Résumé des chapitres précédents : Une dure bataille a fait rage au sein de Poudlard, celle pour la vérité. Adeline a tant bien que mal essayé de gagner, de ne pas avouer son attirance. Résultat Charlie a perdu patience et s'est énervé contre elle. Première défaite. La deuxième défaite s'est faite à l'occasion d'un cours de soins aux créatures magiques, où Charlie et Adeline se sont piqués l'un l'autre par rapport à leur jalousie (Jack pour Charlie, Cassandre pour Adeline). Une fois encore, ça a été une bataille perdue pour Adeline qui est partie du cours les larmes aux yeux. À la fin du chapitre, la maladresse d'Hagrid a frappé et, sans le vouloir, il a prévenu Charlie du rêve qu'Adeline avait fait : lui et elle en train de s'embrasser.

DRAGÉES SURPRISES

Jeudi 6 décembre

Poudlard

J-9. J'ai peur. Suis-je vraiment dans une fausseté ? Laissez-moi encore une dernière fois me mentir.

La jeune fille se dirigea vers la salle sur demande, sans réellement savoir pourquoi. Ses jambes la commandant. Sa réflexion était restée endormie dans son lit. Il était tard et Adeline se demandait pourquoi, par Merlin, elle avait cette envie d'y aller. Avait-elle rendez-vous avec Jack ? Non, les choses étaient claires entre eux. Une simple amitié, rien de plus, rien de moins. Arrivant dans cette pièce qui avait était le théâtre d'un moment répété de faiblesse entre Jack et elle, la Poufsouffle fut étonné en voyant Charlie, le sourire aux lèvres l'attendant. Il était assis sur un canapé qui avait fait son apparition et avait l'air paisible, un brin enjôleur.

— « Charlie ? Que fais-tu ici ? »
— « Je voulais te voir », sourit-il, gêné.
— « Qu'est-ce que je fais ici, d'ailleurs ? »
— « Tu voulais me voir aussi », affirma t-il en haussant les épaules.
— « Je ne comprends pas ... »
— « C'est bien ça, le problème... On pourrait être ensemble depuis des mois si tu t'en rendais compte », dit-il, attristé.
— « Me rendre compte de quoi ? »

Le temps d'un clignement d'œil, Charlie était devant elle, il avait perdu au passage son t-shirt et la jeune fille pouvait admirer les abdominaux légèrement formés sur le Weasley. Elle le trouvait magnifique. Il lui caressa la joue. Mais elle ne bougea pas. Il passa sa main sous la chemise de la jeune fille. Aucune réaction. Dirigeant sa main sur le dos d'Adeline tout en effectuant des caresses. Toujours aucune réaction. Elle était hypnotisée par ses yeux bleu océan. Adeline ferma les yeux pour profiter de ce doux contact qu'elle avait temps imaginé, fantasmé. Lorsqu'elle ouvrit les paupières, Charlie n'était qu'à quelques centimètres d'elle et, dans un geste de désir, la distance entre eux disparut. D'un baiser fougueux, ils se dirigèrent vers le canapé pour satisfaire un besoin présent depuis bien trop longtemps.

_ « Adeline, Adeline ! »

Dans un sursaut, Adeline se redressa. Elle regarda autour d'elle et vit ses deux camarades de chambres en train de la regarder : Harmony, encore elle aussi dans son lit en train de se réveiller, et Ivy, déjà prête pour descendre manger.

— « Ça va tu es toute rouge ? Et chaude aussi », souligna Ivy, en touchant les joues d'Adeline. « Tu devrais peut-être passer à l'infirmerie ?»
— « Ou sous une douche froide ... », murmura Harmony qui retenait un rire.
— « On a cours dans trois minutes les filles, je vous conseille de vous dépêcher », s'exclama Ivy sans tenir compte de la phrase de sa camarade.
— « Ivy, tu es peut-être notre préfète-en-chef, mais pas notre tutrice », marmonna Harmony qui se remit en position fœtus pour s'endormir.

Adeline, une fois remise des émotions de son rêve, réalisa le mot qu'avait employé son amie : « tutrice ». Les parents de la jeune fille étaient tous les deux morts quand cette dernière n'était qu'une enfant. Harmony n'abordait que très peu le sujet et, ne voulant pas la brusquer, Adeline faisait de même. En regardant Ivy, Adeline n'eut pas besoin de sa capacité pour comprendre qu'elle pensait la même chose. Certes, les parents Grim étaient séparés, mais ils étaient en vie. Certes, les parents d'Adeline étaient constamment en conflit, mais ils étaient en vie. À ce moment précis, la benjamine des Dragonneau culpabilisa de se plaindre sans cesse de son père trop souvent absent, de sa mère bien trop protectrice, alors qu'Harmony n'avait presque aucun souvenir de ses propres parents.

— « Oh, ça va, les filles. Je ne suis pas une pauvre petite gamine apeurée par la mort de ses parents. Ma tante est cool ! J'étais petite, je m'en suis remise » répondit alors la Poufsouffle en décryptant le visage triste de ses colocataires. « Moi, je préfère qu'on parle du rêve d'Adeline ! Et ne me dis pas que ce n'était pas un début de rêve érotique vu le sourire que tu affichais, j'ai même cru t'entendre gémir, non ? » Adeline étouffa un rire, gênée par les yeux ronds qu'Ivy affichait. « Alors qui était l'heureux élu ? Ou l'heureuse. Je ne juge pas, tu sais. Je suis sortie avec une fille l'an dernier. »

Ivy, se doutant qu'il s'agissait de Charlie, partit pour ne pas être mise dans une situation embarrassante vis-à-vis de son ami. Une fois absente, Harmony sauta sur le lit de sa camarade, attendant sa réponse.

— « Charlie... », marmonna Adeline.

Dans un cri aigu mêlé à un rire, Harmony se tenait le ventre pour essayer de contenir son hilarité. À cela Adeline, répondit par un coup d'oreiller sur la tête.

— « Hum hum. Pardon. Donc Charlie, tu disais ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »
— « Rien d'important... », répondit Adeline après quelques secondes. C'est flou, en réalité. Mais je crois qu'il voulait que je me rende compte de quelque chose. »
— « Adeline, tu es mon amie et j'accepte ton choix par rapport à Charlie, que tu ne veuilles rien de plus. Mais peut-être faut-il que tu arrêtes de te mentir sur ton attirance »
— « Je n'ai pas et je n'aurai jamais d'attirance pour lui ! » affirma fermement la Dragonneau.

Lundi 10 décembre

J-5. J'ai peur. Suis-je vraiment attirée ? Laissez-moi encore une dernière fois me convaincre du contraire.

Comme un cri de résonance provenant des entrailles d'Adeline, comme un murmure provenant de sa raison. Le choix de la potion de cette semaine fut un morceau d'épine dans son doigt. Heureusement, Harmony n'avait pas eu une note suffisante à ses BUSES pour assister à ce cours, ce qui soulagea la jeune Poufsouffle d'une énième allusion.

— « Bonjour à tous, nous allons réviser dans les prochaines semaines trois potions nécessaires à l'obtention de votre ASPIC, même si je doute de la réussite de cet examen pour la plupart d'entre vous. Nous commencerons par le Véritaserum, puis le Polynectar ainsi que l'Amortentia. Sortez les ingrédients nécessaires que vous pouvez trouver à la page 394, et au travail ! Celui qui réussira une potion parfaite fera gagner 20 points à sa maison. Pour les autres, un devoir supplémentaire sur cette potion vous sera demandé », annonça sévèrement le professeur Severus Rogue.

Dans un soupir, Adeline regarda Ivy qui, assise à côté d'elle, lui sourit gentiment, malgré les pensées négatives que l'héritière des Dragonneau entendait. Ivy Grim appréciait Adeline, cela ne faisait pas de doute, mais sa loyauté première allait à Charlie Weasley. Ainsi, Adeline ne pouvait reprocher ce qu'elle entendait. Comment lui en vouloir alors d'être au fond d'elle énervée contre sa camarade de chambre ? Camarade qui avait brisé à de multiples reprises le cœur de Charlie, le berçant de faux espoirs pour finalement coucher avec un autre ? Camarade qui lui avait fait croire qu'en effet ses rêves en ce moment ne concernait pas Charlie, mais un autre ? Dans un gémissement sourd, elle entendit tout en regardant Ivy dans les yeux que Charlie commençait enfin à aller mieux. Toutefois, Adeline ne savait pas comment prendre cette nouvelle. Il l'oubliait. Était-ce vraiment mal ?

À la fin du cours, sans grande surprise, les Serpentard remportèrent les 20 points. Charlie grogna dans sa barbe de mécontentement, étant arrivé deuxième. S'enchaîna ensuite le cours de métamorphose où Charlie réussit à la perfection un sort. Charlie. Charlie. Charlie. Tel était ses pensées. Tel était le mouvement instinctif de ses yeux lors de ses deux premiers cours. En proie à une crise d'angoisse, la jeune fille décida de sécher le reste de sa journée, préférant la passer à la bibliothèque dans une grande tranquillité. Néanmoins, à l'heure de la fin des cours, elle reconnut une voix douce appartenant à Ivy. Son cœur s'emballa. Était-il avec elle ?

— « Charlie, je te rappelle que le professeur Rogue veut le devoir pour mercredi. On ira manger après. Vous, les Weasley, vous pensez à autre chose qu'à vous nourrir ? »

Oui. Il était avec elle. Entendant un rire, elle reconnut également Noah. Se faisant toute petite et se cachant derrière un livre, la jeune Poufsouffle tendit l'oreille pour continuer à écouter. Elle était à une place stratégique, sans le vouloir, pour épier ce petit groupe.

— « Vous pouvez demander à Adeline, elle qui maîtrise tellement l'art de mentir qu'elle connaît peut-être également l'art de cette potion ? » ricana une autre personne, qu'elle reconnut comme Mathieu, accompagné de son meilleur ami, Anton.

Une critique. Deux critiques. La jeune fille avait l'impression d'être revenu au temps de Salem où les sorciers se faisaient brûler vif. Trois critiques. Quatre critiques. Toujours aucune réaction de Charlie qui, tête baissé essayait de lire un paragraphe sur le Véritasérum. Cinq critiques. Celle de trop. Elle vit le poing d'Ivy se serrer et, dans un bond, cette dernière se leva et déclara :

— « Arrêtez, s'il vous plaît », leur demanda-t-elle. « Elle ne mérite pas tout ça. Si elle ne ressent rien pour Charlie, ce n'est pas de sa faute. Nous ne nous pouvons pas contrôler ce genre de choses. En plus de ça, vous êtes mal placés pour donner des conseils question sentiments », s'énerva Ivy après le rire sarcastique d'Anton. « Toi, Noah, tu fais ton fière, mais Charlie n'est pas le seul à être jaloux de Jack. Mathieu, tu n'arrives pas à dire à tu sais qui qu'il te plaît. Anton non plus, d'ailleurs. Si vous n'étiez pas tous occupés à vous moquer les uns les autres, à ne rien dire, certains ici serait déjà en couple avec la personne qu'ils souhaitent. Remettez-vous en question, les Gryffondor, même si je ne tolère pas le comportement d'Adeline, elle mérite plus mon respect que vous en ce moment. »

Dans un élan de grâce, sous l'air bougon de son frère jumeau, l'air pâle de Mathieu et l'air gêné d'Anton. Ivy partit. Adeline ne put s'empêcher de sourire face à la réaction d'Ivy. Elle n'aurait jamais pensé qu'Ivy Grim prendrait sa défense à ce point, se disputant avec son frère et ses amis pour la soutenir. On pouvait dire bien des choses sur le caractère parfois autoritaire et têtu d'Ivy, mais une chose était sûre : elle était d'une grande gentillesse et bienveillance. Et elle était l'amie d'Adeline.

Discrètement, Adeline commença à ranger ses affaires quand un bruit de livre se froissant au sol retentit juste derrière elle. Tonks, avec sa grande maladresse, venait de faire tomber des manuels de potions. Instinctivement, le groupe de Gryffondor leva la tête en direction du son et, accessoirement, en direction d'Adeline. Charlie posa les yeux sur la jeune fille qui essaya de lui sourire. Mais ce dernier ne répondit pas. Ils ne s'étaient pas parlé une seule fois depuis le cours aux soins aux créatures magiques du 23 novembre. Il n'avait même pas essayé de comprendre le sens de la phrase d'Hagrid, son rêve à propos de lui. Il n'avait même pas essayé de savoir si c'était vrai, ce qu'elle ressentait par rapport à ça. Adeline en avait conscience : plus les jours passaient et plus Charlie perdait patience, plus les jours passaient et plus Charlie passait à autre chose, plus les jours passaient et plus elle prenait le risque de le perdre. Son absence de réaction face à la révélation d'Hagrid en était la preuve.

Avec une larme refoulée, elle se dirigea vers lui et, malgré les regards noirs de ses camarades de Gryffondor, elle le regarda et mis son orgueil de côté pour lui demander timidement :

— « Charlie, je peux te parler ? »

Sa réponse fut d'une froideur qui glaça le sang de la jeune fille. « Non. » Le murmure de Mathieu lui fit battre le cœur de colère. « Bien fait. » Lorsqu'elle voulut lui répondre, Charlie la prit de cours, lui donnant un coup, l'achevant, la mettant à terre.

_ « Oublie moi Adeline. J'ai bien réussi, alors que... Donc, pour toi, cela ne devrait pas te poser de problèmes. »

Un sanglot dans sa gorge, la Poufsouffle ne répondit pas. Elle hocha la tête puis se dirigea vers la sortie tout en entendant Mme Pince réprimander Tonks pour avoir oser faire du bruit et abîmer de si beaux manuels. À peine sortie de la bibliothèque, la jeune fille essaya de respirer calmement, en vain. Elle suffoquait à l'intérieur d'elle. Elle n'était pas en train de perdre Charlie, elle l'avait déjà perdu. Adossée contre le mur en face de la bibliothèque, elle aperçut Noah qui sortait à son tour.

— « J'aurai tout fait pour que vous sortiez ensemble. Oh, pas pour toi, mais pour lui. Tu n'as pas arrêté de lui faire du mal Adeline. Depuis deux ans. Depuis deux ans, il court après toi. Mais cette année, je pense que sa patience a atteint sa limite. Tu l'as énormément fait souffrir et tu pensais quoi ? Qu'en battant des cils, il reviendrait la bouche en cœur ? Tu n'es pas prête à accepter ce que tu ressens pour lui. Nous l'avons bien compris. Il l'a compris à travers ta jalousie, tes regards de plus en plus présents en ce moment, ton rêve où tu l'embrasses, les excuses d'Harmony quand tu as couché avec Jack. Tu es attiré par lui, mais tu préfères te terrer avec tes animaux. Reste loin de lui maintenant. Si tu tiens un minimum à lui, reste loin de lui. Il ira beaucoup mieux sans toi. Tu es tellement contradictoire dans tes gestes et tes paroles »,
soupira-il. Alors oui, reste loin de lui, s'il te plaît. »

À peine eut-il finit son monologue que Noah repartit dans la bibliothèque, laissant Adeline
blanche comme un Demiguise sur le point de s'effondrer.

— « Non, je ne suis pas attirée par lui. Non, je ne suis pas attirée par lui. Cela ne me fait rien. Cela ne me fait rien. Ce n'est pas grave, ce n'est pas grave », se répéta t-elle dans un murmure.

La tête haute en apparence mais son cœur se fissurant, la jeune fille se dirigea vers le seul endroit où elle avait envie d'être : sa valise comportant ses différents animaux. Pour plus de tranquillité et pour que personne ne vienne la déranger, elle l'emporta dans les toilettes de Mimi Geignarde qui la regarda d'un air moqueur. Elle y resta jusqu'au petit matin, lorsqu'elle en sortit, sa tête lui fit l'effet d'un Véritaserum. Ses yeux gonflés, la douleur dans sa poitrine, ses jambes tremblantes. Elle prit sa tête dans ses mains et tomba à terre. Malgré l'exaspération de Mimi Geignarde qui était la seule à avoir une raison de pleurer selon elle, Adeline s'effondra dans un sanglot.

— « Je ne suis pas attirée par lui. Je ne suis pas attirée par lui. Ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave », hoqueta t-elle entre deux larmes.

Mercredi 12 décembre

J-3. J'ai peur. Suis-je réellement en train de le perdre ? Laissez-moi encore une dernière fois le regarder de loin.

Vous avez déjà ressenti, dans votre cœur, cette peine immense quand vous voyez cette personne en train de sourire ? Les individus autour de lui en train de l'enlacer, de rire avec lui, mais que vous vous êtes vous-même condamné à rester loin ? C'était ce que ressentait Adeline Dragonneau en ce jour particulier. Aujourd'hui était l'anniversaire de Charlie Weasley qui fêtait gaiement ses 18 ans auprès de ses amis. Recevant à chaque minute une lettre de sa famille accompagnée de petits gâteaux préparés par sa mère. Un livre sur les dragons offert par Noah. Une nouvelle cape de Quidditch offert par Cassandre et Ivy. Un livre sur ce sport par Mathieu. Un exemplaire inédit d'un livre sur les soins aux créatures magiques signé par Norbert Dragonneau de la part de Bill, sûrement grâce à l'aide de Stephan. Puis encore un autre cadeau, un autre gâteau, de la part des jumeaux, de Percy. Dans un long soupir, une main sur sa joue, Adeline regardait la scène dans la Grande Salle avec un pincement au cœur.

— « Oh, allez, ne fais pas cette tête, Adeline », commença Harmony en avalant un bout de bacon.
— « Tu as deux solutions, ma belle, soit tu lui avoues ton attirance, soit tu décides de continuer à tout nier en bloc, et dans ce cas Noah à raison : reste loin de lui », continua Jack, assis près d'elle.
— « Je pense juste aux devoirs de potions, je crois que je ne l'ai pas réussi », mentit la Poufsouffle, bien consciente que ses deux amis ne la croiraient pas.

En effet, suite à son absence de la nuit du lundi au mardi, Harmony était directement allé voir Jack pour savoir si elle était avec lui. Lorsque ce dernier avait répondu négativement, ils étaient partis à sa recherche, la retrouvant assise la tête dans ses genoux dans les toilettes de Mimi Geignarde. Une fois qu'Adeline avait terminé son récit de la bibliothèque, Harmony et Jack avaient tout à fait compris l'état de la jeune fille, essayant de la réconforter comme ils le pouvaient.

— « Tu as pris ta décision ? » hésita timidement Harmony.
— « Je ne suis pas attirée par lui, il n'y a donc pas de décision à prendre », répondit Adeline en souriant timidement.
— « Je n'ai jamais vu une fille aussi bornée que toi ! Je ne comprends pas pourquoi tu le rejettes à ce point. Bordel, réveille toi », s'agaça Jack tout en regardant Adeline droit dans les yeux.
— « J'ai peur, ça te va !? » s'énerva Adeline en se levant.

Par chance, et vu l'effervescence à la table des Gryffondor, personne ne fit attention à eux ou aux paroles d'Adeline, qui se rassit, à bout d'énergie.

— « J'ai peur ... », répéta la jeune fille dans un chuchotement.
— « Qu'est-ce que serait la vie sans peur ? Le tout est de les affronter. Comme un Épouvantard, ce n'est qu'une simple peur que tu peux décider ou non de combattre. »
— « Ce n'est pas aussi simple, Harmony. »
— « Tu as envie de quoi, là maintenant ? » demanda le garçon.
— « Le prendre dans mes bras... », confia la jeune fille.
— « Alors ta décision est prise, Adeline : dis lui », trancha Jack.
— « Laissez moi encore un peu de temps pour y réfléchir. »

Sur ces dernières paroles, Adeline se leva tout en jetant un ultime regard vers Charlie qui profitait pleinement de son anniversaire avec ses amis, ou bien encore n'importe quel élève qu'il appréciait.

Pour Adeline, Charlie était comme des dragées surprise de Bertie Crochue. Rempli à chaque instant d'un parfum* différent pour former ce qu'il était. Aussi sérieux que le café, aussi farceur que le poivre. Aussi têtu qu'une noix de coco, aussi conciliant que la fraise. Il pouvait être aussi doux et sensible que le chocolat, et dur comme le toast grillé. Depuis quelques jours, Adeline découvrait des parfums de Bertie Crochue qui lui faisaient mal : tripes, vomi ou bien encore choux de Bruxelles. Des parfums lui donnant la nausée, des parfums au signe de l'impatience et de l'abandon de Charlie.

Porté par la terrible vérité qui se trouvait au fond d'elle, Adeline s'orienta vers la table des Gryffondor. Toutefois, une main l'arrêta net à quelques mètres de Charlie.

— « Fred ? » s'étonna la jeune fille qui était, il y avait quelques secondes encore, perdue dans ses pensées.
— « Ce n'est pas une bonne idée, pas maintenant, pas aujourd'hui. Ne me regarde pas comme ça », rigola t-il en voyant les yeux ronds de la jeune fille. « Bill nous a demandé de surveiller Charlie, il faudrait être un troll pour ne pas comprendre. »
— « Puis presque tout Poudlard est au courant de vos péripéties, vous n'êtes pas vraiment discrets », compléta George.
— « Sinon, pour parler du lac, tu sais en début d'année, tu nous a dit qu'on... »

Morte de honte, Adeline n'attendit pas la fin de la phrase de Fred, qu'elle partit en courant de la Grande Salle. Tout le monde était au courant ? Pas discret ? Tout en cognant dans un tas de neige, elle maudit Poudlard, maudit les Weasley. Elle n'aspirait qu'à une chose, la solitude, et cette année, elle était bien loin de pouvoir en profiter. Elle avait déjà eu du mal, lors de ses premières années, à se faire aux murmures qu'elle pouvait entendre à cause de son nom de famille, et maintenant elle devrait affronter les murmures sur sa vie amoureuse. Son Botruc sortit de sa poche, essayant de tapoter sur l'épaule de son amie pour la réconforter, mais rien ne marcha. Adeline avait envie de retourner aux précédentes années, lorsque son frère était présent pour elle, lorsqu'il la réconfortait dans son dortoir. Lorsqu'ils étaient ensemble, elle avait l'impression qu'elle pouvait tout affronter.

Aujourd'hui plus encore, elle avait besoin de son frère.

_

NOTE DE FIN
_

AHHHH Mais c'est une catastrophe en ce moment les chapitres. Voila encore une fois, je change toutes mes idées au fur et à mesure de mes écrits. Ce chapitre la, de base il n'aurait pas du se terminer comme ça. Non non. Il y aurait du avoir encore deux trois scènes. Bref, pour me faire pardonner d'un autre chapitre de transition, le prochain chapitre sera en ligne dans une semaine (surement le jeudi 13 ou vendredi 14). Avec l'apparition de Stephan en première partie du chapitre suivant. Un bon gros dialogue entre frère et soeur.

Je préviens aussi, tout comme ce chapitre il y aura pas mal de dialogue dans le chapitre suivant. Mais la je ne vois pas comment j'aurai pu faire sans ses dialogues, pour qu'Adeline se réveille.

Merci une nouvelle fois à Mahaut pour la correction !

*La liste des parfums dragées de Bertie Crochue trouver dans cette encyclopédie Harry Potter.