Résumé : Adeline a comprit que Noah a révélé à Charlie son secret quant à son talent de legimens. De plus, le jeune Gryffondor à de plus en plus de facilité à s'adresser à Adeline, voir à la repousser. Notamment suite à la révélation de Noah sur les capacités d'Adeline. Charlie ayant mal pris cette découverte annula leur précédant rendez-vous. Quant à Adeline, elle s'est mise à s'intéresser à lui pour découvrir son secret dans la forêt interdite.

VOICI NOS SECRETS

Jeudi 11 octobre 1990

Poudlard

Il m'ignore. Je l'ignore. Il me fuit. J'apprends. Je suis la souris. À mon tour. Je suis le chat. À mon tour.

Elle m'ignore. Je l'ignore. Elle me fuit. J'apprends. Je suis la souris. À mon tour. Je suis le chat. À mon tour.

Adeline Dragonneau avait pris l'initiative de s'intéresser à Charlie, quand ce dernier prit l'initiative de s'éloigner. Ainsi, cette dernière ne comprenait plus le Gryffondor. Accoudée sur sa table, elle fit mine d'écouter le cours de Sortilège dans un hochement de tête peu convainquant. Ayant entendu rire, elle tourna vivement la tête pour réprimander du regard les personnes qui osaient la déranger dans ses pensées. Ses yeux tombèrent sur le trio des Gryffondor : Charlie, Cassandre et Noah en train de s'esclaffer sans se préoccuper du regard de Flitwick qui tomba aussi sur eux. Adeline croisa tour à tour les yeux des trois comparses. Pour Noah, elle n'entendit que des mots incohérents, sans queue ni tête. Pour Cassandre, elle ne discerna que des paroles en rapport à son attirance pour Charlie. Enfin pour ce dernier, rien. Absolument rien. Il se concentrait, elle le savait. Elle fronça les sourcils de colère. Harmony avait prôné la tolérance et la gentillesse des Poufsouffle face à cette histoire, mais Adeline n'était pas spécialement d'accord. Les Poufsouffle aimaient également la justice, et la jeune fille se sentait trahie par Noah. Elle voulait des explications, mais il savait parfaitement qu'elle ne viendrait jamais le voir lorsqu'il était avec Charlie. Sois la majorité du temps.

_ « Si tu veux mon avis, ne montre pas que tu es au courant, qu'il est au courant »

Adeline tourna cette fois-ci sa tête vers sa voisine de classe : Nymphadora Tonks qui lui souriait poliment. La benjamine des Dragonneau lui rendues son sourire puis fronça les sourcils face à la phrase de sa camarade. Lorsqu'elle vu cette dernière cogner sa tête discrètement avec un de ses doigts, Adeline comprit tout de suite. Elle voulait qu'elle lise dans ses pensées.

_ « Tu es intelligente » répondu Adeline. « Tu ferais une excellente Auror. »

À la fin du cours, Adeline courut rejoindre Harmony dans leur dortoir qui, malade depuis plusieurs jours, était cloué au lit En effet, il y avait une contagion de Grippe de sorcier exigeant le repos absolu. Lorsqu'elle arriva, un vent froid arriva dans la pièce. Harmony avait laissé une fenêtre ouverte, et la froideur de dehors s'était immiscée à l'intérieur de leur chambre. Tandis qu'Harmony était sous la couette, emmitoufler dans de grosses chaussettes et un pull en laine.

_ « Ma tante m'a toujours dit qu'il fallait ouvrir les pièces pour enlever les microbes »

Adeline ne put s'empêcher de sortir un petit rire gentil face à la position de son amie. Oui après deux ans à se parler, à se confier l'une à l'autre, Adeline pouvait la clarifier d'amie. Cette année, plus encore.

_ « Tonks est venu me parler en cours de sortilège, et donc elle m'a apprit que Charlie était effectivement bien au courant pour mon secret. Noah en plus de lui avoir tout dit, l'entraîne à l'occlumencie avec l'aide d'un autre Gryffondor, Mathieu. Elle les a surpris dans une vielle classe au cinquième étage. »
_ « Répète moi ça ? Tu as accepté une conversation, et en plus sur Charlie Weasley ? Un Gryffondor que tu ne voulais plus approcher ? Pour ensuite venir me raconter tout ? »

Harmony explosa de rire, même si elle du très vite s'arrêter pour tousser et se moucher. C'est un fait, Adeline voulait s'intéressait plus à Charlie. Toutefois pour une raison de curiosité : elle voulait savoir quelle créature, il cachait dans la forêt interdite. De plus, son frère l'avait convaincu de lui laisser une maigre chance de le connaître. Du moins en amitié. La jeune fille n'envisageait rien de plus.

_ « Hormis cela, je suis montée prendre un livre pour ce midi »
_ « Ah, la, je retrouve Adeline Dragonneau. Je commençais à m'inquiéter, vois-tu. Je te conseille d'aller voir Mathieu. En dehors du Quidditch, c'est un garçon relativement gentil. »

Elle remercia son amie et descendu avec son livre, et Loki dans sa poche. Quelques minutes, plus tard, elle arriva dans la Grande Salle où le bruit environnant lui donna mal à la tête. Elle décida donc de prendre deux trois fruits qu'elle glissa dans sa poche droite de sa jupe, et un dans sa poche de veste où se trouvait son botruc. Sortant de la Grande Salle, elle se sentit observer. Il s'agissait de Charlie, qui en croisant les yeux de la Poufsouffle retrouva sa maladresse naturel en s'étouffant avec son jus de citrouille. Cela amusa la jeune fille qui partit sourire aux lèvres.

Le début d'octobre emmena son lot de pluie et de vent depuis plusieurs jours. Mais aujourd'hui, malgré un vent froid, le soleil était de mise, et tout en respirant l'air pure de Poudlard que la jeune fille se dirigea vers le lac de Poudlard. Elle alla s'asseoir adossé contre un arbre, et tout en fermant les yeux, elle respira un nouveau l'air qu'elle laissa entrer vigoureusement dans ses poumons. Au bout d'une petite heure de lecture intensive sur les créatures aquatiques, elle sentit une légère pression de sa poche. Quelque chose s'y agitait, au nom de Loki, son Botruc.

_ « Si quelqu'un te voit nous allons avoir des ennuis » . Ce dernier hocha ses petites épaules d'un air innocent et sauta sur le genou de son amie d'un air suppliant « Et ne me regarde pas comme ça. Tu sais bien que sans toi, je ne tiendrai pas ici ». Ce dernier continua à la fixer tout en clignant doucement des yeux « Oui oui d'accord il y a Harmony, et Ivy, mais bon ... Oui, d'accord, les Gryffondor sont sympas ». À cette réponse, Loki croisait les bras « Oui bon les Weasley en particulier ». Enfin, Loki finit par rire sans un bruit.
_ « Charmante cette conversation »

Adeline se retourna vivement baguette en main, et aperçu Charlie Weasley ainsi que Noah Grim derrière elle. Ce fut Noah qui avait parlé, vu le sourire au coin qu'il affichait. La jeune Dragonneau prit Loki dans la main, et le rangea vivement dans sa poche de veste. Elle en fit de même avec sa baguette et pour le reste de ses affaires quand Noah repris la conversation. Monologue qu'Adeline n'écouta pas. Elle préféra se concentrer sur Charlie qui regardait ses pieds. Il avait bien perdu de son courage en une semaine. Son prénom cité par Noah, il finit par lever les yeux vers la poufsouffle et son meilleur ami. Il hocha la tête d'un air peu convaincu. Adeline pensa alors qu'il ne devait pas non plus écouter. Toutefois, toute son audace n'était pas entièrement partie, après une longue pause la bouche ouverte où une mouche avait d'ailleurs finit y rentrer celui-ci commença :

_ « Il est mignon ton Botruc »

Adeline ne répondue rien. Cette dernière était bien trop énervée contre les deux Gryffondor, le premier pour avoir révélé son secret, et le deuxième pour avoir fait comme-ci il l'ignorait tout en cherchant un moyen de se protéger de ce dernier. Même si son frère lui avait affirmé qu'elle se trompait, elle ne pouvait s'empêcher de croire qu'il voulait lui caché autre chose que son attirance. Sa confiance en lui, en était que plus réduite. Bien sûr, elle-même savait la stupidité de la chose, et malgré que son frère, Stephan, lui avait conseillé de prendre le risque de souffrir. Adeline avait que trop peur. Lorsque Charlie n'arrivait pas à lui parler, c'était simple. Maintenant, les choses se compliquaient.

_ « Il s'appelle comment ? »
_ « Loki » répondu Adeline en essayant d'être en apparence indifférente à un de ses secrets révélés

Une nouvelle brise de vent retentit entre les trois protagonistes, un vent qui s'engouffra dans les poumons de Charlie qui vaillamment repris la conversation.

_ « Donc nous sommes sympas ? » Dit-il d'un air malicieux
_ « Je parlais bien entendu de tes frères, les jumeaux et Bill qui d'ailleurs dit des choses très intéressante au mien sur la vie, sur les attirances de chacun. Maintenant si vous voulez bien m'excuser »

Rouge. Voilà comment était Charlie. Rouge de honte, de gène. Adeline avait choisi ses mots avec exactitude en sachant très bien ce que cela provoquerait chez lui. Aucun des deux ne l'empêcha de partir, et au loin, elle entendit déjà Charlie marmonner un mécontentement auprès de son frère.

Sachant qu'ils seraient trop occupés à débattre, elle se dirigea vers la salle commune des Gryffondor et attendit patiemment Mathieu après avoir demandé à un Gryffondor d'aller le chercher. Un regard vers la jeune fille lui suffit à comprendre pourquoi elle était là.

_ « Adeline Dragonneau c'est ça ? »
_ « Mathieu Sponk, nous avons à discuter »

Tout en hochant la tête, il montra à Adeline un coin reclus du couloir où personne ne viendra les déranger.

_ « Je sais pourquoi tu es ici, cela ne me surprends pas que tu sois au courant vu tes capacités »

À cela, la jeune fille grimaça. Son secret, qui était inconnu autrefois, ne l'était plus. Au fur et à mesure des jours, une nouvelle personne était au courant, et cela avait le don de rendre la jeune fille hors d'elle.

_ « Charlie est un très bon ami, mon capitaine de Quidditch, je lui resterai fidèle ».
_ « Quand est-il d'Anton ? »
_ « C'est mon meilleur ami, mais je ne vois pas le rapport » s'interrogea ce dernier
_ « Charlie n'est pas le seul timide dans les Gryffondor. Votre courage n'est pas si caractéristique de votre maison »
_ « Le chantage est digne d'un Serpentard, et non d'un Poufsouffle » cracha t-il à moitié

Adeline souris fière d'elle. Ce dernier savait où la jeune fille voulait en venir. Anton, ressemblait étrangement à Charlie quand cela concernait les filles. Ici, ce n'était pas n'importe quelle fille. Il s'agissait de la sœur d'un de leur meilleur ami : Ivy Grim. Adeline avait pu intercepter une pensée il y a peu comme quoi Anton Dewis, le batteur des Gryffondor avait une attirance pour cette dernière.

_ « Qui a parlait de chantage ? Je pourrais très bien l'aider tout simplement » répondit la Poufsouffle en hochant l'épaule l'air innocente.

Après plusieurs secondes de longs silences, et plusieurs soupirs de réflexion. Le jeune asiatique grimaça mais finit par dire

_ « Que veux tu Dragonneau ? »
_ « Quel est le secret de Charlie ? Qu'as-tu vu lors de ses cours ? Tiens t-il réellement à moi, ou est-ce juste une attirance quelconque ? Est-ce qu'il m'aime, est-ce ... »

La jeune fille ne put terminer sa phrase, tandis que Mathieu se mit à rire. Il leva les mains au ciel signe d'abandon. Collé au mur, il se décala et partit sans un mot. Adeline ne comprit pas sur le moment avant d'entendre sa voix.

_ « Cela te déstabilise autant de ne pas pouvoir lire dans mes pensées ? Mes sentiments. Mes pensées sont privées. »

Morte de honte, Adeline se retourna les joues colorés par sa gêne dès plus visible. À ce moment-là, elle ne vit pas le Charlie si souriant ou remplit de maladresse, comme à son habitude. Non, elle le vit fronçant les sourcils de colère. Elle sourit d'une grande douceur pour apaiser les choses, mais rien. Adeline se concentra alors sur ses pensées. Cependant, elle n'entendit qu'une seule phrase « Qu'est-ce que je viens de te dire ? Tu es vraiment ... ». Il soupira et se dirigea à grand pat vers sa salle commune.

Samedi 20 octobre 1990

Pré-Au-Lard & Poudlard

Les rires des sorciers. La bière coulant à flots. L'épice de l'hydromel venant à ses narines. L'oignon du soda de Branchiflore lui piquant les yeux. Sa gorge réclamant un autre verre de sa Bièraubeurre. La voix stridente de Cassandre près de lui. Rien de tout ceci ne l'empêcha pas de penser à une seule et même personne.

_ « Charlie Charlie ! »

Une voix à peine audible arriva à ses oreilles. Puis des murmures. Il ne savait pas qui avait parlé, hormis que ce n'était pas Cassandre. Il ne restait plus qu'Ivy, Noah, Mathieu ou bien encore Anton Dewis .

_ « Je crois que son cerveau à surchauffer »

D'autres murmures, mais rien. Le jeune Charlie Weasley ne réagissait pas. Depuis le 11 octobre dernier, il n'avait pas adressé un seul mot à Adeline. Ce ne fut pas très compliqué vu qu'elle ne faisait rien non plus pour parler avec lui. Il s'était un peu énervé contre elle, et depuis cela le hantait jour et nuit. Le Gryffondor avait peur d'avoir brûler toutes ses cartes avec elle. Il la voyait en ce moment même rire à tout-va en compagnie d'Harmony, et d'un joueur de l'équipe de Poufsouffle, un certain Jack. Son comportement était ridicule, il le savait. Néanmoins, il n'y pouvait s'en empêcher. Il ne pouvait s'empêcher de repenser à ce baiser sur sa joue, à cette façon qu'elle avait à l'énerver, mais aussi à cette façon qu'elle avait eu de s'intéresser à lui. Cela, signifiait-il quelque chose ?

Il n'eut pas le temps de réfléchir à cette question pour la énième fois qu'un liquide tiède arriva sur son visage et l'extirpa de ses pensées. Surpris. En colère. Il ne prit pas la peine de sermonner le ou la coupable et se dirigea vers les toilettes pour se nettoyer.

Mains sur le lavabo, il soupira. Il continua à le faire même en entendant la porte s'ouvrir dans un couinement puis se reformer dans un boum.

_ « Ce n'était pas très sympa ce qu'a fait Mathieu. Après, c'est vrai que je n'ai pas vraiment le droit, je pense, de polémiquer sur ce qui est bien ou non, vu que je n'ai pas respecté ton choix de ne pas lire dans les pensées »

Sursautant, Charlie se retourna les yeux écarquillés. Adeline se tenait devant lui, les yeux regardant le sol glacés des toilettes pour hommes.

_ « En effet » répondit Charlie après de longues secondes.

Le chat et la souris. Aujourd'hui ce fut à Adeline d'être la proie faible, et Charlie d'être le prédateur confiant. Malgré qu'il avait peur d'avoir tout fichu par terre, il savait néanmoins que dans cette chasse il avait un avantage.

_ « Tu connais mon secret »

Charlie continua à retirer le liquide de sa joue tout en faisant mine d'être surpris par la révélation de cette dernière.

_ « Bien tu veux que je le dise à haute voix » reprit Adelina en comprenant le souhait du Gryffondor. Après avoir vérifié qu'aucune des toilettes n'était prise, elle poursuivi « Je peux lire dans les pensées. Un certain talent disons. J'ai lu dans tes pensées plusieurs fois à ton insu depuis plusieurs années déjà. Il s'est réellement développé en cinquième année. Charlie Weasley voici mon secret et je suis désolée pour ça. À toi de me dire le tien maintenant »

Charlie remercia la jeune fille d'un hochement de tête, puis s'en alla. Il voulait jouer avec elle, la rendre dingue comme elle avait le don de le faire avec lui. Cela fonctionna plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Adeline le suivit dans la salle vexée et en colère. Un léger sourire arriva aux lèvres du jeune garçon qui au fond de lui était paniqué. Lorsqu'il sentit que cette dernière perdait patience, il se retourna vers elle pour lui dire :

_ « Rendez-vous à vingt heures dans la cour »

Charlie s'entant ses jambes oscillé dû à cette conversation, il se dépêcha de retourner s'asseoir. La Poufsouffle en fit de même après avoir accepté. Une fois à table, ses amis le regarda attendant une explication.

_ « J'ai rendez-vous avec Adeline. J'ai rendez-vous avec Adeline » dit-il d'un air tel un enfant le matin de Noel.

Néanmoins, Charlie n'arrivait pas à prononcer aux choses. Cassandre vexé se leva et partit, Ivy la suivit pour la réconforter. Mathieu lui proposa une énième leçon avant ce soir et tous spéculèrent sur ce rendez-vous entrevu ayant mis plus deux ans à arriver.

Le soleil s'était endormi laissant les nuages gris d'une pluie menaçante faire leur apparition. Charlie grimaça de voir une averse gâchée ce moment dont il avait tant rêvé. Contraire de la dernière fois, aucune excuse pour l'annuler, aucun nouveau secret pour l'énerver et le déstabilisé. Non ce soir, il était prêt. Cette fois-ci ce n'est plus lui qui demanda un rendez-vous, cette fois-ci, ce fut elle. Adeline voulait connaître le secret de Charlie. Assis sur un banc de la cour, Charlie réfléchissait, stressait, réfléchissait et s'inquiéta encore plus. L'horloge avait déjà sonné vingt heures et toujours personne en vu. Toutefois après plusieurs minutes, qui lui a semblé être une éternité, il vit la porte s'ouvrir laissant place à une jolie fille rousse lui souriant.

_ « Désolée je suis en retard, une fille à Serpentard me devait un service. Voler dans la réserve de Rogue lui a pris plus de temps que prévu. Cela ne t'a pas rendu inquiet, j'espère ? »

Il lui sourit tout en hochant négativement de la tête. À sa remarque, il remarqua qu'elle portait une bouteille de potion encore remplie. Charlie fronça les sourcils ne comprenant pas où la jeune fille voulait en venir.

_ « Je t'ai blessé en lisant dans tes pensées, elle me permettra d'éviter de le faire. Cette potion m'est destiné pour les ASPICS, alors théoriquement ce n'est pas du vol »

Lorsque la jeune fille voulue la boire, Charlie eu un réflexe et cassa la bouteille par terre, le liquide se déversant dans la cours sous le regard intrigué d'Adeline.

_ « Ce soir, je veux que nous soyons authentiques, cette capacité fait partie de toi, j'apprendrai à l'accepter »

Adeline sourit aux gestes de Charlie et dans un hochement de tête unit ils se dirigèrent dans un silence vers la forêt interdite. Le jeune capitaine cherché quoi dire, mais rien ne lui venait à l'esprit. En regardant Adeline, il comprit par un sourire gêné qu'il n'était pas le seul. Une fois arrivé dans cette forêt si interdite, il ne put s'empêcher de sortir un léger rire : elle comme lui n'était pas perdu dans ce vaste étendu d'arbres et de bruits étranges les entourant. Toutefois, au bout de quelques minutes de marches sous une humidité grandissant d'une pluie orageuse, Adeline s'arrêta net et prit la parole.

_ « Nous approchons du nid des araignées ? » Charlie haussa les épaules. « Si tu dois me montrer une de ses bêtes, je fais demi-tour tout de suite » s'inquiéta alors la jeune fille.
_ « Tu me fais confiance ? »
_ « Tu es à Gryffondor, alors bien sûr que non »

Charlie s'esclaffa en voyant la tête d'Adeline, et pour la première fois, il ne se sentait ni anxieux ni intimidé par la présence de la Poufsouffle. Il continua sa marche tout en entendant les murmures d'Adeline rechignant à chacun de leurs pas. Charlie comprit alors que la jeune fille ne s'était jamais aventurée dans ce coin-ci de la forêt justement à cause de la famille d'Acromentule vivant tout près. Au bout d'une quinzaine de minutes de marche, ils arrivèrent près d'une clairière éclairait par la lune résistant aux nuages noirs.

_ « J'admire ton grand-père, j'admire ta famille tout entière pour leur passion, pour leur amour même des animaux fantastiques. Tu n'es pas la seule à avoir comme amis des animaux. Tu n'es pas la seule non plus à avoir des conversations profondes avec eux » sourit-il. Tu n'es pas la seule à avoir comme amis des animaux. »

Adeline fronça les sourcils, grimaça puis son visage se détendit en comprenant les propos du jeune homme, tout en entendant au loin des sabots sur le sols piétinant les feuilles d'automne tombant.

_ « Je te présente Eole, il nous emmènera vers une autre clairière bien au fond de la forêt interdite où je te présenterai Baldr »

Sentant un souffle chaud derrière sa nuque Charlie n'eut pas de mal à reconnaître l'hippogriffe qui l'accompagne depuis maintenant deux ans dans divers coins de la forêt interdite. De pelage noir encre, il avait réussi à le dresser à l'aide d'Hagrid et des ouvrages de Norbert Dragonneau.

_ « Il est magnifique... » souffla Adeline qui tout en le regardant dans les yeux s'inclina devant lui dans un geste d'élégance et de bienveillance
_ « Il m'a aidé de nombreuses fois pour me sortir d'ennuis ici, je lui dois la vie et bien plus encore »
_ « Comment l'as-tu rencontré ? » questionna la jeune fille
_ « J'ai suivi le troupeau d'hippogriffes de la forêt, Hagrid m'avait parlé d'une créature rodant féroce les attaquants. J'ai voulu les aider du mieux que je pouvais... Seulement, en cherchant la créature, je les conduis à leurs nids. Je suis resté un jour après avec eux, leur montrant dès que possible des signes de politesse et de gentillesse. Lorsque l'œuf d'Eole éclot, personne n'était présent pour lui. Cette créature qui disparus aussi rapidement qu'elle n'était apparu, tua sans doute ses parents. Alors dès que je peux, je viens m'en occuper. Les autres hippogriffes prient soin de lui, mais je me sentais responsable... »
_ « Quelle était cette créature ? »
_ « Je ne sais pas, peut-être un Nundu, mais d'habitude, ils vivent en Afrique orientale. Alors je ne sais pas. Le principal, c'est qu'elle soit partit »
_ « Si c'était réellement un Nundu, tu as eu beaucoup de chance. Mon grand-père en avait réussi à en capturer un, mais avec beaucoup de difficulté. C'est l'une des créatures les plus dangereuses autant pour l'homme que pour les animaux. »

Charlie ne pu s'empêcher de sourire à Adeline, assez fière de voir de l'inquiétude mêlée à de l'admiration dans les yeux de cette dernière.

_ « Ce n'est pas de l'inquiétude, juste c'était inconscient de ta part ! Tu aurais pu te faire dévorer par ce léopard géant » s'énerva la jeune fille. « Vous les Gryffondor vous vous croyez invisible, mais tu aurais fait moins le fière avec un bras ou une jambe en moins ! Tu n'es pas raisonnable de te mettre en danger de la sorte. Tu aurais pu au moins prévenir un professeur. »

Charlie dut se retenir de ne pas rigoler aux phrases de la jeune fille, il trouvait cela touchant. Il eut même envie de la prendre dans ses bras pour la rassurer comme lorsque sa petite sœur avait peur qu'un épouvantard apparaisse sous son lit pour la terroriser. Il avait l'impression qu'en-dehors des murs de Poudlard Adeline se laissait aller, elle était elle-même, sans peur de s'attacher. Sans peur de souffrir. Elle était en symbiose avec la forêt interdite et ses créatures autour d'elles. Elle représentait dignement la famille Dragonneau sans aucun filtre apparent. Toutefois, il revenu vite à la réalité lorsque celle-ci tout en croisant les bras déterminés lui dit :

_ « Ose me faire un câlin de petite fille, et je te jure Charlie Weasley que tu recevras une gifle si forte qu'on... »

Cependant, elle n'eut le temps de finir sa phrase, qu'Eole se mit entre les deux protagonistes impatient et protecteur vis-à-vis de celui qu'il considère comme son dresseur.

_ « Allons-y il se fait tard » soupira Adeline.

Charlie s'amusa de la situation, et une fois encore, il se rendit compte que lui aussi était enfin lui-même en sa compagnie. S'amusant de la situation, essayant de faire de l'humour malgré sa maladresse. Sentant son courage de Gryffondor bien présent, il la prit par la taille pour la monter sur l'hippogriffe. Il monta à son tour et au dos d'Eole, et ils virent la forêt interdite des hauteurs. Au regard émerveillé de la Poufsouffle, il se douta que malgré sa grande expérience en créature, c'était la première fois qu'elle montée à dos d'hippogriffe à Poudlard. Voulant la laisser contempler ce paysage d'arbres à perte de vue, il se tut et se dirigea à l'est vers un autre troupeau de créatures qu'il avait appréhendé. Une fois arriver, il lui tendit sa main pour la faire descendre tout en essayant de contrôler son battement de cœur et ses frissons lorsque celles-ci se touchèrent. Dès lors, une lumière pure les entoura, une lumière rassurante et belle à la fois. Une lumière de la lune les éclairant de toutes parts.

_ « Tu as apprivoiser des licornes ? Comment as-tu fait ? Il évite le contact des humains autant que possible ? Tu les as sauvés aussi ? » s'étonna une nouvelle fois Adeline, qui attrapa le bras de Charlie sous le coup de l'excitation de voir autant de licornes réunit. Un nouveau sourire se dessina alors sur le visage de Charlie qui sentit peu à peu l'apparition de rougeur sur ses joues. Dans un raclement de gorge il reprit.

_ « Non, je suis venue presque tous les soirs depuis le début de l'année les observer en silence, notant leur habitude et un jour elles m'ont fait confiance. Un poulain notamment, que j'ai nommé Baldr. Je ne veux pas que des sorciers apprennent qu'un troupeau est présent dans ce coin-ci. Je pense que je n'ai pas besoin de t'expliquer pourquoi. »
_ « En effet, à cause de leurs propriétés magiques, tu as peur que certains veulent s'en prendre à elles... C'est noble de ta part, et ... »
_ « Je crois que le mot que tu cherches est raisonnable. Le serais-je finalement ? » Dit-il en faisant mine de réfléchir
_ « C'est bon, j'ai compris. J'aurai sûrement fait pareil pour les hippogriffes » répondit Adeline tout en levant les yeux au ciel.

Une autre lumière apparue, d'une couleur or pur trottinant vers eux. Les poulains faisant davantage confiance aux humains, il s'avança vers eux et laissa même Adeline le caresser.

_ « Baldr, je te présente Adeline. Elle est têtue, mauvaise caractère, marmonne beaucoup, geint assez souvent, un peu folle et mère poule. Mais ne t'inquiète pas, elle est gentille »
_ « Baldr, je te présente Charlie. Il est arrogant, têtu, un peu trop confiant, irraisonnable, maladroit, impulsif. Mais ne t'inquiète pas, il est assez sympa parfois »
_ « Est-ce irraisonnable d'avoir envie d'être avec toi, d'être attiré par toi ? » Répliqua Charlie sans même réfléchir.
_ « Pourquoi me dire cela ? Pourquoi tout gâcher ? J'aurais aimé que tu restes le Charlie qui n'arrivait pas à me parler, plutôt de me dire ça... » Soupira la jeune fille qui tourna le dos au Gryffondor qui subit une nouvelle blessure. « Tu ne comprends donc pas Charlie ? Je ne suis pas attiré par toi. Je serais attiré par toi lorsqu'il fera une chaleur d'été en décembre. »

Retrouvant sa maladresse, il bafouilla. Il ne réussit qu'à murmurer une petite phrase à Adeline le cœur lourd « la chaleur comme tu peux l'être dans ton cœur »

_ « Je n'ai pas de chaleur pour les humains, seulement pour les animaux. Il serait temps de le comprendre. J'ai seulement accepté de te laisser une chance pour qu'on devienne ami rien de plus »

_ « Une chance ? Tellement gentille ... » murmura Charlie dans un grognement perceptible mélangé à un sarcasme bien présent.

Un silence de plomb régna à présent entre eux, et d'un commun accord, ils rentrèrent dans un silence de mort. Néanmoins, une fois arrivé dans la cour de clocher sous une pluie qui était finalement arriver, Charlie arrêta net la Poufsouffle en lui tenant la main. Prenant une grande inspiration, et tentant de réunir le dernier courage qui lui restait, il ouvrit la bouche et la regarda droit dans les yeux

_ « Très bien Adeline. Tu as vu mon secret, j'ai vu le tien. On a passé une bonne soirée. Maintenant, c'est fini. Tu as réussi à manger la souris. Je ne peux plus. Non, vraiment. Alors j'ai compris. Au revoir Adeline. Prends soin de toi »

Dans ces derniers mots, il la laissa là, debout sous une pluie qui était devenu torrentielle.