Bien le bonjour !
Eh oui, ce n'est pas parce que j'écris une autre fic en collaboration que j'abandonne celle-ci, loin de là ! J'ai toujours autant d'idées, autant d'inspiration rassurez-vous.
Ce chapitre signe la fin de l'arc Qing Chà. C'est un arc que j'ai beaucoup apprécié, il était dépaysant, j'ai dû faire pas mal de recherches pour l'île en elle-même.
Citation du chapitre : Les larmes soulagent le cœur et diminuent la douleur (proverbe latin)
Bonne lecture ! On se retrouve à la fin pour le petit commentaire de l'auteure !
Chapitre quarante et un
Les larmes soulagent le cœur et diminuent la douleur
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- Tu sais Sabo, plus tard j'aimerais devenir une pirate qui sera toujours capable de retenir ses larmes de tristesse.
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Je me réveille.
Ou plutôt devrais-je dire que je n'ai cessé de me réveiller. Ma conscience se ranime, mes paupières papillonnent l'espace d'une poignée de secondes. Et alors je me rendors. Mes yeux ont le temps d'analyser les alentours mais à chaque fois ça ne loupe pas : dès que je sombre, j'oublie tout instantanément. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé de me concentrer. Seul un détail persiste à ma mémoire. L'unique, le survivant. Pour le coup je suis bien aidée puisque cet élément ne s'interrompt jamais. Il se déverse en continu sur mon visage. Je sens à chaque minute sa fraîcheur.
Des larmes.
Et durant le court laps de temps où je suis éveillée, je peux voir le visage de leur propriétaire. Si mon cerveau ne parvient pas à se débarrasser de cette image, c'est parce que c'est toujours quelque chose que j'ai souhaité voir. Depuis que je l'ai rencontrée.
Le visage de Nanaly en larmes.
Elle pleure, pleure, pleure et gémit et s'étrangle avec son chagrin et pleure, et pleure, et pleure. Son visage est toujours juste au dessus du mien. A croire qu'elle n'a pas bougé de là depuis des lustres. Si je me concentre vraiment je peux percevoir ses mains agrippées à mes tempes. Une fois de plus je bats des cils puis commence à me ramollir. Ma respiration se fait plus profonde et...
Aïe.
Morsure dans ma chair. Mon dos se cambre sous la douleur et une plainte s'échappe de mes dents.
- Pardon, ces herbes médicinales sont assez agressives mais efficaces.
Je redresse la tête comme je peux pour apercevoir l'auteure de cette voix qui ne m'est que très peu familière. Les phalanges de la chanteuse ne quittent pas mes tempes. Zhiji. Mon crâne se repose lourdement contre ce que je pense être les cuisses de la blonde. OK, je suis en train de délirer là. Qu'est-ce que ferait Zhiji avec nous ? Je me force à reprendre totalement mes esprits et regarde autour de moi. Rectification : qu'est-ce que ferait Zhiji avec nous chez Sanae ? Un nouveau supplice dans ma jambe droite me contraint à me tordre. Bon sang, si c'est un rêve je ne devrais pas avoir aussi mal ! Une petite main fait une entrée inattendue dans mon champ de vision et me pince le nez :
- Ayé, t'as plus de nez !
Je scrute interloquée le visage poupin de Cheng, la petite dernière de Zhiji. Elle agite son minuscule poing sous mes yeux hagards.
- Je te le rendrai si tu me dis que je suis plus jolie que toi !
- Lan, emmène tes frères et sœurs à l'extérieur, interpelle Zhiji d'une voix lasse. Je suis en train de changer le pansement de cette jeune fille. Sa blessure est exposée, je ne souhaite pas que vous voyez cela.
L'aîné de la fratrie ne discute pas les ordres de sa mère et entraîne avec lui les autres enfants de l'ancienne meilleure amie de Sanae. Maintenant que j'y pense, comment se sont déroulées les retrouvailles entre les deux femmes ? Depuis quand suis-je convalescente ? J'ai l'impression de passer une partie de ma vie allongée à me faire soigner. Mes yeux vagabonds refont un tour de salle mais cette fois c'est pour mieux identifier les personnes alentours. Nanaly est toujours penchée au dessus de moi, Zhiji est agenouillée près de mes jambes. Elle pioche dans une sacoche en lin des plantes qu'elle applique sur ma plaie. Mes ongles raclent le sol. Ça fait un mal de chien. Je tourne légèrement la tête vers la gauche et aperçois le visage endormi du navigateur. Certaines parties de son corps robuste sont recouvertes par des bandages et des compresses. Je plisse les sourcils, la bouche entrouverte. Ma main longe le tatami et agrippe l'avant-bras de mon coéquipier.
- Hé... Amerika...
Je le secoue mais il ne réagit pas. Sa peau chaude a beau me rassurer sur son état vital, je ne supporte pas de le voir inconscient. Je déglutis, réitère ma tentative et souffle :
- Réveille-toi Amerika, je t'en prie...
- Il a botté le cul de tellement de soldats qu'il est encore en train de récupérer, fait une voix masculine.
Je tourne la tête de l'autre côté et surprends le regard de Kenban tourné vers ma blessure. L'une de ses mains frotte le dos de sa sœur. L'autre est cachée derrière lui. Percevant mon attention posée sur lui, il relève son minois vers moi mais détourne aussitôt les yeux. Je n'ai pas le temps de comprendre les émotions qui le traversent. Est-il triste ? Heureux ? En colère ? Gêné à cause de notre récente dispute ? Les longues mèches de sa frange le cache à mon regard scrutateur.
- Vous êtes tous les deux de grands malades..., murmure-t-il en pianotant sur le dos de sa sœur.
- Cela fait plus d'une journée que vous vous reposez, reprend Zhiji d'une voix apaisante.
Je prends tout à coup conscience de ce qu'implique la venue de la doctoresse en ces lieux. En venant ici, elle a transgressé les règles établies par le village il y a cent ans de cela. Tout comme Sanae dix ans avant elle, comme ses quatre enfants qui l'ont fait à l'insu de tous. De tous ? Vraiment ? A présent j'ai plutôt l'impression que Zhiji était au courant des excursions de ses chers petits. Elle faisait juste semblant de rien voir parce que, au delà du sentiment de s'être fait trahir, elle aime Sanae. Je me racle la gorge et déclare :
- Je suis désolée Zhiji.
- De quoi donc ?
- Je vous avais promis que nous ne nous reverrons jamais ce qui vous a encouragée à vous confier. Et pourtant vous êtes là...
- Oui je me tiens là, je suis sortie du village. Néanmoins je l'ai fait de mon plein gré alors cessez de vous excuser.
Je ferme ma bouche et contemple un instant le plafond. Que répondre à ça ? J'aurais l'impression d'entacher sa courageuse et surprenante décision. De nous tous, c'est elle qui doit être la plus perturbée par ce retournement de situation. Et comment vont réagir les habitants de Qing Chà ? Redoute-t-elle d'être mise à l'écart tout comme Sanae ? Quoi qu'en y repensant bien, c'est l'arbalétrière qui s'est elle-même isolée à l'extérieur du village. Lui auraient-ils permis de revenir parmi eux si elle le leur avait demandé ? Je soupire. Ça ne sert à rien de faire des suppositions maintenant puisqu'elles resteront sans réponse.
- Sanae a laissé une indication pour vous Akira, poursuit Zhiji après de longues minutes de silence. Lorsque vous serez rétablie, elle souhaiterait s'entretenir avec vous.
- Mais alors vous vous êtes revues ?
La doctoresse hoche la tête pour mettre fin à mes doutes. Oh, je vois... Leur discussion ne regarde qu'elles en réalité. Néanmoins cela suffit à me soulager en partie. Je ferme les yeux et soumets mes pensées pour qu'elles puissent m'accaparer entièrement. La vue d'Amerika et Kenban m'est trop pénible. D'un côté, la vision du navigateur alité est insoutenable. C'est la première fois que les rôles s'inversent. Généralement c'est lui qui reste près de moi lorsque je suis mal au point. Est-ce dont cette inquiétude dévorante qu'il subit à chaque fois que je suis blessée ? Je m'en veux de lui avoir causé autant de soucis. De l'autre côté, je ne sais pas comment me comporter avec le musicien. Je suis encore irritée par ses gestes déplacés dans le vestiaire. Toutefois sa gaieté et ses sourires me manquent. Je plisse le nez. C'est pas bon, je commence à culpabiliser. Le mieux serait de me rendormir mais... aïe, impossible avec mon tibias qui me sermonne en glissant dans mon esprit la sentence suivante :
« Tu n'avais qu'à prendre soin de toi. »
Lorsque je suis enfin prête à rouvrir les yeux, je me sens étonnement apaisée. Les larmes de Nanaly n'ont pas rompu leur contact avec mes joues. Je cligne des paupières qui n'ont pas été épargnées par la pluie secrétée par la blonde. Cette fois je prends le temps de l'examiner. Le contour de ses yeux est gonflé, ses joues, son menton et son cou sont trempés, ses pupilles sont humides et brillantes. Ses cheveux encadrent son visage et le mien, à croire qu'elle s'est rapprochée pendant que j'essayais de trouver le sommeil. Je me mords la lèvre inférieure pour ne pas sourire. Nanaly, comme je suis égoïste d'aimer ton visage baigné de larmes ! Tu es magnifique, même secouée de tremblements et la morve au nez. L'image de Sanae m'attendant depuis je ne sais combien d'heures traverse mon esprit. Allez, il est temps de se secouer les cocotiers comme dirait mon plus fidèle ami. Je pousse sur mes bras pour me remettre assise mais c'est une tâche bien épineuse avec les phalanges de la chanteuse greffées à mes tempes. Je lui prends les mains pour la rassurer et me tourne vers elle. Elle hoquette, se dégage immédiatement et se jette à mon cou.
- Non ! s'écrie-t-elle.
Je suis interdite, abasourdie par son comportement. On dirait une toute autre personne. Je tourne la tête pour consulter instinctivement Amerika mais j'avais oublié qu'il était inconscient. J'entends Zhiji qui s'affaire dans le vestiaire. Quant à Kenban... je n'ose pas regarder dans sa direction. L'étau des bras de la belle blonde se resserre autour de mon cou et j'ai de plus en plus de mal à respirer. Timidement, je lève les mains et les place dans le dos tremblotant de Nanaly.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? je demande de mon ton le plus doux. Tu as mal quelque part ?
- Ne...ne t'en va... Ne t'en va pas..., bégaye-t-elle la voix étranglée. Je... je ne veux pas que tu... que tu m'abandonnes...
Mon cœur est frappé par un trémolo d'émotions. C'est bien réel ? Mes mains agrippent le kimono de la blonde. Cela est-il vraiment en train de se passer ? Après toutes mes tentatives pour la sortir de son indifférence, après l'avoir poussée dans ses retranchements pour que ses sentiments puissent sortir de la cage dans laquelle elle les avait enfermés, après même avoir renoncé à faire d'elle un membre des Crimson Pirates. Et là voilà dans mes bras à m'étreindre comme si sa vie en dépendait et à déverser des litres, et des litres, et des litres de larmes contenues. Ma main gravite jusqu'à sa chevelure satinée et je l'enlace plus fermement. Alors j'y suis parvenue ? Ma main a fini par atteindre celle de Nanaly ? Les yeux me piquent.
- Nanaly..., je chuchote à son oreille.
A l'entente de son prénom, la chanteuse cesse un peu de trembloter. Je saisis ses avant-bras pour me dégager et recule un peu pour que nos yeux se rejoignent. Ses dents s'entrechoquent et ses pupilles sont tellement noyées par ses propres sécrétions liquides qu'elle ne doit pas distinguer grand chose.
- Ne... ne pars pas..., me supplie-t-elle.
Cette vision me déchire le cœur. Seigneur, quel type de souffrance a-t-elle dû endurer durant toute sa vie pour afficher une mine aussi anéantie ? Toute cette douleur réprimée est en train d'exploser. Et moi dans tout ça je...
- Nanaly, je répète plus clairement pour capter son attention.
Je suis devenue sa bouée de sauvetage. Sans moi, elle coule. Je sens tout le poids d'une telle responsabilité. Comment Kenban a-t-il pu supporter cela jusqu'à aujourd'hui ? C'est écrasant, stressant, envahissant et pourtant...
- Si c'est vraiment ce que tu souhaites, je ne t'abandonnerai jamais, je dis en articulant chaque syllabe.
Pourtant c'est la première fois qu'elle expose et assume ostensiblement l'un de ses souhaits. Je ne peux pas l'ignorer. Je veux que l'aventure des Crimson Pirates se poursuive avec Nanaly et Kenban à mes côtés.
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- Attends deux secondes... Qu'est-ce qu'a dit Sanae ?!
- A la Baie Cachée, elle a annoncé devant tous les Marines « Dépêchons-nous de partir pour la prochaine île », répète Amerika.
Nous avançons clopin-clopant sur le sentier qui mène au bord de la falaise. Après lui avoir promis que je ne l'abandonnerai jamais, Nanaly a consenti à me lâcher. J'ai tenté de me tenir debout mais la douleur était telle que je ne pouvais pas avancer. Zhiji est intervenue. Étonnement, ce n'était pas pour me retenir mais juste pour m'aider à rajuster le yukata, le kimono d'été, qu'elle m'avait enfilé pendant que je dormais. Je fus agréablement surprise par la légèreté du tissu. Cela n'avait vraiment rien à voir avec celui que j'ai porté il y a deux jours. La doctoresse a déniché une béquille dans les maigres biens de Sanae et me l'a tendue. Et c'est au moment de franchir le seuil de la cabane que le navigateur est sorti de sa torpeur. Je lui ai grossièrement résumé ce que j'avais appris pendant qu'il récupérait et il m'a fait part de son désir de m'accompagner au moins jusqu'à Sanae. Lui aussi avait une chose à me raconter. Et cette chose c'étaient les paroles qu'avait prononcées la cuisinière pendant que j'avais perdu connaissance à la Baie Cachée.
« Dépêchons-nous de partir pour la prochaine île. »
J'avance un pied devant l'autre en m'appuyant sur mon côté gauche. Amerika progresse à la même allure, équipé de deux béquilles de glaise. Un vent frais sort de plusieurs endroits en même temps et érafle les parties où notre peau est nue. Qu'avait en tête l'arbalétrière ? Quelques suppositions s'offrent à nous. Avait-elle proclamé cela pour leurrer les soldats de la Marine ? Annoncer son départ en notre compagnie pousserait ses ennemis à se détourner de Qing Chà puisque, à leurs yeux elle n'y résiderait plus. Sauf qu'il n'en serait rien. Ainsi elle se serait servie de nous pour protéger son île tout en continuant d'y demeurer. Ou alors... Je me tourne vers le visage couvert de pansements du navigateur :
- Qu'en penses-tu ?
Il prend un temps supplémentaire pour méditer puis répond :
- On ne la connaît pas très bien mais je peine à croire qu'elle soit du genre à ramer des gencives.
Autrement dit Sanae n'est pas du genre à parler pour ne rien dire. Ce qui signifie qu'Amerika nourrit les mêmes espoirs fous que moi : elle souhaiterait quitter son île pour voguer à nos côtés. Formulée ainsi, cette idée me paraît presque invraisemblable. Pour quelles raisons une ancienne Marine voudrait rejoindre la sphère de la piraterie ? Et pourquoi nous ? Elle a dû croisé le chemin de bons nombres de forbans beaucoup plus talentueux que les Crimson, de Capitaines beaucoup plus charismatiques que moi. Mais dans ce cas... pourquoi souhaiterait-elle s'entretenir avec moi ? Raaah, j'ai tellement hâte de la rejoindre, l'attente est insoutenable. Cependant pour l'heure je ne peux pas marcher plus vite. Je glisse un coup d'œil à Amerika. Lui non plus d'ailleurs. Je lorgne ensuite sur nos béquilles et pouffe de rire. Le navigateur hausse un sourcil :
- C'est le fait que Nanaly se soit entichée de toi qui élève ton moral au dessus de tes sourcils ?
- Je reconnais qu'elle est tellement touchante qu'elle pourrait presque me faire rougir, j'exulte toutes dents dehors. J'ai le tibias en vrac et pourtant je me sens heureuse, tellement heureuse que Nanaly et Kenban poursuivent leur route à nos côtés. Mais là je t'avoue que c'est notre accoutrement qui me met en joie. Non mais tu nous as bien regardés ? On dirait des éclopés.
- Des éclopés qui viennent de fêter leur cent vingt-cinquième anniversaire je dirais même, précise Amerika en hochant résolument le menton.
Nous rions de concert tandis que les rafales se font encore plus rafraîchissantes. Au loin, j'aperçois le dos de Sanae.
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A cause de la propagation de nimbostratus qui se reflètent sur les ondes marines, la mer s'est vêtue de son manteau bleu acier. Je cligne lentement des paupières, me délectant des mille et une teintes de cette immensité aqueuse. Les mains croisées dans le dos, la béquille à mes pieds, j'attends sagement que Sanae prenne la parole. Cette dernière n'a pas prononcé un mot depuis que je suis arrivée. Elle n'a pas bougé non plus à part pour retirer sa longue pipe et la replacer entre ses lèvres pulpeuses. Cela doit au moins faire deux heures que je l'ai rejointe au bord de la falaise. Néanmoins je ne suis pas pressée. J'ai attendu des journées entières assise dans la neige quand j'étais plus jeune, c'était nettement plus rude (cf. chapitre vingt). J'inspire profondément et expire. Comment est-ce que je me sens désormais en présence de cette femme ? Cette femme qui est capable de mentir comme elle respire, de camoufler son aura pour effacer sa prestance, d'assassiner de sang froid. Cette femme qui a eu le cran de pulvériser des règles établies depuis cent ans, qui se prive de liens pour veiller sur ceux à qui elle tient. Comment est-ce que je me sens désormais en présence de cette femme qui pourrait me tuer en un instant ?
Sereine.
Je suis étrangement sereine.
Sanae rejette la fumée par sa bouche puis range sa pipe derrière son tablier. On y est.
- Quatre années. Quatre années passées à attendre que le danger se manifeste. J'ai l'impression que cela fait quatre ans que je me tiens là, au bord de Qing Chà. Ni à l'intérieur, ni à l'extérieur. Incapable de réintégrer le village et incapable de tous les quitter en sachant que la Marine viendrait me chercher ici, oye. Des Marines de plus en plus nombreux au fil du temps.
Elle place ses mains sur ses hanches et soupire. Nous sommes toujours toutes les deux tournées vers l'océan.
- Mais maintenant la donne a changé, continue-t-elle toujours avec cette lenteur qui la singularise. Les soldats m'ont entendue évoquer mon départ imminent. Ils vont en informer leurs supérieurs. Sûrement viendront-ils vérifier au préalable si je n'ai pas menti. Seulement cela ne sera pas le cas, je ne serai plus là.
Je vois. Sanae s'est enfin décidée à quitter définitivement Qing Chà et tout ce qui la relie à cette île où elle a vu le jour. Je sens que son visage oblique vers moi. Sa voix n'est plus qu'un susurrement :
- Petite Capitaine, pensais-tu chaque mot que tu as dit à la demoiselle blonde ?
Je sens l'incertitude dans son timbre. Je me souviens alors que Sanae est arrivée pendant ma tirade et qu'elle me regardait avec insistance. Sur le coup je n'ai pas songé un instant à l'impact que pouvait avoir mon discours sur elle. Comme je ne dis rien, elle reprend en me citant :
« Rien n'est encore écrit, l'avenir ne cesse de se construire. Il n'y a que toi qui peux savoir quelles sont vraiment tes envies, tout comme il n'y a que toi qui peux savoir quel sens donner à ta vie. Prendre entre tes mains ton destin, mettre les voiles vers l'existence que tu souhaites mener. »
Elle rejette ses petites mèches en arrière et prolonge son monologue :
- Quand j'avais dix-huit ans, j'ai fait exactement comme tu as dit. J'ai pris entre mes mains mon destin, j'ai mis les voiles pour découvrir celle que je voulais être. Je l'ai fait pour moi, parce que je ne supportais plus toutes ces contraintes qu'on m'infligeait. Je n'appelais pas cela « vivre ». Je l'ai également fait pour briser les mœurs de mon village. Toutefois je me suis trompée de route. Je ne l'ai pas du tout réalisé pendant six années. Quand j'ai pris conscience de mon erreur j'ai de nouveau tout quitter en sachant pertinemment que le Gouvernement n'accepterait pas ma trahison. Je suis revenue à mon point de départ, complètement perdue que j'étais. Mon égoïsme a mis en danger ma patrie. Et puis j'ai compris autre chose qui m'a encore plus démoralisée. Même si j'étais partie pour ouvrir les yeux des autres villageois, les leurs étaient toujours obstinément fermés. Zhiji et ses enfants mis à part, personne n'est aujourd'hui capable d'affronter cette tradition obsolète, oye.
L'image des villageois étriqués dans leur respect de leurs coutumes me revient en mémoire. Je ne peux qu'être d'accord avec elle. Il leur faudra encore des nombreuses années. Au loin, j'aperçois un cormoran voler avec inconstance. Sûrement cherche-t-il... L'arbalétrière reprend dans un souffle :
- Mais moi aujourd'hui... Malgré mes erreurs, malgré les souffrances que j'ai engendrées chez autrui, malgré cette prime colossale que l'on m'a administrée et que je traîne comme un boulet, je ne souhaite pas que mon chemin s'arrête là. Pas après t'avoir entendue, toi, l'incarnation de la jeunesse et de l'espoir.
Le cormoran finit par repérer ses compagnons qui tournoyaient au dessus de lui. Il les rejoint en quelques battements d'ailes. Il n'est plus seul. Je hoche la tête, dénoue mes doigts qui étaient toujours croisés dans mon dos et me tourne entièrement vers Sanae. Me voyant bouger, elle fait de même.
Et je lui tends la main.
Elle fixe cette dernière comme obnubilée. Ses sourcils s'arquent légèrement, signe qu'elle est un tant soit peu troublée. Puis elle ricane et croise les bras. Rien en elle indique qu'elle va accepter ma proposition. Elle ancre ses yeux charbon dans les miens et fait remarquer :
- Tu n'as pas dit un mot depuis tout à l'heure. J'aurais dû me douter que tu complotais quelque chose, oye.
En vérité je n'ai rien prévu du tout. Mon geste n'était pas prémédité, tout comme ma décision de l'intégrer dans mon équipage. C'était spontané. Je ne réplique rien, me contentant de creuser dans ses prunelles. Si c'est un combat de regard qu'elle souhaite je ne suis pas certaine de gagner. Mais je ferai de mon mieux. Nous restons de longues minutes sans remuer un cil puis un sourire finit par se dessiner sur la belle bouche de Sanae. Ses bras se dénouent, elle passe sa main sous son tablier et en sort un papier plié en quatre. J'arque un sourcil. Qu'est-ce donc ?
- C'est mon avis de recherche. Veux-tu savoir quel est le montant de ma prime avant de me faire rejoindre ton équipage ?
L'arbalétrière baisse ses yeux et observe de nouveau ma main. Qui n'a pas bougé. Tout comme mes lèvres qui sont scellées. Son sourire s'agrandit. Elle place entre mes doigts le papier brunâtre et sert ma poigne par dessus.
- A tes risques et périls, petite Capitaine.
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WANTED
Dead or Alive
Sanae La Fouine
218 000 000 de Berrys
...
Ah oui, quand même.
- Alors, qui est-ce qui avait raison ? s'exclame Kenban en se désignant crânement avec son pouce. C'est bibi ! Cette nana a bel et bien une prime sur sa tête ! Qui plus est, une prime de...
Hurlement perçant. Je crois que le musicien a trois virgule cinq de tension sur ce coup là... Il a plaqué ses mains sur son visage et crie comme une fillette. Sa grimace est tellement hors norme qu'elle ferait une parfaite œuvre d'art. Enfin, une œuvre bien éphémère puisqu'il relâche aussitôt sa pose humoristique. Sa sœur se penche et plaque sa main sur sa bouche qui n'avait cessé de hurler.
- Si tu t'égosilles si fort les hublots vont se fendre et Akira ne sera pas contente.
Tout le monde se tourne vers la chanteuse exceptée Sanae qui est occupée à extraire différents ustensiles des placards. Bonté divine, Nanaly est beaucoup trop mignonne. Kenban lève la tête vers moi mais détourne aussitôt les yeux en croisant mon regard. Je me frotte la nuque. Cela fait deux jours que nous avons repris la mer et pourtant ce malaise entre nous perdure toujours. Nous avons promptement quitté Qing Chà. Au final Sanae et Zhiji se sont à peine revues. Des années d'éloignement et de souffrance ne s'effacent pas en quelques jours. Ni l'une ni l'autre ne se sentaient la force de s'excuser. Et pour Kenban et moi ? Qui est en tort ? Qui devrait s'excuser ? C'est un sujet délicat, je n'ai pas très envie de me confier à Amerika pour le mêler à cela. Le blond grommelle :
- 218 000 000 de Berrys bordel de crénom de bordel de...
- Tu as obtenu cette prime sur East Blue ? s'enquiert Amerika en considérant la femme sur l'avis de recherche.
Ce dernier illustre Sanae avec quelques années de moins. Selon mes calculs il s'agit d'une représentation d'elle qui date d'il y a quatre ans, soit de l'époque où elle venait de trahir la Marine. Ses cheveux auburn sont toujours gominés mais sont un poil plus longs. Ses bras sont tendus et croisés devant elle, dans chaque main repose une arbalète. Ses yeux sombres nous fixent avec un semblant de défi. « Osez donc venir me chercher sur mon île, oye ». J'appuie mon menton au creux de ma paume et la contemple avec envie. Elle est classe.
- Non pas sur East Blue, répond Sanae après avoir pris soin d'allumer le fourneau. Sur Grand Line.
Un frisson dresse les poils de mes bras. Je me sens électrisée. C'est vrai que je compte dans mon équipage une femme qui a des années d'expériences et d'aventures derrière elles. C'est une véritable mine d'informations. La curieuse que je suis va devoir se faire violence si je ne veux pas l'effrayer ou l'irriter. Vaut mieux y aller en douceur avec elle. Mon corps se souvient encore de la terreur qu'il a ressenti lorsqu'elle s'est voulue menaçante. 218 000 000 de Berrys. Serait-ce son degré de dangerosité aux yeux du Gouvernement ? Si elle le souhaitait, elle pourrait tous nous tuer. Je sais ce que je dis, je l'ai vu combattre. Et encore ! Je n'ai dû avoir qu'un aperçu de ses capacités. Elle se tourne brièvement vers moi pour me lancer un petit sourire.
- Est-ce que Grand Line t'intéresse, petite Capitaine ?
Si ça m'intéresse ? Mon corps a envie de bondir pour hurler un grand « Oui ! ». Mais il n'y a pas que Grand Line. Tout ce qui constitue notre monde et que j'ignore me fascine. J'ai environ un milliard de questions à lui poser sur un milliard de points différents. Sauf que je ne sais pas par où commencer. Comme Sanae aborde le sujet de la mer, autant partir dans cette direction :
- Tout ce qui touche à l'océan m'enchante. En revanche je suis une véritable néophyte en la matière. Pourrais-tu éclairer un peu ma lanterne sur les différentes mers ?
L'arbalétrière prend le temps de sortir tous les aliments dont elle a besoin avant de se lancer. Elle aligne les asperges et les échalotes. Puis elle verse du riz sec dans une passoire pour le rincer. Je la regarde exécuter ses gestes habiles. Elle ne semble pas accaparée par sa tâche, comme si tout ceci relevait de l'automatisme. J'ai envie de me lever pour voir comment elle fait mais je reste sagement assise. Amerika a étendu ses longues jambes sous la table et patiente également. Quant à Kenban il regarde sa sœur avec des étoiles plein les yeux, vraisemblablement fou de joie du changement qui s'est opéré en elle. La concernée ne semble pas encore tout à fait à l'aise et fait mine d'admirer son verre de vin. Leurs mains sont entrelacées sur la table depuis quelques minutes. La fracture n'est plus qu'une blessure. Une plaie qui va cicatriser avec le temps. Je cale plus profondément mon menton dans ma main. C'est tellement bon de les savoir intégrés à l'équipage définitivement.
- Si tu le souhaites, oye. Déjà, il faut que tu saches qu'il existe de nombreuses mers. Une mer caractérisée par des flammes dans le Nouveau Monde, une mer Blanche constituée de nuages mais qui s'apparenterait à un mythe. Certaines d'entre elles sont encore méconnues des hommes, et encore heureux. Sinon il n'y aurait plus d'explorateurs.
Le musicien s'éclaircit la voix. La brune ne se retourne pas mais elle interrompt son récit pour le laisser s'exprimer :
- Je t'avoue que je te situe pas très bien, là. Tu vantes la passion des explorateurs et pourtant, si j'ai bien tout suivi le bordel sans nom qu'est ta vie, tu as rejoint la Marine ? Y a que moi que ça choc ?
Cette fois Sanae se retourne et agite son couteau de cuisine dans notre direction.
- Si je peux me permettre, tu n'es pas très attentif, petit virtuose. J'ai bel et bien parlé des activités des explorateurs et non celles des forbans. Cela n'a rien à voir. Pour le moment, je n'ai pas une très bonne estime des pirates.
Elle coulisse un regard vers moi comme si elle me mettait au défi de changer son point de vue sur les pirates. Elle se tourne de nouveau vers son plan de travail et ficelle les asperges entre elles. Après les avoir plongées dans de l'eau bouillante, elle poursuit :
- La mer la plus célèbre est sans conteste la Mer Bleue.
Elle nous explique que cette dernière est divisée en quatre : North Blue, West Blue, South Blue et East Blue sur laquelle nous naviguons actuellement. Red Line, une immense chaîne montagneuse, et Grand Line marquent les séparations entre les quatre mers. Elle n'évoque pas All Blue. J'ai une petite pensée pour Sanji qui croit dur comme fer à l'existence de cet endroit légendaire.
- Grand Line est un océan qui peut également se fractionner en deux. La première partie est d'ailleurs couramment appelée « Grand Line », mais aussi « le Paradis » ou bien « La Route de tous les périls ».
- Ah ça pour des périls, y en a ! s'exclame Kenban en levant les yeux au ciel. Avec Nanaly on n'y est pas restés longtemps mais c'était le festival des emmerdes !
Sûrement se souvient-il de réminiscences peu agréables. Sanae sourit affectueusement devant l'énergie débordante du blond puis retourne à sa popote. Elle épluche et émince les échalotes, les fait revenir dans une cocotte avec une noisette de beurre, puis ajoute le riz. Elle nous apprend que la seconde partie de Grand Line s'intitule « le Nouveau Monde ». Si le Paradis est déjà bien garni en menaces et en dangers, le Nouveau Monde est cent fois pire. C'est un véritable enfer. La cuisinière nous avoue qu'elle n'y a jamais navigué. Par contre elle connaît bien la première partie de Grand Line. Les différences entre ce dernier et East Blue sont légions. Les conditions climatiques sont surprenantes et même des navigateurs aguerris se font piéger. Chaque île comporte son propre champ thermométrique qui s'étend au delà des côtes. De ce fait, lorsque nous sommes en mer, nous pouvons très rapidement passer d'une tempête de neige à un ciel dégagé. J'observe Amerika et constate qu'il s'abreuve à plein gosier des paroles de l'arbalétrière. Cet hypothétique challenge semble le botter au plus haut point. De plus, avec un climat aussi tumultueux nul doute que les vents sont hétéroclites sur Grand Line.
- Sachez également que bon nombre de pirates de notoriété publique se trouvent sur cette mer. Si vous décidez d'y aller je doute que nous soyons capables d'en ressortir vivants. Les Crimson ne comptent pas assez de membres, oye.
Je me tapote les lèvres et fixe la table acajou. Elle n'a pas tort. Combien de personnes devraient encore rejoindre mon équipage ? Je visualise les rêves de mes compagnons. Amerika souhaite répertorier tous les vents du monde. Cela va lui demander énormément de temps afin de le réaliser. Mais il y arrivera, même seul il serait apte à le faire. Les jumeaux veulent répandre leurs musiques partout où ils iront. De ce que j'ai compris, ils possèdent déjà une certaine popularité sur les îles où ils ont accostées. Leur objectif est déjà presque palpable. Sanae... Eh bien j'ignore si elle s'est fixée un but particulier en rejoignant les Crimson Pirates. Quant à mon rêve il est
Colossal
Écrasant
Incommensurable
Il pèse déjà sur mes épaules et il alourdit également celles de mes coéquipiers. Je ne peux pas supprimer les inégalités et injustices sans l'aide de mon équipage. D'autres personnes. Oui, il faut que je parvienne à convaincre d'autres personnes de me suivre dans cette aventure démente. Beaucoup de personnes.
Un agréable arôme se dégage à présent de la préparation de la brune. Celle-ci n'arbore plus le même visage. Entourée de ses pots d'épices, elle est rayonnante. L'astre qu'elle est à cet instant précis est éblouissant. Son amour pour les condiments fait d'elle un coq des plus atypiques. S'il n'y a pas d'épices, la cuisine n'a pas d'intérêt pour elle. J'ai alors une pensée pour l'instinct de Gaviota. C'est elle qui nous a menés à Sanae. Dans un sens, elle ne s'était pas trompée. Je ne peux m'empêcher de sourire en détaillant les gestes passionnés de l'arbalétrière. J'ai l'impression de la comprendre un tout petit peu plus. Galvanisée par cette constatation, je tente :
- Dis-moi Sanae, as-tu croisé des formes d'injustice sur les îles où tu as jeté l'ancre ?
La cuisinière verse le bouillon qu'elle a confectionné sur le riz cuit. Nos ventres émettent des gargouillements rien qu'à cette vision. Puis elle égoutte les asperges, les coupe en morceaux, râpe du parmesan et ajoute le tout à son plat. L'attente de sa réponse est telle que j'ai l'impression que ça fait deux semaines que nous sommes assis à cette table.
- Oui, cela m'est arrivé. A l'époque mon devoir fondamental en temps que Marine était de les contenir, au mieux de les supprimer. Mais d'autres tâches m'ont rapidement été reléguées. De plus, il existe bien des choses sur lesquelles le Gouvernement et la Marine ferment les yeux. J'imagine que ce sont de ces inégalités là que tu parles.
Elle essuie ses mains dans un torchon, signe que c'est prêt. Puis elle se tourne vers moi et croise les bras en s'adossant contre le plan de travail.
- Même si je te cite toutes les îles touchées par une forme d'injustice que je connais, sache que tu ne pourras pas y aller aussi aisément que sur East Blue. Sur Grand Line, les navigateurs ne peuvent pas véritablement choisir leur route. Au contraire, c'est elle qui les choisit.
Comment ça ? J'arque un sourcil. Amerika affiche la même mine interloquée que moi. Les jumeaux planent toujours dans leur monde à eux. La femme aux cheveux auburn farfouille derrière son tablier et en sort un petit objet qu'elle pose sur la table. Le natif de Bibidia et moi nous penchons de concert vers lui. Il s'agit d'un bracelet composé d'une sphère. Une aiguille est disposée au centre. Qu'est-ce que c'est que cela ? Le navigateur est plus vif d'esprit que moi puisqu'il annonce :
- C'est une boussole ?
- En quelque sorte, répond Sanae en sortant les assiettes. Il s'agit d'un Log Pose. Les boussoles traditionnelles ne fonctionnent pas sur Grand Line à cause des champs magnétiques que j'ai évoqués précédemment. Ce petit engin permet d'enregistrer l'une des sept routes proposées par la Route de tous les périls. L'aiguille en son centre pointe vers une île en particulier. A ce moment là, le Log Pose a besoin d'un temps variable d'une péninsule à l'autre pour se recharger. Ensuite, il désigne une nouvelle destination et ainsi de suite.
Je m'agrippe le front et m'accoude franchement à la table. Ce n'est pas le moment de laisser ma tête se fracasser contre la vaisselle que vient de sortir l'arbalétrière. C'est complètement dingue cette histoire. Je comprends cet engouement pour Grand Line qu'ont les navigateurs et les pirates. Cette mer est complètement, entièrement, intégralement subjuguante. A côté East Blue prend des allures de promenade de santé. Chaque île doit comporter son lot de surprises. Il est évident que chaque événement prend davantage d'ampleur sur Grand Line. Si on navigue sur cette mer, je sens qu'on ne va pas chômer. « Si ». J'aimerais l'enlever, ce « si ». Il exprime une condition. J'aimerais que ça devienne une réalité. Sanae remplit mon assiette de risotto à l'asperge sans me quitter des yeux.
- Tes questions sont pour le moins intrigantes, petite Capitaine. Serais-tu à même de me révéler ton objectif, oye ?
Je me cale contre le dossier de la chaise et joins mes mains. Je souris. La soirée promet d'être longue.
Le petit commentaire de l'auteure : Et voilà l'arc de Qing Chà a pris fin ! Nanaly et Kenban rejoignent définitivement les Crimson. Comme vous avez pu le constater, les barrières qu'avait placé la chanteuse autour de sa propre personne se sont brisées. Elle est devenue plus vulnérable que jamais et ce sont toutes les larmes qu'elle a contenues qui se sont déversées en début de chapitre.
L'intégration de Sanae est plus surprenante puisqu'elle était une ancienne Marine. Quoi ? Comment ça vous saviez qu'elle allait les rejoindre ? Rooooh vous êtes pas drôles ! Elle possède un sacré savoir et une sacré prime qui fait de l'ombre à celle d'Akira. Bien évidemment, Sanae ne détient pas le record de prime d'East Blue avec ses 218 000 000 de Berrys puisqu'elle l'a obtenue sur Grand Line. A l'heure actuell e ce sont toujours Arlong et Akira qui détiennent le record (que pulvérisera Luffy deux ans plus tard).
C'est un chapitre plutôt calme après le chapitre précédent mais il fait quand même avancer l'histoire. Les Crimson ont repris la mer vers d'autres aventures. Qu'est-ce que je leur réserve ? Ah ça va falloir le découvrir en lisant la suite héhé, je ne veux pas vous gâcher le suspens !
Ciaossu !
