Alan Rickman est mort. Je lui dédicace ce chapitre, même si je pense qu'il en aurait strictement rien à faire. Mais j'aime cet acteur du plus profond de mon cœur, alors ce chapitre est pour lui.
Voilà, alors comme la vie continue tout de même (et que je vais pas dédicacer ce chapitre à tous ceux qui sont morts ces temps-ci, du style Bowie qui est tout de même un roi de la musique), et bien je vous souhaite le bonsoir à tout le monde.
Voici mon huitième chapitre. J'espère que vous l'aimerez. Mais tout d'abord, j'ai deux ou trois précisions à faire, dont deux ou trois très importantes donc vous zavez pas l'droit de vous enfuir :
- Skouare Enix (un grand merci à toi), m'a fait remarqué que j'avais pris l'habitude d'écrire Onja Oulos. Or, au départ, je l'avais nommée Anja Oulos. J'ai donc remplacé tous les Onja par Anja. Ne m'en voulez pas, j'ai pas fais exprès.
- J'ai officiellement deux bêta : Yumin-chi et Karmila23 qui font un boulot géant pour rendre cette histoire à peu près lisible. Je vous invite à brûler un chou rouge en guise de remerciement à leur égard. (Pour les corrections des anciens chapitres, cela vient progressivement, étant donné que j'ai trouvé ma deuxième bêta alors que les 7 premiers chapitres étaient déjà postés)
- Le problème, c'est qu'en fait, lorsque j'atteindrais la 100ème review, je n'aurais pas de bonus à vous proposer, l'ayant déjà posté pour mes 100 followers. Bon. Je pourrais me creuser les méninges et en trouver un, j'imagine. Alors, à vos clavier ! Je vous promets un p'tit nouveau bonus pour la 100ème review. Nah, je fous pas la pression pour que vous me laissiez des reviews... quelle idée..., le premier qui dit ça, je fais mourir Viktor et Dexumria dans un accident de deltaplane. Attention à vous ! MOUAHAHAHHAHAH. Ahem. Désolée.
Voilà pour le plus important. Je fais une RAR en bas.
Disclaimer : Promenons nous dans les bois, pendant que JKRowling n'est pas là. Si elle y était, Harry Potter nous mangerait. Mais comme elle n'y est pas, il nous mang'ra pas !
L'univers d'HP est à JKR. Et c'est aussi grâce à elle qu'Alan Rickman a eu le rôle de Snape, donc je la remercie du fond de mon p'tit cœur.
Chapitre 8 : Le temps d'une confidence:
Le jour n'était pas encore levé lorsque Harry fut réveillé brusquement par des coups discrets frappés sur le montant de la porte de ses appartements. Étant couché dans sa chambre, pièce donnant sur le salon, il refusa de se lever, sa tête trop lourde de sommeil. Mais il savait pertinemment que Dexumria et Viktor étaient installés dans le salon, attendant patiemment que leur ami finisse sa nuit. Ils iraient donc voir à sa place qui passait de si bon matin. Aucun bruit ne se fit entendre pendant un instant, puis le son d'une porte qu'on ouvre parvint jusqu'aux oreilles du Survivant. Des brides de paroles s'échangèrent mais Harry ne put en comprendre le sens. Puis des coups retentirent une nouvelle fois, mais sur sa propre porte et Viktor entra dans la pièce avant même qu'Harry ait eu le temps de dire « Quidditch ». Le vampire avisa l'état son ami, enfoui sous les couvertures, des pointes de cheveux bordeaux dépassant de tous les côtés. D'une voix moqueuse, il expliqua :
- Réveille-toi, la marmotte. Y'a une mioche qui veut te voir.
Le tas informe qui se prélassait sous les couettes grogna quelque chose, et le vampire ramena sa main en coupe autour de son oreille, en demandant :
- Excuse-moi ? Je n'ai pas compris. J'ai beau avoir une ouïe vampirique hors du commun, cela n'empêche pas le fait que je ne comprends pas le langage des Trolls.
Il y eut un instant de silence, pendant lequel le vampire se délectait visiblement de voir Harry se réveiller de mauvaise humeur. Puis la tête du jeune homme apparut au dessus des couvertures, et d'une voix aigre, demanda, tout en s'appliquant à fusiller du regard un vampire un brin trop joyeux pour sa propre santé mentale :
- C'est qui, DèGeneres ?
Le vampire brandit les mains en avant et se recula, comme s'il avait vu le diable :
- Hola mon ami, pourquoi adopter des manières si abruptes dès le matin ? Allez, soit gentil, répète après moi.. Vikkkk...tooooor.. Tu vois, ce n'est pas si compliqué, il n'y a que deux syllabes. Allez, fais un effort mon grand, Vikkk..
Le vampire n'eut pas le temps de finir son petit discours, qu'un Harry torse nu enragé tira les couvertures d'un geste brusque et leva la main vers l'immortel. Ce dernier n'eut pas le temps d'esquiver, et, bien que rien ne fut visible, sentit un étau lui resserrer la gorge. Petit à petit, les pointes de ses pieds quittèrent le sol. Au fur et à mesure que le vampire s'éloignait du plancher des vaches, Harry se levait et s'avançait souplement, menaçant, vers celui qui l'avait mis de si bonne humeur. Oubliant pourquoi Viktor était venu l'embêter, Harry s'engouffra dans le salon, un Viktor en lévitation devant lui, les mains portées à la gorge, essayant d'articuler ce qu'Harry pensait être de jolies insultes salaces. D'une voix enjouée, le Survivant s'adressa à Dexumria, qu'il savait être dans la pièce :
- Dex', que pourrais-je bien faire de cette créature-ci ?
Remarquant que la réponse de Dexumria ne fusait pas, Harry se décida à regarder les alentours, et manqua de se cogner la tête contre le mur, de désespoir. L'elfe se trouvait adossée contre le mur, un sourcil levé, et une moue ennuyée sur le visage, tandis qu'à ses côtés, presque aussi impassible, se trouvait Anja Oulos, seule. Harry lui offrit un petit sourire, et sans plus s'en préoccuper, il lâcha la poigne magique qu'il maintenait sur Viktor. Celui-ci, grâce à ses réflexes de vampire, atterrit sur ses pieds. D'un air vaguement intéressé, il épousseta ses habits d'une main, et de l'autre adressa un salut puéril à la Serdaigle. Celle-ci avait posé le regard sur Harry puis ses yeux s'étaient brusquement détournés, gênés. Harry comprit le pourquoi de la chose, lorsqu'il baissa les yeux. Il était en tout et pour tout vêtu d'un simple caleçon. Dexumria secoua la tête et d'une voix sèche murmura :
- Quel homme répugnant. A mon époque, les mâles ne sortaient pas avant de s'être assurés que leur moindre petit cheveux était bien coiffé, et à la bonne place.
Puis, elle finit par le confondre totalement dans son embarras quand elle acheva :
- Pervers.
Enfin, elle fit un mouvement de la main, et par une force mystérieuse, Harry se retrouva propulsé dans sa chambre, devant son armoire qui venait d'ouvrir ses battants. Le sommeil l'ayant définitivement quitté, il se dépêcha de s'habiller. Un pantalon noir, et un pull gris firent l'affaire. Il enfila des bottines et y glissa, comme à son habitude, une petite dague qu'il conservait sur lui.. par précaution. Quelques années auparavant, il glissait dans ses chaussures sa baguette, réduite au préalable par un sort de rétrécissement, et ainsi, pouvait la sortir quand bon lui semblait. Le conseil de Maugrey Fol-oeil lui avait semblé avisé, et jamais plus il n'avait remis sa baguette dans la poche arrière du pantalon. Mais lorsqu'il eût réussi à maîtriser la magie sans baguette, Harry abandonna son catalyseur de magie, qu'il rangea précieusement, et adopta une arme blanche, facilement maniable, et qui entrait si bien dans la jugulaire de ses ennemis. Tout propre, et tout content, Harry s'en fut vers le salon, où Dexumria avait installé Anja dans un fauteuil. D'une main distraite, elle avait ligoté Viktor, ajoutant pour le plaisir de ne plus l'entendre, un bâillon. Le Survivant sentit le fou rire monter lorsqu'il avisa cette scène. Dexumria, tendait une tasse de thé vers la Serdaigle, et cette dernière ne savait vraisemblablement pas quoi penser de la scène qui se déroulait sous ses yeux. Harry fit remarquer sa présence en buttant accidentellement contre le montant de sa porte, et trois paires d'yeux se tournèrent vers lui, dont une lui envoyant des messages subliminaux de délivrance. Harry passa outre, et se dirigea vers le troisième et dernier fauteuil libre -Dexumria n'ayant pas pris la peine d'asseoir tied-Viktor convenablement-. D'une voix polie, il s'adressa à son élève :
- Bonjour Mlle Oulos. Que me vaut le plaisir de votre visite ?
Anja, qui avait toujours le regard vissé sur le vampire, ramena brusquement ses yeux vers Harry et répondit d'une voix calme :
- Bonjour Monsieur. Désolée de passer ce matin si tôt, mais vous aviez dis que si l'on avait envie de parler de cours avec vous, on pouvait venir vous voir. J'ai cours dans deux heures, et je voulais avoir du temps devant moi pour vous parler. Mais par contre euh.. Est-ce qu'il arrive à respirer ?
Anja désignait Viktor du regard, et ce dernier ferma les yeux dans un remerciement. Mais Harry pouffa doucement et répondit de la négative :
- C'est un vampire. Il n'a pas besoin d'air. Son cœur est arrêté, et l'air ne lui sert donc plus à rien depuis longtemps.
Un éclair intéressé passa dans les yeux bleus glacés de la jeune fille, et Harry put constater, une nouvelle fois, qu'Anja n'était pas à Serdaigle pour rien : elle était avide de connaissance. Harry reprit, tandis qu'Anja acquiesçait, un sourire amusé effleurant ses lèvres :
- Je suis à votre écoute, Mlle. Vous êtes la première à oser venir me voir.. Est-ce que je fais si peur que cela ?
Viktor laissa échapper un grognement, et Harry continua, sans en prendre garde :
- Est-ce que vous désirez me parler seuls à seuls, ou la présence de mes deux...assistants ne vous dérange pas ?
Anja coula un nouveau regard vers les deux non-sorciers, pinça les lèvres un instant puis haussa les épaules :
- S'ils sont là, c'est que vous leur faîte confiance, je présume.
Harry hocha la tête, et répondit :
- Je leur confierais ma propre vie.
Anja parut satisfaite de la réponse, car elle se détendit, et s'enfonça un peu plus dans le fauteuil moelleux dans lequel elle était installée. Ses yeux se perdirent un instant dans la contemplation du liquide brun que la tasse contenait. Ses mains en coupe recouvraient la surface chaude de la porcelaine, les réchauffant un peu. Puis, doucement, elle se mit à expliquer :
- Je vous ai vu, la semaine dernière. Lors de l'attaque des détraqueurs planifiée par Vous-savez-qui.
Harry pinça les lèvres. Dumbledore avait raconté à tous les élèves, ainsi qu'aux enseignants ce qu'il s'était réellement passé et cela n'avait pas convaincu tout le monde. Apparemment, Anja Oulos, l'avait été, elle, convaincue. Un instant, les yeux d'Harry se troublèrent lorsqu'il se remémorait les réactions des Potter et des autres enseignants. Dumbledore avait rassemblé toute l'équipe professorale au complet, la nuit suivant l'attaque, pour leur expliquer. Le lendemain, cela avait été au tour des élèves, d'apprendre la nouvelle...
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Harry s'arrêta devant les gargouilles qui gardaient l'entrée de la salle des Professeurs. Il y était entré quelques brèves fois, durant sa scolarité à Poudlard.. Il s'en souvenait encore comme si cela s'était passé hier : La découverte de Rusards bandant les plaies de Rogue.. Lorsqu'il avait confié Hedwige au professeur Gobe-Planche pour qu'elle la soigne...La fois ou Ron et lui s'étaient cachés dans la penderie, lors de leur seconde année, pour écouter les professeurs parler de la chambre des secrets..
Une main sur son épaule le ramena à la réalité, et Harry tourna la tête pour se plonger dans les yeux sans pupilles de Dexumria. Celle-ci lui sourit doucement, et lui fit un signe de tête en direction des gargouilles. Elle ne lui murmura que quelques mots, rassurants, et Harry s'avança lentement vers les statues de pierre.
- On est là, avec toi.
Les gargouilles laissèrent passer Harry et ses amis sans même discuter, et une porte apparut. Le Survivant la poussa, et pénétra dans la pièce. Tout le monde était déjà là. Certains s'étaient assis sur les chaises qui parsemaient la pièce, tandis que d'autre étaient appuyés contre les murs, discutant à voix basse. Harry repéra directement Lily, appuyée contre le dossier d'une chaise sur laquelle était assis son mari, tenant dans ses bras une Julie endormie. Non loin de là, se tenait Remus et Sirius qui étaient en grande conversation, tout en jetant des regards affectueux vers l'enfant qui dormait les poings serrés. Tous se tournèrent vers Harry, Dexumria et Viktor lorsqu'ils entrèrent dans la pièce. Les conversations s'arrêtèrent quand Dumbledore se racla la gorge.
- Mes amis, ce soir un événement pénible est survenu, et ce n'est que le début d'une longue liste à écouler. Pendant le repas de ce soir, une attaque a été perpétrée à l'encontre de Poudlard et de ses occupants.
Aucun bruit ne fusa, et Dumbledore continua :
- Ce sont des détraqueurs qui sont venus aux portes du château, accompagnés par ceux qui se font appeler Mangemorts. Une centaine des gardiens d'Azkaban étaient là, ainsi qu'une demie-douzaine d'adeptes de Voldemort.
Il marqua une pause, comme pour laisser aux professeurs le temps de faire entrer l'information dans leur tête. Puis, il continua, d'une voix dure :
- Kane les a repérés. A l'aide des ses compagnons, Dexumria et Viktor ainsi que de Filius et Minerva, ils les ont repoussés. Je vous ais réunis ce soir, pour vous mettre en garde. Voldemort devient de plus en plus puissant, et ce n'est qu'une question de temps avant que ses attaques ne deviennent extrêmement dangeureuses.
Harry ferma les yeux, la mâchoire serrée. Lui, savait tout cela. Il savait ce qui allait se produire si personne n'arrêtait le mage noir. Et il s'était fait la promesse de ne plus jamais voir un ami mourir sous ses yeux. Un tic agita sa joue, tandis que sa main tremblotait légèrement. Viktor et Dexumria s'aperçurent directement que l'état du jeune homme commençait à se dégrader, alors qu'il se remémorait avec haine et tristesse les moments où Voldemort avait pris la vie des gens qu'il aimait. Harry se trouvait déconnecté de la réalité, et seule la main de Viktor sur ses épaules l'empêcha de sombrer totalement. Et ni Lily, ni James, ni Remus, ni même Sirius n'avaient manqué l'aspect torturé du jeune homme. Ils ne firent aucun commentaire, et reportèrent leur attention sur Dumbledore qui reprenait la parole :
- J'ai décidé de ne pas annuler les sorties à Pré-au-Lard. Les élèves ne devraient pas être plongés dans un sentiment de peur à cause d'un seul sorcier aux idées noires. Mais je vais renforcer la sécurité autour et dans le château. Je vous demanderais maintenant une chose importante : Portez une grande attention sur vos élèves, sur ce qu'ils font en dehors et pendant les cours. Il se pourrait que certains d'entre eux soient déjà sous l'emprise de Voldemort, ou du moins par le biais de leurs parents.
Après avoir répondu à quelques questions, Dumbledore laissa les conversations recommencer. Chacun parlait maintenant de tel et tel élève qui lui paraissait suspect. Harry, quant à lui, avait peu à peu retrouvé sa contenance, et regardait d'un œil vague les professeurs qui dénonçaient sans vergogne des habitudes non conventionnelles de certains élèves. Harry laissa échapper un grognement désabusé. Dès qu'une situation de crise pointait le bout de son nez, certains oubliaient la politesse et émettaient des hypothèses aussi impossibles qu'étranges sur un possible élève mangemort. Harry, lui, avait sa propre idée de qui pouvait bien diriger le groupe mangemort de Serpentard. Regulus Black était plongé dans la magie noire. Restait à faire que les professeurs ne s'en aperçoivent pas outre mesure, pour qu'il puisse s'en occuper lui même. Mais Harry n'avait toujours pas repéré les leaders apprentis mangemorts des autres maisons, et cela l'embêtait. Il se promit de faire plus attention, et voulut se retirer, mais une voix douce l'appela. Il reconnut la voix à la seconde même où il l'entendit. Lily. Il se tourna, et afficha un sourire amical envers la jeune rousse et son mari. Ce dernier avait l'air impassible. Ce fut Lily qui engagea la conversation :
- Je comprends maintenant, pourquoi tu étais si perturbé lors de notre dernière conversation. Tu aurais dû nous prévenir, nous t'aurions aidé.
Harry laissa échapper un reniflement amusé et lui envoya un sourire :
- Ne t'inquiète pas Lily. J'avais de bons soutiens.
Viktor fit un clin d'œil exagéré et Lily rigola gentiment. Puis brusquement, Julie, toujours dans les bras de son père, se réveilla et jeta un œil à ceux qui l'entourait. Puis, avisant Harry, elle braqua ses yeux verts dans ceux de son vis-à-vis et asséna, tandis qu'elle brandissait les bras dans sa direction :
- Ken.
Ce fut la goûte de trop pour Viktor qui partit dans un fou rire non contrôlé. Dexumria lui tapota la tête et adressa un regard affligé en direction de son ami, tout en répétant avec lassitude :
- Couché, couché, le canidé.
Mais Harry, quant à lui, ne riait pas. Ses yeux étaient vissés sur Remus Lupin. Ce dernier le regardait avec un froncement de sourcil. Ses yeux naviguaient entre Julie et Harry et celui-ci en eût froid dans le dos. Serait-il possible qu'il ait commencé à comprendre... ? Harry se résonna. Cela ne faisait que quelques semaines qu'il était là, et n'avait pas croisé Remus souvent. Mais alors, pourquoi la lueur dans les yeux du loup-garou le faisait-il autant frissonner d'appréhension ?
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Harry revint au moment présent rapidement, et remarqua qu'Anja le regardait avec patience. Harry se fustigea. A force de partir dans ses souvenirs, les gens avaient compris qu'il ne fallait pas le ramener à la réalité, mais attendre que cela passe. Et Anja l'avait compris, elle aussi.
- J'étais là, dans les couloirs, lorsque vous êtes passé courant. Et je vous ai vu vous transformer.
Elle fit une pause. Harry ne broncha pas, mais admira le fait qu'elle ne s'embêtait pas à prendre des détours, et venait directement dans le vif du sujet. La jeune femme aux cheveux noirs continua :
- Vous êtes un animagus, et cela ne m'étonne pas plus que cela. Et c'est justement pour cela que je suis ici aujourd'hui. Pourriez-vous m'apprendre à devenir un animagus ?
Harry pencha la tête sur le côté, intrigué. D'après ce qu'il avait pu voir de la jeune femme, il avait compris que celle-ci ne demandait jamais rien au hasard. Et ce n'était sûrement pas sur un brusque coup de tête qu'elle était venue lui demander cela. Ne sachant pas la réponse, il préféra lui poser directement la question :
- Pourquoi ?
Anja planta son regard dans le sien et pinça les lèvres. Harry comprit immédiatement qu'elle n'avait pas envie d'en parler, et pourtant, il ne fit rien pour la dissuader de continuer. Il fallait qu'il sache. Après tout, il avait pour objectif d'aider des élèves, il était professeur. Anja prit la parole, d'une voix tremblante, qui tranchait avec son attitude irréprochable qu'Harry lui connaissait.
- Je veux pouvoir m'évader.
Harry acquiesça et attendit qu'elle continue, ce qu'elle ne fit pas. Il soupira, et changea de tactique : si elle ne voulait pas lui livrer ses secrets, c'est lui qui allait les découvrir :
- D'où voulez-vous échapper ?
La jeune fille tiqua et Harry comprit rapidement qu'elle hésitait à répondre. Il la regarda un instant puis se leva souplement de son fauteuil pour aller s'accroupir devant celui de la jeune femme. Celle-ci le regarda puis détourna la tête en soupirant dans sa langue maternelle qu'Harry reconnut comme étant du russe :
- Меня это достало... (1)
Viktor gloussa gentiment, sous son bâillon. En 75 d'existence, il avait eu le temps d'apprendre plusieurs langues et le russe en faisait parti. Harry, quant à lui, refusait de laisser la jeune fille se renfermer sur elle-même. Elle était venue le chercher pour lui demander de lui apprendre à devenir un animagus, chose pour laquelle il était entièrement d'accord, mais il fallait en retour qu'elle lui révèle plus d'informations sur la cause de cette demande. La Serdaigle finit par respirer profondément et demanda aigrement :
- Êtes-vous un sang pur, monsieur ?
Harry secoua la tête, en répondant doucement :
- Un sang-mêlé. Mais de nombreux amis proches l'étaient, et j'ai pu apprendre pas mal de chose sur le sujet grâce à eux. Mais continuez...
Anja s'exécuta rapidement, plus aucune trâce d'hésitation dans son regard. Elle avait apparemment pris sa décision, et avait décidé de faire confiance à Harry, chose pour laquelle il lui était reconnaissant. Il se recula doucement vers son fauteuil tout en se relevant, et s'adossa contre celui-ci.
- Je vais avoir dix-sept ans le 8 janvier. J'appartiens à une vieille famille de sang-pur russe qui a migré ici il y a quinzaine d'années. Les Oulos. Vous en avez peut-être entendu parler.
Elle fit une pause, se leva et commença à marcher en rond dans la pièce, ses longs cheveux nois flottant derrière elle. Harry la regardait, intrigué. Effectivement, il avait entendu parler des Oulos à son époque, mais que très rarement, les derniers descendants de la famille ayant été tous tués. Il eut un pincement au cœur. Cela signifiait qu'Anja n'avait pas survécu à cette guerre. Peut importe, il allait la sauver cette fois-ci. La Serdaigle reprit la parole, d'une voix sourde :
- Comme dans toutes les familles de sang-pur, la tradition exige d'une fille qui vient de passer la majorité qu'elle se fiance puis se marie à un homme d'une autre famille de sang-pur. Depuis mes un ans, je suis destinée à me marier avec un homme pour lequel je n'ai aucun sentiment. Il a sept ans de plus que moi et... et... et il... Пиздец!(2) Il préfère les hommes !
Harry ne pipa mot, l'aura de la jeune femme devenant de plus en plus sombre. Il pouvait sentir que l'air était électrique et s'il en avait un jour douté, maintenant il en était assuré : Anja Oulos était une sorcière très puissante. Elle ne méritait absolument pas le sort que l'on lui réservait. Mais Harry ne se permit pas de faire des remarques sur ce qu'elle venait de dire, préférant entendre le fin mot de l'histoire. La brune continua :
- Cet homme, vous devez le connaître. Après tout, c'est un Selwin. Il est le dernier descendant en âge de faire des enfants. Erwan Selwin.
Harry sursauta faiblement. La dernière fois qu'il avait entendu parler des Selwin, cela avait été de la bouche de Dolores Ombrage, qui avait prétexté faire partie de cette prestigieuse famille. Harry grinça des dents au souvenir du crapaud rose, mais reporta son attention sur la jeune fille qui s'était arrêtée de parler, pour respirer un long coup. De son côté, Dexumria avait libéré Viktor de ses liens, et celui-ci, par respect pour la Serdaigle n'avait pipé mot. Il était au courant des traditions qui existaient toujours dans les familles des sangs-purs, sa propre famille (qui l'avait renié lors de sa transformation en vampire) appliquait les mêmes méthodes de mariage. Cela le révulsait totalement. Il ne comprenait pas comment l'on pouvait obliger des jeunes femmes à se marier avec des hommes qu'elles ne connaissaient ni de Merlin et de Viviane ! La plupart du temps, les hommes des familles de sang pur attendaient d'avoir un certain âge avant d'accepter de se marier, pour ainsi jouir d'une position de supériorité sur leur femme... Et il était d'ailleurs étonnant qu'Erwan Selwin accepte de se marier aussi tôt. Mais à vrai dire, vu le petit bout de femme dont il allait hériter, il avait eu raison de faire précipiter les fiançailles. S'il les avait décidées. Car, bien qu'essayant d'attendre le plus possible, il n'était pas rare que certains héritiers de familles de sang pur se voient obligés de se marier relativement tôt, la descendance de la famille se faisant rare.
- Mon but est d'acquérir toutes les ressources possibles pour pouvoir échapper à ce mariage. Et si la condition d'animagi fait partie du lot, alors soit, j'apprendrais. Mais dès ma sortie de Poudlard, j'aurais deux choix. Le premier est de me soumettre à la volonté de ma famille. La seconde est de m'enfuir, de rencontrer un bon gars, de faire des gosses, et de revenir une quizaine d'années plus tard. Ainsi, je ne pourrais plus être forcée : personne n'accepterait de se marier à une femme qui a déjà mené à terme une grossesse.
Harry était impassible. Il savait que les coutumes de certaines familles de sang-pur allaient au delà du raisonnable, mais dans le cas des Oulos, il en était révulsé. Il ne permettrait pas cela. Il posa sa première question depuis le début du discours d'Anja, d'un ton glacé :
- Cet.. Erwan Selwin. Est-il d'accord avec tout cela ?
Anja fit la moue et secoua la tête :
- Étrangement non. Il est autant opposé à ce mariage que moi. Lui, pour d'autres raisons que les miennes. Il préfère les hommes, et m'a clairement dit qu'il ne supporterait pas de devoir me tromper pour.. euh.. assouvir ses désirs.
A ce stade-là, Anja avait quelque peu rougi et tortillait une boucle de cheveux dans ses doigts. Harry laissa échapper un petit sourire. La Serdaigle était très mature, mais gardait tout de même des habitudes enfantines. La brune continua bien vite :
- Pour lui, c'est une question d'honneur. Il ne voudra pas tromper sa future femme, même si cela signifie pour lui s'empêcher toutes relations avec d'autres hommes.
Harry renifla. Foutu honneur. Il se leva, et d'une main distraite, fit apparaître un plateau garni de nourriture. Anja lui renvoya un regard étonné, et le Survivant se souvînt qu'il n'était pas supposé pouvoir faire apparaître de la nourriture dans le château. D'une voix lasse, il expliqua :
- J'ai rendu service à un elfe de maison. En échange, il me prépare des plateaux de nourriture et me les laisse à la température qui convient. Lorsque j'ai faim, je n'ai qu'à invoquer ce plateau, et je suis servi. Un avantage à rendre service à des créatures non-sorcières, c'est qu'elle sont très à cheval sur tout ce qui à rapport de près ou de loin avec les dettes magiques. N'est-ce-pas mes amis ?
Dexumria et Viktor émirent tous les deux un grognements approbateurs, mais ne se prononcèrent pas sur la question. Ils en savaient quelque chose, eux, des dettes... Harry continua, tout en se servant un verre de jus de citrouille :
- Vous devriez manger Mlle Oulos, je crains que notre discussion n'empiète sur l'heure du déjeuner. Parlons un peu de ce prétendu mariage. J'ai bien cru comprendre que vous vouliez l'éviter. A quel point seriez-vous prête à vous impliquer pour l'éviter ?
Anja avala la gorgée de la boisson qu'elle venait de se servir et répliqua :
- Je me battrais jusqu'au bout, professeur, si c'est cela que vous voulez savoir.
Harry hocha la tête, un goût âcre lui remplissant la bouche devant la formulation qu'avait employé Anja. Se battre jusqu'au bout, lui, il savait ce que c'était. Et il doutait fortement que la jeune femme ait réellement compris ce que signifiait « allez jusqu'au bout ». Mais il passa outre et demanda :
-Seriez-vous donc d'accord pour que j'organise, avec l'accord du directeur bien entendu, un rendez-vous entre vous, Mr Selwin et moi-même, pour parler de ce mariage ?
Anja n'eût aucune réaction, puis expliqua doucement :
- Je respecte Erwan, mais je ne sais pas si je peux lui faire confiance. Peut-être ira-t-il tout raconter à ma famille...
Harry laissa échapper un sourire goguenard.
- Oh, ne vous inquiétez pas pour cela, je saurais vous le dire... Et s'il le fait, il le regrettera franchement...
Sur ces mots, Viktor afficha un rictus carnassier, et se lécha les lèvres tandis que Dexumria faisait craquer les articulations de ses doigts, les unes après les autres. Anja éclata de rire.
Harry s'engouffra rapidement dans une des ruelles qui croisait l'Allée des Embrumes, rabattant la capuche noire de sa cape de sorcier sur sa tête. Ses pieds ne faisaient aucun bruit sur les pavés sales.
Des mendiants gisaient ici et là, endormis à cette heure de la nuit. Harry regarda sa montre et grimaça. Il était trois heures du matin, et avait cours dans six heures. Et avec les septièmes années de Serpentard. Il ne serait pas d'humeur à supporter l'attitude de dédaigneuse de Regulus. Harry soupira, et remonta la manche de sa robe sur son poignet. Des gants couvraient ses mains, et dans l'une d'elles se trouvait sa baguette. Il en avait besoin, pour ce qu'il allait faire . Non pas que sa magie sans baguette soit instable, mais il préférait garder le fait qu'il la pratiquait, secret.
Harry se tendit lorsqu'un bruit se fit entendre derrière lui. Faisant comme si de rien n'était, il continua à marcher. Mais discrètement, il s'entoura d'un bouclier qui n'était pas visible pour ceux qui ne voyaient pas les auras magiques. Et à vrai dire, ceux qui se trouvaient dans cette catégorie étaient plutôt rares. Prudent, Harry avança légèrement l'allure de sa marche et tomba finalement sur ce qu'il cherchait : un pub miteux qui n'ouvrait que pendant la nuit. Seuls les sorciers et créatures magiques les plus courageuses et surtout les plus mauvaises osaient entrer dans la bâtisse. Harry l'avait découvert pendant une de ses innombrables mission d'espionnage qu'il avait effectué à son époque. Le pub n'avait pas de nom, et Harry doutait qu'il en ait déjà eu un. Jetant un coup d'œil par dessus son épaule, il put se rendre compte qu'un groupe de trois sorciers le suivait à une distance respectable. Le brun poussa la porte du pub et s'y engouffra rapidement. A l'intérieur, l'ambiance était sombre et glacée. Des chaises qui ne comportaient souvent que deux ou trois pieds étaient disposées dans la grande pièce. Toutes sortes de créatures magiques y étaient installées et la plupart appartenaient à des espèces qu'Harry n'avait jamais vu en vrai. L'une d'entre elles, un foliot si Harry se souvenait de ses cours de Soins aux créatures magiques, était étalée à même le sol, morte. Personne ne paraissait vouloir le mettre dehors, et Harry l'enjamba pour accéder au comptoir, sans même y jeter un coup d'œil. S'adossant au bar, il appela l'être qui s'en occupait. Celui-ci, une goule, (bien qu'Harry n'en soit pas sûr, étant donné que la créature était recouverte d'une bonne couche de suie) s'avança vers lui en ronchonnant. Harry lui jeta un gallion et la créature l'empocha vivement, sans que son geste ne soit aperçu par l'un des occupants de la salle. Attrapant un verre d'une propreté douteuse, la goule acheva de le salir en l'essuyant avec un torchon aussi noir que sa peau. Puis il se pencha imperceptiblement vers Harry qui lui demanda d'une voix roque :
- Je cherche Severus Rogue.
La créature le dévisagea un instant, puis pointa d'un doigt crochu une porte dissimulée sous des amoncellements de peaux de bêtes, derrière le comptoir. Harry le contourna lentement, jetant au passage un coup d'œil dans son dos et s'aperçut que les trois sorciers qui l'avaient suivi s'étaient arrêtés à une table où ils paraissaient avoir rejoins des connaissances. Harry souffla un coup, se morigénant mentalement : il était bien trop tendu. Il est vrai que l'environnement n'était pas propice à la détente, mais à cette époque-ci personne ne savait encore qui il était vraiment, et quelle était sa puissance magique. Il s'avança vers la porte indiquée, et tourna la poignée doucement. De l'autre côté, la pièce était aussi sale que la salle principale, bien qu'un peu plus éclairée. Seules quatre tables rondes entourées de quelques chaises étaient y étaient installées. Seule l'une d'entre elles était occupée. Assis sur une chaise qui, par miracle, possédait quatre pieds, Severus Rogue lisait tranquillement la gazette du sorcier. En avisant la présence d'Harry dans la pièce, il plia le journal et le posa sans douceur sur la table. Il joignit les mains dans une bonne imitation de Dumbledore, et Harry dût s'empêcher de laisser un sourire mi amusé mi attendri apparaître sur son visage. Cela faisait du bien de retrouver son mentor.
Ouais, je suis pas cool, je vous laisse en plein milieu d'un chapitre. Mais que voulez-vous, les cliffhangers c'est soooo coooool (cf : ép de Fairy tail, arc des grands jeux magiques, le juge chauve barré)
(1) : Signifie « ça fais chier » dans un langage assez correct. D'après un gars sur internet. J'fais pas russe moi. J'vois pas où est l'intérêt, à part pour la Vodka. No offense, je rigole, j'aime la Russie parce que c'est normal en.. ferme la Mylush purée.
(2) : même bla bla, à part que cela signifie « putain ». Cordialement.
Rar mes p'tits choux : (petite précision pour Lys de Pandore : Je vais répondre à ta réponse, je n'ai juste pas trouvé le temps entre mes exams et l'écriture de ce nouveau chapitre. Désolée, j'essairais de faire vite!)
Marie la petite (chapitre 7) : Merci beaucoup, je suis super contente que tu l'aimes. J'espère que ce chapitre te plaira aussi.
Lila12 (chapitre 7 & 8) : Merci pour tous tes compliments, ça me fais plaisir ! Je suis heureuse que l'histoire d'Erno t'est touchée. Merci de continuer à reviewer ^^ Vu que tu n'es pas la seule à m'avoir demandé des flashs-back, j'espère que celui-là t'a plu !
Artemis (chapitre 7 & 8) : Je suis contente que ce chapitre soit tombé au bon moment, même si , à vrai dire, je ne vois pas vraiment pourquoi, mais tu dois avoir tes raison ^^. Bonne année à toi aussi, et j'espère que la suite te plaira.
Merci d'être là,
Sorcièrement vôtre,
Mylush
