Résumé des chapitres précédents : Adeline ainsi que Stephan sont allés quelques jours chez les Weasley suite au départ de leur père puis de leur mère. Mais lorsque leurs parents sont arrivés pour le repas de Noel, tout s'est enchaîné assez rapidement et, malgré un déjeuner passé dans la bonne humeur, un conflit a éclaté entre Alexander et Stephan. Ce dernier a décidé de partir et n'a donné aucune nouvelle depuis. Adeline, en rentrant chez elle, s'est sentie plus seule que jamais. La veille du retour à Poudlard, après avoir ignoré ses amis et Charlie, elle a décidé de répondre à leurs lettres, très rapidement, ce que Charlie n'a pas apprécié. Après l'avoir cherché pendant deux heures peu de temps après leur arrivée à Poudlard, il l'a retrouvée pensive dans le hangar à bateaux. Avec une question sous-entendue, il lui a fait comprendre qu'elle devait arrêter d'agir ainsi : s'éloigner, ne donner aucune nouvelle, l'ignorer. Une mise en garde qu'Adeline a compris. Cette dernière a d'ailleurs de plus en plus du mal à accepter ce qu'elle ressent pour Charlie, préférant taire ses envies au Weasley.

LE TENTATION DE LA FLAMME

Jeudi 21 février 1991

Poudlard

Ébloui. Des larmes de bonheur aux yeux. Charlie avait les jambes qui tremblaient à chacun de ses pas, ce que n'avais pas manqué Adeline qui l'observait avec un sourire aux lèvres, ravie de voir l'effet que cela procurait au Weasley.

— « Ton grand-père est un génie. »
— « Oui, je sais, on me le dit souvent », rigola t-elle doucement.

Charlie admirait l'étendue qui se présentait devant lui. Il était à l'intérieur de la célèbre valise de Norbert Dragonneau. Suite aux ennuis qu'elle avait pu causer aux Etats-Unis, il avait toujours pensé que ce grand magicien avait arrêté de l'utiliser. Si cela était peut-être la vérité aujourd'hui, ce n'était pas le cas de ses héritiers à qui il avait offert la copie exacte de la sienne. Charlie pouvait sentir le vent chaud provenant de la savane sur ses épaules, la brise glaciale de la zone enneigée sur ses chevilles, l'humidité de la zone forestière sur ses mains devenues moites.

— « Comme tu t'en doutes, je n'ai pas le panel des créatures de mon grand-père ici. Elle me servira surtout plus tard, tout comme mon père. Il ramène d'ailleurs parfois des créatures dans une valise de ce genre. Nous ne prenons bien entendu que les créatures en danger d'extinction, mal-menées ou que nous devons ramener chez elles. Nous les laissons, sinon, libres. Notre famille veut protéger et aimer les animaux, pas les enfermer dans une cage dorée. »

Tandis qu'Adeline continuait son discours sur la valise et son objectif, ce fut au tour de Charlie de l'observer. Des efforts, elle en avait fait ces dernières semaines. Elle ne prouvait peut-être pas par les mots l'affection qu'elle avait pour lui, mais elle le faisait dans les gestes du quotidien.

Au début, le Gryffondor était encore au fond de lui en colère contre elle. Mais, en la voyant, le matin, l'attendre devant la Grande Salle pour lui dire bonjour, en la voyant le regarder, quand le temps le lui permettait, lors des entraînements de Quidditch malgré son indifférence pour ce sport, en la voyant lui sourire en cours, en voyant ce regard qu'elle avait eu lors de la Saint-Valentin, si profond, intense, sa colère avait bien vite diminué et, à son tour, il était devenu de plus en plus conciliant face à la solitude que la jeune fille demandait parfois. Il savait très bien qu'il ne pouvait pas la changer entièrement et, d'un côté, il n'avait pas envie de la changer. Il était tombé amoureux de cette fille-ci et non de l'Adeline qu'il aurait aimé qu'elle soit. Il devait l'accepter avec ses qualités et ses défauts.

— « Charlie, tu as l'air ailleurs, ça va ? » demanda Adeline.
— « Je pense que je ne pourrai jamais aller mieux qu'à cet instant. Tout ça. Toi. C'est merveilleux. »

La Poufsouffle ne lui répondit qu'avec un sourire et des joues devenant roses. Une fois qu'Adeline eut déposé Loki son Botruc sur le bonsaï, elle fit visiter l'intérieur de la valise. Comme elle avait pu le mentionner à Charlie, celle-ci n'était que peu remplie. Depuis le début de l'année, elle avait rajouté d'autres botrucs pour que Loki ne sente pas seul, ainsi qu'un petit groupe de Boursouflet dont elle s'occupait de l'élevage.

Pris d'un élan amoureux en contemplant une partie de la vie d'Adeline, Charlie ne pus s'empêcher de l'embrasser vivement, mains contre le dos de la jeune fille pour la rapprocher encore plus.

— « Bande d'abrutis remplis d'hormones ! Allez faire ça ailleurs ! »
— « Je te présente Harold », rit Adeline.

Les yeux ronds, Charlie écouta les grossièretés sortant de la bouche de cette créature.

— « Un Chartier, de caractère très aimable comme tu peux le voir. Il est rentré dans ma valise sans que je m'en aperçoive avant la rentrée de janvier. »
— « Qu'il est idiot, ce rouquin, à me regarder comme ça ! Déguerpissez de mon terrier avant que je vous mordre ! »

Tout en s'esclaffant, la jeune Dragonneau priy la main de Charlie, toujours ébahi de voir pour la première fois un Chartier, et le ramena dans la petite cabane à l'entrée de la valise. Dans celle-ci, le Weasley pouvait voir des potions, de la nourriture pour les animaux, des plantes. Un petit sourire triste s'afficha sur le visage de sa copine lorsque son regard s'égara vers le lit simple placé dans un coin de la pièce. Il n'eut alors pas de mal à comprendre que ce lit n'était pas présent en réalité dans la valise de Norbert. Adeline avait dû le rajouter pour s'y réfugier de temps en temps.

— « J'y viens parfois quand dehors c'est un peu trop... Pesant », dit-elle en s'asseyant sur son lit.
— « Adeline Dragonneau, aurais-tu lu dans mes pensées ? » fit mine de s'offusquer Charlie pour apaiser sa petite-amie.
— « J'aimerais bien, mais tu progresses trop à mon goût en occlumencie », sourit-elle en prenant toutefois une mine faussement énervée.
— « Tu sais, je comprends, cette envie que tu as de venir ici, te ressourcer, te reposer. C'est juste incroyable. Mais quand tu te sens seule, dis-toi que tu ne l'es pas. Plus maintenant. Enfin », bégaya t-il, « ce que je veux dire, c'est que je serai toujours là pour toi, en toute circonstance. »

Un rire sortit de la bouche d'Adeline, tandis que Charlie rougissait tout en se grattant la tête, gêné. Malgré leurs quelques mois ensemble, il lui arrivait de bégayer quand il parlait de ce qu'il ressentait ou lorsqu'il n'était pas confiant face à la réaction d'Adeline.

— « Quand vas-tu arrêter de bégayer ? »
— « Quand j'arrêterai d'être attiré par toi, d'avoir constamment envie de t'avoir près de moi. »

Il lui avait répondu en contrôlant sa timidité, tout en la regardant droit dans les yeux. Dire qu'il avait envie seulement de l'embrasser était un euphémisme. De même pour Adeline. Cette passion qu'ils pouvaient lire dans leurs yeux, cette envie ne s'était pas éteinte depuis ce moment de tendresse au Terrier. Même s'ils avaient réussi à être seuls depuis, que ce soit en cours, dans la salle sur demande ou dans la forêt, ils ne s'étaient jamais retrouvés réellement que tous les deux, dans un endroit ainsi, où personne ne pouvait venir les déranger.

Poudlard était grand, mais ses élèves étaient aussi nombreux qu'un groupe de centaures. Dans presque chaque coin d'intimité de ce haut lieu, ils finissaient toujours par retrouver un couple ou une personne. Ils auraient pu assouvir ce désir dans la salle sur demande, comme chacun des deux protagonistes avaient pu le faire avec leurs précédentes relations ou coup d'un soir. Mais l'anxiété de se faire prendre était présente à chaque fois. Pour leur première fois, ni l'un ni l'autre ne voulait avoir cette excitation de l'interdit. Ils voulaient avoir seulement l'excitation du moment, prendre leur temps, regarder avec tendresse chaque partie du corps de l'autre, prendre le temps de le caresser, de le mémoriser.

En cet après-midi, ce temps, ils l'avaient. Leur cours suivant ne débutait pas avant plusieurs heures. Alors Charlie et Adeline se regardèrent, se demandant si l'autre en avait envie. Ce n'était pas une conversation qu'ils avaient déjà eu l'occasion d'avoir, alors le doute persistait malgré les regards explicites.

Adeline, de son côté, n'osait entamer cette discussion car elle était une fois encore guidée par la peur. La peur que ce moment ne révèle trop de choses au niveau de son attachement. Peur aussi de le décevoir. Lui qui l'idolâtrait tant, serait-il déçu en la voyant aussi vulnérable, nue devant lui ? Elle n'avait pas un corps des plus athlétique, des formes aussi agréables que ces femmes dans les films et les magasines, et, sur ses jambes, la puberté avait laissé des vergetures. Lui qui la trouvait belle, continuerait-il à le penser après ?

Charlie avait peur en somme pour les mêmes raisons. Il avait peur de s'attacher, de l'aimer encore plus après ce moment. Peur que tout ceci s'envole un jour derrière un écran de fumée.

Était-ce raisonnable de céder à la tentation de la flamme ? À ce désir ardent que tous les deux ressentaient ?

Ils restèrent ainsi de longues minutes, à se regarder, à essayer d'analyser l'autre. Sentant qu'Adeline essayait de lire dans ses pensées, Charlie rompit le silence et alla s'asseoir auprès d'elle.

— « Qu'aimerais-tu entendre ? »
— « Je ne vois pas de quoi tu parles, je t'ai promis de ne plus lire dans tes pensées... »
— « Adeline, s'il te plaît, pas de mensonges. »
— « À vrai dire, je ne sais pas », répondit-elle après un temps de réflexion.
— « Heureusement que j'ai précisé pas de mensonge. »

Une fois encore, Charlie soutint son regard et ce fut elle qui décida de baisser les yeux. Elle n'avait ni ce courage caractéristique de la maison Gryffondor ni la ruse des Serpentard pour se sortir de cette conversation, encore moins la sagesse pour y répondre sans maladresse. Elle n'avait pour elle que la loyauté et l'honnêteté de sa maison. Lui mentir, elle détestait ça. Ce n'était pas dans sa nature première, elle ne le faisait que pour se protéger. Mais là, elle savait au fond d'elle qu'elle était plus en sécurité qu'elle ne l'avait jamais été. Alors, tout en soupirant et en commençant à jouer avec ses mains, Adeline finit par répondre :

— « J'ai peur... »
—« Moi aussi, tu sais », répondit instinctivement Charlie. « J'ai peur tous les jours. Tu es imprévisible et impulsive. Au fond de moi, j'ai cette petite voix qui me met en garde, car ma crainte c'est que tu te réveilles un matin et que tu te rendes compte que je n'étais qu'un passe-temps pour toi, une peluche que tu prends juste pour te consoler pour la laisser au loin dans un coin, la minute suivante. »
— « Tu vas dire à cette voix que si elle ose te dire ça de nouveau, je l'envoie faire un tour dans le lac de Poudlard. Charlie, tu comptes pour moi, je t'assure. Je pensais que depuis la rentrée je te l'avais suffisamment prouvé ? J'ai fait toutes ces choses car j'avais envie de le faire, d'être avec toi. Je ne veux pas te perdre. J'ai toujours tendance à revenir vers toi quand tu t'éloignes et mon temps de réaction est certes un peu long, mais je reviens car je tiens à toi. »

À ce moment précis, il eut envie de l'embrasser, l'embrasser comme il ne l'a jamais fait auparavant. Malgré tout, il se retint : il s'était confié à elle, il voulait maintenant qu'elle lui fasse assez confiance pour faire de même. Avec un regard, la jeune fille comprit et se tripota encore plus les mains sous le sourire de Charlie. Ce n'était pas un sourire de moquerie, mais pour une fois, il appréciait que ce ne soit pas lui qui soit timide en la présence de l'autre. Alors elle lui avoua tout. Tout ce qu'elle pouvait ressentir, son envie parfois de dormir avec lui, la peur qu'il ne la désire plus, qu'il l'abandonne un jour ou qu'elle le déçoive, son attachement progressif et la crainte que cela lui procurait. Tout. Tout ce qu'elle avait pu penser à son égard.

Le Weasley écouta attentivement les paroles d'Adeline. À la fin de son monologue, il mit une de ses mains sur celles de la jeune fille qui tremblaient face à ses confessions. Un geste d'affection pour la rassurer. Tendrement, il finit par l'embrasser. Finalement, dans un sens, il n'avait pas succombé réellement à la tentation de la flamme, il avait juste succombé à la tentation de l'amour. Celui qui le poussait à réconforter sa bien-aimée, à lui prouver que sa peur n'était pas fondée. Il l'aimait. Il la trouvait belle et il voulait lui montrer.

Tout en fermant les yeux, Adeline se laissa faire profitant de chaque baiser de Charlie. Ils furent d'abord doux, puis au fur et à mesure, la passion commença à prendre le dessus sur nos deux protagonistes. Très rapidement, comme au Terrier, Charlie finit par arriver sur elle, alternant ses baisers entre son cou et sa bouche. Alternant entre des caresses sur ses bras et le bas de son dos. Leur respiration devint de plus en plus forte. Attendant le consentement d'Adeline qui lui donna dans un signe de tête, il retira le haut de la Poufsouffle puis le sien qu'il jeta à terre sans s'en soucier. À ce moment précis et voyant la rougeur apparaître sur les jours de sa petite-amie, il lui sourit tendrement tout en l'embrassant délicatement. Les mains de la jeune fille caressèrent le torse et les bras de Charlie légèrement musclés par le Quidditch. Même s'il aimait ce contact, Charlie essaya de contenir son excitation grandissante pour s'occuper d'elle.

Il voulait lui faire plaisir, lui enlever toute cette peur. Alors il l'embrassa ici et là, la caressa, la mordilla légèrement, sous les gémissements de plaisir d'Adeline qui se faisaient de plus en plus fort. Alors qu'il lui retirait sa jupe et son collant, elle lui retira son jean. Une fois encore, tous deux prièrent le temps de se regarder et d'apprécier ce doux contact, cette vision de leur attachement. Ils en firent de même quand quelques instants plus tard, ils se retrouvèrent nus tous les deux. Ni l'un ni l'autre ne sut contenir la rougeur apparaissant sur leurs joues. Cette rougeur était autant due à une excitation réciproque qu'à la timidité d'être ainsi et la gêne de leur première fois. Ils avaient appris à se connaître dans leur caractère et, aujourd'hui, ils apprirent à se connaître dans un tout autre domaine. De ce fait, Charlie, ne brusqua rien, malgré son envie évidente, il prit le temps d'entendre ce que la jeune fille aimait ou non, d'essayer de reconnaître ses points sensibles par ses crispations. Adeline en fit de même et ce fut au tour de Charlie de gémir de plus en plus bruyamment. Peu de temps après, caressant le point sensible de la majorité des femmes qui est le clitoris et la sentant se cambrer davantage de plaisir, ils décidèrent d'un regard que cette douce torture avait assez durée. D'un geste de baguette, Charlie protégea son anatomie, et dans un geste doux, commença ses va-et-vient.

Quelques minutes plus tard, Charlie et Adeline, transpirant, reprenant leur souffle, étaient allongés l'un à côté de l'autre. Sans un bruit. Chacun des deux voulait garder en mémoire ce moment. Ce moment qui n'avait été qu'à eux. Un moment rempli de sincérité, de tendresse, de tentation. Paisiblement, Adeline entrelaça une des mains avec celle de Charlie, voulant sentir encore une fois leurs peaux collées.

Le jeune Weasley dut se retenir de ne pas dire ces mots, ces mots qu'il ressentait bien plus encore désormais. « Je t'aime. » Ne voulant pas gâcher cet instant, il préféra l'embrasser de nouveau, tout en gardant sa main dans la sienne.

Il avait déjà fait l'amour à d'autres filles, certaines fois sans ressentir quoi, ce soit. Aujourd'hui, il pouvait sentir la différence au plus profond de son être. Aujourd'hui, il venait de faire l'amour à une personne qu'il aimait réellement. Sans qu'il s'en doute, Adeline pensa la même chose. Sa peur, elle l'avait encore, mais étonnamment elle était à présent heureuse de la ressentir. Pendant tout ce moment, Charlie n'avait fait que de la regarder avec des yeux pétillants de douceur et d'admiration. En effet, malgré ce que certains auraient pu considérer comme un défaut de l'apparence, Charlie ne voyait que le signe de la beauté du corps, de la beauté d'Adeline Dragonneau.

— « Alors, les amoureux, où vous étiez ? » demanda Noah en faisant un clin d'œil à Charlie qui arrivait avec Adeline à leur cours d'Astronomie.

Charlie, tapa gentiment la tête de son ami, tandis que Noah l'informait qu'il aurait pu au moins se recoiffer. Le Gryffondor ne put s'empêcher de sortir un petit rire et s'installa près de son ami. Commença alors une discussion entre les deux amis, qui ne remarquèrent pas dans l'état dans lequel se trouvait Adeline. « Les amoureux. » Si, juste après l'acte, elle était heureuse de ressentir cette peur, ce n'était plus le cas maintenant. Elle comprit que c'était juste l'euphorie du moment. Adeline ressentait certes des choses pour le Weasley, cependant, elle n'était pas encore à cette étape-ci et elle voulait prendre son temps. Ne rien précipiter.

— « Calme-toi, Adeline », lui murmura Harmony qui venait à son tour d'arriver. « Il a dit ça en rigolant. Respire. Personne ne te demande de l'aimer tout de suite. Prends ton temps, il comprendra, j'en suis sûre. Puis, tant qu'il ne t'a pas déclaré sa flamme, considère que vous avancez au même rythme. »

Adeline remercia son amie qui venait, sans le savoir, d'éviter une autre crise à son couple, du moins pour l'instant. Elle reprit le contrôle de sa respiration qui était devenu saccadée et débuta elle aussi une conversation avec son amie qui lui demanda tous les détails, sous l'œil parfois stupéfait de certains élèves.

Mardi 5 mars

Poudlard

La flamme. Quoi qu'il arrive, même si nous reprenons nos occupations, nous finissons toujours par nous brûler. La flamme de la tentation. La flamme d'un désir intense.

Après leur première fois, ils recommencèrent dès qu'ils le purent. Encore et encore. Charlie, contrôlant à chaque fois son envie de prononcer les mots qu'il avait en tête. Mais, un jour, il ne sut se maîtriser. Dans un élan de bien-être, lorsqu'il atteignit le point culminant de leur acte, scindé par un orgasme, il ne réussit pas à contrôler sa pensée, sa langue.

— « Je t'aime. »

Boum. Boum. Boum. Le temps s'arrêta. Boum. Boum. Boum. Ce furent les seuls bruits que tous les deux purent entendre, le battement de leurs cœurs. Ça aurait du être un moment romantique, rempli de réciprocité et de tendresse. Toutefois, ce fut bien le contraire. Dans un bond, Adeline se rhabilla à la hâte bafouillant, marmonnant des paroles que Charlie ne put entendre.

— « Je suis désolé, je n'aurai pas dû dire ça », murmura-t-il Charlie en se rhabillant à son tour.
— « Si, bien sûr que si. Tu le penses, Charlie. Je le savais, du moins, je m'en doutais », répondit Adeline de manière vive, embarrassée. « Ça ne fait que trois mois qu'on sort ensemble, Charlie, je... »
— « Je sais, Adeline », la coupa-t-il légèrement vexé. « Tu as peur. Tu ne penses pas », reprit-il après un moment de pause, « qu'à un moment donné il faudrait arrêter d'être effrayée par tout ça ? Je te signale qu'à cause de cette peur que vous avez dans votre famille., ton frère n'est pas rentré chez toi depuis décembre, il a préféré louer un petit studio car vous êtes traumatisé par cet attachement. Vous vous vous empêchez d'aimer. Vous vous l'interdisez même. Ça en devient ridicule », finit-il par soupirer.
— « Ne mêle pas mon frère à ça, s'il te plaît. Tu sais bien que je tiens à toi, que tu comptes pour moi. »
— « Parfois, j'ai l'impression que tu me parles, comme si, on était amis. Tu pourrais dire la même chose à Harmony, ou même à Jack ! Surtout à Jack », grimaça t-il à la fin.
— « Là, c'est toi qui deviens ridicule »

Une dispute éclata en deux-deux. L'un, vexé dans son orgueil, voulait croire que la jeune fille aurait compris depuis le temps qu'elle n'avait aucune raison de s'empêcher de vivre. L'autre, attristée, pensait que Charlie la comprenait. Le mettre mot de sa pensée : la peur. La peur que Charlie lui demande en retour ses mots. Mots qu'elle n'était pas prête à dire. Mot qu'elle ne voulait pas dire. Le Gryffondor la toisa légèrement du regard. Comment pouvait-elle lui dire ses simples mots en apparence, alors que leur relation était pour elle que récente ? Il y a peine trois mois, ils échangèrent leur premier baiser et depuis elle apprenait à le connaitre. Tandis que lui, dans l'ombre de sa maladresse, le faisait déjà depuis bien des années. Ne comprenait-il vraiment pas, que c'était trop lui demander ?

— « C'est tout ce que tu as dire Adeline ? Que je suis juste ridicule de penser ça ? » répliqua Charlie sur le ton d'une lassitude.

Puis la brûlure de la flamme s'accentua avec une phrase, une simple phrase.

— « Je tomberai amoureuse de toi lorsqu'il neigera au printemps », s'énerva Adeline. « Tu n'es qu'un imbécile, Charlie Weasley, un imbécile qui veut toujours forcer les choses. Navrée de n'avoir pas eu une enfance aussi heureuse que la tienne », continua t-elle, les larmes lui montant aux yeux.

La voyant ainsi, Charlie essaya de se calmer. Il n'avait pas envie de se disputer avec elle, il ne voulait pas que leur première dispute en tant que couple soit due à ces sentiments qu'il savait être pour le moment non réciproques. Cette phrase l'avait bien entendu blessée, il aurait dû la repousser, partir en claquant la porte. Toutefois, il n'avait pas non plus envie qu'elle aille se réconforter dans les bras d'un autre. Alors reprenant sa respiration et malgré une colère bien présente, Charlie se racla la gorge et répliqua :

— « La neige, belle et pure, tout comme toi », dit-il d'une voix douce, sous l'œil étonné d'Adeline. « Autant arrêter cette conversation là », reprit-il après quelques secondes. « Calmons-nous de notre côté et on en reparlera. On ne va faire qu'envenimer les choses, sinon. Puis, de toute façon, je dois y aller. »

Elle n'eut pas le temps d'exprimer ses regrets que Charlie était sorti de la valise. Elle n'était pas énervée contre Charlie qui n'avait fait qu'exprimer ses sentiments. Adeline était en colère contre elle-même. Il avait raison et elle le savait. Même si son frère avait mis fin à son long mutisme, sa dépendance, sa recherche d'affection, ne faisait qu'empirer au fil des jours depuis Noël. Ils avaient un réel problème, un problème qu'elle seule pouvait régler.

Ainsi, regardant l'heure qui tournait et ne voulant pas perdre Charlie, elle prit ses affaires et se dirigea vers le terrain de Quidditch tout en regardant le soleil se baisser peu à peu. Assise sur un banc à la sortie des vestiaires, elle attendit patiemment jusqu'à vingt heures, le temps que l'entraînement des Gryffondor se termine.

— « Qu'est-ce qui s'est passé ? » entendit-elle à un moment. « Tu avais l'air énervé sur le terrain et une seule personne arrive à te mettre dans cet état. »

Reconnaissant la voix de Noah, elle n'eut pas de mal à comprendre qu'elle faisait l'objet d'une discussion. Prenant les devant, avant que le Weasley n'ait pu répondre, elle décida d'entrer dans les vestiaires puis répondit :

— « Il s'est passé que j'ai été une idiote Noah, et j'en suis désolée. »
— « Adeline Dragonneau s'excusant devant un grand public. Il va neiger », ricana le Gryffondor.
— « Justement, c'est ce que j'aimerais », murmura Charlie.

Calmement, Adeline prit la main de Charlie pour l'emmener sur les gradins, profitant d'une soirée agréable qui annonçait la fin de l'hiver.

— « Je suis fatigué, Adeline, je n'ai pas envie de me disputer avec toi. »
— « Moi non plus. Je n'aurais jamais dû dire ça. J'ai paniqué et j'ai très mal réagi. »

Charlie ne sut si c'était son entraînement ou bien la réaction d'Adeline, mais il sentit qu'il portait un poids en moins sur ses épaules. En quittant la valise, il avait pensé qu'elle allait l'ignorer comme elle avait déjà pu le faire auparavant. Finalement, elle l'avait attendu et, dans un sens, elle reconnaissait ses fautes. Soulagé et étonné face à se retournement de situation, il ne put s'empêcher de sourire.

— « Tu sais, certains boursouflet peuvent chanter le lendemain de Noël, le tiens que tu m'as offert l'a fait. C'était vraiment beau. Je n'avais jamais entendu rien de tel. Il suffit juste de tendre l'oreille, d'être patient, et il chantera. Alors je vais t'appeler mon petit boursouflet maintenant, car quand tu seras prête à me dire ses mots, quand tu le penseras, pour moi cela sera la plus belle des mélodies »

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NOTE DE FIN
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A travers mes écrits, j'aime parfois, laissé une morale, ou simplement des faits, une réalité des choses. Ici vous l'aurez compris, il y a ce passage où les personnages ont peur tous deux de faire l'amour. On peur car surtout côté Adeline, son corps n'est pas un copier / coller d'un magasine utilisant photoshop à tout va. La société véhicule des images de perfection (notamment avec l'hyper-sexualisation), ainsi je voulais montrer ici, que la perfection n'est pas une norme, une règle. Ce n'est parce-que vous ne faites pas X en poids, ou que vous mesurez pas X, que vous ne l'êtes pas, parfait. Si vous avez un ou une partenaire, a ses yeux, vous l'êtes déjà surement malgré vos imperfections, du moins ce que la société considère comme tels. En gros ? Aimez-vous. Bref voila. Maintenant parlons du chapitre ahah.

Je dois dire que j'ai beaucoup hésité à garder ou pas le passage de leur première fois ensemble. Je préfère laisser faire l'imagination. Ainsi, même si parfois, j'ai un peu détaillé, j'ai décidé de me concentrer sur ce que ressentais les personnages, leur émotion par rapport à ça.

Une fois encore, cher lecteur, on n'oublie pas que tout comme eux : protégez-vous !

Hormis cela, je ne pensais pas que je ferai presque un chapitre entier sur la valise, leur première fois. Tout comme le chapitre précédant, je me suis laissé un peu importé par l'écriture. Résultat il y a un petit contraste vers la fin. Mais je me devais de respecter le prologue de ce tome. Ainsi nous attaquons donc la dernière partie du tome I. Si ça continue comme ça, je vais l'avoir presque terminé pendant le confinement.