Bien le bonjour !

Voici sans tarder la réponse aux lecteurs :

Larien Faelivrin - Ahah on peut dire que ton commentaire m'a fait sourire ! Quel enthousiasme ! Voici donc la suite, pour la survie de l'humanité ;) !

Vous vous souvenez des portraits des membres des Crimson Pirates ? Très bien, alors voici celui de Kenban, il... Attendez, comment ça "Non" ?! Arf si Akira et Amerika vous entendent ils vont être vexés ! Voici un petit rappel hihi :

Portrait d'Akira : chapitre 30
Portrait d'Amerika : chapitre 31

Portrait de Kenban Mujo :

Âge et date de naissance : Dix-huit ans, il est né le deux septembre.
Poste : Musicien
Couleur préférée : le jaune
Animal préféré : le renard
Plat préféré : le kebab
Boisson préférée : le vin blanc
Fleur préférée : la marguerite
Thème musical : Marianas Trench - Desperate Measures
Explication du choix de musique : Oh la, je connais cette musique depuis tellement longtemps ! A mes yeux c'est typiquement le genre de musique qui me met de bonne humeur, à l'instar de Kenban dans l'équipage. De plus, certaines phrases sont complètement déstructurées ce qui renvoie à la répartie farfelue du musicien. Quand j'écoute "Desperate Measures", je parviens parfaitement à visualiser Kenban, sa silhouette élancé et maigrichonne et son look punk.

Citation du chapitre : Il n'y a pas d'endroit où l'on peut respirer plus librement que sur le pont d'un navire (Elsa Triolet)

On se retrouve à la fin du chapitre pour des explications sur ce dernier !
Bonne lecture !


Chapitre trente-cinq

Il n'y a pas d'endroit où l'on peut respirer plus librement que sur le pont d'un navire

/

- J'ai lu des livres des témoignages d'aventuriers. A ce qu'il paraît, le bateau reflète l'âme de son Capitaine. Tu y crois, Akira ?

- Si c'est le cas, le tien te portera jusqu'au bout du monde.

/

Bloup, bloup, bloup.

Je ne savais pas que se noyer serait aussi désagréable.

La pression m'alourdit d'une tonne et demie. Mon larynx est obstrué, ma trachée est assaillie par des particules salées, mes poumons se vident de l'air que j'ai pu emmagasiner. Je n'aurais jamais envisagé non plus que l'océan serait aussi douloureux. Ce que j'étais naïve. Il est fascinant, il est le symbole de la liberté au même titre que celui de la piraterie, mais il ne fait pas de cadeau. A personne.

Bloup, bloup, bloup.

A ce moment précis, je voudrais tellement tellement tellement savoir nager. Battre des bras comme les dauphins savent si bien le faire. Avoir des nageoires et des branchies. Faire des pirouettes à n'en plus finir. Et surtout ne plus avoir les yeux fermés. Pouvoir observer les mille et unes merveilles des fonds marins. Je ferais n'importe quoi pour avoir ce privilège.

Bloup, bloup, bloup.

Manque critique d'oxygène. Je ne suis pas douée en apnée, je n'ai jamais pu m'entraîner. Ma conscience se fait la mal, je ne parviens plus à lutter. J'essaye de focaliser mes pensées sur des noms et des termes précis. Piocher dans mon carnet de mots. Ne pas avoir de regret. C'est ce qu'on a toujours souhaité, n'est-ce pas Ace ? N'est-ce pas Luffy ?

Île de Dawn Mont Corbo découverte. Magra Dadan Dogra bandits. Makino tendresse. Garp robuste. Fushia Ranbu Odori danse. Bibidia Nenibe Mirandrana, Kambana Roa Kambana Iray Tanora sagesse. Amerika ami. Kenban Nanaly, musique. Ace Luffy Sabo, fratrie. ASLA.

Sabo mort.

Bloup, bloup, bloup.

Ne pas avoir de regret... mais bon sang j'en ai des tas !

Je ne suis encore qu'un nouveau-né. Un bébé. Mon aventure ne fait que débuter. J'ai encore tellement de choses à apprendre, à apporter, à réaliser.

Ace. Luffy. Ace. Luffy. Ace. Luffy.

Je ne veux pas mourir ici...

/

...illé...Mo...é...Mou...illé...Mouillé. Tout est mouillé. Je suis... liquide. C'est doux...A la fois limpide et compact. Bien plus épais que le vent. Mouillé, trempé, inondé. Et puis ça quitte ma peau. Toutefois persistent encore des aiguilles humides qui me maltraitent. Et toute cette eau. A l'intérieur de moi. Un vrai bassin. On pourrait prendre son bain dans mon corps. Je suis certaine qu'il y a de la place pour des dizaines de personnes.

A.I.R.

Ça souffle et ravage tout sur son passage. Tempête. L'eau se rassemble, et monte encore et encore. C'est amusant, on dirait le magma d'un volcan. Puis redescend.

A.I.R.

Dégât des eaux. Le liquide hurle « Vite, abandonnons le navire ! » « Qui mène l'assaut, mon Capitaine ? » « C'est l'air ! ».

Débouchement des poumons. Fontaine liquide qui est contrainte d'abréger ses vacances. Expulsion.

Je tousse, crache et m'étrangle en même temps. Problème majeur : je ne parviens pas à respirer. Il faut que je me redresse. Je tente de le faire mais on me maintient fermement au sol. On me fait rouler sur le flanc et une rivière se déverse de ma bouche et de mon nez. Je presse mes narines. Elles sont en feu tout comme ma gorge. Irritées par le sel. Mes mains sondent le sol à la recherche de texture. Je crois reconnaître du bois. Je me retourne dans ma position initiale, c'est-à-dire sur le dos, et m'évertue à inspirer de l'air profondément comme Amerika me l'a enseigné.

Amerika.

Amerika. Kenban. Nanaly. Mes compagnons.

J'ouvre les yeux, reconnais un semblant de silhouette humaine et lui saisis brutalement le bras.

- M...com...gnons...

Ma gorge calcinée m'empêche de m'exprimer convenablement. Je tousse pour chasser les grains marins. Une forme familière se penche sur moi et soulève ma tête.

- Ne parle pas, pour l'heure contente-toi de reprendre ton souffle.

Reneg Ade. Alors... Je serais sur Timber Town ? Tempête de pluie. Je sens mon sac dans mon dos, le tuyau ASLA dans ma main droite. Une voix au loin s'écrie :

- Chef, le bouche à bouche semble concluant ici également. Rik est en train de reprendre connaissance.

Cette nouvelle retire l'un des poids de mon cœur. Néanmoins il m'en reste deux à extraire. Je tousse de nouveau et murmure :

- Ke...ban... Nan...ly ?

- Pas besoin de réveiller ces deux-là puisqu'ils l'étaient déjà en arrivant sur l'île. Un peu de repos et ces grands gaillards seront de nouveau sur pieds.

Mes traits interloqués lui mettent la puce à l'oreille.

- Ce sont ces deux-là qui ont nagé en vous portant jusqu'à la rive. Vous étiez loin d'ici ?

Je tourne la tête sur le côté et aperçois les jumeaux étendus sur le sol, à la limite de l'inconscience. Le blond est tout près de moi. Je ne réponds pas, totalement absorbée par mes souvenirs récents. Oh oui nous étions loin. Nous ne voyions presque plus les péninsules jumelées depuis notre position. Navire. Guniraka Hansha. Kenban qui nous conseille de porter nos sacs. Il a vu ce qui allait se passer. Attaque invraisemblable du Lieutenant. Bateau qui se brise. Nous coulons et nous nous noyons. Mais c'était sans compter sur les deux musiciens, les deux seuls capables de nager. Ils auraient pu nous abandonner, après tout nous nous connaissons à peine. Ils auraient pu prendre deux de leurs instruments et nous laisser mourir. J'aurais compris, j'aurais trouvé cela logique. Mais non. Non, ils n'ont pas fait ça. Ils ont nagé tous ces kilomètres avec comme charge supplémentaire nos corps. Eux qui ne sont pas du tout sportifs. Je tends mon bras endolori par ma blessure à l'épaule et saisis délicatement la main truffée de bagues de Kenban.

Et je serre chacune de ses phalanges dans une caresse chargée en émotions.

Cela signifie « merci ».

Je sens ses doigts me répondre mollement et perçois à quel point il est éreinté.

Cela signifie « de rien ».

/

Je sens la pointe aiguisée rentrer dans ma peau à coups de petites piqûres ininterrompues.

- Tu n'as pas mal ? me demande le navigateur.

- Non, ce n'est pas très douloureux.

Je me confie à ce rythme régulier pour qu'il me berce. Je suis allongée sur la table de notre chambre, le dos tourné vers le plafond. Mes hanches vibrent, je sens le sacrum de mon bassin se plaindre de cette maltraitance inattendue. Pause. Je tourne la tête légèrement pour voir ce que fait Amerika. A l'aide d'un couteau, il polit de nouveau l'os de poisson pour que le bout soit affûté. Il trempe ce dernier dans de l'encre, se penche sur mon dos et frappe son outil avec un bâton. Morsure. Je ris et je repose mon visage entre mes bras.

- Eh ben ! On peut dire que tu as l'humeur qui frise le soleil ! Si tu me dis que tu apprécies ce traitement je vais t'appeler Capitaine Maso.

- J'étais simplement en train d'imaginer les médecins débouler dans la pièce. Ils viennent à peine d'enlever tous mes points de suture après neuf jours de traitement. Mon épaule est presque guérie mais cela n'empêche pas ma peau d'être encore fragile. Je ne pense pas qu'ils apprécieraient que tu ruines leurs efforts.

- Je leur dirai que c'est l'une de tes idées farfelues avant qu'ils ne m'égorgent avec leurs scalpels.

Je ris comme une folle et sens davantage la pointe transpercer ma peau. Aïe. Bon, je crois que je ferais mieux de me taire. Je me cale plus confortablement et me fais entraîner par les événements de ces neufs derniers jours. Depuis le jour où Kenban et Nanaly nous ont sauvés de la noyade, Amerika et moi logeons dans cet hôtel éloigné de la mer. Au début je n'ai pas réellement compris pourquoi les habitants insistaient pour nous tenir éloigner de l'océan. Ils parlaient de « surprise » mais se gardaient bien de nous en révéler plus. Les médecins m'ont intimé un « repos absolu » étant donné que des points de suture avaient sauté. L'un d'entre eux restait en permanence dans la chambre pour me surveiller et des habitants encerclaient carrément l'hôtel. Aucune fuite possible, bonjour l'intimité. J'étais assignée à résidence jusqu'à la fin de mon traitement. Je passais mes journées à tourner en rond dans la pièce, tel un fauve en cage. En parlant de fauve, Amerika me tenait compagnie uniquement durant la soirée. Reneg Ade m'a un jour expliqué qu'il s'éclipsait toute la journée pour rejoindre les charpentiers et les ingénieurs en construction navale au port. Il les aidait à bâtir...

- Un navire ?! je me suis écriée lorsque l'ancien chef des révoltés m'a divulgué l'information.

- Tu ne t'en doutais pas ? s'est moqué Reneg Ade en passant sa main sur son crâne chauve. Cette volonté de t'éloigner de la mer, cette fameuse « surprise »... Rien ne t'a mis la puce à l'oreille ?

- Si, un peu. C'est juste que je n'osais rien espérer.

Je ne vous dis pas dans quel état de fébrilité j'étais suite à cette nouvelle. Le médecin qui s'occupait de moi ce jour là a dû appeler du renfort. Au final cela s'est avéré inutile. En effet, je me suis rapidement calmée. Si je sortais j'allais gâcher cette « surprise ». Je ne voulais décevoir personne.

J'ai exploité ma sérénité retrouvée pour faire le point sur Guniraka Hansha. La véritable Guniraka Hansha. Cette femme mystérieuse avec laquelle j'ai discuté près d'une demi-journée... Jamais je n'aurais envisagé qu'il s'agissait du fameux Lieutenant qui a siégé sur cette double-île pendant une année. Elle est à la tête de cette Marine corrompue. Quoique, d'après les paroles qu'elle a prononcées, elle ne les portait pas trop dans son cœur. Quoi qu'il en soit, elle a semé énormément de souffrance ici. Et même en réalisant ceci, je n'ai pas pu agir. Ma fatigue n'était pas une excuse. Je me suis révoltée verbalement mais je fus incapable de protéger mon équipage et mon bateau. Sans la générosité de Kenban et Nanaly, Amerika et moi serions morts à l'heure qu'il est. A l'avenir, je vais parfois devoir exclure mes sentiments pour atteindre mon but.

Quant aux jumeaux, ils partagent une chambre en dessous de la nôtre. Kenban venait parfois me rendre visite dans la journée. Nous avons longuement parlé. De mon rêve. Il ne s'est pas moqué. De celui d'Amerika. Il a trouvé que ça lui correspondait bien. De celui des jumeaux, c'est-à-dire de jouer leurs musiques dans le monde entier. En l'écoutant, j'ai pris pleinement conscience de la signification des termes « vivre pour l'autre ». Kenban pour porter la voix de Nanaly. Nanaly pour transmettre les chansons de Kenban. Parfois je voyais à quel point il était abattu derrière ses sourires éclatants. Après tout il avait perdu tous ses instruments lors de l'attaque du Lieutenant Guniraka. Un jour, alors qu'il utilisait plus d'astuces que d'ordinaire pour camoufler sa tristesse, je l'ai interrompu pour m'excuser.

- De quoi souhaites-tu être pardonnée ma douce ?

- Je suis désolée pour ce qui est arrivé au bateau... Sans cela, tous tes instruments seraient intacts.

Il a eu un petit sourire puis m'a affirmé qu'il ne apitoyait pas sur son sort. En revanche, il était préoccupé par le comportement de sa sœur. Pour tout le monde, elle était comme d'habitude : froide et distante. Seulement, lui voyait bien à quel point elle était affligée par la perte des biens de son frère. Ils ont utilisé toutes leurs économies pour se procurer une guitare de qualité. Avec, Kenban a enchaîné concert après concert chaque soir pour pouvoir acheter d'autres instruments prochainement. La voix du navigateur me ramène au moment présent :

- Voilà, j'ai terminé ! Ne bouge pas je vais désinfecter.

Je laisse mon regard se perdre dans le bout de ciel que j'aperçois par la fenêtre. Il pleut. Je pense à toutes ces personnes qui s'appliquent à construire un navire pour notre équipage par ce temps. Et alors qu'une partie de Timber Town est encore ravagée. Reneg Ade m'a affirmé que les meilleurs charpentiers de l'île se sont attelés à la tâche. La plupart sont des descendants des architectes de Timber Town. Je ne pouvais pas espérer mieux. D'après ses estimations, ils devraient avoir fini demain après-midi. Il faudra que je trouve un nom à ce bateau et ce avant même de reprendre la mer. Ce sera pour honorer les efforts des menuisiers. De plus, je suspecte Amerika d'avoir prêté main forte pour accrocher les voiles. Après tout c'est lui qui m'a certifié qu'il ne connaissait pas grand chose sur la carcasse d'une embarcation. Il a déjà dû installer la girouette et l'anémomètre pour répertorier les futurs vents qui gonfleront nos voiles. Je hume l'air. Qu'est-ce que c'est que cette odeur nauséabonde ?

- Je rêve ou ça sent l'ail ?

- Excellente réponse Capitaine. Tu gagnes le droit de te lever de cette table.

Je bondis sur mes pieds.

- Qu'est-ce qui t'a pris nom d'un chien ?! Tu souhaites que j'empeste jusqu'à l'autre bout de la péninsule ou quoi ?

- Tu sauras que l'ail est le meilleur...

- ...désinfectant qui soit, je le sais, je te rappelle que j'ai soigné bon nombre de blessures non mortelles par le passé. Mais tu aurais pu utiliser du miel d'abeille, du thym ou de la lavande !

Il croise les bras sur son torse et me regarde de toute sa hauteur, un sourcil relevé. Je m'attends au pire. Ça, c'est la position « je vais te remballer dans la seconde ma cocotte » de Monsieur Yamaneko.

- Et moi je te signale que je ne suis pas une poule pondeuse et que je ne peux pas déféquer de tous ces ingrédients sur demande.

Je devrais être vexée qu'il me parle sur ce ton, énervée d'exhaler des relents immondes pour les jours à venir. Au lieu de quoi j'explose si fort de rire que je dois m'accouder à la table, la tête contre sa surface, pour ne pas m'écrouler. Je meurs rien qu'en imaginant Amerika avec une crête de poule ou de coq et des plumes. Le navigateur se prête au jeu, saute sur la table et fait semblant de regarder l'horizon.

- Je suis l'aventurier Rik Yamanecoq, celui qui n'a peur d'aucune mouette, et certainement pas de Gaviota. Prenez garde à mes coups de bec dévastateurs !

- Arrête... Arrête ! Je ne peux plus – ah ah ah - respirer !

Il nous faut une dizaine de minutes pour nous remettre de notre hilarité. En m'approchant du miroir j'en ai encore mal à la mâchoire. J'essuie, pour mieux me voir, les larmes de joie qui se sont déversées de mes yeux par centaines. Je porte la tenue choisie par Nanaly, celle que j'appelle à présent « tenue de pirate ». Ainsi, avec ma chemise relevée grâce à une épingle, je peux aisément observer mon ventre. Le natif de Bibidia apporte un petit miroir et le place dans mon dos. Je vois alors

Un tatouage. Trois lettres. Un A sur la gauche de mon bassin, un S au centre, et un L sur la droite.

ASL. ASLA sans moi, en somme. Le tatouage d'Ace m'a inspirée.

Mes liens du cœur.

/

Rouge.

Tout est rouge. Cette couleur qui prédomine dans ma vie. La figure de proue, la carcasse, les deux mâts, les deux cabines, le bastingage et même la barre à roue que je crois apercevoir. Je suis bouche bée, muette comme une carpe alors que c'est l'effervescence autour de moi. Kenban est également silencieux, ses yeux azur admirent avec ostentation le magnifique navire qui s'offre à nous. Ou plutôt que les habitants nous offrent en remerciement pour les avoir aidés. Nanaly est également attentive même si elle ne laisse rien transparaître. Reneg Ade fait une petite révérence cocasse histoire de me détendre un peu et me présente notre futur bâtiment :

- Après vous, chère Capitaine des Crimson Pirates.

Kenban agrippe mon épaule et me secoue comme un prunier.

- Vise-moi la figure de proue comme elle déglingue sa mère !

J'imagine qu'il veut dire par là qu'elle est sublime. Je vais finir par être la traductrice de tout l'équipage à ce rythme. Cela dit, je dois reconnaître que la figure de proue va de paire avec notre Jolly Roger. J'imagine qu'Amerika a glissé quelques conseils lors de sa fabrication. Ainsi on peut distinguer six mèches en bois qui ondulent et qui suivent le flanc du bateau jusqu'à la moitié de la coque. Il y en a trois de chaque côté. A s'y méprendre, on dirait des cheveux rigides et géants. Et ces mèches cramoisi, qu'on retrouve également sur le drapeau, s'élancent à l'image des mains que je tends aux personnes démunies. Voilà leur signification. Je ne sais pas quel artisan est à l'origine d'une telle prouesse mais c'est épatant. Tout à coup, une corde est jetée depuis le pont du navire. Une invitation, il n'en faut pas plus pour que je me hâte de monter. Kenban, Nanaly et moi grimpons à tour de rôle.

Pont – Niveau 0

Amerika est seul à bord et nous distribue un sourire de connivence. Il a enfilé sa tenue fétiche de Bibidia qui lui va si bien. Seule différence : il porte à présent en permanence un bocal de terre accroché au foulard entourant sa hanche. Cela lui permet d'utiliser son Fruit du démon n'importe où, même sur un bateau. Comme je le songeais, le pont est également de la même teinte que le reste. Je m'accroupis et tâte les planches du sol.

- C'est de l'acajou.

J'ai déjà manipulé ce bois pour confectionner quelques meubles dans mon « pays » au Mont Corbo. Je me redresse et observe les alentours. Le pont extérieur occupe la place centrale du navire. Je note qu'il y a quelques grappins accrochés au garde-fou ainsi qu'une ancre reliée à une corde massive. Des écoutilles sont intégrées au sol pour pouvoir accéder au niveau inférieur. De part et d'autre du pont nous retrouvons une cabine. Celle se situant à l'arrière est entourée de petits escaliers qui mènent à la dunette. Je constate également que le bateau possède deux mâts. Le plus grand est planté au milieu du pont et est muni d'une vigie. L'autre plus petit se situe à l'arrière, sur la dunette. Je m'approche de ce que je juge être le mât principal, l'effleure des doigts et annonce à l'intention d'Amerika :

- Avec deux mâts il y aura plus de voiles à gérer.

- J'en fais mon affaire. Je vais nous porter où tu voudras.

- Je sens que ce nouveau challenge te réjouit d'avance. Dis-moi, c'est bien le grand-mât celui-ci ?

- C'est tout à fait ça. L'autre à l'arrière est ce qu'on appelle le mât d'artimon. Il a également son importance et des voiles différentes, je te montrerai. Au fait, je ne sais pas si tu as remarqué mais ce bateau ne possède pas le même gouvernail que celui de l'ancien rafiot.

Le musicien monte deux par deux les escaliers et saisit la barre à roue.

- Si vous avez envie d'un bon gros naufrage, vous pouvez compter sur mes talents de navigateur !

Nous rions tous de bon cœur – exceptée Nanaly qui se dirige vers la cabine à l'avant du vaisseau. Elle ouvre la porte et nous lui emboîtons le pas. On y retrouve sur notre gauche une cuisine intégrée ainsi qu'un petit bar. Des tabourets en forme de mini-tonneaux sont disposés devant. Les pommes empilées dans un panier me font envie. Au centre trône une table qui peut accueillir de nombreuses personnes. Nous ne sommes que quatre mais il faut croire qu'ils ont vu grand. Cette attention me fait chaud au cœur. Qui sait si d'autres membres vont nous rejoindre à l'avenir ? Pour l'heure, il faut déjà que je convainque les jumeaux de rester dans notre équipage.

- Je vous préviens, je suis également une bille en cuisine, déclare Kenban en croisant ses bras derrière sa tête. Et je vous parle même pas du niveau catastrophique de ma tendre sœur. Toi Rik, t'as une tronche à savoir tout faire.

- Pas de problème, je vous ferai de bonnes libellules grillées demain pour le déjeuner.

Nanaly écarquille ses prunelles et le dévisage comme si mon compagnon était l'homme le plus répugnant du monde. Quant à Kenban il rit aux éclats, probablement persuadé que le navigateur nous fait marcher. Évitons de leur dire tout de suite qu'il est sérieux et de provoquer une esclandre...

Nous revenons sur nos pas et entrons dans la cabine à l'arrière du pont. Tout comme pour la cuisine, je comprends aussitôt de quoi il s'agit. D'ailleurs, sa position sur le navire ne tolère aucune réserve. Il s'agit de la cabine du Capitaine. Par conséquent la mienne. Pour le coup je suis à la fois enchantée et embarrassée d'avoir autant d'espace. Une frappe dans mon dos administrée par les grandes mains d'Amerika pulvérise ma gène.

- Je suis sûr que mon ventre en guise d'oreiller va te manquer. Les ingénieurs en construction navale étaient prêts à te construite un lit immense mais je leur ai signalé que tu préférerais dormir dans un hamac.

- Alors ça c'est une attention des plus charmantes, ironise l'instrumentiste.

Et pourtant ça me fait vraiment plaisir. Les choses trop clinquantes ne me font pas vraiment saliver. Je remercie l'aventurier de Bibidia d'un clin d'œil complice et arpente lentement la pièce. Je caresse la surface lisse du bureau où sont disposés une plume et un petit flacon d'encre. Le dossier de la chaise paraît très confortable. Au fond, nous retrouvons plusieurs étagères vides. Il ne tient qu'à moi de les remplir au fur et à mesure de nos aventures. Tiens, il y a tout de même un ouvrage dans la bibliothèque. Je le saisis et lis sur sa couverture sépia « Carnet de bord ». Ça tombe à pic, il m'en fallait un car je ne pouvais pas éternellement compter les jours qui passent sur mon cahier de mots. Ce dernier est presque rempli. A droite il y a le fameux hamac qui est déjà déplié. Il est accroché à une poutre au plafond est au mât d'artimon qui est pile au centre de la pièce.

- Oh !

Une porte, juste à côté du hamac.

- C'est ta salle de bains, explique Amerika.

Je l'ouvre en douceur comme si j'avais peur de tout démolir. Les salles de bains et moi, ça fait deux (cf. chapitre huit). Encore une fois, tout est en bois sauf le miroir qui domine un petit lavabo. Il y a également un W.C. Je pousse un cri hystérique lorsque j'aperçois un baquet. Comme dans mon enfance. Quoique, celui-ci est un peu plus sophistiqué. En effet, il est pourvu d'un petit robinet raccordé à un chauffe-eau. Je glisse au navigateur :

- Tu sais, je n'ai jamais pris de bain véritablement chaud.

- Moi non plus.

- Non mais vous sortez de la jungle ou quoi ?! s'esclaffe gaiement Kenban.

Il ne croit pas si bien dire. Le natif de Bibidia nous indique que le bateau possède deux niveaux inférieurs. Je sautille partout comme une folle furieuse. Ce navire est immense, je peine à croire qu'il soit bien réel.

- La prochaine pièce va te faire plaisir Nanaly, lance Amerika.

La concernée paraît un peu déconcertée par sa familiarité. Pour recouvrer son stoïcisme, elle répond d'un ton polaire :

- Tu me sembles bien sûr de toi.

Amerika sourit. Oh oui, il est sûr de lui. A l'insu de la chanteuse, il donne un coup de coude à Kenban. Que mijotent ces deux-là ? Nous suivons notre guide jusqu'au pont extérieur. De là il ouvre une trappe et laisse passer la belle blonde.

Pont inférieur - Niveau -1

Et je comprends alors ce que voulait dire l'homme au bandeau truffé de perles.

- Surprise ! s'écrit le blond.

Un piano. Et cette fois c'est un authentique, pas comme le miniature dont se servait Kenban avant. Le reste parait inexistant face à cet instrument majestueux. Toute sa structure est d'un blanc pur. Je me tourne vers les jumeaux car, de toute évidence, cette salle de musique a été conçue pour eux. Et alors je fais face à un contraste saisissant.

Le visage de Kenban n'a pas changé d'un iota depuis que nous visitons le navire. Il est l'enjouement constant.

En revanche, celui de Nanaly s'est transformé lorsqu'elle a posé ses prunelles sur l'instrument. Elle est l'émotion fugace.

La blonde échange un regard avec son frère. Y regorgent une foule de mots. Je crois y lire entre autres le même message que j'ai adressé au musicien quelques jours auparavant. « Merci ». Je suppose que Kenban a utilisé les économies qu'il a amassées ces derniers temps pour pouvoir se permettre cet achat. Amerika et moi choisissons de les laisser un peu seuls pour savourer l'acquisition d'un instrument qu'ils n'ont jamais possédé. Nous ouvrons la porte et nous nous retrouvons dans une chambre spacieuse. Il y a des hamacs repliés dans un coin, une ample armoire, une table-basse et même un canapé. Une fois n'est pas coutume, je parcours la salle. Le navigateur m'explique plusieurs choses. Il s'agit de la chambre des garçons. Les hamacs sont beaucoup plus pratiques qu'il n'y paraît. Pour sûr, ils évitent de tomber et de se casser un membre en cas de secousse ou de se faire attaquer par des rongeurs. De même, ils ne prennent quasiment aucune place. Je coule un regard de plus en plus étonné vers mon compagnon :

- C'est un palais que nous avons là, ce n'est plus un bateau !

- Dis-toi qu'il en existe de biens plus grands. Certaines embarcations possèdent trois mâts et peuvent loger des centaines de personnes. Enfin, c'est ce que m'a raconté Nenibe. Pour ma part, je n'en ai jamais vues.

- Et pourtant c'est la vérité, assure Kenban qui vient nous rejoindre avec sa jumelle.

Je tire son gilet et le regarde intensément. Je n'avais jamais fait attention mais il a les yeux de ceux qui ont l'air d'avoir vécu cinquante ans. Une existence entière. Pourtant je pense qu'il est plus jeune que moi. De ce que j'ai compris, sa sœur et lui ont navigué d'île en île sans attache. Je me demande où se situe leur île natale, si elle se trouve sur East Blue. A mon avis, ils ont dû croiser la route de pas mal de monde.

- Raconte-moi s'il te plaît.

- Oh, ça n'a rien de sensas' tu sais. On n'a pu les apercevoir que de loin mais je suis certain que c'était eux. Le premier navire était le Yonta Maria, c'est l'un des plus grands bateaux du monde. Il est dirigé par l'aventurier Orlumbus. On dit qu'il peut contenir cinq cent hommes et que sa flotte est encore plus impressionnante.

Je suis envahie de vertiges rien qu'à écouter ce nombre faramineux. Et le musicien m'apporte le coup de grâce en poursuivant :

- Le deuxième navire était un chouïa plus petit et pourtant il avait une prestance à se pisser dessus. Heureusement que j'étais parti au petit coin juste avant de l'apercevoir, j'vous dis pas le fiasco sinon. Bref, c'était le Moby Dick, le célèbre bateau de l'Empereur Barbe Blanche.

Je suis – mais alors là – complètement larguée. Pirates, corsaires, Grands Corsaires, Empereurs... Il faut vraiment que je trouve des livres pour me documenter ! Les librairies de Timber Town ne détiennent aucun ouvrage sur ce domaine. Pour l'heure, Amerika nous sollicite pour le suivre. La pièce suivante est un pont à canons, elle est située pile au centre du navire. Le grand-mât la traverse ainsi en son milieu. Le navigateur me présente l'accastillage qui remplit la petite salle. Nous retrouvons un cabestan qui nous permettra d'enrouler ou de dérouler la corde de l'ancre. Deux canons sont placés latéralement. Dans un coin sont empilés plusieurs caissons de poudre. Plus loin, nous retrouvons une nouvelle chambre un poil plus étriquée que celle des garçons. L'armoire supplémentaire et la coiffeuse me font deviner qu'il s'agit du dortoir des filles.

- Il n'y a pas de lit.

Ce n'est pas une question posée par la blonde mais une affirmation. En effet, il n'y a pas de couche. Je me figurais Kenban en train de se rouler par terre de rire mais il faut se rendre à l'évidence : dès que ça concerne sa sœur, il devient beaucoup plus sérieux. Amerika s'approche de l'un des murs, toujours imbibé de sa nonchalance si caractéristique. Avec son gros orteil, il appuie sur un bouton caché dans un renfoncement près du sol. Deux plate-formes se détachent en partie du mur et se stabilisent horizontalement. Un lit deux places donc. Cette chambre ne peut pas accueillir beaucoup de personnes par rapport à l'autre, je comprends pourquoi elle est plus étroite. Nanaly hoche sobrement la tête et ouvre les armoires pour évaluer la quantité d'habits qu'elle pourra stocker plus tard. Je remarque que l'instrumentiste ne tient absolument pas en place. Il triture si prestement ses doigts osseux qu'il est difficile de les distinguer.

- Tu peux aller essayer ton acquisition si tu veux, je lui fais remarquer en souriant.

- Oh putain merci !

Le blond disparaît à toute allure. C'est ce que j'appelle un cri du cœur.

La dernière pièce de ce niveau est la soute, c'est-à-dire la réserve de nourriture et de boissons. Et on peut dire que les habitants des îles jumelées nous ont chargé une sacré cargaison. Nous retrouvons de nombreux fruits et légumes, des poissons en saumure et de la viande séchée ainsi que des sacs en toile soigneusement refermés. J'en détaille certains pour voir quel stock nous possédons. Farine, sucre, céréales blanches, riz, légumineuses, raisins secs, cacao, pommes de terre et j'en passe. Je reconnais certains ingrédients que j'avais achetés en arrivant sur Timber Town. Plusieurs barils sont amassés dans un coin. J'espère qu'il n'y a pas que de rhum... Par contre je ne serai pas contre un peu de saké. Un escalier mène à l'étage supérieur. D'après le plan que je construits petit à petit dans ma tête, nous nous situons juste sous la cuisine. Logique. Une écoutille mène au deuxième niveau inférieur. Amerika l'ouvre et nous descendons.

Pont inférieur - Niveau -2

Au premier abord, on dirait que nous pénétrons dans un débarras. Mais l'agencement est tel que nous pouvons considérer cette pièce comme un autre pont à canons. En effet, il y en a deux et cette fois ils sont positionnés vers l'avant du navire. Je m'accoude à l'un d'eux et dis :

- Je ne sais absolument pas utiliser cet engin.

- Moi non plus.

- On devra faire plusieurs essais sur des rochers.

- Ça me semble raisonnable. Ça nous évitera d'exterminer une famille de dauphins par inadvertance.

Avec un peu de chance les jumeaux pourront nous aider sur ce coup là. Mes yeux vagabondent dans la pièce. Je discerne des voiles en rab, des bûches et des planches pour réparer les éventuelles détériorations du navire, des bouées, des rames emboîtables, des sceaux, du matériel de nettoyage, des boulets et de la poudre à canon. Dans un coin sont cachées sous un drap deux malles que j'ouvre. Vide.

- On n'a pas un rond, confirme le navigateur.

- Si Gaviota voit ça, elle serait capable de détrousser des rois.

Nous replaçons méticuleusement la couverture de sorte qu'il n'y ait plus un centimètre de malle qui dépasse. Pourvu que cette mouette futée ne vienne jamais se promener jusqu'ici. J'analyse les murs. Il n'y aucune porte, pourtant Amerika m'a certifié qu'il reste encore deux pièces. En fait, la prochaine n'est accessible que depuis les chambres de mes compagnons.

- Il est temps pour moi de tester tes talents de traductrice. Gare à toi si tu me déçois, menace mon compagne d'un ton lugubre.

- Je suis tout ouïe dans ce cas, je rétorque en étouffant un ricanement.

- Si je te dis que je n'ai aucune envie de ressembler à un poisson qui s'est doré la pilule trop longtemps, à quelle pièce penses-tu ?

- Mais oui mais c'est bien sûr ! je m'exclame en frappant mon poing contre ma paume ouverte. Il s'agit du dépotoir, n'est-ce pas ?

Le navigateur plisse les yeux et pose sa main sur mon cou. Réalisant ce qu'il s'apprête à faire, je me libère et recule de quelques pas. Il soupire. Trop tard, il a compris...

- Je l'ai perçu : tu détiens la bonne réponse. Je me disais bien que ça ne te ressemblait pas de sortir de telles couillonnades.

- Juste ciel, quel sale tricheur !

Il me sort son sourire goguenard.

- Je suis un pirate après tout.

Il ouvre la trappe et me tourne le dos. Je souris, pleine de gratitude. Au moins lui se considère comme un membre définitif de cet équipage. Je le savais mais l'entendre me fait du bien. Je le rejoins et atterrie, comme je l'avais deviné, dans une grande salle de bains mixte. Elle est séparée en son centre par une cloison. De chaque côté nous retrouvons un spectaculaire baquet qui peut accueillir au moins dix personnes. Lavabos, miroirs, toilettes placées dans une cabine exiguë, des serviettes à foison dans des étagères. Non, vraiment, j'aurais beau inspecté cette pièce pendant une heure je ne trouverais pas ce qui lui manque.

- Et j'ai gardé le meilleur pour la fin ! s'exclame le natif de Bibidia. Ça a été conçu spécialement pour eux.

Amerika saisit mon bras et presse mes biceps. Noooon, ne me dites pas que... Je me rue sur la dernière porte et l'ouvre si brutalement que je manque d'arracher la poignet. Et si, ils ont osé.

Une salle d'entraînement.

/

Les notes qui se déversent du piano se répandent sur le pont du navire. Je suis allongée sur ce dernier, les yeux rivés sur le sommet du grand-mât. Amerika a repeint un nouveau Jolly Roger, le drapeau flotte insolemment juste au dessus de la vigie. Encore plus haut, je distingue l'anémomètre et la girouette du navigateur. Gaviota surplombe l'embarcation d'un air crâne, je pourrais presque l'entendre dire « Alors, c'est qui le patron ici ? ». Sa patte est complètement guérie à présent. Je passe en revue dans ma tête toutes les pièces que nous venons de visiter. Même dans mes songes les plus burlesques je n'aurais jamais envisagé acquérir pareil navire un jour. Une authentique merveille, je n'ai pas d'autres mots pour le décrire. Je frotte mes mains sur mes paupières pour m'empêcher de pleurer et me redresse. Il est temps de poursuivre notre route et de dire adieu aux habitants de la double-île. Des habitants dont la morosité me faisait pitié et qui, à présent, exultent de mille feux. Je saute sur le bastingage pour faire face au quai. Les citoyens sont encore sur place et des cris de joie retentissent lorsque j'apparais. Parmi la foule, je crois reconnaître l'équipe de charpentiers et d'ingénieurs en construction navale talentueux qui ont conçu le navire. Je ne les ai jamais vus, mais leurs accoutrements me mettent sur la piste de leurs métiers. Je cherche du regard Reneg Ade et le trouve facilement tout près de la rive. Les anciens révoltés se tiennent derrière lui et c'est de ce groupe que s'élèvent les exclamations les plus tapageuses. Reneg Ade me sourit franchement. Et alors je devine ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre :

Merci.

Je prends une profonde inspiration, désigne l'embarcation et clame, en espérant être entendue de tous :

- J'ai fait mon choix ! A compter de cet instant, ce bateau se nommera Mahogany (= « acajou » en anglais). Je l'ai baptisé ainsi en votre honneur. C'est un présent que vous me léguez mais également un souvenir de vous et de cette île qui m'est cher. Je n'oublierai pas... Je n'oublierai jamais !


Le petit commentaire de l'auteure : C'est ce qui s'appelle un One-Shot en bonne et due forme. Guniraka Hansha, alias la jeune fille mystérieuse, pulvérise l'embarcation des Crimson Pirates. Nos comparses sont forcés de séjourner à Timber Town le temps que les ingénieurs en construction navale leur construisent un véritable navire. Je ne pensais pas faire apparaître le Mahogany aussi tôt mais je voulais que l'aventure d'Akira dénote avec celle de Luffy à ce sujet. Contrairement à lui, elle a eu la chance de rencontrer des experts rapidement. L'équipage qui ne comporte que quatre membres (dont deux temporairement) semble insignifiant par rapport à la taille de la bête. Ce qui risque de poser quelques problèmes de navigation... *regarde Amerika et pose ma main sur son épaule * Mon gars, tout le monde compte sur toi !
J'espère que la visite guidée du Mahogany vous a plu *smile*. Il faut que vous sachiez que j'ai consacré énormément de temps à sa conception, j'ai même réalisé un croquis avec la disposition des salles et des écoutilles. Je me suis également documentée un maximum.
Hrm...Ciaossu !