Bonjour à tous... !

Que ça fait bizarre de revenir de ce côté-ci du site !

Oui, je suis toujours vivante. Oui, j'ai délaissé LDDS, et mes autres fictions pendant plus d'un an et demi. Oui, ce n'est vraiment pas sympa, et je le sais, et je m'en veux.

LDDS... ce n'est plus vraiment moi, maintenant. Je l'avais commencée en 2015. Cela fait 4 ans. Beaucoup de choses changent en 4 ans. Mais comme je ne veux pas faire ce que beaucoup font, je n'abandonne pas.

Mais j'accélère la fin. Voici l'avant dernier gros chapitre. Tout va vite, tout se résout trop facilement, et je le sais. Je préfère accélérer plutôt que devoir écrire encore une dizaine de chapitre, tout en ne sachant pas si j'aurai la force de les écrirer.

Donc voici l'avant dernier. J'essaierai de publier le prochain le plus rapidement possible. Après ces deux-là, viendra un épilogue, et puis ce sera fini.

Je suis vraiment, vraiment désolée, de vous avoir baladé pendant tout ce temps, au gré de mon manque d'application quant à la publication de cette fiction. Je vous remercie aussi d'avoir été patient, et beaucoup ont continué à me dire qu'ils seraient la, malgré le temps que prendrait la suite pour arriver. Pour cela, je vous remercie, vous êtes la meilleure des communauté !

Je répondrais aux reviews du précédent chapitre dès que le temps me le permettra. Les reviews des guest... je suis désolée, mais ne seront pas dans ce chapitre. Peut-être le prochain. (oui j'avais déjà dis ça pour le précédent, mauvaise Mylush !) J'essairai ! Cela ne veut pas dire que je n'apprécie pas à leur juste valeur ces reviews. Je m'en nourri même, sans elles, ce chapitre ne serait pas là, tout comme les derniers en date. Sans ces reviews, ma motivation pour cette histoire n'aurait plus de sens. Alors pour cela aussi je vous remercie.

Je vous laisse avec ce chapitre qui a mis bien du temps pour arriver. Et je m'excuse pour sa rapidité d'action...

(En dessous, un petit résumé pour ceux qui ne sauraient plus pourquoi ils avaient cliqué sur cette histoire en premier lieu).

Bisous bisous.


Harry, Viktor, son protecteur vampire, et Dexumria, sa protectrice Elfe, ont remonté le temps et les dimensions

grâce à une potion concoctée par Rogue et Draco de leur époque.

Ils arrivent au temps des Maraudeurs, et entreprennent de chercher les Horcruxes de Voldemort, dans le but de le tuer avant qu'il ne se mette à tuer tout le monde sur son passage.

Harry (renommé ici Kane Ushen, pour ne pas dévoiler sa vraie identité, excepté à McGonagall et Dumbledore), professeur de duel, prend comme élève privé Regulus Black, qui, toujours sous la tutelle des Black, lui a fait un serment de ne rien révéler sur cet entraînement.

Harry prend aussi sous son aile Anja Oulous, fille des Oulos, en venant la libérer d'un mariage forcé avec Erwan Selwin (tué récemment par Viktor), et la prend aussi comme élève.

Remus de son côté, commence à deviner qui sont les trois arrivants, mais ne pose pas plus de question que cela.

Lily est en confiance avec Harry, alors que James et Sirius sont plus sceptiques.

Lily et James ont une petite fille d'un an et demi, nommée Julie, qui est un mystère aux yeux d'Harry quant à sa propre existence dans cette dimension.

Harry, Viktor, Dexumria et Remus sont déjà allés chercher la bague des Gaunt et l'Horcruxe d'Harry a déjà été détruit dans son ancienne dimension.

Seuls Rogue, les trois acolytes et Remus sont au courant pour les Horcruxes. Harry a décidé d'épargner Dumbledore, et ne l'a pas mis au courant. Harry, Dex et Viktor sont tout de même intégrés dans l'Ordre du Phoenix, même si beaucoup ne leur font pas confiance, acceptant leur présence que parce que Dumby les a acceptés. Rogue a des doutes quant à la provenance des trois acolytes car il a du fabriquer une potion pour soigner Harry, la fleur de sureau, qui n'a pas encore été inventée, et qui le sera par lui-même.

Dexumria est allée sauver Erno Ushen de cette nouvelle dimension, qui n'a alors que 4 ans. Dans leur ancienne dimension il était un mangemort très proche de Harry, qui s'est sacrifié pour que ce dernier puisse vivre. Il est devenu le patronus de Harry. Dans cette dimension, il était un enfant abusé par des moldus qui payaient pour sa compagnie. Viktor a tué le principal acteur de cette entreprise, Aslak Bogdan.

Viktor a retrouvé Anton Makarov, aka son créateur dans l'autre dimension, mais qui considère Viktor comme son fils de sang dans cette dimension aussi, leur marque de vampire étant la même.

Viktor récupère donc sa place dans le conseil des brumes, à savoir le conseil des vampires.

Harry, pour récupérer le journal de Jedusor et le détruire, rencontre le conseil des Vampires, et particulièrement Amalric, qui, en échange du journal, lui fait promettre de devenir son fils de sang s'il venait à mourir prématurément. Harry accepte, reçoit le journal, et le détruit.


Disclaimer: Rien n'est à moi, tout est à JKR, et prenez garde... un an et demi passe vite !


Chapitre 19 : La bataille des Destins

- Attends.

Une voix grave avait retenti dans le dos d'Anja, et une pointe d'adrénaline avait fait sursauter le cœur de la jeune fille. Cette voix, elle la connaissait, bien trop. Elle se retourna, et fit face à Kermin Goyle, futur héritier de la famille Goyle. Celui-ci la regarda d'un air gourmant, un air qu'elle n'avait que trop vu sur le visage des hommes qui venaient dîner chez ses parents, en l'apercevant.

- On a su ce qu'il s'était passé avec Erwan Selwin. Ta famille te réclame Anja. Il serait… impoli que tu ne reviennes pas chez toi. Ils ne t'ont pas encore renié, tu sais ? Ils sont prêts à passer outre… l'incident. Ils ont un nouveau contrat, pour toi. Tu as de la chance, tu aurais pu marier un vieux lourdaud. Mais non, me voici. Rentre chez toi Anja. Poudlard n'est plus rien pour toi.

Tandis que le garçon de 7ème année parlait avec délectation, Anja avait doucement fait glisser sa baguette au niveau de sa main, la cachant dans sa manche, prête à agir si l'autre se décidait à attaquer.

Voyant que la jeune femme n'était pas encline à le suivre, Goyle s'avança d'un pas, mettant en évidence sa propre baguette devant lui, menaçant implicitement sa camarade.

- Ne m'oblige pas à user de la force, Anja. Tu sais très bien qui serait gagnant dans le duel. Je ne voudrais pas t'abimer, ma future femme se doit d'être parfaite en tout point.

Une brusque envie de vomir prit le cœur d'Anja à l'entente de cette phrase, et, tremblante, recula sans le vouloir d'un pas, accentuant le rictus amusé du garçon. Puis elle se ressaisit. Elle s'était entrainée avec le professeur Ushen pendant des semaines, il était temps pour elle de mettre en pratique cet apprentissage, et arrêter de fuir devant ses ennemis.

Reprenant ses esprits, Anja se recomposa un visage neutre, faisant face avec beaucoup plus d'assurance à Goyle. Celui-ci fronça les sourcils, légèrement déstabilisé, mais le rictus refit son apparition lorsque deux ricanements retentirent dans son dos. Ses deux acolytes, Evelyn Vincent et Joris Cormund venaient d'apparaitre dans le couloir désert, prêt à soutenir leur ami dans son combat.

A ce stade, Anja n'était plus sûre de rien. Elle savait qu'en duel elle aurait pu battre Kermin Goyle, même si celui-ci avait reçu des entrainements de combat. Mais appuyé par deux autres garçons du même gabarit… Anja ne savait pas comment se sortir de ce pétrin. Si les trois l'attaquaient et qu'elle perdait, la prochaine destination était son ancienne maison, et elle savait qu'elle ne s'en sortirait pas cette fois-ci, professeur Ushen inclus dans l'équation ou non.

Elle ne pouvait pas fuir, et elle ne pouvait pas attaquer. Elle était bel et bien coincée. Puis des pas trainants se firent entendre et le visage vide d'émotions de Regulus Black apparut à la faible lumière d'une torche.

Anja sentit un soulagement sans nom gagner son cœur. Puis tout disparut lorsque Regulus murmura, avec un sourire :

- Goyle, Vincent, Cormund. On n'invite même plus ses camarades de maison à participer aux réjouissances ?

Kermin Goyle haussa les épaules, et tourna le tête, rassuré quant à la vision amicale du plus jeune Black.

Mal lui en prit. Une seconde plus tard il s'était écroulé, inconscient, face contre sol. Derrière lui, Regulus avait la baguette tendue, un Stupefix fraichement lancé du bout des lèvres. Il se fichait d'attaquer dans le dos. Il se fichait de ne pas avoir de respect pour son adversaire. Goyle n'en avait pas eu pour Anja. Celle-ci resta figée un instant puis, réalisant que Regulus était de son côté, brandit à son tour sa baguette et réserva le même sort à ses deux autres attaquants, lançant à une vitesse record deux Stupefix puis les liant entre eux, sous le regard mi-amusé mi-admiratif de Regulus Black.

Celui-ci s'approcha de Goyle et le ligota également, le posant contre le mur, la tête du garçon tombant en avant. Regulus s'accroupit devant son prisonnier et parut pensif un instant. Anja le regardait avec incompréhension, ne sachant pas ce qu'attendait son camarade.

- Black ?

Ce dernier tourna la tête vers Anja, comme s'il se souvenait juste maintenant qu'elle était encore là, et murmura :

- Je ne peux pas les laisser comme ça.

Anja fronça les sourcils, ne comprenant pas quel état d'âme prenait le cœur du Serpentard. Après tout, les trois garçons avaient pour but de l'attaquer elle, et de la ramener à son ancienne famille. Et lui n'osait pas les laisser là, attachés mais sains et saufs, dans un couloir à Poudlard ?

Comprenant qu'Anja avait dû se tromper sur la signification de la phrase, Regulus précisa :

- Ma famille… Tout le monde pense que je suis encore…

Il respira longuement. Il n'avait jamais pris le temps d'analyser ce qu'il ressentait vis-à-vis du professeur Ushen, du clan de la Lumière, et de ce qu'il leur devait. Mais il savait maintenant. Voir Anja être menacée lui avait fait prendre conscience qu'elle pourrait être une victime dans cette guerre. Tout comme Sirius. Tout comme les élèves à Poudlard. Il savait.

Anja attendit qu'il continue sa phrase, sentant que c'était important, mais ne comprenant pas totalement les tenants de la réflexion de l'homme.

- Ils pensent que je suis du côté du Seigneur des Ténèbres.

Anja le regarda fixement, ses yeux foncés le transperçant, brisant presque son âme pour la reconstruire tout doucement.

- Et l'es-tu ? Murmura-t-elle.

- Non. Non, je ne le suis plus. Répondit-il du même ton.

La jeune fille acquiesça, un soulagement qu'elle ne pensait pas pouvoir ressentir à l'entente de ces mots se répandant dans son corps.

- Ils ne peuvent pas se souvenir, réalisa-t-elle alors, comprenant la réflexion du Black.

- Non, ils ne peuvent pas.

Anja acquiesça et s'accroupit aux côtés de son partenaire. Elle posa doucement une main sur le bras du Serpentard et chuchota :

- Laisse-moi faire.

Le garçon ne put rien ajouter, et regarda presque avec fascination la jeune fille lancer trois fois le sortilège d'Oubliettes aux adolescents ligotés, ses cheveux noirs voletant doucement autour d'elle, et ses yeux d'un bleu d'encre fixant avec concentration ses cibles.

Kane Ushen avait été son déclencheur, la personne qui lui avait ouvert la voie. Anja Oulos serait son ancre, celle qui le soutiendrait lorsqu'il en aurait le plus besoin. Et il se jurait de la protéger coûte que coûte.

/

- Oy Harry, hibou !

C'était Viktor, les pieds posés sur le dossier d'un fauteuil, un bouquin entre les doigts et Kraken le chaton sur les genoux, qui venait de lancer cette phrase à l'attention d'Harry. Ce dernier, tout occupé qu'il était à la correction de copies de 6ème année, grommela :

- Eh bien, fais-moi le plaisir d'ouvrir la fenêtre et de le laisser entrer.

- Mmh, je suis occupé, là, répliqua joyeusement le vampire.

Harry posa sa plume, et considéra son ami d'un air abasourdi :

- Kator… tu lis un livre qui appartient à Erno. Un livre pour un enfant de quatre ans.

Viktor leva un sourcil, comme pour signifier 'eh bien, quel est le problème', ce qui acheva Harry et il s'avoua vaincu. Il repoussa sa chaise et se leva, abattu devant la stupidité légendaire du brun, pour aller ouvrir la fenêtre, laissant entrer un bel hibou majestueux qui lui tendit la lettre qu'il tenait dans son bec. Après avoir reçu quelques caresses distraites sur la tête, le volatile s'en fut, laissant Harry occupé dans sa lecture. Ayant fini, il froissa la lettre et y mit le feu d'un geste absent. Se tournant vers Viktor, il murmura :

- Il va y avoir une attaque. Ce soir.

Le vampire se figea et ferma doucement son livre qu'il déposa, ainsi que le chaton, sur la table à côté de lui.

- Qui te prévient ?

- Rogue. Enfin je crois. Il a signé par un truc du style 'l'homme que vous avez pris pour un idiot, mais j'ai eu une conversation avec le loup, il faudra qu'on parle'.

Viktor ricana dans son coin. Ainsi Lupin avait parlé. Il avait hâte de voir la rencontre Rogue/Harry qui allait se dérouler. Enfin, s'ils sortaient tous vivants de l'attaque de ce soir. Il perdit son sourire et déclara d'une voix sèche :

- Tu préviens les professeur et Dumbledore. Je vais chercher Dexumria.

Harry acquiesça et fit apparaître son patronus distraitement. Erno Ushen, dans toute sa splendeur bleutée apparut, et bailla :

- Le maître m'a sonné ?

Harry le fusilla du regard et répliqua entre ses dents, tandis qu'il enfilait un manteau et suivait Viktor en dehors de la pièce :

- Pas d'humeur. Trouve Anja et Regulus et dis-leur que Poudlard va être attaqué ce soir. Dis-leur que je voudrais… Non, dis-leur que je leur ordonne de se barricader dans la Salle d'Helga au quatrième étage. Ils sauront où elle est, je la leur ai déjà montrée.

- La raison que je leur donne étant… ?

- Ils seront des cibles prioritaires. Anja pour sa famille, et Regulus parce qu'il est dans leur camp. Si les Mangemorts l'aperçoivent, il devra faire un choix. Je ne sais pas encore s'il est prêt à tourner le dos à sa famille et à Voldemouche. Je ne veux pas prendre le risque. Et s'il change effectivement de camp, les Mangemorts ne lui laisseront pas de répit.

Erno acquiesça mais répliqua :

- Tu sais qu'il y a de très, très grandes chances pour qu'ils refusent.

Harry hocha la tête, ses yeux brillants d'un léger sentiment d'affection :

- Je sais. Mais ils auront au moins en tête les raisons pour lesquelles ils doivent faire attention.

Erno soupira un instant et frotta les cheveux d'Harry sans y faire de dégâts.

- Tu fais attention à toi, murmura-t-il.

Harry laissa échapper un sourire mais celui-ci n'atteignit pas ses yeux, et Erno sut que le sorcier était très inquiet.

- Je suis toujours prudent, voyons.

Erno leva les yeux au ciel et disparut au détour d'un couloir, prenant la direction qu'il savait mener vers les deux élèves qu'il recherchait. Harry, quant à lui, se dirigeait à grands pas vers le bureau du directeur.

Dix minutes plus tard, tout le personnel enseignant de Poudlard était réuni dans le bureau de Dumbledore, s'apprêtant à écouter ce que leur collègue avait à dire.

Harry faisait les cent pas, les mains croisées derrière son dos. Brusquement il s'arrêta et, regardant à tour de rôle les professeurs, déclara d'une voix grave :

- Ce soir, il va y avoir une attaque sur Poudlard. Les Mangemorts, quels que soient leur rangs, seront tous là.

Harry marqua une pause, et continua :

- Voldemort viendra également.

Un brouhaha s'éleva brusquement, l'ensemble des professeurs se mettant à parler, paniquant. Harry les fit vite taire, prenant en main l'échange, redevenant Harry Potter, le leader qu'il était durant sa guerre à lui.

- Ecoutez-moi. L'urgence, ce sont les élèves. Voldemort attaque Poudlard pour une raison. Il a besoin de recrues. Qu'ils soient consentants ou non, il s'en fiche, l'Imperium peut faire des miracles. Il visera les sangs-purs en priorité. C'est pourquoi je vous demande d'évacuer les élèves, le plus rapidement possible. Par ordre de priorité, des premières au septièmes années. Ces derniers sont plus aptes à combattre si on arrive pas à les évacuer à temps.

McGonagall posa la seule question importante, tandis que tout le monde était figé d'appréhension :

- Par où, ? Les grandes portes sont à exclure, il semble évident.

Harry hocha la tête. Il avait bien une idée mais… que cela ne tienne, il se devait de prendre des décisions pour sauver ceux qui vivaient.

Il se tourna donc vers Dumbledore qui le regardait avec patience, sachant pertinemment que le jeune homme était beaucoup plus à même de régler cette situation de crise. Cela faisait longtemps qu'il avait compris que le voyageur du temps était un dirigeant né.

- Professeur… Alberforth possède-t-il la tête du Sanglier ?

Un éclat étonné brilla brièvement dans les yeux bleus du directeur, puis il hocha lentement la tête, se demandant quel rapport cela pouvait bien avoir.

Harry eut une brève bouffée de soulagement puis assena :

- Très bien. Qui parmi vous, connaît l'existence de la Salle sur Demande ?

Quelques mains timides se levèrent, et sans surprises Lily, James, Sirius et Remus faisaient partie de celles-ci, mais beaucoup de professeurs affichaient encore un air d'incompréhension. Harry continua :

- Parfait. Professeur McGonagall, puisque vous êtes au courant de son existence, je vous demanderai si cela vous convient d'aller chercher l'ensemble des quatre premières années de Gryffondor. James, Lily, pourriez-vous faire de même avec les Serdaigle ? Sirius, Remus, les Serpentard ? Et professeur Chourave, les Poufsouffle ? Et dîtes aux cinquièmes, sixièmes et septièmes années d'être prêts.

- Prêts pour ? Demande une voix parmi les professeurs.

- Evacuer ou se battre. Je ne peux garantir quand arriveront les Mangemorts. Ceux qui ne connaissent pas la Salle, suivez-moi, je vais vous la montrer.

Sur ces mots, tout le monde se mit en marche, mais Harry fut bien vite arrêté par l'air tourmenté de Lily :

- Kane, attends. James et moi on doit aller chercher Julie.

Harry secoua la tête et pose ses mains sur les épaules de celle qui aurait pu être sa mère :

- Lily, Viktor est allé prévenir Dexumria de l'attaque. Elle va prendre Lily et Erno, et va les mettre en lieu sûr.

Lily n'était pas convaincue, et c'était compréhensible.

- S'il-te-plait Lily, pour cette fois, fais-moi confiance. Tu le sais, au fond de toi, que tu peux me croire. Je ne laisserai rien arriver à Julie.

Il ne sait pas vraiment pourquoi, mais cette phrase eut l'air de marcher puisque Lily acquiesça, le visage figé dans une mimique inquiète. Elle chuchota un salut du bout des lèvres et attrapa son mari par la manche, le tirant en direction, Harry en était sûr, de la salle commune des Serdaigle.

/

Une demi-heure plus tard, et Harry avait montré à tous ceux qui l'ignoraient l'emplacement de la Salle sur Demande. Personne n'avait osé lui demander comment il connaissait son existence. Ou celle du passage secret qui menait à la tête du Sanglier. Ou comment il connaissait Alberforth Dumbledore alors que celui-ci ne l'avait jamais vu. Non, personne n'osa demander, mais beaucoup se posaient des questions. Pour Remus, ce n'était que la suite logique de tout ce qu'il savait. Pour Lily, c'était une sorte de confirmation de ses doutes. James et Sirius, cependant, n'en menaient pas large. James, en particulier, avait refusé que Dexumria soit la personne qui s'occupe de faire sortir sa fille. Mais Lily l'avait convaincue. Et même s'il y avait de nombreuses zones d'ombres autour de Kane, Viktor et Dexumria, le Potter ne pouvait qu'admettre que sa fille serait plus à l'abris en dehors des murs de Poudlard. Ce qu'il ne savait pas, cependant, et qu'il découvrait plus tard dans la soirée, était que cela ne serait pas Dexumria qui surveillerait Erno et Julie. Mais peu importait, puisqu'ils seraient en sécurité.

Devant Harry défilaient des centaines d'élèves, affolés, certains encore en pyjamas, prenant la direction du passage secret menant à la Tête du Sanglier, où Alberforth, peinant à comprendre, avait vaguement accepté de les faire sortir et les cacher le temps que l'attaque se passe. Après tout, son pub était surement le pub le plus protégé à des milliers de kilomètres à la ronde. Et ceux qui pensaient qu'il était paranoïaque avaient tort. Il était prévoyant.

Un léger courant d'air à sa gauche et Harry sut que Viktor et Dexumria étaient à ses côtés. L'elfe le regarda un instant de ses pupilles blanches et lui fit un léger, chose rare, sourire. Erno et Julie étaient en sécurité. Où, Harry ne le savait pas, mais il savait que tout se passerait bien pour eux, auquel cas Dexumria n'aurait jamais osé ne serait-ce un instant les laisser dans un endroit non sécurisé.

Harry prit ses amis à part et leur murmura :

- Je vais me charger de Voldemort. Puisqu'il reste trois Horcruxes encore non détruites, je ne peux pas le tuer. Si je lui lance un Avada, il sera réduit au même état dans lequel il était auparavant. Si cela arrive il ira forcément vérifier l'état de ses Horcruxes et se rendra compte qu'il en manque. Non, je dois le mettre hors d'état de nuire, mais tout en lui laissant sa forme physique intacte.

Et c'était l'une des raisons pour laquelle Harry était préoccupé. Tuer Voldemort était une chose ardue, et la dernière fois qu'il l'avait fait il avait failli y laisser la vie. Alors réussir à l'arrêter en retenant ses coups ? Une folie. Mais il n'avait pas le choix. Dans le cas contraire, tout leur travail ici serait réduit à néant. Il en pouvait pas se le permettre. Mais il ne pouvait pas non laisser Voldemort faire venir la mort. Cela allait être un combat d'endurance. Pour une fois, ce n'est pas la mort du chef qui arrêterait les sbires, mais bien la reddition des sbires qui arrêterait le maître.

Harry fit donc part de sa tactique à ses deux amis. Ceux-ci le regardèrent d'un étrange regard, mais ils savaient que c'était la seule solution. Ils s'empressèrent alors de faire passer le mot d'ordres aux autres professeurs qui seraient là sur le terrain, à savoir de capturer ou de tuer le plus de Mangemorts possible – pour Harry il n'y avait plus de distinction, si l'on voulait survivre – mais de laisser Voldemort tranquille. Beaucoup froncèrent les sourcils mais acquiescèrent sèchement aux ordres. Ils n'allaient pas discuter maintenant.

Dumbledore n'était pas visible mais Harry savait qu'il était en train de réunir en ce moment même les membres de l'Ordre du Phoenix. Ils étaient déjà un peu plus nombreux qu'à son époque à lui, et cela lui rappela sombrement que beaucoup devaient trouver la mort dans les années qui suivraient. Encore une fois, si tout ce passait comme prévu et qu'ils trouvaient les derniers Horcruxes qui leur manquaient, ces morts pourraient être évitées. Mais pour cela, il fallait tenir occupé un certain Voldemort, et cela n'allait pas être de tout repos.

Une grosse secousse secoua les murs protégés de Poudlard et de nombreux cris se firent entendre parmi les élèves, qui, si cela était possible, se pressèrent encore plus vers les larges portes ouvertes de la Salle sur Demande.

Harry jura. Ils étaient déjà là. Les protections apposées sur Poudlard les retiendraient à l'extérieur un moment, mais il n'était plus question d'évacuer tous les élèves. Les quatrièmes années attendaient encore avec angoisse de rentrer, tandis que les troisièmes années se pressaient aux abords de la porte. Le passage secret était sûr, mais étroit et l'évacuation était lente. Les cinquièmes, sixièmes et septièmes années ne pourraient pas être mis à l'écart. Ils devaient tous attendre, comme on le leur avait demandé finalement, dans la Grande Salle, et c'est dans cette direction qu'Harry se dirigea.

D'autres secousses firent trembler les murs et le jeune homme se retourna une dernière fois en direction de Viktor et Dexumria qui géraient le flux d'élèves. Les deux lui envoyèrent un hochement de tête sec, peu assurés à l'idée de voir leur protégé partir seul. Mais ils n'avaient pas le choix, la vie des enfants étaient encore plus importante.

Quelques minutes plus tard, Harry arriva devant les portes de la Grande Salle. A l'intérieur régnait, contrairement à l'endroit d'où il venait, un silence de mort. Une goute de sueur froide coula dans son dos, et il poussa les portes, avisant un spectacle qui lui serra le cœur.

Les trois dernières années de Poudlard étaient toutes réunies. Silencieuses, elles écoutaient avec angoisse les bruits sourds qui percutaient les murs. De nombreux membres de l'Ordre étaient déjà là, et associés à certains professeurs, ils tournaient en rond, ne sachant que faire si ce n'était d'attendre.

L'ensemble des têtes se tourna dans la direction du nouveau venu, et Harry se sentit débordé par tous les masques de peur et de désespoir qui se peignaient sur le visage des enfants. Parce que c'est ce qu'ils étaient. Des enfants. Même à 17 ans, là où lui avait grandi trop vite, à cette époque les adolescents étaient encore jeunes et vierges de toute empreinte de la guerre. Seuls certains avaient déjà été touchés. Mais peu, très peu. Et Harry voulait tout faire pour que cela continue ainsi.

De nombreux visages s'éclairèrent en voyant qui venait de pénétrer dans la salle et un léger brouhaha reprit vie dans la salle, rallumant l'espoir. De nombreux élèves s'approchaient de lui, lui demandant ce qu'il se passait, et ce qu'il fallait faire. Harry s'efforça de leur sourire, mais il sentait qu'il n'arriverait pas à les rassurer de cette manière. Alors, montant sur l'estrade, il lança un sort et sa voix amplifiée retentit brusquement dans la salle, focalisant tous les regards sur sa personne.

- Bonsoir à tous. Comme on a du vous l'expliquer brièvement, une attaque est actuellement menée sur Poudlard.

Des piaillements effrayés s'élevèrent de partout mais Harry se força à continuer :

- Voldemort et ses Mangemorts se trouvent actuellement aux portes du château. Les années en dessous des vôtres ont pu être évacuées. Je suis au regret de vous dire que cela ne pourra pas être le cas pour vous. Avant que vous vous ne vous affoliez trop, je vais vous annoncer comment tout cela va se dérouler.

Il fit une pause, s'obligea à regarder les yeux effrayés fixés presque avec dévotion sur lui et déclara :

- Ceux qui souhaitent prendre part aux combats… vous le pouvez.

Les têtes des professeurs se tournèrent brusquement, le regardant avec un désarroi et une colère forte, mais Harry passa au-dessus. Si Rogue l'avait bien informé, l'ensemble des Mangemorts seraient là, ce qui signifiait qu'ils étaient en infériorité numérique. De beaucoup. Ils auraient besoin de toute l'aide possible. Même si cela voulait dire mettre certains sur le devant de la scène. Et ils leur laissaient le choix, chose qu'il n'avait pas pu se permettre de faire lors de la Bataille Finale à son époque. Tous les enfants s'étaient battus.

- Ceux qui ne veulent pas, et je comprends tout à fait, voire j'encourage cette décision, vous resterez ici. Je vous scellerai, à l'aide d'une rune. Rien ni personne ne pourra vous atteindre. Seulement, sachez que vous ne pourrez pas sortir d'ici. A aucun moment. Si vous êtes sous la protection de la rune, quoi qu'il se passe, vous ne pourrez agir. Si votre ami, en dehors de la rune, ou votre professeur, ou votre parent, se bat, et qu'il est en mauvaise position, vous ne serez pas en mesure de l'aider. Que cela soit gravé dans votre esprit. Vous serez protégés. Mais vous ne pourrez protéger.

De nombreuses conversations avaient pris place dans la salle et Harry se frotta l'avant-bras. Il sentait la magie autour de lui faiblir petit à petit, ce qui ne pouvait signifier qu'une seule chose : Poudlard perdait doucement mais sûrement ses protections. Les Mangemorts avançaient.

Il reprit la parole, accélérant son débit de parole, faisant comprendre sans même le vouloir, aux élèves, que le temps était compté :

- Bien. Ceux qui décident vouloir se battre aux côtés des adultes, mettez-vous à ma droite.

Il y eut un moment de flottement, puis deux silhouettes prirent les devants, marchant l'une à côté de l'autre pour aller se placer non loin de Harry, à l'endroit désigné. Le professeur de duel eut envie de se fracasser la tête contre un pilier. Anja et Regulus le dévisageaient l'air de dire 'et vous aviez vraiment cru qu'on vous obéirait, et qu'on irait se cacher ?' et Harry savait qu'ils pensaient exactement cela.

Cette ébauche de mouvement provoqua une vague de raclements de bois contre le sol, tandis que de nombreux élèves se levaient des bancs et suivaient le même chemin que venaient d'emprunter les deux protégés d'Harry. Celui-ci fusillait ses deux apprentis du regard, plus qu'inquiet. Mais fier, également, puisque cela prouvait une chose. Les deux étaient prêts à se battre, et faire face à des gens qu'ils connaissaient – pire, de la famille – tout cela pour défendre leur vie et des idéaux en lesquels ils croyaient. Un vague sourire de la part d'Anja et un reniflement de Regulus réchauffa un peu le cœur d'Harry et il se tourna vers ceux qui n'avaient pas bougé.

Il ne jugeait pas. Comment aurait-il pu ?

Il envoya un léger sourire aux nombreux élèves qui ne se battraient pas et déclara :

- Je vous veux rangés devant moi. Que chacun prenne la main de son voisin.

Il n'y eut aucun grognement et tout le monde s'exécuta rapidement. Quelques secondes plus tard, tous les élèves étaient liés les uns aux autres, et Harry s'accroupit devant eux.

Il posa ses deux mains à plat sur le sol de la Grande Salle et marmonna quelques mots. Au début rien ne se passa. Puis un léger vent ébouriffa les cheveux des élèves, sans qu'aucune fenêtre n'ait été ouverte.

Regulus se redressa. Il savait ce qui allait se passer, et il aimait voir son professeur faire de l'ancienne magie runique. Il n'avait jamais vu quelque chose d'aussi impressionnant.

Harry, quant à lui, concentré dans ses actions, s'était entaillé la main sous quelques exclamations horrifiées, et avait commencé à dessiner de lourds et complexes symboles sur le sol à l'aide de son sang.

En quelques minutes les symboles étaient finis et Harry se soigna distraitement la main. Puis, respirant un long moment, il plissa les yeux et commença à déblatérer une litanie de mots incompréhensible. Trois minutes passèrent pendant lesquelles le vent s'était fait fort, très fort, et capes autour du professeur de duel se soulevaient à mesure qu'il continuait à réciter ses formules de protection.

Puis, d'un seul coup, il s'arrêta et un dôme doré surgit des symboles au sol. Mettant ses main contre la paroi solide mais encore malléable, Harry le guida pour qu'il englobe l'entièreté des élèves à protéger. Puis, ceci étant fait, il souffla un coup et lâcha :

- Vous pouvez vous détacher. Asseyez-vous…et attendez. Rien ne vous sera fait. Si des combattants pénètrent dans la Grande Salle et s'affrontent, vous avez le droit de ne pas regarder, il n'est pas honteux d'avoir peur de la mort.

Un dernier sourire leur fut envoyé puis Harry se tourna vers la deuxième partie de la salle, où les professeurs, certains de l'Ordre et les élèves prêts à se battre s'étaient rassemblés.

S'adressant tout d'abord aux élèves, il leur expliqua doucement :

- Ce qu'il y aura au dehors, c'est la guerre. La seule chose à laquelle vous devez penser, à partir de maintenant c'est votre survie. Et celle de vos amis. Entraidez-vous, restez ensemble, ne vous éloignez pas. Ensemble vous êtes forts. Ensemble, vous êtes intimidants. Rappelez-vous tout ce que vous avez appris cette année. Mettez-le en pratique. N'hésitez pas à frapper. Si vous ne le faites pas, c'est eux qui vous auront. Je suis fier de vous, et heureux de combattre à vos côtés. Je vais vous demander de sortir et de vous poster aux extrémités des coursives extérieures au sixième étage. De là, vous serez le plus à l'abris possible, mais en capacité d'atteindre les cibles qui arriveront de l'extérieur. Des questions ?

Il n'eut que des hochements de tête négatifs, et des regards décidés. Beaucoup avaient la peur au ventre, mais s'avancèrent vers les portes et disparurent de la vision d'Harry. Ce dernier avait retenu un instant Regulus et Anja et leur dit :

- Vous savez pourquoi vous devez redoubler de prudence. Lorsqu'ils comprendront qui vous êtes, ils s'acharneront contre vous, c'est bien clair ?

Ses deux apprentis hochèrent la tête, peu assuré, mais le regard droit. Harry souffla un coup et murmura :

- Je vous souhaite bonne chance, que Magie soit avec vous. Ne vous séparez pas. Et par pitié, ne vous retrouvez pas en plein milieu du combat. Allez, maintenant, on se revoit dans quelques heures.

Anja et Regulus le considérèrent un instant, le cadet Black laissant échapper un rare sourire amusé, puis Anja le prit par la main et ils s'en furent rapidement, la baguette au poing.

Harry fit alors face aux professeurs et membres de l'Ordre, priant Merlin et Magie que tout se passe bien pour ces deux-là.

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Bien sûr, ni Merlin ni Magie ne l'avaient écouté. Au beau milieu de la cour de Poudlard, entouré par des dizaines de combattants de la Lumière ou des Ténèbres, Harry s'affairait maintenant à protéger coûte que coûte un Regulus Black contre les assauts furieux de sa mère et ses grands-parents, qui, clairement, n'avaient plus trop le sens de la famille.

- Traître à ton sang ! Tu n'es plus un Black ! Comme ton chien de frère ! Tu vas mourir !

Ces douces insanités proférées, Harry put voir un instant le masque neutre de Regulus se fissurer et il grogna. Le gamin n'avait pris la décision de passer du côté de la Lumière que très récemment, et il n'était pas facile de tourner le dos à sa famille.

Un coup de vent se fit sentir dans son dos, puis d'une voix forte, presque dans un aboiement, des insultes furent prononcées en retour :

- Il serait peut-être intéressant d'admettre que c'est votre piètre instinct maternel, mère, qui a peut-être provoqué notre ralliement du meilleur côté ? Quant à me comparer à un chien… vous ne pourriez avoir plus raison.

Et sur ces mots, Sirius Black, puisque c'était lui, plongea en avant, se transformant en chien, et à une vitesse surhumaine se jeta sur celle qu'il n'avait jamais vraiment considéré comme sa mère, et planta ses crocs dans sa gorge.

Regulus un instant choqué, assisté d'Harry, s'était affairé à défendre son frère contre ses grands-parents furieux. Ces derniers, malgré leur expérience, ne tinrent pas bien longtemps devant la maîtrise exceptionnelle de la magie par Harry. Ce dernier, après avoir assommé, ligoté, et fait disparaître les grands-parents Black dans le lieu de détention des capturés prévu à cet effet, se tourna vers Regulus et lui demanda assez brusquement :

- Où est Anja ?

Regulus cligna des yeux et bredouilla, signe qu'il était assez choqué par ce qui venait de se passer :

- Je… je ne sais pas. On a été séparé quand je suis descendu et –

- Trouve-là, Regulus. Trouve-là, et ne la lâche plus. Elle est en danger, et tu le sais.

Regulus acquiesça, regarda un instant son frère qui venait de reprendre forme humaine, et qui lui adressa un bref sourire et un hochement de tête rassurant :

- Vas-y Reg, je gère ici.

C'était la première fois qu'il se reparlait normalement depuis des mois. Les deux auraient voulu prendre le temps de s'expliquer un peu mieux. Sirius aurait voulu comprendre ce qui avait décidé son frère à enfin tourner le dos à sa famille. Vu le regard protecteur que le professeur de duel posait sur Regulus, Sirius commençait à comprendre le rôle que son collègue avait pu jouer sur l'évolution de son petit frère.

C'est pourquoi il adressa un signe de remerciement en direction de Kane. Celui-ci le reçut et laissa échapper un petit sourire nostalgique, que Sirius ne put expliquer, mais il un sortilège passa à deux centimètres de son oreille, le sortant de ses pensées. Effectivement, ils étaient en pleine bataille, il n'était pas temps de rêvasser.

Brusquement, il y eut un long silence, et un frisson de peur que Sirius ne put expliquer lui parcourut l'échine. Quelques Mangemorts laissèrent échapper un ricanement, tandis que Kane soupirait et se frottait les mains, comme s'il savait ce qui allait arriver.

Quelques instants plus tard, une grande silhouette noire apparut en plein milieu de la cours. Un aura à couper le souffle, une assurance si grande qu'elle pouvait vous plier en deux d'un regard. Un visage qui, auparavant, avait dû être beau. La magie noire faisait des ravages. Et Lord Voldemort venait d'arriver.

Il prit le temps d'admirer les lieux, comme s'il visitait un ancien monument digne d'intérêt. Puis, réalisant vaguement qu'il devenait la cible de beaucoup de combattants de la Lumière, il daigna construire un bouclier, et dévia les dizaines de sortilèges qui arrivaient en trombe sur lui. Ricanant doucement, il fit tourner sa baguette entre ses doigts et s'apprêta à riposter.

Sirius, comme dans un rêve, regarda passer avec ébahissement Kane Ushen qui s'était débarrassé de sa cape, laissant apparaître sa silhouette musclée dans des habits de combats. Sa baguette était rangée dans un porte-baguette et Sirius ne put qu'admettre la folie du jeune homme lorsque celui-ci cria :

- Ici, Tom !

Cela eu le mérite d'arrêter le mage noir dans son action, lorsqu'il tourna la tête et plissa les yeux en direction de l'importun qui avait l'audace de l'appeler ainsi.

Un sourire malsain s'étala sur les lèvres du sorcier et il susurra :

- M. Ushen… Il est intéressant de vous rencontrer enfin. Lucius Malfoy m'a beaucoup parlé de vous…

Harry, les yeux fixés sur son adversaire, et totalement inconscient du monde qui l'entourait, laissa échapper un sourire mauvais :

- Ce cher Lucius. A-t-il apprécié ma malédiction ? A quel stade en est-il ? Peut-il encore marcher ? Je ne le vois pas ici, j'en déduis que non. Son heure est bientôt arrivée, alors.

Un éclair de fureur passa brièvement dans les yeux du mage noir mais il ne se départit pas de son sourire. Il était intrigué. Intrigué par ce jeune homme dont il n'avait jamais entendu parler quelques mois auparavant. Bien sûr, il avait fait des recherches. Il était remonté jusqu'à son arrivée à Poudlard. Mais avant, rien. Kane Ushen, sur le papier, n'existait pas. Alors, qui était-il ?

- N'en doutez pas, la vôtre également. Mais tout d'abord, nous allons discuter. Qui êtes-vous, Kane Ushen ?

Harry ne pouvait se permettre une discussion avec Voldemort. Tout d'abord parce qu'il n'en avait pas envie, clairement, et également car le mage noir pourrait révéler des choses à propos de son identité qui pourrait porter préjudice à la suite des événements. Beaucoup étaient à portée de voix, et même si Lily, James, Sirius, Remus et tant d'autres se battaient avec ardeur contre les Mangemorts, Harry voyaient bien qu'ils portaient également attention à l'altercation qui se déroulait entre Voldemort et lui. Après tout, qui ne serait pas fasciné par un jeune homme tenant tête à Voldemort ?

Le seul problème, pour Harry, était qu'il ne voyait ni Dexumria ni Viktor nulle part. Et cela l'inquiétait plus que tout, car jamais ils n'auraient daigné laisser Harry seul face à Voldemort.

Ne répondant pas à la question, et sous les yeux ébahis de beaucoup de combattants, qu'ils soient de la Lumière ou non, Harry, à une vitesse inhumaine, posa un genoux au sol et frappa le sol d'un coup de poing, créant des fissures de part et d'autre de lui et Voldemort, des langues de lumières dorées jaillissant des trous créés.

Voldemort regarda avec intérêt la démonstration de magie, perplexe sans le montrer, puisqu'il ne connaissait absolument pas le sort que son adversaire venait de lancer.

Harry déclara, sèchement, d'une voix assez forte :

- Ca, Tom, c'est un sort de mon cru. Je l'ai simplement nommé la Barrière. Tu ne pourras pas lancer de sort vers l'extérieur. Tu ne pourras sortir de là, seulement si je te l'autorise… ou si tu me tues.

Voldemort ricana, ses yeux prenant une teinte rougeâtre :

- Je connais ce genre de magie. Elle nécessite du lanceur beaucoup d'énergie. Tu ne tiendras pas longtemps, Kane Ushen, et lorsque je marcherai sur ton corps, tout le monde sera à ma merci.

- Oh, mais de l'énergie, j'en ai Tom. J'en ai à revendre. Je peux tenir longtemps, Tom. Peut-on en dire pareillement de toi ?

Et c'est ainsi que le combat débuta. Dumbledore, non loin de là, faisait des miracles, maîtrisant par masse les Mangemorts qui se dressaient devant lui. Pourtant, les yeux n'étaient pas fixés sur lui. Non, tout le monde regardait avec fascination le combat légendaire qui se jouait sous leurs yeux.

En une demi-heure, les effectifs Mangemorts étaient tombés de trois quart. Une dizaine de minutes plus tard, ils étaient tous morts ou captifs. La Lumière avait gagné ce combat.

Mais ni Voldemort ni Harry ne semblaient y porter grande attention. Leurs attaques redoublaient, violentes, puissantes, magnifiques.

Une voix retentit parmi la foule, puissante et autoritaire :

- Harry !

Harry se retourna, sans le vouloir, répondant par là-même au prénom qu'il se devait de cacher à tout le monde.

Evitant un sortilège vicieux de son adversaire, il invoqua une boule d'eau qu'il dirigea avec vitesse sur Voldemort. Ce dernier ne put l'éviter, et resta prisonnier quelques précieuses secondes. Mais qui suffirent à Harry pour aviser Dexumria, une boule en verre dans la main, un Viktor au visage ensanglanté et aux yeux concentrés à ses côtés. Harry avisa la boule, et comprit. Il acquiesça brièvement à l'intention de son amie et celle-ci explosa avec force la boule en verre entre ses longs doigts.

Une voix de femme, qu'Harry connaissait bien pour l'avoir entendu une fois pendant sa troisième année, en haut de la tour d'Astronomie, retentit dans la cours maintenant presque silencieuse :

- "Celui qui a le pouvoir de vaincre le seigneur des ténèbres approche… Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois…

Et Harry se mordit la lèvre, tout était similaire. Puis la voix vibra un peu plus fort et continua, figeant ainsi le destin d'Harry dans cette dimension :

- …Et par deux fois il naîtra, et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit. Et par deux fois il naîtra, apposant son choix sur le Monde."

Puis tout se tût, et Harry acquiesça doucement pour lui-même, une boule dans la gorge. Evidemment. Il n'avait jamais été question pour Julie, ni Neville, d'être sujets de la Prophétie. Cela avait toujours été lui. Il aurait dû s'en douter. Son destin était de venir dans cette dimension. Son destin était de bouleverser ce Monde. Et par là même d'effectuer son seul devoir : éliminer, encore et toujours, Voldemort.

- Harry !

C'était Viktor, cette fois-ci qui l'avait appelé, et, ouvrant ses mains, laissa apercevoir des objets, provoquant une bouffée de chaleur dans son corps.

Presque serein, il se retourna, et laissa exploser sa magie en dehors de lui, faisant face à un Voldemort humide.

Rapidement, une vive Lumière entoura le plus jeune, un rictus douloureux sur les lèvres, et il rapprocha ses deux mains l'une de l'autre, capturant tout cette magie pure, et la dirigea vivement en direction de la poitrine de son adversaire. Voldemort, étourdi, ne put l'éviter, et il reçut la magie en lui avec un certain intérêt dans le regard, se demandant pendant quelques secondes ce qu'avait bien pu lui envoyé l'énergumène.

Un instant plus tard, il se désagrégeait dans l'air matinal.

Harry, épuisé, tomba à genoux, toute magie sortie de son corps. La Barrière de magie disparut et les fissures se recollèrent entre elles.

Viktor et Dexumria furent les premiers à atteindre leur ami, et celui-ci, ayant retrouvé son aspect physique véritable, leur demanda :

- Comment… A quel moment… ?

Dexumria lui caressa doucement la joue et expliqua :

- Il était nécessaire d'ouïr le véritable sens de ta destinée. Il n'est point ardu de pénétrer les voies du Ministère…

Et Viktor continua d'une voix douce :

- Le diadème de Serdaigle, je l'ai détruit juste après avoir fait évacuer les élèves. Il était facile à trouver. La coupe de Poufsouffle, plus compliqué. Anton était à sa recherche. Je lui avais demandé d'y mettre de son temps s'il pouvait. Il l'a trouvé, dans la cave d'une vieille dame. Va savoir…

- Et le médaillon ?

- Regulus l'a détruit.

Harry ouvrit ses yeux en grand :

- Comment ça ?

Viktor murmura :

- Il est tombé sur son père. Il était énervé s'est enflammé. Littéralement. Il a brûlé son père. Avec un Feudeymon. Devine qui avait été choisi pour protéger le médaillon ?

Harry secoua la tête, éberlué :

- Et cet idiot de Père Black portait le médaillon de Voldemort, sur lui ?

Viktor haussa les épaules :

- Apparemment il pensait qu'il agissait comme un bouclier, l'immunisant contre certains types de magie. Il a clairement pu constater que non.

Harry ferma les yeux un instant, pour les rouvrir et tomber dans le regard inquiet de Lily Potter. Celle-ci le regardait étrangement, et caressa du bout des doigts les mèches éparpillées du jeune homme.

- Harry, hein ? Murmura-t-elle.

Harry sourit doucement et secoua la tête :

- Plus ici. Je suis Kane, maintenant.

Elle acquiesça, laissant échapper un sourire douloureux, et se releva, sous le regard sceptique de son mari, qui, clairement, n'avait rien compris, mais qui dévisageait Harry sans vraiment le voir.

Un instant plus tard, des cris retentirent de partout, alors que les gens prenaient conscience de la mort de Voldemort. Puis ces cris se changèrent en désespoir lorsqu'on avisa la quantité de blessés et de morts.

Harry n'avait qu'un but. Retrouver Anja et Regulus. Il ne les avait pas vus, et il ne pouvait savoir s'ils étaient vivants.

Puisant dans ses dernières forces, Harry se releva, épaulé de Viktor et Dexumria, et s'avança difficilement parmi les décombres, évitant de regarder les visages figés de certains élèves qui étaient tombés au combat.

Puis son regard se figea sur une silhouette agenouillée au sol.

Regulus, des larmes silencieuses coulant sur ses joues, dévisageait avec désespoir le visage crispé de douleur de son frère.

- Sirius ! Cria James, doublant tout le monde et se précipitant aux côtés de son meilleur ami.

- Salut Jamesie, chuchota Sirius, blanc comme un linge.

Quelques secondes plus tard, Remus et Lily étaient aux côtés de leur ami, s'afférant à découvrir la blessure de Sirius.

Dexumria posa sa main un instant sur le front du Black et se releva bien vite, se calant de nouveau contre Harry :

- Malédiction de dernier stade. Elle le consume. Harry…

Ce dernier serra les dents, s'empêchant de crier de rage. Ainsi il n'arriverait jamais à son sauver son parrain. C'était écrit.

Regulus sanglota de plus belle lorsque la main forte de Sirius lui frotta ses cheveux corbeaux :

- Je suis fier de toi Reg. Vraiment. Je veux que tu vives, et je ne veux pas que tu me regrettes. Je me serais sacrifié pour toi bien plus tôt si j'avais su. Je t'aime Reg. Maintenant, il faut que tu la retrouves. Tu lui dois. Va. Ne me regarde pas partir.

Regulus refusa tout net, mais la main de son professeur contre son épaule le fit se relever, et il tomba dans deux orbes vert émeraude, qu'il n'avait jamais vu. Kane Ushen avait bien changé, et il le regardait avec inquiétude.

- Regulus…

Il ne put en dire plus, le garçon s'effondrait dans ses bras, regardant avec effroi et impuissance son grand frère faire ses adieux à ses amis de toujours, un léger rire aux lèvres, signe distinctif de Sirius Black. Enfin, l'ancien Gryffondor se tourna vers Harry et atrappa son regard :

- Merci, Kane. Pour lui. Promets-moi de le protéger.

Harry acquiesça, s'empêchant de pleurer, et il regarda celui qui aurait pu être son parrain s'éteindre, doucement, le visage apaisé.

Il fallut une heure pour que le groupe se relève. Tout le monde autour d'eux s'affairaient. Hélas, Sirius n'était pas la seule victime, et personne n'avait le temps de faire leur deuil maintenant.

Harry prit Regulus par le menton, lui relevant doucement le visage et demanda d'une voix basse :

- Regulus, je suis désolé pour ton frère. Vraiment. Il va falloir beaucoup de temps. Mais le temps, maintenant, nous n'en avons pas. Il faut que tu me dises une chose. Où est Anja ?


Je ne sais pas combien d'entre vous seront revenus pour lire ce chapitre. Mais pour ceux arrivés jusqu'ici, je vous dis merci.

A une prochaine !

Sorcièrement vôtre,

Mylush