Résumé des chapitres précédents : Adeline et Charlie sortent enfin ensemble depuis à présent une semaine. Mais, au grand dam de Charlie, ils n'ont passé aucun moment ensemble tout les deux depuis. De plus, il s'est beaucoup inquiété lorsqu'Adeline, qui devait dormir chez eux le 22 décembre au soir avec son frère, a décidé de partir. En effet, cette dernière a appris coup sur coup que son père ne serait pas là pour Noël et que sa mère était également partie. Ce fut trop pour la jeune Poufsouffle qui s'est retrouvée seule sur le quai du Poudlard Express. Se sentant triste et abandonnée, elle a préféré rentrer chez elle en mentant à Molly. À son arrivée au Terrier, Stephan, lui aussi inquiet pour sa sœur, est parti la retrouver chez eux près de Loutry Ste Chaspoule. Une fois là-bas, une dispute a éclaté entre eux, suivie de réconfort et de confidences mutuelles. Au matin du 23 décembre, ils ont fini par retourner au Terrier.

UN MOMENT DE TENDRESSE

Dimanche 23 décembre 1990
Le Terrier

La journée était passée rapidement pour nos protagonistes. Molly Weasley avait donné une tâche à faire à chaque personne présente dès la fin du déjeuner. Bill, Charlie et Stephan étant les plus forts, ils furent chargés de dégnomer le jardin. Arthur devait s'occuper avec Ron et Ginny des dernières décorations de Noël. Fred et George, étant punis suite à leurs farces, passèrent leur journée à nettoyer la maison. Enfin, Adeline, Percy et Molly, après avoir fait les courses, s'attelèrent au repas du soir dans la cuisine en préparant des pâtisseries.

L'organisation de sa mère énerva un peu Charlie qui, tout comme à Poudlard, n'avait pu passer aucun moment seul avec Adeline depuis son arrivée le matin même. Dès qu'il le pouvait, Stephan s'amusait à interrompre chaque moment d'intimité entre eux. S'ils étaient assis sur le canapé, Stephan se plaçait entre les deux. S'ils devaient rire, Stephan arrivait une nouvelle fois, rigolant à son tour. S'ils devaient s'embrasser, sans grande surprise, l'aîné des Dragonneau toussait le plus fort possible. Grâce à une conversation dans le jardin qu'il avait eue avec Stephan, Charlie appris cependant que celui-ci était, dans un sens, content pour eux. Toutefois, il restait le grand frère d'Adeline : son côté protecteur prenait le dessus, il ne pouvait s'en empêcher. Avec une petite grimace, Charlie acquit les propos de Stephan qui, lui, promit d'essayer de ne plus trop s'interposer.

Ainsi, le Weasley fut plus que ravi lorsque Bill annonça après le dîner qu'il allait sortir avec Stephan pour profiter un peu de son meilleur ami avant son retour en Egypte.

Suite à cette annonce, Charlie attendit avec impatience le départ des frères aînés. Ronald, son jeune frère âgé de 10 ans, le regardait tout en mangeant un bout de gâteau qu'il avait caché après le repas.

— « Ça veut dire que j'aurai ma chambre pour moi tout seul, ce soir ? »
— « Non, je reviendrai après. Et n'oublie pas : pas un mot à maman, compris ? Sinon, je demande aux jumeaux de transformer tes figurines de Quidditch en araignées, comme ta peluche. »

Les yeux ronds, Ronald hocha positivement la tête tout en protégeant de la main ses figurines de joueurs de Quidditch de son équipe favorie. Avec un sourire fier malgré le chantage, Charlie s'allongea sur son lit provisoire. En effet, dès que Stephan venait dormir, il lui laissait son lit dans la chambre qu'il partageait avec Bill et allait dormir ailleurs. Au départ, c'était avec Percy puisque Ron était encore un bébé à l'époque de la première année de Stephan. Mais, dès que ce fut possible, il décida de s'installer dans la chambre de Ron. Percy n'était pas méchant, Charlie aimait même étudier avec lui. Toutefois, le soir venu, il était bien trop sérieux pour Charlie qui aimait aussi se détendre, rire, veiller tard.

Lorsqu'il fut assez tard pour que ses parents dorment, Charlie descendit délicatement les étages du Terrier pour arriver au premier, devant la chambre de Ginny. Un moment le doute l'envahi alors. Il n'avait même pas prévenu Adeline de son souhait de passer un peu de temps avec elle. « Peut-être ne voudra-t-elle pas ? Peut-être dort-elle déjà, elle aussi ? » réfléchit Charlie en tenant la poignée de la porte, prêt à l'ouvrir. Reprenant sa respiration, le Weasley secoua la tête : il était dans la maison des courageux, après tout !

Avec elle, il se comportait comme un Gryffondor timide, un Gryffondor bégayant, maladroit, pas sûr de lui. Charlie n'était pas ainsi dans la vie de tous les jours. Il était l'attrapeur et le capitaine de l'équipe de Quidditch, le deuxième plus âgé d'une grande fratrie, un dresseur d'animaux difficiles. Sa force de caractère n'était plus à prouver. Mais, en présence d'Adeline, c'était bien autre chose. Même s'il avait réussi à s'imposer quelques fois dans leur relation, il n'y était arrivé que lorsqu'il était en colère contre elle ou quand il avait mal. Quand ce n'était pas le cas, il ne pouvait pas s'empêcher de rougir, d'être anxieux, de sourire amoureusement.

— « Bouse de dragon », pesta t-il contre lui-même devant la porte de sa petite sœur.

Retenant sa respiration, il entra délicatement dans la chambre de Ginny. À peine eut-il fermé la porte derrière lui qu'il entendit une petite voix grommeler :

— « Elle n'est pas là. »

Il rigola doucement en reconnaissant la voix de sa sœur, déposa un bisou sur son front et la laissa se rendormir tandis qu'il descendait dans le salon à la recherche d'Adeline. Comme il le pensait, il la retrouva assise les genoux pliés en deux sur le canapé, en pleine lecture d'un livre, en tenue de pyjama. Adossé contre l'encadrement de la porte, Charlie s'émerveilla instinctivement à cette vision. Quant à Adeline, elle cacha un petit sourire quand elle sentit un regard se poser sur elle. Il était assez évident pour celle-ci de savoir qui était en train de la regarder de la tête au pied.

Le jeune Weasley la trouvait magnifique malgré son apparence des plus classiques : un bas de pyjama ayant des rayures marrons sur un fond beige, un débardeur rouge carmin, accompagné d'un gros gilet en laine crème. Sa tenue n'était pas à proprement parlé la plus raffinée ou la plus belle. Pourtant, Charlie la trouvait malgré tout splendide, la dévisageant sans gêne, ne pensant pas qu'il avait été repéré. La Poufsouffle ne pus s'empêcher de rougir lorsque son regard se leva vers Charlie et qu'elle entendit les pensées de ce dernier.

Une faible lumière illuminait alors le regard d'Adeline, faisant chavirer intérieurement le cœur de Charlie prêt à bondir. Les taches de rousseur de la jeune fille sur ses joues devenaient de plus en plus rosé à chacune des pensées de Charlie. Son débardeur qui mettait malgré elle sa poitrine en valeur. Ses jambes pliées cachaient un peu ses formes au niveau de ses hanches, mais le Gryffondor avait déjà pu de nombreuses fois les voir à Poudlard et il n'eut pas de mal à les imaginer. Noah ne voyait pas ce que Charlie pouvait lui trouver, mais pour ce dernier, il n'y avait pas de personne plus ravissante.

Avec un sourire synchrone, Charlie s'avança pour s'asseoir près d'Adeline et, tout en caressant sa joue droite, l'embrassa délicatement. Elle lui avait tellement manqué. Certes, il avait pu la voir au cours de la semaine, et même pendant la journée, mais, cet instant précis, c'était leur moment. Personne pour les déranger, pour s'immiscer entre eux, pour leur donner une tâche à faire. Juste qu'eux profitant. Adeline répondit favorablement au baiser de Charlie, qui se tourna pour mieux l'embrasser. Doucement, la jeune fille attira Charlie sur elle et il finit petit à petit par s'allonger presque sur cette dernière, sa main droite lui permettant de se tenir tandis que la gauche se trouvait sur la hanche de la jeune fille.

À ce moment précis, il n'était plus le Charlie timide, il voulait laisser parler la part de lui qui n'était qu'un adolescent de dix-huit ans. La Poufsouffle voulait la même chose, tout en essayant malgré tout de se contenir. Depuis son rêve qui aurait pu devenir érotique, elle pensait énormément à cette scène qui n'avait pas encore eu lieu. La durée de leur relation importait peu, du moment qu'ils se sentaient prêts, qu'ils en avaient envie. Si cela devait se passer demain, dans un mois, ou un an, alors soit. « Mais pas ce soir, pas comme ça, pas sur le canapé », se disait-elle. Elle avait déjà couché avec d'autres garçons, tout comme Charlie avec d'autres filles, mais au fond elle, la jeune fille voulait quelque chose d'un peu plus romantique. Par-dessus tout, ils pouvaient aussi se faire interrompre à tout instant par un membre de sa famille, ou bien par Stephan ou Bill rentrant de leur soirée complètement bourrés. Rien de glamour là-dedans.

En sentant les baisers de Charlie se faire de plus en plus passionnés, alternant entre son cou et sa bouche, en sentant sa main qui descendait petit à petit tout en effectuant de légères caresses, en sentant son regard s'attarder sur chaque partie de son corps, elle comprit que cette envie, ce désir, était bien présent du côté du Gryffondor. Lorsque la main de Charlie atteignit les fesses de la jeune fille, il descendit sa tête de son nombril et, sans arrêter ses baisers, remonta son visage tout en enlevant petit à petit le haut de la jeune fille. Un gémissement de plaisir sortit de la bouche de celle-ci, qui stoppa tout de même net les gestes de Charlie.

— « Pardon », lui dit-elle, gênée.
— « Ce n'est rien. C'est à moi de m'excuser, je me suis laissé emporter... », répondit-il tout en reculant, embarrassé.
— « Non, crois-moi, c'est... Charlie, tu n'es pas un Jack pour moi. Je n'ai pas envie qu'on le fasse comme ça, ici. Tu dois me trouver idiote, n'est-ce pas ? » ricana-t-elle nerveusement.
— « Bien au contraire, Adeline. »

Charlie lui sourit tout en l'embrassant à nouveau avec une grande passion. Adeline ne pouvait s'en douter, mais sa phrase avait eu pour conséquence de faire monter l'excitation de Charlie. « Tu n'es pas un Jack pour moi. » Ces mots anodins étaient pour Charlie la signification de bien des choses. Toutefois, respectant la demande de sa copine, Charlie n'alla pas plus loin. Se rasseyant, il la regarda tout sourire. Cette dernière rigola de bon cœur, sans réellement savoir pourquoi. Adeline étendit ses jambes sur celle de Charlie, qui en profita pour y faire des caresses.

— « J'étais en train de lire un ouvrage sur les créatures du lac de Poudlard avant de descendre. Tu ne m'avais pas dit que tu y avais déjà été ? » commença Charlie.
— « Tu voudrais t'y rendre ? »
— « Pourquoi pas. Je n'y suis jamais allé. Ça pourrait être intéressant, enfin d'y aller tous les deux ? » bégaya t-il à la fin.
— « J'y suis allé qu'une fois, mais oui, je suis d'accord. Il faudra que je te montre un autre endroit intéressant, ma valise » murmura Adeline.

Un sourire gêné aux lèvres alors qu'il se grattait la tête, Charlie répondit :

— « Non pas que je trouve tes sous-vêtements inintéressants, mais bon, comment dire... »

Une nouvelle fois, ce fut un rire sincère qui sortit de la bouche d'Adeline, suivi de près par celui de Charlie qui ne comprenait pas réellement les raisons de cette hilarité.

— « Ne soit pas bête, tu connais tout de mon grand-père, n'est-ce pas ? »
— « Je connais deux, trois trucs... »
— « Disons, qu'il m'a légué une valise à lui, qui peut des animaux fantastiques. J'en ramène toujours un peu à Poudlard. »

Les yeux émerveillés de Charlie la regardèrent plus amoureusement que jamais. Il avait eu des doutes, bien entendu, nés des sous-entendus d'Ivy. Toutefois, l'entendre de sa bouche était tel un chocolat coulant d'un gâteau fait maison par sa mère. Une douceur. Une tiédeur. Exquis.

Leur conversation dériva tout naturellement sur les animaux fantastiques, tout en évitant des sujets pour le moment tabous. Adeline ne lui parla pas du projet qu'avait le Weasley de partir en Egypte. De son côté, Charlie tut ses inquiétudes face au départ précipité d'Adeline de la veille. Personne, à vrai dire, n'avait engagé cette conversation avec les Dragonneau. Charlie ne voulait pas brusquer la jeune fille.

Peu de temps après, ils entendirent des rires provenant de l'extérieur et, se doutant de qui en était à l'origine, ils décidèrent de monter ce coucher, ne voulant pas affronter les moqueries de leurs frères respectifs. Ils s'endormirent avec le sourire aux lèvres en se remémorant leur baiser tendre de bonne nuit.

Mardi 25 décembre

Le Terrier

Baillant, s'étirant, Adeline soupira rien qu'à l'idée de sortir de son lit. Elle avait beau entendre le remue-ménage à l'extérieur de sa chambre, Molly réclamant de l'aide à tout va, la Poufsouffle préféra s'engouffrer un peu plus sous la couverture.

C'était Noël.

Elle se disait qu'elle n'avait que des raisons d'être positive, mais un pincement au cœur l'empêchait de voir la lumière. Elle avait beau se remémorer la soirée de la veille, les rires de chacun des membres de la famille Weasley, les regards tendres de Charlie, les yeux joueurs de son frère, elle n'avait pas envie de se lever.

C'était Noël.

Elle avait beau regarder les hiboux à travers la fenêtre, venant et repartant avec des cadeaux, elle n'avait pas toujours pas envie de se lever. Adeline aurait dû se sentir heureuse, rien qu'à l'idée du bon repas qui l'attendait ce midi, des desserts faits maison et des présents l'attendant au pied du sapin. Toutefois, elle n'avait aucune énergie. Aucune envie.

C'était Noël.

D'habitude, la famille Dragonneau passait la journée calmement, sans grandes festivités, dans un silence parfois pesant rompus par ses grands-parents. En effet, ils venaient généralement le 22 décembre, restant quelques jours auprès d'eux, ce qui permettait d'apaiser les tensions entre Stephan et son père. Tensions qui ne faisaient que grandir depuis le départ de leur père pendant six mois, quelques années plus tôt. Le premier Noël où il n'avait pas été là. Cette répétition ne faisait qu'accroître le sentiment de mal-être que les enfants Dragonneau ressentaient.

C'était Noël et Adeline se demandait, inquiète, comment la réunion de la famille Dragonneau allait se passer. Qui pourrait calmer Stephan face à l'abandon de leur père ? Qui pourrait comprendre cette ambiguïté qu'elle ressentait face à son père, cette envie d'être aimé par lui tout en voulant le détester.

Neuf heures trente sonnaient à l'horloge des Weasley et la Dragonneau était toujours allongée dans son lit. À sa plus grande surprise, personne ne vint la chercher. Elle remercia intérieurement son frère qui avait dû comprendre ses troubles, empêchant quiconque, Charlie y compris, de venir la déranger dans ses songes. Toutefois, elle culpabilisa de n'avoir pas aidé les Weasley, alors qu'ils s'étaient montrés si accueillants et bienveillants envers son frère et elle. Elle décida de se lever quelques minutes plus tard et, profitant de la place libre de la salle de bain, se glissa sous l'eau brûlante. Lorsqu'elle en sortit, elle vit Stephan appuyer contre un mur, lui souriant gaiement malgré ses yeux sans expression.

— « Joyeux Noël, ma petite dormeuse. »
— « Joyeux Noël », sourit-elle à son tour.
— « Plus que 2h30 avant le drame », rit faussement l'aîné, faisant grimacer Adeline. « Je voudrais te donner ton cadeau un peu en avance, suis-moi. »

Une fois arrivés dans la chambre de Bill et, provisoirement, de Stephan, ce dernier ferma la porte et sortit deux paquets de sous son lit. Le premier, ouvert sous le rire gai d'Adeline et le haussement d'épaules de Stephan, était un Scrutoscope.

— « Bill pense que c'est un attrape-touriste. Il a sûrement raison, mais je veux que tu l'aies sur toi à Poudlard. Même si Charlie est là maintenant, je préfère que tu saches quand... Enfin... Tu vois. Quand ces débiles de Serpentard pourront revenir. »

Adeline sourit de plus belle. Son frère, d'habitude si sûr de lui, était gêné. C'était la première fois que la jeune fille le voyait ainsi. Il tenait à elle. Il avait peut-être du mal à l'exprimer de manière claire à ce moment précis, mais il n'en avait pas besoin. Elle comprenait mieux pourquoi il avait voulu lui donner ce cadeau sans personne autour. Il lui tendit le deuxième cadeau, qu'elle reconnut rapidement comme étant un miroir à double sens.

— « Comme ça, je pourrai surveiller si Charlie et toi ne faites pas de bêtise », ricana t-il, suivi de près par Adeline qui le frappa gentiment sur la tête.
_ « Merci, Stephan, c'est juste merveilleux. »

**

L'heure du repas avait sonné. Les parents de Stephan et Adeline étaient arrivés, comme si aucune explosion dans la famille n'avait eu lieu, souriant à leurs hôtes et à leurs enfants. Stephan fit même l'effort de saluer leur père pour éviter un conflit en ce jour de festivité, notamment par respect pour la famille Weasley.

Les mets se succédèrent et Adeline gigotait sur sa chaise, guettant la moindre tension, alternant les regards entre son père où son frère. Charlie, l'ayant remarqué et profitant d'être assis à côté d'elle, serra sa main sous la table pour l'apaiser. Toutefois, cette attention discrète n'échappa pas à la mère de famille.

— « Vous êtes mignons, tous les deux, tu ne trouves pas, Alexander ? » demanda Héra à son mari.
— « Hum, si, si. Et donc, vous sortez avec ma petite fille depuis combien de temps ? » demanda-t-il en toisant légèrement du regard Charlie.
— « Papa, s'il te plaît. »
— « J'ai bien le droit de savoir ça, non ? »
— « Depuis le 15 décembre », répondit naturellement Charlie, sans la moindre gêne, gardant même un contact visuel fort avec Alexander.
— « À peine dix jours... À votre âge, généralement, les jeunes ne veulent qu'une chose. Vous attendez quoi au juste de ma fille ? »
— « Ce n'est pas le moment de jouer à cela, Alexander », murmura Héra tout en lui donnant un léger coup de coude. « Ils sont mignons. Point. Charlie est quelqu'un de très bien, en plus », continua Héra tout en souriant aux parents de Charlie.

À peine perceptible, un grognement sortit de la bouche de Stephan qui n'appréciait guère que son géniteur joue au père protecteur et aimant. Adeline savait parfaitement que, pour son frère, Alexander avait perdu ce droit-là suite à ses abandons répétitifs. De nouveau anxieuse, elle caressa du bout des doigts la bague ornée d'un motif de rose bleue que Charlie lui avait offerte, également avant le repas, se doutant que les tensions ne seraient que trop grandes pour profiter convenablement de l'instant.

Toutefois, rien ne se passa et Adeline soupira de soulagement. Elle commença à se dire qu'elle avait réagi de manière excessive. Quand l'heure des cadeaux arriva, tout le monde riait aux blagues des jumeaux Weasley ou à l'impatience de Ronald boudant dans son coin. Oui, un digne tableau de deux familles dont les membres s'aiment les uns les autres. Naturellement, madame Weasley offrit à un grand nombre des personnes présentes un pull fait main. Les parents Dragonneau offrirent de beaux présents aux maîtres de maison. Pour Molly, des graines pour son jardin provenant de France, pour Arthur un livre sur l'histoire des Moldus. Et ainsi de suite. Adeline et Bill offrirent le dernier modèle de balai à Stephan, Adeline offrit un boursouflet à Charlie, Charlie gâta Ron et Ginny de figurines et de peluches.

Quand ce fut au tour des parents d'Adeline d'offrir leurs présents à leurs enfants, la jeune Poufsouffle pouvait se sentit réellement heureuse, assise près de Charlie qui osait même quelques fois l'embrasser malgré le regard désapprobateur d'Alexander. Stephan, quant à lui, appréciant l'effet que cela avait sur son père, ne disait pour une fois rien. Elle, assise près de sa famille, tous présents, profitant de ce moment.

Malheureusement, cette histoire ne raconte pas un joli tableau avec des trolls et des sorciers buvant gaiement un coup de bièraubeurre. Un brin émus, Héra et Alexander Dragonneau tendirents une boite à chacun de leurs enfants. En l'ouvrant, ils purent apercevoir un écu resplendissant. Il était de forme anguleuse, avec un sommet prolongé en cornes horizontales*. Un « D » était gravé en lettres d'or tandis qu'un hippogriffe l'entourait de chaque côté.

— « Je vous présente l'écu de la famille Dragonneau. Voici une partie de notre héritage. Vous êtes tous les deux dignes de ce présent. Je n'ai aucun doute que vous ferez passer les animaux avant toutes choses, que vous les aiderez quoi qu'il arrive. Vous les protégerez. Tout comme votre grand-père, ou votre mère et moi. »

Alexander Dragonneau souris d'un air fier. Adeline l'embrassa tendrement sur la joue de bon cœur. Stephan, quant à lui, prit à son tour l'écu qu'il rangea rapidement. Ses parents attendirent une réaction de sa part, mais il ne fit rien, il toisa seulement du regard son père et partit sans un mot dans le jardin.

— « Je vais aller le voir », reprit le père Dragonneau.
Une dispute éclata violemment au fond du jardin des Weasley. Ces derniers, ainsi que les membres restant de la famille Dragonneau, se figèrent en entendant les cris ici et là. Les reproches d'un petit garçon à son père d'avoir effectivement fait passer les animaux avant sa famille. Oui, ce n'était pas l'homme qui en voulait à son père, mais le Stephan de 13 ans.

— « Comment peux-tu être fier d'avoir abandonné ta famille et de conseiller à tes propres enfants de faire de même ? »

Chacun comprit en n'entendant pas les réponses d'Alexander que ce dernier répondait calmement à son fils. La rage était du côté de Stephan, un rage si forte qu'elle avait fini par exploser avec une goutte d'eau de trop. Puis, d'un coup, il n'y eut plus un bruit. Héra décida alors de réagir. Adeline avait mis un point d'honneur à ne pas écouter les pensées de ses proches, toutefois elle ne put s'y empêcher en croisant le regard de sa mère. Elle entendit alors qu'Héra ne voulait pas prendre le risque de prendre parti pour l'un ou pour l'autre, partagée entre l'amour que porte une mère à son fils et l'amour qu'elle portait à son mari. Elle avait peur de rajouter du bois à ce feu brûlant depuis bien trop longtemps.

Malgré son jeune âge, la petite Ginny avait senti la tension émanant autour d'elle et entreprit de fredonner un air de Noel, suivie de près par sa famille. Charlie en fit de même tout en enlaçant Adeline. Cela dura quelques minutes avant qu'Adeline n'entende un plop, annonçant que quelqu'un venait de transplaner. Peu de temps après, les parents Dragonneau rentrèrent et un silence de plomb régna de nouveau.

— « Merci de votre hospitalité », commença Alexander, « mais nous devrions y aller. C'est toujours agréable de venir chez vous, vous avez une très jolie famille », dit-il en s'adressant à Arthur et Molly Weasley.

Héra remercia également ses hôtes et, avec un sourire triste, Adeline prit sa petite valise pour disparaître quelques instants plus tard avec ses parents.

C'était Noël et, malgré l'humeur gaie qui aurait dû régner, Adeline se coucha morose. Stephan avait décidé d'aller vivre quelque temps chez l'une de ses petites-amies et elle se retrouva sans aucun appui dans cette grande maison. Elle se réconforta en se disant qu'au moins ses parents ne s'étaient pas disputés, elle avait même cru voir un sourire fier chez son père malgré ses larmes aux yeux. Oui, c'était Noël et, tout en regardant la montre à gousset qu'Harmony lui avait offerte, elle compta les heures pour finir avec cette journée, ne souhaitant que revenir aux moments de tendresse qu'elle avait pu passer ces derniers jours.

_

NOTE DE FIN
_

Hum ouais peut-être que certaines scènes peuvent vous paraitre rapide entre Charlie et Adeline. Mais pour moi, je trouve ça assez crédible que deux ados de 17 et 18 ans laissent parfois leur pulsion parler. Pour moi le temps dans une relation ne signifie peu de chose, du moment que chacun est consentant, en a envie, se sent prêt, je ne vois pas le soucis. Comme j'ai d'ailleurs pu l'expliquer dans le chapitre. Alors oui parfois il y aura des scènes un peu explicite sur les intentions de chacun. Même si j'écris, quand même je trouve, de manière très soft. J'espère que cela ne vous gène pas, et on oublie pas les gens qu'on soit sorciers, moldus, troll (bah quoi eux aussi voyons), on se protège !

J'ai énormément bloqué sur la partie avec le repas de famille, donc s'il vous plait soyez indulgent ahah. L'OS n°2 où j'ai bloqué dû à la présence du père pourra aussi vous éclaircir un peu plus sur la relation, ou la conséquence de l'absence du père sur les enfants Dragonneau.

Aussi Noël oblige, il y a pas mal de passages sur les cadeaux, un peu rébarbatif selon moi, mais d'un côté un peu obligé aussi. J'espère que cela ne vous a pas trop ennuyé.

Enfin, suite au confinement j'ai décidé de ne pas attendre une semaine, ou deux semaines entre les chapitres. Si je dois l'avoir terminer même dans deux jours je le mettrai en ligne (oui bon ok dans deux jours ça n'arrivera pas mais vous voyez ce que je veux dire). Tous simplement, car si vous avez envie de lire des fanfictions, de vous évader, alors si je peux vous aider à le faire, je le ferai.

* merci Wikipédia.