Précédemment...

Suite aux dernières révélations, tous les hommes présents affichent une grande surprise. Un silence retentit, jusqu'à se que Shanks le brise :

"Bon sang ! Mais de quoi parlait-elle... ?"

Le second continu :

-Tout n'est pas encore clair.

-Ouais, je veux en savoir plus. Faites-la ramener à sa cellule, on verra la suite de cette affaire demain ! En attendant, on reprend la fête les gars !

Chapitre 7 : Être dominant ou dominé

Lorsque je reprends connaissance, je me réveille dans ma petite cellule. Un homme est posté juste en face, il remarque mes mouvements.

-Oh... Alors tu es réveillée ? Dans ce cas, le capitaine veut te voir.

-Mhh... ma tête... euh... ton capitaine ? Shanks ?

-Ouais, lève-toi il a demandé à ce qu'on t'amène dès que tu serais debout.

-Ok, ok...

J'ai le droit à un réveil vraiment mauvais, j'ai l'impression que des éléphants m'écrasent l'intérieur de la tête...

Je me lève, et me déplace après avoir rétabli un semblant d'équilibre...

J'ai des vertiges...

Oulà...

Je crois que je me paye une super gueule de bois.

Le "truc" que le Yonkou m'a fait boire hier m'a mis dans un sale état.

Je commence à me rappeler des événements de la veille. Mon dieu, je lui ai parlé de choses que je n'aurais jamais du... mais pourquoi j'ai répondu à toutes ses questions ?! J'ai l'impression que je n'étais pas vraiment moi-même à ce moment-là.

Bien sûr maintenant je vais avoir le droit à des complications...

Le matelot a ouvert la porte de la cellule et me demande de me dépêcher. Je ne bronche pas et je fais ce qu'il me dit.

On traverse alors plusieurs couloirs, et on finit par se retrouver sur le pont. On avance jusqu'à ce qu'on se trouve devant une imposante porte en bois massif gravé d'un dragon sculpté orné de magnifiques dorures.

L'homme frappe à la porte, et patiente jusqu'à ce qu'on lui donne la permission de rentrer.

Il ouvre ensuite la porte et salue son capitaine.

Ce dernier est assis sur une chaise face à un bureau. Il pose la plume qu'il utilisait jusque-là, puis lève les yeux.

-Capitaine, je vous ramène la jeune femme. Elle vient de se réveiller il y a peu de temps.

-D'accord, je te remercie. Tu peux nous laisser.

-Très bien.

Avant de partir, il me fait rentrer dans la pièce et referme la porte derrière lui.

Je me retrouve alors seule, en face à face avec Shanks.

Je me rends compte que je n'ai encore jamais pu l'examiner vraiment.

Déjà, premier détail que je relève enfin : il n'a plus qu'un bras.

Ça veut donc dire que je suis a une date ultérieur à sa rencontre avec Luffy, mais quelle est la période exacte ne m'est pas possible à déterminer encore...

Mais malgré ce détail par rapport à son bras, cet homme a un charme envoutant. Je n'ai fait que poser mes yeux sur lui et pourtant je n'arrive plus à le quitter...

À l'observer ainsi j'ai la sensation d'être la cible d'inquiétantes contradictions.

D'un côté, j'ai vraiment envie de le fuir :

C'est comme si mes instincts me hurlent de ne pas rester ici, me montrant que cet individu est dangereux. Il n'est pas un simple humain comme j'ai pu côtoyer dans mon ancien monde.

Peut-être est-ce à cause de son haki qu'il dégage naturellement ? Je ne sais pas, mais mes jambes sont gelées par la peur.

Et pourtant dans les faits : j'ai une terrible envie de rester à ses côtés, de l'observer et même de me rapprocher de lui...

Comme si lorsque j'ai posé mes yeux dessus je me suis retrouvée prise au piège, enchaînée par l'attractivité qu'il exerce sur moi.

Je suis vraiment captivé par lui... mais alors que j'en suis aussi proche, j'ai l'impression d'être comme une simple proie qui fait face à un prédateur.

Je sais qu'il ne lui suffit que d'une simple envie pour que d'un seul geste, il puisse mettre un terme à ma vie.

Alors, pourquoi je n'arrive pas à le fuir ? Pourquoi je ne sors pas en courant de cette salle ?

Il me fait peur...

Et pourtant... je suis complètement captivé par lui.

On reste alors un moment à se regarder l'un et l'autre, moi je suis hypnotisé par lui pendant qu'il m'observe silencieusement.

Il finit par poser son coude sur son bureau et y repose sa tête, prenant une pose plus détendue. Sans me quitter des yeux, il me dit alors :

-Tu as bien dormi ?

J'avais la tête tellement prise par notre échange silencieux, que de l'entendre subitement m'a fait sursauter. Je lui réponds alors, toujours intimidé :

-Ou...oui. Merci.

Il se redresse, et se tient droit sur son siège. Il me fait signe de m'approcher :

-Ne t'inquiète pas, je vais tenir ma parole je ne te ferais aucun mal. Alors ne reste pas si loin, viens et assis-toi.

-Ah, oui d'accord.

Je m'approche alors de lui comme il me l'a demandé, sans le quitter du regard. Comme si je surveillais qu'il ne tente rien par surprise.

Je m'assois en face de lui, de l'autre côté du bureau.

Il reprend alors la parole :

-Tu te souviens de notre petit échange d'hier soir, n'est-ce pas ?

J'hoche la tête positivement.

-D'accord, je t'avoue que lorsque je t'ai fait mettre dans une des cellules de mon navire, je ne m'attendais pas à se que tu sois autant intéressante. J'ai l'impression que tu sais des choses que j'ignore, n'est-ce pas ?

Tout en posant sa question il me regard fixement, je ressens alors un frisson parcourir mon corps et ça me donne comme envie que de lui dire la vérité, et de ne surtout pas lui mentir.

-Et bien... certainement.

Il affiche alors un regard ardant, me démontrant son fort intérêt pour cette histoire "d'inconnu".

Étrangement, il m'attire encore plus. Et pourtant, il me semble encore plus dangereux.

Je suis vraiment en contradiction avec moi-même là...

Je me prends donc à son jeu, j'ai envie de prendre le risque de lui en parler.

Pas pour moi, mais pour lui...

Il reste silencieux, il me regarde quelques secondes comme s'il était en train de lire en moi.

Puis, il reprend :

-Dans ce cas, parle. Je t'écoute.

-Et bien... d'où dois-je commencer ?

Je ferme les yeux et prends une profonde respiration. De cette manière j'en profite pour me remettre les idées aux claires.

Avant de reprendre la parole, je l'observe un peu de nouveau. Il a vraiment quelque chose d'ensorcelant...

Il donne envie de le suivre, et de lui fournir se qu'il désire. Cet homme est étrange, il est vraiment captivant.

Sur un ton calme, je m'apprête alors à lui expliquer se qu'il souhaite.

-Je voudrais savoir par contre, est-ce que je vous vouvoie ou je peux tutoyer ?

-Oh, ne prends pas tant de formalité avec moi, tutoies-moi !

-Ok... Alors, comme tu le sais, je viens d'un pays appelé la France. Il fait partie d'un des continents qui constitue le... l'univers d'où je viens. Et... quand je parle de "continent" c'est parce que de là où je viens, on a peu d'île comparé à ici mais par contre on a des étendues de terre très vaste. Enfin, tu as compris qu'il s'agit d'un endroit qui est "coupé" d'ici. Je ne sais pas s'il existe vraiment un moyen pour nos mondes de communiquer.

-Mmmhh... Dans ce cas, comment aurais-tu fais pour arriver ici ?

-Et bien...

Je commence alors à lui raconter se qu'il s'est passé avant que je me retrouve à Loguetown.

-Alors, ton père a essayer de te tuer ?

-Mhh...

J'hoche la tête positivement.

Repenser à ça me fait un pincement au coeur.

-Comme je t'ai expliqué j'ai entendu une voix avec qui j'ai passé un contrat, et qui m'a amené je ne sais pas comment ici. Mais, plus que de parler de "monde" différent, je pense qu'il serait plus logique de parler de "dimensions" différentes.

-Oh... Pourquoi ça ?

-Ce monde ne m'est pas totalement inconnu, de la ou je viens il y a un livre un manga pour être plus précise qui raconte les histoires d'un personnage d'ici.

-Qui ?

-Le héro du manga écris par Eiichirō Oda, Mugiwara no Luffy.

Face à cette révélation, Shanks fait des gros yeux choqués montrant sa grande surprise.

-Luffy ?!

-Oui, tu as bien entendu. Mais il est un personnage de fiction là-bas, tout comme cet univers et se que je vie n'est en rien réaliste. Il n'y a ni fruit du démon ni Haki ni personne qualifiable de "surhumain". Quant au reste, tout est différent. Les gens ne se combattent que très peu, il y a bien des guerres très cruelles mais beaucoup de gens vivent sans voir d'arme ou de combat de leur vie. Les deux sociétés se ressemblent sur certains points mais elles restent tout de même très différentes.

-Mmmh...

-Je comprends si tu ne crois pas un seul mot de se que je viens de te dire, je suis désolé... je dois passer pour une folle...

-Pourquoi tu t'excuse ?

-Je...

-Tu n'as pas de raison. Et je te crois, je sais que tu ne m'as pas menti. Et vu les révélations que tu viens de me faire, je me doute que ça n'a pas été facile pour toi de m'en parler.

Je le regarde surprise, je ne m'attendais pas à cette réaction.

-Euh... mer... merci...

-Ah ah ah ! Ne me remercie pas, c'est à moi de te remercier !

-Mh...

-Si j'ai compris ton histoire, tu as du accepter de "fusionner" avec la "chose" qui t'a permise d'arriver dans notre monde.

-En effet.

-Notre médecin de bord nous a affirmer que tu es normal. As-tu ressenti des changements jusqu'à maintenant ?

-Non...

-Peut-être n'as-tu pas pu encore t'en rendre compte. Mais je me demande de quelle manière tu as changé. Je ne pense pas que tu es pu rester parfaitement la même. Non ?

-Et bien... je suppose que oui, je m'y attends dans une certaine mesure.

-OK. J'ai une autre question pour toi.

-Oui ?

Il prend un air sérieux et me regarde droit dans les yeux, je redoute un peu sa question...

"As-tu envie de retourner dans ton monde ?

-Mhh..."

Je détourne mon regard du sien.

Il me reprend alors, me montrant qu'il ne veut pas que j'esquive cette question :

-Alors ?

-Pourquoi en aurais-je l'envi ? Si j'y retourne, je vais... les revoir... je ne veux pas.

-Si tu restes ici, tu risques de courir de grand danger, en as-tu conscience ?

-Je garde en tête les conséquences. Mais... ici au moins, je pourrais rester plus libre que je ne l'aurais jamais pu dans mon ancienne "vie".

-Bon... tu n'avais pas un rêve ?

-Si, mais je pense qu'il pourrait être réalisable même ici.

-Oh... Vraiment ? Qu'est-il donc ?

-Ça, c'est la seule chose que je ne veux pas vous dire.

-Et bien... d'accord ! Je ne vais pas te forcer à me le dire, tu as déjà été très honnête avec moi. Et je l'apprécie vraiment.

Il me sourit gentiment, il fait toujours un peu peur mais... j'ai un sentiment de satisfaction, comme si le simple fait d'avoir comblé sa curiosité m'avait ravi.

Tout de même, je suis vraiment surprise que j'ai eu l'envie de tout lui révéler en mettant de côté mes intérêts personnels. Je ne suis pas comme ça normalement... Mais c'est comme s'il y a quelque chose en lui qui me pousse à agir dans son sens, pour l'assister dans ses désirs. Il se lève s'approche de moi, subitement je me lève à mon tour. Je me mets alors à reculer alors que lui continu d'avancer dans ma direction.

Peu importe que j'aille dans son sens, mon corps semble toujours réagir de manière plus qu'effrayé par lui. Il avance toujours vers moi, d'un pas certain alors que je n'ai qu'une envie : c'est qu'il garde ses distances ! Mais à force de reculer je me retrouve dos au mur, et lorsque je m'en rends compte et que je tourne la tête, il se retrouve juste en face de moi.

Quelques centimètres nous séparent juste. Il pose son bras à coté de ma tête, me laissant sujet à d'oppressants sentiments de crainte.

Il reste silencieux, pendant que je le regard soucieuse de se qu'il va faire.

-Écoute, je ne t'ai pas menti quand je t'ai dit que j'apprécie réellement que tu aies répondu à mes questions. Tu m'as parlé sans mentir et tu m'as révélé même des informations qui auraient pu te conduire à être en porte-à-faux. Je t'estime donc comme une amie. Je te le répète : Je ne te ferais absolument aucun mal et il en est de même pour les Nakamas de mon équipage.

Il retire sa main et prends un air plus détendu, puis ajoute :

-En plus je suis encore assez curieux de ton cas, alors pour se qui te concerne je compte bien te garder sur mon navire encore pendant quelques temps !

Il me gratifie d'un grand sourire, se qui me détend et je lui renvois également le mien. Je me sens un peu plus rassuré et je pense que je devrais arriver à me sentir un peu moins mal à l'aise le temps que je passerai sur ce navire.

Enfin, il ne demande pas mon avis pour se qui est de rester ou pas sur son bateau ! Mais bon, tant pis je n'arrive absolument pas à lui en vouloir. Et en plus, étrangement ça me fait même un peu plaisir...

À suivre…