Résumé des chapitres précédant : Pour remonter le moral de leurs amis, Harmony et Noah ont eu la même idée sans le savoir : aller dans la Cabane Hurlante. Toutefois, rien ne s'est passé comme prévu : Adeline a affronté un épouvantard qui d'abord lui montra la mort de son botruc, pour ensuite lui montrer Charlie et Cassandre en train de s'embrasser. Seule Harmony a vu la peur de la jeune fille. Jack, le meilleur ami d'Harmony, présent, a réconforté la jeune fille. Charlie ayant eu de la peine en voyant cette scène, a flirté avec Cassandre. Tous deux après un moment se sont dirigés vers une chambre. Pensant qu'ils allaient faire l'amour, Adeline a commis une erreur due à sa jalousie : elle couché avec Jack. Charlie, l'apprenant le lendemain, a fondu en larmes devant Noah et Harmony. Tandis qu'Adeline regrettait son geste, et des doutes, des questionnements ont commencés à arriver de plus en plus dans son esprit concernant Charlie.
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UNE GUERRE CONTRE LA VERITÉ
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Mercredi 31 octobre 1990
Poudlard
Un soupir. Un gémissement. Charlie comptait les jours, les heures, les secondes. « Laisse le temps faire, ça va passer », lui avait dit Ivy qui lui caressait les cheveux. Alors oui, Charlie comptait les jours, les heures, les secondes. Mais rien. Rien ne passait. Ni la douleur dans sa poitrine quand il la voyait parler à Jack. Ni les battements de son cœur brisé quand il pensait à elle. Ni les larmes qui coulaient le soir dans son lit. Adeline Dragonneau avait réussi à le briser. À le détruire plus que jamais. Alors même si la fête et un délicieux festin avaient lieu en ce moment même pour Halloween, Charlie était dans son dortoir à se morfondre. Ses frères essayaient de le réconforter, mais rien ne pouvait le faire sourire sincèrement. Même Percy avait tenté de faire une farce. Charlie l'avait regardé faire, d'un regard vide, absent.
— « Je m'inquiète pour lui », dit Noah.
Ce dernier se trouvait derrière la porte, ainsi le jeune Weasley ne sut à qui son meilleur ami s'adressait. Dans un soupir mêlé à une lamentation de tristesse, Charlie se recoucha sous sa couette. Toutefois, la porte s'ouvrit bruyamment et Cassandre arriva en trombe sur son lit.
— « Charlie Weasley, je ne te laisserai pas mourir à petit feu pour cette fille qui n'en vaut pas la peine. Alors maintenant, tu vas me boire ça, te lever, t'habiller et venir profiter du festin d'Halloween », hurla-t-elle, mais sur un ton que Charlie trouvait bienveillant.
Il voulut sourire. La remercier d'être toujours présente pour lui, mais une nouvelle fois rien. Il soupira, et se cacha un peu plus sous sa couverture. La seule chose bien qu'il avait réussi à faire, c'était une discussion profonde et sérieuse avec son amie il y a deux jours. Ils avaient discuté de ce qui aurait pu se passer dans la cabane, de l'attirance de Cassandre à son égard et de cette non-réciprocité. Charlie l'avait toujours su, sans vraiment rien dire.
Mais c'est en ayant une nouvelle fois le cœur brisé par Adeline qu'il avait compris : il jouait le même jeu avec Cassandre. Ainsi, il se devait de la libérer de cette emprise. Se résignant et à contrecœur, la jeune fille avait accepté cette triste vérité. Elle l'avait embrassé une dernière fois sur la bouche, geste se voulant doux et sincère fermant le livre de leur idylle pour reprendre l'amitié qu'il y avait toujours eu.
La jeune Gryffondor essaya de le sortir de son lit, mais l'idée d'affronter tout le monde l'épuisait. Il ferma ses rideaux d'un grand coup et replongea dans son lit : le seul endroit où il se sentait en sécurité du mal des Poufsouffle.
Samedi 10 novembre
De l'eau arriva sur son visage. Un bras le tirant de son lit. Une tape sur la tête. Le réveil de Charlie Weasley fut une tornade du nom de Noah Grim accompagnée des orages de Mathieu Sponk, son colocataire de chambre.
— « Écoute, nous avons un match dans deux heures, alors tu vas te lever, te laver, car tu sens et ressembles à un troll, et tu vas venir sur le terrain. On affronte Serpentard, alors bouge-toi ! », s'emporta Mathieu, appuyé par des hochements de tête de Noah.
Lui dans son uniforme. Lui en train de sourire. Cela sonnait faux. Horriblement faux. Pourtant, il était là, assis en train de regarder son assiette avec dégoût. Comment manger alors qu'elle se trouvait à quelques mètres de lui en train de rigoler avec Harmony ? Comment avaler quelque chose alors qu'elle s'esclaffait tandis que lui souffrait ? Jack arriva et se mit à côté d'elle. Il n'avait jamais fait attention à lui, simple figurant dans son histoire avec Adeline. Désormais, il le voyait partout. Le rapprochement qu'avait eu Adeline avec Harmony avait eu le résultat de la faire se rapprocher de lui. Lui qui brisait ses espérances. Lui qu'elle avait choisi. Lui.
Dans un mouvement de colère, il renversa son assiette qui se déversa par terre. Les regards étaient maintenant tournés vers lui, mais il s'en fichait. Il partit de la Grande Salle, malgré l'appel de son prénom. Le Gryffondor devait se dégourdir les jambes et se dirigea à grands pas vers la volière.
— « Charlie, s'il te plaît, attends ! »
Seulement des murmures dans le vent.
— « Charlie, je t'en prie, parle-moi ! »
Seulement des lames de rasoirs sur ses poignets.
— « Je suis désolée, Charlie. »
Seulement un couteau dans son cœur.
Charlie arrivait sur le pont en bois pour le mener à la volière quand cette personne lui prit la main pour le retourner vivement.
— « Quoi, Adeline ?! »
Il le dit avec une telle violence que cette dernière recula d'un pas tout en enlevant sa main de la sienne. Une douce souffrance à ce contact. Adeline le dévisagea de la tête aux pieds. Était-ce dû à ses cernes violets ? À sa barbe qu'il n'avait pas rasé depuis une semaine ? À son battement de cœur qui faisait le bruit d'un troupeau d'hippogriffe ? Ou bien encore à sa main tremblante après le geste de la Poufsouffle ?
Cependant, lorsque la jeune fille ouvrit la bouche pour répondre, un groupe de Serpentard l'interrompit ce qui énerva d'autant plus Charlie. Ce groupe, ni bienveillant ni respectueux, passa d'une moquerie à une autre : d'abord sur la défaite imminente des Gryffondor, puis sur un sujet plus que sensible.
— « Il parait qu'elle t'a brisé le cœur Weasley, faut dire qui peut lui en vouloir ? Un roux, issu d'une famille pauvre et sans élégance ? »
Charlie ne répondit pas par les mots, mais par les gestes. Serrant son poing, il frappa un des Serpentard qui dans un couinement tomba à terre. Il allait cogner un deuxième, mais Adeline le retint en collant ses mains sur son torse, permettant aux Serpentard de partir en courant tout en proliférant des menaces.
— « Tu pourrais maîtriser tes émotions, Charlie, tu aurais pu avoir des ennuis ou te faire mal... », protesta Adeline
— « Tu me demandes à moi de contenir mes émotions alors que tu n'es même pas capable de le faire ? s'emporta Charlie en dégageant ses mains de son torse. Tu n'es même pas capable de garder une simple pulsion de désir... J'oubliais », reprit Charlie après une pause, « que la grande Adeline Dragonneau n'est pas capable de ressentir quoi que ce soit pour un humain, un homme. C'est bien ce que tu m'avais sous-entendu en première année, non ? Les hommes sont cruels et méchants ? Si mes souvenirs sont bons, tu m'as également informé que tu n'avais pas besoin de moi non ? Rassure-toi, Adeline, c'est réciproque. Laisse-moi tranquille, maintenant. »
Vendredi 23 novembre
Charlie, Noah et Cassandre se dirigèrent à grands enthousiastes vers leurs cours d'option de soins aux créatures magiques. Cours auquel chacun avait une raison d'assister. Charlie et Noah aimaient tous les deux les créatures fantastiques, voulant par la suite s'en occuper, devenir dresseurs. Cassandre quant à elle avait pris cette option pour rester près de Charlie. Essayant de se changer les esprits les deux garçons avaient même commencé à réfléchir, à regarder les réserves de créatures près de l'Angleterre. L'esprit libre malgré un cœur brisé, Charlie s'était remis à ses lectures sur les dragons, créatures qui le fascinaient. Noah approuvant ce choix, ils avaient comme projet de partir en Roumanie à la fin de l'année. Projet que Charlie gardé pour le moment pour lui, de peur de la réaction de sa mère.
Devant eux, ils virent Adeline marchant seule pour elle aussi se rendre à ce cours.
— « Tu ne lui as pas reparlé depuis la dernière fois ? », demanda Cassandre.
Dans un soupir, Charlie répondit négativement de la tête. Non. Ni elle, ni lui ne s'étaient adressé un mot. Pas même un regard. À la fin de leur conversation, elle était partie sans se retourner. Le Gryffondor avait néanmoins pu apercevoir les yeux de la jeune fille s'embrumer de tristesse. Sa colère à ce moment-là était telle qu'il avait préféré la laisser partir. Ayant souffert pendant deux ans, Charlie pensait que c'était juste un simple retour des choses. Toutefois, après sa victoire face aux Serpentard, la culpabilité l'avait envahi. Demandant des nouvelles à Ivy, celle-ci n'avait pului répondre. Adeline esquivait Ivy depuis leur soirée dans la Cabane Hurlante, préférant passer son temps auprès d'Harmony. Quant à cette dernière, malgré les demandes d'Ivy, elle était restée muette sur les sentiments d'Adeline envers Charlie ou sur son état.
— « Bonjour, mes chers élèves ! commença Brûlopot. Un de mes confrères d'Inde m'a ramené une créature présente dans votre manuel rédigé par l'excellent, le talentueux, Norbert Dragonneau », dit-il en souriant tout en regardant Adeline. « Il s'agit de l'Occamy. » D'un geste de la main se voulant théâtral, il souleva un drap sur une boîte en bois montrant l'animal. « Mon ami repartant en Inde dans quinze jours avec celui-ci, vous aurez donc peu de temps pour connaître, apprivoiser cet animal. Pour commencer le cours, vous allez vous mettre en binôme pour le dessiner. Nous verrons par la suite ses caractéristiques. Oh, et ne croyez pas ce qu'on raconte, mes enfants, l'Occamy n'est pas dangereux ! »
À sa plus grande surprise, Charlie s'installa près d'Adeline. En effet, il n'avait pas réfléchi, une part de lui voulant être auprès d'elle, voulant s'excuser. Son impulsivité avait pris le dessus sur sa raison. Adeline fut également stupéfaite de voir l'apparence de son binôme. Le détaillant une nouvelle fois, il haussa seulement les épaules et commença à faire le croquis de l'Occamy. Au bout d'une dizaine de minutes, sentant par moments le regard d'Adeline, le Gryffondor déclara :
— « Un Occamy pas dangereux, il est tellement fascinant comme professeur. Oubliant le risque de s'occuper de telles créatures, se contentant juste de les aimer. » Se concentrant sur son croquis, Adeline fit mine de ne l'avoir pas entendu et dessina les prémices du corps en serpentin de la créature. « Écoute, je suis désolé. Je ne voulais pas te rendre jalouse avec Cassandre, même si je ne comprends pas trop pourquoi tu l'étais. Je ne voulais pas non plus te faire du mal, continua Charlie en essayant de bien faire tout en contrôlant son bégaiement. »
— « Hum », finit par répondre Adeline. « Le jour où tu me feras souffrir, Charlie, n'est pas encore arrivé et n'arrivera jamais. Tu as simplement voulu te venger. »
— « Me venger ? », s'étonna Charlie.
— « Oui, j'ai couché avec Jack, ton ego l'a mal pris, tout simplement. D'un côté, je comprends tout à fait, son sourire est tellement... tellement », répliqua la Poufsouffle.
— « C'est bon, j'ai compris », marmonna-t-il.
— « Ses yeux, tu as vu ses yeux ? », dit-elle d'un air se voulant rêveur.
— « Arrête, Adeline », protesta le Weasley rapidement.
— « Alors ne joue pas à ça avec moi. »
— « Pourquoi tu as couché avec lui, alors ? », s'exclama Charlie en rapprochant son visage de sa binôme.
— « Je ne suis pas capable de contrôler ma pulsion sexuelle, tu te souviens ? », répondit
Adeline en rapprochant également son visage de celui de Charlie tout en fronçant les sourcils.
— « Donc si je comprends bien, si je dois embrasser une fille, là, comme Cassandre par exemple, cela te ferait ni chaud ni froid ? »
Un duel de regard avait commencé. Fini les maladresses. Fini les bégaiements. Charlie ne se tenait qu'à quelques centimètres de son visage, prêt à répliquer d'une confiance sans nom. Oui, Adeline était jalouse. Il pouvait le voir dans son froncement de sourcils quand il regarda Cassandre. Il pouvait le voir dans une grimace cachée au coin de sa bouche quand il s'imaginait l'embrasser, se doutant qu'elle lisait dans ses pensées. Refermant son esprit à la capacité de la Poufsouffle, il lui sourit d'un air vainqueur. Cette bataille, c'était lui qui venait de la gagner.
Cependant, il ne comprenait pas la réaction de la jeune fille. Elle était jalouse, c'était un fait. Mais elle, qui l'avait tant de fois repoussé, pouvait-elle vraiment ressentir quelque chose pour lui ? Pourquoi venait-elle depuis quelques semaines vers lui ? Au moment même où il avait décidé de tout arrêter ?
— « Je te l'ai déjà dit, je ne suis pas et je ne serai jamais attirée par toi », dit-elle en se voulant convaincante.
Sentant la douleur dans sa poitrine revenir, sentant son cœur se serrer une nouvelle fois, Charlie prit une pause avant de répondre.
— « Moi qui te pensais comme Brûlopot, capable d'être attirée, d'aimer sans avoir peur du danger. Mais finalement, c'est bien le contraire. Tu te caches derrière un masque, tu préfères fuir plutôt que d'affronter la réalité. »
Sans un mot et sous la protestation de son professeur, Adeline se leva et partit du cours tout en regardant d'un air assassin Charlie. Ce dernier réalisa une fois encore qu'il venait de toucher la jeune fille sur un point sensible. Mais peut-être fallait-il le faire pour qu'Adeline se rende compte de ce qu'elle ressentait ? pensa-t-il. Néanmoins, il était prudent, il avait peur de se brûler les ailes. Mais, pire encore, il avait peur de la désillusion. Il n'aurait jamais cru un jour avoir ce fin espoir que son attirance soit réciproque. Il n'avait d'ailleurs même, depuis la cabane hurlante, envisagé cette possibilité. Avant ce jour, Charlie ne croyait pas un mot sur la jalousie de la Poufsouffle. Pourtant, la seule chose dont il était à présent sûr, c'était qu'elle l'était bel et bien.
Mardi 4 décembre
Adeline Dragonneau ferma les yeux pour profiter de la bonne odeur du thé s'engouffrant dans ses narines. Thé vert à la rose. Elle s'engouffra un peu plus dans ce fauteuil énorme, bien trop grand pour un simple humain, puis regarda son hôte avec bienveillance. L'horloge annonçait dix-neuf heures trente. Elle avait encore le temps, se disait-elle. Depuis plusieurs semaines, sa vie n'était que routine : cours, devoirs, Harmony, cours, Jack, devoirs, Hagrid. Chaque minute de sa journée était organisée d'une main de maitre. La jeune fille ne voulait avoir aucun temps libre, au risque de se faire envahir par ses pensées. Elle ne voulait pas non plus réfléchir sur la jalousie qu'elle avait pu ressentir, ni sur sa gorge se nouant en le voyant. Un jour, c'était elle qui le fuyait. Le lendemain, c'était lui. Tel était devenu leur fonctionnement.
Alors c'était un fait, Adeline, ne voulait pas reconnaitre cette guerre contre la vérité. L'issue de cette bataille n'était pour elle qu'une souffrance. D'un côté, les soldats rouges de Gryffondor essayant de faire admettre à la jeune fille son attirance pour Charlie. Parfois, c'était Noah qui venait lui parler, la menaçant de l'emmener dans une cave. Un autre jour, ce fut Mathieu, qui l'arrosa pour la réveiller sur ses sentiments. D'un autre côté, les soldats jaunes de Poufsouffle avec pour commandant Adeline, en général Harmony et en soldat Jack. La première était terrifiée de la vérité que les rouges voulaient faire éclater. Terrifiée du changement. Terrifiée de l'attachement. Harmony étant fidèle à Adeline, elle respectait son choix. Quant à Jack, il se sentait fautif d'avoir participé à la mauvaise posture actuelle d'Adeline, aussi, il voulait en quelque sorte se faire pardonner. Même si, selon la Poufsouffle, cela était ridicule, pour elle Jack ne devait en aucune façon s'excuser.
Trois fois. Trois fois était le nombre de fois où Jack et elle avaient couché ensemble. À chaque fois, Adeline se consolait dans ses bras. À chaque fois, elle venait lorsque Charlie la blessait. Lors de la soirée de la Cabane Hurlante le jeudi 25 octobre. Le samedi 3 novembre où il l'avait rejetée avec force et violence dans ses mots. Sentant les larmes monter, sentant le frisson lorsque ses mains avaient touché son torse, Adeline était partie rejoindre Jack dans son dortoir pour oublier pendant ce temps-ci cette vérité inavouable. Enfin, elle coucha une dernière fois avec lui le mardi 13 novembre pour la même raison. Le même mal-être. Jack n'était pas idiot, il savait parfaitement pourquoi cette dernière se comportait ainsi. Elle se sentait seule, perdue, triste.
Alors il avait pris une décision peu de temps après : « Adeline, j'ai appris à te connaitre depuis quelques semaines, on a couché ensemble, c'était vraiment bien. Vraiment. Mais je préfère être présent pour toi en tant qu'ami et non seulement comme un coup d'un soir se répétant quand tu vas mal », lui avait-il dit. « Si Charlie l'apprenait, tu le perdrais à jamais. Sauf si c'est ce que tu veux ? Et si c'est ça Charlie aurait raison sur un point : tu ne fais que fuir. »
À cette phrase, Adeline avait du temps pour y réfléchir. Finalement, elle en avait conclu qu'elle faisait ce qu'elle faisait pour une seule raison : perdre Charlie. Elle le repoussait, jouait avec ses sentiments, couchait avec Jack pour cette unique raison. Une raison qui lui faisait mal. Mais qui lui permettait de gagner la guerre contre cette vérité. Elle préférait le perdre plutôt que de s'avouer cette potentielle attirance.
— « Je crois que j'ai peur de m'attacher Hagrid... », finit-elle par dire en murmurant tout en caressant d'une main Athéna sa chatte à demi-flereur.
Hagrid la regarda d'un air bienveillant et, tout en surveillant le reste du thé, vint s'asseoir auprès de sa protégée.
— « Charlie ? »
Adeline scruta des yeux Hagrid. Par respect pour lui, elle n'avait jamais écouté ses pensées de manière volontaire. Toutefois, l'envie aujourd'hui la prenait. Elle n'avait jamais parlé à Hagrid de ses doutes concernant Charlie, du moins pas de manière explicite. Alors comment pouvait-il connaître sa situation ?
— « Il vient souvent me voir, enfin quand il peut. Je l'aide, tu sais, pour tu-sais-quoi, enfin, son secret. Il est beau son hippogriffe non ? »
— « Hagrid, qu'est-ce que Charlie t'a dit ? », demanda-t-elle.
— « Tu savais qu'il souhaiterait s'occuper de dragons, plus tard ? », souligna Hagrid.
— « Il me déteste, c'est ça ? » soupira la jeune fille.
— « Non bien sûr que non ! C'est tout le contraire », s'étonna Hagrid en mettant sa main sur l'épaule de la Poufsouffle. « À vrai dire, il ne sait juste plus où il en est, tout comme toi »
— « Je sais très bien où j'en suis, Hagrid ! », s'emporta Adeline. « Pardon », reprit-elle après quelques secondes. « Je ne voulais pas être me mettre en colère, surtout après toi. J'ai rêvé de lui, tu sais, cette nuit. Enfin, non, cela fait plusieurs fois maintenant, mais cette nuit, c'était particulier. J'ai rêvé que je l'embrassais. Je sais ce que tu vas dire par la signification de ce rêve, mais pour le moment... Enfin, je ne suis pas prête à admettre que... »
Des rires interrompirent la jeune fille qui d'un côté s'engouffra encore un peu plus dans le fauteuil, rassurée de n'avoir pas fini sa phrase. Elle ferma de nouveau les yeux tout en avalant une gorgée de son thé, tandis que deux coups secs se firent entendre à la porte d'Hagrid. Ce dernier alla ouvrir la porte et fut plus que ravit en voyant ses nouveaux invités. Elle entendit son cœur battre à vive allure quand elle reconnut les voix de Charlie et Noah.
— « Nous ne te dérangeons pas j'espère, Hagrid ? », demanda Charlie qui n'avait pas encore vu Adeline
— « Non, non. Adeline était juste en train de me raconter le rêve qu'elle a fait. Vous étiez en train de vous embrasser, dit-il en regardant Adeline et Charlie. Rentrez, rentrez, il fait froid dehors. »
Boum. Les yeux grand ouverts Adeline crut s'évanouir, sa tête tournait, elle avait envie de vomir. La fameuse maladresse d'Hagrid venait de la mettre dans une position inconfortable. Pendant un seul instant, elle pria tous les fondateurs pour que ce soit juste un cauchemar. Mais à en juger par l'hilarité de Noah, mais surtout la gêne de Charlie qui vira au rouge, elle comprit que non. Tout en prenant sa chatte, elle partit en courant de la cabane d'Hagrid qui, tout en se grattant, la tête déclara :
— « Je n'aurais pas dû dire ça... »
