Bien le bonjour !

Au moment où j'écris ces lignes, il y a un de ces orages dehors je ne vous dis pas. C'est Akira qui serait ravie. Place aux réponses aux lecteurs !

Akabane D Yui - Hello Yui, merci pour ton commentaire ! Eh oui héhé, Akira se retrouve Seule avec un grand S. Plus personne ne l'entoure durant cette année, elle est totalement livrée à elle-même. Mais siiiii voyons, tout le monde peut survivre au moins une journée dans cette forêt ! *regarde la tronche d'un tigre géant*. Euuuh tout compte fait...

Kana-chan - Déjà je te remercie d'avoir consacré du temps à la lecture de ma fic ainsi qu'à la rédaction de ce commentaire *smile*. Bien contente que mon style te plaise ! Concernant les fautes d'orthographe je ne peux que me blâmer. Les premiers chapitres ont été écrits il y a cinq ans et sont truffés de fautes ! Ceux que je publie en ce moment sur ce site sont également assez vieux (une année ou deux). Ta remarque fut pour moi une sorte de déclic. Je suis en train de relire toute ma fic et vais corriger toutes les fautes qui oseront croiser mon regard *sort la mitraillette*. Ces changements apparaîtront dans un peu plus de deux semaines (quand je serai en vacances). Merci beaucoup pour ton commentaire, il m'a fait vraiment plaisir !

Cheshire D. Flo - No problem pour le commentaire, ça me fait toujours chaud au cœur de lire l'une de tes reviews *smile*. En tout cas ton message m'inquiète. J'espère que tout va bien pour toi ! C'est sûr qu'Akira en a bavé durant cette année. Elle fut décisive dans son entraînement et cela l'a endurcie. Profite bien de tous ces voyages et mitraille chaque endroit de photos ! A la prochaine !

Citation du chapitre : L'adolescence est une merveilleuse crise de folie où il faut trancher dans le vif des sensation (Dominique Blondeau)

Bonne lecture !


Chapitre vingt-deux

L'adolescence est une merveilleuse crise de folie où il faut trancher dans le vif des sensations

/

- Je veux devenir un pirate, et ce grâce à Ace, Luffy et toi, Sabo. Mais tu sais, dans un sens tout ça me fait peur. J'ai peur que ce qui nous unie soit altéré contre notre volonté et qu'on ne puisse plus être ASLA. D'une certaine manière, j'ai peur du changement.

- Akira, sans changement on reste bloqué à un stade de notre existence. Et cela revient à mourir. Changer, c'est grandir. Et grandir c'est vivre.

/

Je suis la première à être revenue au sommet du Mont Corbo.

Je l'ai tout de suite constaté en repérant les trois tuyaux plantés dans la terre. Ils n'ont absolument pas bougé. Les bandits ne les ont pas touchés alors qu'on ne les avait pas informés du sens caché de cet acte. Cela prouve d'une certaine manière que même si on ne les voyait plus que pour quelques rares occasions, ils tiennent beaucoup à nous. Je m'approche davantage et retire mon tuyau. Je l'examine un instant. Il semble incroyablement minuscule entre mes doigts. Cela ne m'avait jamais frappée avant. Et dire que je me battais avec quand j'étais plus jeune. Désormais il ne me serait vraiment plus utile puisque je ne me sers plus que de mes bras et de mes jambes. J'entends des voix qui proviennent de la cabane principale, c'est-à-dire celle de Dadan. On dirait qu'il y a de l'agitation. Je suis tentée d'annoncer mon retour mais je décide avant tout de faire un détour par mon « pays ». Histoire de réaliser pleinement que je suis revenue.

J'écarte en grand le drap à double épaisseur qui sert d'entrée. L'intérieur sent le renfermé. Quelques particules de poussière volettent un peu partout, entraînées par le courant d'air provoqué par mon apparition. Toutefois, cet endroit n'en est pas moins réconfortant et chaleureux. J'ai l'impression d'être partie des années et de retrouver subitement mes repères. Absolument rien n'a changé. La table basse est toujours à sa place, la commode et les tiroirs aussi, tout comme le lit, les quelques figurines que j'ai sculptées maladroitement, le miroir et le garde-manger vide. Seulement, j'ai le sentiment que la pièce est devenue un peu plus étroite. Je me dirige vers le lit et caresse la couverture du bout des doigts. Elle ne m'a jamais semblé aussi douce qu'à cet instant. Cela me fait réaliser à quel point cette année fut rude. Mes yeux se posent ensuite sur le miroir. Je n'ai pas visualisé mon reflet depuis un an, voire depuis beaucoup plus longtemps. En fait, je n'aime plus regarder l'image que je renvoie. En revanche, je pourrai contempler n'importe qui pendant des lustres sans jamais m'ennuyer. Toutes les émotions se manifestent de façon différente chez chaque individu. Par exemple, au fil des années, j'ai pu noter que lorsque Luffy est joyeux il saute partout – ou sur moi, il crie et lève les poings en l'air. A l'inverse, un simple sourire s'esquisse sur les lèvres de notre aîné. L'être humain est, définitivement, captivant. Je prends mon courage à deux mains et fais face au miroir.

Ou plutôt je fais face à une parfaite inconnue.

Adieu petite fille maigrichonne. Adieu gamine aux cheveux de feu courts mais indomptables. Adieu image que j'avais conservée tout ce temps de ma propre personne. La voilà. La Akira d'aujourd'hui. Je suis paralysée une dizaine de secondes. Je n'ose pas faire le moindre mouvement. J'ai peur de quoi au juste ? Que le miroir se brise si je bouge d'un millimètre ? Tout en reprenant ma respiration, je tends une main vers la glace et la place contre le verre froid. Ma paume rejoint celle de mon reflet dans une parfaite synchronisation. C'est moi ? Est-ce vraiment moi ?

Cette petite fille... Que dis-je ? Cette jeune fille enlève prestement le manteau en peau d'ours sans manche qu'elle porte pour mieux se reluquer.

Cette jeune fille a grandi d'une vingtaine de centimètres. Elle se pare du même type de robes depuis des années et ne les a pas renouvelées souvent. Aujourd'hui, on ne peut plus vraiment qualifier cette tunique de robe mais plutôt de...fripe. Le haut est détaché du bas. A certains endroits il est troué et les bretelles ne tiennent plus que grâce à quelques fils. Il a perdu sa couleur d'origine – le beige – et s'arrête au dessus du nombril. Quant à la « jupe », elle est très courte, beaucoup plus qu'elle ne l'était à la base. Son pan s'est détérioré et n'est plus régulier.

Cette jeune fille n'est plus aussi frêle qu'elle ne l'était. Ses muscles se sont affirmés et son corps s'est davantage féminisé. Sa taille est plus marquée que dans ses souvenirs, et ses épaules et ses hanches ont pris un peu plus d'ampleur. Mais le plus choquant dans ce corps est probablement ces petites... bosses qui ont succédé à la planche à pain d'antan. De plus, sa peau est plus mate qu'elle ne l'a jamais été et est parsemée ça et là d'égratignures ou de coupures. Une longue cicatrise est visible dans son dos et elle en a pertinemment conscience.

Enfin, cette jeune fille possède désormais un visage qui paraît plus... mature. Il n'est plus aussi rond qu'avant et est davantage ovale. Ses sourcils sont toujours aussi fins, tout comme ses lèvres. Ses cheveux sont ébouriffés et un peu sales. Les rares mèches ondulées sur son front sont plus longues. Mais surtout ses yeux...

Je me cache aussitôt mes prunelles avec mes mains et recule de deux pas, manquant de tomber sur la table basse. Mes yeux n'ont rencontré ceux de mon reflet que l'espace de trois secondes mais cela m'a suffi. Cela m'a suffi pour me sentir nostalgique de mon ignorance d'autrefois. Cela m'a suffi à y lire toutes les épreuves que j'ai traversées cette année. Mais surtout, cela m'a suffi à percevoir très clairement les yeux de ma mère. Des yeux identiques aux miens, des yeux plein de tristesse, des yeux qui annoncent une mort certaine... J'aimerais...

Une pression se fait sur mon épaule et, instinctivement, je crie comme un putois et recule de plus belle. Cette fois je ne me loupe pas et bascule par dessus la table. Un rire franc me fait oublier le temps, les lieux ainsi que la faible douleur qui s'est éveillée sur mon fessier.

- J'ai toujours dit que tu étais maladroite, mais là c'est le bouquet !

Je relève la tête et croise des pupilles sombres empreintes d'hilarité. Le nom de cette personne s'échappe de ma bouche sans attendre que l'information accède à mon cerveau :

- Ace !

C'est bien lui et pourtant j'ai l'impression qu'il n'est pas vraiment là.

- Tu as...changé...

Ses yeux quittent les miens pour mener une légère promenade sur son corps.

- Ah ouais ? Je t'avoue que je n'ai pas vraiment fait attention.

Je me relève et désigne avec mon menton le miroir derrière lui. Il se positionne devant et procède à la même analyse que j'ai exécutée quelques minutes auparavant. Je le rejoins pensant ressentir immédiatement cette chaleureuse familiarité que j'éprouvais en sa présence et en celle de Luffy mais, à ma grande surprise, je ne la décèle pas. Tandis qu'il se contemple rapidement en silence, j'en fais de même avec son corps. Ace a toujours était un peu plus grand que moi mais aujourd'hui cette différence s'est accentuée. Il a davantage grandi que moi, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. De plus, ses muscles se sont encore plus développés que les miens. Il a abandonné ses débardeurs pour une chemise abricot à manches courtes ouverte sur son torse. Où l'a-t-il dénichée ? Elle ne doit pas dater d'hier car elle est trouée par endroit. Son visage est un peu plus carré que dans mes souvenirs et ses yeux... Dur à dire s'il ne me regarde pas. Je saisis le col de sa chemise et le tire vers moi. Son attention quitte en une fraction de seconde son reflet pour se reporter sur moi.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- C'est vraiment toi ?

Il semble un peu déconcerté mais finit par rétorquer :

- Évidemment que c'est moi, qui veux-tu que ça soit ?

- Mais... ta voix...

C'était probablement l'un des plus gros changements notables. Sa voix était un peu moins... Ou beaucoup plus... Impossible de mettre un mot dessus. A vrai dire je ne m'y connais absolument pas en terme de croissance de l'être humain. La preuve : je n'ai toujours pas compris pourquoi pendant une brochette de jours je perds du sang depuis mon entre-jambe...

- Quoi ma voix ? Qu'est-ce qu'elle a ? Si tu doutes de mon identité je n'ai qu'une chose à te dire : débrouille-toi comme tu veux mais je ne te laisserai pas compter mes taches de rousseur.

Sa réplique provoque aussitôt l'éveil d'un souvenir assez lointain. Un matin, je m'étais amusée à compter les taches cutanées éparpillées sur les joues de mon aîné. Bien évidemment, ce dernier s'en était rendu compte et m'avait fait passer un mauvais quart d'heure. J'explose de rire et le lâche par la même occasion.

- Tu en as très exactement vingt-et-unes !

- Génial, ravi de l'apprendre.

Je souris. Son éternelle hardiesse ne peut pas me tromper. Et, surtout, ses yeux ne peuvent pas me mentir. C'est bien lui, il est bien réel et se situe véritablement devant moi. Portgas D. Ace, mon grand frère.

/

Nous sortons de la cabane en bavardant gaiement. Je suis un peu surprise de sa soudaine loquacité mais j'imagine que je finirai par m'y habituer. Un rapide coup d'œil vers les tuyaux m'apprend que Luffy n'est toujours pas arrivé. Ace et moi avons laissé les nôtres dans ma cabane. En attendant notre cadet, nous avons décidé de saluer la bande à Dadan. Désireuse de revoir Magra le plus tôt possible, je me hâte vers la porte et l'ouvre sans toquer. Alors que je m'attendais à un accueil des plus singuliers, rempli de sourires, nous nous retrouvons face à une indifférence totale, ou plus précisément à une série de dos. Tous les bandits sont assis, tournés vers Dadan et Garp qui s'échangent des coupes de saké. C'est rare d'assister à une telle scène. Généralement ces deux-là ne ratent pas une occasion de s'engueuler. Ace et moi avançons jusqu'au centre de la pièce qui me paraît plus étroite d'année en année, tout comme mon « pays ».

- Bonjour tout le monde !

Cette simple phrase que j'ai prononcée joyeusement suffit à capter toute l'attention des bandits. Certains se lèvent et s'empressent de nous rejoindre. La politesse n'est pas de rigueur puisque chacun d'eux nous bombardent de questions auxquelles nous sommes bien incapables de comprendre le sens. Magra se fraye un passage jusqu'à moi et, avec toute la pudeur qui le caractérise, il pose simplement une main sur ma tête. Il m'a tellement manqué que je me sens obligée de commettre ce que je n'ai jamais osé faire jusqu'à lors.

Le serrer contre moi.

J'enroule mes bras autour de sa large taille et cale ma tête contre le bas de son torse. Magra est l'homme le plus grand de la cabane. Toutefois sa carrure est loin de le rendre intimidant. Si je devais le comparer à un animal, je dirais qu'il ressemble en tout point à un grizzli inoffensif portant une crête de coq. Cela ne doit pas être très courant.

- Bon sang, mais laissez-moi passer !

Je relâche Magra et me tourne vers Dadan. Tous les bandits se sont écartés pour lui faciliter l'accès. Elle n'a absolument pas changé. Seules ses joues se sont colorées d'une rougeur temporaire due à la conséquente absorption d'alcool. Ses implacables yeux marrons nous dévisagent sans circonspection.

- Nom d'une pipe en bois, vous êtes revenus pour dégueulasser le plancher ou quoi ?

Son doigt accusateur désigne nos habits boueux, troués et même déchirés par endroit. Ace riposte nonchalamment :

- C'est sur que c'est l'objectif qui m'a animé pour me pointer ici.

- Ace, tu sais ou tu peux mettre ton insolence, hein ? Après tout c'temps j'imagine que tu connais le chemin par cœur.

- Désolé Dadan, je suis au regret de t'informer que j'ai toujours pas trouvé ce fameux endroit où placer mon « insolence » comme tu dis.

Un rire épais met fin à l'altercation. D'une même âme, nous pivotons vers Garp. Celui-ci ingurgite une nouvelle gorgée d'alcool puis se lève pour craquer ses muscles engourdis par l'inaction.

- J'ai entendu dire que vous étiez tous les trois partis pour vous entraîner chacun de votre côté. C'est une bonne chose. Je suppose que vous avez fait des progrès durant cette année.

Pas de réponse. Sa phrase sonne comme une affirmation à mes oreilles. Un sourire s'élargit peu à peu sous la moustache grise du vieil homme.

- Et tous ces progrès vont être mis au service de la Marine, n'est-ce pas ?

Ma gorge se serre involontairement. Garp est surnommé « Le héros de la Marine ». Cette dernière représente tout à ses yeux. Il a un très grand sens de l'honneur et de la justice. A ses yeux, les pirates ne sont que des malfrats qui pourrissent la vie d'autrui. Autant dire qu'il est loin d'approuver notre rêve de parcourir les mers en arborant un pavillon noir.

- Absolument pas.

Ace a prononcé ces mots le plus sérieusement possible. Il ne sourit plus et semble défier du regard le Vice-Amiral. A l'inverse, j'ai le sentiment que celui du grand-père de Luffy n'a cessé de s'étendre de part et d'autre de son visage. Toutefois, cette fois il paraît plus amer. Le ton qu'a employé Ace ne doit pas lui plaire, tout comme la détermination qui transparaît dans ses pupilles. C'est comme si « Je serai un pirate » était peint sur son front.

- Ace, je te l'ai dit durant toutes ces années et je ne cesserai de te le rabâcher : tu es dans l'erreur.

- Et ton erreur à toi c'est d'être sourd. Jamais je ne deviendrai un Marine.

A présent je crois que tout le monde ressent cette tension qui n'annonce qu'une chose : Garp va faire exploser la cabane. Plus personne ne respire, l'air est soudainement devenu une denrée rare. Même Dadan, maîtresse des lieux, n'ose pas intervenir. Je ne peux que la comprendre. Le Vice-Amiral est un vieil homme sacrément intimident lorsqu'il est irrité. Il n'y a que les fous qui se hasarderaient à lui répondre comme le fait Ace. Mais quelqu'un doit agir, quelqu'un doit briser la glace sinon ce n'est pas seulement la cabane qui sera endommagée mais le Mont Corbo tout entier. Ainsi, je me risque à lever une main pour la poser sur le bras de mon aîné avec toute la délicatesse dont je suis capable.

- S'il te plaît Ace, allez régler ça dehors, je susurre.

Qu'est-ce qu'il me prend ? J'aurai clairement dû lui dire « Arrêtez ça tout de suite ». Cela aurait été dans l'intérêt de tous les bandits ici présents. Alors pourquoi une partie enfouie en moi espère que cette altercation ait une fin animée ? Peut-être que mon inconscient juge que cette querelle entre Garp et notre fratrie a trop duré et qu'il est temps d'établir une authentique conclusion. Après quelques secondes qui me semblent être de longues heures, Ace finit par lâcher :

- Tu as raison.

D'un simple coup d'œil, le garçon aux cheveux de jais invite le grand-père à le suivre dehors. Ils sortent. Je fais de même, suivie par seulement une partie des bandits dont Dadan, Dogra et Magra. Je tortille mes doigts dans ma dos, trépignante d'impatience. Je n'arrive pas à croire qu'Ace est entrain de provoquer celui qu'il considère comme son grand-père. Monkey , de son vrai nom, n'est pas un vieil homme lambda. Son âge avancé n'est en rien un frein pour lui. Au contraire, il lui donne l'aura la plus imposante que je connaisse. A côté de lui, les animaux n'ont plus qu'à se rhabiller. Enfin, c'est une façon de parler. Mes joues se souviennent encore de la douleur éprouvée après avoir encaissé l'un de ses « Poings de l'amour ». On ne lui a pas attribué le rang de Vice-Amiral de la Marine pour rien. Et je sais qu'il sera probablement le plus grand obstacle que j'aurai à surmonter sur les mers si par malheur ma route croisait la sienne. Et Ace qui n'hésite pas à le défier... Je souris malgré moi. Où s'arrête donc sa folie ? Ou peut-être est-ce de l'assurance ?

- Seigneur, que cherche à faire Ace ?

Je ne sais pas si Magra se pose la question à lui-même ou s'il m'interroge volontairement. Dans les deux cas, je ne peux pas m'empêcher de répondre :

- Les mots ne suffisent plus pour convaincre l'un ou l'autre. Ces deux-là doivent penser que seule la force pourra régler le problème.

Les deux adversaires ne se lâchent pas du regard. D'un côté, Garp ne se défait pas de son éternel sourire. Ses bras sont croisés sur ses pectoraux saillants et sa posture est droite, comme s'il était au « Garde à vous ». A priori, je dirai qu'il ne jauge pas Ace comme étant un adversaire à sa taille. Cependant, il a conscience que son petit-fils a certainement fait des progrès et souhaite s'en rendre compte lui-même. De l'autre côté, mon frère aîné a adopté une posture offensive, prêt à lancer l'assaut. D'ailleurs, d'un instant à l'autre il devrait...

Et un bras sort de la forêt et vient frapper violemment la mâchoire de Garp.

Je cligne des paupières. Ai-je halluciné ? Ce bras... Il est allongé et... Et tout à coup je comprends. Je comprends à qui appartient ce bras. Il n'y a qu'une personne sur cette île qui possède une telle capacité. Et avant qu'il ne sorte de la forêt, je m'écris :

- Luffy !

Et le voilà. Les bras en l'air, heureux d'avoir réussi son coup. Il vient de cogner son grand-père et pourtant je n'aperçois aucune trace d'inquiétude sur son visage. Et quel visage ! Éraflé, encore plus sale que le mien ou que celui d'Ace, mais tellement, tellement rayonnant.

- ME VOILA ! s'époumone mon jeune frangin.

- Sacré Luffy, il n'en rate pas une, souffle Ace incapable de retenir son sourire.

Et je suis fière. Je suis fière de mon frère. Car c'est la première fois qu'il parvient à maîtriser son Fruit du démon devant nous et donc à viser juste.

/

Je n'ai jamais vu autant de légumes de toute ma courte vie. Mes yeux sont des mitraillettes à question à l'intention de Magra. Questions qui resteront sans réponse, j'en ai bien peur, si je dois en juger le sourire énigmatique qu'il me lance en retour. Où diable a-t-il déniché tous ces produits ?

- Et que suis-je censée faire avec tout ça ?

- Les cuisiner pardi !

Mes yeux doivent doubler de volume. D'accord, je vois. Cela me semble être une tâche bien enfantine. Après tout, je n'en connais même pas la moitié. Moi qui pensais connaître parfaitement les produits fournis naturellement par cette île... Alors que je suis en plein suicide cérébral rien qu'en jetant un œil à la marchandise, mon ami dépose un énorme manuel sur mes jambes croisées.

- Je suis persuadé qu'il sera ton meilleur allié aujourd'hui, me glisse-t-il à l'oreille.

Je ne me fais pas prier pour le feuilleter. J'ai toujours adoré les livres, surtout ceux qui sont abîmés et vétustes. Cela atteste leur longévité. Je tourne les pages jaunies par le temps et l'humidité et constate que chacune d'entre elle illustre un produit. Je m'empresse d'aller jusqu'à la partie consacrée aux fruits et aux légumes. Il me faut une dizaine de minutes pour remarquer que tous les produits posés sur ma table basse figure dans cet ouvrage. Pendant que je lis scrupuleusement comment cuisiner chaque produit, Magra s'est affairé de son côté. Il a brandi un couteau de cuisine et coupe des morceaux de viande de toute sorte. Si je ne m'abuse, je crois qu'il y a du furet, du tigre, du crocodile et même de la volaille. Il est temps pour moi de me mettre également au travail. Je repose le manuel devant moi et saisis ce qui me paraît être une sorte de poivron.

- Tu es certain que ça lui fera plaisir ? je m'enquiers au bout de quelques minutes tout en épluchant une carotte.

- Extrêmement sûr ! Selon le Boss, il n'y a rien de meilleur au monde qu'une énorme ratatouille.

Seigneur, et quelle ratatouille ! Elle sera constituée de carottes, de céleris, de choux, d'oignons, de poireaux, d'endives, d'asperges, de navets, de fenouils, de courgettes, de poivrons, d'échalotes et de bien d'autres choses encore. J'espère qu'elle a l'estomac bien accroché pour son anniversaire.

- Et la viande, c'est pour qui ?

- Akira, as-tu déjà assisté à un repas végétarien dans cette cabane ?

Je ris. C'est vrai qu'il n'y a pas plus carnivores que les membres de la famille Dadan. Et fait si, il y a Luffy et Ace. Magra m'avait caché tout ce temps qu'il pouvait lire dans les pensées des autres, puisqu'il demande alors que je suis en plein casse-tête avec le fenouil :

- Comment va Luffy ?

Il fait probablement allusion à la raclée qu'il s'est pris la semaine dernière lors de nos retrouvailles. Garp n'a pas vraiment apprécié la coup de poing surprise que lui a infligé son petit-fils. Aujourd'hui encore mon frangin subit les conséquences de son effronterie. Au moins, cela a permis de détourner l'attention du vieil homme et d'Ace. Leur affrontement est parti dans la corbeille des oubliettes.

- Il s'en remet. C'est triste à dire mais il a connu pire.

En parlant du loup le voilà qui déboule dans mon « pays » et qui agita la queue dans tous les sens autour de moi. Lui aussi a grandi, il fait presque ma taille à présent.

- Aki, tu as bientôt fini ?

- Pas vraiment. J'en aurai probablement pour tout l'après-midi.

Visiblement, la perspective que je reste cloîtrée dans ma cabane n'enchante pas mon petit frère. Il tire la grimace et s'affale sur mon lit.

- Tu n'as qu'à aller voir Ace.

- On vient de s'affronter...

- Et ?

- J'ai encore perdu.

Bien sûr, il est blessé et il trouve tout de même le moyen d'aller se mesurer à Ace. Alors que je m'apprête à verser toutes les larmes de mon corps en découpant les oignons, je cesse tout mouvement. Il y a cinq jours, nous nous sommes entraînés tous les trois. Comme au temps d'ASLA, nous avons effectué des matchs de un contre un en inscrivant le score sur un morceau d'écorce. Cette fois, nous devions parvenir à faire chuter l'autre en s'aidant seulement d'un bras. C'est terriblement frustrant à avouer mais je n'ai pas réussi une seule fois à mettre à terre mon frère aîné. Les défaites répétées furent une horrible douche froide sur mon mental. Alors que je pensais l'avoir rattrapé, la distance nous séparant n'a fait que s'élargir. L'agitation de Luffy me ramène à ma besogne. Il saute sur ses pieds et se poste devant moi.

- J'ai une idée ! On a qu'à se laver tous les trois ensemble ce soir comme au bon vieux temps !

Je manque de peu de me hacher le doigt. Les paroles prononcées par Makino lorsque j'avais onze ans me reviennent en mémoire : « Tes frères et toi êtes en pleine croissance et vous allez peu à peu développer votre besoin d'intimité. Et c'est d'autant plus le cas puisque tu es une fille et Ace et Luffy des garçons. » (cf. chapitre vingt). A l'époque je n'avais pas bien saisi sa remarque. Mais à quatorze ans on a une toute autre vision de la vie. Je suis une fille et Ace et Luffy sont des garçons. Nos sexes nous différencient malgré tout, je ne dois pas l'oublier. Je lève les yeux vers le garçon aux cheveux noirs. Il serait capable de me poser des questions sur ces deux petites bosses qui sont apparues sur mon torse si je me retrouve nue devant lui. Je ne connais pas de situation plus gênante que celle-ci. Surtout que Luffy et Ace n'ont pas eu ce type de transformation. Lorsque Makino viendra nous rendre visite je me hâterai de la bombarder de questions sur mon corps et sur tout le sang que je perds chaque mois. Elle est la personne la plus maligne que je connaisse, je suis sûre qu'elle détient une kyrielle de réponses qui seront bénéfiques à mon cerveau qui est en ce moment complètement perdu.

- Désolée Luffy mais ça ne va plus être possible, je fais d'une voix que je souhaite douce.

- Mais pourquoi ?! s'offusque-t-il.

Pendant notre échange, Magra ne bronche pas et ne dévie pas de la tâche qu'il exécute, à savoir déplumer la volaille. Je vois bien qu'il ne veut pas se mêler des affaires qui ne concernent pas la famille Dadan. Il agit comme à son habitude. D'ailleurs, je ne lui en veux absolument pas de ne pas me venir en aide. Je dois être capable de régler ce genre de situation toute seule.

- Tu finiras pas comprendre.

/

Makino tire sur ma taille et ajoute un nouveau point de couture de ses mains habiles.

- Tu ne cesses de grandir mais tu es toujours aussi maigre ! Tâche de te nourrir convenablement.

- Je... D'accord.

C'est fou, même les reproches de Makino sont estampés de gentillesse et de mansuétude. Elle n'hésite jamais à me transmettre le fond de sa pensée mais jusqu'à aujourd'hui je n'ai jamais été vexée. Je ne vois pas ma silhouette mais je sais que je ne grossis pas beaucoup. Cela fait quelques années que Ace, Luffy et moi nous débrouillons pour vivre. Cela signifie que nous sommes les seuls maîtres de notre nourriture. Notre survie dépend en quelque sorte de notre chasse quotidienne. Il nous arrive de nous retrouver autour d'un feu pour partager de la nourriture et ce sont ces repas-là que je préfère. Cependant je suis bien obligée de souligner que je consomme moins de viande que mes frangins. Souvent, je me rabats sur les légumes et les fruits. Makino se redresse face à moi et me regarde droit dans les yeux. Puis elle me sourit et saisit l'une de mes bretelles pour la rajuster.

- Tu as remarqué ? Tu es bientôt aussi grande que moi.

Cette constatation me désarçonne un instant. Je n'avais jamais songé qu'un jour, peut-être, je dépasserai Makino en taille. Cette éventualité me laisse pantoise. Elle remarque ma stupéfaction et se met à rire joyeusement. Une fois qu'elle a fini de retoucher la robe qu'elle m'a prêtée pour l'occasion, elle se décale pour m'observer de la tête au pied. Je suis un peu gênée d'être examinée aussi rigoureusement. Pourtant je ne me souviens pas avoir été particulièrement embarrassée auparavant. Peut-être qu'inconsciemment je fais de plus en plus attention à l'image que je renvoie. Mais une chose ne change pas depuis des lustres : le miroir est toujours mon ennemi. Notons tout de même l'ironie de la situation : il est toujours accroché au dessus de la commode de ma chambre et je ne me résous pas à m'en séparer. L'examen visuel de Makino semble durer des heures puis elle finit par déclarer avec sa franchise naturelle :

- Il y a quelque chose qui me dérange et je crois que cela vient de tes cheveux.

- Mes cheveux ?

- Je vais te les attacher.

Les attacher ?! Voilà bien une chose que je ne fais jamais. Elle doit lire sur mon visage crispé que je ne suis pas convaincue par son dessein.

- Ne fais pas cette tête, ça te changera tu verras.

- Tu crois ?

- Oui.

Encore cette histoire de changement ? Loin de calmer mes doutes, Makino ne fait que les accentuer. Je suis de plus en plus sceptique, surtout quand il s'agit de me « changer » d'une façon ou d'une autre. Elle me fait signe de me retourner et j'obtempère malgré tout. Il est difficile de lui refuser quelque chose avec un tel sourire... Elle saisit la masse qui me sert de chevelure et les dégage vers l'arrière. Alors qu'elle démêle rapidement mes cheveux – car elle l'a déjà fait il y a une demi-heure, elle chuchote :

- Tes cheveux ont la même couleur que ceux de Shanks mais ils n'ont pas la même consistance, ni le même relief.

Ce n'est pas la première fois que Makino évoque Shanks Le Roux. Il s'agit d'un pirate renommé, Capitaine de l'Équipage du Roux. C'est Luffy qui m'a le plus parlé de lui. Aux yeux de ce dernier, Shanks est un modèle et un pirate respectable. Il est celui qui a donné un rêve à mon petit frère. Rien que pour cela, il est, pour moi, un homme honorable. J'aimerais un jour le rencontrer juste pour me faire une image de lui. Luffy a souvent souligné que j'avais les mêmes cheveux que lui. Toutefois, il est certain que lui et moi n'avons aucun lien de parenté. Mes cheveux cramoisis sont le fruit de la fusion des teintes de mes parents. Je ne suis pas bête : si on ajoute du rose incarnadin à un brun caramel on obtient une nuance de rouge. Soudain quelque chose me frappe. A chaque fois que Makino évoque Shanks, sa voix se fait encore plus caressante que d'ordinaire. Sans réfléchir, je demande :

- Dis-moi Makino, Shanks est quelqu'un de particulier pour toi, n'est-ce pas ?

Je la sens ralentir imperceptiblement puis reprendre comme si de rien n'était.

- Qu'est-ce qui te fait penser ça ?

Bonne question.

- Euh... Je ne sais pas, peut-être mon intuition.

Je ne vais tout de même pas lui sortir que lorsqu'elle évoque Shanks sa voix se fait extrêmement douce ! Mais Makino ne s'esquive pas. Elle lâche ma chevelure qu'elle semble avoir fini de nouer et me tourne vers elle. Dans ses prunelles noires, je décèle une lueur que je n'avais jamais vu. J'ai le sentiment que... qu'elle va se confier.

- Shanks a beau être un homme extrêmement naturel, il n'en reste pas moins un Empereur pirate. De mon côté, je ne suis que la tenancière du Party's Bar dans lequel il est venu faire la fête. Il navigue sur les mers alors que je ne suis jamais montée sur un bateau. Nos modes de vie sont trop dissemblables, il ne pourra jamais rien y avoir de sérieux entre nous.

Je regrette de plus en plus de lui avoir posé cette question. Voyant mon visage désolé, Makino le redresse et me sourit tendrement.

- Détrompe-toi Akira, je ne me morfonds pas dans cette situation. Bien au contraire ! Je suis heureuse que l'homme que j'aime poursuive son rêve.

Elle soupire et rejette l'une de mes mèches qui me retombe sur les yeux.

- Enfin bon, arrêtons de parler de moi. C'est ta journée, et non la mienne. Et il est temps que tu découvres le résultat.

Elle me pousse devant ce que je considère comme l'antagoniste numéro un de ma cabane, à savoir le miroir. Avec ses mains elle me cache les yeux pour, je cite, « renforcer ma surprise ». Bien évidemment, cela me met profondément mal à l'aise. Je n'aime pas quand l'attention est tournée vers moi. Heureusement que nous sommes seules dans cette pièce. Il ne manquerait plus que Luffy déboule pour une raison X ou Y. Par chance, cela n'arrivera pas aujourd'hui. Le pauvre s'est fait traîner de force par son grand-père pour une séance, je cite encore, de « remise à niveau du cerveau ». Cela m'a l'air super chouette... Quant à Ace, il est parti vagabonder je-ne-sais-où depuis l'aube. Il n'a pas perdu sa vieille habitude de disparaître des journées entières. On s'y est fait à la longue. Je sens les mains de Makino quitter mon visage.

- Ouvre les yeux à présent, jeune fille.

J'obéis sans m'attendre une seule seconde au choc monumental qui n'attendait qu'une chose : s'emparer de mon cœur. La première pensée qui me vient à l'esprit est « Ce n'est pas moi. ». Le sentiment d'être face à une inconnue s'estompe quelque peu lorsque mes yeux rencontrent ceux de mon reflet. Il n'existe pas dix mille personnes qui possèdent un aussi grand contraste entre la couleur de ses cheveux et de ses yeux. Ma bouche remue toute seule mais aucun son ne sort.

- Makino, c'est...

- C'est ma robe préférée, me coupe-t-elle enjouée. Après avoir effectué quelques retouches j'étais sûre qu'elle t'irait comme un gant.

Je porte une robe bleu saphir en coton et sans manche qui m'arrive aux genoux. Elle est cintrée au niveau de la taille est beaucoup plus ample en bas. De la dentelle blanche recouvre les bretelles sur mes épaules ainsi que le pan de l'habit. La teinte criarde du tissu fait ressortir celle de mes prunelles. Mes cheveux sont attachés en une queue de cheval haute. Quelques mèches me caressent la nuque. Cela fait une éternité que je ne m'étais pas sentie aussi nue au niveau de mes omoplates. Aux pieds, je chausse des sandales couleur olive également offertes par Makino. Je ne me souvenais plus quelle sensation cela faisait de porter des souliers. De plus, la semaine dernière la gérante du Party's Bar a appliqué une pommade sur mes blessures pour qu'elles puissent cicatriser plus rapidement. Ainsi, je n'exhibe plus aucune blessure hormis ma cicatrice dans le dos qui est tout de même cachée par la robe. Je ne me reconnais absolument pas. Et pourtant cette fille dans le miroir, c'est bien moi.

- C'est mon cadeau, me souffle-t-elle à l'oreille. Je compte sur toi pour en prendre soin.

Les larmes me montent instinctivement aux yeux sous la pression de l'émotion. Nous sommes le quatorze février. Et c'est mon quinzième anniversaire.

/

Fushia, alias le village du Moulin à vent.

Makino et moi marchons actuellement dans ce qui me paraît être la rue commerciale. Il fait très chaud, pas un seul cumulus n'entache le ciel. De ce fait les détaillants n'ont pas hésité à installer leurs stands de marchandise en plein air. Les arômes des produits exposés se mélangent et parviennent jusqu'à mes narines. A ma droite je peux apercevoir un vendeur qui fait dorés ses poulets. A ma gauche, une quantité astronomique de poissons en tous genres est disposée de façon à appâter le client. Toute cette nourriture à porter de main me donne l'eau à la bouche. Nous sommes en début d'après-midi et pourtant les marchands n'ont rien perdu de leur ardeur au travail. Leurs grosses voix se mêlent et il est ainsi compliqué d'isoler une phrase entière pour la comprendre. Pourtant tous ces marchands ne me semblent pas être réellement en concurrence. Certains d'entre eux se saluent ou s'adressent de légers signes de tête.

- Regarde ces deux personnes là, me glisse Makino en désignant le stand de maquereaux. Ce sont Gyoru et Chiken, de vieux amis à moi. Après la fermeture de sa boutique, Gyoru vient toujours décompresser au Party's Bar. Quant à sa femme, je la croise très souvent lorsque je viens faire mes courses ici.

Makino s'absente quelques minutes pour aller discuter avec les poissonniers. Depuis que nous sommes arrivées à Fushia beaucoup d'habitants l'ont interpellée. Sa popularité ne m'étonne pas. J'imagine que son bistrot est LE lieu de rencontres du village. Je souris. Je suis vraiment contente que Makino ait accepté de me faire visiter le lieu de naissance de mon petit frère. Je me sens beaucoup plus apaisée que lorsque j'ai découvert le centre-ville en compagnie d'Ace, Sabo et Luffy. Ici, les gens sont bruyants, vulgaires, mais tellement naturels et joyeux. La pourriture des nobles ne s'est pas propagée ici. Et ça me rassure. Ça me rassure que Luffy ait vécu sept ans de sa vie dans ce village qui n'est pas corrompu par les rangs sociaux. Les bâtiments sont simples, arborant la plupart du temps des couleurs pastels. Les commerces sont diversifiés mais au final peu nombreux. Tout est mis en œuvre pour qu'on se sente à l'aise ici. Makino revient vers moi avec ce qui me semble être des truites dans son panier.

- Où va-t-on à présent ?

- Suis-moi, me répond-elle en m'entraînant avec elle, l'air enjoué et impatient à la fois.

Au bout d'une minute ou deux de marche, nous arrivons à un croisement. Une route perpendiculaire à celle que nous empruntons présentement a fait son apparition. D'ici nous pouvons entendre de la musique s'en échapper. La rue est très animée, presque festive. A la seconde où elle est apparue sous mes yeux, j'ai eu envie de pénétrer cette ambiance attrayante. D'en faire partie intégrante. Makino a dû lire cette conclusion dans mes prunelles car son sourire s'est élargi.

- Je suis contente que cela te plaise avant que je te laisse seule.

Je la regarde, interloquée.

- Comment ça ? Qu'est-ce qui se passe dans cette rue ?

- Ça, je ne vais pas te le dire jeune fille, rétorque-t-elle malicieusement. Tu le découvriras par toi-même. Il est hors de question que je te gâche la surprise, surtout le jour de ton anniversaire ! Maintenant va t'amuser ma grande !


Le petit commentaire de l'auteure : On ne retrouve aucune véritable action dans ce chapitre et pourtant il s'en passe des choses ! Après l'année d'entraînement en solitaire, notre fratrie se rassemble au Mont Corbo. Akira retrouve en premier Ace. Je me souviens que lorsque j'ai écrit ce chapitre j'ai eu comme un déclic. Même si nos trois compères grandissaient, je les imaginais toujours plus ou moins petits (la faute à l'habitude je présume). Avec ce chapitre je suis parvenue à les concevoir adolescents dans mon esprit. Ça m'a fait tout drôle n'empêche. C'est pour cela que j'ai consacré un passage entier sur les changements du corps. Ensuite, nous retrouvons Akira en compagnie de Magra. Ces deux-là sont très complices, c'est ce que je voulais mettre en exergue. Pour finir, Makino habit Akira pour son quinzième anniversaire. Direction Fushia, la ville natale de Luffy. Que va-t-il arriver à la jeune fille ? Plein de choses ! Mais pour savoir ce qui va se passer, il vous faudra attendre le prochain chapitre niark niark !

Ciaossu !