Résumé des chapitres précédents : Adeline a perdu la bataille contre la vérité, son attirance pour Charlie se fait de plus en plus présente : jalousie, larmes refoulées, rêve explicite... Malgré tout, elle refuse de voir les signes et essaie tant bien que mal de se convaincre qu'elle n'est pas attirée. De son côté, Charlie a décidé d'abandonner ce jeu de chat et de la souris : il a bien trop souffert et a au passage reproché à Adeline de ne pas pouvoir calmer ses pulsions avec Jack. Il a tenté de l'oublier, en refusant de lui adresser la parole. Adeline s'est effondrée dans les toilettes de Mimi Geignarde suite au discours de Noah lui demandant de rester loin de Charlie. Même les jumeaux ont stoppé Adeline lorsque cette dernière, le jour de l'anniversaire de Charlie, a voulu aller le voir. Charlie a reçu un livre signé par Nobert Dragonneau de la part de Bill. De plus, Ivy a fait comprendre à Noah, Mathieu et Anton qu'elle savait parfaitement par qui, eux aussi, étaient attirés. Enfin, à la fin du chapitre précédant, Adeline a eu le besoin d'être auprès de son frère.

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CHALEUR D'ÉTÉ

Samedi 15 décembre
Pré-au-Lard

J-J. J'ai peur. Suis-je capable de lui dire ? Laissez-moi juste le temps d'une farce.

Le contact de ses bras autour de son épaule. Les mains dans ses cheveux, l'ébouriffant. Le son grave de son rire. Adeline était assise en train de boire une bièraubeurre avec son frère depuis maintenant plusieurs heures à Pré-Au-Lard. Elle avait l'impression de vivre à nouveau, respirant de l'air pur. Il lui racontait dans tous les détails son métier dans le département de contrôle et de régulation des créatures magiques. Tout comme son grand-père avant lui, il travaillait au service des animaux, devant dès lors répertorier les animaux fantastiques, apporter des solutions comme pour les centaures et les loups-garou, et gérer les problèmes qu'ils pouvaient causer.

— « D'ailleurs, reprit Stephan d'un ton innocent, Bill m'a demandé de me renseigner sur les dragons. Tu sais, il y a dans mon service un office de recherche et de contrôle des dragons. On travaille étroitement avec la réserve la plus proche, celle de Roumanie. Je crois que c'est pour Charlie, tu étais au courant ? » Adeline ne put s'empêcher de rire, et de lever les yeux au ciel. De son côté, Stephan, sourit davantage face à sa réaction.
— « Mon cher frère, tu sais que je t'adore, mais tu n'es pas très subtil. Je n'ai pas envie de parler de Charlie. »
— « Ma chère sœur », dit-il en se moquant du ton qu'elle avait employé. « Tu m'as envoyé une lettre il y a deux jours me suppliant de ramener mes fesses ici. Chose que j'ai fait, car tu m'as expliqué ô combien tu avais besoin de me voir. À côté de ça, Bill m'envoie sans arrêt des lettres d'inquiétude concernant Charlie et, toi, tu évites autant le sujet qu'un vampire évite le jour. Alors que clairement, tu voulais me voir car tu vas mal à cause de ce Weasley. »
— « Faux, j'avais juste besoin de te voir. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ça. Tu es mon frère, et je t'aime, c'est tout. Maman m'a dit que tu ne travaillais pas ce samedi, alors j'ai pensé que... »
— « Pas à moi », pouffa Stephan en la coupant. « Si je te disais que, là, il est en train de se diriger vers nous, cela te serait égal ? »
— « Quoi ? » Dans un mouvement de tête, Adeline regarda derrière elle, paniqué d'avance par cette rencontre. Charlie était bien là à quelques mètres d'eux. Son l'œil observateur de son frère, elle glissa sa main sous la table pour cacher son mal à l'aise et ses tremblements. Elle expira un grand coup et attendit cette conversation comme on attendrait la mort après avoir volé un œuf de Dragon.
— « Stephan, bonjour », commença Charlie. « Je ne vous dérange pas longtemps, je voudrais juste te remercier en personne. Bill m'a offert un superbe cadeau signé par ton grand-père, je sais que tu es sûrement pour quelque chose, alors merci. »
— « Peut-être qu'il faut remercier Adeline ? » répondit-il, continuant son analyse sur la réaction de chacun tout en passant une de ses mains dans ses cheveux noirs .

Avec un rire, Charlie remercia de nouveau Stephan et, sans un mot ni un regard pour Adeline, il partit. Face au regard noir que sa sœur lui lançait, Stephan s'esclaffa et leva les mains en l'air d'un air innocent.

— « C'est tendu entre vous, je me trompe ? »
— « Je n'ai pas envie d'en parler », radota Adeline

À ces mots, Stephan sortit alors un tas de lettres puis commença à les lire à voix haute à sa sœur, qui se faisait de plus en plus petite sur sa chaise, horriblement mal à l'aise.

— « Cher Stephan, bla-bla-bla, ta sœur à recouché avec un dénommé Jack pour rendre jaloux Charlie. Ce dernier ne l'avouera pas, mais encore aujourd'hui cela le blesse de savoir qu'à tout instant, elle pourrait être avec lui, bla bla-bla, je m'inquiète vraiment pour eux. Bill. Cher Stephan, Charlie va un peu mieux, malgré la jalousie de ta sœur. Elle le regarde de plus en plus selon ses dires, ce qui a tendance à le perturber et l'énerver. Je crois que sa patience est en train d'atteindre ses limites. Bill. Cher Stephan, bla-bla-bla, Charlie a compris qu'Adeline était bien attirée par lui, mais elle le rejette sans cesse. Je crois que ta sœur ne se rend pas compte du mal qu'elle lui fait et qu'elle se fait à elle-même. Ah, ce passage là aussi est pas mal ! » continua Stephan en arborant un sourire faux à sa sœur qui, elle, grimaça. « As-tu des nouvelles d'Adeline ? Te parle t-elle de Charlie ? Il ne veut presque plus parler d'elle, il m'a seulement dit qu'il avait mis les choses au clair. Il serait temps que ta sœur réagisse, avant de le perdre. Ces deux-là sont vraiment incorrigibles. Tendrement, Bill. »

À l'énoncé de ces différentes phrases, Stephan regarda intensément sa petite sœur qui bougeait sur sa chaise, plus que gênée par les propos de Bill. Mais surtout par les faits que racontait Charlie dans ses lettres. La jeune fille ne pensait pas qu'elle était le sujet de nombreuses discussion pour chacun des protagonistes. Son frère ne lui avait jamais mentionné ces événements. Il avait bien entendu essayé d'y faire allusion, cependant Adeline changeait de sujet aussi rapidement qu'un Vif d'Or.

— « Maintenant, j'aurais deux questions », poursuivit Stephan en prenant un air sérieux. « La première, qui est ce Jack ? »
— « Un ami et, si tu veux tout savoir, on a tout arrêté... Mais je n'ai pas vraiment envie de parler de mes relations sexuelles avec mon frère », répondit Adeline après un long silence tout en regardant ses pieds.
— « Bien, il a donc un sursis. Deuxième question », continua t-il sans tenir compte de la dernière phrase de sa sœur. « Maintenant, est-ce que, oui ou non, tu veux sortir avec Charlie ? Et ne mens pas, je ne lis peut-être pas dans les pensées Adeline, mais je te connais par cœur. »
— « Je ne sais pas... Je crois que non », marmonna t-elle en regardant ses pieds, sentant le regard de son frère qui soupira d'impatience.
— « Bon sang, Adeline, quand vas-tu arrêter de te mentir ? »
— « Je t'en prie Stephan, ne me donne pas de conseil dans ce domaine-là ! Ne joue pas les espèces d'entremetteur alors que tu n'es même pas capable d'avoir une relation sérieuse ! »
— « Si j'ai des aventures sans lendemain, ce n'est pas peur de souffrir. C'est que, pour le moment, je préfère ma vie comme elle est ».

Le ton monta progressivement entre les deux protagonistes. L'un reprochant à sa sœur de se voiler la face, l'autre citant les nombreuses filles que son frère avait ramenées chez eux sans donner suite.

Adeline voulait que cette conversation s'arrête sur le soutien de son frère face à sa décision. Toutefois, tout comme elle, Stephan était têtu. Il voulait secouer sa sœur à propos de son attirance envers le Weasley. En aucun cas, il ne voulait la forcer à sortir avec qui que ce soit, il voulait simplement son bonheur. Dès lors, connaissant la famille Weasley et Charlie, pour lui ce n'était qu'une évidence. Il avait également peur que Charlie ne soit que le premier d'une longue liste. Stephan était alors pas seulement en colère contre Adeline qui était dans un déni, il était aussi énervé contre leur père qui était une des causes de ces péripéties. Ainsi, pour sa dernière carte à jouer avant la fin de la journée, il décida d'appuyer sur un point sensible dans l'espoir de réveiller sa sœur.

— « Tu te prives de ton bonheur et pourquoi, hein ? Je veux dire, pour qui ? Tu ne crois pas que notre père nous a déjà assez fait souffrir comme ça ? Oui, il nous abandonne constamment, c'est un con de première. Oui, son mariage avec maman ne se résume qu'à un conflit permanent. Toutefois, ils s'aiment, je ne sais pas comment c'est encore possible, mais c'est comme ça. Charlie n'est pas notre père. Il ne le sera jamais. Et tu veux que je te dise, Adeline, finalement ce n'est pas Charlie qui est comme notre père, c'est toi. Tu te comportes comme quelqu'un de faible, tu préfères fuir plutôt que d'affronter la réalité. Tout comme lui »
— « Arrête, ne dis pas ça... », répondit vivement la jeune fille en retenant un sanglot provenant de sa gorge, réalisant la véracité des propos de son frère.
— « Non, je vais continuer, car il est temps que tu réalises que chaque couple est différent, chaque personne l'est. Tu abandonnes aussi Charlie en le privant de ce que tu ressens. Tu lui fais du mal en te comportant comme une idiote. Tu te fais du mal en plus de ça. Réveille-toi, bon sang ! Oui, la vie n'est pas toujours blanche, oui, on souffre, mais oui, nous aimons aussi. Nous venons au monde en pleurant, en criant, puis vient le moment de tendresse avec nos géniteurs. Nous pouvons continuer à pleurer, mais malgré tout, autour de nous, il y aura toujours une personne qui sera présente, qui nous aimera. La souffrance fait partie de la vie, comme l'attachement. Ce sont ses deux notions que nous connaissons à peine nés. Alors réveille-toi avant de le perdre. »
— « Qu'est-ce que vous avez, à tous me dire ça ? Peut-être que je suis bien dans mon sommeil ? »

Malgré le bonheur qu'elle avait pu ressentir en voyant son frère, elle était maintenant aux bords des larmes. Adeline prit son sac et partit du bar pour prendre l'air frais d'un mois de décembre. Un parfum de menthe arriva peu de temps après et, dans un sanglot, elle appuya sa tête contre le torse de son frère. Stephan, d'un geste délicat caressa sa chevelure rousse. « Ça va aller », lui répéta t-il jusqu'à qu'elle cesse de pleurer.

— « Au moins, si Charlie veut travailler avec les dragons, il aura déjà de l'expérience avec ton caractère », rigola Stephan pour essayer de faire sourire sa sœur.
— « Je crois que tu as raison, mais je ne pense pas pouvoir », renifla Adeline.
— « Bien sûr que j'ai raison lu, et bien sûr que tu peux », sourit-il. « Aie confiance en toi, en lui, en vous. Je dois y aller... », dit-il après un silence tout en regardant sa montre. Mais de toute façon, on se revoit dans une semaine, pendant tes vacances.

Dans un énième geste affectueux, Stephan partit tout en essuyant la dernière larme de sa sœur. Même s'ils s'étaient disputés, il lui avait donné de l'énergie pendant cette après-midi. Énergie qui s'envola aussitôt qu'il disparut de son champ de vision. Pré-Au-Lard ne lui avait jamais semblé aussi morne et sans vie, le froid glacial de décembre était là. Pendant quelques secondes, elle admira les alentours, les individus essayant de se réchauffer en frottant leurs mains, les commerçants voulant se montrer discret tout en la pointant du doigt "Dragonneau". Cependant une chose la ravit. Un nouveau couple venait de se former : Ivy et Anton. Ce dernier avait alors enfin réagi face au discours d'Ivy à la bibliothèque. Adeline sourit sincèrement en les voyant tous les deux.

Mais elle perdit rapidement son éclat de bonheur lorsqu'elle aperçut une fois encore Charlie. La jeune fille était fatiguée. Fatiguée de tout ceci. En début d'année, elle n'aurait jamais fait attention à ce détail si secondaire. Et si cela avait était le cas, elle aurait pris ses jambes à son cou et serait partie dans l'autre direction pour éviter de l'entendre encore bégayer. Toutefois, aujourd'hui, ce fut l'inverse, elle mal à l'aise, lui confiant. Lui la fuyant. Elle lui courant après.

Dans un soupir, Adeline se dirigea tranquillement vers Poudlard. Prenant son temps, admirant l'étendue de blanc devant elle. Elle se rassura en comptant les jours restant avant les vacances de Noel. Au revoir Poudlard pendant quinze jours. Elle espérait déjà profiter de ce temps pour oublier Charlie. En dépit du dialogue mouvementé qu'elle a eu avec son frère, elle ne se sentait pas plus courageuse pour affronter cette vérité. Vérité qui sortait de plus en plus, malgré elle. Sa réponse à sa question, la jeune fille l'avait depuis bien longtemps. Cependant, le savoir et l'accepter étaient deux choses bien différentes.

À peine fut-elle arrivé dans son dortoir qu'Harmony lui sauta au cou, lui racontant l'événement de la journée, celui dont tout le monde parlait : une farce de Peeves, farce aussi élaborée par les jumeaux Weasley.

— « Ah, c'est donc pour ça qu'il fait aussi chaud ? »
— « Oui ! Ils ont lancé une potion dans le bureau de Rusard. À la base, cela aurait dû créer de la mousse rose qui aurait dû juste teindre Rusard et sa chatte, mais finalement cela a créé un nuage de vapeur rouge dans tout le château. Mais bon, Rusard a quand même été teint en rose, c'est après que la vapeur est apparue. Tu aurais dû voir la tête de McGonagall ! », s'esclaffa Harmony.

Harmony commença un long monologue sur cette farce qui mettait un peu plus de gaieté à l'approche des festivités de Noel. Adeline essaya de suivre et de sourire à son amie, mais elle avait de plus en plus de mal. Heureusement pour elle, une chouette frappa à sa fenêtre : il s'agissait d'un mot de Fred, lui demandant d'urgence de venir dans la salle des trophées. Sur les avertissements d'Harmony, la jeune Dragonneau se dirigea vers cette salle. Même si elle n'avait pas plus envie d'y aller, angoissant d'être la victime d'une autre farce, cela lui permettait au moins de ne pas faire semblant pendant ce petit trajet jusqu'au troisième étage. Trajet qui fut compliqué avec la chaleur s'engouffrant dans les couloirs : au bout de plusieurs marches, la jeune fille commençait même à transpirer légèrement.

Lorsqu'elle entra dans l'immense pièce, elle réalisa qu'elle n'y avait que très peu mis les pieds. Voyant que Fred n'était pas encore là, ce qui l'inquiéta d'autant plus, elle fit le tour de la salle. Au loin, accroché sur une statuette, elle aperçut un mot. En le lisant, elle crut devenir folle, en entendant sa voix, elle crut s'effondrer.

— « Adeline ? Qu'est-ce que tu fais là ? Où est George ? » s'empressa de demander Charlie.

Une grande distance sépara nos deux protagonistes et, en voyant qu'elle lui tendit une lettre, le Gryffondor lui fit signe de la lire. Ce dernier ne voulait pas s'approcher davantage de la jeune fille, ce qui la peina mais elle ne le montra pas. Elle en profita pour le regarder, lui aussi légèrement transpirant suite à la farce de ses frères. Il avait troqué son gros pull en laine contre un t-shirt blanc en coton. Sentant le regard insistant de Charlie, Adeline se mit à lire :

— « Charlie, Adeline, nous sommes désolés de vous jouer ce tour ridicule. Bill et Stephan nous ont demandé de vous réunir pour que vous parliez. Signé deux pauvres enfants naïvement manipulés. »
— « Je vais les tuer... », ragea Charlie.
— « Ils ont raison dans un sens, tu sais », tenta Adeline, doucement.
— « Je n'ai rien à te dire de plus, Adeline. Te concernant, tu préfères rester dans le silence. Tu préfères jouer avec les sentiments des autres plutôt que d'accepter les tiens. Plutôt que d'accepter une quelconque attirance. Tu sais quoi ? Je suis fatigué d'attendre. Fatigué d'attendre que tu me dises des choses que tu es incapable de prononcer, aveuglée par ta peur », s'énerva de plus en plus Charlie, ne voyant aucune réaction de la part de la Poufsouffle. « Voila nous avons parlé, bonne nuit. »

Rapidement, Charlie commença à partir, ce qui eut l'effet d'un électrochoc sur la jeune fille. D'un pas rapide, elle stoppa Charlie et le poussa doucement en arrière. Cependant, ce dernier ne se laissa pas faire et retira la main qu'Adeline avait mise sur son torse. Les respirations de chacun s'accentuèrent dans un silence se faisant de plus en plus pesant. Lorsqu'il voulut repartir, elle l'arrêta de nouveau tout en replaçant sa main. Un grognement sortit alors de la bouche du Gryffondor.

— « Adeline s'il te plaît, laisse moi passer... », protesta Charlie sans vraiment croire lui-même à sa phrase.
— « Que veux-tu que je te dise, Charlie ? » souffla Adeline. « Que je suis terrifiée de tenir à toi ? Tu veux que je te dise que je suis désolée pour Jack ? Ou bien encore que... » La jeune fille soupira et, tout en avalant un sanglot, reprit : « tu veux que je te dise que j'ai peur de te perdre, que... »

Mais elle ne put finir sa phrase. Comme contrôlé par son désir, Charlie saisit sa main pour la rapprocher de lui. Pour sentir son odeur qu'il avait tant humée lorsqu'elle passait près de lui, pour ressentir une nouvelle fois le contact de leurs mains entremêlées. D'un geste prompt, il posa ses lèvres sur celles d'Adeline. Il l'embrassa avec tellement de plaisir, de passion, qu'il la fit reculer petit à petit vers l'un des murs vides de la salle des trophées. Ce moment-là, ils en avaient rêvé tous les deux, mentalement dans leurs pensées, psychiquement dans leurs rêves. Charlie mit sa main droite en bas du dos de la Poufsouffle pour la rapprocher encore, de peur qu'elle ne s'échappe une nouvelle fois. tandis qu'Adeline passait ses mains dans la chevelure rousse de Charlie, prête à succomber à ces baisers à la fois tendres et fougueux.

Lorsqu'ils durent arrêter de s'embrasser pour respirer, tous deux ouvrirent grand les yeux en réalisant ce qu'ils venaient de se passer. La main de Charlie, toujours dans le dos d'Adeline, trembla légèrement. Autant de peur que d'excitation.

Charlie, se demandant s'il allait le regretter, essaya dès lors d'analyser le comportement de la jeune fille. Allait-elle s'enfuir ? Cette dernière en faisait de même, elle pensait l'avoir perdu, que pensait-il réellement de tout ceci, allait-il partir ? Ils restèrent ainsi de longues secondes à s'observer sans rien dire, guettant le moindre mouvement d'abandon de l'autre. Adeline, par respect pour le Gryffondor, ne tenta en aucunement de lire dans ses pensées. Alors ils se regardèrent. Pensant chacun à ce qu'ils avaient ressenti. Voulant tous les deux recommencer, encore et encore, jusqu'à ne plus pouvoir vivre. Petit à petit, le regret apparu dans les yeux de Charlie qui pensait qu'Adeline allait une nouvelle fois l'abandonner.

— « Je suis désolé je n'aurai pas dû faire ça, c'était ridicule, une erreur... Puis c'est moi ou il fait chaud à Poudlard ? » dit-il en secouant son t-shirt d'une transpiration maintenant bien présente.

Non, Adeline n'était pas décidée à le perdre, pas après ça. Pas après avoir laissé éclater la vérité sur son attirance en répondant à ses baisers. Alors tout en serrant la main du Weasley, tout en caressant avec son autre main la joue de ce dernier et en se collant un peu plus contre le mur pour se soutenir mentalement, elle lui répondit timidement :

— « Je ne suis pas attirée par toi, Charlie Weasley. Je serais attirée par toi lorsqu'il fera une chaleur d'été en décembre. »

Ces mots. Ces mots qui l'avaient tant fait souffrir deux mois plus tôt, suite à leur escapade dans la Forêt Interdite. Ces mots qu'elle venait de lui redire. Mais les choses avaient changé : une chaleur avait envahi les lieux, une chaleur d'été en plein mois de décembre. Elle était attirée par lui et elle venait de lui dire à sa manière.

— « La chaleur comme tu peux l'être dans ton cœur » répondit Charlie en reprenant ce qu'il lui avait aussi dit.

Pour seule réponse, il ne reçut que le baiser passionné d'Adeline. À cela, Charlie répondit sans réfléchir. Il aimait ce qu'il ressentait. Il aimait le contact de ses lèvres. Il aimait entendre ce petit gémissement sortant de la bouche de la jeune fille quand il se colla un peu plus à elle. Il aimait sentir se sourire se formant à la fin d'un baiser.

— « Dis, maintenant, est-ce que tu veux que je calme ma pulsion de désir ou... ? » se moqua-t-elle e, essayant de l'embrasser
— « Je préférerais plutôt que tu me racontes tes rêves sur nous deux », la taquina-t-il à son tour tout en embrassant son cou.
— « Oh, mais faites ça dans une chambre ! »

Adeline et Charlie, dans un même mouvement, tournèrent la tête dans la direction de la personne qui venait de parler. Noah était en train de rigoler, essuyant les larmes coulant de ses yeux. Charlie grogna intérieurement et se jura de se venger amicalement de son meilleur ami qui venait d'interrompre un moment qu'il avait tant imaginé. De son côté, Adeline leva les yeux au ciel tout en se dégageant un peu de Charlie pour essayer de trouver un peu de fraîcheur.

— « Dire qu'avant je devais supporter ses lamentations sur toi alors qu'il n'y avait pas eu tout ça », continua Noah en pointant Adeline. « Maintenant, ça va donner quoi ... Je sais aussi qu'il fait chaud à Poudlard, mais ici, mon dieu c'est un nid de salamandres », rigola encore le Gryffondor.
— « Noah ! Va te coucher », s'impatienta Charlie.
— « Rusard et les préfets ont déjà commencé leurs rondes suite à une farce de tes frères. S'ils te voient ici... »
— « Il est tard, nous devrions aller nous coucher », conclut Adeline dans un petit sourire désolée.

Dans un soupir, Charlie finit par accepter. Les vacances étaient dans une semaine, il ne se voyait pas rentrer expliquant à sa mère pourquoi il était encore en retenue. Le chemin vers les escaliers se fit en silence. Noah retint tant bien que mal son hilarité, tandis que nos deux autres protagonistes se lançaient des regards à la fois gênés et timides. Sentant les pas de Charlie se faire plus lent et comprenant ses intentions, Noah prit de l'avance et monta en direction du septième étage. Quelques secondes, plus tard, Charlie arrêta la jeune fille en lui tenant la main.

— « Je... Demain... Comment dire. Hum... », bafouilla-t-il.
— « Non, je ne regrette pas. Non, je ne regretterai pas demain. Je suis désolée pour tout ce que je t'ai fait. J'ai été idiote et lâche. J'ai ressenti ce que cela faisait quand tu me repoussais et dire que je t'ai fait ça pendant deux ans... Charlie vraiment, je suis désolée. Je ne voulais pas l'admettre, mais oui, tu m'intéresses, oui, je suis attirée par toi, j'ai envie d'être avec toi. Je ne te dis pas que je suis amoureuse hein », s'empressa de préciser Adeline, « mais si tu veux bien me laisser une dernière chance, j'en serais honorée. »

Le Weasley ne répondit pas par des mots, mais une fois encore par des gestes. Cette fois-ci, il ne l'embrassa pas avec fougue, il l'embrassa délicatement, aussi délicatement qu'on déposerait un œuf à terre sur un morceau de verre. Puis il la regarda descendre, un air émerveillé sur le visage. Il entendait déjà Noah se moquer de cet air idiot qu'il avait. Mais Charlie était heureux. Heureux d'être enfin avec cette fille si inaccessible, si imprévisible. Bien entendu, il savait que rien n'était encore joué. Les peurs d'Adeline sur l'attachement ne cesseraient pas du jour au lendemain, surtout quand elle apprendrait où sa famille passerait Noël et pourquoi. Cependant, il était confiant. Confiant, car avant de disparaître de sa vision, Adeline se retourna pour lui sourire tout en murmurant : « je me suis réveillée ».

Le jeu du chat et de la souris était fini.

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NOTE DE FIN

Bonjour à tous !

J'espère que vous allez bien.

Nous voilà donc arriver à la deuxième partie du Tome, il se compose de trois parties, parties qui sont les phrases du prologue en somme.

A partir de maintenant, les parties avec les points de vues seront différents. En effet auparavant, les PDV de Charlie et Adeline étaient disons assez distinctes. A présent, si cela vous convient, je voudrai les réunir ensemble, tout comme ces deux personnages seront réunis. En soit comme est écrit la dernière partie de ce chapitre. Cela permettra aussi une plus grande fluidité je pense dans le texte. Il y a en soit toujours de long passage selon le PDV d'Adeline ou Charlie, mais les deux se mélangeront plus souvent

Pour parler en soit de ce chapitre, j'ai eu du mal à écrire leur premier baiser, je ne suis pas très doué question romance niveau écriture, mais j'espère que cela vous convient tout de même. Je sais qu'il y a beaucoup de dialogue qui sont parfois, pas forcement fluide. Je m'en excuse. Je suis beaucoup plus à l'aise avec la narration en elle-même. Toutefois, je pense que les dialogues présent depuis les derniers chapitres étaient limite nécessaire à l'histoire.

Bref dites moi tout ! J'attend vos avis avec impatience

Merci une nouvelle fois à Mahaut pour sa correction, avouez c'est tellement mieux grâce à elle *-*