Bien le bonjour chers lecteurs et lectrices ! Voici les réponses aux lecteurs et lectrices :

Cheshire D. Flo - C'est vrai qu'avec le dernier chapitre l'histoire prenait un tout autre tournant. Contente de t'avoir fait frissonner ! On peut dire que l'homme qui a attaqué Akira dans le dos illustre parfaitement le terme "pirate" selon sa définition initiale. C'est-à-dire un être sans vergogne ni scrupule, et ce même avec les enfants. Et tu as vu juste : Ace a bien utilisé le fluide royal. Nous suivons l'histoire à travers les yeux de Akira, du coup comme elle ne sait pas ce que c'est elle ne le nomme pas ainsi. Mais je suis bien contente que tu aies compris où je voulais en venir ! *smile*. Merci pour tes remarques !

Akabane D Yui - Tu auras probablement la réponse à ta question dans ce chapitre hihi. Bonne lecture et merci de me suivre !

Citation du chapitre : Le plus grand obstacle à la vie est l'attente, qui espère demain et néglige aujourd'hui (Sénèque)

Bonne lecture ! On se retrouve à la fin pour le commentaire de l'auteure.


Chapitre dix-sept

Le plus grand obstacle à la vie est l'attente, qui espère demain et néglige aujourd'hui

/

- Akira, mon ange, je t'en prie sauve-moi ! Sauve-moi, tu es mon dernier espoir !

/

J'ouvre les yeux.

Je dois perdre connaissance pendant un certain laps de temps puisque je ne distingue plus rien. La douleur ne me lance plus autant dans le dos. Tout mon corps est comme apaisé. J'ai beau me dire que ce n'est pas bon signe je n'arrive pas à me défaire de cet état, de cette situation où je suis contrainte de me laisse aller, de me laisser emporter vers l'inconnu, de me laisser emporter vers cette lumière qui m'éblouit. Je hurle de toutes mes forces, je me débats dans cet espace construit avec du vide et de la poussière. Personne ne peut m'entendre. Je suis seule face à rien. A rien du tout.

Et c'est effrayant.

Si terrifiant...

Une secousse.

Je crois rêver mais un autre tremblement proche du séisme m'ébranle. L'espace vole en éclats, les murs blancs s'effritent, les pièces de puzzle tombent les unes après les autres. La lumière devient moins forte puis finit par disparaître, l'horizon me souffle que ce n'est pas pour maintenant. Mon heure n'est pas encore venue.

J'ouvre les yeux.

Et cette fois c'est pour de vrai. Je distingue à peine l'ombre qui se dresse au-dessus de mon corps inerte et qui me secoue. Je tente de respirer mais c'est une tâche bien trop compliquée maintenant que je suis de retour dans la réalité. Mes membres sont du plomb, mon dos est aussi ardent que du magma en fusion. J'écarquille les yeux. C'est insoutenable. Je vais devenir folle. Que quelqu'un m'aide. Pitié, au secours ! Je vais devenir folle, folle, folle, je vais devenir...

- Akira ! Oh mon Dieu, Akira garde les yeux ouverts !

Magra... Oui c'est lui. Je reconnais sa crête rouge. Des larmes perlent au bord de ses yeux. Non, ne pleure pas. Ne pleure pas pour moi. Où est Luffy ? Va-t-il bien ? Où est Ace ? Va-t-il bien ?

- Magra, on se taille ! Le Boss se casse, faut la suivre !

Mon ami sèche ses larmes et me prend dans ses bras. Ma tête repose contre son torse volumineux. Je commence à m'endormir mais une voix me tire vers l'éveil.

- Non, pas question de m'enfuir !

- Qu'est-ce que tu racontes, Ace ?! hurle Dogra. C'est Bluejam qui est face à toi, tu fais pas le...

- Les gars !

Cette fois je reconnais Dadan.

- Partez devant avec Luffy et Akira. La priorité est de les soigner. Je vous rejoins avec Ace une fois qu'on aura botté le cul à ce fumier.

Mais... Mais qu'est-ce qu'elle dit ?! Non... ! Non ! Tout mon corps se crispe. J'essaye de remuer dans tous les sens, je gémis, je me mords les lèvres à m'en faire saigner. J'observe mon corps qui ne répond absolument pas à mes attentes. A croire qu'il s'est totalement déconnecté de mon esprit. Ce sont à présent deux entités bien distinctes. Mes dents arrachent mes joues pour me maintenir éveiller. Mais bouge ! Bouge bordel ! Bouge ! Tu ne peux pas rester sans rien faire ! Bats-toi ! Bats-toi ! Bats-toi, aller !

- Akira, calme-toi, tu vas aggraver l'hémorragie ! S'écrit Magra paniqué tout en s'éloignant du lieu de combat.

Non ne pars pas ! Laisse-moi me battre, laisse-moi les aider ! Je soulève du mieux que je peux ma tête et repère Ace. « Partez devant, je vous rejoindrai ! ». Telles furent ses paroles lors de notre affrontement contre Porchemy. « Je ne prendrai la fuite devant personne, je ne m'avouerai jamais vaincu ! Je n'aurai jamais peur de quoi que ce soit, je surmonterai chaque obstacle qui me barrera la route ! » Et telle fut sa promesse faite ce jour particulier au bord de la falaise. Je t'en prie... Laisse-moi rester à tes côtés...

- A-A-Ace...

La main de Magra se pose sur mes yeux et me prive de la dernière arme qu'il me reste : ma vision.

/

Je papillonne des paupières en tentant de m'habituer à ce qui se situe devant moi. La lumière m'aveugle durant une dizaine de secondes puis, au fur et à mesure que mes pupilles se rétractent, je distingue des objets, des formes. Je mets un certain temps à comprendre que

Je suis vivante.

Je bouge les lèvres pour le dire mais ma gorge est si sèche que rien ne sort. Je n'ose faire le moindre mouvement, de peur de briser cet instant unique. Je suis vivante. Je suis vraiment vivante alors que l'on m'a tailladé le dos sans aucune retenue. J'entends des gens gesticuler et parler près de mon oreille. Je me rends compte que je suis allongée sur le côté. A présent je peux sentir la couverture qui me couvre et l'oreiller sous ma tête lourde. Je ferme momentanément les yeux et souffle un bon coup. Je peux respirer normalement à présent, la fumée s'est évadée de mes poumons. Je suis encore exténuée mais j'ai bien trop peur de retourner faire un séjour dans ce monde vide et blanc. De ce fait, je lutte intérieurement pour ne pas m'endormir. Je sens que l'on pose une main sur ma joue. J'ouvre les yeux et découvrir Luffy qui vient probablement de s'allonger à côté de moi. Des bandages recouvrent son front et son œil droit.

- Tu es vivante ? Tu m'entends ?

Je scrute son œil gauche et y lis bien trop de courage pour un jeune garçon comme lui. J'y vois également une inquiétude infinie qui ne s'apaise pas. Je me racle la gorge pour pouvoir être en mesure de lui répondre.

- Oui.

- Tu as mal ?

J'aimerais lui mentir pour lui répondre que tout va bien, je suis saine et sauve et qui plus est en pleine santé. Sauf que je n'en ai pas la force.

- Je ne sais pas.

Et c'est la vérité.

- J'ai cru que t'étais morte...

Il ne cille pas et continue de me fixer. Seul son reniflement le trahit. Lentement – très lentement, je sors une main de sous la couverture et la pause sur sa joue en prenant soin de ne pas effleurer son bandage.

- Luffy... J'ai cru la même chose à ton sujet, tu sais.

Il se mord les lèvres comme pour se retenir de pleurer et se glisse sous la couverture. Je remue du mieux que je peux pour lui laisser un bout d'oreiller. Il passe ses petites mains délicatement dans mon dos sans appuyer sur ma blessure. Il niche sa tête dans mon cou et s'endort en une fraction de seconde. Je caresse tendrement ses cheveux fins en songeant que nous avons vu l'enfer.

- Il refusait de dormir avant que tu ne te réveilles.

Je tourne la tête vers la gauche et aperçois Magra, Dogra et d'autres bandits au-dessus de nous.

- Et son œil ?

- Il n'a rien, me rassure Magra en posant sa main sur mon épaule. Il a été touché à l'arcade sourcilière. Si tu savais comme je suis soulagé de t'entendre.

Je voudrais lui demander à boire mais je ne souhaite pas réveiller Luffy.

- Ça fait combien de temps que je dors ?

- Deux jours.

Je fronce les sourcils. Deux jours. Il a pu se passer des tonnes de choses en deux jours. Et Luffy qui refusait de dormir alors que lui aussi était blessé... Dogra semble mal à l'aise et n'arrête pas de se gratter la tête. Soudain il lâche :

- Écoute Akira...

- Je sais.

Je sais. C'est bon, je ne suis pas idiote. Ils ne sont pas là alors c'est facile de tirer une conclusion là-dessus. Deux jours. Deux jours sont passés et ils ne sont pas revenus. Il ne faut pas deux jours pour revenir du Grey Terminal. Surtout pour lui qui connaît le chemin par cœur. Je cesse tout mouvement. J'espère qu'ils n'ont rien. J'espère que toi non plus, Sabo, tu n'as rien.

- Bon, il est temps pour nous de repartir à leur recherche, dit Magra en se levant.

- Euh... Moi je... Je vais m'introduire en ville pour voir comment ça se passe.

Tout le monde se tourne vers Dogra.

- Avec la venue du Dragon Céleste je suis certain que tout le monde sera dans la rue demain. Je trouverai forcément Sabo. Si... Si ça peut vous soulager d'un poids à vous autres...

J'ignore la remarque sur le Dragon Céleste. De toute façon je l'avais complètement oublié celui-là. Celui qui captive mon attention est Dogra. Derrière ce malaise évident se cache un homme que j'avais mal jugé. Je n'ai jamais vraiment apprécié Dogra. Et pourtant, même s'il n'a aucune attache apparente avec l'un de nous il est prêt à tout faire pour nous venir en aide. A l'instant, j'aimerais juste me lever et lui prendre la main pour lui exprimer ma gratitude. Sauf que je suis incapable de m'exécuter. C'est à peine si je peux remuer alors je ne vois pas comment je pourrais me lever. Alors je le regarde. Je le regarde vraiment et murmure :

- Merci.

Moi qui suis dans l'incapacité de bouger et d'agir, voilà tout ce que je peux faire : m'en remettre à eux. M'en remettre à des bandits avec qui j'ai vécu et auxquels je me suis attachée inconsciemment.

- Et merci... merci de nous avoir sauvés.

La fatigue a, une fois de plus, raison de moi.

/

Je scrute le plafond pour la millième fois en trois jours. Le temps semble s'écouler au ralenti. On n'en finit plus d'attendre, surtout quand on peut juste s'asseoir. J'ai tenté de me mettre debout mais j'étais si essoufflée après cette dure labeur que je me suis promis de ne pas recommencer aujourd'hui. Je tourne la tête et observe Luffy qui est replié sur lui-même juste à côté de moi. Son chapeau couvre son visage. Il n'a pas bougé depuis une éternité.

- Tu devrais aller te dégourdir les jambes, Luffy..., je souffle en contemplant à nouveau le plafond.

- Pas envie.

- Mais si, je suis sûre que ça te fera du bien.

- Alors viens avec moi.

Un petit rire se faufile entre mes dents et sort de ma bouche.

- Vois-tu, j'ai bien peur que tu m'en demandes un peu trop...

- Je peux te porter !

Il relève la tête et se plante devant moi. Il n'y a plus de bandages sur son visage. Seuls quelques pansements parsèment son front. L'enthousiasme qui se lit clairement dans ses prunelles m'empêche de repousser sa requête. Il se lève d'un bon et me tire vivement les deux bras. Je grimace involontairement, ce qui fait réagir aussitôt l'un des bandits.

- Attends Luffy, pas comme ça ! Tu vas rouvrir sa blessure !

Je m'assois et le subordonné de Dadan passe ses bras sous mes aisselles pour me soulever. Il me porte jusqu'au dos de Luffy et ce dernier saisit mes deux jambes vigoureusement. Je noue mes bras autour de son cou. Ses cheveux sentent la forêt, la nature et aussi un peu la viande. Je me rends compte que c'est la première fois que mon petit frère me porte. Un autre bandit s'avance vers nous et noue une sacoche à ma taille.

- Tiens, prends cette trousse de soin. Magra va m'enguirlander si tu ne la prends pas. Ta blessure pourrait se rouvrir, même si je ne vous souhaite pas le pire.

Je le remercie et nous sortons. Contre toute attente il ne fait pas très chaud. Le soleil est bien présent mais le vent est frais. Je ferme les yeux et savoure cet instant. L'oxygène remplit abondamment mes poumons. C'est tellement succulent que j'ai envie de retenir ma respiration pour ne plus la laisser sortir. Luffy avance calmement vers la forêt et emprunte le chemin qu'il a pris le jour où nous nous sommes rencontrés. Je m'efforce à ne pas penser à ce qui me tourmente chaque minute, chaque seconde au point de ne plus dormir la nuit. Je m'efforce de me dire que même si ça fait cinq jours qu'ils sont introuvables, ils sont vivants. Ils sont en vie, cachés quelque part, peut-être blessés, mais ils sont forcément en vie, c'est certain. L'attente est vraiment une chose horrible. Chaque heure passée à attendre prend des allures d'éternité perdue.

Nous n'avons pas atteint le sommet de la colline que Luffy s'arrête soudainement. Je me dis qu'il y a sûrement un caillou qui s'est faufilé entre sa tong et son talon. Je me dis qu'il a vu une nuée d'oiseaux dans le ciel et ce spectacle est si incroyable qu'il lui a ôté la capacité de se mouvoir. Je me dis qu'un ours s'est dressé sur son chemin et qu'il hésite entre se battre et faire demi-tour.

Mais je ne me dis pas ça. Je ne me dis pas l'impossible. Je ne me dis pas qu'ils sont là, qu'ils sont face à nous et que je n'ai qu'à relever la tête pour les voir. Je n'ai qu'à tendre les bras pour les effleurer, les toucher, les serrer contre moi. Non, je ne me dis pas ça. Et pourtant je le sens. Je le sens qu'il y a quelque chose, ou plutôt quelqu'un d'assez extraordinaire pour que Luffy reste sans voix. Lui qui partage toujours son émerveillement à la moindre occasion qui se présente à lui, pourquoi est-il si silencieux ? Pourquoi ?

Alors je lève la tête et je vois un ange. Un ange qui en porte un autre. Deux anges. Deux anges qui semblent si irréels que l'envie de rire me gagne. Est-ce une hallucination ? Est-ce que je rêve ? Est-ce que je suis devenue folle ?

- ACE ! hurle Luffy.

On dirait bien que non. Il me pose et se met à courir vers cette fabulation qui paraît de plus en plus authentique.

Si c'était vraiment une illusion, Luffy ne devrait pas être en mesure de les toucher, n'est-ce pas ?

Je suis à deux doigts de crier mais je fais un effort surhumain pour me contenir. Je me frotte le front. Ce n'est pas le moment de craquer. Respire, calme toi. Ace porte Dadan sur son dos. Celle-ci est gravement blessée. Je le vois à tous ces bandages qui couvrent son corps. Je le vois à la sueur qui glisse sans fin sur son visage. Je le vois tout simplement à son incapacité à marcher. Luffy sert vigoureusement Ace dans ses bras qui tangue dangereusement.

- Crétin, tu vas me faire tomber ! Et puis qu'est-ce que t'as à chialer comme ça ? T'as cru que j'étais mort ?

- B-b-oui...

- Idiot ! s'écrit Ace en lui assénant un coup de pied. Ne m'enterre pas trop vite !

Je desserre la lanière de la sacoche et la place devant moi. Comme je le pensais il n'y aura pas assez de produits pour guérir les blessures de Dadan. Heureusement pour nous la cabane se trouve à deux pas d'ici.

- Luffy, tu veux bien amener Dadan aux bandits ? Ça va les rassurer de la savoir vivante, et puis il faut qu'elle se fasse soigner au plus vite. De mon côté je vais m'occuper des brûlures d'Ace.

Le plus jeune d'entre nous hoche la tête et ne se fait pas prier pour s'exécuter. Ace place ses mains sur ses hanches et soupire. Si mes souvenirs sont bons, je ne l'ai jamais vu aussi fatigué. Et blessé. Je lui fais signe d'approcher. Il s'agenouille face à moi et m'observe attentivement. Lentement, je lève mes deux bras et place mes mains sur les joues de mon aîné. Et ce n'est qu'après avoir pris contact avec sa peau que je réalise pleinement qu'il est vraiment là. Qu'il est vivant. Que je ne suis pas folle.

- Toi aussi tu m'avais enterré on dirait, souffle-t-il.

Les larmes sortent aussitôt de mes yeux mais je les retiens avant qu'elles se mettent à dégringoler sur mon visage. Je caresse avec une délicatesse infinie ses joues éraflées et me noie dans l'eau qui ne peut pas s'échapper de mes prunelles.

- J'ai... j'ai cru que je ne te reverrais plus jamais...

Ma voix se brise et je me sens soudainement honteuse d'avoir pu imaginer une chose pareille.

- Je ne mourrai pas, pas avant de m'être dressé au sommet, tu le sais bien. Pourtant moi aussi...

Il s'interrompt et semble hésité. Puis il se penche, passe sa main derrière mon dos et effleure les multiples bandages qui recouvrent ma blessure. Son visage est à quelques centimètres du mien. Ses yeux sont graves, sombres mais empreints de tendresse et de soulagement.

- Moi aussi j'ai cru que je ne te reverrai jamais. Pas après une blessure pareille.

/

- Je suis sûr que c'est celui-ci qui va gagner !

Luffy désigne un scarabée noir qui fait face à un autre doré. Tous deux s'affrontent sur un tonneau à proximité de la cabane de Dadan. Je réfléchis un instant en analysant la situation.

- C'est vrai qu'il paraît plus robuste, mais regarde bien son adversaire. Il est constamment sur ses gardes, il ne laisse entrevoir aucune faille dans sa défense.

Mon petit frère plisse les yeux et observe avec plus d'attention la scène. Je souris. On pourrait croire que la vie a repris son cours normal. Pourtant ce n'est pas tout à fait vrai. J'admets que je suis extrêmement soulagée qu'Ace et Dadan soient sortis d'affaire, que Luffy ait retrouvé sa gaieté habituelle, que les bandits ne soient plus anxieux maintenant que leur boss est de retour. Mais je ne peux pas m'empêcher de me faire du souci pour Sabo. J'imagine que lui aussi a dû prendre connaissance de l'incendie du Grey Terminal et qu'il est mort d'inquiétude pour nous. J'aimerais tellement lui dire que nous sommes sains et saufs et que nous espérons le revoir bientôt.

- Trop cool ! T'avais raison !

La voix de Luffy me ramène à la réalité. Le scarabée noir est tombé du tonneau et paraît sonné. Mon cadet brandit l'insecte doré comme un trophée et je me mets à rire avec légèreté. Au bout de quelques minutes il le dépose dans l'herbe et revient vers moi. En moins de vingt secondes il a jeté trois regards vers la cabane.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Tu crois qu'ils font quoi à l'intérieur ?

Sa question ne me surprend pas. Moi aussi je me la pose.

- Je crois que Dadan voulait demander quelque chose d'important à Ace. En tout cas ça n'a jamais été aussi calme. On dirait que c'est très sérieux.

- Tu l'as dit !

Nous nous levons et faisons quelques pas autour de la cabane. Je peux à nouveau me tenir sur mes jambes et même marcher sans que cela soit douloureux. Hier soir Magra a défait mes bandages pour en appliquer de nouveaux. Avant qu'il ne le fasse j'ai observé ma blessure avec un miroir. Elle cicatrise petit à petit. Toutefois je suis consciente qu'elle ne disparaîtra jamais complètement. La coupure a été trop profonde, je porterai à jamais cette balafre.

Je remarque un panier plein de linges mouillés qui n'ont pas été suspendus pour sécher. Je fais signe à Luffy que nous allons nous en occuper. Je lui montre comment étendre le linge le plus efficacement possible. Grâce à ses bras élastiques il n'a pas besoin de tabouret pour atteindre le fil. Nous sommes sur le point de finir lorsque Luffy se met à courir vers la forêt en laissant tomber un short qui appartient à l'un des bandits.

- Dogra !

Je ne tarde pas à les rejoindre.

- Akira m'a dit que tu étais parti voir si Sabo allait bien !

- O-oui...

- Ace et Dadan sont rentrés hier sains et saufs, je m'empresse de l'informer.

- Ah bon ? C'est... une bonne nouvelle...

Je le reluque curieusement. Il paraît...différent. Il me semble que je ne l'ai jamais vu aussi anxieux. Il est livide, des perles de sueur peuplent son front et il évite notre regard. Nous n'avons pas le temps de lui poser davantage de questions sur Sabo qu'il nous incite à rentrer à la cabane avec lui. Durant le court trajet je fixe mes pieds. Mon cœur bat à tout rompre et j'en ignore la cause. Au fur et à mesure que nos pas nous conduisent vers la porte, un mauvais pressentiment me gagne. Quelque chose cloche. Dogra n'est pas dans son état habituel.

Lorsque nous pénétrons l'habitacle la tension se propage jusqu'aux quatre coins de la pièce. Toutes les conversations sont closes, comme si elles n'avaient jamais débuté. Les bandits se retournent vers nous. Dadan est allongée mais cela ne l'empêche pas de nous sentir approcher. Nous ne faisons pas plus de bruit que d'habitude, je trouve même Luffy plus calme qu'à l'ordinaire. Alors comment cela se fait-il que le temps semble se ralentir ? Je croise le regard d'Ace qui est assis près de la blessée. Ses yeux reflètent la même anxiété qui s'enfonce dans mon être, s'accrochant obstinément à mes os. Avide d'avoir des nouvelles de Sabo, Ace se lève et s'avance vers nous. Tous ses muscles sont crispés. Je ressens toute la pression qu'il fait subir à son corps et à son esprit. Visiblement il se fait violence pour ne pas bombarder Dogra de questions. Des milliers de phrases ont dû lui venir en tête et pourtant il lâche simplement :

- Alors ?

J'essaye de me calmer, de me dire que je suis paranoïaque de concevoir le pire. Dogra n'a jamais été un grand bavard, n'est-ce pas ? Luffy est calme parce qu'il a trop gesticulé tout à l'heure, n'est-ce pas ? Ace est à deux doigts de faire exploser la cabane mais il a toujours été impétueux, n'est ce pas ? Je tente par tous les moyens de me rassurer jusqu'à ce que Dogra ose ouvrir la bouche. Je le vois hésiter, renoncer puis finalement se lancer.

Ça y est.

Mon cœur.

Mon cœur s'est arrêté.

Il s'est arrêté de battre.

- Sabo s'est fait tuer.

Et il ne battra certainement plus jamais...


Le petit commentaire de l'auteure : Bon. Selon toute vraisemblance je vais me faire trucider avec ce chapitre. Si je devais résumer TRÈS grossièrement ce chapitre, il ressemblerait à ça : "Tension. Calme. Calme. Émotion. Calme. NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !". Comme vous pouvez le constater je respecte l'œuvre d'Eiichiro Oda, donc en ce qui concerne Sabo...

Ciaossu ! (s'enfuit en courant)