FULL DISCLOSURE: rien de Twilight ne m'appartient, je suis une humble fan qui m'amuse, rien de plus. Je ne tire aucun bénéfice à écrire/publier cette fic autre que de la joie. La seule chose qui m'appartient est mon OC, qui d'ailleurs vous fait des bisous 3
big up à kimy25 pour sa review super gentille! Je t'envoie une loutre par la poste kimy!
Un grand merci également à ceux ayant décidé de suivre cette fic: Morgan451, PrincesseSerpentard, Rosalie-Cullen03. Love you all!
Heureusement, par un miracle prouvant sans doute possible que mon patron Saint Ebenezer existe, je m'endors avant Bella et le voyage faisant, je suis trop fatiguée pour que ses récits de rêverie me réveillent dans la nuit. Si bien que je suis debout avant elle, et peux shotgunner la salle de bain. Je suis une soeur indigne, elle n'a visiblement pas très bien dormi, mais étant donné que les chances d'obtenir huit heures de sommeils pendant les prochains mois sont assez nulles, en partie par sa faute, j'essaie de ne pas trop culpabiliser.
"Allez Lily! Il est 7h45! Cela va faire vingt minutes que tu es sous la douche! Ca urge, on doit être parties dans quinze minutes!"
OH MON DIEU QUOI?
"Voilà voilà, j'ai fini!" Je sors en catastrophe dans mes sous-vêtements, les cheveux humides. MERDE! Je pensais pas avoir mis autant de temps, ok vingt minutes c'est un peu abusé quand même. Mais qu'est-ce que j'ai fait, j'ai dormi dans la douche ou quoi? Je me précipite dans notre chambre, les cheveux encore humide, à enfiler en catastrophe me vêtements, ratant mon maquillage à un niveau pandaesque, clairement en panique avant que mon regard ne croise le réveil.
7h33.
"PUTAIN BELLA TU ABUSES!"
"Tu étais partie pour prendre toute l'eau chaude!"
"Et demain c'est ce que je fais!" Je prophétise en essayant de rattraper le désastre de mon eye-liner.
"On sait toutes les deux que demain je serai levée avant toi."
"ET LA FAUTE A QUI!"
"Moi aussi je t'aime."
Grr, je la déteste dans ces moments là. Heureusement, j'arrive à rendre mon maquillage à peu près potable, juste à temps pour voir un Chevrolet se garer devant la maison, et voir Charlie en sortir. Cela doit être la voiture de Billy. Elle a l'air vachement cool.
Je descends les escaliers en trombe. Je me dépêche de faire des toasts et du café noir, qui sera près à emporter, avec un peu de chance.
"Bonjour Lily." Charlie époussette sa veste de schérif et une cascade de gouttes en tombe. "Bien dormi?"
"Comme un bébé." Je chantonne. Cette poussée d'adrénaline m'a étrangement assez réveillée pour être de bonne humeur. Charlie me regarde d'un air peu convaincu. "Je suis la première surprise."
"Tnat mieux. Je suis allé récupérer la voiture. Elle devrait bien fonctionner, Jacob est vraiment doué avec la mécanique." Il se répète, visiblement tendu.
"J'en suis sûre, encore merci papa. Des toasts."
"Je n'ai pas le temps de manger."
"Le petit déjeuné est le repas le plus important de la journée." Je lui tends une petite boite et un des thermos que j'ai trouvé en fouillant dans les placards. Le pain est encore chaud. Un petit sourire apparait sur ses lèvres. C'est dingue comment lui et Bella se ressemblent.
"Bon courage pour aujourd'hui." Il dit avant de s'en aller. C'est l'avantage avec Charlie. Pas de sur-optimisme écœurant. Il sait à quel point les rentrées peuvent être pénibles et ne s'en cache pas.
J'en profite pour préparer des sandwich express, sort le thé de Bella, et à 7h50 me retrouve dans la délicieuse position à appeler ma soeur.
"Bellaaaaaaaa! On va être en retard!" Je chantonne. D'ordinaire, c'est moi qui m'illustre par mon manque de ponctualité, et je ne compte plus les fois où Bella a dû me tirer hors de la maison parce que oh-mon-dieu-on-a-30-minutes-de-retard-et-il-va-falloir-griller-les-feux-rouges-et-risquer-notre-vie. Inutile de préciser à quel point je me délecte de la situation présente.
"N'en rajoute pas." Elle grommelle en descendant les escaliers. 7h55. Bon, on ne va pas être en retard par sa faute. Damn. "Charlie est parti?"
"Il y a dix minutes, il nous souhaite bon courage." Je sors, elle ferme la porte (c'est toujours elle qui a la responsabilité des trucs importants dans ce genre, même si je doute que quiconque essaie de cambrioler la maison du schériff (bref)). Ses yeux s'arrondissent en voyant la voiture. "Oui, je sais, elle a l'air trop bien!"
"Carrément!" Elle dit avec un étrange enthousiasme.
La voiture pétarde un peu, mais semble solide (ce qui est vraiment une bonne chose avec nous deux à l'intérieur) et nous nous envolons vers de nouvelles aventures. J'essaie de nourrir Bella aux feux, histoire qu'elle ne s'évanouisse pas le premier jour (c'est déjà arrivé, c'est pour cela que je le précise, et comme Renée avait encore perdu son chargeur, c'est moi qui m'y suis collée et qui ait dû l'emmener aux urgences).
Nous arrivons sans heurte, le crachin s'est transformé en pluie drue (c'est décidément une manie ici). Nous allons récupérer nos emplois du temps respectifs, et je m'empresse de rejoindre mon cours de math.
Ce n'est pas très difficile de se repérer dans ce lycée, il n'est pas très grand, et contrairement à notre précédent lycée, la personne qui a numéroté les salle s'y connait en logique, et je passe enfin la porte fatidique.
"Bonjour, je suis Lily Swann." Je tends la feuille d'emargement que la dame de l'accueil m'a demandé de faire remplir. Mon professeur lève la tête, et c'est là que je réalise... il est canon.
"Mademoiselle, bienvenu à Forks." Il dit d'une voix neutre avant de me pointer ma place du doigt. "Veuillez prendre place je vous prie."
Ne pas avoir l'air stupide, ne pas avoir l'air stupide. Je souris aimablement avant de rejoindre ma place, contre le mur, proche de la fenêtre.
J'ai eu l'air stupide bien sûr. Je regarde autour de moi et découvre ma voisine.
Elle était magnifique, bien sûr. De longs cheveux blonds, des yeux verts piquants. Les premiers mots qui me vinrent à l'esprit, furent pom-pom girls et garce. Quand elle me vit avancer vers elle, elle poussa un soupire méprisant.
"Tu l'as dit." Je réponds en m'installant tranquillement à ses côtés. Hors de question que je me tasse sur mon siège ou quoi que ce soit: d'abord parce que non, et ensuite c'est le genre de fille archi-sûre d'elle qui doit détester les timides. Et puisque je suis destinée à être sa voisine, j'aimerais tout autant ne pas avoir à retirer de chewing-gum de ma chevelure.
Elle me dévisage un moment, comme si elle était choquée que je lui addresse la parole.
"Pardon?"
"Allez, ok, mais c'est bien parce que je suis sympa."
"Tu te prends pour qui exactement?"
"Qu'est-ce que tu veux que je te réponde? On est dans une salle de classe d'un lycée. Qu'est-ce que tu veux que je sois d'autres à part une âme damnée?"
Elle me toise d'un air sévère, me jaugeant visiblement, mais je ne m'inquiète pas. Au pire du pire, je viens juste de faire une très mauvaise impression sur la diva, queen bee aka ma voisine de math, une personne que je vais devoir me coltiner 8 heures par semaine. Rien de grave. Et si elle est garce avec moi et essaye de me coller des papiers mouillés dans mes cheveux, je suis imparable en sarbacane donc...
"Je m'appelle Lauren." Elle reprends d'un air plus avenant, ayant visiblement décidé que, peut-être je ne méritais pas immédiatement ses foudres.
"Lily." Je ne suis pas du genre à refuser les propositions de paix. Surtout pas avec les filles comme Lauren, du genre à vous cracher du venin quand vous avez le dos tourné.
"Ouais, je sais, enfin, une chance sur deux. Spoiler alert, le chef Swann a raconté à tous le monde votre vie depuis que vous savez marcher."
"Génial, qui va lire mon autobiographie maintenant?"
"En même temps chérie, décider de venir dans une petite ville en pleine année scolaire, quand ton père est schérif, si tu souhaiter éviter l'attention, tu es franchement pas douée."
"Je pense que dépassé un certain stade, cela s'appelle un talent."
"Dis-moi, le schériff a oublié de joindre tes bulletins scolaires aux annonces publiques, tu es bonne en math?"
"Je me débrouille."
"Mmmh, tant pis." Elle hausse les épaules. J'en profite pour regarder nos voisins direct. Deux d'entre eux attirent mon attention. "Qu'est-ce qu'il y a?"
"Rien, c'est... le gars toute à ma gauche n'a pas l'air bien." J'explique posémment. Deux canons, une petite fée et un blond absolument sublime, mais qui donne l'impression d'avoir du mal à respirer.
"Ah, Jasper Hale." Elle dit avec moquerie "Ne te préoccupe pas de lui, il a toujours cette tête là."
"On dirait que chaque inspiration le fait souffrir."
"Va savoir, les Cullens ne sont pas loquaces."
"Les... Cullens?"
"Les enfants adoptifs du docteur Cullen. Là tu vois Jasper et Alice, il y a également Rosalie et Emmett en terminale, et Edward aussi. Ils sont bizarres, et ne trainent avec personne d'autres qu'eux même."
"Ils sont peut-être timides, et c'est cool qu'ils trainent en famille, c'est important la famille."
"Ben tient, qu'est-ce que tu attends pour les adopter alors?" Elle renifle avec dédain. Je suis vraiment en train de regretter de l'avoir comme voisine. Mais bon, on reste cool et zen. "Comme ça tu pourras sortir avec Edward."
"Je ne vais pas prétendre avoir compris, comme ça tu peux directement passer à l'explication."
"Très bien, mademoiselle Swann, il me semble qu'il s'agit du moment opportun de nous faire part de vos lumières que vous partagez avec tant d'entousiasme avec votre voisine."
"Ok, euh, je crois que... cette intégrale n'est pas définie vu que si on fait une comparaison avec une intégrale de Bertrand, on a un coefficient qui vaudrait 1 pour une puissance de x de -1 également, donc ça diverge."
"... en effet. Comme je le disais, on a ici une illustration de l'efficacité de l'analyse réelle et de la puissance de ses théorèmes qui nous permettrons ..."
"Tu te débrouille en math comme ça. C'est quoi ta politique sur l'aide aux voisines?" Lauren dit sans desserrer les dents.
"Ca dépend de mon humeur et de la personne. A titre purement indicatif, j'adore les brownies."
"J'en prends note." Lauren retrouva le sourire. "Les Cullens sont presque tous appariés. Rosalie et Jasper Hale sortent respectivement avec Emmett et Alice Cullen,il ne reste plus qu'Edward comme électron libre."
"Tu parles d'un coup de bol! Ils ont adoptés les Hales parce qu'ils sortaient avec leurs enfants?"
"Ils sont tous adoptés. Mais ouais, c'est bizarre." Elle prend un air supérieur. Ce n'est pas ce que j'ai dit, jamais je n'aurais dit ça. Je trouve cela insultant même.
"Je ne trouve pas ça bizarre. Quand tu passes vachement de temps avec quelqu'un qui n'est pas de ton sang, il y a forcément quelque chose qui va se passer. C'est statistique. Surtout s'ils sont tous mignons comme ces deux là."
"Attends de voir Emmett, dans le genre canon montagne de muscles... j'achète." Elle ronronne presque.
"Oulà, ça fait un peu trop morceau de viande là."
"Quoi? Il n'y a pas que les mecs qui ont droits de mater." Elle hausse les épaules. Difficilement argumentable pour être honnête. Heureusement la sonnerie me dispense de le faire. C'est comme si on venait d'injecter une dose de caféine à Lauren qui en deux temps trois mouvements a rangé ses affaires. "Allez, à plus miss Math!"
Et elle s'en va sans autre cérémonie. Je pousse un soupire de soulagement sans m'en rendre compte. Lauren est stressante, et sexy. Je n'arrive pas à me décider si je l'apprécie ou non, cela tend plutôt vers le non d'ailleurs.
"Mademoiselle Swann, un mot je vous prie." Monsieur O'Connor m'appelle, et j'accours, et merde, premier cours, premier affichage. "Je ne tolère pas les bavardages pendant mon cours mademoiselle, ce sera le dernier avertissement."
"Oui, biensûr, pardon, c'était, le stress du premier cours. Cela ne se reproduira pas." Je dit calmement et il semble se dérider un peu.
"Vous avez suivi une classe avancée en mathématiques?"
"Oui, en effet."
"Alors je ne me fais pas de soucis pour vous. Mais tâchez de laisser mademoiselle Kenner suivre mon cours, elle en a cruellement besoin."
"Oui, bien sûr."
"Vous allez être en retard à votre prochain cours." Il me fait signe de quitter sa classe et je me dépêche de fuir. Génial, affichée à mon premier cours, cela s'annonce bien. Et les maths, en plus. Je n'arrive pas à ne pas faire la comparaison avec mon ancien prof. Bauer était quelqu'un de détendu, il s'est contenté pendant mon année et demi de lire un poly de cours insipide et m'a laissé tranquillement vaquer à mes occupations dans le fond de la classe. Avoir un professeur aussi alerte, cela change. Et beaucoup plus mignon aussi. Et je me suis illustrée à mon premier cours, génial.
"Ne t'en fais pas, O'Connor est comme ça avec tous les nouveaux, même si tu n'avais rien fait, il t'aurait cherché des poux." Une voix chantante me dit dans mon dos et je fais volte face. Devant moi se tient la lutine qui était aux côtés de Jasper, Alice. "C'est sa manière de maintenir son autorité sur la classe."
"J'avais pas l'intention de faire de vague."
"Je me doute bien. Je m'appelle Alice."
"Je sa- suis Lily, ravie de te rencontrer." Je me rattrape, et une vague de honte et de culpabilité m'envahit et je me sens obligée de m'expliquer. "J'ai entendu ton prénom pendant l'appel, et ton haut est juste trop beau alors ça m'a marqué, un peu nul, désolée. C'est le nouveau Valentine, non?"
"Oui! Désolée, aucun des membres de ma famille n'est sensible à la mode."
"Personne n'est parfait." Je me mords la lèvres pour ne pas lui demander si son voisin allait bien. Je ne suis même pas sensée connaître son prénom, et ce serait déplacé.s
"C'est vrai. Passe une bonne journée, et bienvenue à Forks."
Elle est super sympa cette fille, pas étonnant que Lauren ne l'aime pas. Cette remarque me fait dire que je suis vraiment une peste. Je pourrais essayer de mettre ça sur le compte du stress mais ce ne serait pas vrai. Ces pensées me font presque arriver en retard à mon cours suivant, mais ma professeure, Madame Klink, met gracieusement cela sur le fait que je sois nouvelle et me laisse filer à la seule place libre, dans le fond, parfait.
"Salut." Mon voisin blond me salut avec le sourire. C'est dingue, les gens sont vachement sympas en fait. "Laisses-moi deviner, Lily Swann?"
"Quelle âme as-tu sacrifié pour avoir cette information?"
"Le chef Swann a quasiment dstribué la biographie de toi et ta soeur à ma mère."
"A toute la ville j'ai l'impression."
"Au minimum. Certains ont même fait des paris. D'ailleurs, Forks? Première impression?"
"Il y a quoi en jeux?"
"Cinq dollars."
"Le début de la fortune s'annonce pour toi. Pluvieux, mais cool, les gens sont globalement sympa j'ai l'impression. A Phoenix c'était clairement pas le remake d'High School musical."
"Donne pas des idées, certains seraient capable de le faire."
"C'est peut-être déjà le cas. Dans le plus grand des secrets."
"Expliquant au passage la pluie." Il sourit. Humour et mignon, j'aime.
"Et tu t'appelles...?"
"Mike Newton, pour vous servir gente dame."
"Attention, tout ce que tu dis sera retenu, répété, déformé, amplifié."
Il rit, s'attirant les gros yeux de la professeure, qui est visiblement exaspérée par mon voisin mais n'ose pas trop le rappeler à l'ordre. Une vague de pitié et de culpabilité m'envahis, et je mets un point d'honneur à écouter le reste du cours avec attention, même si ce n'est rien de très nouveau pour moi. Après quarante minutes interminable où j'envoie gentiment promener mon voisin qui n'en à visiblement rien à faire de ce cours, et ne semble pas remarquer que j'aimerais suivre, la sonnerie retentit enfin.
"Sauvé par le gong." Il soupire assez fort. Elle a entendu, même si elle prétend le contraire, et cela me serre le coeur. Il était bien son cours, s'il avait eu la décence de l'écouter, il l'aurait su.
"Le cours était intéressant." Je proteste à mon tour assez fort pour que cela ne lui échappe pas. Madame Klink est toute gentille et mignonne, sans parler qu'elle n'a pas l'air très sûre d'elle. Les gens ne respectent pas assez les personnes gentilles.
Mike lève les yeux au ciel. A peine somme nous sortis de la classe qu'il est salué par des amis.
"Hé Tyler, Newt, vous connaissez la nouvelle Lily Swann."
"Salut." Tyler me regarde de haut en bas. Génial.
"Eh ben Mike, tu ne perds pas de temps." Un de ses potes lui envoie un coup dans l'épaule, et un petit froid me passe dans le dos. Décidemment, ce garçon marque des points. Et ses potes aussi.
"Tu manges avec nous?" Mike me demande.
"Je dois aller retrouver ma soeur."
"Oooh les soeurs qui se retrouvent à la cafet? Et est-ce que vous faites... tout ensemble?"
Urgh. Je crois que j'ai trouvé le beauf de lycée. Super. Et dire que la journée commençait si bien. Enfin, après une brève analyse de mes précédents cours, ce n'est pas vraiment vrai.
Mike n'a pas apprécié la remarque de son comparse, visiblement car il lui a donné un petit coup de poing à l'épaule, façon dude des années 60. J'en profite pour prendre la poudre d'escampette. Ce n'est pas très difficile de trouver la cafétéria -il n'y a qu'à suivre le flot d'élèves- et c'est avec un soulagement non dissimulé que je retrouve ma soeur. Je crois n'avoir jamais été aussi heureuse de la revoir. Evidemment, je la retrouve au pôle salade.
"Alors, tu survis?" Je lui demande, tachant d'apparaitre un peu plus enjouée que je le suis réellement.
"A peine, et toi?"
"Je ne sais pas encore. Je te ferais une présentation power point ce soir si tu veux."
"Charlie va sans doute la demander pour nous deux."
"C'est Charlie quand même, on peut compter sur lui pour ne pas trop insister."
"La fille Jessica m'a proposée qu'on mange avec elle."
"On? Mais papa a distribué nos cartes d'identité ou quoi?"
"C'est toi qui disait il y a deux secondes qu'on pouvait compter sur lui pour ne pas trop en faire."
"Des paroles malheureuse, que je regrette."
"Et de ton côté?"
"Je passe."
"Tu es sûre? Elle ne me dit trop rien."
"C'est soit ça soit les beaufs du coin." Je penche la tête. Ils viennent d'arriver dans la cafet et ont tôt fait de nous appeler, grands signes et tout ça. Gênant. Le visage de Bella se ferme, comme si elle venait d'avaler un citron tout rond.
"Tu as vraiment le chic."
"On ne choisit pas ses voisins tu sais?"
"Va pour Jessica et sa clique." Bella grommelle.
"Essaie de ne pas trop sourire, elles risquerairent de penser que tu es contente."
"On est dans une petite ville d'à peine 3 000 habitants-"
"Alors techniquement 3 122"."
"C'est ça, fais la maligne. Cela ne changera pas le fait qu'il pleut environ 344 jours par ans, et qu'il neige le reste du temps." Elle soupire. Décidemment, ma soeur est un véritable petit rayon de soleil aujourd'hui. "Allons-y, sinon je vais changer d'avis."
"Tu as déjà changé d'avis Bella, la seule différence est que je suis là pour te rappeler que c'est une mauvaise idée." Je dis, et elle lève les yeux au ciel, ce qui veut dire qu'elle sait que j'ai raison. C'est sans doute pour cela qu'elle sourit presque quand nous arrivons à la table de la dénommée Jessica, où nous prenons place. Je reconnais vaguement quelques visages, dont ma voisine de math, Lauren, qui ne se donne même pas la peine de me saluer et regarde Bella comme on regarde une mouche.
"C'est dingue, je croyais que vous étiez jumelles, mais vous ne vous ressemblez pas en fait." Jessica dit. Je grince des dents. C'est peut-être l'habitude d'entendre cette remarque à répétition. Oui nous nous ressemblons pas vraiment. Je tiens plus de Renée avec mes yeux bleus, ma peau bronzée, alors que Bella tient plus de Charlie avec ses yeux sombres et sa peau d'albatre. Mais nous avons les même cheveux, presque. Il faut dire que le terme jumeau est assez large, cela indique une seule naissance, mais en fait on peut très bien être issu de deux cellules oeufs différ- ok, oui, pas le moment de disserter sur le cours de biologie.
"Souriez!" Une fille au visage très tout arrive, immédiatement suivi d'un flash lumineux.
"Arrête." Ma soeur cligne des yeux.
"Désolée, c'est pour le journal."
"Le journal?" Je lève la tête immédiatement "Et vous recrutez encore pour le journal?"
"Pourquoi, ça t'intéresse?" Lauren me jette un regard condescendant, et Angela rougit jusqu'aux racines.
"Ouais, carrément! J'étais dans l'ancien journal du lycée, c'était génial."
"Ecrire des articles sur les régimes alimentaire, youhou!"
"Il faut bien se faire la patoune. Une fois que c'est fait, c'est tout sauf ennuyant." Je me tourne vers Angela "On avait une rubrique c'était 'racontez tout à tata Léponie'. En gros c'était une rubrique où chaque semaine tata Léponie répondait à un lecteur anonyme qui lui demandait conseil. Peine de coeur, problème de guitare, insomnie chronique..."
"C'était une rubrique de psy quoi. Pas de quoi en faire un plat."
"Lauren chérie, c'était plus que ça. On était une team d'investigation. Tu voulais savoir si un mec était libre sans impliquer aucun de tes potes, tata Léponie menait l'enquête pour toi. Lancer une rumeur, révéler des secrets, une véritable équipe de comères."
"Vous lanciez des rumeurs?" Angela demande, assez réticentes.
"Des trucs gentils, genre des rumeurs sur la fondation de l'école, ou par exemple, quand on savait que deux personnes se tournaient autour sans se l'avouer, on donnait un petit coup de pousse." Je sens mes joues me bruler en imaginant ce qu'elle a pu s'imaginer. Meeeeeerde, elle a l'air trop sympa en plus. Et elle va me prendre pour une garce.
"Trop mignon." Angela s'anime un peu, visiblement soulagée. "Ecoute, si tu es intéressée-"
"Elle l'est." Bella sourit depuis la première fois qu'on a attéri à Forks. "Le journalisme et elle c'est une grande histoire d'amour."
"Ca reste un journal de lycée." Lauren lève les yeux au ciel.
"Et alors?" Je me tourne vers Angela, pour éviter qu'elle me voit énervée. "Tu disais?"
"On a une réunion demain soir, tu pourrais venir?"
"Carrément!"
"Super." Elle dit d'une voix tranquille. "Quel cours as-tu demain après midi?"
"Je finis par littérature."
"Moi aussi, on aura qu'à y aller ensemble."
"Trop bien." Lauren lève les yeux au ciel et Jessica retient avec peine un petit rire. Et je m'en fiche pas mal en fait "Et toi Bella, tu veux rejoindre le club du journal?"
"Eh bien..." Son regard se perd au dessus de la tête de Jessica "Ils sont élèves ici?"
"Ah, les Cullens." Jessica a le regard qui pétille comme si elle venait de gagner miss monde. "Ce sont les enfants adoptifs du docteur Cullen, ils sont arrivés il y a quelques années."
"Et ils sont un peu réservés."
"Ouais parce que ils sont ensembles! Genre, vraiment ensembles!" Jessica sautille presque sur sa chaise "La bonde, c'est Rosalie, elle sort avec Emmett, ils ne font qu'un. Je suis même pas sûre que ce soit légal."
"Jessica ils n'ont aucu lien de parenté."
"Ouais mais ils vivent ensemble c'est bizarre."
"Bah, un peu d'amour en plus dans le monde, ça ne fait pas de mal."
"Ils auraient pu se cantonner à l'amour fraternel. Bref. La fille, elle s'appelle Alice, elle est super bizarre, elle sort avec Jasper, le grand blond qui a tout le temps l'air de souffrir."
"Mais il souffre vraiment ou il est comme ça?"
"Son père adoptif est docteur, je ne crois pas qu'il y ait de soucis à se faire." Angela me répond.
"Et lui."
"Ah, Edward Cullen, il est carrément à tomber, comme tu peux le voir, mais apparemment personne n'est assez bien pour lui. Comme si j'étais intéressée, donc vraiment, ne perdez pas votre temps." Jessica a du mal à cacher sa rancoeur, et je n'arrive pas à me décider si c'est triste. Certes, se prendre un rateau, ce n'est jamais plaisant, mais c'était pour son physique, lui a-t-elle jamais parlé? Est-ce pour cela qu'elle hait à ce point sa famille? Etaient-ils amis?
"J'en avais pas l'intention."
"Visiblement non." Lauren dit d'un air supérieur. Non, je ne l'aime pas. Et c'est ma voisine de math, génial. Je pourrais par inadvertance couper la table à la tronçonneuse pour les forcer à me relocaliser autre part. Ma soeur rougit, pas étonnant, Bella est un détecteur à garce.
"C'est moi ou il a des cheveux super soyeux?" Je tâche de faire diversion.
"Si, ça va faire un an que Ben essaie de savoir comment il fait. Pour le journal, il s'est dit que ce serait marrant." Elle rougit à son tour. Oh, mon, Dieu. Je crois que j'ai trouvé ma future meilleure amie.
"Et Ben illustre encore sa virilité."
"Oui, parce que c'est bien connu les mecs virils ont tous des cheveux crades et dégueux." Je réponds sèchement, et Lauren me fusille du regard. Je sens que les cours de maths vont être tordant. Jessica nous regarde toutes les deux comme si elle espérait un combat de chat.
"Attends de le rencontrer." Lauren dit avec mépris, et Angela à nouveau rougit jusqu'aux racines, sans trop oser dire quoique ce soit.
"Carrément, il sera à la réunion de demain, c'est ça?" Je demande à Angela, cette dernière hoche la tête en clignant des yeux, comme si elle s'attendait à ce que je prenne feu spontanément "Quelqu'un qui bosse au journal peut qu'être extra."
"Quand tu dis extra, tu veux dire extra-gênant?" Lauren n'en démord pas et refuse de prendre la porte de sortie que je lui avais tendue sur un plateau. Bon, vraiment tant pis pour les maths, c'était un peu prévisible, même si j'aurais aimé éviter. Je pourrais peut-être dire au prof que j'ai des problèmes de vue. Après, cela impliquerait que je devrais porter des lunettes dans les quelques mois qui suivent. Mmh, je pourrais sûrement en trouver des fausses, mais si jamais-
"Est-ce que quelqu'un sait où se trouve le bâtiment E?" Bella me prend de vitesse et demande calmement. Je cligne des yeux, ce n'est pas dans les habitudes de Bella de s'engager dans une conversation de son plein grés, voir de parler tout court avec des inconnus. C'est déjà assez étrange qu'elle ait parlé à Jessica... hum, peut-être que l'inverse s'est produit, plutôt.
"C'est de l'autre côté du Hall quand tu arrives." Mike dit empressement, visiblement ravi de changer de sujet. Apparemment, je combat de catch était plus proche que je ne le pensais. Une brève vision de Lauren me vient à la tête, en tenue, sexy et peste, en train d'essayer de me tirer les cheveux. "Tu as cours de sciences nat?"
"C'est ça."
"Cool, moi aussi." Il dit avec un enthousiasme débordant qui lui vaut un regard sinistre de la part de Jessica. Il n'a pas l'air de s'en préoccuper, d'ailleurs, il n'a pas vraiment l'air de se préoccuper de Jessica il faut dire. Il devrait, vu le regard qu'elle lui jette. Fait-il exprès de ne pas le voir, ou est-il véritablement stupide?
"Et toi Lily?" Angela me demande timidement.
"Latin."
"Tiens, comme Lauren." Jessica a du mal à dissimuler sa satisfaction. "Il faut croire que vous n'allez plus vous quitter."
Merci destin de merde, vraiment, j'apprécie ce pied-bouche que tu m'offres sans que je t'ai rien demander. Je commence sérieusement à envisager de porter des fausses lunettes, avec un peu de chance, les profs n'y verront que du feu, en plus cela me fera un petit style, genre Lois Lane, mais la version qui essaie de rester en vie.
Un rire fuse dans mon dos, et je détourne presque immédiatement la tête. Visiblement, Edward Cullen trouve quelque chose d'assez drôle pour en faire part à sa soeur. Ok. Pourquoi pas.
"D'ailleurs, il serait peut-être temps qu'on y aille." Mike Newton dit comme s'il n'avait pas entendu ce qui s'était passé. Ok, ce mec est con. Il dévore ma soeur des yeux, mais pas d'une manière mignonne, genre oh un bébé loutre, trop mignon, mais du type, oh, un super morceau de steak. Je me retiens de le gifler avec grande peine. Mon seul réconfort, c'est qu'il peut toujours courrir. Les grands blonds benets, cela n'a jamais été le style de Bella. Elle me lance un regard amorphe. I hear you sister. Loud and clear. Quoique je choisirais volontier un con comme Mike comme escorte plutôt que de devoir supporter Lauren une seconde de plus.
Nous nous levons donc, afin d'aller à nos cours respectifs, Angela me lance un petit signe quand nous nous séparons enfin. J'ai déjà précisé que je la voulais comme BFF, non? Et je m'avance dans le couloir opposé, en essayant d'ignorer la figure svelte de Lauren à quelques mètres de moi. Yeah. Allez Lily, tu n'es pas un bébé phoque, tu PEUX éviter les coups.
J'entre donc dans la salle de classe, où une petit femme version mamie gateau toute mignonne m'accueille avec un grand sourire, au point que je souris à mon tour.
"Salve!" Elle me dit chaleureusement -dingue, même sa voix est trop mignonne - "Tu dois être Lily Swann, bienvenue dans ma classe. Voici ton livre de grammaire, va donc prendre place!"
Je regarde rapidement la classe. Saint Ebenezer, patron du karma, venez moi en aide. Bien sûr, comme toujours, saint Ebenezer se tient les côtes à foce de rire et la place innoccupée se trouve à gauche de Lauren, bien sûr. C'est vraiment bien ma veine de- Ah non, correction! Il y en a une autre, proche de la fenêtre, à côté du grand blond Cullen... Jasper, qui décidément a l'air plus que jamais malade. Ah, on dirait que pour une fois, mon saint patron s'est décidé à m'écouter. Merci à toi!
Je tâche de me dépêcher sans en avoir l'air. Histoire que ce cadeau des dieux ne me glisse pas entre les doigts.
"Excuse-moi, la place à côté de toi est prise?" Je demande en essayant de prendre un ton détaché, pas trop désespéré. Peut-être que sa copine va venir, après totu c'est une bonne place, quelqu'un devrait déjà s'être assis à ses côtés, si ça se trouve c'est encore une farce de saint-
"Non." Il répond simplement, un peu étonné et dans ma tête, quelqu'un danse la samba. Yes YES YES! Il ne pourra jamais comprendre la reconnaissance que j'éprouve actuellement. Etrangement il semble se dérider un peu alors que je m'asseois à ses côtés, même s'il reste toujours aussi, voir plus tendu.
"Super, merci, je m'appelle Lily."
"Je sais." Il dit un peu durement. Euh, qu'est-ce que j'ai dit? Ah merde, peut-être qu'il se souvient de ce matin, peut-être qu'il pense que je suis aussi garce que Lauren. Est-ce le cas, suis-je une garce? Regardons les faits. En une seule matinée, je me suis faite une ennemie jurée, j'ai insulté dans ma tête un garçon, la nana qui crushait sur lui et-
"Moi c'est Jasper." Il reprend d'un air plus tranquille, et je dois me retenir pour ne pas soupirer de soulagement. Un sentiment d'apaisement m'envahit.
"Je sais aussi." Je m'entends dire. Putain mais je suis complêtement conne! Pourquoi j'ai dit ça? Autant lui dire carrément 'ouais j'ai bitché sur toi toute la matinée, car vois-tu je suis assez stupide pour parler à des filles comme Lauren ou Jessica' et... il faut que je me calme.
Il se contente de rire légèrement, avant de se reprendre. Comme si chaque bouffée d'air qu'il inspirait était une torture pour lui. C'est terrible, qu'est-ce qui lui est arrivé? Ca me rappelle un éditorial qu'on avait fait sur les gazs de la première guerre mondiale. Mais à priori, il n'y a aucune raison pour qu'un adolescent du nords de Seattle ait eu le malheure de respirer des armes chimiques. Bref. Je m'arrête bien vite de délirer. Je ne peux pas en revenche m'empêcher de ressentir une vague de compassion pour lui.
Il me lance un petit sourire surpris. Merde, j'ai dit ça à voix haute? Non, il est sûrement surpris que je connaisse son nom sans jamais lui avoir parlé. Sûrement ça. Bien sûr.
"Nous ne sommes pas d'aussi grandes célébrités que les Swann." Il répond tranquillement, de cette manière étrange, comme s'il retenait sa respiration, et parlait sur ses réserves d'oxygènes. "Vous avez été annoncé comme les messis."
"C'est pour cela qu'on est venu, on voulait créer notrep propre religion et Forks a semblé être un bon endroit pour récolter des fidèles."
"Récolter, rien que ça."
"Berger, brebis, graine, pain... on reste dans le champs lexical."
"C'est vrai." Il retient un petit rire, comme je le fait quand je suis à bout de souffle. Merde, si ça se trouve, il a une maladie pulmonaire et je suis en train de l'asphixier et il est trop gentil/pudique pour me le di... il faut vraiment que je me calme. Il regarde derrière moi, et évidemment je l'imite, pour découvrir Lauren, et son voisin de dernirèe minute -Tyler?- en train de nous regarder et visiblement de cracher son venin sur nous. Sans se donner la peine d'être vraiment discret, vue la tête gênée de leur voisin de devant. Yay, une nouvelle amie. "Je suppose que tu as déjà rencontré Lauren?"
Manière polie d'amener la chose. On était en math ce matin même, il le sait déjà. Mais il a la délicatesse de me laisser une porte de sortie.
"Brièvement, je ne crois pas que, ahem, on va bien s'entendre."
"Lauren ne s'entend pas avec grand monde."
"Elle ne manque pas d'admirateurs." Je souligne tout de même, en remarquant la tête gaga que Tyler fait. Evidemment, elle est magnifique comme fille, du genre star de cinéma. Ca doit être la plus jolie fille du lycée, hormis Rosalie peut-être, et Alice. Et Bella.
"Hitler avait des admirateurs." Il souligne, et j'ai tout à coup une vision de Lauren avec une moustache en brosse, en train de la faire permanenter et même si je sais que ce n'est vraiment pas drôle, j'étouffe avec grande peine un petit rire. Lauren s'empresse de me jeter un regard venimeux... mais dit donc, je suis experte à me faire des amis aujourd'hui! Mes chances de finir avec un chewing gum dans les cheveux vient d'être multiplié au moins par quatre. Fantastique, j'adore devoir faire des allez-retour chez le coiffeur à cause d'une garce sans aucun style.
Enfin, c'est pas vrai. Elle a du style.
Le reste du cours se passe en silence. Jasper est clairement à la limite de l'asphyxie vu la tête qu'il fait, et je n'ai vraiment pas envie d'être la cause d'une mort. Ce serait presque comme si je l'avais tué, donc NON. Il est clairement mal, et c'est d'autant plus perturbant que tout le monde à l'air de n'en avoir rien à faire. Enfin, quand même, même la professeure qui est visiblement un amour, cela n'a pas l'air de la préoccuper plus que cela qu'un de ses élèves donne l'impression qu'on est en train de lui arracher les poumon. C'est peut-être un cancer. Merde, ce serait vraiment horrible. Je crois avoir lu un truc du style, pour un édito, le cancer des poumons peut laisser des séquelles. Cela expliquerait aussi pourquoi il a le teint si pale.
La sonnerie me rappelle à moi de manière si subite que j'en suis presque choquée. Je me sens bien. C'est assez étrange, comme si tout n'était que paix et calme. Le stress de ce matin semble tout à fait absurde, et je me prends à fredonner sur le chemin vers le parking.
Bien sûre, comme c'est Bella qui sait conduire, c'est elle qui a les clés de l'engin destructeur des mondes, et je me retrouve à me geler les miches sur le parking pendant au moins une bonne demi-heure avant qu'elle daigne ramener ses miches.
"Sérieusement Bella t'abuse, on se les gèle!" Je grommelle quand elle commence à être assez proche pour m'entendre sans avoir à hurler "Tu pourrais quand même... whoah, Bella?"
"J'en ai ma claque de ce lycée." Elle monte dans le tank en claquant la portière, les yeux rivés sur le volant et fait ronronner le moteur, me laissant à peine le temps de mettre ma ceinture.
A sa tête je vois qu'elle n'a vraiment pas envie d'en parler, et comme se faire harceler par quelqu'un quand on a pas, mais vraiment pas envie de parler est très chiant, je me contente donc de fixer la route défiler par la fenêtre. Vert, tellement de vert c'est dingue.
Beaucoup de trucs sont 'dingue' aujourd'hui.
Dingue.
Nous arrivons chez Charlie sans encombre, après un petit détour au magasin. Quelque chose d'assez moche doit s'être passé en biologie car Bella ne proteste même pas lorsque je propose de faire une pizza. Je fais mine de n'avoir rien remarqué, et même si elle ne le montre pas, je sais qu'elle m'en est reconnaissante -elle a cette petite ride sur le front lorsque qu'elle apprécie quelque chose mais qu'elle ne veut pas le dire. Nous préparons le repas tranquillement et la pizza est prête lorsque Charlie est de retour. Nous mangeons tranquillement, Charlie fait un effort sur-humain et nous demande comment s'est passé notre journée. Il est vraiment très inconfortable avec tout ce qui touche de près ou de loin aux émotions. Je tâche de dresser un tableau pas trop déprimant pour éviter qu'il se fasse du soucis, sans trop être optimiste et qu'il comprenne que c'est un joli petit mensonge.
Je pense que je me débrouille pas trop mal, vu son expression, et nous finissons par monter dans notre chambre, à faire nos devoirs, à lézarder, pour finalement aller nous coucher.
Je commence à m'endormir, quand la voix de Bella brise le silence, à peine audible au dessus de la pluie qui s'est levée.
"Tu as eu un cours avec un Cullen?"
Je mets un instant à comprendre que ce n'est pas un rêve.
"Euh, ouais, Jasper, pourquoi?" Je demande prudemment.
"Oh, rien. Il était comment?"
"Malade, je crois. Pourquoi cette question?"
"Mon partenaire de biologie est Edward Cullen." Elle dit sourdement. J'essaie de me rappeler de qui il s'agit. Ah, oui, le petit dernier, le canon aux cheveux avec des reflets roux. Mais vu son ton, il n'était pas... enfin qu'est-ce qu'il a pu lui faire? Il l'a mordu ou quoi? "Je crois qu'il ne m'aime pas."
"Après un cours?"
"Mmh, il me fusillait du regard, comme si je venais de poignarder ses parents. Avec de la vrai haine et tout." Elle dit dans un murmure tremblotant "Je crois qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez moi.
"PARDON!" J'allume ma lampe de chevet et me redresse immédiatement.
"Putain Lily! La lampe! Tu abuses!" Elle couvre son visage avec son oreiller.
"Non, non jeune fille, hors de question que je te laisse dire ce genre d'inepties!" Je bondit sur son lit et lui arrache son oreiller. Évidemment, elle fait tout pour éviter mon regard "Bon, tu sais ce qu'on va faire? Demain, on va aller le voir, lui demander c'est quoi son problème-"
"Urgh Lily! Non!" Son visage s'empourpre.
"Oh que si! Et s'il le faut, je lui botterai son joli petit cul et on verra s'il fait encore le ténébreux trop cool pour ne pas snober ma soeur!"
"Lily, tu ne le feras jamais, et tu le sais."
"Non, mais l'imaginer c'est assez cool. On ira quand même le voir. Personne ne nous snobe."
"Personne ne t'a snobé toi."
"On est jumelle. Quelqu'un te snobe c'est me snober moi, et vice versa." Je passe mon bras autour de ses épaules "Je parie qu'il t'a snobé parce que tu es beaucoup trop jolie."
"C'est ça!"
"Oh que oui! Edward, c'est quoi comme nom ça? Je te parie ce que tu veux qu'il a fait le voeux de rester vierge jusqu'au mariage. Tu es trop jolie, tu lui rappelles à quel point c'est dur, et il t'en veut."
"Tu étais obligée de faire cette remarque, n'est-ce pas?"
"Et demain, on ira le voir, et on lui en collera une, qu'il se fasse pas d'idée!" Je continue, impassible "If he likes it he puts a ring on it!"
"Pff tu es bête." Elle lève les yeux au ciel, mais je vois le début d'un sourire se dessiner sur ses lèvres.
"Il faut bien que l'une de nous deux le soit." Je lui fais un smack sonore sur la joue et retourne dans mon lit. Je n'ai pas éteint la lumière pendant dix minutes que ma soeur est déjà endormie. Le blablatage ne tarde pas à arriver. Elle se met à grommeler dans son sommeil, de manière assez forte pour que je l'entende, mais pas assez intelligible pour que je comprenne en substance ce qu'elle dit.
"Edward." Je l'entends dire au bout d'un moment.
Ce type, est, mort.
à nouveau, si ce chapitre t'a plu, n'hésite pas à lacher une petite review! Ca fait toujours plaisir!
1Dramallama OUT!
