Résumé des chapitres précédents : Adeline et Charlie, leur bonheur résonnant au début du dernier chapitre, ont exploré la valise magique de la famille Dragonneau et, pour la première fois, succombant à la passion, ils ont fait l'amour. Tous les deux se sont confiés sur la peur que cela leur procurait. Toutefois, un petit feu de guerre s'est profilé à l'horizon quand, quelques jours plus tard, pendant un énième acte, Charlie n'a pas réussi à se contrôler et a sorti un "Je t'aime " à Adeline. Une dispute a éclaté entre les deux. Finalement, tout s'est bien fini puisque chacun a reconnu ses torts. Aussi, dans le chapitre 10, Ivy a sous-entendu que Charlie n'était pas le seul à être jaloux de Jack Callum, plan cul pendant un moment d'Adeline et meilleur ami d'Harmony : Noah avait l'air d'être attiré par Harmony dès le chapitre 4.
TEL L'AMORTENTIA
Mercredi 13 mars 1991
Londres
Un jeune garçon se réveilla au côté d'une fille, ses cheveux blonds d'habitude lisse en bataille suite à la nuit agitée qu'ils avaient passé. Comme à son habitude depuis plusieurs semaines, il prit le temps de l'observer, un léger rictus aux lèvres. Ses yeux fermés cachés de beau iris vert pomme. Ses formes de femme joliment proportionnées dissimulées par la couverture. Les traits qui bordaient ses yeux, signe de la fatigue malgré son sommeil toujours ininterrompu. La tache de naissance sur son bras. Stephan Dragonneau connaissait désormais toutes les caractéristiques de son corps. Gabrielle Autumn, ancienne Gryffondor, ancienne petite-amie. Gabrielle, celle qui avait fait battre son cœur en sixième année à Poudlard, celle qui le lui avait brisé ensuite, renforçant encore plus sa conviction que l'attachement n'était qu'une source de souffrance.
Tout en la lâchant du regard, Stephan se tourna de côté pour ne plus la voir. Toutefois, à sa gauche, il aperçut une lettre de sa sœur qui lui expliquait ce qu'elle avait ressenti quand Charlie avait mis les mots sur ce qu'il ressentait. Soupirant, Stephan se trouvait bien idiot à ce moment précis. Il avait conseillé pendant des semaines, des mois, à sa sœur de s'autoriser à vivre, de s'autoriser à aimer. Alors qu'en ce moment précis, lui-même n'y arrivait pas. Sous la lettre d'Adeline, il n'eut pas de mal non plus à distinguer la deuxième lettre qui se cachait. Une lettre de ses parents qui s'inquiétaient de n'avoir que très peu de nouvelles de lui. Une autre plainte silencieuse sortit de sa gorge. Ses yeux n'avaient pas d'échappatoire.
Sa famille lui avait appris bien des choses concernant les bonnes manières, les animaux fantastiques ou encore les potions et les plantes. Cependant, elle lui avait aussi, malgré elle, appris à fuir la notion même d'attachement. De ce fait, aujourd'hui, il se trouvait dans une position délicate. Il avait cédé. Stephan avait dû rendre les armes en voyant le sourire de Gabrielle au détour d'un couloir. En souvenir du bon vieux temps, il avait accepté de la revoir dans un café près de leur travail.
Puis ils avaient recommencé, une deuxième fois. Une troisième fois. Et ainsi de suite.
Résultat, une chose en emmenant une autre, ils avaient fini par se mettre ensemble, par coucher ensemble, et, depuis deux semaines, elle vivait presque chez lui, dans son studio bien trop petit pour deux. Trop vite. Trop précité. L'ancien Gryffondor s'est laissé abusé par l'armortentia et ne savait plus à présent ce qu'il ressentait. Était-ce de l'amour, ou seulement une simple hallucination de son esprit pour son amour d'antan ?
Tout cela, il n'avait pas la force, le courage, d'en parler avec Bill ou avec sa sœur. Pour Adeline, il savait que s'il exprimait ses doutes, il y aurait une répercussion sur son propre couple. Elle se mettrait à réfléchir encore plus et il ne voulait pas infliger ça à Charlie. Concernant Bill, Stephan avait tout simplement peur de mettre des mots sur cette histoire. Peur qu'en écrivant, tout devienne une réalité qu'il devait accepter. Il s'était fait avoir par la plus grande potion au monde, la plus puissante, l'amour. Stephan Dragonneau était en train de tomber amoureux. Le sourire qu'il venait de s'afficher sur les lèvres en la voyant se réveiller en grimaçant n'en était qu'une preuve supplémentaire.
Au même moment, un grognement se faisait entendre dans un des dortoirs de la maison Poufsouffle. Un grognement de fatigue et de lassitude. Harmony Honor peinait à se lever. Les devoirs et les examens se faisaient de plus en plus nombreux pour les préparer au mieux aux ASPICS se déroulant en juin. De plus, la majorité des élèves de septième année devaient, depuis la semaine passée, prendre des cours pour obtenir leur permis de traplanage. À ce moment précis, elle enviait Charlie qui avait pu le passer l'année précédente étant donné qu'il avait déjà l'âge requis.
La jeune Poufsouffle tourna la tête en direction du lit d'Ivy et, sans grande surprise, elle ne la vit pas : le cours commençant dans 45 minutes, elle se douta qu'elle était déjà dans la Grande Salle, à prendre son petit-déjeuner. Elle tourna ensuite sa tête vers sa droite pour apercevoir Adeline, mais elle ne vit à nouveau qu'un lit vide. Elle leva les yeux au ciel et, n'apercevant pas la valise de son amie, elle comprit rapidement où la jeune fille avait dormi et avec qui.
— « Oh, bonjour Harmony, comment vas-tu ? Bien, merci, et toi ? Aussi, je t'en remercie », se parla-t-elle à elle-même.
Harmony n'était pas le genre de personne à envier les autres pour leur vie. Elle avait bien entendu beaucoup de raison d'être jalouse, ses parents étaient morts, toutefois elle avait appris à se contenter de ce qu'elle avait. Après tout, il lui restait bon nombre de membres de sa famille et sa tante était une personne bienveillante et douce envers elle. Seulement, à cet instant, elle se sentit délaissée. Ses deux camarades de chambre avaient désormais un copain et elle passait de plus en plus de soirées en tête-à-tête avec elle-même. Quant à Jack, même s'il était son meilleur ami, il avait lui aussi sa vie, ses diverses relations et des ASPICS à travailler.
— « Ne dis pas de bêtises, nous sommes toujours là. »
Préoccupée par ses pensées, elle n'avait pas entendu la porte s'ouvrir. Harmony leva la tête et aperçut la tête rousse d'Adeline qui lui sourit avant de se précipiter pour s'asseoir près d'elle.
— « Arrête de lire dans mes pensées, ce n'est pas correct. »
— « Tu avais l'air préoccupée », répondit la Dragonneau en haussant les épaules.
— « Règle n°56 de l'amitié. »
— « Déjà ? »
— « Oui, tu as pas mal de leçons à apprendre. Je disais donc, règle n°56 : si nous pensons que notre ami est préoccupé ou va mal, on ne lit pas les pensées, on lui demande de vive voix si tout va bien. Celui-ci prendra la décision de se confier ou pas. S'il décide de ne pas se confier, on arrive à la règle n°57 : on accepte cette décision sans rechigner. »
— « C'est noté », rit doucement Adeline.
— « Comment va Charlie ? »
— « Bien. Enfin, je crois. »
— « Vous n'avez pas reparlé de votre dispute de la dernière fois ? »
— « Non, et je n'en ai pas envie. Il ne me l'a pas redit et je préfère ça... Au fait », reprit-elle, « as-tu eu des nouvelles de Noah, après que, enfin, tu vois... »
— « Règle n°57. »
Adeline n'eut pas le temps de répliquer qu'Harmony se précipita sous la douche. Noah. Ce garçon si sot. Ce garçon qui, tout naturellement, s'était rapproché d'Harmony qui, contre tout attente, s'était laissée tenter. Noah, malgré sa grande popularité, devait lui aussi souffrir d'un léger manque : sa sœur et son meilleur ami étant en couple, il passait de plus en plus de temps à errer dans les couloirs. Un jour, il avait croisé Harmony, errant elle aussi, et ils avaient décidé de passer un peu de temps ensemble.
Puis ils avaient recommencé, une deuxième fois. Une troisième fois. Et ainsi de suite.
Ils avaient appris à se connaître, à s'apprécier. Bien sûr, cette nouvelle amitié avait vite fait le tour de leurs relations communes et chacun y était allé de son pronostic. Harmony n'était pas comme Adeline, elle n'avait aucune peur de s'engager, d'aimer. Cependant, elle savait que Noah voulait partir en Roumanie à la fin de l'année, avec ou sans Charlie qui hésitait suite à sa relation avec Adeline. De ce fait, Harmony était parfaitement consciente que cette relation, si relation il y aait, était vouée à l'échec. Malgré leur condition de sorciers, les relations à distances étaient quelque chose de difficile et elle ne voulait pas vivre ça. C'était une discussion qu'elle avait pu avoir avec Noah, et ce dernier était d'accord. Ils ne pouvaient se permettre d'entamer une relation qui ne pourrait pas survivre plus de trois mois.
Depuis, ces derniers semaines, et notamment grâce aux nombreux entretiens que Chourave avait fait passer à ses élèves, Harmony avait réfléchi à son avenir. Malgré sa passion pour le Quidditch, elle ne se voyait pas vivre de ça, ayant peur de détruire son amour pour ce sport. Elle avait ensuite pensé à devenir Médicomage, mais l'idée d'ouvrir des sorciers la rendait malade rien qu'à y penser. Auror ? Elle ne se trouvait pas assez courageuse pour en faire sa profession. Étonnamment, et sous le rire sarcastique du professeur Rogue que sa directrice avait convié, elle s'était penchée sur un tout autre métier après sa visite chez sa famille éloignée en France : potionniste. Harmony s'imaginait ouvrir une boutique au Chemin de Traverse, vendant ses potions, travaillant avec les plantes et herbes, sans aucune hiérarchie au-dessus d'elle.
Alors oui, Harmony pensait que c'était la meilleure solution. Du moins, la jeune fille essayait de s'en convaincre. Comment faire autrement ? Alors que tel l'épée de Damocles, l'Amortentia planait au-dessus d'elle.
Lorsqu'elle sortit de la douche, Adeline la regarda mais ne fit aucune allusion à la relation entre Noah et elle, ce qui soulagea Harmony qui n'avait pas envie d'avoir une telle discussion à huit heures du matin. Toutes deux décidèrent donc de descendre grignoter un bout avant d'aller en cours de potion.
Avec un rire sarcastique, Harmony contempla la leçon du jour : l'Amortentia. À peine fut-il passé à côté d'elle qu'elle dut se rendre à l'évidence : elle connaissait l'odeur qu'elle sentait et elle al sentit à nouveau peu de temps après, quand une personne frôla sa main. Lorsque son regard croisa celui de Noah et qu'il lui fit un sourire triste, elle comprit qu'il sentait la même chose.
Quand Harmony alla s'installer près de son chaudron, Noah Grim ne put s'empêcher de l'observer. Il avait l'impression que leur relation était ainsi vouée à cette perpétuelle distance. Il s'était intéressé à elle dès le début de l'année, suite à son arrivée dans le dortoir de sa sœur et, accessoirement, d'Adeline. Harmony avait demandé à changer de dortoir pour une dispute futile entre elle et une de ses camarades. Chourave avait accepté, une place place étant libre ailleurs, car elle ne voulait pas envenimer les choses entre ses élèves. Alors, doucement, Harmony était entrée dans son champ de vision. N'appréciant pas qu'il ne la remarque que maintenant, au bout de sept ans, Harmony l'avait d'abord repoussé. Par fierté et orgueil, Noah avait fait mine d'être indifférent face à ce rejet.
Tandis qu'Adeline et Charlie jouaient au chat et à la souris, lui avait continué sa petite vie. Seulement, lorsqu'il avait ressenti une jalousie semblable à celle que Charlie pouvait, même encore aujourd'hui, ressentir face à Jake Callum, Noah avait commencé à se poser des questions. Il avait essayé d'enfouir au plus profond de lui son attirance pour la jeune fille : elle ne s'intéressait pas à lui et, cela, elle le lui avait fait clairement comprendre.
Octobre s'était terminé. Novembre s'était terminé. Décembre s'était terminé.
Le jeune Gryffondor avait réussi à passer à autre chose malgré les sorties en groupe en la présence de certains Poufsouffle à cause de la nouvelle relation de Charlie et d'Adeline. Les échanges de piques de sarcasme avaient repris entre lui et Harmony, notamment à propos du Quidditch, et ils pouvaient se battre verbalement tels deux charognards voulant la même proie. Janvier s'était terminé à son tour. Ses soirées s'étaient fait de plus en plus tranquilles, trop tranquilles même. Son meilleur ami était avec sa copine, sa sœur avec l'un de ses autres meilleurs amis. Lorsqu'il avait passé une deuxième soirée en compagnie des jumeaux Weasley pour élaborer une farce, Noah s'était dit qu'il était vraiment tombé au fond du trou. Pas qu'il n'aimait pas ça, seulement, il aurait préféré être avec des sorciers de son âge.
Février avait déjà débuté quand il était sorti se balader dans les couloirs pour essayer de trouver une occupation. Il n'avait pas fait pas que la trouver : il lui était rentré dedans. Après s'être excusé et comprenant que la jeune fille s'ennuyait autant que lui, il avait joué avec l'esprit de compétition d'Harmony et l'avait défiée au Quidditch. Prête à tout pour détruire sa fierté de Gryffondor, elle avait accepté.
Puis avaient recommencé, une deuxième fois. Une troisième fois. Et ainsi de suite.
Mars avait débuté. Le travail de refoulement que Noah avait pu faire durant les mois précédents concernant son attirance envers Harmony était parti en lambeaux quand, au bout de trois semaines de chamailleries, de débats et de nombreux moments passé ensemble, cette dernière l'avait embrassé. Pour le faire taire. Mais l'avait embrassé quand même.
La potion était ouverte. Seulement, au bout d'à peine deux heures, après une longue conversation suite à ce baiser, la potion avait perdu ses effets. Ce n'était pas à cause de leur caractère ou des disputes incessantes qui rythmaient leur relation. C'était à cause de leurs choix d'avenir. Ils avaient tous les deux pris des chemins différents et, par un regard, Harmony et Noah avaient compris qu'ils ne devaient pas se laisser tenter par l'Amortentia, par cette attirance qu'ils avaient l'un pour l'autre.
Alors Noah se résigna, affalé à sa table. Charlie, qui était assis à côté de lui, mit sa main sur son épaule pour essayer de le réconforter, compatissant à sa douleur, une douleur qu'il n'avait que trop connue avec Adeline.
— « Les Poufsouffle sont-elles toujours aussi compliquées ? » chuchota Noah tout en regardant la table d'Harmony, Adeline et Jack, située juste à côté de la leur.
— « Je ne pense pas, regarde ta sœur. »
— « Ma sœur est tout aussi compliquée, crois moi. »
Charlie rit doucement pour ne pas attirer l'attention du professeur Rogue et se mit à son tour à réfléchir à cette question. Ne connaissant que très peu Harmony et n'ayant jamais eu de soucis avec Ivy, malgré son caractère qui la poussait à vouloir toujours tout contrôler, ses pensées se dirigèrent vers Adeline. Comment, après tout, faire autrement ? Même si la question que Noah avait formulée s'adressait principalement à Harmony, Charlie se disait qu'il n'avait jamais vu plus compliquée qu'Adeline Dragonneau.
Il sentait ses forces s'amenuiser au fil des jours. La potion faisait toujours autant effet le concernant, mais la dose n'était plus assez suffisante pour lui permettre de rester toujours émerveillé par elle. Elle, qui évitait la conversation sur leur avenir après Poudlard, elle qui changeait de sujet quand le mot « sentiment » faisait son apparition. Adeline et Charlie ne voulant pas rentrer dans cette guerre qui n'avait comme issue possible que dispute et rupture, ils avaient enterré ces conversations devenues taboues à chaque fois qu'ils se voyaient.
Puis ils avaient recommencé, une deuxième fois. Une troisième fois. Et ainsi de suite.
Charlie n'avait besoin que d'une nouvelle dose d'Amortentia, de sentir à nouveau le contact doux de sa copine, mais surtout de l'entendre dire ces mots qu'il pouvait lire dans ses yeux. Lorsque l'effluve de la potion rentra dans ses narines, il ne pu s'empêcher de sentir encore et encore cette odeur qu'il aimait tant.
Oui, l'amour n'est pas toujours rempli de simplicité, et de « ils finirent heureux et eurent beaucoup de petits sorciers ». Parfois, tout comme avec l'Amortentia, les effets se dissipent aussi rapidement qu'un souffle chaud dans la nuque. On aura beau essayer de continuer, ce sera en vain. Il ne restera plus de gouttes dans la bouteille de cette mixture. Tout aura été épuisé. Le voile se sera levé. Les sentiments seront partis. Mais auront-ils été vraiment présent un jour ? Ou n'était-ce qu'un tour de notre esprit qui, rempli de curiosité, voulait savoir ce que c'était d'aimer ?
Ivy Grim ne pouvait s'empêcher de regarder tour à tour ses amis.
Noah et Harmony se jetaient des regards régulièrement tout au long de la préparation de la potion, sentant, dès qu'ils le pouvaient la potion du professeur Rogue. Charlie et Adeline s'échangeait des regards qui rendrait le créateur de cette potion jaloux de voir qu'un amour sincère peut exister sans magie, s'enivrant eux aussi de l'odeur pénétrant dans leur nez. Pour Charlie, l'odeur d'un botruc, des livres et d'une rose. Pour Adeline, l'odeur du bois, du chocolat et d'un feu de cheminée.
Ivy, elle, ne sentait rien. Elle ne sentait pas le gel douche de son petit-ami Anton, ni l'odeur de la forêt qu'elle avait aimé dans sa chambre. Plus rien. Alors, elle se demanda si, finalement, comme toute chose, sa relation venait d'arriver à son terme. Elle analysa une nouvelle fois ses camarades et se rendit compte de l'évidence : elle n'avait jamais regardé Anton avec autant d'intensité. Les yeux criant, suppliant pour juste un baiser. La main qui, malgré la distance, cherchait un contact. La bouche qui se pinçait légèrement. Avec un soupir, elle fit mine de lire la recette, alors que, un œil sur sa gauche, elle regardait Anton rire avec un de ses amis. Comment lui dire que son amour pour lui s'était envolé telle une feuille tombant lentement au sol au début de l'automne pour se décomposer petit à petit ? Son cœur se serra. Elle avait mal.
Lorsque Anton la regarda, elle ne put s'empêcher de baisser les yeux, culpabilisant. Elle l'avait aimé, c'était certain. Mais elle ne comprenait pas pourquoi aujourd'hui ce n'était plus le cas. Il ne s'était jamais rien passé de dramatique dans son couple. Jamais de dispute, jamais de malentendu, que de la tendresse et des rires. Alors pourquoi, Merlin, ne l'aimait-elle plus ? La routine avait-elle tué ses sentiments ? Avait-elle finalement besoin de plus ? D'une aventure qui la ferait se sentir libre, vivante ? Ces questions, elle se les posa durant toute la journée. La Poufsouffle connaissait leurs réponses et elle les connaissait depuis bien des jours.
Alors, au cours d'une soirée qui aurait dû être la définition même de l'amour unissant de âmes se réunissant, devant un coucher de soleil qui aurait dû être romantique, elle annonça la nouvelle à Anton. Sans se retourner, elle partit, malgré les sanglots résonnant au septième étage. Malgré les larmes coulant sur son visage. Elle souffrait, elle aussi. Ivy aurait voulu l'aimer de tout son être, cependant elle n'y arrivait pas.
L'effet de l'Amortentia avait pris fin.
NOTE DE FIN
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Encore un chapitre qui n'était pas du tout prévu comme ça. Mais finalement, j'aime bien cette petite structure. Ça permet aussi d'interagir avec d'autres personnages que Charlie et Adeline, fortement présent dans les derniers chapitres.
Aussi, oui, ok, vous n'avez rien vu de la relation Anton et Ivy, et bim ils se séparent. Je regrette de ne l'avoir pas développé en soit, toutefois ça n'aurait rien apporté de plus, et pour être honnête je n'étais pas très inspiré pour écrire sur eux-deux.
Bref, on arrive bientôt à la fin du tome I, et je ne vous cache pas autant mon excitation, mon impatience de l'écrire, que mon anxiété face au tome II.
Merci beaucoup à Mahaut pour la correction
Merci de votre lecture
