne pour voir si Luffy a réussi à me suivre mais je constate avec horreur qu'il n'est nulle part. Oh non... Je commence à paniquer, mon rythme cardiaque s'accélère. Je regarde de gauche à droite. Je ne sais pas même quelle direction prendre pour sortir d'ici. J'ignore même si je ne suis pas en train de revenir sur mes pas. Où sont les gardes ? Sont-ils proches de moi ? Je m'immobilise pour reprendre mon calme mais les passants en profitent pour me pousser, me donner des coups de coude, ou me hurler de dégager de leur chemin. Je ferme les yeux. Bon. Je vais foncer tête baissée, comme ça je ne verrai pas ceux que je bousculerai. Je place mes bras devant moi pour qu'ils servent de boucler et je reprends ma course. Je sens des tissus effleurer ma peau, des corps tomber à mon contact et j'entends des gens se plaindre de mon inattention. Soudain, au moment où je m'y attends le moins, je percute quelque chose ou, plutôt devrais-je dire, quelqu'un. J'ai à peine le temps d'ouvrir les yeux qu'un éclair heurte ma joue et me fait chuter. Je me tiens la joue. Je rêve ou on vient de me gifler ?
- Sale déchet, comment oses-tu bousculer le maître ?
Je lève les yeux. Un être gigantesque se tient devant moi. Sa carrure est aussi intimidante que celle de Garp, le grand-père de Luffy. Un autre homme se tient derrière lui et époussette son blazer majorelle. Voici donc à quoi ressemblent les rapports maître-garde du corps. Tandis que je tente de me remettre debout, la brute lève son pied et m'écrase la main sans se ménager. Ne m'y attendant pas, je cris de douleur et tire sur mon bras pour me dégager. En vain. Je fusille le gorille du regard.
- Relâchez-moi.
Aussi étrange que cela semble paraître, il s'exécute et se décale. Toutefois lorsque je découvre son regard empli d'une colère noire, je regrette aussitôt mon ton cassant.
- Non mais c'est qu'elle donne des ordres, cette bécasse ! Sale gosse, je vais t'apprendre !
Et une pluie de coups de pied s'abat sur mes côtes. La douleur est si intense que j'ai la sensation que je vais vomir à tout moment. J'ai l'impression qu'on me plante des couteaux dans tout le corps. Une alarme se déclenche dans ma tête. Il faut que je me lève, il faut que je me défende, il faut que je lui rende la pareille. Cependant je m'aperçois que je suis dans l'incapacité de me redresser tant que je subis des assauts aussi rapides et violents. Je porte le peu d'attention qu'il me reste vers le noble. Je constate avec horreur qu'il s'est reculé et qu'il est bien trop occupé à nettoyer ses habitants avec un mouchoir pour manifester de l'intérêt à mon égard. Je détourne la tête, terriblement choquée par sa froideur et son insensibilité. Pourquoi ? Mais pourquoi ?
- Qu'est-ce que tu fous, tocard ?!
Tout à coup, le déluge s'arrête d'infliger pareil tourment à mon ventre. A travers la brume de l'inconscience je distingue la brute étalée juste à côté de moi. Le noble est scandalisé et n'ose plus bouger. Une silhouette se penche vers moi.
- Bon sang, t'étais où ? Qu'est-ce qui s'est passé ici ?
Cette voix familière et la douleur de mon abdomen finissent de me réveiller complètement. Je cligne des yeux et murmure :
- A-Ace...
- Ace ! J'ai retrouvé Luffy, on se casse !
Cette fois je reconnais la voix de Sabo. Je réprime mon envie de pleurer, ne voulant pas passer pour une mauviette. Le garçon aux cheveux ébène glisse un bras dans mon dos et l'autre sous l'articulation de mes genoux. Il se redresse et se met à courir.
- Sabo ? C'est bien toi ? Je te croyais mort, rentre à la maison !
Les paroles du noble ont l'effet d'un boulet de canon sur notre petite troupe. Tandis que j'écarquille les yeux sous la surprise, Ace se fige un instant. Je contemple l'homme vêtu de mille et une parures. Comment cela se fait-il que ce... cet être abject connaisse Sabo ?
Le petit commentaire de l'auteure : C'est encore moi ! Il se passe pas mal de choses dans ce chapitre. La relation qui lie Ace, Sabo, Akira et Luffy prend de plus en plus d'ampleur. J'aime beaucoup écrire les passages où ils sont ensemble, ça me fait sourire. Je les trouve adorables. Leurs caractères sont variés du coup je m'amuse beaucoup à créer les dialogues. Comme d'habitude je respecte la trame narrative d'Eiichiro Oda. J'espère que ce chapitre vous ait plu ! N'hésitez à me faire part de votre ressenti.
