Warning /!\ Ceci n'est pas, je le répète, ceci n'est pas un chapitre à part entière. Ceci est un chapitre-bonus très court pour vous remercier, vous, mes 101 followers ! ( et accessoirement tous ceux qui me lisent).

Je n'ai rien à dire pour ce bonus. Tout est dans le titre.

Mais pour ceux qui sont d'humeur émotive ce soir, je vous conseille de reporte la lecture à plus tard. Car la mort, dans ce bonus, a fait son travail. Alors je sais que ce n'est pas super sympa de vous offrir un chapitre triste en guise de remerciement, mais j'aime beaucoup le personnage d'Erno Ushen. Et je voulais vous montrer ce qu'avaient été certains moments passés entre lui et Harry. J'espère que vous aimerez..

Merci, merci, merci.

Mylush.


Bonus 1 : Erno, Harry & Seth Brundle.

Le soleil tombait doucement vers la ligne de l'horizon. Dans quelques minutes, les grandes montagnes rougeoyantes le cacheraient et la nuit commencerait à s'installer bien confortablement. Harry Potter était là, tranquille, faisant léviter d'une main distraite un bidon rempli d'eau froide, s'entraînant ainsi à la pratique de la magie sans baguette. Un craquement sourd, caractéristique d'un transplanage retentit soudain, le sortant vivement de ses pensées. Il relâcha sa magie sur le bidon, et bien avant que celui-ci ne tombe au sol, Harry était debout, la baguette pointée vers la source du bruit. Il ne se détendit pas lorsque l'homme en face de lui brandit les paumes des mains ouvertes en avant, dans un signe de paix. Voyant que cela ne suffisait pas pour rassurer le brun, le nouvel arrivant haussa les épaules et lui fit un signe de tête. Harry raffermit sa prise sur la baguette et demanda d'une voix calme, une étrange question :

- Quelle a été la dernière chose que j'ai avalé en ta présence ?

Le jeune homme en face de lui éclata d'un rire sonore puis répondit dans un sourire goguenard :

- Une mouche. Tu l'avais nommée Seth Brundle (1). Elle n'a pas survécu à l'épreuve suprême qu'est ton estomac.

Harry baissa sa baguette et s'avança rapidement vers le nouveau venu. Ce dernier lui fit un sourire éclatant et écarta les bras dans une invitation d'accolade. Harry ne se fit pas prier et ils s'étreignirent amicalement pendant une bonne dizaine de secondes. Puis Harry s'arracha à l'étreinte, et demanda d'une voix sourde :

- Comment... ? Je te croyais mort.

Le jeune homme éclata de rire, une nouvelle fois, puis tira sur le col de son manteau, libérant un carré de peau sur lequel s'étendait une large cicatrice.

- Il s'en est fallu de peu. Mais on ne se débarrasse pas d'Erno Ushen comme cela, mon ami. Et puis, me faire tuer par un voleur des rues, franchement, tu avoueras que cela manque de style.

Puis, reprenant plus sérieusement :

- Et toi, comment vas-tu ?

Harry haussa les épaules, et commença à marcher, les yeux fixés sur la prairie verdoyante qui s'étendait autour de lui. Erno se cala à son rythme, respira un bon coup l'air pur qui s'offrait à lui, et attendit que son ami lui réponde. Chose qui ne mit pas longtemps à arriver :

- Physiquement, je vais bien. Mentalement, c'est autre chose. Ton pote chauve a réussi à capturer Viktor, et je crains pour sa santé mentale. Voldy sait qu'il est un vampire. Il va sûrement le faire jeûner. Je ne sais pas comment je vais le retrouver, lorsque j'arriverais à le sortir du manoir. Le pire, c'est Dexumria. Elle ne s'est pas posée un instant depuis la capture de Kator. J'ai l'impression qu'elle ne vit plus, ou du moins dans le seul but d'arriver à le libérer. Je ne supporte plus de la voir, ça me fait trop mal.

Il s'arrêta de parler, et passa une main lasse sur son visage :

- Mais je n'ai pas envie de parler de ça. Tu es là, et je n'ai pas envie de parler de la guerre. Alors raconte moi quelque chose.

Erno sourit faiblement. Harry et lui appartenaient à des camps opposés. Et le Survivant avait horreur de l'entendre dire que le régime proposé par Voldemort n'était pas si mal que ça. Le brun ne comprenait pas comment il pouvait cautionner les assassinats que le mage noir commettait. Erno avait arrêté d'essayer de lui montrer son point de vue : cela ne servait à rien, Harry était une tête de mûle. Doucement, il commença à raconter :

- Je suis parti en Alaska. Tu devrais y aller, un jour, c'est magnifique, et rempli de créature toutes aussi captivantes les unes que les autres. Par une journée de grand froid, je suis tombé sur un renard des neiges. Un être magnifique, pour lequel les braconniers donneraient père et mère pour en posséder la peau. Un autre jour, il faisait soleil alors...


Harry somnolait doucement, sa joue enflée répandant une étrange chaleur sur son visage. Son bras cassé reposait difficilement sur sa poitrine. Cette dernière se soulevait avec irrégularité, et son nez avait du mal à engouffrer de l'air. Un bruit de pas s'approcha de la cellule dans laquelle il se trouvait. Ne voulant pas montrer à son ennemi son aspect faible, il se releva sur un coude et affronta du regard le nouveau venu. Mais bien vite, son regard de glace fondit, et ne resta plus qu'une lassitude énorme. Devant lui se tenait un Erno Ushen passablement affolé. D'une voix brisée, celui-ci murmura :

- L'Ordre arrive. Le maître l'a appris. Fais attention à toi, je t'en supplie. Je dois t'emmener à lui. Ne réplique pas, ne l'affronte pas, reste courbé. Tu es en trop mauvais état ne serait-ce que pour subir un unique doloris.

Tout en disant ces mots, Erno avait ouvert les barreaux du cachot, et s'était avancé vers Harry, effleurant doucement sa joue au passage. Le Survivant lui revoya un regard vide. Voilà deux semaines qu'il était ici, et voilà deux semaines qu'Erno passait devant sa prison et lui glissait quelques mots. Au début, il s'était dis qu'il pourrait l'accepter : Il pourrait accepter de voir celui qu'il respectait tant agir librement dans les cachots de Voldemort, alors qu'il avait toutes les opportunités pour le faire libérer. Il y a longtemps, alors qu'il se passaient seulement trois jours sans qu'ils se recontrent, Harry s'était fais la promesse de ne jamais lui en vouloir pour ses choix. Aujourd'hui, dans ce cachot sombre, sa promesse s'était évanouie avec l'attente et la torture.

Et Erno comprit tout cela. Il comprit qu'Harry avait atteint sa limite. Il se tourna brusquement vers l'extérieur et braqua se yeux sur chaque recoin de la grande pièce. Constatant qu'il n'y avait personne, il brandit sa baguette vers Harry et lui murmura un sort de rétablissement. Dans la seconde qui suivit, Harry avait quelque peu retrouvé sa raison, et sa respiration se faisait moins laborieuse. Erno chuchota :

- Je ne peux rien faire d'autre, et tu le sais. Je suis désolé. Mais mes choix sont ceux-ci, et rien ne m'empêchera de continuer à y croire. Je sais que tu me comprends. Du moins, tu avais accepté cela. Car si tu refuses mes choix, nous serons dans l'obligation d'arrêter de nous rencontrer. Maintenant prend courage, je t'amène à lui...


Harry jeta un œil à travers la fenêtre de la cabane. Dehors, la neige tombait, et il faisait très sombre. A côté de lui, Viktor faisait semblant de somnoler, et Dexumria avait le regard braqué sur un des murs sales. Harry n'était pas mécontent du silence qui régnait dans la pièce. Impatient, il tournait en rond, ses mains croisées dans le dos, s'arrêtant quelques fois pour jeter un coup d'œil à l'extérieur, par la fenêtre. Puis d'un seul coup, après le craquement du transplange, Erno Ushen apparut dehors. Harry ouvrit brusquement la porte, et lui demanda :

- Quel est mon rêve le plus fou et le moins explicable ?

Erno répondit du tac au tac, mais sans son habituel sourire goguenard :

- Inventer une recette de cookie qui annulerait le mauvais goût du Polynectar.

Harry acquiesça et le laissa entrer. Erno salua gentiment les deux êtres dans la pièce, qui lui rendirent son salut. Puis Ushen se tourna brusquement vers Harry, et alla directement au but :

- On ne pourra plus se voir. Aujourd'hui, le maître a failli découvrir où j'allais. S'il finit par l'apprendre, je n'aurais d'autre choix que de mourir, ou de t'espionner. Au vu de ma grande affection pour la vie, et mon affection encore plus grande pour la tienne, je préfère tout arrêter avant qu'il ne soit trop tard.

Harry hocha la tête sombrement :

- J'avais compris tout cela. Mais je n'avais pas la force de te demander de partir. J'imagine que tu es plus courageux que moi.

Erno porta la main à son bras, et Harry comprit immédiatement que Voldemort faisait appel à ses sbires. Il s'approcha vivement d'Erno, l'enlaça avec force, et celui-ci lui rendit son étreinte. Puis Harry se recula, la gorge nouée et lui lança :

- Ne meurs pas s'il-te-plaît. Et je te le dis, comme nous n'allons plus nous revoir : Va-t'en. Je sais que tu ne voudras pas rejoindre mon camp. Mais va-t'en. Avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'un des deux camps gagne. Va-t'en, et vis. Vis pour toi, vis pour moi, et n'obéis pas aux ordres.

Erno secoua la tête doucement, lui offrant ces derniers mots avant de transplaner :

- Je l'aurais fais, si tu était venu avec moi. Mais comme tu ne pourras jamais t'arracher à cette guerre, il me faut continuer. Adieu Harry Potter. Je souhaite ne plus jamais te revoir avant un long moment. Évite de mourir, cela me ferait du mal.

Et sur ces paroles, il sortit de la cabane, et transplana dans la nuit.


Harry avait arrêté de compter combien de sortilège avaient jailli de sa baguette depuis le début des combats. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il ne s'arrêterait pas tant que tous les mangemorts autour de lui ne seraient pas morts.

Dans une roulade, il évita un jet mortel de lumière verte qui se dirigeait vers lui. Et c'est là, en se relevant, qu'il sut qu'il allait souffrir. Devant lui, l'air pâle et hagard, se tenait Erno Ushen. Sa baguette serrée dans sa main s'était abaissée lorsqu'il avait reconnu Harry. Ce dernier se releva et jeta un bouclier invisible autour d'eux. Des secondes passèrent, tandis qu'ils se dévisageaient longuement, comme pour graver en eux le visage de l'autre. Aucun d'eux ne voulaient faire de mouvement. Et plus important encore, aucun d'eux ne voulaient avoir à tuer l'autre. Harry offrit un sourire tremblant à son vis-à-vis, sachant pertinemment qu'il ne pourrait pas réussir à le tuer. Il allait mourir ici, tué par la main d'un homme qu'il respectait plus que tout. Plus encore, un homme qu'il avait appris à apprécié.

Mais ce qui s'ensuivit resta à jamais gravé dans la mémoire d'Harry. Erno leva doucement la main, et posa deux doigts sur le front du Survivant. D'une voix douce, presque paternelle, il murmura :

- A travers le brouillard, la pluie et le vent, à travers les dunes et les montagnes, tandis que le temps passe en courant, un homme se tient debout, et emmène avec lui mon souvenir.

Et à peine ces phrases écoulées, qu'il leva sa baguette dans un geste si vif qu'il échappa à Harry, et murmura avec tristesse la formule mortelle. Devant le brun, qui n'avait eu le temps de l'en empêcher, il s'écroula, un sourire aux lèvres, au sol, mort.

Et c'est ainsi que s'en fut Erno Ushen, mangemort à ses heures perdues, sacrifié pour celui qu'il n'avait jamais cessé de considérer comme un ami.


(1) : Pour ceux qui ne comprennent pas l'allusion : Seth Brundle (joué par Jeff Goldblum) est le personnage principal du film... La Mouche (de Cronenberg). Je vous conseille ce film absooolument (sauf si vous êtes entrain de manger, là, on attend un peu, on digère un coup, on fais un tour aux chiottes, puis on s'installe tranquillement pour le regarder. Conseil d'amie).


Et voilà un de mes poèmes préférés. A vous de voir ce que vous avez compris par rapport à Erno. Et à vous de voir si ce poème s'accorde avec lui, ou pas.

« Gabriel Péri »

Un homme est mort qui n'avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n'avait d'autre route
Que celle où l'on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l'oubli

Car tout ce qu'il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd'hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux au fond du cœur
Et la justice sur la terre

Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d'amies
Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous son espoir est vivant.

Paul Éluard


Merci

Sorcièrement vôtre,

Mylush