Résumé des chapitres précédents : Après plusieurs péripéties, Adeline s'est enfin réveillée sur son attirance pour Charlie, notamment grâce au discours fort de son frère, Stephan, qui l'a comparée son père qui les abandonne régulièrement dans le cadre de son travail. Vous avez également appris très rapidement qu'Ivy et Anton se sont mis ensemble. Mais bon, le plus important dans les chapitres précédents, c'est bien sur le baiser entre nos deux protagonistes, Charlie & Adeline, qui a eu lieu grâce à l'intervention rusée de Stephan et Bill qui ont demandé aux jumeaux de les réunir. Adeline s'est aussi excusée auprès de Charlie de tout ce qu'elle a pu lui faire subir. Enfin, les vacances de Noël vont débuter.

Samedi 22 décembre
Ecosse

Le paysage défilant devant ses yeux, la neige tombant à toute vitesse sur les vitres, Adeline observait l'horizon, assise dans un compartiment du Poudlard Express. Un mal-être du nom de tristesse la rongeait de l'intérieur. La veille au soir, elle avait reçu une lettre de sa mère lui annonçant que son père ne serait pas là pour Noel. Par conséquent, les Weasley les avait invités, son frère, sa mère et elle, à leurs propres festivités. Héra Dragonneau avait accepté leur proposition, ainsi les Weasley et les Dragonneau passeraient un Noël ensemble. Adeline n'avait pas la force nécessaire d'en vouloir à Charlie de lui avoir caché cette information. Elle le remerciait même intérieurement de l'avoir fait. Si c'était lui, le porteur de cette nouvelle, elle aurait déverser sa colère sur lui, chose qu'elle ne voulait pas. Ils étaient ensemble depuis maintenant une semaine et elle ne voulait pas déjà tout gâcher.

Son père les avait encre laissés pour une quelconque urgence, ce qui blessait énormément la jeune fille. Elle avait envie d'être l'urgence de son père. Même à 17 ans, elle ne réclamait que son amour. Oubliant la présence de Jack à ses côtes, elle laissa couler quelques larmes sur sa joue. Ce dernier, qui était alors concentré sur une lecture obligatoire en potion, releva la tête en entendant la jeune fille renifler.

— « Ça va ? lui demanda t-il. Tu veux que j'aille chercher Charlie ou Harmony qui doit être en train de s'empiffrer de chocolat quelque part ? » Adeline ne répondit pas, se concentrant sur l'étendue d'herbe recouverte par la neige du dehors. « Je suis sûr que ton père à une bonne raison. Puis, dis toi que tu passeras Noël avec ton Charlie chéri ! » Aucune réponse, malgré la tentative de Jack de la faire sourire en la taquinant. « En plus, vous allez vite quand même, Noël direct ensemble, en famille », continua t-il sur le même ton taquin.
— « Pas en famille. Pas au complet du moins... », murmura la jeune fille.

Sentant un bras se mettre derrière son dos, Adeline laissa retomber sa tête sur l'épaule de Jack. Elle se sentait vide. Fatiguée. Elle n'avait pas revu son père depuis juillet et a avait vraiment espéré le revoir. Stephan déménageant bientôt, c'était le dernier vrai Noël qu'ils pouvaient passer tous ensemble. Toutefois, son père ne serait pas là. À ce moment précis, si elle ne sortait pas avec Charlie, elle se serait laissée encore une fois aller avec Jack. Non pas qu'elle en avait envie, mais elle avait ce besoin affectif de combler quelque chose. Lorsque Harmony fit son entrée, la bouche pleine de confiserie, Adeline crut voir les lèvres de Jack bouger, mais elle ne comprit le sens de ses paroles qu'en apercevant une tête rousse quelques minutes plus tard.

Charlie ne put s'empêcher de grimacer face à la scène. Comment faire autrement en voyant ce garçon en train d'essayer de réconforter celle qui pouvait désormais appeler petite-amie ? Ce garçon qui avait couché avec cette fille ? Charlie ne savait pas combien de fois, c'était arrivé, et en réalité, il s'en fichait. Il voulait juste qu'il enlève ses bras de la taille d'Adeline. Cette dernière lui avait bien expliqué, cette semaine, qu'il n'y avait que de l'amitié entre eux, cependant, il ne pouvait s'empêcher d'être jaloux. À cela, Adeline avait ricané en lui rappelant qu'une de ses meilleures amies était son ex, Cassandre. Charlie s'était alors avoué vaincu, mais les voir ensemble l'énervait intérieurement. Toutefois, Jack lui prouva encore qu'il ne voulait rien avec Adeline. C'était lui qui avait eu l'idée de prévenir Charlie, et ce fut lui qui plaça Adeline dans les bras du Gryffondor. Cette dernière, comme une marionnette, se laissa faire. Mais la différence de comportement de cette dernière fut flagrante. Dès que sa tête toucha l'épaule du Weasley, elle agrippa avec force le pull de celui-ci d'une main et ferma les yeux instinctivement. Elle se sentait déjà apaisée par le parfum de chocolat qu'avait Charlie, caractéristique de son gel douche.

Ils restèrent ainsi de longues minutes, sans dire un mot. Charlie caressant les cheveux roux de la jeune fille dans un élan de tendresse compatissante. Au fur et à mesure ils finirent tous les deux par s'endormir. Ce fut l'agitation dans le Poudlard Express qui réveilla le Weasley. Les yeux à moitié fermé, il sentit une douleur à l'épaule et prit quelques secondes pour réaliser qu'Adeline avait toujours sa tête sur lui. Regardant au-dehors, Charlie comprit qu'ils allaient bientôt arriver à la gare de Londres. Il ne voulut pas la réveiller tout de suite : elle avait l'air si paisible.

Égoïstement, Charlie profitait aussi de ce moment qu'il n'aurait pas cru voir se produire un jour. Sa peur qu'Adeline s'échappe de nouveau, était malgré lui bien présente. Cela faisait une semaine qu'ils s'étaient embrassés et, comme la jeune fille le lui avait dit dès le lendemain, elle ne regrettait rien. Ils avaient décidé d'un commun accord d'y aller doucement. Ce n'était pas parce qu'ils étaient au même endroit qu'il fallait toujours qu'ils soient ensemble. Alors chacun laissait de l'air à l'autre, une liberté qu'Adeline appréciait encore plus que Charlie. Même leurs baisers étaient beaucoup plus chastes, ce qui pouvait parfois frustrer le Gryffondor, lui qui l'avait tant attendue et voulait jouir de chaque moment passé à ses côtés, l'embrasser, la caresser, la prendre dans ses bras...

Noah lui avait conseillé d'être patient : Adeline restait Adeline. Ainsi, Charlie et elle n'avaient passé que peu de temps ensemble, du moins dans une réelle intimité. En réalité, il n'avait pas été seul une seule fois avec la Dragonneau depuis leur moment dans la salle des trophées jusqu'à ce soir-là. Alors oui, Charlie profitait. Il aimait la voir dormir, lui caresser les cheveux. Un sourire plus que niais apparut sur son visage lorsque la jeune fille se réveilla à son tour.

— « Désolée, je me suis endormie » murmura-t-elle, avant de froncer les sourcils en réalisant qu'ils allaient bientôt arriver et que le soleil s'était déjà couché.

Charlie continua de la regarder avec un grand sourire, ce qui la fit rougir.

— « Londres, on y arrive. Tu te sens prête ? » demanda-t-il.
_ « Je pense que oui. Cela ne sera pas la première fois que mon père n'est pas là, ni la dernière », répondit la Poufsouffle en haussant les épaules.

Quand Charlie commença à se lever pour retourner dans son compartiment prendre ses affaires, Adeline le retint délicatement. D'un baiser tendre, elle le remercia Charlie d'être venu la réconforter.

— « On se voit à Noël », lui sourit-il tout en répondant à son baiser.

Rouge jusqu'aux oreilles en sortant du compartiment, le Weasley remerciait tous les fondateurs pour cette chance qu'il avait. Une fois ce dernier partit, Adeline commença elle aussi à ranger ses affaires, avec l'apparition quelques minutes plus tard de Jack et Harmony, en proie à un grand débat sur le Quidditch. Adeline ne put s'empêcher de pouffer face à cette scène et tous les trois descendirent du Poudlard Express, se promettant de s'écrire pendant les vacances.

Une fois sur le quai, elle aperçut Charlie, les jumeaux ainsi que Percy rejoindre le reste de la famille. Bill était déjà présent et Adeline n'eut pas de mal à comprendre la joie que sa visite procurait à Charlie. À son tour, elle chercha sa famille. Mais elle ne vit personne. Elle était debout, seule, regardant chacun rejoindre ses proches. Reprenant un grand bol d'air, elle se dirigea alors vers le Magicobus quand Molly Weasley cria son nom. Elle s'arrêta net et vit la mère des Weasley s'approcher d'elle sourire aux lèvres, suivie de près par son mari.

— « Adeline, ma chérie », dit-elle en l'enlaçant. « Tu n'as pas reçu la lettre de ton frère ? »

Avec un froncement de sourcils, Adeline répondit que non, ne voyant pas du tout de quoi parlait la mère de famille.

— « Ta mère est partie chercher ton père ce matin pour essayer de le faire venir à Noël. Ton frère a donc décidé que vous iriez dormir chez nous en attendant. Je ne sais pas qui est le plus content de cette situation, Stephan ou Bill. De vrais enfants, ces deux-là », rit doucement Molly. « Ne t'inquiète pas, ton frère a tout organisé pour que l'assistant de ton père s'occupe de vos animaux », continua t-elle, le sourire aux lèvres.
— « Oh oui, ça. Hum, c'est gentil, mais finalement nous avons changé d'avis », mentit la jeune fille. « Je vous dis à Noël, Molly »

Avant même que Molly n'eut puisse dire quoi que ce soit, Adeline était partie presque en courant de la gare de King Cross. Ne voulant pas se faire rattraper par les Weasley, elle décida d'entrer dans un café moldu, ses deux valises à la main : une contenant ses animaux, la deuxième ses affaires.

Une heure plus tard, lorsque l'horloge sonna vingt heures, elle décida de rentrer chez elle dans le comté de Devon, non loin de Loutry Ste Chaspoule, la ville où résidaient les Weasley. Maudissant le peu de villages sorciers et de ne pas encore pouvoir transplaner, Adeline arriva irrité et trempée par la neige dans sa maison. Celle-ci était sans conteste une des plus grandes de la région. Avoir dans la famille un membre considéré comme un héros de guerre et un célèbre magizoologiste donnait les moyens nécessaires pour vivre convenablement.

Malgré tout, les parents d'Adeline avaient élevé leurs enfants avec une grande modestie. De plus, la taille de la maison n'avait pas pour but de montrer leur argent mais de leur permettre de s'adonner à leurs passions. En effet, une fois franchi le portail, une petite allée donnait accès, d'une part, à la maison, et, d'autre part, à un grand jardin, principalement composé d'herbe et de forêt à tout-va. Dans celui-ci, la mère d'Adeline, Héra, pouvait s'occuper de plantes et d'herbes autant sorcières que moldues, tandis que les autres membres de la famille, dans un autre coin de cette étendue d'herbe, s'occupaient d'élevages d'animaux. En plein milieu du jardin se trouvait un très vieux arbre, déjà présent lors de leur déménagement, qui abritait des Botrucs. Au départ, aucune de ces créatures y habitait, mais suite à l'amitié de Loki et Adeline, Alexander Dragonneau avait décidé d'y installer des Botruc pour faire plaisir à sa fille. Juste à côté se t un trouvait un petit troupeau d'Ethonan, des cheveux ailés de robe brune, dont Adeline aimait s'occuper depuis sa tendre enfance avec son frère. On pouvait également apercevoir différents arbres abritant chacun telle ou telle créatures, comme des Augurey, ou bien encore un terrier où deux Veaudelun résidaient. C'étaient des créatures timides et inoffensives qui ne sortaient que peu. Seule Héra Dragonneau avait réussi à nouer un lien avec eux et allait très souvent les voir. En effet, leurs sécrétions renfermaient des qualités magiques pour le jardin.

Hormis des créatures se promenant chez eux, comme des Boursouflet, Boursouf, ou bien encore des fléreurs, le reste de la maison était relativement classique. Une ancienne maison, décorée de façon banale, à l'anglaise. Tout comme la plupart des maisons dans ce village, elle était construite en hauteur. Au rez-de-chaussée se trouvait une cuisine moderne, meublée en son centre par une grande table. Juste à côté, un grand salon où la chaleur d'un feu de cheminée réchauffait bien des soirées de tension, ainsi qu'un premier bureau et une véranda dont sa mère était la principale occupante. Au premier étage, un bureau où travaillait son père ainsi que la suite parentale, « bien souvent trop vide » pensa Adeline en montant les escaliers. Au deuxième étage, la chambre de son frère qui allait être également bientôt se retrouver vide suite au départ de celui-ci, ainsi qu'une grande bibliothèque. Enfin, au troisième, se trouvait la chambre d'Adeline. La famille Dragonneau s'agrandissant de plus en plus, Héra voulait avoir de quoi accueillir la famille pour plusieurs jours, aussi elle avait rajouté, peu de temps après leur emménagement une salle de bain et une chambre d'amis à chaque étage. Enfin, il y avait un grenier et une cave où Adeline ne mettait presque jamais les pieds.

Une fois le tour fait, voyant qu'effectivement son frère n'était pas là, Adeline décida de se faire couler un bain chaud. Lorsqu'elle entra dans l'eau, une première chouette vint frapper à sa fenêtre, mais elle décida de l'ignorer pour profiter des bulles détendant tout son corps. Si elle devait être seule, alors elle le resterait.

Quelques kilomètres plus loin, Charlie Weasley tournait en rond chez lui, inquiet. Stephan Dragonneau venait de rentrer et avait été surpris en ne voyant pas sa sœur auprès de sa seconde famille. À peine le temps de dire bonjour à son meilleur ami qu'il était aussitôt reparti chez lui, à la recherche d'Adeline. Charlie voulut faire de même, après tout, il avait passé son permis pour transplaner avec brio selon ses dires, mais Bill l'en empêcha :

— « Elle va bien. Je suis sûr qu'elle a simplement voulu passer une soirée tranquille. Après tout, elle a 17 ans, elle n'a pas besoin de baby-sitter. »
— « Oui, mais... », commença Charlie.
— « Pas de mais. Dans tous les cas, c'est une histoire de famille, laisse Stephan gérer sa sœur. Même si je suis ravi d'apprendre que tu sors enfin avec elle ! Ne me regarde pas comme ça », sourit Bill ,« les jumeaux ne savent pas garder un secret ! »

Bill Weasley se retint de rire face à la mine déconfite que présentait son frère. Mine qui rougit davantage quand Molly surprit leur conversation. Leur mère n'était pas en colère, bien au contraire, elle accueillit cette nouvelle en prenant le visage de Charlie entre ses mains. Bill savait que sa mère appréciait énormément la famille Dragonneau, représentée principalement par Stephan. Ils étaient venus de nombreuses fois manger chez eux, et l'attirance de Charlie pour Adeline n'était pas passé inaperçue côté Weasley. En attendant l'arrivée des Dragonneau, Molly retourna vérifier que tout était en ordre dans les chambres. Le lit de Stephan était prêt dans la chambre de Bill, celui d'Adeline dans celle de Ginny, malgré leurs 8 ans de différence d'âge. Elle a avait d'ailleurs lourdement insisté auprès de Charlie sur l'endroit où Adeline dormirait.

Le temps passa doucement pour Bill et Charlie, qui avaient commencé une partie d'échec pour faire se changer les idées. Au fur et à mesure, la petite famille alla se coucher. Ce fut d'abord les deux derniers, Ron et Ginny, sous la colère de Molly vu l'heure tardive. S'en suivit Percy, qui s'était préparé un long programme de révisions. Puis les jumeaux avec une deuxième crise de Molly. À minuit, il ne restait plus qu'Arthur, Charlie et Bill, toujours en train d'attendre dans le salon.

— « Il se fait tard », commenta Arthur. « Je ne pense pas qu'ils viendront ce soir. Elle est avec Stephan, après tout. Il l'a peut-être retrouver endormie et s'est couché lui aussi. Ou il est simplement en train de s'occuper de sa petite sœur. »
— « Papa a raison, nous devrions tous aller nous coucher. Cela ne sert à rien d'attendre comme ça », approuva Bill.

Charlie ne répondit que par un « hum » à peine perceptible. Il fixait l'horloge d'un air pensif et inquiet. Bill sourit en voyant son frère ainsi et, en regardant son père, il comprit qu'ils pensaient les deux la même chose. « Notre petit Charlie est amoureux ».

— « Je ne connais pas beaucoup Adeline, mais du peu que j'en sais, ça a l'air d'être une gentille fille, respectable... Bonne nuit, les garçons. »

Sans dire un mot de plus, Arthur quitta ses fils pour rejoindre sa femme qui dormait déjà, exténuée par la journée, suite au retour de tous ses enfants. Charlie sourit à leur père qui venait d'approuver sa relation naissante. Une fois qu'il fut parti, un silence commença à s'installer. Charlie soupira à nouveau, ce qui fit lever les yeux au ciel à Bill qui décida de réagir.

— « Qu'est-ce que tu peux être niais parfois, Charlie ! Pendant des longues semaines, tu m'as envoyé des lettres à propos de cette mystérieuse fille. J'ai suivi l'avancement de cette relation aux premières loges avec Stephan. D'ailleurs, j'ai cru qu'il allait m'étriper quand j'ai parlé de ce fameux Jack... »
— « Tu as quoi ?! » s'exclama Charlie, étonné.
— « Peu importe. Les choses devaient avancer », répondit Bill en se grattant la tête. « À ton avis, c'est en parti grâce à qui qu'Adeline s'est réveillée à propos de toi ? À Stephan. Alors laisse-le gérer ça. Adeline vient à peine d'apprendre que son père ne sera pas là et, à son retour, même sa mère est partie. Tu connais ses réactions maintenant. Alors sérieusement Charlie, tu t'attendais à quoi ? Peut-être que dormir direct chez nous... Adeline est conditionnée pour fuir quand une situation la met mal à l'aise. C'est ce qu'elle a fait ce soir. » Charlie, répondit positivement de la tête, puis Bill reprit : « N'oublie pas que dans votre relation, vous n'avancez pas au même rythme niveau sentiments. »

Bill et lui étaient très proche, ainsi ce dernier savait parfaitement pourquoi Charlie était inquiet : à cause de l'absence de la jeune fille. Après tout, rien ne disait qu'elle était bien chez elle. Mais il était aussi anxieux qu'elle ait préféré fuir plutôt que de venir au Terrier, de venir près de lui. Alors Charlie s'était creusé la tête et des pensées anxiogènes lui étaient apparues. La crainte de la perdre n'était que trop présente. Toutefois, Bill pouvait le comprendre. Adeline était par moment imprévisible et impulsive. Une jeune fille en demande d'affection, qui pourrait partir de nouveau, laissant son frère une nouvelle fois brisé. Partant de ce principe-là, Bill conseilla à Charlie d'y aller doucement, de la laisser venir à lui, comme dans le train. Il ne devait pas la brusquer. Bill compara Adeline à un hippogriffe, ce qui fit rire son frère de bon cœur.

— « Tu l'aimes, c'est un fait. Cependant, ne t'empêche pas d'être toi-même ou de vivre à cause d'elle. Aucune personne sur terre, enfin sauf moi peut-être, mérite de s'infliger ça », dit-il en lui faisant un clin d'oeil
— « Tu as raison », répondit Charlie après plusieurs secondes. « C'est juste qu'elle m'a laissé voir une part d'elle, sensible et faible. Je ne pensais pas qu'elle l'était à ce point... Alors oui, je m'inquiète pour nous deux, mais pour elle aussi. »
— « Elle s'en sortira, c'est une grande fille. Avec certes des faiblesses, mais un caractère bien trempée comme son frère. »

Charlie acquiesça une nouvelle fois aux dires de son frère et relâcha les épaules, signe qu'il était, dans un sens, rassuré. Il confirma l'observation de Bill lorsqu'il décida d'aller se coucher.

— « Au fait. Merci Bill. Stephan est peut-être également responsable de ce qui se passe entre elle et moi. Mais toi aussi. Je l'apprécie vraiment beaucoup, alors merci... »

Dimanche 23 décembre
Comté Devon

Stephan se réveilla la bouche pâteuse, un filet de bave coulant de sa bouche pour atterrir droit sur les cheveux de sa sœur endormie près de lui. Un mal de crâne lui rappela sa soirée d'hier et il se demanda où était parti le frère responsable. Boire de l'alcool avec Adeline n'était pas une très bonne idée... Il ouvrit difficilement les yeux, les rayons du soleil l'aveuglaient horriblement. Petit à petit, les événements lui revinrent à l'esprit. Son retour chez lui. Appelant sa sœur. Se disputant avec cette dernière suite à sa décision de quitter les Weasley. Adeline tombant en larmes de chagrin. Lui, la réconfortant. La lettre de leur mère leur signalant qu'ils reviendraient le 25 décembre, pour Noël.

Finalement, Stephan ne savait pas si c'était pour elle, pour essayer de la consoler, ou pour lui qu'ils avaient bu à deux une bouteille d'un alcool assez fort, combinée à une fatigue et à un appétit non rassasié. Même s'il essayait de rien laisser paraître devant Adeline, lui aussi souffrait de l'abandon constant de leur père. Seulement, au contraire de sa sœur, il avait appris à vivre avec ce vide. Il n'était plus surpris par quoi que ce soit. Dès ses treize ans, il avait compris qu'il devait tout faire pour être le soutien de sa sœur. Il était son pilier. Il devait s'occuper d'elle, comme son père en était incapable. Il en souffrait, mais ce mal-être était devenu une habitude, une béquille qu'il traînait dans le lit de ses différentes conquêtes.

— « Oh, Stephan, tu m'as bavé dessus ? Tu es vraiment dégueu ! »

Dans un rire, il vit sa sœur se réveiller à son tour difficilement et s'horrifier en voyant l'état de ses cheveux. Il arbora un visage innocent. Adeline se toucha elle aussi la tête dans une grimace. Tout en embrassant tendrement sa sœur sur le front, il descendit dans la cuisine préparer le petit-déjeuner. L'odeur des toasts en train de cuire la fit arriver quelques minutes plus tard. Stephan ne put qu'étouffer un rire en voyant les cernes d'Adeline et ses cheveux en bataille. Cette dernière haussa un sourcil tout en s'asseyant sur la chaise de la table de la cuisine.

— « Je comprends mieux pourquoi hier tu t'inquiétais de dormir chez les Weasley, avec Charlie dans les parages. Même un strangulot a meilleure allure ! »
— « Ah. Ah. Très drôle. »

Malgré le sourire que la benjamine affichait, Stephan savait que c'était une des raisons de la fuite d'Adeline. Il y avait bien sûr son sentiment d'abandon et la tristesse que causait l'absence de ses parents, mais aussi cette anxiété de passer des moments dans l'intimité avec Charlie : lui la voyant au réveil, les passages aux toilettes, le soir avant de dormir, leur proximité. Elle avait pris du temps à avouer son attirance et elle se sentait comme emportée comme une vague violente qui s'écrasait sur les rochers depuis.

— « Si tu n'as toujours pas envie d'y aller, nous pouvons rester », commença Stephan en croquant dans son toast de confiture.
— « Tu as envie de passer du temps avec Bill. C'est égoïste de ma part de t'en emp^cher. Charlie va s'inquiéter en plus de ça, si tu y vas sans moi. »

Stephan ne put s'empêcher de sourire d'un air enfantin à l'idée de passer du temps avec son meilleur ami. Il était aussi ravi de voir l'attention qu'Adeline lui portait, et portait dans un sens à Charlie. Tout en l'enlaçant, il la rassura en lui rappelant que c'était seulement jusqu'au 25 décembre, le temps que leurs parents rentrent. À peine eurent-il fini de manger que les enfants Dragonneau montèrent donc préparer leurs affaires. Stephan, ayant l'habitude de dormir chez les Weasley depuis sa première année, fut prêt aussi rapidement qu'un vif d'or, au grand dam de sa sœur. En attendant qu'elle soit prête, Stephan prévint l'assistant de leur père de leur départ pour qu'il vienne s'occuper des animaux fantastiques présents chez eux, comme convenu la veille au soir.

Onze heures sonnaient chez les Weasley quand Stephan et Adeline frappèrent à la porte du Terrier, petite valise en main. À leur arrivée, Molly les accueillit, morte d'inquiétude mais rassurée, de même que Bill qui sourit sincèrement en voyant les Dragonneau main dans la main, près à conquérir le monde. Derrière Bill se trouvait un Charlie qui se dandinait sur place, affichant un air timide. Stephan ne put s'empêcher de s'amuser face à cette situation et retint un fou rire dans sa gorge. Il observa d'un air joueur sa sœur se diriger vers le Weasley qui, à chacun de ses pas, rougissait de bonheur.

Bill en profita pour se rapprocher de Stephan et tous deux regardèrent la scène d'un œil de grand frère. Le premier, bras croisés, l'analysait avec grand sourire. Le second, tout aussi réjoui, grimaça cependant en voyant leurs lèvres se toucher délicatement. Un raclement sortit alors de sa gorge, ce qui donna encore plus de couleurs aux joues de Charlie. Adeline, quant à elle, sourit tendrement au Weasley tout en l'embrassant sur la joue. Pour empêcher son frère de faire une autre intervention, elle décida de s'éloigner avec Charlie, sous le regard protecteur d'un Stephan bougonnant.

— « Bill, je t'adore, mais s'il lui fait du mal, je tue ton frère. »
— « Entre nous je pense que ta sœur à plus de chance de lui faire du mal que l'inverse. »
— « N'en sois pas si sûr. Je ne l'ai jamais vue sourire ainsi. Charlie n'est pas le seul à avoir des sentiments. Mais ça, cela sera pour un autre chapitre de l'histoire. »

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NOTE DE FIN
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Sans grande surprise, si je vous dis qu'une nouvelle fois, je n'ai pas suivi ma trame ? À chaque fois, le sommaire des chapitres se modifie, se rallonge. Je voulais faire entre 15 et 20 chapitres par tome (car oui oui, il y aura un deuxième Tome), eh bien c'est raté ahah.

Bon, c'est un chapitre un peu en douceur. Rien forcement de spéciale, je le conçois. Mais bon, j'en profite pour exploiter un peu plus les personnages de Bill et Stephan vu que nous sommes plus à Poudlard. Certes pas forcement dans leur singularité propre, mais plus par rapport à Charlie et Adeline. D'ailleurs, Adeline reste Adeline. Elle évolue forcement, mais ce n'est pas parce qu'ils sont ensemble qu'elle va oublier, guérir de sa peur de l'attachement.

Sinon, je suis un peu perplexe face à cette idée des quelques jours chez les Weasley (oui c'est mon idée mais bon faut bien qu'à un moment donné, je fasse ce que j'avais prévu :p) vu la relation naissante entre Charlie et Adeline, mais bon, j'avais envie de continuer sur cette lancée de douceur. Après tout, j'ai bien fait 11 chapitres assez compliqué au niveau de leur relation. Ils méritent bien ça non, et vous aussi, un peu de légèreté dans votre lecture pour cette histoire.

J'espère que je ne vous ai pas trop ennuyé avec la description de la maison. Je ne voulais pas non plus trop la détailler, car j'avais peur d'alourdir le texte. Je voulais surtout vous montrer une nouvelle fois leurs passions pour les animaux.

Bonne lecture ! :)