Bien le bonsoir ! Une fois n'est pas coutume, je réponds d'abord aux commentaires des lecteurs et lectrices :
Cheshire D. Flo - Tes commentaires me font de plus en plus plaisirs ! Vraiment, je suis ravie que tu apprécies autant nos quatre garnements. Je mets un soin particulier à écrire chaque passage où ils sont à quatre en tachant de respecter les personnages d'Oda. Merci à toi !
Akabane D. Yui - Aha c'est vrai pour Akabane. Merci beaucoup pour ton commentaire et tes encouragements !
Musique qui m'a inspirée pour ce chapitre :
Namie Amuro - Fight Together (instrumental)
Citation du chapitre : Si vous différez de moi, mes frères, loin de me léser, vous m'enrichissez (Antoine de Saint-Exupéry)
Chapitre quatorze
Si vous différez de moi, mes frères, loin de me léser, vous m'enrichissez
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- « Maman c'est vraiment beau ce que tu dessines ! »
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Elle est belle.
Ses mouvements sont gracieux, sa démarche est lente. Quelques mèches vertes caressent son visage à chacun de ses pas. L'aura qui l'entoure est apaisante. Tout en avançant vers moi, elle chantonne un air doux qui effleure mes oreilles. Une délicieuse odeur de pain chaud s'échappant du grand panier qu'elle tient me chatouille les narines. En un regard je sais à qui elle me fait penser : à ma mère.
- Tu dois être Akira, n'est-ce pas ?
Je la contemple sans comprendre. Comment peut-elle connaître mon nom ?
- Makino !
Luffy sort à toute vitesse de la cabane et se jette dans les bras de cette inconnue. Un rire cristallin s'échappe de sa bouche.
- Luffy ! Ça fait longtemps, comment vas-tu ?
Adossée au mur, j'observe cette scène de retrouvailles. En une fraction de seconde la nouvelle s'est propagée dans tout l'habitat. Une vingtaine de bandits passent leurs têtes par la porte et rougissent à la vue de cette femme qui semble se nommer « Makino ». Dadan, Ace et Sabo réussissent non sans peine à se frayer un chemin parmi cette masse humaine et nous rejoignent dehors.
- Ah, Makino ! s'exclame Dadan en prenant appuis sur ses hanches. T'arrives pile à l'heure, on commençait à être en manque tu sais ?!
Je me penche pour examiner le contenu du panier. Il y a dix bouteilles d'alcool et du pain frais. Comment réussit-elle à porter tout ça ? Elle semble si fragile. Je remarque que quelques bouts de tissus nichent au fond du panier.
- Je vois que Luffy et ses amis sont également là. Pour une fois que je passe quand ils ne sont pas partis en vadrouille. Ça tombe bien, j'ai amené des cadeaux.
Dix minutes plus tard, notre fratrie se retrouve aligner devant cette belle femme. Quand je dis « fratrie » je parle bien évidemment de Ace, Sabo, Luffy et moi. Nous avons retiré nos habits, suivant consciencieusement les consignes de Makino. Les garçons ne portent plus que leur caleçon et moi ma culotte.
- Je comprends pas pourquoi on en est réduit à faire ça..., fait remarquer Ace, visiblement mal à l'aise.
- Ne sois pas si gêné Ace, se moque gentiment son acolyte blond.
- Je suis pas gêné, imbécile !
- Shi shi shi !
Makino sort de nombreux vêtements et fait deux piles. Puis elle en prend une et s'avance vers les garçons. Elle tend un t-shirt bleu foncé devant Ace.
- Ça te plaît ?
- ...J'aime pas les t-shirt avec des manches, rétorque Ace en fixant le mur.
Maintenant qu'il le dit, c'est vrai qu'il porte toujours des débardeurs qui laissent apparaître ses épaules. Sans se défaire de son sourire, Makino le montre à nos deux autres frères.
- Moi ! Moi je le veux ! S'écrit Luffy en levant les poings en l'air.
- Je suis contente qu'il te plaise, Luffy, malheureusement je pense qu'il est un peu trop grand pour toi.
- C'est pas grave, je grandirai ! Je serai tellement grand qu'Ace, Sabo et Akira seront obligés de relever la tête pour me parler !
Tout le monde se met à rire.
- Je serai toi, je conterai pas trop là-dessus.
- Ace a raison, souligne Sabo. On est tes grands frères après tout, on se doit d'être plus grands que toi.
Makino ramasse l'autre pile et s'agenouille pour être à ma hauteur. Elle déplie l'un des vêtements et le positionne sur mon corps. Ses doigts chauds frôlent mes bras dénudés. Je baisse les yeux et grimace en découvrant la robe rose pâle qu'elle étend devant elle.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Ça ne te plaît pas ?
Je n'ose pas la regarder.
- Si mais... Je me demandais si c'était possible d'avoir des vêtements comme ceux des ga... de mes frères.
- C'est-à-dire ?
- Des t-shirt ou des shorts.
Makino scrute mon visage et tente d'y lire je-ne-sais-quoi dans mes yeux. Les siens sont sombres mais, paradoxalement, ils reflètent toute sa bonté. Au bout de quelques secondes, elle reprend la parole :
- D'accord, c'est toi qui choisis. C'est juste que...c'est dommage.
Son ostensible déception me rend curieuse.
- Pourquoi c'est dommage ?
- Dans un groupe majoritairement masculin, une fille peut se trouver une place en apportant un peu de légèreté, un peu de féminité.
- De... féminité ?
Mes yeux se posent sur la robe qu'elle tient toujours entre ses mains. Voyant que je suis en pleine hésitation, elle me tend le tissus.
- Essaye-là, tu n'as rien à perdre. Je suis sûre que ça t'ira bien.
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Je ne me suis jamais aventurée dans ce recoin de la forêt. Il semble que les rayons du soleil ne sont pas assez puissants pour pouvoir transpercer l'étouffant feuillage des arbres. L'écorce de ces derniers est terne, comme s'ils s'étaient défaits de leurs âmes avant notre arrivée. L'herbe ne pousse pas ici. La terre a étendu son territoire sans lui laisser la moindre chance. L'atmosphère est si pesante que n'importe quelle personne un tant soit peu intelligente partirait en prenant ses jambes à son cou. Pourtant je n'ai pas du tout peur. Je suis même parfaitement calme. Même si le vent et le soleil nous ont abandonnés depuis notre entrée dans cette clairière lugubre, je sais que je n'ai aucune raison d'être terrorisée. Parce que nous sommes ensemble, nous sommes forts.
- Vous avez bien compris le plan ? demande Ace en s'adressant à Luffy et moi.
Je hoche la tête mais Luffy ne m'imite pas.
- Euh...
- J'en étais sûr..., marmonne le garçon aux taches de rousseur en se frappant le front avec la paume de sa main.
Sabo sourit et tapote le chapeau du plus jeune de notre fratrie avec son tuyau.
- Écoute-moi bien cette fois, Luffy, c'est très important.
Un tigre. Un tigre va surgir d'un instant à l'autre. Il est cruel et gigantesque. Mais surtout, il est fort. Ace et Sabo l'ont déjà affronté l'année dernière et ils se sont fait éjecter du combat avant même qu'il n'ait commencé. On va essayer, chacun son tour, de lui causer des dégâts et puis...
- Le voilà..., souffle Ace en fléchissant légèrement le buste en avant, prêt à donner le premier assaut.
Une ombre se détache des autres pour faire surface devant nous et reprendre ses couleurs. J'écarquille les yeux, mon rythme cardiaque s'accélère et mes muscles se contractent. Selon toute vraisemblance, ce tigre n'a pas usurpé son identité. Ace n'hésite pas une seule seconde et s'élance vers notre ennemi commun. Son tuyau fermement tenu par ses mains, il n'est plus qu'à quelques mètres du félin. Ce dernier ne semble pas du tout intimidé. En fait, il semble plus énervé qu'autre chose.
- Prends ça, saleté ! s'écrit le garçon aux cheveux ébène.
J'ai beau croire en lui de toutes mes forces, cela n'empêche pas l'animal de parer son attaque avec sa patte. Sabo prend ce geste comme un signal et se lance à son tour dans la bataille. Au moment où Ace est propulsé dix mètres plus loin, le blond assène un coup de tuyau dans l'oeil de la bête qui se met à hurler à plein poumons.
- Bravo les gars ! S'exclame Luffy en agitant les bras vers le ciel.
Mais la tension du combat ne diminue pas pour autant. Au contraire, elle ne fait que s'accroître de seconde en seconde. Et elle atteint même son sommet lorsque j'aperçois la queue du tigre se balancer dangereusement vers Sabo.
- Derrière toi Sabo ! je hurle sans ménagement.
Un accord s'établit entre mon cerveau et mes jambes et je me mets à courir à toute vitesse. La queue s'abat sur le dos du blond. J'ai l'impression que l'impact s'est répandu dans toute la forêt. Je me mords violemment les lèvres. Ce n'est pas le moment de faiblir. Le tigre s'est focalisé sur Sabo, il ne me voit pas encore. Je dois profiter de cette chance plutôt que de la laisser m'échapper. Je bondis pour me retrouver au niveau de la tête du tigre et c'est à cet instant précis qu'il me remarque. Sa tête se tourne vers moi. Si le temps se figeait maintenant, je pourrais allonger les doigts et effleurer son pelage. Il est si proche que j'entends sa respiration saccadée et de faibles grognements sortir de sa gueule. Je fronce les sourcils, rassemble mon étrange pouvoir dans mes mains et écrase mon tuyau contre son museau. Toutefois ce que je pensais pouvoir effectuer ne fonctionne pas et se retourne même contre moi. Mon énergie ne se répand pas dans le tuyau comme je l'aurais espéré mais reste ancrée dans mes phalanges. Et elle s'enfuit de mon corps, elle prend son envol, elle s'extrait de mes membres. Et elle explose. A la fois mon plan et mon tuyau. Ils sont tous les deux réduits en de vulgaires morceaux. Le tigre profite de notre proximité pour ouvrir la gueule et rugir furieusement. Je suis projetée en arrière et j'atterris brutalement contre le sol rugueux. Mes oreilles vibrent, le son est comme dilué. Je suis sonnée mais je garde les yeux bien ouverts pour rester un tant soit peu consciente de la situation. Et je découvre avec effroi ce qu'il prévoit de faire. Je pensais qu'il s'en prendrait à moi mais la réalité est tout autre. Il agresse Luffy. Il lance son assaut sur le plus jeune d'entre nous en ayant l'intention de lui affliger tout son courroux. Je me remets debout et pousse sur mes jambes pour courir. Seulement je vois bien qu'il est trop tard, que le félin est bien trop rapide pour nous. Je fixe mes pieds nus et une idée me vient.
- Attends !
Je saute à pieds joints sur la terre et le sol éclate de toute part autour de moi. La secousse se propage jusque dans mon squelette mais également jusqu'au tigre qui a trébuché. Je reprends ma course tandis qu'un filet de sang entreprend de commencer la sienne et de sortir de mon nez. Mince, pas maintenant ! Je l'essuie d'un revers de la main et lève les yeux. Le tigre est juste à côté de moi et s'est remis à filer vers Luffy. Luffy qui a brandi ses poings en avant, prêt à se battre. Luffy qui a les jambes qui tremblent imperceptiblement. Luffy qui est notre petit frère et qu'on doit protéger.
Luffy que je prends dans mes bras et que je sers contre moi.
J'attends. La griffure, la douleur, les saignements, les futures cicatrices. Néanmoins, rien ne vient. J'ouvre un œil craintif et apperçoit une immense ombre juste en dessous de nous.
- Ace, Sabo ! s'écrie Luffy.
Je me retourne et aperçois la patte de l'animal à une vingtaine de centimètres au-dessus de nos têtes. Nos deux aînés se sont interposés et la bloquent avec leur tuyau. Toutefois notre ennemi a plus de force qu'eux et leurs pieds ne cessent de reculer en raclant le sol.
- On ne va pas pouvoir tenir très longtemps... ! marmonne Sabo.
- Écoutez les gars, on change... de tactique... ! balbutie Ace en redoublant d'efforts. Luffy tu viens avec moi !
/
J'observe Sabo courir aussi vite qu'il le peut, le tigre à ses trousses. Derrière nous, à une centaine de mètres, Ace et Luffy préparent la phase B du plan en comptant sur nous pour faire diversion. Voyant le blond à bout de souffle, je m'empresse de le rejoindre pour prendre le relais.
- Fais bien attention, il est plus rapide que nous !
- D'accord !
Sabo se jette au sol et roule sur le côté. Comme prévu, le tigre suit son instinct et me suit. Sûrement doit-il être attiré par ce qui bouge le plus. En tout cas me voilà en bien fâcheuse posture. Et mon aîné n'a pas menti : ce tigre va finir par me rattraper.
- Akira ! Par ici !
Ace me fait de grands signes depuis l'entrée de la forêt. Je vire à gauche et me dirige vers lui. Mes jambes sont en compote, mes poumons en feu, ma gorge est sèche. Une ombre se dessine à nouveau à mes pieds. La seconde suivante je me suis jetée au sol, m'encastrant dans la terre dure et froide. La patte du tigre me frôle mais ne m'atteint pas. Toutefois, dans cette position je suis totalement à sa merci. Je lève la tête vers mes deux frères, priant pour qu'ils agissent avant qu'il ne soit trop tard. Les bras de Luffy sont tendus à l'extrême. De loin, on dirait une catapulte. Ace est au centre pour se faire propulser. Non... Ils ne sont pas prêts, je n'ai pas tenu assez longtemps...
- Akira !
Je sens qu'on me tire et mon dos heurte un autre corps. Je vois un tuyau se placer devant moi pour contrer la patte du tigre. Sabo... Son autre bras me sert la taille. Nous sommes tous les deux à terre, impuissants, mais il n'abandonne pas. Je ferme les yeux et enfuis ma tête dans le cou du blond. Une fois de plus, j'attends. La griffure, la douleur, les saignements, les futures cicatrices. Et cette fois elles sont bien présentes. Elles nous écrasent tous les deux, nous écorchant à vif en nous plaquant contre les cailloux qui s'enfoncent dans notre peau. Je manque de hurler plus d'une fois.
Puis
plus rien.
L'animal a cessé tout mouvement agressif. Sa patte se détache de nous, nous laissant respirer, nous laissant vivre. J'ouvre les yeux et un ange m'éblouit. Le soleil derrière lui a retiré toutes ses nuances, toutes ses couleurs. D'où je suis on dirait qu'il possède des ailes et qu'il vole. Je sais qui il est et je ne peux pas m'arrêter de sourire. Son tuyau en main, notre sauveur vient de donner le coup final à l'animal qui gît à terre, vaincu.
- Ace..., je souffle.
- Vous en avez mis du temps ! vocifère Sabo tout en souriant.
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Le retour est plus long que l'aller. Le tigre pèse vraiment lourd et Sabo et moi sommes amochés. Et alors que l'on pense pouvoir se reposer à notre arrivée, c'est avec horreur que nous constatons qu'un homme nous attend chez Dadan depuis des heures. Et pas n'importe quel homme...
- Le vieux ? s'enquièrent en choeur Ace et Luffy.
- Alors comme ça j'apprends que tous les quatre vous voulez devenir des pirates ?
La suite paraît évidente. Nous nous sommes pris un sacré savon que nous ne sommes pas prêts d'oublier. Je ne me souviens pas avoir autant volé dans les airs. Quand il est enfin parti après avoir répété une bonne cinquantaine de fois que « Nous deviendrons des Marines, un point c'est tout ! », nous nous sommes allongés, blessés, mais sans avoir perdu notre rêve pour autant.
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Un rideau de pluie tombe et asperge copieusement les feuilles des arbres.
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Tu as vu mon ange ? Le ciel pleure.
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Oui maman, on dirait bien qu'il est en larmes et que son chagrin n'est pas prêt de passer. Je m'adosse un peu plus contre la paroi de la grotte, m'enfonçant le plus possible pour ne pas être contaminée par cette averse. Je baisse davantage le pan de ma robe, comme pour me protéger de la fraicheur de la fin de journée.
- Qu'est-ce que vous pensez de L'équipage de Luffy ?
- Même pas en rêve ! Si tu n'as que des idées aussi stupides, tu peux te les garder !
Je souris. Ace est toujours aussi aimable avec Luffy, bien que cela fasse trois mois que nous vivons tous les quatre ensemble et que nous formons une équipe. Justement, puisque nous nous connaissons bien à présent, nous avons pris une importante décision. Nous allons prendre notre indépendance et partir de chez Dadan. Nous avons pu constater qu'on lui en a fait voir de toutes les couleurs et que nous n'avons pas toujours été tendres. Et puis il était temps pour nous de ne compter plus que sur nous-mêmes et de ne plus dépendre de personne. Adieu petit matelas douillé, adieu ronflements incessants des brigands et de Dadan, adieu bassine où nous prenions notre bain ensemble. Désormais, une nouvelle aventure nous attend. Seulement, Dadan et sa bande ne sont toujours pas au courant. Pour leur annoncer notre résolution, nous avons écrit une petite lettre. Malheureusement nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord sur le nom de notre fratrie pour la signature du papier...
- Nous n'avons qu'à prendre les initiales de nos prénoms et en faire un mot, propose Sabo.
- Trop bonne idée ! S'écrie Luffy en sortant de la grotte pour sautiller. Et donc ça donne... LASA ! Ca ressemble à lasagnes en plus !
Ace ne se ménage pas pour lui coller son poing dans la figure et le ramener par la même occasion à l'intérieur de la grotte.
- Ca fait mal bon sang ! Arrête de me frapper !
- Et toi arrête de vouloir absolument devenir notre capitaine !
S'ensuit un silence qui nous plonge dans nos réflexions. La proposition de Sabo est bonne. Si nous prenons nos initiales nous avons deux A, un S et un L.
- On pourrait former le mot en prenant en compte notre âge, suggère Ace.
- Sabo et toi avez dix ans. Vous êtes nés quand ?
- Le premier janvier, répond le garçon aux taches de rousseur.
- Le vingt mars pour ma part, affirme le blond.
- Du coup si je suis bien... ça donnerait ASAL ? s'enquiert Luffy. C'est nul ! Pourquoi c'est moi qui suis dernier !
- Parce que t'es le plus petit, faudra t'y faire ! rétorque Ace en souriant narquoisement.
Je fronce les sourcils. ASAL ? Ca ne sonne pas très bien... Il y a quelque chose qui cloche dans cette formulation. Je tends une jambe et entreprends d'écrire les quatre lettres avec mon pied. Non... Ca ne va vraiment pas. J'efface le tout, me penche davantage en avant et trace des traits dans la terre avec mes doigts. Un A, un S, un L, un A.
- Regardez.
Les trois garçons s'inclinent pour examiner ma suggestion par dessus mon épaule.
- ASLA ?
- Oui. Je trouve que c'est plus joli si les deux A sont de chaque côté. On a une impression de symétrie. Et puis comme ça Luffy n'est pas le dernier. On dira que c'est moi qui ferme la marche, ça ne me dérange pas.
Les trois garçons mettent un certain temps à assimiler l'information. Puis ils lèvent les yeux vers moi et me sourient.
- J'avoue que c'est pas trop mal, lance Ace en se rasseyant à côté de moi.
- Trop cool !
- Va pour ASLA, alors ! s'exclame Sabo.
Je souris, fière de notre trouvaille. Nous voilà enfin d'accord. Et c'est exténués que nous nous endormons près du feu, dans la grotte qui fait office de refuge provisoire. Luffy a posé sa tête sur mes genoux. La mienne est calée contre l'épaule d'Ace. Les bras de Morphée allaient nous emporter. Cependant c'était sans compter Luffy qui a soulevé son chapeau qui recouvrait ses yeux pour ajouter :
- Au fait, c'est quoi la symétrie ? Ca se mange ?
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- Et voilà, c'est terminé ! s'extasie le plus vieux d'entre nous en faisant tourner la barre de bateau que nous avons dénichée.
Un sourire s'est gravé sur nos bouches et il est impossible de le retirer tellement la joie qui se déverse en nous est considérable, gigantesque, titanesque. Le voilà. Notre refuge, notre cabane, notre maison. Le voilà, notre chez nous. Chaque planche, chaque vis, chaque matériel utilisés sont empreints de l'un d'entre nous, de l'union de notre groupe. Un travail qui, bien que loin d'être parfait, a demandé énormément d'efforts, de sueur et de courage. Nous avons tout donné pour construire cet endroit et le résultat est plus que satisfaisant. Et je pense que nous sommes tous d'accord là dessus. Il nous a fallu un mois pour bâtir pareil chef-d'œuvre à mes yeux. Un mois où nous n'avons compté que sur nos propres moyens, où nous avons été obligés de nous extraire de la dépendance qui nous liait à Dadan et aux bandits du Mont Corbo. Sans un mot, nous nous dirigeons vers le bord de la cabane et nous accrochons le drap suspendu - qui nous protège du vent - au plafond intérieur. Et c'est une éblouissante teinte mêlée de cuivre et d'ocre qui nous stimule le regard. Le couché de soleil. Je l'ai rarement vu d'aussi haut. Un spectacle inoubliable qui nous saisit l'âme pour nous obliger à le contempler de fond en comble. Les nuages n'appartiennent pas à ce ciel. Ce dernier les a chassés, agacé d'être recouvert partiellement ou entièrement. L'horizon tente de déguiser l'océan en lui donnant un aspect montagneux mais nous ne sommes pas dupes. Voici donc ce monde qui paraît à la fois proche et si vaste. Avec mes frères j'ai l'impression que tout est possible. J'ai le droit de sauter, de danser, de chasser et de m'envoler vers mes rêves. Nous nous regardons à tour de rôle puis nous nous mettons à rire sans raison comme des fous. Je me courbe pour examiner le drapeau qui flotte insolemment sur le toit. D'ici j'arrive à distinguer sans mal ce qui est inscrit dessus. Quatre lettres qui nous résument, nous décrivent et nous définissent.
ASLA
Le petit commentaire de l'auteure : Pas mal de choses se passent encore dans ce chapitre. Apparition de Makino qui apporte une touche féminine à l'histoire. J'ai adoré écrire le combat avec le plus gros félin de la forêt. On ressent que nos quatre compères parviennent de plus en plus à coopérer lors des affrontements. Petite visite de Garp qui leur met une sacrée raclée. Création d'ASLA et de la cabane. Ce chapitre est rempli de bonne humeur ! Youhou, cela me donne la pêche ! Yeah !
Ciaossu ! Yeah !
