Bonjour/Bonsoir tout le monde !
Bon, un peu tardivement mais... voici le chapitre 3 ! Je tenais à remercier sincèrement les personnes qui laissent des reviews, ça fait vraiment un plaisir fou et je vous invite chaudement à continuer pour avoir vos ressentis !
Pour ce chapitre, on a pas mal de bla-bla mais ça permet de comprendre beaucoup de chose... J'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture !
Arrivé devant la porte, Satoshi laissa tomber son vélo, trop fatigué pour le ranger convenablement. D'un coup d'épaule expert, il ramena son sac devant lui, fouilla la poche avant et en sortit son trousseau. Les multiples clefs tintèrent les unes contres les autres, le temps que Sacha trouve la bonne et l'enfonce dans la serrure. Une fois la porte déverrouillée, il jeta un regard à Ondine qui l'observait toujours. Poussant un soupir, il actionna la poignée et entra, l'air las :
- Déchausse toi s'il te plait…
Ondine acquiesça et retira ses chaussures avant de s'engouffrer dans l'entrée. Satoshi quant à lui referma la porte et s'assit dans le couloir. Il constata que son mollet droit était couvert de sang, si bien qu'il n'arrivait pas à discerner convenablement la blessure. Le liquide rouge coulait jusque sur sa chaussure, et imprégnait complètement sa chaussette. Délaissant son sac dans l'entrée, il se frotta un œil, éreinté par son match et tous les événements qui avaient suivis. Il n'avait pas pour habitude de perdre sa bonne humeur, mais là, il ne voyait pas comment être optimiste. Bon sang, deux monstres avaient tentées de le bouffer ce soir ! Et c'est un autre monstre -apparemment dressé- qui lui était venu en aide. Quand même, il avait bien le droit d'être un peu décontenancé, voir déprimé, par tous ça, non ?
À son tour, il défit ses chaussures, et les rangea dans un coin. Dans le salon, il pouvait entendre la télévision, sa sœur était donc sûrement dans la pièce. Comment allait-il lui annoncer tout ça ? Franchement, s'il ne l'avait pas vécu, il aurait cru à un canular. Devait-il lui en parler ? Il louait une confiance aveugle en Naoko, et il avait terriblement besoin de vider son sac. Ce fardeau était déjà trop lourd à porter. En même temps, il ne voulait pas l'inquiéter plus que nécessaire.
Satoshi poussa un autre soupir en regardant sa jambe sanguinolente. De toute manière, il n'allait pas pouvoir échapper à l'interrogatoire, et il avait besoin d'elle pour se soigner. Il se révélait très maladroit quand il s'agissait de se soigner lui même mais excellait sur autrui.
Son estomac se réveilla dès qu'il sentit le doux fumet qui s'échappait de la cuisine. Naoko avait apparemment fait un gâteau chocolat. Les lèvres de Sacha s'étiraient dans un sourire affamé alors qu'il s'imaginait déjà un énorme gâteau moelleux accompagné d'une délicieuse crème anglaise. Il venait de trouver un bon côté à toute cette agitation : cela lui avait donné une faim de loup !
Mais très vite, son sourire s'effaça. Avant de pouvoir passer à table, il allait devoir parler avec Ondine. Et aussi rassuré Naoko. En prenant garde à ne pas trop s'appuyer sur sa jambe, il se releva et se dirigea lentement jusqu'au salon, Ondine sur ses talons :
- Je suis rentré…
- Tu rentres bien tard ! Je commençais à m'inq-…
Mais Naoko ne termina pas sa phrase. Lorsqu'elle posa son regard sur Satoshi, sa voix mourut dans sa gorge. Il fallut quelques secondes pour que les différentes informations arrivent à son cerveau. Satoshi était particulièrement sale et ses bras semblaient être égratignés à de multiples endroits. Et sa tête ! Le jeune homme paraissait complètement épuisé. Naoko constata aussi qu'il n'était pas rentré seul, et elle n'avait aucune idée de qui était la personne avec lui. D'un geste rapide et fluide, la jeune fille se leva du canapé pour faire face à son frère. Celui-ci détourna le regard, comme un peu honteux du spectacle qu'il offrait et grimaça :
- Écoute Naoko… C'est un peu compliqué à expliquer…
- Ta jambe !
Satoshi soupira, dépité. En même temps, avec tous le sang séché sur sa peau, difficile de louper la blessure. Calmement, Satoshi mis ses mains devant lui, en signe d'apaisement. Mais Naoko profita de son mouvement pour lui attraper les poignets et l'assoir précautionneusement sur le canapé. Elle lui intima l'ordre de ne pas bouger et fila à l'étage. Ses pas rapides et lourd résonnèrent sur le parquet quand elle redescendit, armé d'une trousse de secours et d'une serviette humide. Naoko jeta un rapide coup d'oeil à Ondine, qui était toujours immobile derrière Satoshi, curieuse de connaître l'identité de cette fille, mais se ravisa. Son frère restait la priorité numéros une actuellement :
- Que c'est-il passé ?
Délicatement, et avec beaucoup de douceur, elle s'employait à nettoyer le plus gros de la jambe en passant la serviette humide le long du mollet. Satoshi se tendit et laissa échapper un juron en attrapant le tissu du canapé entre ses doigts. Il n'était habituellement pas douillet mais là, forcé d'admettre que ça faisait un mal de chien. Il eut l'impression que sa sœur touchait directement le muscle et tous les nerfs qui allaient avec. Naoko sentit son frère se raidir et releva ses yeux vers lui, stoppant son mouvement. Secouant vivement la tête, Satoshi prit une profonde inspiration, se forçant à se détendre :
- Je ne sais même pas si je peux te raconter tellement tout ceci me parait fou !
Il ferma les yeux, marqua un temps de pause, avala difficilement sa salive et repris :
- Naoko, je te présente Ondine… Ondine, voici ma sœur, Naoko…
- Enchantée.
Ondine avait répondu de manière assez sèche, bien qu'un léger sourire apparaissait sur ses lèvres. Mais ce n'est pas ce qui avait choqué le plus Naoko. Non, ça ce n'était pas important. Mais… Bon sang, elle dévisagea Ondine : Est-ce que cette fille venait de s'exprimer dans cette langue !? Tentant de ne pas trop montrer son ahurissement, elle acquiesça simplement, reportant son attention sur Satoshi :
- Vas-tu m'expliquer ce qu'il c'est passé, Satoshi ?
Ondine fronça les sourcils, croisant les bras sur sa poitrine. Cette fille connaissait leur langue, et cela lui mit la puce à l'oreille. Même si elle n'avait pas eu le temps de beaucoup se documenter avant de venir, elle était à peu près sûre que leur langage n'existait pas ici. Instinctivement, elle commença à se méfier de Naoko. Leur ennemi pouvait se trouver partout, elle l'avait souvent appris à ses dépends. Néanmoins, Ondine préféra lui accorder le bénéfice du doute car Sacha semblait tenir à elle et elle préféra ne rien dire.
Laissant le temps à son frère de formuler ses phrases, Naoko retira délicatement la serviette pour constater les dégâts. Elle ne put retenir une grimace de dégoût quand elle s'aperçut que la peau était trouée à plusieurs endroits et qu'un morceau de chair d'au moins trois centimètres pendait lamentablement. Elle avait l'habitude que son frère se blesse quand il jouait au foot, mais c'était souvent quelques plaies sans importances. Là, il en avait fallu de peu pour qu'une partie du muscle soit arraché. Naoko pouvait parfaitement voir l'intérieur du mollet, et le sang recommençait déjà à influer. Sa petite trousse de secoure lui paraissait finalement peu adéquat pour traiter ça, et elle regretta que ses parents n'est pas étés présents. Alors qu'elle réfléchissait à ce qu'elle pouvait faire, la voix de Satoshi la fit sursauter :
- Je me suis fait attaquer par un chien monstrueux et une sorte d'ours vert.
- De… Quoi ?
Naoko n'en croyait pas ses oreilles. Un chien "monstrueux" et un… un "ours vert" ?! Impossible, elle avait certainement mal compris.
- Tu ne devrais pas lui en parler Sacha. Ce sont des choses qui concernent notre monde exclusivement.
- C'est ma sœur. S'il y a bien une personne à qui je peux en parler, c'est elle.
Le ton de Satoshi était assez dur pour être noté. Habituellement, il était toujours poli, courtois et respectueux dans ses phrases. Mais là non. Il n'y avait pas mis les formes. Il avait mal, il était fatigué, et plus que tout, il voulait des réponses. Ondine poussa un léger soupir, las, et haussa les épaules. Tout ceci avait l'air de l'ennuyer. Elle s'avança vers le canapé, s'agenouilla près de Naoko et observa la plaie :
- Les créatures que tu as vu sont des Pokémons. Celui qui t'as mordu était un Démolosse. "L'ours vert" comme tu dis, était un Tyranocif. Tu sais faire des points de sutures ?
Ondine venait de se tourner vers Naoko, plantant ses yeux azurs dans ceux onyx de la jeune fille. Quelques secondes passèrent pendant lesquels les deux se dévisagèrent, puis Naoko rompit le contact et secoua la tête. Ondine soupira une nouvelle fois, fermant les yeux, l'air ennuyé :
- Est-ce qu'il y a de quoi faire ici ?
- Oui.
- Alors va me chercher ce qu'il faut.
La phrase cingla tel un ordre aux oreilles de Naoko qui fronça les sourcils. Qui était cette fille pour lui parler comme ça ? Serrant les poings, décidant de prendre sur elle, Naoko se releva prestement et retourna dans la salle de bain chercher le nécessaire. Pour son frère, elle était prête un faire un effort, mais il ne fallait pas que cette Ondine se croit tout permis non plus.
Pendant ce temps, Ondine avait récupéré la serviette et continuais de faire pression sur la plaie. Elle remarqua un plaid posé proprement sur le coin du canapé et s'en saisit, reprenant avec une voix beaucoup plus douce, presque tendre :
- Sacha, allonge-toi sur le ventre s'il te plait.
Mais ce dernier ne bougea pas, se contentant d'observer Ondine, le visage pâle. Devant l'absence de réaction du garçon, elle leva les yeux vers lui :
- Sacha ?
- … Tu comptes vraiment me faire des points de sutures... ?
Un léger sourire se dessina sur les lèvres d'Ondine et elle opina doucement de la tête :
- Ne t'en fais pas, je sais ce que je fais. Ce Démolosse ne t'as pas loupé et il faut soigner ça au plus vite.
Prenant encore quelques secondes, Satoshi fini par acquiescer à son tour, son stress augmentant à l'idée de se faire recoudre. Pendant un moment, il eu l'idée d'aller simplement à l'hôpital, mais il ne voyait pas comment s'expliquer devant ses parents. Plus encore, il n'en avait pas envie. Pas envie non plus d'être pris pour un fou, pas envie de devoir se justifier de chose qu'il ne comprenait pas. Même s'il n'avait que très peu confiance en Ondine, elle devait lui apporter des réponses. Et elle avait l'air de savoir ce qu'elle faisait.
Paradoxalement, son naturel à vouloir accorder sa confiance à tout le monde revenait au grand galop. Il voulait faire confiance à Ondine, comme il le faisait avec n'importe qui. Il fut soulagé de savoir qu'il n'était pas non plus seule avec elle. Naoko était là. À deux, ils ne se laisseraient pas avoir si la situation venait à dégénérer. Satoshi se leva, laissa Ondine recouvrir le canapé du plaid et s'allongea sur le ventre.
Naoko redescendit apportant des compresses stériles, du désinfectant, des bandages, et tout le nécessaire pour faire des points de sutures. Elle posa tout l'attirail à côté du canapé et observa une nouvelle fois la jambe de Satoshi. En jetant un oeil à Ondine, elle commença à parler dans sa langue natale :
- Tu ne crois pas qu'il vaudrait mieux aller à l'hôpital ?
- J'y ai pensé… Mais je ne vois pas comment annoncer ça aux parents. Et Ondine semble connaître mon passé…. Même si je ne lui fait pas totalement confiance. Mais elle connaît mon véritable nom.
Sacha sourit. Au fond de lui, il était réellement content d'avoir enfin cette information. C'était quelque chose qu'il avait cherché des mois, voir des années sans jamais réussir à s'en souvenir. Naoko de son côté, acquiesça, se rappelant parfaitement des paroles d'Ondine un peu plus tôt :
- Sacha ?
- Oui.
- Ça te vas bien.
- Je ne vous dérange pas ?
Comme pris en faute, tout deux tournèrent leurs têtes vers Ondine, intimidé par le ton qu'elle venait d'employé. Celle-ci, debout, bras croisés leur assénait un regard réprobateur. Sans se dégonfler, elle repris :
- Pas de messe basse en ma présence. Je déteste ça.
D'autant qu'elle avait de sérieux doute sur la véritable identitée de cette Naoko. Elle voulait savoir ce qui pouvait être dit pour protéger Sacha en cas de besoin. La prudence était de rigueur, encore plus dans cette situation.
Satoshi laissa échapper un petit "désolé" mais Naoko lui adressa un regard mauvais. Depuis quand une étrangère se permettait de jouer les fortes têtes ? Se grandissant, elle affronta Ondine du regard. Cette fois-ci c'était la goutte d'eau :
- Non mais sérieusement, pour qui tu te prend là ? On est chez nous, on parle entre nous si on veut ! Tu rugis comme un Némélios, t'es péni-...
Mais Naoko n'eu pas le temps de finir sa phrase. En un éclair, Ondine attrapa son bras, tira dessus en donnant un coup à l'arrière de ses genoux pour la faire tomber. Tout aussi rapidement, Ondine s'assis sur elle et lui tordit un bras dans le dos. De sa main libre, elle attrapa un couteau dans sa poche cargo qu'elle vint plaquer sous la gorge de sa captive :
- Je trouvais bizarre que tu parles notre langue. Tu es une espionne ? Depuis quand es-tu infiltrés ?!
Plus de doute à présent pour Ondine. Cette fille avait clairement mentionnée Némélios. Sachant qu'il n'y avait pas de Pokémon ici, il était claire qu'elle ne venait pas de ce monde et qu'elle usurpait une identitée. Avait-elle tenté de se rapprocher de Sacha pour le tuer ? Ou pour le capturer ? Car Sacha était une mine d'or aux yeux des ennemis.
Naoko ne put que gémir sous la pression que supportait son bras. Satoshi se releva rapidement et força Ondine à s'écarter, sortant de ses gonds à son tour :
- T'es complètement taré ?! C'est moi qui lui ai appris "notre" langue comme tu dis !
- Si c'est le cas, comment ce fait-elle qu'elle connaisse les Némélios ?!
- Parce que ça faisait parti des expressions que je connaissais ! Merde Ondine, si tu peux pas répondre aux questions que je t'ai posé barre-toi !
Ondine resta interdite un moment, dévisageant Sacha. Puis elle tourna la tête, la mâchoire crispée. Dans son raisonnement, elle n'avait pas prévu ça. Bêtement, elle venait de tirer des conclusions hâtive et de se foirer. Erreur de débutante. Elle relâcha sa prise et s'écarta, tête basse.
Naoko se releva rapidement et recula, massant son bras encore douloureux, tremblante, complètement tétanisé par ce qui venait de se passer. Satoshi se mit devant elle pour la protéger au cas où Ondine tenterais à nouveau quelque chose. Bien sûr qu'il voulait encore des réponses, il les voulaient de plus en plus même ! Mais personne ne s'attaquait à sa famille sans en subir les conséquences. Il s'était toujours vu comme un grand frère protecteur, et bien qu'il soit blessé, il n'allait certainement pas changer ses habitudes. D'un regard noir et fière, il toisait Ondine, la défiant de recommencer. Cette altercation avait eu le don de le remettre d'aplomb, de lui redonner courage. La fatigue s'était envolé avec la peur et il était prêt à en découdre.
Ondine le regarda, évaluant la situation. Enfin, après un temps qui sembla interminable pour Satoshi, elle rangea son couteau et mis ses mains devant elle en signe de reddition :
- Je suis désolée, je me suis emportée…. Allonge-toi, je vais répondre à tes questions et te soigner.
- Avant ça, je veux que tu poses toutes les armes que tu as sur toi.
Ondine soupira mais obtempéra sans rien ajouter. Lentement, elle défit sa veste et la jeta plus loin vers l'entrée. Elle vida aussi les poches cargos de son pantalon, posant deux couteaux ainsi qu'un revolver sur le sol, et les fit glisser du pied jusqu'à Sacha. Celui-ci les attrapas et les tendis à Naoko dans un sourire qui se voulait rassurant :
- Garde ça avec toi… Ça va aller ?
Naoko écarquilla les yeux en voyant les armes puis se ressaisit bien vite et s'en saisit. Sacha se retourna vers Ondine :
- Les balles que tu as à la taille aussi.
- Ce ne sont pas des armes, défendit-elle.
- C'est tout comme, avec ce qu'elle peuvent contenir.
Ondine émit un grognement mais préféra montrer patte blanche. Après un tel comportement, il était normal que Sacha n'ai plus confiance en elle. Ça tenait du miracle -ou d'une immense naïveté- qu'il soit toujours d'accord à se faire recoudre par ses soins. D'un geste sec, elle défit sa ceinture et la lança à Naoko qui l'attrapa au vol. Satoshi expira un peu et retourna s'allonger sur le canapé :
- Maintenant tout le monde va souffler un bon coup et se détendre. Naoko est ma sœur, et je lui fait pleinement confiance. À toi beaucoup moins, Ondine.
- C'est entendu.
Ondine n'avait pas envie de s'attarder sur le sujet plus longtemps. Elle reconnaissait qu'elle était à cran et qu'elle c'était peut-être un peu emballée. Beaucoup en faite. Même si elle était de nature impulsive, elle n'attaquait en général jamais sans être sûre d'elle. Pour une fois, elle avait merdé. Et ça la gonflait. Mettant de côté ses états d'âmes, elle inspira profondément, tentant de se défaire de sa colère et ses remords. Elle retourna près du canapé et commença à préparer les soins pour Sacha. Naoko quand à elle resta en retrait, tenant toujours dans ses mains les armes que lui avait remis son frère. Ondine s'assit à côté des jambes du garçon et entama de désinfecter proprement les plaies en commençant son long récit :
- Je vais commencer par le début. Tu viens d'un autre monde Sacha. Un monde merveilleux où humain et Pokémon cohabitaient en harmonie il y a quelques années. Les Pokémons sont des créatures fantastiques, comme celle que tu as vu tout à l'heure.
- J'ai vu des créatures monstrueuses, elles n'avaient rien de fantastiques.
Ondine esquissa un sourire, continuant de passer une compresse désinfectée sur les plaies tout en s'assurant qu'il ne restait pas d'impureté. Sacha senti de violent picotements dans son mollet mais se fit violence pour les ignorer alors que la voix d'Ondine s'élevait de nouveau :
- C'est ce que les hommes en font qui est monstrueux. Lorsque tu as eu dix ans, tu es parti en voyage pour devenir maître Pokémon. C'est un titre qui est accordé aux dresseurs réussissant à battre huit champions d'arène puis à vaincre la ligue Pokémon d'une région. Il y a différentes régions, avec chacune leur propre ligue, et leurs propres règles. Nous nous sommes rencontrés à Kanto, c'est la région où tu es né.
Ondine marqua une pause, changeant de compresse pour en imbiber une nouvelle et continuer de nettoyer :
- On a fait un sacré bout de chemin ensemble. Puis nos routes se sont séparées, tu as continué ton voyage avec d'autres dresseurs et dresseuses. Le monde Pokémon semblait plutôt bien se porter, jusqu'au jours où ILS - elle insista sur le mot- sont arrivés.
- … Qui, ils ?
De nouveau, Ondine avait marqué un arrêt. Cette fois, elle se pencha et saisit le sachet contenant le matériel de suture. D'une main habile, elle attrapa l'aiguille et passa son fil à l'intérieur. Elle sentit Sacha se raidir et dans un mouvement qui se voulait rassurant, posa une main chaude et réconfortante sur son mollet gauche :
- Ne t'inquiète pas, ça va aller. Je ne peux pas te dire que ça ne fait pas mal, mais à côté de ce que tu as déjà vécu, c'est du pipi de Miaouss.
Elle lui adressa un sourire sincère qui sembla quelque peu réconforter Sacha. Mais juste un peu. Devant la mine inquiète qu'il continuait d'arborer, Ondine ne put s'empêcher de sourire un peu plus, et même de pouffer de rire discrètement :
- Ne regarde pas, idiot.
- … On dirait un énorme hameçon.
- Ça s'appelle une aiguille, et ce n'est pas si gros que ça. Naoko... tu peux l'occuper et l'empêcher de regarder… S'il te plait ?
Le dernier mot sonna presque comme un effort venant d'Ondine, mais Naoko apprécia quand même. Mal-assurée, elle s'approcha, posant les armes au sol et s'agenouilla près de la tête de Sacha. Celui-ci la regarda, et une mine de plus en plus inquiète se dessinant sur son visage. Naoko pouffa et lui ébouriffa les cheveux en retour :
- Tu verrais ta tête…
- J'aimerais bien t'y voir toi tiens…
- Je me serais déjà évanouis de terreur.
Ce petit échange avait eu le mérite de détendre un peu Sacha. Ondine se pencha sur son mollet et commença à suturer avec précision :
- Essaye de ne pas bouger, je ne vais pas en avoir pour longtemps.
Quand Sacha senti l'aiguille piqué dans sa peau, il serra les dents et laissa échapper un grognement. Ondine avait raison, ce n'était pas si douloureux que ça, mais c'était très désagréable. Le pire était de sentir le fil glisser dans sa peau. Il avait furieusement envie de retirer sa jambe mais se força à rester immobile :
- Très bien, ne bouge pas. Pour le ILS… A vrai dire, on sait très peu de chose… On sait qu'ils viennent d'un autre monde. Ils sont apparus comme ça, du jour au lendemain. Aux débuts, ils n'étaient pas très nombreux et se fondaient dans la masse… Mais quand ils ont compris l'intérêt que pouvait avoir nos Pokémons… Ils sont arrivés en grand nombre avec des armes et des bombes. "Pour le salut de dieu" , "Pour l'église" , " Pour notre triomphe" c'étaient toutes les excuses qu'ils nous sortaient pour expliquer leurs gestes. Ils tuaient les dresseurs et s'emparaient d'un maximum de Pokémons pour mener des expériences sur eux. Les Pokémons que tu as vu tout à l'heure on sûrement fait partie de ça… Ils leurs lavent le cerveau et les rendent incapable de pensée... Puis ils décuplent leurs puissances… Ils s'en servent comme des armes dénuées d'âmes.
Ondine s'employait à faire des points de sutures propres, tel la chirurgienne qu'elle avait dû devenir malgré elle dans ce monde en guerre. Sacha l'écoutais avec attention, fixant Naoko qui lui renvoyait son regard inquiet. Tout ceci était complètement ahurissant et presque impossible à croire. S'il n'y avait pas eu ses deux monstres. Et cette foutue plaie qui en découlait. Le ton d'Ondine devint plus sombre, emprois à une tristesse qu'elle peinait à cacher :
- Nous avons organisé une rébellion. Il n'était pas question que nous nous laissions faire. Pas question que nos Pokémons deviennent de simples armes entre leurs mains… Tu étais à la tête de se mouvement Sacha.
- De…. Moi ?
- Oui… Tu es le premier avec N à t'être dressé face à eux. Beaucoup de dresseur vous ont suivi. D'autres ont préférés rejoindre les forces ennemis.
Ondine s'arrêta, ne pouvant s'empêcher de serrer les poings. Les années avaient défiler, mais cette rancœur étaient toujours là. De parfait inconnus étaient venu brisés son monde, ses rêves, et même ses amis, pour leur propres idéaux. Quel égoïsme. C'était dure de raconter cette histoire. Se forçant une nouvelle fois à taire ses sentiments négatifs, elle se remit au travail et repris :
- Comme je le disais… Tu étais à la tête de ce mouvement avec N. Mais il y avait aussi Mewtwo qui aidait énormément.
Sacha tiqua à ce nom. Un flash blanc lui traversa l'esprit et une violente douleur résonna dans son crâne. D'un mouvement brusque, il rabattit ses mains sur sa tête et ferma les yeux, tentant de se concentrer sur le nom qu'il venait d'entendre. Mewtwo….
"- Mewtwo ! Où vas-tu maintenant ?"
C'était sa voix, il la reconnaissait bien. Le ton était gaie, avec néanmoins une pointe d'inquiétude.
"- Là où mon coeur pourra apprendre ce que le tiens sait déjà…."
- Sacha !
Sacha sursauta et rouvrit les yeux, stupéfait. Sa sœur se trouvait face à lui et venait de saisir son épaule pour le secouer. Interdit, il l'a regarda et sentit une larme chaude rouler lentement le long de sa joue. Ondine avait arrêter ses soins, et le regardait, inquiète elle aussi. Après quelques secondes de flottement, il eu besoin de se justifier, pour rassurer son entourage :
- Ça va… C'est juste que… Je… Mewtwo… Je crois que j'ai entendu sa voix…
- … Que te disait-il ? s'enquit Ondine.
- Qu'il allait quelque part… Pour apprendre ce que mon coeur savait déjà… Quelque chose comme ça…
Les lèvres d'Ondine s'étirerèrent dans un sourire terriblement triste et Sacha senti son coeur se serrer. Il eut l'impression qu'elle était en train de se retenir de pleurer et cela le déstabilisa un peu plus. Avait-il remuer un souvenir triste ? Était-ce vraiment la voix de ce Mewtwo ? Comme pour répondre à ses questions, Ondine reprit :
- Mewtwo était un Pokémon infiniment bon et savant. Il aura beaucoup aidé dans le mouvement de rébellion… Grâce à lui, nous avions mis au point des stratégies qui fonctionnaient… Et qui auraient sûrement réussi, si nous avions eu plus de temps… Et plus de chance. C'était un héros.
Sacha senti son cœur s'emballer dans sa poitrine, croyant comprendre où voulait en venir Ondine. Il ne savait pas pourquoi il réagissait comme ça, mais il eu l'impression à cet instant qu'il avait vraiment été proche de ce Mewtwo. Son esprit ne se souvenait pas, mais son corps réagissait malgré tout, c'était assez perturbant à vrai dire. Après quelques secondes, Sacha posa enfin timidement la question, comme s'il n'avait pas vraiment envie de connaître la réponse. Et en même temps, il voulait savoir, comme un besoin viscérale. Quel paradoxe :
- … Qu'est-il devenu ?
Ondine essuya rapidement une larme traîtresse avec son bras, puis se tourna vers Sacha :
- Mewtwo est mort Sacha. En te sauvant la vie.
Pfiouh, c'est un chapitre que j'ai mis du temps à écrire et à ficeler, alors j'espère qu'il vous à plus ! Pour le chapitre 4, je vais faire en sorte que vous n'ayez pas à attendre aussi longtemps, c'est promis !
S'il vous plait, si vous êtes arriver jusque là, laissez un petit commentaire, vous n'avez pas idée d'à quel point c'est important pour les auteurs !
Merci à vous tous et rendez-vous au chapitre 4 !
